12 Avr

Un guide pratique pour « Créer votre carré médicinal »

Parution au mois de mars de « Je crée mon carré médicinal ». L’autrice, Christine Cieur, docteur en pharmacie, auteur de nombreux ouvrages, tient également L’atelier des Simples à Châteauneuf-sur-Loire.

Caractéristiques techniques :
Edition Terre Vivante
Collection : Facile et bio
Format : 21 x 21 cm
120 pages

 

 

Un souvenir en guise de savoir…

Voilà un livre pour lequel je ne saurais tenir une analyse de bon aloi… Un jardin, c’est celui de mes parents, un pauvre jardin bâti sur un terrain crayeux où, tous les printemps, je consacrais des heures à dénouer les nœuds et racines d’un liseron qui renaissait tous les ans… J’ignore si le liseron a des vertus médicinales, il envahissait les framboisiers, les cassis, et ses fleurs ont des corolles blanches d’une grande élégance.

Les éditions Terre Vivante sont spécialisées dans l’écologie pratique : jardiner et défendre les vertus écologiques de la biodiversité ainsi que l’art des plantes. Elles ont été créées en 1979, ancienneté qui leur donne une patine et un sérieux indubitable, sachant qu’en la matière science & bon sens sont vertus cardinales.

L’auteur, Christine Cieur, docteur en pharmacie, anime des ateliers sur les simples et tient un commerce à Châteauneuf-sur-Loire, l’Atelier des Simples. Elle est l’auteur de nombreux livres sur le sujet :
. La Pharmacie familiale au naturel
. Le guide de la Santé au naturel

« Je crée mon carré médicinal » est divisé en trois parties : la première explique de manière synthétique comment aménager un carré d’herbes médicinales, de sa conception à sa plantation, le stockage et le séchage des simples. La seconde est un petit traité concernant 20 plantes cultivables, aux propriétés connues : chaque plante est décrite en détail, ses caractéristiques, les sols où la cultiver, les méthodes, joliment illustrées. Enfin, des annexes donnent des calendriers pour les cultures, un glossaire et de bonnes adresses.

Le confinement est pour chacun d’entre nous l’art de transformer ce temps libre en

Quelque chose de joli
Quelque chose de simple
Quelque chose de beau
Quelque chose d’utile
comme disait Jacques Prévert 

Si certains se plongent dans les livres, d’autres font résonner leur guitare, j’en connais qui arpentent un piano trop silencieux, et enfin, un carré médicinal demande un minimum d’effort, un jardin de moins d’un mètre carré, ce qui est imaginable et la patience de faire pousser des simples, tel un moine ou une nonne au Moyen-Âge, quittant l’enceintre du cloître pour transformer le jardin intérieur en multiples carrés de simples, cultiver des remèdes pour soigner… et du soin, en ce moment…

Bernard Henninger

06 Mar

Compte-rendu du passage de Serge Lehman à la médiathèque de St-Jean de la Ruelle

Une vingtaine de spectateurs étaient présents pour l’interview de Serge Lehman à la Médiathèque de Saint-Jean de la Ruelle. Le feu des questions a permis de survoler l’œuvre et à Serge Lehman d’exposer sa vision d’historien des littératures de l’imaginaire.

Passionnant exposé où Serge Lehman  développe sa vision d’historien, avec la science-fiction des origines, en France et son foisonnement, avant 1914 avec Jules VerneJ.H. Rosny aînéH.G. Wells, André Laurie, Jean de la Hire, Maurice Renard, mouvement appelé le Merveilleux-scientifique (avec un tiret, comme dans Science-Fiction).

Le paradoxe vient de ce que, à part une poignée de passionnés, cette littérature est aujourd’hui dans l’ombre, mal connue et même parfois violemment critiquée. D’où viennent les ruptures qui ont conduit à son rejet ? Tout d’abord, l’image de la science, tout empreinte de merveilleux  avant 1914, où le radium était une matière magique, Marie Curie une héroïne totalement dévouée à la science, désintéressée (jamais elle ne voulut « vendre » un brevet) et qui passe son permis en pleine guerre pour aller sur le théâtre des opérations réaliser des radios des blessés se renverse : les états-majors allemand et français prétendent mener une guerre scientifique (autant le souligner en rouge). L’expression : frappe chirurgicale fut inventée en 1914 avec les conséquences que l’on peut imaginer. Après 1918, la science incarne  l’horreur des tranchées. La guerre dite scientifique est un vocable qui, associé à un million de morts, conduisit au rejet du Merveilleux-scientifique du champ littéraire. Dans la foulée, toute la science-fiction naissante fut remisée dans les littératures populaires, d’une part, et dans les livres pour enfants d’autre part. Et toute science évacue le champ littéraire (à part un archétype, le savant fou, bien entendu).

Dans les années 1920, alors que la Science-Fiction connaît en Amérique un  essor sans précédent (le nom Science-Fiction est créé en 1926 par Hugo Gernsback, directeur de revue), la science-fiction française régresse. Là où les américains développent des super-héros, les précurseurs qui furent inventés par des français, dont le plus emblématique fut sans doute le nyctalope créé par Jean de la Hire, déclinent et tombent dans l’oubli. Autre super héros, le passe-muraille, inventé par Marcel Aymé, n’est le héros que d’une unique nouvelle et le récit, évitant le merveilleux et sa fascination, vire au comique. Pour conclure avec Jean de la Hire, antisémite, il s’empara pendant la guerre de la maison de ses propres éditeurs Ferenczi… La faillite française de la première Science-fiction française fut aussi incarnée par ces auteurs dévoyés, Jean de La Hire, René Bonnefoy, collaborationnistes et antisémites et la science-fiction qu’ils avaient incarnée, sombra avec la découverte des camps de concentration en 1945.

Bien  sûr, il ne s’agissait pas seulement d’une conférence d’histoire et le récit de Serge Lehman est lié à sa propre histoire d’auteur, les années 90 et l’arrivée d’une nouvelle génération. Il a évoqué ses tentatives pour  construire un mouvement qui retrouve sa mémoire, en particulier avec l’univers des super-héros français : le passe-muraille, le nyctalope…  en témoigne la saga des Brigades Chimériquesvaste cycle de bandes dessinées dont il est le scénariste.

Le vœu de Serge Lehman de reconnecter les littératures imaginaires d’aujourd’hui avec leurs racines fécondes accompagne donc le renouveau du genre. Depuis trente ans, des auteurs se sont emparés de cette littérature, en repartant de zéro ou presque : nouveaux éditeurs (L’Atalante, Critic, Au Diable Vauvert, Les moutons électriques), nouveaux illustrateurs (Caza…), nouvelles générations d’auteurs (Roland C Wagner, Ayerdahl, Sylvie Denis, Sylvie Lainé, Jean-Claude Dunyach, Laurent Genefort (que ceux que j’oublie veuille bien me pardonner)), nouvelles exigences pour que la science-fiction gagne en réalisme et en réflexion…

À la fin, Serge Lehman a répondu aux questions et il s’est très gentiment plié au jeu de la photo. Qu’il en soit remercié !

Bernard Henninger