05 Avr

Prologue FIA WEC avec Toyota au circuit Paul Ricard !

Cette saison, « Lire délivre »/France 3 vous emmène sur les circuits de légende.

Pour commencer : direction le mythique circuit Paul-Ricard du Castellet !

Les plus grands pilotes de WEC (World Endurance Championship) s’y donnent rendez-vous les 6 et 7 avril 2018 lors du « prologue », pour les essais officiels d’avant-saison du Championnat du Monde d’Endurance FIA (WEC).

Ce matin lors du point presse Toyota, nous avons pu rencontrer les pilotes les plus rapides du monde dans la discipline reine : le LMP1.

Sur nos photos, dans l’ordre : Mike Conway, Anthony Davidson, José Maria Lopez et Sebastien Buemi (interviewés par notre collègue Jean-Philippe Doret).

Circuit Paul Ricard : Les Seigneurs de la F1, de Daniel Ortelli

Le célèbre circuit Paul-Ricard du Castellet fait peau neuve pour accueillir le premier Grande Prix de Formule 1 le 24 juin 2018. Un événement ! si l’on pense qu’il n’y a pas eu de Grand Prix de F1 en France depuis 2008 !

Gilletta Edition profite de l’occasion pour présenter un beau livre « Circuit Paul Ricard : Les Seigneurs de la F1 », sorti le 1er mars 2018. De Daniel Ortelli, de Daniel Ortelli, avec la contribution de Bernard Asseta, de Bernard Cahier et de Paul-Henri Cahier pour les photographies.

Présentation de l’éditeur

Alors que le circuit Paul-Ricard se prépare à accueillir de nouveau un Grand Prix de France de Formule 1, 28 ans après la dernière édition, ce livre propose de faire l’inventaire détaillé, grâce à de nombreuses interviews exclusives, de tout ce qui a contribué à transformer le premier circuit moderne de F1 en un circuit de légende du sport auto et moto, capable de se réinventer à échéances régulières. La première partie, illustrée par de nombreuses photos d’époque, revient sur l’histoire à rebondissements du circuit Paul-Ricard, depuis les premiers coups de pelle et de bulldozer dans la garrigue provençale, par le génial inventeur du pastis. La seconde partie est un retour en texte et en images sur les 14 éditions du GP de France de F1au Castellet, de 1971 à 1990, et leurs dix vainqueurs… dont huit champions du monde de F1 !

Biographie de l’auteur

Né à Cannes dans une famille de garagistes et de pilotes, Daniel Ortelli a assisté à son premier GP de F1 à l’âge de dix ans, sur le circuit Paul-Ricard, puis il est devenu journaliste à l’Agence France Presse (AFP), couvrant notamment des Jeux olympiques (Albertville, Sydney) et des Coupes du monde de football 1998, 2002) et de rugby (1999). En charge de la rubrique sport auto/moto de l’AFP (2006- 2016).

31 Mar

Avant première chez Ring pour le nouveau livre de Stéphane Bourgoin

Samedi 31 Mars, Stéphane Bourgoin, le spécialiste mondiale des serials-killers, était chez Ring pour dédicacer en avant première son nouveau livre « L’homme qui rêvait d’être Dexter ».

Présentation de l’éditeur :

 » Démembrer un corps humain est un événement plutôt tristement banal.  »

