04 Juin

L’esprit de Lewis – Tome 1 de Santini et Richerand

Présentation de l’éditeur :

Lewis Pharamond est un jeune écrivain en plein deuil. Bouleversé par la mort récente de sa mère, il traverse l’Angleterre pour s’installer à Childwickbury, le manoir de son enfance où il espère pouvoir écrire son premier roman d’inspiration gothique. Mais hanté par le chagrin, il n’arrive pas à écrire une ligne… Bientôt, des phénomènes étranges se produisent… et une nuit, la responsable de ces événements apparaît. Elle se nomme Sarah, fantôme dune Française à la beauté remarquable. Au fil des jours, Lewis et Sarah apprennent à se connaître, et en échange d’une promesse d’amour éternel, le fantôme offre au jeune homme le don de l’écriture. Un acte qui ne sera pas sans conséquences pour Lewis…

Notre avis :

Cette BD est le premier tome d’une histoire en deux parties avec pour personnage principal Lewis Pharamond, jeune écrivain en plein deuil.

Avant de parler du contenu, parlons de cette couverture ! Elle est absolument sublime. Le dessin est superbement mit en valeur avec ces reflets dorés.

Cette BD aborde le thème du deuil et du syndrome de la page blanche d’une manière plutôt étrange à travers un trait de crayon qui ne laisse pas indifférent. Cette histoire est à la fois terrifiante et fascinante. Elle n’a rien de joyeuse et le dessin est bien là pour nous le rappeler.

Le personnage principal, Lewis, est des plus torturés qui soit. Il vit très mal son deuil et le faite de ne pas trouver l’inspiration. Sa rencontre avec Sarah va complètement le transformer pour le meilleur et peut être pour le pire.

L’histoire peut paraître assez folle par moment. Les hallucinations de Lewis sont très spectaculaires. Il y a une double page en particulier qui m’a fasciné de par la richesse du dessin. On plonge totalement dans l’univers de cette histoire.

Dès qu’il rencontre Sarah, l’histoire devient plus intéressante et change complément de rythme. Le personnage de Lewis se transforme complètement d’un extrême à l’autre y compris dans sa relation avec Sarah.

J’ai beaucoup aimé le respect à travers le dessin de cette époque victorienne avec un décor très riche et sophistiqué en même temps. La force de cette BD réside dans le dessin. J’ai eu l’impression de plonger un peu dans l’univers de Tim Burton par moment. Cette BD m’a fait aussi pensé au film « La dame en noir » de James Watkins à cause de cette ambiance très sombre et gothique.

Le second tome permettra sûrement d’approfondir un peu plus la relation entre Sarah et Lewis qui nous réserve encore de sombres surprises. De nombreuses questions restent en suspens à la fin de ce premier acte.

Editions : Soleil, Collection Métamorphose – Date de parution : 18 Octobre 2017 – 72 pages

© Amandine Gazeau

03 Juin

Un Jardin de sable de Earl Thompson

Présentation de l’éditeur :

Un Jardin de sable est le cri de rage des laissés-pour-compte et des âmes médiocres à qui on ne tend jamais la main, mais qu’Earl Thompson [1931-1978] embrasse dans la brume du sordide et de l’impur. Jacky, né au Kansas à l’aube de la grande dépression, porte le désespoir et la misère comme une seconde peau. Témoin malgré lui de toutes les turpitudes, il se nourrit d’un monde où prévalent la brutalité, le sexe et le mépris. Sa jeunesse est un combat dans les bas-fonds de l’humanité pour se libérer de son destin et remonter à la surface. Un Jardin de sable est une oeuvre puissante et sombre, traversée de violences et de transgressions. Une histoire peuplée d’êtres acariâtres, de gamins aux mentons croûtés, de truands, de vagabonds, de prostituées, de macs et de brutes les ongles y sont sales, la peau, couverte de bleus, et les draps comme les âmes sont souillés au-delà de toute rédemption. Pourtant c’en est beau de douleur et de foi en l’avenir. C’est Steinbeck et Zola. C’est Bukowski et Fante. C’est de la dynamite et de la poésie. C’est la vie. Brutale, nauséabonde, fragile et magnifique.

