19 Oct

Olivier De March dédicace « Paris by Night » à Erqui en Bulles

Paris by Night, Tome 1 : Scarface

Présentation éditeur :
Paris, capitale fédérale. An de Grace 2159. Notre Dame (Refaite à l’identique pour la troisième fois) est toujours là. La tour Eiffel aussi. Comme les flics et les truands, les bons et les brutes, les poubelles de quartier et la pyramide du Louvre. C’est bon pour le tourisme. Mais il y a du nouveau depuis quelques années: Des gens bizarres,différents… « Pas comme nous, quoi ». Une nouvelle race en magasin : Des mutants ? L’un d’eux, le « Balafré », surnommé aussi « Scarface » dans les milieux autorisés et dans le milieu tout court, est surveillé de près par la police. Mais on manque de preuves : Du flagrant délire ? oui ! Du flagrant délit ? Jamais… Pas bon pour le tourisme… Ami, entends-tu le chant des claques le soir au fond des bois ? Et celui des bastos sous les toits de Paris ?

13 Oct

Erquy, « le village d’Astérix et Obélix », vous invite à son premier festival BD !

 

 

 

L’association Erquy en Bulles organise samedi 17 et dimanche 18 octobre 2020, la première édition du Festival de la B. D. à Erquy. L’association a pour mission le développement et la promotion de la bande dessinée et du dessin humoristique. Tous les thèmes peuvent être déclinés sous forme de dessin.

Sur nos terres bretonnes les légendes dans lesquelles fées, korrigans et autres personnages imaginaires sont très connues. Les héros de l’histoire, les marins aventureux, la satire politique sont des thèmes récurrents mais tous les sujets peuvent être abordés en dessin.

20 auteurs seront présents et vous dédicaceront leurs albums. Des scénaristes, des coloristes et des éditeurs, personnages indispensables, vous parleront de leur rôle dans la création.. Bruno Bertin et Beno ne seront toutefois pas présents, vous retrouverez cependant le scénariste Frédéric Letereux ainsi que Eric Le Berre, dessinateur breton.

Tout public et payant, masques obligatoires en intérieur et en extérieur, nombre limité de personnes présentes en même temps dans la salle des dédicaces.

Parallèlement, l’exposition Le Monde de la BD sera visible à la Galerie municipale Bernard Nonnet du mercredi 14 au mardi 20 octobre 2020. L’entrée est gratuite. Les enfants pourront déposer une coquille qu’ils auront décorée auparavant. Un prix sera décerné à la plus belle coquille.

 

Chambéry BD 2020 : Olivier Marin dédicace « Margot »

MARIN Olivier

Né en 1970, Olivier Marin est passionné de bande dessinée depuis sa plus tendre enfance, il est fan de « ligne claire » et particulièrement de la BD franco-belge des années 50-60 signées de grands maîtres comme Hergé, Jacobs, Bob de Moor et Jacques Martin. Il garde des sorties dominicales dans la traction 7c de 1936 de son père un souvenir ému, qui est à l’origine de sa seconde passion : les voitures populaires anciennes. Dès 12 ans, il réalise sa première BD sur la 22 CV. Devenu infographiste et webmaster, cet auteur autodidacte est repéré en 2003 par les Editions Paquet. En octobre 2007, il sort sa première BD Michelle – Les Mystères de l’Est, puis crée la série Les enquêtes auto de Margot en 2009 et développe depuis un univers tournant autour des grandes heures de l’automobile, dont la série Les Aventures de Betsy, avec Jérome Phalippou au dessin.

© Editions Paquet

25 Sep

Chambéry BD 2020 : Marek Halter présente « Irena », t5,

Présentation de l’éditeur

Jérusalem, 1983. Reconnue Juste parmi les nations, Irena Sendlerowa reçoit un arbre en son honneur à Yad Vashem. Elle finit de raconter son histoire, notamment sa rencontre avec le docteur Janusz Korczak, médecin et écrivain polonais, qui a délibérément accompagné les enfants dont il avait la charge au camp de Treblinka. Fin de la série.

