04 Jan

Un nantais aux Oscars ! Yves Piat sélectionné avec « Nefta Football Club »

C’est un conte de fée qu’est en train de vivre Yves Piat avec son court-métrage « Nefta Football Club ».

Il vient d’être nommé pour les Oscars dans la catégorie du meilleur court-métrage de fiction et fait partie du dernier cercle des films sélectionnés pour pouvoir prétendre aux César, rien que ça !

Rencontre avec Yves Piat, un réalisateur avec des étoiles pleins les yeux. Surpris par ce succès, il revient sur son parcours et sur celui de son film « Nefta Football Club »

©Amike Nelson/EPA/Maxppp – Raynald Praud – Les Valseurs

Du dessin… à la réalisation

Installé à Nantes depuis une quinzaine d’années, Yves Piat a toujours été passionné par l’image et tout d’abord par le dessin animé.

Après un parcours qui l’entraîne vers l’animation, le graphisme, il se tourne vers les plateaux de cinéma en tant qu’assistant décorateur, et commence à réaliser des fausses publicités. En 2001, il co-écrit et réalise un premier court-métrage « Tempus Fugit » avec Maurice Garrel. Le film est sélectionné dans quelques festivals, mais pour Yves, « il n’était pas accompli, car j’étais jeune et je n’étais pas moi-même accompli… je ne l’ai pas fait pour de bonnes raisons. »

Dès lors, il s’attache à écrire un long-métrage, qui mettra « 5 ans à ne pas se faire« .

Après une expérience en tant que créateur d’entreprise, une parenthèse de quelques années, il retrouve l’envie et le souffle pour se lancer de nouveau dans la réalisation, en rappelant « je me suis nourri de ces différentes expériences« .

L’enfance au cœur de l’histoire

« Nefta Football Club » est riche de toutes ces épreuves, il est le fruit de rencontre et de moment de vie.

L’histoire : Dans un village tunisien, des enfants jouent au foot sur un terrain vague. Pendant ce temps, Abdallah et Mohammed tombent sur un âne avec un casque aux oreilles et accrochés aux flancs, des sacs pleins d’une poudre blanche. Les deux jeunes frères décident de ramener les sacs au village.

« Nefta Football Club ©Les valseurs

Le scénario lui est inspiré par un souvenir d’enfance et par sa rencontre avec le désert marocain.

Ensuite, c’est l’observation et l’écoute qui le guide. L’idée de l’âne passeur de drogue est un fait qui lui est raconté. Et le thème du foot, lui vient d’une constatation « les enfants jouent tout le temps au foot là-bas, avec tout ce qui leur tombe sous les pieds. Ce film est un mélange joyeux que j’ai décomposé et recomposé pour en faire une histoire. Je suis fan des films chorales« .

Le sujet est sérieux, le trafic de drogue, mais ici le réalisateur y apporte un point de vue décalé. Le film traite ce sujet avec humour et tendresse pour les deux enfants que l’on suit face à cette découverte.

Pour Yves, ces deux frères symbolisent l’écart entre l’enfance et l’adolescence, avec le grand qui se comporte déjà comme un adulte et le plus petit qui reste dans son monde d’innocence.

Un film né sous une bonne étoile

Mettre en scène un tel projet n’a pas été simple, mais pour le réalisateur nantais, « Nefta Football Club » est vraiment placé sous une bonne étoile.

Durant le tournage, le film connaît beaucoup de déconvenues.

Tout d’abord, la production lui annonce que tourner dans le désert marocain est trop cher, il faut donc se replier sur la Tunisie. Et heureusement, car pendant le tournage, il a neigé au Maroc !

De même, pour des raisons économiques et pour gagner des journées de tournage, certaines scènes sont réécrites pour être filmées le soir. C’est un mal pour un bien, car ces scènes donnent un ton et traduisent l’ambiance très particulière d’une ville du Maghreb.

Des mouvements de contestation sont annoncés en Tunisie quelques semaines avant le tournage, et là encore tout se finit bien, au moment du tournage le calme est revenu dans le pays.

Nefta Football Club ©Les valseurs

Le casting est aussi le fruit d’un heureux hasard.

Lors des castings organisés par la production, j’ai rencontré plus d’une centaine d’enfants, mais ils sortaient des beaux quartiers, ils avaient l’habitude de la caméra pour des pubs, clips ou autres… moi je voulais de l’innocence, un vrai regard. Je suis donc parti dans les quartiers, dans les rues pour rencontrer des jeunes.

« Finalement, j’ai rencontré Eltayef pour interpréter le grand frère, il y a eu tout de suite une grande complicité entre nous. Et pour le petit, j’ai trouvé Mohammed seulement 2 jours avant le tournage dans une école de danse. »

Quand on dit une bonne étoile … et ce n’est pas fini !

Des prix, des prix…

« Nefta Football Club » a rencontré son public.

Et tout commence dès 2017, où il reçoit le prix du public pour un scénario court-métrage au Festival Premiers Plans d’Angers. Voilà de quoi lancer la belle aventure de ce film.

Dès lors, les prix s’enchaînent. Ça commence en 2018, avec un premier prix au Cinemed, festival cinéma méditerranéen de Montpellier.

Et depuis les sélections et les récompenses ne s’arrêtent plus. En quelques mois, le film obtient une centaine de sélections en France et à l’étranger, et reçoit plus de 60 de prix, à Clermont-Ferrand, au Mexique ou à Aspen. Le film devient alors éligible pour les Oscars 2020.

Prix du public Festival du court-métrage de Clermont-Ferrand ©Juan-Alonso

Une nouvelle histoire commence.

Un Oscar, un César… on croise les doigts

  • Yves Piat n’en revient toujours pas, mais oui, il est nommé pour les Oscars 2020 !

C’est une consécration, après plusieurs étapes de qualification, « Nefta Football Club » vient d’être nommé aux Oscars et sera donc présent à la cérémonie à Los Angeles le dimanche 9 février prochain.

  • Pour les César, les 24 courts-métrages sélectionnés, dont « Nefta Football Club », seront départagés par les membres votants de l’Académie.

Un premier vote jusqu’au 28 janvier 2020 désignera les 5 nommés pour le César du meilleur court-métrage de fiction. Ces derniers seront révélés le 29 janvier 2020, lors de la conférence de presse annonçant les nominations.

La cérémonie des César 2020 se tiendra le vendredi 28 février 2020.

La belle aventure de « Nefta Football Club » se poursuit, il ne reste plus qu’à croiser les doigts !

Affaire à suivre…

08 Déc

Sélection au Festival Premiers Plans d’Angers pour le court-métrage « L’héritage », un western tourné à Nantes !

Il faut avoir de l’audace pour réaliser un western à Nantes !

Pari relevé par le réalisateur Pierre-Alexandre Chauvat et son association MIST Films avec la réalisation du court-métrage « L’héritage ».

Et pari réussi.

Le film a récemment obtenu le Prix du meilleur court-métrage à Almeria Western Film Festival Oficial en Espagne. Il a été sélectionné hors compétition pour le prochain Festival Premiers Plans d’Angersdans le cadre des Films d’ici, organisé par l’association Cinéma Parlant. Une belle récompense pour ce jeune réalisateur installé à Nantes depuis quelques années et passionné par le film de genre.

Plutôt qu’un film de western classique, avec duel au pistolet et boules de foin qui roulent au vent, Pierre-Alexandre souhaite proposer une comédie avec comme personnage principal, un antihéros alcoolique, sorte de John McClane de l’Ouest.

L’histoire : « Après plusieurs années à l’état sauvage, un trappeur endurci accepte un poste de shérif dans un bled paumé. Rendez-vous donné au Saloon avec le maire de la ville pour conclure l’affaire. Malheureusement, c’est le shérif actuel lui-même qui débarque, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’a pas l’intention de lui céder sa place. Il y a des jours où la loi est de votre côté, pas aujourd’hui. »

Rencontre avec Pierre-Alexandre, pour nous dévoiler toutes les étapes de la réalisation de son film.