Dans les années 1980, un policier de Miami tue en série des trafiquants de drogue avec un rituel particulier. Manuel Pardo Jr. est un bon père de famille et n’éprouve aucun regret.  » J’ai rendu service à l’humanité. Je pouvais les truffer de vingt balles et ça ne m’a jamais empêché de dormir comme un bébé.  » Policier à Miami, bon père de famille, aimé par ses proches et serial killer qui sévit pour  » une juste cause « … La fiction imite d’autant mieux la réalité que la troisième saison de Dexter nous présente le personnage d’un procureur tueur en série qui se nomme Miguel Prado Jr., à rapprocher du vrai Manuel Pardo Jr… Mais la fiction peut aussi nourrir l’imaginaire d’un tueur en série. Pour preuve à Edmonton, Canada, en octobre 2008 : Mark Twitchell, un cinéaste qui a tourné un film hommage à Star Wars l’année précédente, produit un thriller où le héros est un serial killer  » à la Dexter  » qui attire des inconnus dans un garage pour les tuer et les démembrer. Deux semaines après ce tournage, le réalisateur tend un piège à deux hommes dans ce même garage, où il les attaque le visage dissimulé par un masque de hockey. En parallèle, le meurtrier, qui anime une page Facebook au nom de  » Dexter Morgan « , écrit un journal intime où il exprime ses fantasmes et décrit ses crimes dans les moindres détails. Ce document exceptionnel,  » SKConfessions « , ainsi que son auto-analyse,  » Profil d’un psychopathe « , sont publiés ici pour la première fois.

Ce livre sera dans toutes les librairies le 5 Avril.

© Amandine Gazeau

20 Mar

Boréal par Sonja Delzongle

Présentation de l’éditeur:

Janvier 2017, au Groenland. Là, dans le sol gelé, un œil énorme, globuleux, fixe le ciel. On peut y lire une peur intense. C’est ainsi que huit scientifiques partis en mission de reconnaissance découvrent avec stupeur un bœuf musqué pris dans la glace. Puis un autre, et encore un autre. Autour d’eux, aussi loin que portent leurs lampes frontales, des centaines de cadavres sont prisonniers du permafrost devenu un immense cimetière. Pour comprendre l’origine de cette hécatombe, le chef de la mission fait appel à Luv Svendsen, spécialiste de ces phénomènes. Empêtrée dans une vie privée compliquée, et assez soulagée de pouvoir s’immerger dans le travail, Luv s’envole vers le Groenland. Ils sont maintenant neuf hommes et femmes, isolés dans la nuit polaire. Le lendemain a lieu la première disparition.

Notre avis:

Je ressors pensive et émue de ma lecture. Je dis souvent que les romans noirs ne sont pas « que » des enquêtes de police, qu’ils sont souvent le vecteur de tant d’autres messages, « BORÉAL » ne déroge pas à ce constat, au contraire.

« BORÉAL » est certes un thriller, glaçant au sens propre comme au figuré, l’intrigue est passionnante et largement documentée, mais « BORÉAL » est tellement plus qu’un thriller.

Au travers de ses mots et de l’histoire de ses personnages, Sonja a su évoquer des sujets puissants, parfois douloureux, avec une empathie incroyable sans jamais tomber dans le  pathos.

Elle y évoque avec pudeur mais de manière si juste le « désir d’enfant », désir ou non d’ailleurs, le sacro-saint instinct maternel que nous devrions toutes ressentir dès l’annonce d’une grossesse, quand tant de femmes culpabilisent, à tord, parce que ce n’est pas leur cas ; les relations mères-enfants quelques soient la forme de cette maternité: enfant naturel, enfant adopté, enfant désiré ou non…

« Pour qui les parents le font-il vraiment? Pour eux ou pour lui? Mon enfant, mon miroir, mon autre, ma chair. La seule idée de toutes les épreuves et les souffrances auxquels il sera confronté devrait en faire renoncer plus d’un. Mais ce n’est pas à ça que l’on pense lorsqu’on caresse ce doux projet. Non, quand ce n’est pas un accident, une erreur, on ne pense qu’à cet être fragile issu de soi, que l’on a conçu à deux ou bien fabriqué seul pour satisfaire son propre besoin de donner, transmettre, besoin d’immortalité, pour lutter contre le vide qui attend chacun. »

Elle nous parle aussi de la complexité des relations familiales dans leur ensemble mais également la beauté que peut revêtir ce lien du sang.

