24 Nov

Festival des 3 Continents : rencontre avec Lucie Borleteau et Mahamat-Saleh Haroun, membres du jury

Les cinémas d’Asie, d’Afrique et d’Amérique Latine sont à l’honneur jusqu’au 27 novembre à Nantes avec le Festival des 3 Continents.

Qui dit festival, dit compétition, dit jury… Rencontre avec deux membres du jury de la sélection internationale.

  • Lucie Borleteau, scénariste, metteur en scène, comédienne et réalisatrice. Cette ancienne élève de Ciné Sup’ Nantes a travaillé avec Claire Denis ou Arnaud Desplechin, et réalisé en 2014 un premier film très remarqué « Fidelio, l’odyssée d’Alice ».
  • Mahamat-Saleh Haroun, réalisateur tchadien. Son premier long-métrage « Bye bye Africa » a reçu en 1999 le prix du 1er film à la Mostra de Venise. Auteur de films engagés, le Festival des 3 Continents lui rend hommage avec la diffusion de son film « l’homme qui crie », prix du jury à Cannes en 2010.

   

– Votre rencontre avec le Festival des 3 Continents ?

Lucie Borleteau : C’est un festival que je connais bien. Je suis nantaise et j’y suis allée de nombreuses fois, notamment dans le cadre de mes études, au lycée Guist’hau, option cinéma et ensuite à Ciné Sup’. J’ai même fait partie du Jury Jeune en 1998, c’est un très bon souvenir et me voilà 20 ans plus tard dans le jury de la compétition internationale, c’est fou !

Mahamat-Saleh Haroun : Je connais Nantes pour y avoir présenté plusieurs fois mes films, mais en tant que spectateur et jury du Festival des 3 Continents, c’est une première. Je suis ravi d’être ici pour cette 40ème édition et d’accompagner la 41ème année, ce passage de l’âge de la passion à celui de la raison.

– Quelle est la particularité de ce festival ?

LB : Pour les jeunes cinéphiles, ce festival est une chance, pour moi c’est au même niveau que Cannes. Ici on peut rencontrer les auteurs, débattre, c’est rare les festivals qui font venir autant de réalisateurs. Les nantais sont des cinéphiles curieux, ce festival le prouve, ils ont de la chance et Nantes avec toutes ses salles est une ville unique en terme de programmation.

MSH : C’est un festival à l’écoute de la rumeur du monde, un festival de défricheur, sensible à ce qui ce passe ailleurs, il appelle à lui des cinématographies souvent invisibles. C’est un port d’œuvres singulières.

– Vous êtes sensible aux cinémas présentés ici ? 

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17 Sep

Un festival de jeunes talents au Hotmilk Film Makers de Cholet

Pas de compétition, pas de jury… mais des talents !

Du 21 au 23 septembre, se déroule le Hotmilk Film Makers, le festival du court-métrage de Cholet, l’occasion de découvrir des perles du cinéma et des jeunes auteurs passionnés. 

Pour cette 6ème édition le programme est à la hauteur avec 24 films projetés, des rencontres, une étrange séance, un atelier de pré-production et une vingtaine d’intervenants. Rencontre avec Ronald Guérin, organisateur du festival :

– Comment est né le festival ?
Un peu par hasard 🙂
J’ai toujours été un grand fan d’images, qu’elles soient fixes ou animées. Il y a 6 ans maintenant, en surfant sur le web, je suis tombé sur des vidéos, courts et clips, de jeunes choletais. J’ai été bluffé par la qualité de ces œuvres, et j’ai eu envie de les partager. J’ai donc contacté ces jeunes réals pour voir ensemble ce que l’on pouvait faire, quels autres films ils avaient produit. Une fois le contenu rassemblé, avec mon dossier sous le bras, j’ai été à la rencontre de Jeremy Cacheux, directeur du cinéma Cinémovida de Cholet, qui a été séduit par le projet et a tout de suite adhéré. C’est de ces belles rencontres et cette envie commune de partage qu’est né le festival.

– Pourquoi le format court ?
Le format court est un format très ouvert.
Ouvert à tous. Amateur comme professionnel. Avec ou sans budget. Ouvert à l’expérimentation. On peut réaliser des histoires très structurées, juste une tranche de vie, des films expérimentaux, avec paroles, sans paroles, et parfois même sans comédiens. C’est un format où l’on peut s’exprimer.

– Comment se fait le choix des courts-métrages ?
Pour la sélection « Junior », nous avons mis en place un jury composé de professionnels et de membres de l’association Aux films de la Moine (…) Ils ont pour mission de sélectionner deux œuvres qui ouvriront les séances du festival.
Pour les sélections « officielle » et « coup de cœur », je réalise encore la programmation seul. Je mets un point d’honneur à visionner tous les films que nous recevons. Cela me permet de mettre en place des séances spéciales, comme « L’étrange séance », quand je reçois des œuvres très qualitatives, mais pas forcément tout public. Avoir une vision globale me permet une grande souplesse pour la programmation.