L’affiche de « L’héritage » de Pierre-Alexandre Chauvat

Un lieu … un film

Pour faire un film, il faut avoir une idée, un propos, une réflexion…et coucher tout ça sur le papier. C’est la première étape : le scénario

Pour Pierre-Alexandre tout a commencé par un lieu : le Morning-City Saloon, situé à Thouaré-sur-Loire près de Nantes.

« Quand j’ai vu cet endroit, ça a été le déclic. Je me suis dit qu’il y avait la possibilité d’avoir de la crédibilité pour faire un film de genre, d’époque (…) ce lieu est un vrai décor de cinéma. »

Le Morning-City Saloon ©Mist Films

Et le gros avantage pour le réalisateur, c’est que les gérants des lieux sont des passionnés de western, qui ont, non seulement le décor, mais aussi des costumes et des revolvers criants de vérité.

En avant pour l’aventure

L’idée première du jeune réalisateur est de faire un sketch, une petite vidéo tournée avec 3-4 personnes dans ce décor.

Finalement, le projet devient plus ambitieux. Pierre-Alexandre comprend qu’il va falloir qu’il fasse ses preuves pour montrer que son projet tient la route. Il se lance donc dans la réalisation d’un teaser avec l’accord des patrons des lieux, pour montrer ce qu’il a en tête.

« Ça me tenait à cœur de le faire dans les meilleurs conditions, avec les vrais costumes, les vraies balles à blanc. La réalisation de ce teaser était une première étape pour rechercher des techniciens.»

Il était une fois… un scénario

Ce lieu typique d’un western va inspirer le scénario et c’est surtout un détail qui va donner le ton du film : la table centrale

« Tout de suite je me dis, il faut que ça tourne autour de l’alcool et que ça soit léger. »

La table centrale du saloon ©Gary John Heteau

Après une 1ère version pas très aboutie, Pierre-Alexandre se tourne vers un ami, scénariste, Hugo Malpeyre, qui comprend les faiblesses de cette première version.

« Avec Hugo, on a échangé pendant 6 mois, on a les mêmes références. Globalement, j’étais décideur du truc, mais lui emmenait toute sa connaissance en dramaturgie, en scénario, des astuces pour soutenir un propos. Par exemple, le héros est un chasseur, il cherche sa proie, il faut donc que son lexique tout au long du film soutienne ça. »

Le scénario en cours de finition, il faut passer à l’étape de la production et au financement.

La bourse ou la vie

Le financement c’est le nerf de la guerre. Plusieurs solutions existent pour aider au financement d’un film :

– Les aides régionales : pour les obtenir, il faut mettre en valeur la région et/ou employer des personnes de celle-ci.

– Le CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée) : c’est un établissement public administratif placé sous la tutelle du ministre chargé de la culture. Pour cette aide, le projet doit être extrêmement solide

– Le GREC (Groupe de Recherches et d’Essais Cinématographiques) : considéré plutôt comme un producteur, la sélection se fait là aussi sur dossier.

– Le crowd-funding ou financement participatif, c’est une bonne solution pour se lancer.

Des pistolets plus vrais que nature ©Mist Films

Pierre-Alexandre a choisi de déposer une demande de financement auprès de la Région Pays de la Loire. Cette partie très administrative, n’a pas été simple. Il lui a fallu tout d’abord élaborer un budget prévisionnel et remplir un dossier : « C’est déjà toute une épreuve de comprendre comment cela fonctionne ! »

La réponse se fait attendre… le couperet tombe : la Région n’accorde pas son aide : « Elle refuse sous prétexte que c’est le sujet qui doit inspirer le scénario et non le lieu. Mais moi j’ai envie de leur dire : qui aujourd’hui fait un western sur le papier et passe 4 ans à trouver le lieu? (…) pourtant le casting et l’équipe technique était pourtant à 90% des Pays de la Loire (…) mais ils ont jugé le projet trop ambitieux. »

En parallèle, le réalisateur lance une campagne de financement participatif sur KissKissBankBank qui a largement atteint son objectif premier de 3 000€. Il a récolté en tout 3500 euros, pour un budget estimé à 15 000 euros.

« J’espère que c’est la première et dernière fois que je fais ça. (…). Le reste du financement, s’est fait avec de l’argent personnel, je me paye un peu mon CV, mais je préviens, c’est un one shot, je ne le referai pas à chaque fois ! »

Une fois le scénario écrit et découpé, il faut s’occuper du repérage, casting, recherche de l’équipe technique, élaboration du plan de travail, découpage technique,…

Distribution des rôles : le bon, la brute et …

Le casting s’est fait par des annonces classiques sur les réseaux sociaux et par le bureau d’accueil des tournages de la Région. « J’étais déjà passé par eux pour le tournage d’un clip. Il te demande quelques renseignements pour savoir si tu es sérieux et si ton projet tient la route ».

Pour le rôle principal, le comédien angevin Thomas Drelon s’est tout de suite imposé.

Séance maquillage pour Thomas Drelon ©Gary John Heteau

« Il a tout de suite capté ce que je voulais, un personnage des années 80. Je suis un gros fan des films style L’arme fatale ou Le dernier samaritain, des références avec lesquelles j’ai grandi. Un truc un peu, je prends une droite mais je vais tendre l’autre joue comme une blague, style Mel Gibson, Bruce Willis. »

« Pour le rôle du méchant, le shérif, je voulais un truc un peu à l’ancienne, style « Le bon la brute et le truand ». Pendant tout le tournage, je lui disais il faut que tu gueules, il faut que ça postillonne« .

Christophe Hamon dans le rôle du shérif ©Gary John Heteau

« Globalement tout le monde était hyper emballé par le projet, malgré le peu de moyens. La phrase que j’entendais tout le temps c’était : j’ai toujours rêvé de faire un western. »

Une équipe prête à faire feu

Pour l’équipe technique, Pierre-Alexandre a contacté 2 chefs opérateurs Anne-Charlotte Henry et Arthur Bourdaud, qui sortent de l’école Ciné Créatis de Nantes avec qui il avait déjà travaillé. Ils se sont ensuite chargés de recruter l’équipe image : assistant caméra, chef électricien, chef machiniste.

« Pour le reste de l’équipe, j’ai présenté mon teaser et à peu près 250 photos du lieu et des costumes pour être crédible. »

Cow-boys de la tête aux pieds ©Mist Films

2 mois avant le tournage, Pierre-Alexandre se consacre exclusivement aux préparatifs du film « je vis, je mange, je rêve du film »

Premières répétitions avec les comédiens principaux, essayage des costumes,… et mise au point avec le régisseur pour caler le transport, le catering (cantine) ou encore les différents points de sécurité.

Essayage des costumes ©Mist Films

« J’ai fait plein de tableaux : pour les horaires, les défraiements, le matériel. Quand tu tournes pendant 4 jours avec 30 personnes, tu joues ta vie. En gros les 6 mois qui se passent avant, c’est pour faire en sorte que tu ne perdes pas une seconde au tournage, que tout soit optimiser. Tu mets 6 mois à préparer 4 jours. »

Silence, on tourne !

Silence… moteur… action ! Ces 3 petits mots représentent le saint Graal pour tout réalisateur.

1er clap pour Pierre-Alexandre Chauvat avec le tournage de la scène finale, la seule séquence en extérieur du film, mais avec une belle difficulté : un cheval, quoi de plus normal pour un western !

« Ça se tourne à Châteaubriant, et heureusement mon acteur savait faire du cheval. C’était bien de commencer par une journée light. Ça m’a permis de me rendre compte que toute mon équipe était pro et que ça s’enchaînait bien »

Tournage de la première scène ©Maxime Rouxel

Pour le reste du tournage, tout se passe en huis clos dans le saloon autour de la fameuse table.