Elle partage avec nous ses réflexions sur le deuil et la mort. Que nous reste-t-il quand l’ un de nos proches disparaît:

« Que subsiste-t-il de quelqu’un après sa mort? Mais aussi que reste-t-il aux vivants? Le chagrin, les larmes. La résignation ou la colère. »

D’ailleurs la vie et la mort se font échos tout au long de l’histoire, se livrant une bataille dans la nuit polaire du Groenland. Cette nuit qui nous envahit et ne nous quitte pas tout au long de la lecture.

Débordée plusieurs fois par les émotions que l’auteur a su transmettre, j’ai pleuré, j’ai eu froid, j’ai eu peur, et en terminant ton roman mille et une questions demeurent:

– que serais-je prête à faire pour ne pas mourir et voir grandir mon fils?

– quel impact nos comportements ont-ils réellement sur notre éco-système?

Et tant d’autres…

Sonja m’a emportée avec elle sur l’inlandsis, au cœur de cette nuit sans fin, dans des descriptions à couper le souffle. Un tableau à l’aquarelle, une nature faite de noir et de blanc comme un ying et un yang, comme cette éternelle opposition entre la vie et la mort.

Sonja Delzongle nous offre « Boréal » comme un cadeau, on y sent l’émotion dans son écriture, un truc en plus, en filigrane, que je n’avais pas ressenti ailleurs…

N’hésitez pas, « Boréal » est glaçant de vérités. Un thriller angoissant, rythmé, dépaysant mais tellement plus… Un roman que vous n’êtes pas prêt d’oublier!

Boréal, paru le 08 mars 2008 aux éditions Denoël, collection « sueurs froides », 448 pages.

© Ophélie Cohen

19 Mar

Retour sur Livres Paris (du 16 au 19 Mars) Le plus grand salon de France !

Ce week-end a eu lieu la 38 ème édition du salon Livres Paris au Parc des Expositions, Porte de Versailles.

3000 auteurs français et étrangers étaient présents pendant ces 4 jours de rencontres avec des milliers de lecteurs venus de la France entière.

Plusieurs scènes thématiques comme la scène BD, Mangas et Comics ont offerts des animations à un public venus en nombre.

Dimanche 18 Mars :

  • Face au monde / Complots et conspirations avec Pierre Pouchairet (auteur), Eric Giacometti(scénariste et auteur), Stephen Desberg (scénariste) et Rudy Reichstadt (politologue et fondateur de Conspiracy Watch). Animé par Bob Garcia.

  • Tendance Polar / Couleur Thriller avec Noël Simsolo (acteur, réalisateur et auteur), Patrick Hénaff (dessinateur) et Matz (écrivain et scénariste) animé par Bob Garcia.

 

Pour plus d’information , le site de Livres Paris : ICI

© Amandine Gazeau

04 Mar

« Lire délivre » vous emmène à l’Assemblée Générale des Amis de Hergé 2018 !

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La renommée de Hergé ne faiblit pas !

Tous les ans, des centaines de passionnés se rassemblent à Nivelles pour rendre hommage à Hergé et à son célèbre Tintin !

Bien que Hergé n’ait dessiné que 24 albums (inluant l’inachevé Alphart, publié incomplet), la littérature générée autour de son oeuvre dépasse aujourd’hui les 300 titres !! Les exégèses rivalisent d’ingéniosité pour fouiller encore et toujours les moindres recoins des Aventures de Tintin, à la manières d’égyptologues persuadé de découvrir du nouveau dans la grande pyramide du Caire !!

Hergé a été scout… Tintin aussi, forcément ! Une exposition thématique entière leur était consacrée lors de l’assemblée générale 2018… Retour en images…

Le coin des collectionneurs…

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Sans oublier les innombrables objets du culte !!!

