07 Juin

Sophie Montel entendue par la police dans l’affaire des assistants d’eurodéputés FN

Sophie Montel sur le plateau de France 3 Franche-Comté (©f3fc)

L’eurodéputée comtoise Sophie Montel, qui a quitté l’an dernier le FN (devenu RN) pour rejoindre les Patriotes, a confirmé jeudi à l’AFP avoir été entendue mercredi par la police dans le cadre de l’enquête sur les assistants présumés fictifs d’eurodéputés RN. Son audition « libre » s’est déroulée pendant quatre heures à l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (Oclciff) à Nanterre, a précisé la conseillère régionale de Bourgogne-Franche-Comté à l’AFP, confirmant une information du quotidien L’Opinion.

Sophie Montel a notamment raconté aux policiers anticorruption que Charles Van Houtte, décrit comme le personnage central de l’organisation du RN au Parlement européen et le gestionnaire des contrats des assistants, lui avait demandé en septembre 2014 de prendre comme assistante Huguette Fatna, aujourd’hui membre du Bureau national du RN, ce qu’elle avait refusé.

« Ostracisée et mise de côté »

Après cette demande, Sophie Montel, affirme avoir été « ostracisée et mise de côté ». « Cela ne s’explique pas uniquement par ma proximité avec Florian Philippot (ancien bras droit de Marine Le Pen, parti du FN en septembre, NDLR). Il y a eu une pression qui s’est mise en place ».

La députée européenne et conseillère régionale BFC a également dit aux enquêteurs avoir eu « beaucoup de problèmes » avec l’expert-comptable proche du RN Nicolas Crochet, et avoir choisi en mai 2016 d’en changer, Marine Le Pen la traitant alors « d’ingrate, (lui) disant ‘avec tout ce que Nicolas a fait pour le FN !' ».

« Je n’ai rien à voir avec tout cela »

Parmi une trentaine de noms présentée à l’eurodéputée par les policiers, Sophie Montel a « confirmé » que « pour une bonne dizaine », il lui « paraissait tout à fait plausible » qu’ils soient réellement affectés à des tâches parlementaires.

L’eurodéputée a indiqué pour son cas personnel qu’elle n’avait « rien à voir avec tout cela » et fait valoir que « le droit du travail n’interdisait pas d’être par ailleurs militant mais qu’il fallait veiller à la réalité du travail effectué » pour les missions parlementaires.

Son assistant de l’époque, Kevin Pfeffer, resté au RN, « ne s’inscrivait pas dans l’irrégularité », selon elle.

Le Parlement européen réclame 7 millions d’euros

Depuis fin 2016, les juges Claire Thépaut et Renaud Van Ruymbeke enquêtent sur un possible « système » organisé par le parti et Marine Le Pen pour faire rémunérer des permanents avec les fonds européens réservés à l’embauche d’assistants parlementaires.

Le préjudice estimé par le Parlement européen entre 2009 et 2017 est de 7 millions d’euros. Le Front national et huit assistants et eurodéputés, dont Marine Le Pen et son compagnon Louis Aliot, ont été mis en examen.

Sophie Montel avait été à l’origine d’un signalement dénonçant des emplois fictifs présumés parmi les assistants d’eurodéputés d’autres partisqui avait débouché le 22 mars 2017 sur l’ouverture d’une procédure distincte. (AFP)

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