Notre avis :

« Jacky, né au Kansas à l’aube de la Grande Dépression, porte le désespoir et la misère comme une seconde peau. Témoin malgré lui de toutes les turpitudes, il se nourrit d’un monde où prévalent la brutalité, le sexe et le mépris. Sa jeunesse est un combat dans les bas-fonds de l’humanité pour se libérer de son destin et remonter à la surface ».

Les romans et les auteurs américains publiés pendant la Grande Dépression des années 3O et un peu au-delà, exercent une étrange fascination chez moi. Comment pourrait-il en être autrement quand cette « génération perdue » a donné naissance à des Steinbeck, Fitzgerald, Hemingway, Dos Passos ou Nabokov. C’est aussi le terreau fertile du roman noir américain que j’affectionne particulièrement

Mais revenons à notre auteur. Earl Thompson a publié 4 romans (dont le dernier à titre posthume). « Un jardin de sable », sa première œuvre parue en 1970, a réussi la prouesse d’être nominée pour le National Book Award.

J’ai découvert ce livre vraiment par hasard. La superbe couverture des Editions Toussaint Louverture a d’abord accroché mon regard puis, juste en-dessous, comme pour faire office de bandeau rouge « Préface de Donald Ray Pollock ».

Ni une, ni deux, je me suis dit « celui-là, il me le faut ! ».

Je porte toujours une attention particulière aux préfaces et comme Donald Ray Pollock est ma plus belle découverte littéraire depuis quelques années, un bouquin qui se paye le luxe d’avoir son préambule se doit obligatoirement d’atterrir entre mes mains. Je ramène donc le bel objet chez moi et commence ma lecture.

831 pages et quelques nuits blanches plus loin, je referme le roman. Sonnée.

Par où commencer ?

D’abord, âme sensible s’abstenir (mais ce serait fort dommage). Ce n’est pas une bluette et si vous pensez lire un de ces romans dont on ne se souvient plus du titre à peine terminé, vous allez être déçu.

Cette prose prend aux tripes et ne vous lâche pas.

Non, pas d’hémoglobine, rien de gore, juste une vérité brute et nue qu’on prend en pleine gueule et c’est très déstabilisant.

Bien que le thème du bouquin soit la construction, les errances psychologiques d’un jeune gars et la structuration de ses obsessions sexuelles autour d’un complexe d’Œdipe des plus délirant, ce roman charrie bien d’autres turpitudes et allégories, toutes plus fortes les unes que les autres.

C’est une sorte de récit initiatique, qui plaque des images impitoyables sur vos rétines, un feu inextinguible dans votre cœur et vous laisse un peu désemparé.

L’histoire est semi-autobiographique, ce qui est suffisant pour donner une force incroyable au récit, qui de toute façon n’en n’avait pas besoin tant l’écriture est puissante et les descriptions violentes. Les personnages sont abîmés, brisés, malmenés par la vie et l’époque dans laquelle ils évoluent.

La ténacité du héros, ce mélange de candeur et de roublardise, force à la fois le dégoût et l’admiration. La faiblesse et l’inconséquence de la mère révolte et fait pitié. L’inceste est sans doute un des sujets les plus difficiles à aborder et le mélange des rôles, entre la victime et le séducteur, rend les choses très inconfortables pour le lecteur. On oscille entre la révolte et une certaine compassion et ce qu’il reste au final, c’est la nausée.

Le plus difficile c’est qu’il n’y a rien à quoi se raccrocher. Tout est sale et misérable. Les mentalités, sans vouloir jouer les prudes, font dresser les cheveux sur la tête. La mère et le fils sont victimes de cette époque brutale pleine de bruit et de fureur et les autres personnages sont à l’avenant.

