14 Mai

Paris prend l’Accent du Sud

Ces derniers temps, la salle de spectacle La Belleviloise (Paris XXème) recevait des politiques : ceux qui marchent, les insoumis et ceux qui se ramassent… du PS aux Républicains. Vendredi prochain, la tonalité sera différente avec l’événement organisé par Accents du Sud les 19 et 20 mai. Le Béarn sous toutes les coutures et les cultures, 2 jours pour promouvoir le territoire, augmenter la notoriété du Béarn et du festival occitan Hestiv’òc. Avec de la culture, de la gastronomie, du tourisme et de l’économie.

 

Didier a toujours la foi

En 2005, Didier Fois a monté le festival Hestiv’òc à Pau, un événement festif pour promouvoir une culture occitane ouverte sur d’autres. Après plusieurs étés réussis, le temps est venu d’un Hestiv’òc de Nèu en 2017 sur les communes de Gourette et Eaux-Bonnes. Avec toujours le même esprit, mais aussi les mêmes difficultés en termes de financement. 2016 devait être l’année Hestiv’òc… à Paris. Mais c’était sans compter sur les attentats. 2017 est donc la première édition de cette manifestation pluri-disciplinaire. Un budget de 135 000 € et à peine 35 000 € de subvention.

Didier Fois à l'Ostau Bearnes Photo : France 3

Didier Fois à l’Ostau Bearnes Photo : France 3

« Comme toute première fois, nombreux sont les hésitants, nombreux sont ceux qui n’y croient pas, nombreux sont ceux qui disent oui avant de vous lâcher… »

Le vice -président du Comité Départemental du Tourisme des Pyrénées Atlantiques semblent connaître la musique. Jacuqes Pédehontaà mesure bien les difficultés qu’a pu surmonter Didier Fois pour en arriver là. Ils sont quand même 55 partenaires de l’économie, de la culture, de la gastronomie, du tourisme à répondre présent. Mais il a fallu que Didier mouille le camisòt, essuyer des revers, balayer des critiques. Tout en continuant de travailler sur l’Hestiv’òc de cet été, de chanter avec son groupe Arraya encore la semaine dernière, à Alger…


Accents du Sud Paris par B. Roux O. Denoun M. Blasco AL. Ruppert M. Lehoux MP. Fournié

Ce n’est pas le premier coup du Domaine Cinquau

Le Domaine Cinquau, des viticulteurs à Artiguelouve (64) depuis 1617 ! Son propriétaire Pierre Saubot est un grand industriel français qui a lancé plusieurs entreprises et développé le domaine viticole. Pendant 30 ans, il a aussi présidé « La Garbure » l‘atypique association des Béarnais de Paris, forte de 350 noms mais pas des adhérents. Car l’association est informelle. Mais elle fait ses réunions au Palais du Luxembourg (Sénat) ! Autant dire qu’il connaît tout aussi bien Paris que son Béarn natal.

Pierre Saubot et un jurançon floqué par le drapeau béarnais. Photo : France 3

Pierre Saubot et un jurançon floqué par le drapeau béarnais. Photo : France 3

Alors quand Didier Fois est venu le voir pour lancer Hestiv’òc en 2005, la réponse a été plus que positive. Et c’est tout naturellement qu‘il a fait jouer ses réseaux, ses carnets d’adresses pour monter l’opération Hestiv’òc à Paris. L’homme est affable, il parle volontiers de ces fleurons de l’industrie béarnaise qu’il connaît bien, de ces précurseurs qui ont oeuvré pour la renommée du Béarn : les semences hybrides, le gaz, les trains d’atterissage, les turbines d’hélicoptères et bien sûr, le vin. 1 000 bouteilles de Jurançon sont d’ailleurs déjà parties à Paris pour la manifestation. Pour lui, le Béarn  dispose aujourd’hui encore de nombreux atouts relativements méconnus. Qui sait par exemple que l’Université Pau Pays de l’Adour vient d’obtenir le label d’exellence pour 4 ans avec un joli chèque à la clé ?

L’UPPA est partenaire de cette opération à Paris et comme d’autres structures, va rechercher une notoriété plus grande à Paris.