« Ensuite, le tournage s’est fait dans l’ordre chronologique, car l’ouverture du film est le moment où il y a le plus de personnes, on était 32. Pour le reste, on est 25-26, ce qui est une équipe standard de court-métrage. »

La difficulté principale était de tourner une scène de dialogue de quasiment 12 minutes : « C’était très dur car même dans un long-métrage, c’est assez rare d’avoir des scènes aussi longues de dialogue. Il fallait donc bien rester toujours dans le ton, on y a veillé avec la scripte. »

Répétition pour Thomas Drelon avec Pierre-Alexandre Chauvat ©Gary John Heteau

Un western comme si on y était

Le décor, les accessoires, les costumes, c’est une chose, mais pour faire comme si… il y a parfois besoin d’avoir recours au numérique ou à la débrouille.

« Tourner un western, en français, c’est déjà un gros pari, il fallait donc être très crédible, c’était donc important de passer du temps sur les détails. »

Pour transformer un champ à Châteaubriant en une plaine avec montagnes dignes de la dernière scène de Lucky Luke, Pierre-Alexandre a eu recours au numérique.

Mais pour faire un duel plus vrai que nature, c’est monsieur débrouille qui est intervenu. Pour faire l’effet de recul d’un impact de balle, le comédien était accroché avec une corde que deux personnes devaient tirer en arrière. « On avait mis plusieurs couches de matelas pour amortir sa chute, mais ils ont tiré tellement fort qu’il est tombé derrière ! C’est la partie que j’adore le plus, bricoler, trouver la manière de faire. »

Le montage et Cie

C’est dans la boîte ! Place au montage. Et pour son film, Pierre-Alexandre a troqué sa casquette de réalisateur pour celle de monteur.

« Normalement on attend quelques semaines pour passer au montage, mais là j’étais trop impatient. J’ai donc commencé quasiment tout de suite (…) Financièrement le fait que ça soit moi qui monte, ça n’était pas négligeable.

La postproduction ©Mist Films

Ensuite, vient le période de la post production : le son, la lumière, l’étalonnage et la musique, élément très important dans un western et ce n’est pas Ennio Morricone qui nous contredira.

« Étape super importante : la bande originale. Elle a été composée entièrement par un groupe de musique nantais qui s’appelle Moustache Museum, qui fait du folk. »

Il est maintenant temps de présenté « L’héritage » au public.

Version grand écran

« Mon équipe étant de la région, pour moi la priorité c’était diffuser le film dans un cinéma des Pays de la Loire. La première, c’est déroulée au mois de mars au cinématographe à Nantes. »

Avant-première au Cinématographe à Nantes ©Mist Films

Pour de nombreux réalisateurs de courts-métrages, la solution pour voir son film projeté sur grand écran, ce sont les festivals. Il en existe plusieurs dans la région, consacrés uniquement à la mise en avant des formats courts : le Festival des 24 courts dans la Sarthe, Montre ton court à Rezé ou le Hotmilk Film Makers à Cholet.

Et partout en France : Festival Tous Courts d’Aix en Provence, Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand,  Short Film Corner du Festival de Cannes, Festival Coté Court de Pantin, pour ne citer qu’eux.

Là encore, il faut réussir à être sélectionné. Et « L’Héritage » n’est pas facile à placer en festival. Tout d’abord, sa durée de 20 minutes peut être un handicap « même si ton film n’est pas un chef-d’œuvre, un court-métrage de 5 minutes a plus de chance d’être présent à un festival, car les organisateurs peuvent facilement en projeter 4 ou 5 dans une soirée. »

Et le genre comme le western, est peu représenté « Il y a 2 types de festival de courts-métrages : le drame social ou les festivals de genre comme le BIFF (Brussels International Fantasy Fantastic) ou l’étrange festival. Mais si on te demande une participation de 40 euros, il vaut mieux savoir à l’avance s’ils sont intéressés par un western ! »

« En ce moment, je suis dans une phase marketing pour essayer de placer mon film, après mon prix en Espagne, j’espère que d’autres suivront »

Ce qui semble bien être le cas avec la première sélection française au Festival Premiers Plans d’Angers et bien d’autres à venir…

A suivre

Avec « L’héritage », Pierre-Alexandre Chauvat estime avoir « une belle carte de visite, qu’on aime ou qu’on n’aime pas le film, je suis fier d’avoir porté un projet aussi ambitieux. « 

Son prochain projet est en cours d’écriture, « c’est un drame social, un thriller sur deux frères qui volent un scooter une nuit, et pour qui ça se passe mal. A côté de mon western, ça sera des vacances. L’idée est de déposer un dossier pour ça au parcours d’auteur de la plateforme, de trouver une production pour si possible un tournage pour 2021, c’est donc très rapide. »

Après avoir fait des pubs et des clips, Pierre-Alexandre c’était déjà lancé dans l’aventure d’un court-métrage en 2013, avec un film d’horreur comique « Guys vs Zombies ».

L’association Mist Films

Pierre-Alexandre a créé en 2017 l’association Mist Films avec des amis.

« L’idée est de créer un collectif. Tu as un projet, on le fait. Par exemple, moi je suis monteur, je peux te donner un coup de main. C’est aussi de mettre en relation des gens sur des projets qui peuvent venir d’ailleurs. Quand tu veux faire des trucs pros ça prend du temps.

Le but est d’être plus productif qu’on ne l’est, car pour le moment je suis le seul initiateur de projet.  »

 

20 Nov

Festival des 3 Continents, coup de projecteur sur les bénévoles

Les bénévoles jouent les premiers rôles dans l’organisation d’un festival. Sans eux, difficile d’accueillir le public, les invités, gérer les transports,… toutes ces tâches qui sont indispensables pour le bon déroulement d’un tel événement.

Et le Festival des 3 Continents, ne déroge pas à cette règle, là aussi les bénévoles ne jouent pas les figurants !

Ils sont, cette année, plus de 150 pour assurer les différents rendez-vous que propose ce festival des cinémas d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie, jusqu’au 26 novembre à Nantes.

Réunion des bénévoles, le 14 novembre 2019 / ©Festival des 3 Continents

►Rencontre avec Danai Roussou Balla, chargée d’accueil du jury et coordinatrice des bénévoles

Quel est le nombre de bénévoles ?

Chaque année, plus d’une centaine des bénévoles rejoignent l’équipe du Festival des 3 Continents pour prendre part à une aventure de découverte cinématographique, d’échange et de rencontre. Ils sont un soutien indispensable au bon déroulement du festival.

Leur enthousiasme et leur implication rendent cet événement convivial et accueillant pour le public et les invités.

Comment faites-vous le recrutement ?

Toutes les personnes intéressées peuvent remplir un formulaire en ligne à partir de fin septembre et jusqu’à fin octobre (…). Ils peuvent y sélectionner les missions qui les intéressent et indiquer leurs disponibilités durant la semaine du festival. Ainsi, nous pouvons élaborer des plannings adaptés aux leurs envies et disponibilités.

Les critères pour devenir bénévole sont variés : disponibilité, motivation et envie de découvrir le festival.

Cet appel à bénévole connaît un bel écho et malheureusement, nous ne pouvons pas répondre positivement à toutes les personnes qui s’inscrivent. Nous encourageons donc vivement tous les intéressés à revenir vers nous lors d’une prochaine édition.

Pourquoi un tel engouement ?

Ce festival existe depuis 41 ans et il est déjà bien connu dans le monde cinéphile. Chaque année, il permet de découvrir des films souvent inédits en France, de rencontrer avec des invités internationaux : des réalisateurs, des producteurs, des distributeurs, des acteurs…

Devenir bénévole c’est aussi découvrir les coulisses d’un festival international. Un voyage aux quatre coins du monde depuis Nantes !

Ce festival est pour chaque bénévole une expérience très riche tant pour les découvertes cinématographiques que pour les rencontres humaines.