Il y a pourtant une énergie et quelque chose d’inéluctable dans ce roman, une volonté de vie qui balaye tout sur son passage et, tour de force incontestable, on s’attache à tout ce monde.

Tout est à retenir dans ce livre. L’histoire, le style, c’est un extraordinaire moment de littérature. Je ne sais pas pourquoi cet écrivain n’est pas plus connu de ce côté-ci de l’Atlantique parce que véritablement, c’est énorme ! Tout à la fois poétique, brutal, désespéré et désespérant.

Faites-vous un cadeau, laissez-vous embarquer dans le sillage de cette famille à la dérive pendant la période glauque de la Grande dépression. Vous passerez par toutes les sensations, pas forcément les plus agréables, et, sans doute comme moi, vous refermerez ce roman en ayant la sensation d’avoir été malmené mais d’en sortir plus riche d’humanité.

Une véritable pépite.

Editions : Monsieur Toussaint Louverture. Paru en janvier 2018.

© Mireille Eyermann

24 Mai

« En rose et noir », tome 26 des aventures de Mélusine

Présentation de l’éditeur :

La journée a plutôt mal commencé pour Mélusine. D’abord il y a ce nain chevauchant un dragon qui surgit du sol du château et qui accuse Mélisande, la cousine fée de Mélusine, de voler l’or des nains ! Et qui, pour se rembourser, repart avec quelques-uns des plus beaux chandeliers du château… Ensuite, il y a l’arrivée à l’école de sorcellerie d’un nouvel élève venu d’Afrique, spécialiste en sorts à partir de grigris, amulettes et fétiches divers, et que ses condisciples accusent de n’être qu’un imposteur incapable de faire de la vraie magie. Il y a enfin la visite totalement inattendue de Kaspar, le père de Mélusine, qui lui annonce son prochain divorce… et la disparition de sa mère ! Mélusine va enquêter et partir sur les traces de sa mère… et découvrir le terrible secret de ses parents qui pourrait bien mener à une guerre entre sorciers et fées !

Notre avis :

Voici une BD qui m’a rappelée mon enfance. C’est une sorcière que les moins de 20 ans ne connaissent surement pas. Cette bande dessinée est apparue dans le célèbre magasine « Le journal de Spirou » en 1992. Depuis 1995, 26 albums sont parus aux éditions Dupuis avec toujours le même dessinateur, Clarke.

N’ayant pas lu tous les précédents tomes, je n’ai pas été trop perdue dans celui-ci. Il y a des références aux précédents tomes mais elles n’empêchent pas de comprendre ce qu’il se passe.

Ici Mélusine va être confrontée au divorce de ses parents mais surtout à la disparition de sa mère. Elle va se lancer à sa recherche avec sa cousine qui est une fée, Mélisande. Ce personnage a été mon préféré. Elle est très drôle. Elle ne se rend pas compte de ce qu’elle fait ou dit et de l’impact que cela peut avoir. Elle apporte de la légèreté aux scènes un peu sous tension.

Un nouveau personnage fait son apparition, Mathys, un jeune marabout. Avec son père ils ont du quitter leur pays et ils se sont installés dans une maison qu’ils louent. Ces personnages font référence à un sujet très actuel, celui des migrants. Mélusine va aider Mathys à s’intégrer dans l’école.

On va de péripéties en péripéties dans ce nouveau tome. Mais surtout nous avons le droit à une révélation de taille pour Mélusine qui va changer beaucoup de choses pour la suite.

Je ne me suis pas ennuyée dans ce tome. Le dessin est superbe. J’ai vraiment retrouvée la Mélusine de mon enfance sur le début du tome. Elle est toujours prête à défendre les autres, son caractère est toujours très affirmé. Mais vers la fin on se rend compte qu’elle a grandit et que l’auteur a choisi de s’adapter à ce public qui a grandit avec mais aussi à la société actuelle. Ce fût au début une surprise pour moi mais je me suis dit que Mélusine s’adapte à son époque et donc reste très actuelle avec les thématiques abordées.