©Electre 2020

 

Vendredi 25 septembre :

CONFÉRENCE DE MAREK HALTER,

DAVID EVRARD & JEAN-DAVID MORVAN

Centre de Congrès « Le Manège » à Chambéry

Horaire : 17 h 00 – Entrée libre

Marek Halter, célèbre écrivain traduit en plus de vingt langues, nous fera l’honneur de présenter la bande-dessinée Irena, qu’il a préfacée, en compagnie de deux des auteurs de l’ouvrage : David Evrard (dessin) et Jean-David Morvan (scenario). Le maître de cérémonie sera Yves Ganansia, actuel président du CRIF de Grenoble – Dauphiné.

Cette conférence sera l’occasion pour Marek Halter de raconter sa rencontre avec Irena Sendlerowa, Juste parmi les nations, qui a sauvé près de 2500 enfants Juifs dans le ghetto de Varsovie.

C’est l’histoire de cette grande dame que raconte la bande dessinée éponyme.

Marek Halter participant à une conférence sur Irena, le parallèle est évident : né en 1936 à Varsovie, d’origine Juive Polonaise, il fuit le régime nazi avec ses parents, survit au régime de l’Union Soviétique pour finalement arriver à Paris dans les années 1950. Marek Halter est aujourd’hui l’auteur de nombreux ouvrages qui plaident l’égalité et la fraternité entre les religions. Ses livres portant sur les figures féminines des grandes religions sont plus que jamais d’actualité.

©Festival BD de Chambéry 2020

Chambéry BD 2020 : François Plisson en dédicace

François Plisson

François Plisson, né en 1961. Il arrive à Brest à l’âge de 9 ans jusqu’à ses 24 ans. C’est pour lui une fabuleuse découverte : la mer, les bateaux, la musique celtique.
Dès l’âge de 10 ans, il se mettra à la bombarde puis le hautbois au Conservatoire National de Région de Brest. En complément, il est peintre, dessinateur et sculpteur dans l’âme.
L’influence de cette Bretagne mystérieuse, riche et fortement marquée par sa culture, a forgé son immaginaire, ses envies graphiques et ses bases artistiques.
Après, l’Ecole Nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, c’est en 1987 qu’il fait une entrée remarquée dans monde de la B.D. avec TRISTAN (7 albums) pour DARGAUD Bénélux, puis DARGAUD France sur les scénarios d’Hélène CORNEN. La collaboration entre les deux auteurs se poursuit avec LA TARTARE pour MC Prod.. En 2000, Pour les Editions Casterman, c’est la naissance de TAANOKI, histoire écrite par Jéromine Pasteur. Puis, le dessinateur Franz, véritable pillier de la bande dessinée franco-belge, qu’il admire depuis toujours comme maître et ami, lui propose un scénario sur mesure, le “western gaulois”, AKARAD, publié aux Editions NUCLEA, en 2003. La série Les korrigans d’Elidwenn, avec le premier tome “ La porte des légendes“, le tome 2  » Le mystère des hommes-crabes », le tome 3  » Les Korils des bois », le tome 4  » Les poulpikans d’Ouessant, le tome 5 « La licorne de Brocéliande » aux Editions de La Fibule, lui donne l’occasion de renouer avec l’illustration et la peinture à l’huile. Le réalisme de son dessin riche et détaillé, allié à son expérience de peintre et de dessinateur de B.D., nous offre ici la palette de son parcours graphique. Vient de paraitre la réédition du 1er tome d’AKARAD « L’homme qui devînt loup ». En préparation une nouvelle série à patir de 12 ans « La ballade Armoricaine de Gweltaz le Korrigan », tome 1 « Le nectar des fées ». Scénario, dessin, couleurs : François PLISSON aux Editions de La Fibule.
Nouveauté : François Plisson ouvre son encrier pour entrer cette fois-ci dans le monde de l’écriture et prépare pour l’été 2010 sa première série « perso » dans son « Fantastique-Merveilleux » avec les aventures de « Gweltaz le Korrigan ». Cette saga dévoilera les épreuves soumises aux jeunes elfes leur Ballade Armoricaine. Par leur quête initiatique, ils deviendront de vrais korrigans.