Accueil des bénévoles / © Festival des 3 Continents

Comment s’organise tout ce petit monde ?

Une fois les plannings terminés, une proposition de mission et de créneaux est envoyée à chacun pour confirmation. En général, nous proposons 4 à 5 créneaux aux bénévoles afin qu’ils aient le temps de profiter de la programmation et de regarder les films. Chaque bénévole a son planning personnel ainsi qu’une fiche explicative avec toutes les informations nécessaires.

Ensuite, nous organisons une réunion des bénévoles la semaine avant le festival afin de leur présenter l’équipe, la programmation et de leur expliquer plus en détail leur mission. Un guide du bénévole leur est remis pour les accompagner au mieux sur leur connaissance du festival, l’accueil des publics, notamment ceux en situation de handicap, et sur les bonnes pratiques d’un éco-événement. Cette réunion est importante car le rassemblement de tous les bénévoles marque, pour nous, le début du festival.

Guide du bénévole / ©Festival des 3 Continents

Nous souhaitons que tous les bénévoles profitent du festival, et pour cette raison, ils ont une accréditation qui donne accès à toutes les séances, ainsi qu’une invitation pour la Cérémonie de Palmarès.

Les moments de convivialité ne manquent pas et nous organisons un apéro des bénévoles pendant le festival au 3 Continents Café à l’Espace Cosmopolis. Moment de partage d’expérience entre bénévoles, mais aussi avec spectateurs et invités.

Quel est leur profil ? étudiant, retraité, … passionné de cinéma…

Pendant le festival, nous avons beaucoup de bénévoles entre 20 et 30 ans ainsi que des bénévoles retraités.

D’un côté, il y a beaucoup de jeunes étudiants ou des jeunes diplômés qui ne viennent pas forcément de Nantes et qui pendant leur passage dans cette ville, souhaitent découvrir sa vie culturelle, dont le Festival des 3 Continents est un incontournable.

D’un autre côté, il y a les bénévoles plus âgés qui habitent depuis longtemps à Nantes et qui souhaitent donner de leur temps libre pour contribuer à la vie culturelle de leur ville.

Ils ont tous en commun la curiosité cinématographique et la volonté de contribuer au bon déroulement du festival. Ce mélange générationnel fonctionne très bien et permet ainsi des belles rencontres.

©Festival des 3 Continents

Y a t-il des bénévoles fidèles, qui reviennent régulièrement ?

Cette année, parmi les 150 bénévoles, un peu plus de 35 % ont déjà participé à une précédente édition.

Il y a des bénévoles fidèles au festival qui reviennent d’une année à l’autre.
Leur présence est importante, car ils connaissent bien le festival, l’équipe et ils transmettent leur enthousiasme aux nouveaux bénévoles et au public. Nous sommes contents de les retrouver pendant la semaine du festival et l’équipe salariée leur accorde une grande confiance.

Nous laissons évidemment toujours la place aux nouveaux bénévoles afin de leur permettre de découvrir le festival : ses coulisses, son ambiance et sa programmation.

►Paroles de bénévole : David Lazin, fidèle du festival depuis 2008

J’ai 38 ans et je suis en charge de la gestion des équipements des sports et loisirs de nature (sentiers de randonnée, de VTT et des vias ferratas) à la Communauté de communes Gorges Causses Cévennes en Lozère. Je suis nantais d’origine, voilà pourquoi je connais le festival.

David Lazin, bénévole au Festival des 3 Continents depuis 2008

Quelle est votre motivation ? pourquoi ce festival en particulier ?

En fait, ma première expérience de bénévole au festival date du temps où j’étais au chômage. Depuis, je n’ai pas arrêté, prenant des congés exprès chaque année. C’est une bonne dose de cinéma avec une effervescence propre à un festival au moment où les jours sont les plus courts et ça fait du bien. C’est aussi l’occasion pour moi de venir voir la famille.

Être bénévole, c’est passer du côté des coulisses (…), c’est surtout aller à la rencontre de l’équipe organisatrice, du public, des artistes et de toutes les personnes qui viennent sur les lieux du festival. C’est une semaine riche en découvertes cinématographiques et culturelles incroyables. C’est aussi l’occasion d’y retrouver de nombreux habitués.

Quelles sont vos missions en tant que bénévole durant le festival ?

Je suis à l’accueil du public au Katorza. Il s’agit principalement de contrôler les entrées, gérer les files d’attente et les débats après les projections. Mais comme je prends une semaine de congés pour le festival, j’ai du temps et je viens en renfort pour le service au « 3 continents café » ou pour l’accueil des scolaires dans les salles.

Vous êtes un cinéphile ?

On pourrait dire que je suis cinéphile mais je dirai que je suis plutôt un spectateur assidu, car je fréquente autant les cinémas que les salles de spectacle ou de concert ou les allées des musées.

Ce qui est sûr, c’est que le festival des 3 continents a changé mon regard sur les films que je visionne et a renforcé mon sens critique.

Le Festival des 3 Continents, un autre cinéma

31 Juil

« Solex dans les prés », un tournage 100% mayennais !

Solex-dans-les-pres_lightbox

Un road-movie en solex qui traverse Lassay-Les-Châteaux, Sainte-Suzanne ou Gorron, voilà un pari un peu fou pour un film totalement mayennais !

Après le succès il y a 4 ans de « Va y avoir du soui », 26 000 entrées dans 90 salles du Grand Ouest, l’équipe de Le Couvoir Production menée par Dominique et Isabelle Rocher vient d’achever la tournage de son nouveau projet. 

« Solex dans les prés », un ovni cinématographique

Des acteurs mayennais, des techniciens mayennais, un financement mayennais et la Mayenne pour décor… on l’aura compris « Solex dans les prés » est bien un film 100% mayennais !

C’est une fiction-documentaire dont le but est de découvrir la Mayenne et ses richesses mais pas n’importe comment… en prenant son temps, en allant au devant des gens…. et pour cela un seul moyen : le Solex !

Dominique Rocher, auteur et réalisateur du film a imaginé ce road-movie comme une comédie populaire aux dialogues ciselés, saupoudrée de magie, de poésie et de burlesque.

Un film qui hisse la naïveté au rang de vertu

©Dominique Rocher – Solex dans les prés

Un film participatif

Dominique nous raconte que l’idée lui est venue lors de la distribution de son premier film, et sa mise en place a pris forme quand des communes du département ont manifesté un véritable désir de partenariat pour ce projet basé sur la passion et la générosité.

Tous se sont mobilisés pour le plaisir de vivre une expérience unique et pour valoriser l’image de leur département. Ainsi, les entreprises de la région ont elles aussi adhéré à cette aventure, le financement a donc été exclusivement privé, sous forme de mécénat et participatif sous forme de crowdfunding.

Silence… on tourne

Après de longs mois de préparation, de casting et de répétitions, premier jour de tournage à Château-Gontier, puis direction Oisseau, Bouessay et La Roë.

©Dominique Rocher – Solex dans les prés

L’aventure mayennaise continue… Dominique raconte : « Nous sommes sur les routes du matin au soir avec tous les comédiens, toute l’équipe technique et tous les Solex, Motobécane et autre side-car. Une vraie caravane ! Chacun a vraiment envie que le film se fasse (…) l’équipe de production est vraiment contente car ça fait des mois qu’on travaille pour préparer tout ça, trouver les budgets et maintenant on est dans le truc (…) Je suis très content d’être avec cette équipe de gamins, ça me rajeunit ! « 

Clap de fin

Le tournage de « Solex dans les prés » s’est achevé dimanche 1er septembre dans la très westernienne vallée des grottes de Saulges.

Trente communes et une douzaine d’associations partenaires, des dizaines d’entreprises impliquées sous forme de mécénats, quarante comédiens et techniciens quotidiennement sollicités, des centaines de figurants, un millier de kilomètres à parcourir en Solex et en side-car… le projet était un peu fou, mais le pari est gagné !