Le prochain tome s’annonce très intéressant avec la dernière page. Mélusine va voir son petit monde bouleversé…

Editions : Dupuis – Date de parution : 4 Mai 2018 – 48 pages

© Amandine Gazeau

19 Mai

« Plein phare sur » Fred Campoy, reçu par Aurélie Bambuck dans 9h50 le matin !

UNE VIE AVEC ALEXANDRA DAVID-NEEL – Tome 2

Scénario : FRED CAMPOY
Dessin : Mathieu BLANCHOT, FRED CAMPOY
Couleur : Mathieu BLANCHOT, FRED CAMPOY
Paru le 01 Fevrier 2017

Présentation de l’éditeur

Le plus grand explorateur du XXe siècle est une femme…

Première femme à être entrée dans la ville de Lhassa en 1924, Alexandra fête ses 100 ans. Rêvant toujours de voyager à travers l’Europe et la Russie, elle entame
pourtant une longue et sereine agonie, veillée par Marie- Madeleine. Au cours de ces 17 jours, le présent et le passé s’entremêlent, allant de l’épisode de Lhassa jusqu’à son enfance difficile, en passant par sa découverte du musée Guimet de Paris où elle passait d’innombrables heures à étudier l’hindouisme et le bouddhisme.

18 Mai

« Michel Vaillant, le rêve du Mans » !

Qui ne connaît pas le célèbre pilote Michel Vaillant… Son créateur, le génial Jean Graton, a fait apparaître son héros aux Les 24 Heures dans 13 albums… Jusqu’à ce que la réalité rejoigne la fiction… Cette aventure incroyable méritait bien un film ! C’est ce qu’a réalisé Frédéric de Brabant avec le film documentaire « Michel Vaillant, Le rêve du Mans ».

Il était présenté le jeudi 17 mai 2018 au cinéma Grand Action (5, rue des Ecoles, 75005 Paris), devant une salle archi comble de fans et de journalistes.

Ce film a une histoire peu banale. C’est d’abord l’histoire d’une passion : celle des bandes dessinées de Michel Vaillant, et aussi celle de la mythique course des 24 Heures du Mans.

C’est aussi et surtout l’histoire de la rencontre de Philippe Graton (fils de Jean Graton, créateur de Michel Vaillant, et talentueux scénariste de la nouvelle série) et du cinéaste Frédéric de Brabant.

Au départ, de l’aveu des protagonistes de cette aventure cinématographique, il n’y avait pas de projet de film, ni bien sûr le moindre budget de réalisation. Deux fous de course automobile ont cependant décidé de filmer les moments forts de la course 2017, lors de laquelle deux Vaillante-Rebellion (n°13 et n°31) étaient engagées. Ce sont ces quelques heures de films qui ont donné naissance à ce documentaire passionnant.

Des documents d’archives et des extraits d’albums de Michel Vaillant complètent à merveille cette aventure, entre rêve et réalité.

On y apprend l’origine de la passion de Jean Graton, découvrant au passage un de ces premiers dessins réalisé à l’âge de 8 ans, où le futur grand dessinateur représente son papa « en train de réparer sa moto ». On y voit aussi – non sans émotion – des photos d’archives, où le petit Jean Graton découvre la première fois, en 1937, les 24 Heures du Mans en compagnie de son père. Une expérience qui le marquera à vie. Plus tard Jean Graton restera très proche de cet univers et cultivera de véritables amitiés avec des pilotes de légende, dont l’immense Jacky Ickx !

Au fil du documentaire, on voit aussi défiler les principaux protagonistes de l’aventure Vaillante-Rebellion : les pilotes (Bruno Senna, Nicolas Prost, Julien Canal, Nelson Piquet Jr., Mathias Bèche), le vice-président de Rebellion Racing (Calim Bouhadra), le constructeur de la mythique Oreca 07 (Hugues de Chaunac), Gérard Neveu (directeur général du WEC), des journalistes spécialisés, des collecteurs et passionnés. Chacun apporte son témoignage et son expérience. Tous semblent réunis par leur passion commune pour la course et en particulier pour l’univers incomparable de Michel Vaillant.