– L’étrange séance, une envie de frisson ?
J’ai toujours eu une certaine affection pour le cinéma de genre. Lors de la 4e édition, nous avions déjà eu une étrange séance. A l’époque, nous avions reçu le film de Quarxx, « Un ciel bleu presque parfait ». Une œuvre magnifique, un ovni cinématographique, mais extrêmement compliqué à programmer, surtout pour un public familial. L’idée de « L’étrange séance » est venue de là.
Cette année, nous avons la chance d’avoir eu l’autorisation de la chaine américaine Crypt TV de diffuser « 100% organic », un court-métrage gore réalisé par le choletais Yoann Luis. Ayant reçu en parallèle d’autres œuvres d’épouvante, le retour de « l’étrange séance » était incontournable.

– Le temps fort de cette année ?
Tout est un temps fort 🙂 La programmation a été réalisée comme un ensemble. Les soirées sont assez différentes, et dans chacune d’entre elles il y a des pépites à découvrir.
Pour parler nouveautés :
– Le retour de « l’étrange séance » rendez-vous incontournable pour les amateurs du genre.
– Un atelier « pré-production » gratuit. Cela faisait plusieurs années que j’avais envie de mettre en place un véritable atelier pour aider à la réalisation de projets futurs. Les leitmotivs du festival ont toujours été la découverte et le partage. Nous avions envie d’aller plus loin dans le partage d’expérience.
Beaucoup d’amateurs veulent passer le pas et réaliser leur premier court-métrage, mais ne savent pas toujours comment mettre le projet sur les bons rails. J’avais envie que le festival puisse les accompagner, les aider dans leur démarche. C’est pourquoi, cette année, le réalisateur et producteur, Yoann Luis, animera un atelier « pré-production », gratuit et ouvert aux plus de 16 ans.

– Bilan des autres éditions ?
Depuis la première édition, le festival a su trouver un public de curieux. Jeremy Cacheux, directeur du Cinémovida et moi avons été surpris par cet engouement dès la première édition, engouement qui n’a pas cessé de croître en 5 ans. C’est grâce à la qualité des œuvres. Sans contenu, le festival n’existerait pas.

– Y a-t-il des réalisateurs que vous retrouvez ou suivez d’une année sur l’autre ?
En six éditions, le festival a reçu 78 intervenants différents (réalisateurs, producteurs, comédiens, scénaristes, professionnels en FX…). Nous suivons la carrière de ceux que nous avons reçus, mais aussi de jeunes réalisateurs, même si nous ne sélectionnons pas encore leurs œuvres.
Nous avons effectivement des réalisateurs très productifs que nous recevons, avec la plus grande joie, chaque année depuis la naissance du festival. Les réalisateurs Yoann Luis et Joris Favraud font presque partie des murs 🙂


Nous avons également reçu des jeunes réals qui sont passés par la sélection Junior, puis la sélection officielle. Je pense à Charles Mutombo-Cartier, Dylan El Kara et Ethan Guérin. D’autres professionnels ont participé à plusieurs éditions, comme Sébastien Vion, Corentin Luis, Simon Larvaron, Etienne Ménard, Anthony Bertaud…

– Certains sont-ils passés au long-métrage ?
Très peu encore, mais des projets sont en cours. On croise les doigts pour eux et on espère pouvoir diffuser leurs films sur Cholet 🙂
L’année dernière nous avons projeté le premier documentaire produit par Yoann Luis, « Everest Green » en film de clôture. Yoann est actuellement sur des projets de long-métrage de fiction mais cette fois-ci en tant que réalisateur.
Le court-métrage « Un ciel bleu presque parfait » réalisé par Quarxx, vient d’être adapté sous le titre « Tous les dieux du ciel ». Il sortira en salle en 2019.
Nous avons également reçu Julie Lena, monteuse sur le court-métrage d’Hubert Charuel, « Fox-Terrier », qui a travaillé ensuite sur son long-métrage « Petit Paysan » récompensé par 3 césars en 2018.

Hotmilk Film Makers, découvreur de talents … assurément !

►Hotmilk Film Makers au cinéma Movida de Cholet du 21 au 23 septembre.

►Toute la programmation du festival.

11 Sep

Narcisse Pelletier, un destin hors du commun sur grand écran

Tatoué par incision, les oreilles percées, un zligau mélanésien à travers la cloison nasale… voilà la description de Narcisse Pelletier, mousse vendéen de retour en 1876 sur sa terre natale, après 17 ans de vie au sein d’une famille aborigène. 

Celui que la presse australienne surnomma « le sauvage blanc », fait l’objet d’un documentaire « Narcisse Pierre Pelletier, naufragé, aborigène » de Serge Aillery présenté en avant-première, jeudi 13 septembre à 18h30 au Cinémarine de Saint-Gilles-Croix-de-Vie.

Son histoire est rocambolesque et son destin incroyable. C’est en juillet 1857 que le jeune marin de Saint-Gilles, embarque sur le « Saint Paul ». Suite à un naufrage, blessé, il est abandonné par ses camarades et son capitaine. Recueilli par une famille du peuple Uutaalnganu au Cap Flattery (Extrême Nord Australien), il s’intègre à leur mode de vie.

Au bout de 17 ans, confronté à des marins britanniques qui le pensent enlevé, Narcisse alors âgé de 31 ans, retrouve contre son gré, sa terre natale. Il redécouvre alors sa famille et fait face aux difficultés du retour à la vie vendéenne, apprivoisant un monde qui n’est plus vraiment le sien.