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16 Fév

Lucky losers, de Laurent Malot

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Présentation de l’éditeur:

Sean, 17 ans, débarque dans la petite ville bretonne de Douarnenez : après toute une enfance passée à Londres, difficile pour lui de s’habituer à cette petite ville ouvrière où le clivage entre les « riches » et les « pauvres » est si sensible. Alors, lorsque le lycée Balzac prend feu et que tous ses élèves, fils et filles de patrons, sont obligés de terminer l’année scolaire aux côtés de ceux de Saint-Hilaire, fils et filles d’ouvriers, la situation dégénère rapidement. L’étincelle ? Un coup de foudre. Pour les beaux yeux d’une fille de grand patron, Sean défie trois fils à papa dans une compétition sportive : la natation, l’aviron et l’équitation. Ce qui n’était d’abord qu’une querelle d’ados prend de l’ampleur et c’est rapidement tout le lycée puis toute la ville qui se met à suivre la compétition avidement. Et lorsqu’un plan social de grande envergure est annoncé, Sean devient le symbole de la lutte des classes qui fait rage au sein de la ville. Parviendra-t-il à remporter la compétition ?

Notre avis:

« D’une lutte de classe à la lutte des classes », cette phrase extraite du roman est le meilleur résumé pour « Lucky Losers » de Laurent Malot!

Un vent de fraîcheur et des sourires à en creuser les rides d’expression, écrivais-je hier en citant un passage du roman. Parce que « Lucky Losers » c’est tellement ça.

Une brise légère de tendresse et de nostalgie ont soufflé sur ma lecture. De tendresse parce que Laurent donne vie à des personnages tellement attachant!
De nostalgie parce que j’ai revécu mes années lycées.

« Lucky Losers » c’est l’histoire de Sean, franco-anglais, qui est obligé de quitter Londres le jour où sa mère découvre son père dans les bras d’un homme… La famille, disloquée, déménage en Bretagne, et Sean intègre un nouveau lycée. Difficile de se faire des amis quand on débarque en cours d’année, mais pour Sean ça n’a pas été un problème. Tout se passait pour le mieux jusqu’à ce que des fils à papa, bobo sûr d’eux, cherchent à humilier notre ami et sa bande. Ce jour là, tout a basculé…

Laurent Malot évoque la lutte des classes, l’éternel combat entre les riches et les pauvres, les faibles et les forts, cette dualité qui caractérise tellement notre société. Si le sujet est largement travaillé et qu’il reste sensible, Laurent a su en parler sans tomber dans l’ennui et les lieux communs grâce à la qualité de son écriture, son humour, et  tout en légèreté.

Il raconte le divorce, les relations fraternelles mais aussi les premiers émois adolescents, nous parle de tolérance et d’amitié.

Enfin, Laurent m’a présenté Sean. Comme Hannah (« de la part d’Hannah », édition Albin Michel), Sean raconte lui-même son histoire. Laurent lui prête sa plume, sa sensibilité, sa force, son humour. Il en a fait un jeune homme attachant, vecteur d’un message universel.

Il m’est difficile de vous citer un passage tant j’en ai marqué qui m’avaient fait sourire ou qui évoquaient un sujet de société de manière remarquable. J’ai donc fait le choix de vous en mettre un qui allie les deux:
« – Laisse tomber, c’est la banquise, cette fille, et toi, t’es un rafiot qui va se faire broyer si tu t’approches trop près!
J’aimais bien les métaphores de Kevin, mais celle-ci me faisait mal pour deux raisons: la première, c’est qu’en tant qu’ami il aurait pu m’encourager plutôt que de m’enfoncer. La seconde, que j’ai ignorée malgré l’évidence, me rappelait qu’on ne mélange pas les serviettes avec les torchons, Camille étant le must de la serviette, Versace Home pour palaces et hôtels grand luxe, tandis que j’étais le torchon le plus basique, un euros quatre-vingts le lot de trois chez Auchan. Il avait sans doute raison, mais c’était trop tard, j’étais amoureux, gonflé à bloc, insouciant, à la fois Julien Sorel, Cyrano et Lorenzaccio. »

« Lucky Losers » est un roman qui, bien que paru en édition jeunesse, délivre un message pour tous et trouvera écho chez vous, que vous ayez 17 ou 97 ans.

Merci Laurent de m’avoir présenté Sean.