Le documentaire entre ensuite dans le vif du sujet. On découvre la première présentation officielle de la Vaillante-Rebellion, dévoilée sous les crépitements des flashes des photographes, puis l’arrivée des voitures au Mans pour la célèbre séance du pesage lors de laquelle une foule subjuguée se presse. La voiture de la BD existe donc « en vrai » !

L’action se déplace dans le stand Rebellion. On assiste aux séances chronométrées de changements de pilotes et de ravitaillements. L’horlogerie de précision Vaillante-Rebellion ne laisse au hasard.

Vient alors l’incroyable récit de la course, avec ses innombrables rebondissements. Cette partie du documentaire pourrait être un thriller, tant la tension et le suspense sont palpables. Le facteur humain, associé aux mécaniques de précision – pilotes, ingénieurs et mécaniciens – est magnifiquement bien rendu. Aucune mise en scène, nul besoin de « surjouer » ou de scénariser. Le fil des événements réels est à lui seul aussi hallucinant et palpitant qu’un album de Michel Vaillant.

« Tout peut arriver au Mans » rappelle Gérard Neveu.

Les scénarios les plus fous se déroulent sous les regards incrédules ou fascinés des acteurs et spectateurs de leur propre récit. Tous les éléments d’une dramaturgie existent dans la matière même du sujet.

La fin de la course, ponctuée d’innombrables rebondissements, déjoue les pronostics les plus invraisemblables.

Nous la laisserons découvrir – sans rien spoiler – aux spectateurs de ce magnifique documentaire qui ne connaîtraient pas encore le résultat de la course et des suivantes.

La projection, longuement applaudie, a été suivie d’une séance de dédicaces de Philippe Graton et Frédéric de Brabant. L’occasion aussi de croiser quelques personnalités, telles que Gérard Neveu, directeur général du championnat du monde d’Endurance (WEC), qui nous a confié avoir réellement apprécié ce film.

©Bob Garcia

 

 

 

 

 

12 Mai

« Les Jumeaux de Piolenc » de Sandrine Destombes, prix VSD RTL du meilleur thriller 2018.

Présentation de l’éditeur:

« Un vrai page-turner, addictif et haletant, porté par une atmosphère envoûtante et une écriture ciselée.  » Michel Bussi

Août 1989. Solène et Raphaël, des jumeaux de onze ans originaires du village de Piolenc, dans le Vaucluse, disparaissent lors de la fête de l’ail. Trois mois plus tard, seul l’un d’eux est retrouvé. Mort.
Juin 2018. De nouveaux enfants sont portés disparus à Piolenc. L’histoire recommence, comme en macabre écho aux événements survenus presque trente ans plus tôt, et la psychose s’installe. Le seul espoir de les retrouver vivants, c’est de comprendre enfin ce qui est arrivé à Solène et Raphaël. Au risque de réveiller de terribles souvenirs.

Notre avis:

« Les Jumeaux de Piolenc » de Sandrine Destombes aux éditions Hugo Thriller, prix VSD RTL du meilleur thriller 2018.

Il est vrai que l’on utilise souvent des expressions récurrentes pour qualifier un bon thriller: page Turner, addictif, claque… mais que voulez-vous, même si la langue française regorge d’adjectifs, il est parfois difficile de trouver les bons mots pour qualifier une lecture. Alors je vais tenter de ne pas tomber dans les lieux communs pour vous faire comprendre à quel point ce thriller est une réussite et qu’il est indispensable de le lire…