Serge Aillery, réalisateur, scénariste, s’empare de cette histoire dès 1976 par l’intermédiaire d’un oncle, qui fut co-auteur d’un livre sur Saint-Gilles dans lequel était évoqué ce vendéen aborigène.

Narcisse Pelletier rentre à Saint-Gilles-Croix-de-Vie le 2 janvier 1876. Je pense l’avoir rencontré pour la première fois un siècle plus tard

Serge nous confie – « Le point de départ pour raconter cette histoire a longtemps été très mince, une unique photographie, extraite d’un livre introuvable qui à l’époque de sa parution, 1876, ne fût même pas déposé à la B.N.F. La publication du roman de François Garde, « Ce qu’il advint du sauvage blanc » prix Goncourt du premier roman 2012, mit de nouveau en avant Narcisse Pelletier. »

L’année 2014 fut décisive pour le réalisateur. « J’apprends que Chanouga, auteur de BD, vient de publier le premier tome de son « Narcisse ». Je prends contact avec lui. En cherchant d’autres publications sur le sujet, je découvre « Pelletier, the forgotten cataway of cape York » de Stephanie Anderson ». Cet essai introductif et traduction du livre original « Dix-sept ans chez les sauvages: les aventures de Narcisse Pelletier » de Constant Merland est enrichi d’un commentaire ethnographique d’Athol Chase, spécialiste des aborigènes des plages du nord-est.

Ce récit prend alors une dimension scientifique, historique et surtout humaine. Selon Serge, « l’aventure de Narcisse Pelletier met en perspective l’histoire dramatique du traitement des Aborigènes au cours du XXème siècle. Ils ne furent reconnus citoyens Australiens qu’en 1967. »

Tourner en Australie et partir sur les traces de Narcisse est devenu possible grâce au soutien et au témoignage sur place de Stephanie Anderson et d’Athol Chase. « Le but était d’aller à Brisbane pour filmer les principales pièces attestant de la présence de Narcisse en Australie et à Lockhart-River sur les plages où il a vécu ».

Le film dévoile cette vie hors du commun, sous les regards croisés de Hubert « Chanouga » dessinateur basé à Marseille, Stephanie, universitaire australienne et des Aborigènes déplacés qui résident aujourd’hui à Lockhart-River.

Ces itinéraires donnent lieu à une réflexion sur notre civilisation et sur l’histoire des aborigènes, tout en soulignant l’inaptitude de notre société à considérer un homme déchristianisé ou une tribu aborigène sereine.

« Narcisse Pierre Pelletier, naufragé, aborigène » de Serge Aillery, en avant-première au cinéma Cinémarine de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, le jeudi 13 septembre à 18h30. Une diffusion sur France 3 Pays de la Loire et France 3 Bretagne est prévue le lundi 24 septembre après le Grand Soir 3.

20 Juil

De la plage aux salles obscures… Les cinémas de bord de mer vous attendent

C’est les vacances, on est loin des soucis du quotidien, on a enfin du temps pour soi, pour la famille… Pourquoi ne pas aller au cinéma !?

Contrairement à certains cinémas associatifs en ville ou en campagne qui prennent leur quartier d’été faute de bénévoles ou de spectateurs, les cinémas de bord de mer voient eux leur fréquentation augmenter avec le nombre de touristes. Que ce soient sur les plages de Vendée ou de Loire-Atlantique, ces cinémas de 1 ou 2 écrans doivent faire face à une organisation différente par rapport au reste de l’année.

Comment s’y préparent-ils ? – Réponse avec Stéphane Geffard, directeur du cinéma Agnès Varda à La Tranche sur Mer en Vendée

« En hiver, La Tranche sur Mer c’est 2 700 habitants avec une majorité de plus de 60 ans et 8 000 maisons secondaires, nos spectateurs sont des cinéphiles avertis et fidèles, notre programmation est donc adaptée à cette population avec une forte présence de films classés art et essai.

Mais l’été, la station balnéaire voit sa population atteindre les 150 000 habitants, le cinéma doit donc faire face à une hausse de la fréquentation de nos salles. »

Juillet et août est donc une période « chaude » pour ce cinéma de 2 salles qui passe alors de 6 à 10 séances par jour. « La programmation est donc plus classique, plus familiale avec les traditionnels blockbusters de l’été, mais sans oublier l’âme de ce cinéma » comme le précise Stéphane, ainsi peuvent se côtoyer le très attendu « Les indestructibles 2 » de Brad Bird et le plus intimiste « Ma fille » de Laura Bispuri.

Cette hausse d’activité ne peut être possible que par l’engagement et la fidélité de bénévoles qui s’investissent dans leur cinéma. En période estivale, ils sont une douzaine de 16 à 90 ans. « Ce qui est incroyable c’est que l’été ce sont les enfants et petits-enfants de nos bénévoles qui sont mis à contribution ! »

On est une grande famille – Stéphane Geffard

Le cinéma Agnès Varda de la Tranche sur Mer est un succès avec 40 000 entrées par an : 20 000 en hiver et 20 000 pendant les 2 mois d’été.