La quadruplette de Belleville

On connaissait la triplette, Accents du Sud se met en 4 pour 2 jours :

  1. il y aura donc de l’économie avec les différents partenaires et des ateliers tenus par les exposants producteurs. Pierre Saubot et son fils Alexandre feront une conférence sur « La culture dans l’entreprise ».
  2. Le tourisme évidemment, mené par le Comité Départemental du Tourisme et les Offices de tourismes du Béarn. Un « workshop presse tourisme » se tiendra vendredi, jouréne dédidée à la presse et aux professionnels. 
  3. Autre  élément, la gastronomie. le grand chef Yves Camdeborde. lors d’une interview à la République des Pyrénées, il déclarait : « On revient toujours à ses origines. Je cuisine l’agneau des Pyrénées, le foie gras du Gers, la charcuterie de mon frère Philippe qui a repris le magasin familial, les cailles d’Arzacq, la poularde du pays, les asperges vertes de Garlin, les haricots-maïs et le piment de papa ».  Sans oublier le jurançon, son « vin de bataille ». Une « passejada Gormanda » se fera vendredi à bord d’un « Party Bus » sillonant Paris pour aller à sa rencontre et celle d’une autre figure : Julien Duboué qui a baptise son restaurant « A Noste ». David Ducassou, élève de Camdeborde, cuisinier au « Cap e tot » de Morlanne mettra aussi la main à la pâte avec un déjeuner le samedi midi sur réservation.
  4. Enfin la langue et la culture d’oc, évidemment. La lenga sera aquí pendent tot l’eveniment, s’ausirà, se veirà, se cantarà ! Plusieurs ateliers linguistiques sont prévus avec Pierre Salles de France Bleue Pau Béarn. Il parlera des noms de famille, noms de métiers, des noms propres du Sud-Ouest. L’Ostau bearnes et l’In’òc seront de la partie pour plusieurs animations. Le D’Òc show mené par Silvan Carrère pour Oc-Télé sera en direct de 15H30 à 17H.

Côté musique, Los Seuvetons avec plus de 180 chanteurs, danseurs et musiciens animeront le samedi à partir de 14H, Lous Arricouquets plus tard dans l’après-midi et pour clôturer le tout -Béarn oblige- la Cantèra participative de 18 à 19H et le concert bal d’André Minvielle avec son Ti’Bal Tribal puis Du Bartàs pour enflammer la Bellevilloise.

Photo : site La Bellevilloise

Photo : site La Bellevilloise

Comme un clin d’oeil, car cette salle est devenue « une forteresse culturelle » après la commune de Paris, première coopérative parisienne, chantre aussi des réunions associatives et politiques… Autant d’ingrédients pour réussir cette première d’Hestiv’òc à Paris et en appeler d’autres.

Lo Benaset @Benoit1Roux

http://www.hestivoc.com/

http://www.labellevilloise.com/evenement/accents-du-sud-a-paris/

12 Mai

BIAIS n°25 : Amb la Renée lo long de Bargalona

Viure al País – BIAIS : Amb la Renée lo long de Bargalona
Coproduction Piget / France Télévisions


Et voici un nouvel épisode de notre série BiAIS, tourné dans la région de Valence d’Agen en Tarn-et-Garonne.

Renée @ FOTO PIGET

Renée @ FOTO PIGET

Renée Bagelet dite La Bajeleta est de retour dans ce nouvel épisode de BIAIS.
Vous l’aviez découverte dans un précédent épisode au mois mars, où avec sa rispa (pèle à feu en occitan), elle nous montrait une façon originale de réaliser du « pop-corn ». Elle faisait chauffer la rispa dans la braise, puis y déposait les grains de maïs pour obtenir « las domaiselas ».
Cette « star » de 86 ans passés qui a fait l’objet de plusieurs films et livres, dont un paru en décembre 2016 « Renée Bagelet, paysanne du Quercy, dernière bouvière de France » par Jacques Laporte, Amic Bedel de Piget Prod l’avait déjà filmé en 2004 dans un film en occitan appelé « Las 4 sasons de la Renada ».

Pour en savoir plus et revoir notre Biais du mois de mars, reportez-vous à notre page : Amb Hélène e la Bajeleta en Tarn e Garona.

Vous l’avez compris, Renée, ce personnage unique, avec son caractère explosif et son dynamisme, méritait bien une nouvelle rencontre. Aussi, nous la retrouvons dans sa petite ferme du bord de Barguelonne. De nouveau au coin du feu, elle nous fait découvrir sa façon de faire la soupe avec un produit de saison : les fèves (la favas, en occitan).

Dans cet épisode de Biais elle nous raconte aussi une histoire entre la cigale et le coucou, basée sur un mimologisme, une imitation du chant répétitif de cet insecte… Et pour une fois, la cigale n’est pas montrée comme paresseuse !