« les jumeaux de Piolenc » s’ouvre sur un prologue original, le récit de la disparition de jumeaux, vu au travers des médias. Sandrine Destombes y évoque les évolutions scientifiques et notamment le travail autour de l’ADN. L’utilisation de ce procédé met tout de suite le lecteur en conditions, le climat est posé. Qui ne s’émeut pas de la disparition d’enfants? Sujet qui a inspiré Sandrine. Mais ne vous y trompez pas, ce petit bijou de littérature noire ne peut pas se résumer à la disparition de Solène et Raphaël…

Dès les premiers chapitres, Sandrine passe au crible les mécanismes de la machine judiciaire et certains passages ne sont pas sans rappeler « l’affaire Grégory », notamment par le fait que l’enquête sur la disparition des jumeaux est confiée à un jeune enquêteur.

Tout au long du roman, Sandrine évoque la fragilité émotionnelle des enfants, ces adultes en devenir, l’importance de la construction de leur personnalité, les dangers des réseaux sociaux et des rencontres virtuelles.

Le combat du papa des jumeaux, Victor, renvoie à  celui du papa de la petite Estelle, similitude troublante qui renforce la charge émotionnelle à la lecture.

J’ai également été émue du lien tissé entre Victor et Jean, premier officier a avoir enquêté sur les jumeaux. Cette enquête qui a été son graal, le combat de sa vie au point de tout lui sacrifier:

« Il y avait quelque chose de triste et beau à la fois dans ce lien qui unissait ces deux hommes. A les observer dans ce cadre plus intime, Fabregas se demanda à quel moment leur relation s’était éloignée du cadre professionnel pour devenir cette amitié à la fois pudique et sincère ».

Sandrine décrit d’ailleurs de manière remarquable le sentiment d’impuissance de l’enquêteur qui, malgré tous les moyens mis en œuvre, n’avance pas d’un pas.

Enfin, au delà de tous les sujets traités, du travail remarquable autour de la psychologie tant de l’enfant que de l’adulte; au delà de la construction précise et admirable des personnages qui vous hanteront un petit moment, il y a l’intrigue.

Le rythme et la tension montent crescendo au fil des éléments que Sandrine distille habilement, nous renvoyant d’une piste à l’autre, bousculant nos soupçons pour en faire naître d’autres, multipliant les possibilités pour nous amener vers un final surprenant. 

Dans la catégorie thriller, « Les jumeaux de Piolenc » flirte avec la perfection. Il va falloir dorénavant compter avec Sandrine Destombes qui vient de rejoindre les maîtres du genre!

Chez Hugo Thriller, paru le 03 mai 2018, 400 pages.

@Ophélie Cohen

11 Mai

Les super-héros de DC-Comics : des BD… aux LEGO® !

DC Comics (abréviation de « Detective Comics ») fait partie du conglomérat Time Warner.

Véritable institution dans le monde de la bande dessinée, DC Comics est aussi l’une des principales maisons d’édition américaines de comics qui détient plusieurs filiales, notamment Vertigo, plutôt dédiée au fantastique et Wildstorm plutôt dédiée à la science-fiction et aux aventures de super-héros plus modernes.

L’origine de DC Comics remonte à l’année 1934 lorsque Malcolm Wheeler-Nicholson, un ancien major de l’armée américaine devenu auteur pour des pulps, fonde la société National Allied Publications. En février 1935 est publié le premier numéro de New Fun Comics qui propose des comics inédits, ce qui alors le démarque des autres comic books dans lesquels on ne trouve que des rééditions de comic strips.

En avril 1938 DC qui publie le premier numéro d’Action Comics, qui va révolutionner le monde la bande-dessinée américaine car Superman, le premier super-héros, y fait son apparition.

C’est ensuite dans le 27e numéro de Detective Comics, en 1939, qu’apparaît Batman créé par Bob Kane et Bill Fingern.

Suivront toute la série de super-héros tels que Green Lantern, Flash, Wonder Woman,

DC Comics traverse une crise dans les années 80, mais grâce au génie de nouveaux scénaristes tels qu’Alan Moore, qui revisitent les personnages emblématiques, la revue connaît un nouvel essor.