Source : http://editionsdelafibule.free.fr/

 

19 Sep

Les coulisses du Mans, Hervé Guyomard, E.T.AI.

Présentation de l’éditeur

Embarquez pour un tour du circuit des 24 Heures du Mans comme vous ne l’avez jamais vu, passez sous la célèbre passerelle Dunlop qui surplombe les 3 000 hectares du site. Partez à la rencontre de l’armée de l’ombre, ces milliers de bénévoles qui veillent autour de la piste, commissaires, médecins, jalonneurs, découvrez leurs fonctions, visitez les divers bâtiments et leurs fonctionnalités, vous allez croiser des pilotes de renoms, des chefs d’écurie, les directeurs de courses. En embarquant pour cette visite guidée exceptionnelle, vous apprendrez tout ce qu’il faut connaître sur les vêtements de pilotes, les camions usines, le village du circuit… ainsi que les incroyables anecdotes qui ponctuent un siècle de la plus grande course du monde.

Hervé Guyomard a régné en maître sur le circuit des 24 Heures du Mans pendant quarante ans, de 1971 à 2006. Désormais à la retraite, il se déplace sur les épreuves de l’Asian Le Mans Series en tant que responsable des commissaires. Il est aussi conseiller pour l’Automobile Club de l’Ouest.

 

Notre avis

Ce n’est certes pas le premier livre consacré aux 24 Heures du Mans, et ce ne sera pas le dernier. Car il se passe toujours quelque chose sur la piste et dans les coulisses de ce laboratoire automobile à ciel ouvert. Mais ce livre possède une saveur particulière, alors même que le joue l’édition 2020 sans spectateur, pour cause de COVID 19.

La préface de Pierre Fillon (Président de l’Automobile Club de l’Ouest) constitue la meilleure entrée en matière possible :

« Lorsque vous lirez ces lignes, Hervé Guyomard aura assisté à plus de soixante-dix éditions des 24 Heures du Mans, sans interruption depuis la reprise de l’épreuve après-guerre, en 1949. Ceci lui confère la légitimité de nous proposer dans ce livre une lecture transverse de notre organisation phare. Cinq ans après avoir commis, avec Pierre-André Bizien, le livre institutionnel sur le centenaire de l’ACO, Un siècle de vie associative et sportive, commandé par Jean-Claude Plassart, mon prédécesseur, Hervé nous livre cette vision beaucoup plus personnelle de la vie du circuit des 24 Heures du Mans à travers une analyse historique du site, des acteurs, des hauts faits comme des hauts lieux, le tout ponctué d’une myriade d’anecdotes dont il constelle ses visites guidées du circuit, à longueur d’année. […] »

Dans ce gros livre de 240 pages, Hervé Guyomard nous invite en effet à une visite détaillée, historique, du moindre recoin du circuit des 24 Heures. Le livre s’articule en deux parties « Le décor » et « Les acteurs »

Après avoir planté le décor (p. 13), c’est à dire le plan du circuit lui-même, l’auteur passe en revue les différents lieux mythiques, auxquels sont attachés des hauts faits et des anecdotes que l’on ne peut imaginer si on ne les a pas vécues. Chaque endroit est illustré de photographies anciennes. Ainsi « L’épingle de Pontlieue » est illustrée par la Rolland-Pilain C23 de Louis Sire et Jean de Marguanat, qui finit septième en 1925.