Toute l’année Stéphane fait vivre ce cinéma : ciné-débats, avant-premières, rencontres avec des réalisateurs, comédiens, soirées à thème … les idées ne manquent pas pour combler un public exigeant. Ce passionné, est un véritable homme-orchestre : exploitant, programmateur, animateur, projectionniste … il a fait de ce cinéma un véritable lieu culturel qui fait la joie des habitants de la Tranche et des vacanciers.

Prochain événement, le 8 août : « La nuit du cinéma » avec la programmation à partir de 20h30 de 4 films dont « Mission impossible – fallout ». Des animations, jeux, cadeaux, … sont prévus pour cette folle nuit sur grand écran.

Toutes les infos ici

10 Juin

Dialogues, ambiances, musiques, … le pouvoir du son

La voix d’E.T, le sabre laser de Star Wars, la musique d’Amélie Poulain …. autant de sons devenus célèbres !!

Le son au cinéma est largement sous-estimé par le grand public, ne dit-on pas : on va voir un film ?!  Mais le son véhicule souvent autant de sens, si ce n’est plus que les images. En effet, une scène filmée ne dira pas la même chose en fonction du son qui lui est accolé.

Le son est présent depuis la création du cinéma, au temps des films muets, la musique et les bruitages étaient déjà importants et aujourd’hui, il joue un rôle primordial.

Rencontre avec deux ingénieurs du son de la région, qui ont monté leur propre studio de post-production sonore et qui travaillent actuellement sur le film « Frères d’arme » de Sylvain Labrosse, tourné en Bretagne et en Pays de la Loire.

Martin Gracineau et Jérémie Halbert nous expliquent les différentes facettes de leur métier

Crée en janvier 2017, ce studio appartient à deux entités : « les docks du film » et « le caveau phonique ». Martin et Jérémie ont décidé de se rassembler pour pouvoir monter cette installation professionnelle unique dans la région : un studio ProTools HD 5.1. Cet investissement a été possible grâce à un programme d’aide du Conseil Régional des Pays de la Loire.

Le but est de pouvoir proposer aux films d’initiative régionale une vraie post-production sonore complète et de qualité. Ce studio est selon Martin « une étape du développement de la filière cinéma en Pays de la Loire. Le cinéma, c’est des emplois et du chiffre d’affaire, mais la filière ne pourra pas se développer en région sans un soutien important et affirmé de la force publique. »

 

Les docks du film

Le caveau phonique

03 Mai

« Mes frères », la famille au cœur du premier film de Bertrand Guerry

C’est un réalisateur heureux qui revient des Etats-Unis.

Bertrand Guerry avec son film « Mes frères » vient de remporter deux awards au Festival RIFF de Richmond : prix du meilleur scénario et prix d’interprétation pour l’ensemble de la distribution, et la semaine prochaine, direction la côte d’Azur pour une sélection aux Cannes Écrans Juniors 2018.

Un véritable coup de projecteur sur le premier long métrage de ce réalisateur manceau, avant sa sortie nationale prévue le 4 juillet.

« Mes frères » c’est une histoire de famille, celle de deux frères, Eddy et Rocco, anciennes gloires de la scène « Rock Indé » à la fin des années 90. Dix ans plus tard, ils défilent en tête de la fanfare locale d’une île isolée. Et isolés ils le sont à plus d’un titre, l’un est atteint d’une maladie incurable et l’autre s’enferme dans le mutisme. Un soir, leur sœur Lola réapparaît dans leur vie. Les souffrances humaines ont brisé les cœurs, meurtri les corps et enfoui la parole, mais la joie va renaître de la fraternité.

Ce film traite des relations particulières entre frères et sœurs, de la maladie et de son rapport au corps, d’une amitié naissante entre deux enfants, d’un souffle de liberté, le tout porté par une BO volontairement très présente.

Pour moi, Mes Frères, c’est un hymne à la vie !

Bertrand Guerry

Le réalisateur raconte : « J’ai écrit une première version de scénario à quatre mains avec mon frère, Thomas Guerry, mais le projet est resté inachevé. C’est en 2015 que Sophie Davout, qui partage ma vie, décide de reprendre l’écriture du scénario. Il était important pour moi que le film ait une couleur féminine. L’aventure reprend et une première version voit le jour en septembre 2015. S’en suivent alors des repérages qui confirment le choix de l’île d’Yeu, des rencontres, des essais. »

« J’ai voulu traiter d’un sujet qui me passionne dans mon quotidien comme au cinéma : la fratrie. Cette relation toute particulière que des frères et sœurs peuvent partager me fascine. L’élaboration de ce scénario est donc basée sur les liens forts, délicats et singuliers des fratries. Ce qu’il en résulte me captive tout autant : les non-dits ».

Une histoire de famille, faite en famille, on peut presque dire en bande. A l’origine, il y a les frères Guerry, le réalisateur et le comédien-danseur, ils ont embarqué la famille (femme et enfants), des professionnels du cinéma, des amis fidèles, et les habitants de l’île d’Yeu, dans une volonté d’aller au bout d’un rêve : faire un film.

Participatif c’est le maître mot de cette aventure.

Participatif dans sa conception. C’est suite à une rencontre avec un jeune malade atteint de la maladie de l’homme de pierre (FOP) que Bertrand a porté ce projet. Le film s’est monté en partenariat avec l’association FOP France et la moitié des bénéfices seront reversés intégralement à la recherche sur cette maladie. Bertrand explique : « au-delà du désir artistique, je souhaitais apporter une légitimité profonde ». Pour cet engagement le film a reçu le label « cinéma équitable » initié en 2013 par la société de distribution Wayna Pitch.