Le grand public redécouvre les héros de DC Comics grâces aux BD et aux films.

Aujourd’hui, un passionné de Lego, Nathan Sawaya, recrée les personnages et leurs univers dans l’exposition présentée The Art of the Brick: DC Super Heroes à l’Espace Chapiteaux de La Villette, à paris, et promet : « Cette exposition LEGO® des super-héros, destinée aux fans et à toute la famille, utilise plus de 2 millions de briques pour ses sculptures gigantesques inspirées de l’univers DC Comics : Batman™, Superman™, Wonder Woman™, Le Joker™… Laissez-vous emporter par tous ces super-héros et super-vilains à travers une série de décors immersifs et d’animations pour petits et grands. »

Amandine Gazeau et Bob Garcia se sont laissés emportés pour « Lire délivre » !

Retour en images :

Les couvertures mythiques de DC Comics reproduites en briquettes !

   

    

    

   

    

    

    

    

    

Les fans retrouveront aussi leurs héros favoris, réalisés en grandeur nature et dans leur « environnement » avec une débauche de briquettes multicolores !

L’exposition propose encore d’innombrables réalisations et trouvailles… pour finir par une visite de la Batcave, où l’on trouve la mythique Batmobile réalisée avec près de 500.000 briquettes !!

De quoi donner envie aux petits comme aux grands de (re)découvrir la richesse et l’inventivité des bandes dessinées de DC Comics qui tapissent les murs de l’exposition…

 

©Bob Garcia

©Amandine Gazeau

 

 

05 Mai

« Les 800 Heures » retours sur la carrière incroyable de Paul Frère, journaliste Belge, ingénieur et pilote de légente !

Paul Frère est un mythique pilote Belge, unanimement admiré en Belgique et dans le Monde de l’automobile.

Il fut en effet à la fois journaliste, ingénieur et pilote.

Admiré pour ses facultés d’analyse, de développement et de mise au point, il fut aussi le premier Belge à monter sur le podium d’un Grand Prix de Spa-Francorchamps en 1956 lorsqu’il se classa deuxième sur Ferrari derrière son co-équipier Peter Collins. Il fut aussi et surtout l’UNIQUE journaliste à avoir gagné les 24 Heures du Mans (en 1960).

Ses amis et proches louent en outre ses qualités humaines exceptionnelles.

Antoine Seyler, que Paul Frère considérait comme « le fils qu’il n’avait jamais eu » (Paul Frère eut trois filles) n’hésite pas à affirmer qu’il incarnait à ses yeux une forme de perfection !

Paul Frère est l’auteur de plusieurs livres dont « Les 800 heures »

Description

Quatre-vingt-onze photos n/b hors-texte – Table des matières : Une course entièrement originale – Les premières pages de l’album aux souvenirs – Pilote aux 24 heures du Mans – Suprématie et chute de Maranello – Un tour de circuit de La Sarthe – Les voitures des 24 heures – Un an de travail pour 24 heures de course – Quo Vadis 24 heures ? – Règlement.

 

Et

«  Un des vingt au départ », évoquant les débuts de sa carrière comme pilote.

 

La Belgique et l’automobile : une histoire de passion. Un beau livre sur APAL, le dernier constructeur auto belge !

La Belgique et l’automobile, c’est une histoire de passion.

Claude Yvens et Christophe Gaascht consacrent un livre passionnant à la saga mouvementée de la marque APAL, témoin d’une époque révolue où le talent pouvait s’exprimer à travers les expériences les plus diverses.

Présentation de l’éditeur

Avec plus de 6000 autos construites de façon quasi artisanale durant une trentaine d’années et grâce à la technique du polyester, APAL a été une des marques belges les plus prolifiques.