« Lucky Losers », édition Albin Michel Jeunesse. Paru le 02 janvier 2017, 304 pages.

© Ophélie Cohen

14 Fév

Chorale, de Nick Gardel

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Présentation de l’éditeur:

Un magasin qui explose, un mitraillage à la Kalashnikov, une sirène recherchée, un gang sanguinaire, Peter, Jean-Édouard et Lorelei sont des habitués du chaos. Quand leurs extraordinaires aptitudes pour les ennuis s’entrecroisent, cette troupe soudée par l’amitié prend la route à bord d’une vieille DS qui en a vu d’autres. Mais jusqu’où peut conduire l’amitié ?

Notre avis:

On dit qu’un roman choral est un genre qui sait rendre un livre vivant et offrir une richesse littéraire particulière, grâce à la diversité de style de chaque personnage.

« Chorale » l’est assurément!

Les personnages de Nick ont effectivement tous leur style, ils sont hauts en couleurs (sauf dans les vêtements), ont de fortes personnalités et leur auteur leur a créé un univers à leur image, sur mesures, dans lequel ils s’épanouissent pleinement.

Dans « Chorale » j’ai retrouvé avec joie JED, sa DS et sa sirène. Une Loreleï qui s’est étoffée depuis « fourbi étourdi » (éditions Caïman)!

J’ai fait la rencontre de Peter Raven (présent dans des romans précédents du même auteur), Aykut l’étrange « Monsieur Aspirateur » mais aussi Vasquez et sa Ghislaine, incarnation mentale d’une vieille prof qui m’a tellement fait penser à Carmen Cru (Fluide Glacial si vous ne connaissez pas).

Tous ces personnages ont pris vie dans un roman où le thème central est l’amitié: jusqu’où sommes nous prêts à aller par amitié?

Une histoire profondément humaine, des recherches, un road trip en DS, des retrouvailles, et une Ophélie émue et la larme à l’œil.

Une ode à l’amitié que ce roman noir:

« Parce que si Aykut et Loreleï ne sont pas là pour justifier un petit peu ce que je suis, j’ai peur de chopper le vertige devant le vide ».

D’ailleurs Nick a glissé un clin d’œil à ses amis auteurs Michael Fenris et Sandrine Destombes.

J’avais adoré la plume de Nick dans « fourbi étourdi », ce style à la Audiard (dont je ne suis pourtant pas fan) ou à la Desproges.

Un univers qui détonne dans un monde où le classicisme est davantage la règle, un monde où le commercial et le grand public sont plus recherchés, parce qu’ils s’expriment en espèces sonnantes et trébuchantes…

De mon côté j’adhère totalement à l’univers Gardel et exit le classicisme.

« Chorale » est pour ma part plus abouti que « fourbi étourdi », peut-être parce qu’il y a plus de Gardel dedans. Et j’ai eu un coup de cœur pour ce roman. Sans doute parce que le thème, et la manière dont il est traité font échos chez moi, ou parce que je suis sensible à cette plume et à ce style.

Si vous cherchez une intrigue de fou passez votre chemin, Nick fait dans la finesse, dans la mise en avant de la richesse de notre belle langue, dans l’humour noir et avec des personnages qui pourraient être vos potes tant ils sont vivants dans ses romans.

« L’être humain est une pâte à pain. Un mélange aussi improbable que l’eau et la farine, travaillé à la main pour devenir un tas rebondi n’attendant qu’un peu de chaleur pour gonfler. Sauf que dans le cas présent, ce sont les habitudes qui vous pétrissent, les rituels qui vous malaxent jusqu’à ce que vous deveniez une boule élastique, prête à prendre mollement la forme qu’on lui donnera »

Merci Nick… Chorale va m’accompagner un moment…

« Chorale » de Nick Gardel, paru le 04 septembre 2017.