L’aventure va maintenant se poursuivre de manière moins risquée et plus confidentielle avec les mois de montage et de post-production pour une sortie en salle toujours prévue en octobre 2020.

SynopsisKharis et Brindelune, 2 demi-sœurs ennemies, membres de la même agence de détectives privés parisienne, se lancent, à bord d’un antique side-car, dans un road-movie à travers la Mayenne. L’une vient d’être virée du RAID suite à une bavure, l’autre, gaffeuse invétérée, semble dotée de supers pouvoirs mal contrôlés. Au cours de cette picaresque odyssée frisant souvent le burlesque, Kharis et Brindelune vont croiser 2 amateurs de solex absorbés dans une improbable quête digne des chevaliers de la table Ronde ainsi qu’une extravagante jeune femme autour de laquelle plane une indicible menace…

29 Mai

Court&49, une association angevine dédiée aux courts-métrages

Une passion pour le 7ème art, une envie de cinéma, un désir de tenter l’expérience de la réalisation… le court-métrage est souvent la réponse pour faire ses premiers pas dans le cinéma. C’est un format qui permet toutes les narrations, toutes les audaces.

À Angers, l’association Court&49 regroupe des talents de la région et apporte son aide pour des projets de réalisation de court-métrage.

Pour ses fondateurs, Court&49 c’est d’abord un collectif, né d’une envie, celle de réaliser et de se réaliser.

Le but est de pouvoir partager ses connaissances et ses expériences aux membres du groupe et de proposer des projets.

►Entretien avec Johan Neveu, président de l’association :

  • Comment est née cette association ?

Court&49 est une association née à Angers en 2014 à l’initiative de Vincent Malaisé, qui au moment de se lancer dans la réalisation n’a pas trouvé sur place écho à ce qu’il voulait faire, d’où l’idée de rassembler des gens intéressés comme lui par la création audiovisuelle.

Elle est composée de passionné(e)s de cinéma qui se retrouvent, échangent et réalisent des courts-métrages.

Deux fois par mois nous nous réunissons pour faire avancer nos projets. Nous organisons aussi des ateliers pratiques ou théoriques ouverts à tous.

Nous sommes actuellement une quinzaine d’adhérents et chaque année s’ajoute de nouvelles têtes ! 

© David Lair

  • Pourquoi le choix du format court ?

Le format court est très versatile et permet d’expérimenter.

La création audiovisuelle est chronophage et la plupart de nos membres évoluent dans des milieux différents de celui du cinéma ou de la vidéo. En général, ils commencent avec des formats très courts (2 ou 3 minutes), ensuite les scénarios se complexifient et la durée s’allonge !

  • Quels sont vos champs d’actions ? 

Un membre vient avec une idée, et nous l’accompagnons de l’écriture au montage. Le but n’est pas de produire des films « one shot » mais que les réalisateurs d’un jour participent aussi au tournage et à la préparation des projets des autres membres en tant que technicien, régisseur,…

Nous servons un peu de structure de production en finançant certains postes particuliers comme des plans de drone, du conseil en montage, prise son ou la mise en place de la régie.

Lorsqu’un film est prêt, nous organisons une avant-première, mais ensuite, c’est au réalisateur de décider comment il souhaite faire vivre son film en terme de projection et de festival.

© David Lair

  • Quels ont été les événements marquants depuis sa création ?

En tout nous avons aidé à réaliser 11 films de 6 réalisateurs différents !

Notre dernier film « La Dormance » de Vincent Malaisé, a été récompensé par plus de 20 prix (dont celui du meilleur court-métrage français au Paris Art Movie ou le prix de la meilleure actrice pour Aurélie Garault au Redline International Film Festival de Toronto – Canada)

Synopsis : Au début du cycle de la dormance, moment où la vigne va devoir vivre sur ses réserves, Mélanie se fait renvoyer de l’exploitation vinicole qui l’emploi. Dépendante et vivant dans sa voiture, elle entre en errance.

Court&49 a accompagné au développement et à la production de plusieurs courts-métrages dont « Le Boa » de Jérôme et Stéphanie Lebeau, « Zetematium » de Yulia Nikiforova ou encore « Clown » de Johan Neveu.

L’association participe également à l’éducation à l’image en organisant plusieurs rencontres au profit de ses membres et du public avec des techniciens ou réalisateurs reconnus, comme la mise en place d’une masterclass avec Cécile Pradère, monteuse professionnelle.

Nous organisons des rencontres entre les angevins et des professionnels du milieu cinématographique. Nous avons ainsi accueilli Stéphane Brizé, (réalisateur de « La loi du marché », césar du meilleur acteur pour Vincent Lindon) ou encore Alexandre Charlot (scénariste notamment de « Bienvenue chez les Ch’tis »).

Toujours dans cet esprit de rencontre, nous mettons en place des avant-premières pour nos différents films, en invitant toutes les personnes qui permettent à nos films d’exister et qui sont nombreux (ceux qui prêtent les lieux, les accessoires, les figurants,…).

Et nous avons également organisé avec d’autres associations productrices de courts-métrages des soirées de projection sur Angers et Nantes, « Court sur le Grill » qui eurent un grand succès.

  • Vous avez des partenariats avec le Festival Premiers Plans, le cinéma Les 400 Coups ?

Nous sommes encore une association jeune et avons à faire nos preuves. Le Cinéma Les 400 Coups nous accueille pour nos événements de manière classique.

Le festival Premiers Plans est lui réservé aux professionnels, sortant d’école de cinéma, et ne programme pas de films amateurs. Cependant nous connaissons les dirigeants, et ils nous connaissent. L’idée de créer un festival « Off » nous trotte derrière la tête depuis quelques années !

  • Quels sont les prochains projets de Court&49 ?
Plusieurs personnes ont des scénarios en cours qu’ils souhaitent réaliser. Pour ce qui me concerne, je termine un script pour un tournage en fin d’année. 
Nous cherchons aussi à faire plus d’ateliers pratiques pour faire plus d’images et tout apprendre ! 

© David Lair

Le tournage de « Se dévoiler par le Cœur« , de Benoit Rolandeau, vient de s’achever, un atelier écriture sur la transformation des personnages est prévu avec Gildas Jaffrennou et un concours d’affiche est lancé pour le prochain film « A new born man »
  • En quoi consiste ce concours d’affiche ?

Le concours d’affiche est un moyen pour nous de faire connaître notre association ainsi que de permettre à des graphistes en herbe de s’essayer à la création d’affiche. Les participants reçoivent un lien du film et ont ensuite carte blanche sur leur création.

Il n’est pas à l’adresse de professionnels. Nous cherchons toujours des « amateurs éclairés », comme nous le sommes, pour partager notre amour du cinéma !

  • Votre dernier coup de cœur cinématographique ?

C’est « Us » de Jordan Peele. Je n’aime pas forcément les thriller mais j’aime beaucoup sa direction artistique et sa façon de souligner son thème avec le cadre. Ça et l’inventivité du scénario m’ont conquis. Jordan Peele a eu une carrière comique avant de passer à la réalisation, qui je pense lui offre une grande maîtrise du rythme, essentiel en comédie. 

►Johan Neveu est un réalisateur installé depuis 2014. Après des études d’ingénieur en horticulture et paysage, il se lance par passion dans la réalisation. Autodidacte, il a travaillé sur des projets diversifiés allant de la vidéo de communication web au court-métrage en passant par les webdocs avec le Parc naturel régional Loire Anjou Touraine. Son premier court-métrage ‘Bol D’Ouest’ est sélectionné au concours de courts du festival Accroches Cœurs.

Il est cadreur sur le court-métrage « Madeleine » de Vincent Malaisé, sur « Zetematium » de Yulia Nikiforova et lors de la réalisation du Clip « Bouge » du collectif Culture Contre Attaque. Il passe à la réalisation avec « Clown » un court-métrage poétique tourné à Angers en 2017.