Participatif au tournage avec l’implication des habitants de l’île d’Yeu pour l’aide logistique, la figuration, la fanfare de Saint-Hilaire, le club de Twirling, … de vraies rencontres et un engouement pour le projet. « L’île d’Yeu, est plus qu’un décor, c’est un personnage à part entière du film Mes Frères« .

Participatif en terme financier avec un appel à financement pour la distribution via la plateforme Ulule, pour donner au film une vraie chance d’être vu, de vivre.

Participatif par la forme de la communication avec la mise en place d’un site internet dédié au film qui fonctionne comme un journal de bord. Une vraie originalité là où en général les infos d’écriture, de tournage, sont données au compte-goutte. Ici tout est raconté, partagé, presque vécu … ainsi le lecteur devient déjà spectateur. Des anecdotes, des fous rires, des portraits… Sophie Davout, la scénariste du film à l’origine du site, nous fait entrer dans les coulisses de « Mes frères » et nous donne l’envie de voir sur grand écran le résultat. A découvrir !

 

De nombreuses avant-premières sont déjà prévues dans la région avant la sortie nationale le 4 juillet, et notamment le 4 mai avec une projection très attendue au Ciné Islais de l’Ile d’Yeu. A noter que Bertrand Guerry met un point d’honneur à être présent dans toutes les salles pour présenter « Mes frères » et échanger avec le public.

Site du film « Mes Frères »

Et la suite … « Déjà un autre projet de long-métrage en développement… pour l’instant, on reste discret quant au sujet mais c’est une nouvelle fois Sophie Davout qui l’a écrit. Un tournage en automne 2019 est prévu en Pays de la Loire. Je pense que nous repartirons avec la même équipe et une belle partie de ce casting. Une famille de cinéma s’est créée. On voudra l’enrichir mais garder nos bases (…) encore de belles années d’image et de sensations à venir… On ne lâche rien… On avance… »

03 Avr

Festival du Cinéma Espagnol, paroles de Présidente

Une envie de soleil dans la grisaille nantaise ? Rendez-vous sous les projecteurs du Festival du Cinéma Espagnol. Jusqu’au 8 avril, c’est l’occasion de découvrir des films inédits, d’assister à des masterclass, d’échanger avec des réalisateurs … tout un programme pour cette 28ème édition qui promet aussi une belle compétition !

Après notre entretien avec Paul, membre du jury Jeune Public, rencontre avec Madame la Présidente du Jury Jules Verne, Miren Arzalluz, directrice du Palais Galliera, le musée de la mode de la ville de Paris.

Quelle cinéphile êtes-vous ?

J’imagine que je vis le cinéma comme presque tout ce qui m’intéresse : passionnément. Je consomme des films de tout genre, de toute époque et de toute origine. On pourrait dire que je suis une cinéphile éclectique et passionnée.

Quel regard portez-vous sur le cinéma espagnol ?

Le Festival de Nantes comme le Festival de San Sebastián offrent dans leurs programmations respectives une image très plurielle du cinéma produit dans l’État espagnol : tant du point de vue des genres que de celui des auteurs, des langues… C’est l’une des cinématographies les plus riches d’Europe (…)

Vous êtes originaire de Bilbao, vous devez être très attentive au cycle « la fenêtre basque » du festival, qui depuis 18 ans propose de découvrir les plus grands cinéastes basques ?

En tant que basque, je suis avec grand intérêt « La Fenêtre basque » et le parcours des films qui y sont présentés. L’an dernier, j’ai eu l’occasion d’assister au festival comme directrice de l’Institut Basque Etxepare qui, en tant qu’institution chargée de la promotion de la culture basque à l’étranger, soutient ce cycle historique. La Fenêtre basque du Festival de Nantes est le cycle de cinéma basque le plus vétéran et complet hors des frontières du Pays basque, ce n’est pas rien !

Cette section, qui fête sa majorité, a permis aux principaux cinéastes basques des dernières décennies de visiter la ville de Jules Verne et de présenter leurs travaux devant le public français. J’ai l’impression que ce travail de longue haleine a familiarisé les cinéphiles français aux filmographies de nos auteurs, a souvent favorisé leur distribution en France et leur a permis de parler de notre histoire, de notre culture et de notre langue basque ou euskara.

-Quelle présidente allez-vous être ? Est-ce une première pour vous ?

Effectivement, c’est la première fois que je suis présidente, même si j’ai déjà fait partie d’un jury récemment. Lors de la dernière édition du Festival de San Sebastián, j’étais membre du jury du Prix Irizar au meilleur film basque, une expérience vraiment extraordinaire. J’ai donc appris de l’écrivaine Itxaro Borda, présidente de notre jury, qu’il n’y a rien de plus sage que de présider avec responsabilité et beaucoup de respect envers les opinions du reste des membres. J’espère pouvoir mettre ça en pratique.

-Qu’attendez-vous d’un film ?

Qu’il m’émeuve, qu’il me provoque, qu’il me fâche, qu’il me trouble. J’attends qu’il me fasse entrer dans l’histoire qu’il veut raconter, quelle qu’elle soit.