La « courbe Dunlop » est illustrée de la 4CV 1063 de Jean Rédélé et Guy Lapchin, qui finit dix-septième et dernière en 1952. L’anecdote, digne des intrigues des albums de Michel Vaillant, nous apprend qu’en pleine nuit, les pompes à essence de l’écurie Porsche n’étaient plus alimentées… « Une main pas innocente avait, dans les coursives des anciens stands, coupé les vannes d’admission du carburant. » Chaque endroit est ainsi disséqué, raconté, illustré. Les titres des paragraphes eux-mêmes portent leur part de légende et de mythe : « Les esses de la forêt », « Le Tertre rouge », « Les Hunaudières », « des ralentisseurs devenus des chicanes », « Mulsanne, sa bosse, ses abeilles et son tas de sable », « Le poste 89, sombres souvenirs et hommage aux commissaires », etc.

Mais l’aventure s’écrit aussi en marge du circuit. Hervé Guyomard nous invite alors à visiter « Les hauts lieux » et leurs temps forts : le pesage, la chapelle, les passerelles et souterrains, le restaurant de l’hippodrome, etc. Et toujours, les anecdotes hallucinantes et improbables « En 1923, les mécaniciens du Championnissimo Nuvolari n’arrivent pas à colmater au chewing-gum la fuite du réservoir. C’est le champion en personne qui s’en charge. »

Tout cela ne serait évidemment rien sans « les acteurs ». L’occasion de (re)découvrir les hommes et les femmes qui rendent cette aventure possible, les pilotes bien sûr, mais aussi toutes les personnes qui y participent : encadrants, médecins, commissaires sportifs, spectateurs. C’est aussi l’occasion de (re)découvrir les hauts faits, de brosser les portraits de personnages incontournables, etc.

Ce livre se dévore comme un roman, bourré de détails inédits ou oubliés, d’émotions, de douleurs parfois, mais toujours de passion… comme les 24 Heures du Mans !

Merci à Hervé Guyomard… et aux éditions E.T.A.I. de nous faire rêver avec leurs magnifiques ouvrages. Incontournable dans la bibliothèque de tout passionné digne de ce nom !

©Bob Garcia

17 Sep

Le souffleur de nuages, Nadine Monfils, Fleuves Editions

Présentation de l’éditeur

Franck, chauffeur de taxi, est triste parce que son chat est mort, que sa vie est monotone et qu’il est seul. Un jour, il reçoit l’appel de Hélène, une vieille dame fantasque, qui l’attend avec sa valise devant sa maison, dont elle laisse la porte grande ouverte,  » comme ça, tout le monde pourra entrer et se servir… » Elle n’a pas l’intention de revenir mais souhaite retrouver enfin le grand amour de sa vie.
Franck et Louise vont alors se lancer dans une aventure pleine de surprises et devenir l’un pour l’autre des souffleurs de nuages. Car il n’y a pas d’âge pour poursuivre ses rêves et les rencontres inattendues peuvent parfois ensoleiller notre existence…

 

Notre avis

Franck est triste parce que son chat est mort. Mais il est aussi très seul depuis que son compagnon l’a quitté. Sa vie est bien morose.

« Quand on a du chagrin, les souvenirs les plus beaux se teintent de la couleur des petites souris qui se font piéger pour un morceau d’illusion »

Mais tout s’éclaire quand il reçoit l’appel de Louise, une vieille dame qui veut retrouver son amour de jeunesse. Elle n’a pas un caractère facile mais elle est attachante. Elle se livre peu à peu. Le taxi est un lieu propice pour les confidences…

« Le taxi est un livre ouvert, une sorte de confessionnal où certains confient des secrets qu’ils ne dévoilent à personne, parce qu’il est plus facile de parler à un étranger qu’on ne reverra en principe jamais, qu’à un ami ou à un membre de la famille. »

La course promet d’être longue et coûteuse. Louise s’en fiche. Elle a de l’argent et le temps ne compte pas. Alors elle l’entraine dans un périple inattendu.