07 Mai

Rencontre avec Matthieu Haag, réalisateur de « L’Orphelinat »

Le réalisateur nantais, Matthieu Haag, présente son premier long-métrage documentaire « L’Orphelinat », mardi 14 mai à 20h30 au cinéma Le Concorde à Nantes.

Entretien avec le réalisateur, il revient sur son parcours et la genèse de ce projet, une rencontre avec le directeur d’un orphelinat à Hanoï  qui nous donne à appréhender la vie de cet homme, pour mieux nous conter une histoire universelle.

Sans titre (1)

« Petit fils d’une immigrée slovaque venue en France à pied, je ne me sens nulle part chez moi. Lors d’une errance au Vietnam, je fais la rencontre d’un père adoptif en série, Monsieur Vu Tiên, qui me confie son histoire alors même que je ne parle pas sa langue. Débute alors un parcours initiatique sur ma place d’homme, et de père, fait de rencontres et de révélations.« 

Ce film est bien né d’une rencontre et la rencontre est ce qui résume le parcours atypique et surprenant de Matthieu Haag.

Je n’aimais pas aller au cinéma jusqu’à l’âge de 25 ans.

Voilà une entrée en matière pour le moins surprenante de la part d’un réalisateur. Matthieu explique : « j’avais un besoin de confrontation plus directe, de comprendre le monde« . Il devient scientifique, agrégation de physique, bac+5 en robotique, c’est ce que l’on appelle une tête… mais toujours en connexion direct avec l’humain.

C’est l’achat d’une caméra et sa curiosité pour la technique qui pousse Matthieu vers le cinéma. Il profite d’un voyage en Côte d’Ivoire pour faire l’expérience d’un film. Le virus est là.

Dès lors, il devient un spectateur assidu, presque « gargantuesque », visionnant un film par jour, il a la maturité, la curiosité et se forge sa propre culture cinématographique.

Le déclic a lieu devant « To Be or Not to Be » réalisé par Ernst Lubitsch en 1942, « on peut faire passer de telles émotions ! » Il découvre aussi les films de fiction et de documentaire d’Alain Cavalier, et croise le réalisateur angevin Pascal Bonnelle, avec qui il collabore sur certains projets.

Il maîtrise de plus en plus la narration, le montage, … et se bâtit une expérience dans le documentaire.

Le documentaire, c’est aller saisir des choses qui existent déjà.

En 2008, Matthieu décide de passer à la fiction, pour se confronter à une écriture différente et à la direction d’acteurs. Plusieurs de ses courts-métrages sont remarqués comme Etat des lieux (2012) ou Un parfum de Liban (2014) qui sera sélectionné dans de nombreux festivals et qui obtiendra 5 prix.

Son désir de cinéma est là, mais c’est une rencontre qui va amener Matthieu Haag à réaliser L’Orphelinat.

« Un ami me contact pour faire un film institutionnel sur une ONG en Asie du Sud Est. Le deal : je n’étais pas rémunéré mais je bénéficiais d’une équipe sur place et de 20 jours de tournage en plus pour faire un film » raconte Matthieu. Il écrit alors une fiction, mais sur place le projet n’aboutit pas. Et c’est une rencontre qui va tout changer, il fait la connaissance du directeur d’un orphelinat à Hanoï, se lie d’amitié avec lui et filme ce vieil homme qui lui raconte sa vie.

Une vie d’engagements et entièrement dédiée aux autres.

Matthieu rentre en France avec des rushs dont il n’a pas toute la traduction, le temps passe. « Lors d’une soirée, je fais la connaissance d’un vietnamien installé en France depuis de nombreuses années, qui me propose de traduire les propos du directeur de l’orphelinat ». A l’issu des traductions, Matthieu est décidé, il va faire un film sur Monsieur Vu Tiên et son incroyable histoire. Après un mois d’écriture, il retourne à Hanoï, compléter le tournage.

Mais un problème se pose : produire le film. Et là encore, c’est une rencontre qui va faire aboutir ce projet. Après quelques refus, Matthieu prend contact « au culot » avec la productrice d’Alain Cavalier, qui au vu d’un premier visionnage donne son accord. « Assis au bureau de cette femme qui a côtoyé Clint Eastwood ou Orson Wells, je vis un rêve ! »

Rêve qui devient réalité : L’Orphelinat sort au cinéma !

Il y a un avant et un après cette expérience.

► Rendez-vous mardi 14 mai à 20h30 au cinéma Le Concorde à Nantes, la projection sera suivie d’une rencontre avec le réalisateur

► « L’orphelinat » a reçu le Grand Prix du meilleur documentaire à Cleveland, Etats-Unis (Great Lakes Film Festival) , Grand Prix du meilleur documentaire à Baku, Azerbaïdjan (Zoroaster Film Festival) et le Grand Prix du meilleur documentaire en Martinique (MIFF)

26 Jan

Le Festival Premiers Plans d’Angers et l’ENSA de Nantes présentent « In Machina 360° – Marc Caro »

Révéler de nouveaux talents, découvrir des réalisateurs européens, telle est l’ambition du Festival Premiers Plans qui se déroule à Angers jusqu’au 3 février dans différents lieux de la ville. Mais ce qui attire aussi un public et des professionnels toujours plus fidèles c’est la richesse de son programme, qui en marge de la sélection officielle offre de nombreux événements, comme des lectures de scénarios, des rétrospectives, des avant-premières,…

Pour cette 31ème édition, le Festival Premiers Plans propose un focus sur l’oeuvre de Marc Caro, co-réalisateur de « Delicatessen » ou de « La cité des enfants perdus ». Mais que se cache-t-il derrière ce programme « In Machina 360° – Marc Caro » ?

Réponses avec Laurent Lescop, enseignant à l’Ecole Nationale Supérieur d’Architecture de Nantes, en charge de ce projet.

Un projet un peu fou ! Concevoir et construire un décor pour tourner en 360° la web-série « Dans la lune » écrite par Marc Caro.

C’est la 3ème fois que l’ENSA de Nantes participe au festival. Cette aventure est partie du constat que le décor de cinéma est rarement considéré comme un protagoniste à part entière d’une narration.

Ainsi, depuis 2000, année où le numérique s’est démocratisé dans l’enseignement et notamment en architecture, l’idée que poursuit Laurent est de donner un sens à ces images numériques, de raconter des sensations. Il a donc mis en place des ateliers pour initier ses étudiants à la fabrication de A à Z de courts-métrages. Chemin faisant, s’associer avec le Festival Premiers Plans était une évidence.

Cette année, cet enseignant passionné de cinéma, entouré de toute une équipe d’enseignants motivés* est parti sur un nouveau défi : le tournage à 360°, encore peu utilisé et peu maîtrisé car il nécessite de repenser entièrement la manière de concevoir un décor, la lumière, le son,… La manière même de filmer.

©Archirep ENSA Nantes

15 étudiants en Master option « Architecture en Représentation » ont relevé ce challenge, mais il fallait un projet à la hauteur de cette ambition. Xavier Massé, l’administrateur du festival Premiers Plans et Laurent Lescop ont alors pensé à Marc Caro et à son projet d’une web-série tournée à 360°. Le réalisateur aux multiples casquettes et à l’univers très marqué a vu dans ce partenariat l’occasion de tester cette nouvelle technique, il a donc très vite adhéré au projet.

©Archirep ENSA Nantes

Un synopsis de la future série « Dans la lune » a été remis aux étudiants. 5 propositions libres de toutes contraintes et sans aucunes auto-censures ont été présentées à Marc Caro qui n’avait qu’un mot d’ordre « l’envie d’être surpris ». 5 maquettes et leurs modélisations en numérique ont été proposées au réalisateur, qui en a dégagé les différents points forts, pour au final avoir une maquette de synthèse numérique immersive.