© Ophélie Cohen

10 Fév

Punk friction, de Jess Kaan

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Présentation de l’éditeur:

Auchel, nord de la France. Le corps d’un jeune marginal brûle au petit matin dans le cimetière municipal. Acte gratuit, vengeance, meurtre ? La police ne sait quelle hypothèse privilégier, d’autant qu’on découvre très vite un nouveau cadavre, celui d’une étudiante, sauvagement assassinée. La population aimerait croire que le coupable se cache parmi la bande de punks squattant dans les environs…

Le capitaine Demeyer, quadragénaire revenu de tout, et le lieutenant Lisziak, frais émoulu de l’école de police, du SRPJ de Lille sont chargés de cette enquête qui s’annonce particulièrement sordide. Une jeune lieutenant, en poste dans la cité, ne veut pas lâcher l’affaire et s’impose à ce duo pour le moins hétéroclite.

Notre avis:

C’est avec beaucoup d’humour que Jess Kaan nous entraîne dans une double enquête, entre Lille et Auchel (le Pas de Calais pour les non ch’ti), dans mon plat pays.

Il y a beaucoup de choses à dire sur ce roman, qui je dois l’avouer ne m’a pas émue, mais touchée. Touchée parce qu’il est une véritable critique de notre société. Avec des prises de positions assumées et une grande habilité, l’auteur amène son lecteur à réfléchir sur des sujets qui sont tout sauf légers.

Ainsi Jess décrit une jeunesse perdue et désabusée:

« Quatre paumés du Nord, le genre de gosses comme il en existe des milliers, une génération sacrifiée par un système à bout de souffle. Enfants cassés, enfants broyés par des rouages socio-économiques les dépassant. Difficultés familiale au sein de tribus éclatées, borderline, échec scolaire lié à leur différence, aucune perspective et aucune possibilité de rémission. »

Il parle d’une région qui souffre de l’abandon des politiques élus:

« Les bâtisses rappelaient surtout qu’Auchel avait grandi avec les mines, comme d’autres villes du bassin avant que tout s’arrête; subitement. Parce que les politiciens gouvernaient sans prévoir. Parce que les travailleurs trimaient pour finir le mois. »

Mais il rend aussi hommage aux habitants de la région, car s’il joue avec les clichés (qui ne sont pas nés de rien), l’accent, la consommation d’alcool etc… Il met en lumière une population qui galère plus qu’ailleurs, ces personnes courageuses qui donneraient tout pour leurs enfants:

« A côté, tu as un tas de braves gens qui triment ou essayent de gagner leur vie et qui s’en sortent tant bien que mal. Plutôt mal que bien. En tous cas de pire en pire, ceux-là, tu n’en entends jamais parler. Ils paient leurs impôts, ils essaient d’envoyer leurs gosses dans de bonnes écoles pour qu’ils aient un avenir correct et ils ont le sentiment d’être jetés par tous les partis politiques. »

Effectivement, comme le dit la ligne éditoriale « roman policier mais pas que… »

Deux mentions spéciales pour ce roman:

J’ai rencontré avec une vieille « boyau rouge » qui m’a rappelé les mamies de la petite ville minière dans laquelle j’ai vécu quelques années, ces grand-mère toudis cachées derrière leurs rideaux ou assises sur leur pas de porte à épier la vie de leur petite ville, mais surtout de leurs voisins! Un personnage qui ne fait qu’un passage fugace mais tellement bien décrit que j’avais l’impression être juste à côté d’elle!

Mais aussi l’utilisation du « parlé » du bassin minier qui renforce la crédibilité des propos… l’immersion est totale!

« Punk Friction » m’a touché mais m’a aussi beaucoup fait sourire. Les sujets si graves soient-ils sont abordés finement et avec humour pour ne pas tomber dans le pathos,les préjugés. La critique est acerbe mais tellement bien amenée. Une intelligence d’écriture qui marque.

L’exercice n’était pas simple et Jess y est arrivé haut la main !

« Punk friction », aux éditions Lajouanie. Paru le 14 juillet 2017, 270 pages.