Née dans l’enthousiasme et l’insouciance des années soixante, la marque liégeoise APAL a connu des fortunes diverses. Les débuts prometteurs du Coupé, l’éclat éphémère de la Formule Vé et la célébrité consacrée du Buggy ne font cependant pas oublier l’insuccès d’autres modèles tels que l’Horizon ou l’APAL Francorchamps ainsi que les collaborations hasardeuses avec les grands constructeurs.

Avec plus de 6000 autos construites de façon quasi artisanale durant une trentaine d’années et grâce à la technique du polyester, APAL a été une des marques belges les plus prolifiques.

APAL, c’est aussi le portrait d’une époque où les rêveurs passionnés avaient encore droit au chapitre pour autant qu’ils disposent d’un certain talent et du sens des affaires.

 

 

04 Mai

Jean-Philippe Doret, spécialiste FIA WEC et rédacteur du programme officiel de Spa-Francorchamps !

Jean-Philippe Doret est un des principaux rédacteurs des programmes FIA WEC depuis la création de cette compétition en 2012. Il répond aux questions de « lire délivre ».

Que trouve-t-on dans le programme officiel FIA WEC ?

D’abord, les informations détaillées sur tous les équipages (pilotes, voitures, catégorie, numéro de course, etc.)

 

Ensuite, en cours de saison, on ajoute dans le programme des rétrospectives et analyses des courses précédentes remises en perspective par rapport à la course présentée dans le nouveau programme.

Il y a aussi des sujets annexes liés au pays où se déroule chaque manche ? Sur quels critères les choisissez-vous ?

Exact. On présente des concurrents du pays, que l’on pourrait appeler les « régionaux de l’étape ». Dans le cas de Spa, on braque bien sûr le projecteur sur l’unique pilote belge du plateau : Maxime Martin, qui m’a accordé une interview dans ce but. Ce coup de projecteur se justifie d’autant plus que Maxime Martin dispute sa première saison en FIA WEC, dans l’équipe Aston Martin Racing qu’il vient de rejoindre.

A propos du programme à venir pour les 6 Heures de Silverstone, il serait par exemple logique de trouver un sujet consistant sur l’écurie Aston Martin, qui engage une nouvelle voiture en catégorie LMGTE Pro.

A qui s’adresse ce programme, aux professionnels ou au grand public ?

Les deux. C’est à la fois un outil d’information pour les professionnels (il est d’ailleurs disponible en salle de presse à chaque course), et c’est aussi un outil de vulgarisation pour les spectateurs et passionnés du FIA WEC, dans lequel chacun peut trouver de précieux renseignements tels que l’agenda complet du WE de course, le plan du circuit ou encore les créneaux horaires de rencontre avec les pilotes.

Dans quelles langues est-il disponible ?

Comme la création graphique est réalisée en France, je livre mes textes en français. Ils sont ensuite traduits en anglais et dans la langue du pays où se déroule la course. Par exemple français/anglais pour le programme des 6 Heures de Spa-Francorchamps ; chinois/anglais pour les 6 Heures de Shanghai, etc. Avec un cas particulier pour le programme des 6 Heures de Silverstone puisque la langue du pays est précisément l’anglais. Pour cette raison, c’est celui qui présente le contenu le plus étoffé.

Pour revenir sur le programme de Spa, quel est l’article dont vous êtes le plus fier ? Pourquoi ?

Pour moi, tout est évidemment intéressant. Comme il s’agit de la première course de la saison, on est plus ici dans un cadre de présentation, d’information, voire de pédagogie. On a choisi certains pilotes comme Fernando Alonso, Bruno Senna ou encore Gianmaria Bruni, pour les enjeux que représente cette saison pour eux. On s’intéresse également aux nouveaux venus puisque dans ce programme, on a consacré un gros sujet sur l’entrée en FIA WEC de BMW.

Et quel serait votre plus gros défi pour les programmes à venir ?

Pour le programme des 6 Heures de Silverstone, une interview de l’ancien champion du monde de Formule 1 Jenson Button, qui va faire son entrée en FIA WEC aux 24 Heures du Mans !