Par la suite, la construction concrète de ce fameux studio s’est faite, non sans résoudre de nombreux soucis techniques. Pour ce faire, les élèves ont été accompagnés par des professionnels comme Jean Rabassedécorateur de cinéma et scénographe (césar du meilleur décor pour « La Cité des enfants perdus » de Marc Caro) et Jean Poisson, directeur de la photographie. Car il s’agit pour les étudiants de concevoir un environnement global, qui comprend la conception du décor proprement dit, mais aussi son accessoirisation, les lumières, les costumes…

©Archirep ENSA Nantes

C’est dans la salle Bodinier d’Angers que le studio s’est installé pendant toute la durée du festival. Marc Caro, y tournera pour sa web-série « Dans la lune ».

Durant le festival, le public est invité à visiter le tournage et à découvrir les étapes de fabrication des décors, des planches d’esquisses et des maquettes. Des visites virtuelles à 360° sont également proposées. Un événement en partenariat avec Laurent Vié Architecture et Les Docs du Nord.
Du lundi 28 janvier au samedi 2 février – à partir de 14h00 – studios Bodinier – entrée libre

Le tournage a commencé pendant le festival / ©Archirep ENSA Nantes

Au programme :
Projection du film « La cité des enfants perdus » de Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro, samedi 26 janvier à 14h au Multiplex, suivie d’une rencontre avec Marc Caro et mardi 29 janvier à 22h00 aux 400 Coups.
Projection de « Bunker de la dernière rafale » moyen métrage de Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro, samedi 26 janvier à 22h00 aux 400 Coups, suivie d’une rencontre avec Marc Caro.

►À découvrir également : une exposition inédite des photos de tournage de « La Cité des enfants perdus ».
Qui est Marc Caro ?
Ce nantais d’origine est un homme d’images aux diverses expériences : auteur de BD dans les années 70 au sein de Métal Hurlant ou Fluide Glacial, il rencontre Jean-Pierre Jeunet avec qui il réalise plusieurs clips, des courts-métrages remarqués et 2 longs-métrages : « Delicatessen » (césar de la meilleure 1ère œuvre et césar du meilleur scénario original ou adaptation) et « La cité des enfants perdus ». Il est aussi acteur, scénariste, directeur artistique et a réalisé en solo « Dante 01 » avec Lambert Wilson.
« Dans la lune » est une websérie humoristique de science-fiction inspirée de l’univers de Jules Verne et de Méliès.
.
.
.
* L’équipe de Laurent Lescop : Bruno Suner (co-encadrant), Cyrille Bretaud (construction), Emmanuelle Gangloff (scénographie exposition), Marc Grandsard (culture filmique) et Nicolas Houel (Lumière).
.

24 Nov

Festival des 3 Continents : rencontre avec Lucie Borleteau et Mahamat-Saleh Haroun, membres du jury

Les cinémas d’Asie, d’Afrique et d’Amérique Latine sont à l’honneur jusqu’au 27 novembre à Nantes avec le Festival des 3 Continents.

Qui dit festival, dit compétition, dit jury… Rencontre avec deux membres du jury de la sélection internationale.

  • Lucie Borleteau, scénariste, metteur en scène, comédienne et réalisatrice. Cette ancienne élève de Ciné Sup’ Nantes a travaillé avec Claire Denis ou Arnaud Desplechin, et réalisé en 2014 un premier film très remarqué « Fidelio, l’odyssée d’Alice ».
  • Mahamat-Saleh Haroun, réalisateur tchadien. Son premier long-métrage « Bye bye Africa » a reçu en 1999 le prix du 1er film à la Mostra de Venise. Auteur de films engagés, le Festival des 3 Continents lui rend hommage avec la diffusion de son film « l’homme qui crie », prix du jury à Cannes en 2010.

   

– Votre rencontre avec le Festival des 3 Continents ?

Lucie Borleteau : C’est un festival que je connais bien. Je suis nantaise et j’y suis allée de nombreuses fois, notamment dans le cadre de mes études, au lycée Guist’hau, option cinéma et ensuite à Ciné Sup’. J’ai même fait partie du Jury Jeune en 1998, c’est un très bon souvenir et me voilà 20 ans plus tard dans le jury de la compétition internationale, c’est fou !

Mahamat-Saleh Haroun : Je connais Nantes pour y avoir présenté plusieurs fois mes films, mais en tant que spectateur et jury du Festival des 3 Continents, c’est une première. Je suis ravi d’être ici pour cette 40ème édition et d’accompagner la 41ème année, ce passage de l’âge de la passion à celui de la raison.

– Quelle est la particularité de ce festival ?

LB : Pour les jeunes cinéphiles, ce festival est une chance, pour moi c’est au même niveau que Cannes. Ici on peut rencontrer les auteurs, débattre, c’est rare les festivals qui font venir autant de réalisateurs. Les nantais sont des cinéphiles curieux, ce festival le prouve, ils ont de la chance et Nantes avec toutes ses salles est une ville unique en terme de programmation.

MSH : C’est un festival à l’écoute de la rumeur du monde, un festival de défricheur, sensible à ce qui ce passe ailleurs, il appelle à lui des cinématographies souvent invisibles. C’est un port d’œuvres singulières.

– Vous êtes sensible aux cinémas présentés ici ? 

Continuer la lecture

17 Sep

Un festival de jeunes talents au Hotmilk Film Makers de Cholet

Pas de compétition, pas de jury… mais des talents !

Du 21 au 23 septembre, se déroule le Hotmilk Film Makers, le festival du court-métrage de Cholet, l’occasion de découvrir des perles du cinéma et des jeunes auteurs passionnés. 

Pour cette 6ème édition le programme est à la hauteur avec 24 films projetés, des rencontres, une étrange séance, un atelier de pré-production et une vingtaine d’intervenants. Rencontre avec Ronald Guérin, organisateur du festival :

– Comment est né le festival ?
Un peu par hasard 🙂
J’ai toujours été un grand fan d’images, qu’elles soient fixes ou animées. Il y a 6 ans maintenant, en surfant sur le web, je suis tombé sur des vidéos, courts et clips, de jeunes choletais. J’ai été bluffé par la qualité de ces œuvres, et j’ai eu envie de les partager. J’ai donc contacté ces jeunes réals pour voir ensemble ce que l’on pouvait faire, quels autres films ils avaient produit. Une fois le contenu rassemblé, avec mon dossier sous le bras, j’ai été à la rencontre de Jeremy Cacheux, directeur du cinéma Cinémovida de Cholet, qui a été séduit par le projet et a tout de suite adhéré. C’est de ces belles rencontres et cette envie commune de partage qu’est né le festival.

– Pourquoi le format court ?
Le format court est un format très ouvert.
Ouvert à tous. Amateur comme professionnel. Avec ou sans budget. Ouvert à l’expérimentation. On peut réaliser des histoires très structurées, juste une tranche de vie, des films expérimentaux, avec paroles, sans paroles, et parfois même sans comédiens. C’est un format où l’on peut s’exprimer.

– Comment se fait le choix des courts-métrages ?
Pour la sélection « Junior », nous avons mis en place un jury composé de professionnels et de membres de l’association Aux films de la Moine (…) Ils ont pour mission de sélectionner deux œuvres qui ouvriront les séances du festival.
Pour les sélections « officielle » et « coup de cœur », je réalise encore la programmation seul. Je mets un point d’honneur à visionner tous les films que nous recevons. Cela me permet de mettre en place des séances spéciales, comme « L’étrange séance », quand je reçois des œuvres très qualitatives, mais pas forcément tout public. Avoir une vision globale me permet une grande souplesse pour la programmation.