Par votre parcours lié à l’art,  votre regard sur l’esthétisme du film va-t-il être primordial ?

Par déformation professionnelle, je ne peux pas éviter de prêter une attention toute particulière aux costumes d’un film. Mais je ne m’arrête pas seulement à la rigueur historique, dans les films d’époque par exemple, ou à leur plus ou moins grande virtuosité technique, qui est importante bien sûr.

Je suis fascinée par la capacité d’un costume à nous transmettre la personnalité, les intentions ou les frustrations d’un personnage. Quoi qu’il en soit, au-delà des aspects esthétiques, c’est l’ensemble du film qui m’attrape et auquel j’accorde de l’importance.

Votre dernier coup de cœur cinématographique ?

“Phantom Thread”, de Paul Thomas Anderson

Retrouvez dimanche 8 avril à 18h30 au Théâtre Graslin, Miren Arzalluz et tous les autres membres du jury pour la remise des prix aux lauréats.

Toutes les infos sur le festival

►Retrouvez ici l’article sur Paul, membre du Jury Jeune

26 Mar

Festival du Cinéma Espagnol, Paul endosse le rôle de membre du Jury Jeune Public

Du 28 mars au 8 avril, Nantes devient la capitale du cinéma espagnol, Olé !  

Pour cette 28e édition, le Festival du Cinéma Espagnol de Nantes propose : 70 films projetés en version originale au Katorza, des rencontres avec les réalisateurs, les acteurs, les professionnels du cinéma, des tables rondes, des expositions, des soirées thématiques.

Mais qui dit festival, dit compétition, dit jury …

Rencontre avec Paul, membre du jury Jeune Public, âgé de 24 ans, cet étudiant en deuxième année de master LLCER (aire culturelle hispanique) à l’Université de Nantes fait partie de ce jury composé de 5 cinéphiles âgés de 18 à 30 ans.

.– Quel cinéphile êtes-vous ?
Le cinéma a toujours été depuis le lycée le vecteur culturel qui m’était le plus accessible (…) J’avoue que je suis très centré « cinéma d’auteur », je suis sensible aux belles images, aux regards, à l’ambiguïté, aux sous-entendus, aux problèmes sociétaux… qu’on peut retrouver dans ce genre de film. Bien que parfois j’aime regarder un film pour me marrer tout simplement. Les deux choses ne sont d’ailleurs pas incompatibles, c’est une des raisons pour laquelle j’aime le ciné espagnol.
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Etes-vous un fidèle du festival du film espagnol ? Est-ce que c’est un cinéma qui vous touche particulièrement ?
J’ai découvert le festival de l’intérieur en étant bénévole il y a deux ans et par l’intermédiaire de Pilar Martinez-Vasseur, professeure à l’Université et co-directrice du Festival. C’est vraiment un coup de cœur, un moment hors du temps, de partage et d’échange autour de quelque chose de beau ! Bien sûr, personnellement ce cinéma me touche parce que c’est une culture et une langue qui m’intéresse beaucoup et sur laquelle je travaille. Pour moi ce que le ciné espagnol a que les autres n’ont pas (…) c’est le fait de traiter des sujets de société sérieux ou graves à travers le prisme de l’humour. C’est vraiment ça qui me plaît et je pense que cette année nous allons être servis vu le thème choisi.
(un cycle « rires et délires » est au programme)
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Comment s’est passé votre sélection pour être membre du Jury Jeune Public ?
La sélection s’est faite sous la forme d’une candidature que nous devions déposer avant le 5 mars, et dans laquelle devait figurer une lettre de motivation ainsi qu’un CV.
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En quoi cela consiste ? Vous avez eu des consignes ?
Nous devons visionner tous les films de la compétition officielle et ensuite se retrouver tous pour procéder aux délibérations. Je trouve ça bien de ne pas avoir de consignes particulières avant de voir les films, on va pouvoir se confronter au produit brut, en donner nos propres impressions et les partager avec les autres. On ne se connaît pas ou peu parmi les membres du jury, ça va être sympa d’apprendre à se connaître à travers nos impressions de cinéphiles. En plus l’accréditation va nous permettre d’aller voir autant de film que l’on veut, c’est génial pour profiter un maximum de l’événement !
Quel jury allez-vous être ? Qu’attendez-vous d’un film ?
Quand je vais au cinéma habituellement, je m’attache à ne pas attendre quelque chose en particulier du film que je vais voir, j’essaie de ne pas regarder les bandes annonces pour vraiment être dans la découverte, dans la spontanéité (…) C’est cela que j’attends en voyant un film, être surpris, touché émotionnellement. Et pour cela je vais tout faire pour me laisser porter par les histoires qui seront racontées sur la toile lors du Festival.
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Votre dernier coup de cœur au cinéma ?
C’est probablement « Call me by your name » de Luca Guadagnino pour la BO, les vacances, l’amour, les belles images, les acteurs… et côté cinéma espagnol c’était « Carmina o revienta » et « Carmina et Amen », deux films de Paco Leon (réalisateur primé au Festival l’année dernière) sur une mère courage qui tente de survivre financièrement tant bien que mal, très drôle et touchant, j’ai adoré. D’ailleurs « Carmina o revienta » est programmé cette année dans le cycle « Rires et Délires », je le recommande fortement !!
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Le prix du Jury Jeune Public, existe depuis 2003 et récompense un film parmi la sélection officielle :
El autor de Manuel Martin Cuenca
Fe de etarras de Borja Cobeaga
Incerta glòria de Agustí Villaronga
Handia de Jon Garaño et Aito Arregi
La enfermedad del domingo de Ramón Salazar
Selfie de Víctor García León
Cette sélection est soumise au jury du prix Jules Verne, il y a aussi le prix Opera Prima qui récompense une première œuvre, un prix du documentaire et un prix du court-métrage.
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Résultats pour découvrir notamment le choix de Paul et de ses camarades, dimanche 8 avril à 18h30 au Théâtre Graslin pour la remise des prix aux lauréats.