© Ophélie Cohen

09 Fév

Le diable s’habille en licorne, de Stanislas Petrosky

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Présentation de l’éditeur :

Requiem, votre curé préféré est de retour à… Dunkerque et en plein carnaval ! Pour une séance d’exorcisme.

Notre héros, hors norme, est, il faut l’avouer, un peu étonné par cette divine mission. Non pas qu’il ne croie pas au démon, c’est quand même un petit peu son boulot, mais il se méfie, c’est tout. Il faut dire que les festivités donnent lieu à de sacrées fiestas mais aussi à quelques curieux décès. Des lycéens meurent les uns après les autres après avoir ingurgité des bonbons aux saveurs bien peu catholiques. Requiem réussira-t-il à démanteler ce trafic de « Licorne » et à sauver le carnaval ? Vous le découvrirez dans ce troisième tome des aventures de Requiem, le plus déjanté des serviteurs du Seigneur…

Notre avis :

Voici le troisième tome des aventures de ce prêtre exorciste pas comme les autres !

C’est le genre de livre qui ne peut pas rester longtemps dans ma PAL. C’est le genre de livre que je dévore et que je savoure à la foi. Les précédents tomes sont des coups de cœur donc j’espérais beaucoup de ce tome ci qui ne sera pas le dernier !!!!

L’action se passe toujours dans le Nord de la France et à Dunkerque en grande partie. Cette enquête de Requiem se déroule en plein carnaval ! Cela ne va pas la faciliter mais surtout créer des moments cocasses !

Au début tout porte à croire qu’il s’agit d’un exorcisme. J’étais assez surprise comme Requiem. Cela paraîtrait logique vu la nature du personnage mais on a très vite des doutes car ce serait trop simple.

Mais bien sûr cette enquête va être assez complexe. Beaucoup de morts et peu d’indices pour comprendre ce qu’il se cache derrière.

On suit l’enquête avec Requiem donc comme lui on fait des hypothèses sans savoir où l’on va. Mais lui aussi nous fait des cachotteries parfois pour nous garder en haleine !

Comme dans le précédent, Requiem s’adresse au lecteur et l’implique dans le récit. Cette manière de tutoyer le lecteur est utilisée comme il faut. On a un sentiment de complicité avec le personnage.

Dans ce livre, l’auteur (donc son personnage) se permet quelques prises de positions sur des sujets d’actualité ou qui le touche. Il est question en grande partie du terrorisme. Il aborde ce sujet d’une manière très intéressante. Il n’y a pas que l’islam qui est concerné par ce fléau mais aussi le catholicisme. Il explique comment fonctionnent ces gens qui se disent religieux alors qu’il utilise la religion pour d’autres fins. L’instrumentalisation des plus jeunes est aussi montré dans ce livre avec une certaine justesse. De manière générale ce sujet est bien traité dans le livre et pour ma part il m’a beaucoup intéressé.

Comme dans les précédents tomes, l’humour est ce qui fait le charme de ce livre ! Dès le début ça commence fort ! Dans celui ci je trouve que le niveau est supérieur et qu’il est présent dans beaucoup de détails jusqu’au prénom de certains personnages.

Extrait : « Je suis fébrile, tel un morbaque au salon de la foufoune. »

Ces touches d’humour aident à supporter l’horreur à laquelle Requiem est confronté dans ce livre.

L’action et le suspense rythme le livre à merveille ! Plus on approche de la fin et plus on se demande comment cela va bien pouvoir finir. Les surprises sont présentes et notre Requiem, aussi doué qu’il est, va devoir mettre les bouchées double pour réussir cette enquête.

Ce livre comme les précédents est un vrai coup de cœur ! C’est un plaisir de se plonger dedans mais il y a aussi une certaine tristesse de les finir. Pendant ces 200 pages ont oublis tout les soucis et on rit !

Donc si tu n’as pas la forme, que la vie te fait la misère et bien fonce lire les aventures de Requiem !!

Éditions : Lajouanie – Date de parution : 9 Février 2018 – 216 pages

© Amandine Gazeau