« Paris à cette heure matinale semblait drapée dans un manteau de mousseline qui atténuait les contours, et leur conférait une douceur pareille à celle des tableaux de Renoir. »

Franck se prend au jeu. Il apprécie cette rencontre, et les conseils de la vieille dame.

« Vous savez, l’indifférence ou le fatalisme sont les fauteuils de la bonne conscience. Souvent d’ailleurs, ils sont vides »

Le récit est vif, sans temps mort, prenant. Nadine Monfils décrit la naissance de la connivence entre les personnages. La chute est à la hauteur, pleine de promesses.

Ce genre de livre se lit comme une friandise. L’écriture est d’une fraicheur et d’une spontanéité délicieuses. Mais ne vous y trompez pas, Nadine Monfils est une styliste qui pèse chaque mot. On imagine le travail d’orfèvre derrière l’ouvrage.

Et on referme le livre heureux, sans trop savoir pourquoi.

Merci Nadine pour ce petit bijou.

Vivement le prochain !

©Bob Garcia

27 Août

Les Voyages d’Ibn Battûta (Adaptation : Lofty Akalay, Dessins : Joël Alessandra)

Ibn Battûta, le périple d’un siècle

Déjà riche de nombreux voyages en images, la collection de prestige Aire Libre salue avec ce volume l’immense mémoire d’un grand arpenteur méconnu du monde, au fil d’un voyage foisonnant entre découverte et révélation.

« Quand la légende est plus belle que la réalité, on imprime la légende », entend-on dans le film L’Homme qui tua Liberty Valance de John Ford… Tant il est vrai que, dans l’histoire du monde, certains récits authentiques ont pris valeur de mythes à force d’être répétés, réinterprétés, voire déformés. Et que, dans certains autres cas, un destin d’exception a parfois pu être enjolivé par celui-là même qui l’a vécu. Ces Voyages d’Ibn Battûta sont au cœur de toutes ces questions.

Cet imposant volume est une adaptation des carnets de voyage d’Abou Abdallah Muhammad Ibn Abdallah Ibn Muhammad Ibnou Ibrahim, dit Ibn Battûta. Un impressionnant périple de près de trois décennies au fil du XIVe siècle et de 43 pays, du Maroc à la Chine, qui fait de son voyageur un véritable père spirituel de nombre de grands explorateurs de l’histoire du monde, et même de grands reporters par un sens aigu de l’illustration.

Pour l’adaptation de cette « rihla » (« voyage ») racontée à son retour par Ibn Battûta au poète Ibn Juzayy qui le transforme en livre, l’écrivain marocain Lofti Akalay (1943-2019), éminent spécialiste de celui qu’il appelait « le premier touriste du monde », abolit le temps et fait le choix d’une approche contemplative, illustrée de trois points de vue différents par Joël Alessandria. Ce dernier alterne l’aquarelle pour le récit de voyage proprement dit, la mise en scène des anecdotes recueillies au fil des rencontres, et les illustrations inspirées des propres carnets d’Ibn Battûta, lui-même initié au dessin et à la calligraphie.

Au gré des étapes, des rencontres et des circonstances, Lofti Akalay n’oublie pas la tradition religieuse, sorte de « guide spirituel » d’Ibn Battûta tout au long de son périple au cœur du monde musulman. Sa foi omniprésente donne ainsi un rythme parallèle au récit, sans jamais être ostentatoire.

Nous suivons ainsi les pas d’Ibn Battûta, au fil de ses rencontres, des ses interrogations, de ses plaisirs, de ses convictions, de ses mésaventures… Ainsi, d’une page à l’autre, d’un pays à l’autre, se dévoile l’Orient du XIVe siècle, entre carnet de voyages, histoire vécues et racontées – ces dernières avérées ou légendaires – qui semble se dévoiler au rythme auquel l’a vécu son protagoniste principal. On devient ainsi tour à tour lecteur, rêveur, voyageur… Tel est le charme de ces 256 pages où l’important n’est pas tant de distinguer la réalité de la légende, mais plutôt de se laisser porter par le charme de leur (con)fusion.