► Toutes les infos sur le festival

02 Fév

Rencontre avec Matthieu Haag, réalisateur de « L’Orphelinat »

Le réalisateur nantais, Matthieu Haag, présente en avant-première son premier long-métrage documentaire L’Orphelinat, mardi 6 février à 20h30 au Cinématographe à Nantes.

Pour sa première expérience sur un format long, Matthieu nous raconte sa rencontre avec le directeur d’un orphelinat à Hanoï et nous donne à appréhender la vie de cet homme, pour mieux nous conter une histoire universelle.

Sans titre (1)« Petit fils d’une immigrée slovaque venue en France à pied, je ne me sens nulle part chez moi. Lors d’une errance au Vietnam, je fais la rencontre d’un père adoptif en série, Monsieur Vu Tiên, qui me confie son histoire alors même que je ne parle pas sa langue. Débute alors un parcours initiatique sur ma place d’homme, et de père, fait de rencontres et de révélations.« 

 

Ce film est né d’une rencontre et la rencontre est ce qui résume le parcours atypique et surprenant de Matthieu Haag.

Je n’aimais pas aller au cinéma jusqu’à l’âge de 25 ans.

Voilà une entrée en matière pour le moins surprenante de la part d’un réalisateur. Matthieu explique : « j’avais un besoin de confrontation plus directe, de comprendre le monde« . Il devient scientifique, agrégation de physique, bac+5 en robotique, c’est ce que l’on appelle une tête… mais toujours en connexion direct avec l’humain.

C’est l’achat d’une caméra et sa curiosité pour la technique qui pousse Matthieu vers le cinéma. Il profite d’un voyage en Côte d’Ivoire pour faire l’expérience d’un film. Le virus est là. Dès lors, il devient un spectateur assidu, presque « gargantuesque », visionnant un film par jour, il a la maturité, la curiosité et se forge sa propre culture cinématographique. Le déclic a lieu devant To Be or Not to Be réalisé par Ernst Lubitsch en 1942, « on peut faire passer de telles émotions ! » Il découvre aussi les films de fiction et de documentaire d’Alain Cavalier, et croise le réalisateur angevin Pascal Bonnelle, avec qui il collabore sur certains projets.

Il maîtrise de plus en plus la narration, le montage, … et se bâtit une expérience dans le documentaire.

Le documentaire, c’est aller saisir des choses qui existent déjà.

En 2008, Matthieu décide de passer à la fiction, pour se confronter à une écriture différente et à la direction d’acteurs. Plusieurs de ses courts-métrages sont remarqués comme Etat des lieux (2012) ou Un parfum de Liban (2014) qui sera sélectionné dans de nombreux festivals et qui obtiendra 5 prix.

Son désir de cinéma est là, mais c’est une rencontre qui va amener Matthieu Haag à réaliser L’Orphelinat.

« Un ami me contact pour faire un film institutionnel sur une ONG en Asie du Sud Est. Le deal : je n’étais pas rémunéré mais je bénéficiais d’une équipe sur place et de 20 jours de tournage en plus pour faire un film » raconte Matthieu. Il écrit alors une fiction, mais sur place le projet n’aboutit pas. Et c’est une rencontre qui va tout changer, il fait la connaissance du directeur d’un orphelinat à Hanoï, se lie d’amitié avec lui et filme ce vieil homme qui lui raconte sa vie.

Matthieu rentre en France avec des rushs dont il n’a pas toute la traduction, le temps passe. « Lors d’une soirée, je fais la connaissance d’un vietnamien installé en France depuis de nombreuses années, qui me propose de traduire les propos du directeur de l’orphelinat ». A l’issu des traductions, Matthieu est décidé, il va faire un film sur Monsieur Vu Tiên et son incroyable histoire. Après un mois d’écriture, il retourne à Hanoï, compléter le tournage.

orphelinat (3)

Mais un problème se pose : produire le film. Et là encore, c’est une rencontre qui va faire aboutir ce projet. Après quelques refus, Matthieu prend contact « au culot » avec la productrice d’Alain Cavalier, qui au vu d’un premier visionnage donne son accord. « Assis au bureau de cette femme qui a côtoyé Clint Eastwood ou Orson Wells, je vis un rêve ! »

Rêve qui devient réalité : L’Orphelinat sort en avant-première à Nantes, bientôt à Paris. Matthieu Haag espère une projection à Hanoï, des sélections en festival. Mais un autre challenge s’ouvre à lui : trouver un distributeur pour donner à voir l’histoire de Monsieur Vu Tiên au plus grand nombre.