– L’étrange séance, une envie de frisson ?
J’ai toujours eu une certaine affection pour le cinéma de genre. Lors de la 4e édition, nous avions déjà eu une étrange séance. A l’époque, nous avions reçu le film de Quarxx, « Un ciel bleu presque parfait ». Une œuvre magnifique, un ovni cinématographique, mais extrêmement compliqué à programmer, surtout pour un public familial. L’idée de « L’étrange séance » est venue de là.
Cette année, nous avons la chance d’avoir eu l’autorisation de la chaine américaine Crypt TV de diffuser « 100% organic », un court-métrage gore réalisé par le choletais Yoann Luis. Ayant reçu en parallèle d’autres œuvres d’épouvante, le retour de « l’étrange séance » était incontournable.

– Le temps fort de cette année ?
Tout est un temps fort 🙂 La programmation a été réalisée comme un ensemble. Les soirées sont assez différentes, et dans chacune d’entre elles il y a des pépites à découvrir.
Pour parler nouveautés :
– Le retour de « l’étrange séance » rendez-vous incontournable pour les amateurs du genre.
– Un atelier « pré-production » gratuit. Cela faisait plusieurs années que j’avais envie de mettre en place un véritable atelier pour aider à la réalisation de projets futurs. Les leitmotivs du festival ont toujours été la découverte et le partage. Nous avions envie d’aller plus loin dans le partage d’expérience.
Beaucoup d’amateurs veulent passer le pas et réaliser leur premier court-métrage, mais ne savent pas toujours comment mettre le projet sur les bons rails. J’avais envie que le festival puisse les accompagner, les aider dans leur démarche. C’est pourquoi, cette année, le réalisateur et producteur, Yoann Luis, animera un atelier « pré-production », gratuit et ouvert aux plus de 16 ans.

– Bilan des autres éditions ?
Depuis la première édition, le festival a su trouver un public de curieux. Jeremy Cacheux, directeur du Cinémovida et moi avons été surpris par cet engouement dès la première édition, engouement qui n’a pas cessé de croître en 5 ans. C’est grâce à la qualité des œuvres. Sans contenu, le festival n’existerait pas.

– Y a-t-il des réalisateurs que vous retrouvez ou suivez d’une année sur l’autre ?
En six éditions, le festival a reçu 78 intervenants différents (réalisateurs, producteurs, comédiens, scénaristes, professionnels en FX…). Nous suivons la carrière de ceux que nous avons reçus, mais aussi de jeunes réalisateurs, même si nous ne sélectionnons pas encore leurs œuvres.
Nous avons effectivement des réalisateurs très productifs que nous recevons, avec la plus grande joie, chaque année depuis la naissance du festival. Les réalisateurs Yoann Luis et Joris Favraud font presque partie des murs 🙂


Nous avons également reçu des jeunes réals qui sont passés par la sélection Junior, puis la sélection officielle. Je pense à Charles Mutombo-Cartier, Dylan El Kara et Ethan Guérin. D’autres professionnels ont participé à plusieurs éditions, comme Sébastien Vion, Corentin Luis, Simon Larvaron, Etienne Ménard, Anthony Bertaud…

– Certains sont-ils passés au long-métrage ?
Très peu encore, mais des projets sont en cours. On croise les doigts pour eux et on espère pouvoir diffuser leurs films sur Cholet 🙂
L’année dernière nous avons projeté le premier documentaire produit par Yoann Luis, « Everest Green » en film de clôture. Yoann est actuellement sur des projets de long-métrage de fiction mais cette fois-ci en tant que réalisateur.
Le court-métrage « Un ciel bleu presque parfait » réalisé par Quarxx, vient d’être adapté sous le titre « Tous les dieux du ciel ». Il sortira en salle en 2019.
Nous avons également reçu Julie Lena, monteuse sur le court-métrage d’Hubert Charuel, « Fox-Terrier », qui a travaillé ensuite sur son long-métrage « Petit Paysan » récompensé par 3 césars en 2018.

Hotmilk Film Makers, découvreur de talents … assurément !

►Hotmilk Film Makers au cinéma Movida de Cholet du 21 au 23 septembre.

►Toute la programmation du festival.

11 Sep

Narcisse Pelletier, un destin hors du commun sur grand écran

Tatoué par incision, les oreilles percées, un zligau mélanésien à travers la cloison nasale… voilà la description de Narcisse Pelletier, mousse vendéen de retour en 1876 sur sa terre natale, après 17 ans de vie au sein d’une famille aborigène. 

Celui que la presse australienne surnomma « le sauvage blanc », fait l’objet d’un documentaire « Narcisse Pierre Pelletier, naufragé, aborigène » de Serge Aillery présenté en avant-première, jeudi 13 septembre à 18h30 au Cinémarine de Saint-Gilles-Croix-de-Vie.

Son histoire est rocambolesque et son destin incroyable. C’est en juillet 1857 que le jeune marin de Saint-Gilles, embarque sur le « Saint Paul ». Suite à un naufrage, blessé, il est abandonné par ses camarades et son capitaine. Recueilli par une famille du peuple Uutaalnganu au Cap Flattery (Extrême Nord Australien), il s’intègre à leur mode de vie.

Au bout de 17 ans, confronté à des marins britanniques qui le pensent enlevé, Narcisse alors âgé de 31 ans, retrouve contre son gré, sa terre natale. Il redécouvre alors sa famille et fait face aux difficultés du retour à la vie vendéenne, apprivoisant un monde qui n’est plus vraiment le sien.

Serge Aillery, réalisateur, scénariste, s’empare de cette histoire dès 1976 par l’intermédiaire d’un oncle, qui fut co-auteur d’un livre sur Saint-Gilles dans lequel était évoqué ce vendéen aborigène.

Narcisse Pelletier rentre à Saint-Gilles-Croix-de-Vie le 2 janvier 1876. Je pense l’avoir rencontré pour la première fois un siècle plus tard

Serge nous confie – « Le point de départ pour raconter cette histoire a longtemps été très mince, une unique photographie, extraite d’un livre introuvable qui à l’époque de sa parution, 1876, ne fût même pas déposé à la B.N.F. La publication du roman de François Garde, « Ce qu’il advint du sauvage blanc » prix Goncourt du premier roman 2012, mit de nouveau en avant Narcisse Pelletier. »

L’année 2014 fut décisive pour le réalisateur. « J’apprends que Chanouga, auteur de BD, vient de publier le premier tome de son « Narcisse ». Je prends contact avec lui. En cherchant d’autres publications sur le sujet, je découvre « Pelletier, the forgotten cataway of cape York » de Stephanie Anderson ». Cet essai introductif et traduction du livre original « Dix-sept ans chez les sauvages: les aventures de Narcisse Pelletier » de Constant Merland est enrichi d’un commentaire ethnographique d’Athol Chase, spécialiste des aborigènes des plages du nord-est.

Ce récit prend alors une dimension scientifique, historique et surtout humaine. Selon Serge, « l’aventure de Narcisse Pelletier met en perspective l’histoire dramatique du traitement des Aborigènes au cours du XXème siècle. Ils ne furent reconnus citoyens Australiens qu’en 1967. »

Tourner en Australie et partir sur les traces de Narcisse est devenu possible grâce au soutien et au témoignage sur place de Stephanie Anderson et d’Athol Chase. « Le but était d’aller à Brisbane pour filmer les principales pièces attestant de la présence de Narcisse en Australie et à Lockhart-River sur les plages où il a vécu ».

Le film dévoile cette vie hors du commun, sous les regards croisés de Hubert « Chanouga » dessinateur basé à Marseille, Stephanie, universitaire australienne et des Aborigènes déplacés qui résident aujourd’hui à Lockhart-River.

Ces itinéraires donnent lieu à une réflexion sur notre civilisation et sur l’histoire des aborigènes, tout en soulignant l’inaptitude de notre société à considérer un homme déchristianisé ou une tribu aborigène sereine.

« Narcisse Pierre Pelletier, naufragé, aborigène » de Serge Aillery, en avant-première au cinéma Cinémarine de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, le jeudi 13 septembre à 18h30. Une diffusion sur France 3 Pays de la Loire et France 3 Bretagne est prévue le lundi 24 septembre après le Grand Soir 3.