©Jean-Philippe Doret

Les Voyages d’Ibn Battûta

Adaptation : Lofty Akalay

Dessins : Joël Alessandra

256 pages

Aire Libre / Dupuis

07 Août

« La Bombe » (Scénario : Didier Alcante & Laurent-Frédéric Bollée Dessins : Denis Rodier)

L’effet d’une bombe…

Il y a 75 ans, les 6 et 9 août 1945, explosaient des deux premières bombes atomiques, respectivement sur Hiroshima et Nagasaki. La genèse de la première arme nucléaire est au coeur de La Bombe, sorti en mars dernier, et incontestablement l’un des grands événements de l’année 2020 de la bande dessinée.

Depuis qu’il s’est lancé en tant que scénariste BD voici quatre décennies alors qu’il venait de passer la cinquantaine, Alejandro Jodorowsky a aimé dire qu’à l’inverse du cinéma, la bande dessinée n’était pas soumise à la moindre limite de budget. Une réflexion qui ne manque pas de revenir à l’esprit à la lecture de La Bombe

Revisitant douze années d’histoire, de 1933 à la date fatidique du 6 août 1945, ces 472 pages sont portées par un souffle comparable à celui des grandes fresques cinématographiques consacrées à la Deuxième Guerre mondiale pendant les années 1960 : Le Jour Le Plus Long, La Grande Evasion, Patton… Ce que partagent entre autres ces films et La Bombe, c’est une fantastique galerie de portraits, dont aucun n’est banal. Figures réelles et fictives s’entrelacent ainsi dans le monde entier, et même l’uranium est traité comme un personnage à part entière ! Démontrant ainsi, s’il en était encore besoin, que le contexte guerrier constitue une source inépuisable pour sonder le meilleur comme le pire de l’âme humaine.

La Bombe, c’est aussi un défi nourri du vécu de ses auteurs. L’histoire japonaise personnelle de Didier Alcante croise l’art du roman graphique en grand large de Laurent-Frédéric Bollée, dont le magnifique Terra Australis, déjà pour la collection 1000 Feuilles, avait fait date en 2013. Le duo signe une fresque d’une profonde humanité : alternant l’héroïque et l’intime, harmonisant les différents points de vue (allemand, américain, japonais), rendant quasi palpables les doutes nés d’une éventuelle utilisation d’une telle arme, et rêvant même l’histoire de la fameuse ombre de cette victime demeurée inconnue, imprimée à jamais dans la pierre près de l’hypocentre de l’explosion d’Hiroshima.

Le dessin du Québécois Denis Rodier est à la frontière de l’Europe et de l’Amérique, de la bande dessinée franco-belge et des comics, qu’il a d’ailleurs assidument fréquentés, entre autres sur Superman. Une impression renforcée par le format même des albums de la collection 1000 Feuilles des éditions Glénat, très proche de celui des grands graphic novels de Marvel ou DC Comics. L’art du découpage est au diapason, et les cadrages accentuent l’aspect cinématographique et universel de cette épopée, tout en étant pour l’œil une source ininterrompue d’un émerveillement renforcé par choix du noir et blanc.

Après le climax de l’explosion d’Hiroshima, La Bombe s’achève sur le destin de certains protagonistes après la Guerre… Une manière de générique de fin pour un album hors norme, qui sait subtilement s’adresser aussi bien au profane qu’au passionné de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. Ce dernier saura peut-être y trouver le film de référence jamais réalisé sur la genèse de l’arme qui a fait basculer l’histoire d’une guerre, mais aussi du monde et du XXe siècle…

© Jean-Philippe Doret

La Bombe

Scénario : Didier Alcante & Laurent-Frédéric Bollée

Dessins : Denis Rodier

472 pages noir & blanc

Glénat BD, collection 1000 Feuilles