Il y a un avant et un après cette expérience.

►Rendez-vous mardi 6 février à 20h30 au cinématographe à Nantes, la projection sera suivie d’une rencontre (bien évidemment !) avec Matthieu Haag

►Au cœur du Vietnam à l’espace Cosmopolis du 1er au 18 février avec l’Association Amitié Vietnam Loire-Atlantique, Matthieu y propose une exposition Polaroïds Grand Format, des photographies de portraits qui invitent à suivre son itinéraire de tournage au Vietnam.

14 Jan

Festival Premiers Plans, zoom sur le labo d’Alger

PREMIERS PLANS

Angers déroule le tapis rouge au 7ème art jusqu’au 21 janvier avec le Festival Premiers Plans qui met en lumière le jeune cinéma européen.

Si Premiers Plans, qui fête cette année son 30ème anniversaire, a su s’imposer comme un rendez-vous incontournable du cinéma, ce que l’on sait moins, c’est qu’il œuvre à son développement grâce à des échanges et des partenariats avec des pays comme la Chine ou l’Algérie.

Depuis sa première édition en 1989, Premiers Plans se définit comme un véritable découvreur de talents, de nombreux réalisateurs qui y ont présenté leurs premières œuvres, sont maintenant des artistes confirmés à l’image d’Arnaud Desplechin, Danny Boyle ou Joachim Trier. De cette envie de se mettre au service de réalisateurs en devenir et de faire émerger de nouveaux talents, est né un partenariat avec l’Algérie, basé sur la formation aux films documentaires.

► Zoom sur le laboratoire documentaire d’Alger : avec Xavier Liébard, réalisateur de la région, à l’initiative de ce projet.

Pour Xavier, le Festival Premiers Plans est une affaire de cœur et de fidélité, il y collabore depuis de nombreuses années. Durant 6 ans, il s’est occupé du laboratoire documentaire dans le cadre des Ateliers d’Angers, qui a permis à une centaine d’amateurs passionnés et professionnels de se former à ce genre cinématographique, et de réaliser 30 courts-métrages documentaires.

cette expérience, s’était permettre aux gens d’aimer le cinéma, mais aussi de le pratiquer

Suite à ce succès, Xavier Massé, l’administrateur du festival et Pénélope Lamoureux chargée de mission culturelle à l’ambassade de France à Alger, ont proposé à Xavier d’exporter l’idée du laboratoire en l’adaptant aux besoins professionnels algériens.

Ainsi en 2014, l’aventure « Laboratoire documentaire d’Alger » est mise en place avec pour enjeu de former des professionnels algériens à tous les postes de construction d’un documentaire (réalisation, cadre, son, montage), avec une entrée spécifique sur le son dirigée par l’ingénieur du son, Arnaud Marten. Karim Moussaoui programmateur à l’institut français d’Alger et réalisateur reconnu (« En attendant les hirondelles » sélectionné en 2017 à un certain regard à Cannes), en coordonne la partie algérienne.

Cette formation pratique sur la réalisation documentaire, la seule existante en Algérie regroupant la totalité du processus de création de ce genre cinématographique, est désormais bien identifiée et reconnue. Les partenariats s’étoffent, notamment avec Dzair Tv pour l’Algérie et les ateliers Varans pour la France qui octroient des bourses aux réalisateurs algériens. Un vrai tissu de professionnels commence à apparaître autour de ces ateliers, offrant à la jeune génération une occasion de porter un regard neuf sur la société algérienne.

labo alger

Depuis sa création, une quarantaine de professionnels algériens a ainsi été accompagnée dans l’écriture et la réalisation, 12 films documentaires ont été produits, 12 petites formes sonores montées et mixées. Preuve du succès de cette formation : ces films ont obtenu une soixantaine de sélections dans des festivals à travers le monde et reçus 10 prix internationaux.

Projections, formations, réalisateurs invités à Angers puis à Alger, cartes blanches : c’est un véritable partenariat sur le long terme qui est monté dans le cadre de ce laboratoire entre l’Institut Français d’Alger et le festival Premiers Plans. Et cette année encore, cette collaboration permet à 12 professionnels algériens de présenter leur réalisation lors du festival.

Pour cette nouvelle édition, ils ont relevé un pari fou et audacieux : tourner 3 films documentaires en 20 jours sur le thème de « l’ombre et la lumière », avec un nouvel exercice : présenter une série de photos pour illustrer son thème. Pour ce contre-la-montre qui oblige à la coordination et l’efficacité, ils ont été accompagnés pédagogiquement par Xavier Liébard (réalisation), Yacine Bouaziz (montage) et Arnaud Marten (son).

Retrouvez ces 3 films : « Birds » de Louisa Beskri, « Nice, very nice » de Zidani El Kheyer et « Dr Fatma » de Narcisse Youmbi, au Festival Premiers Plans, lors de 2 soirées exceptionnelles : 

  • mercredi 17 janvier à 19h45 au cinéma Les 400 Coups  – projection suivie d’une rencontre avec Xavier Liébard, Louisa Beskri, Zidani El Kheyer (réalisateurs) et Abdenour Hochiche (Institut français d’Alger)
  • vendredi 19 janvier à 19h45 au cinéma Les 400 coups.