Amb la Renée lo long de Bargalona à voir ci-dessous :

 

@ la Vicenta

 

11 Mai

BIAIS n°24 : Amb lo Francis al nòrd de Tolosa

Viure al País – BIAIS : Amb lo Francis al nòrd de Tolosa
Coproduction Piget / France Télévisions

 

Et voici un nouvel épisode de notre série BiAIS, tourné dans un quartier nord de Toulouse avec Francis.
Il nous montre sa technique pour planter les oignons.

planter les oignons @Piget

Francis habite à peine à 100 mètres de la rocade nord toulousaine, sur la route de Launaguet.
Ici, il y a 50 ans, tout le long de cette route, il n’y avait que des parcelles de terre liées à de petites exploitations. Les maraîchers étaient installés là, car cette terre de la plaine de Garonne était très bonne pour la culture des légumes.

 

Route de Launaguet à Toulouse en 1950 (remonter le temps avec IGN : ICI)

Aujourd’hui, il y a des maisons partout, mais Francis a gardé un beau jardin autour de la sienne et il continue de planter …

 

Son BIAIS : utiliser une assiette en bois, « une asagadora », pour arroser ses cultures.

comment arroser @ Piget

 

@ La Vicenta

09 Mai

Et maintenant, les législatives !

Pas vraiment le temps de souffler, le président à peine élu, place désormais aux législatives. Un moment très important pour les défenseurs des langues régionales toujours en attente d’un statut pour leurs langues, l’espoir émoussé par plusieurs textes de loi (dont le dernier de Annie le Houérou) restés sur les quais de l’Assemblée en regardant plusieurs trains passer. C’est donc le moment d’interpeller les candidats à la députation. Plusieurs organismes et associations occitans vont le faire dans les prochains jours. Quant aux candidats estampillés « occitanistes » et portés par un parti occitan, ils seront plutôt rares.

Photo MaxPPP

Photo MaxPPP

Interpeller les candidats

Dès la semaine prochaine, plusieurs réunions publiques seront organisées.

  1. País Nòstre a prévu 4 réunions publiques. La première se tiendra à Narbonne le lundi 15 mai à 18H30 à l’Ostal Occitan. Le principe est le suivant : présentation des candidats par le mouvement, 5 minutes pour s’exprimer puis réponses aux questions. Tout ceci en public et avec tous les candidats invités, y compris ceux du FN. La même chose aura lieu à Carcassonne le jeudi 18 mai à la brasserie « La Comédie », à Montpellier au Gazette Café le 30 mai et enfin à Béziers à la « Colonie espagnole » le 31 mai.
  2. Convergéncia Occitana qui regroupe 92 associations du pays toulousain organise aussi une rencontre publique le mercredi 17 mai, salle du Sénéchal à Toulouse. Un questionnaire a été discuté ce mardi pour amener les candidats à s’engager sur la langue et culture occitanes. Notamment sur le soutien à une loi donnant un statut à ces langues régionales, une révision constitutionnelle pour modifier l’article 2, et savoir si le (la) député (e) serait prêt (e) à consacrer une partie de sa réserve parlementaire (somme d’argent allouée à chaque député) pour aider les associations occitanes. Les candidats devront aussi se positionner sur des questions plus larges comme la nécessité d’une LGV pour rallier Paris.
  3. 2017oc, le site continue. Plusieurs associations et organismes occitans avaient interpellé les candidats à la présidentielle. Dès la semaine prochaine, vous pourrez consulter les réponses des députés dans les différentes circonscriptions sur un questionnaire quasi identique à celui de la présidentielle.

Y aura t-il des candidats occitanistes portés par un parti ?

Le Partit Occitan devrait annoncer prochainement 5 ou 6 candidatures avec l’étiquette PÒc ou RPS. On sait simplement que Gisèle Berlic sera  la candidate du Partit Occitan pour la 2ème circonscription du Tarn, David Grosclaude dans les Pyrénées Atlantiques… Bastir, le mouvement politique occitan né lors des municipales de 2014 ne proposera pas une nouvelle plateforme pour ces élections. Bastir Occitanie s’est rangé derrière Emmanuel Macron lors des présidentielles.

Le Parti de la Nation Occitane pourrait quant à lui présenter quelques candidats dans le Gers, en Tarn-et-Garonne et en Haute-Garonne. Pas de quoi revigorer l’occitanisme politique. Une ligne qui va plus vers des candidats des partis « classiques » à qui l’on demande de porter et défendre un programme  pour l’occitan plutôt que des candidats issus de ses mouvements.

Lo Benaset @Benoit1Roux

05 Mai

Emmanuel Macron répond aux occitans sur la question des langues régionales

Plusieurs fédérations et organismes œuvrant pour la langue et culture occitanes ont établi un questionnaire et un site internet pour interroger les candidats à la présidentielle. Les 2 finalistes n’avaient jusqu’alors pas répondu. Le candidat d’En Marche vient de le faire officiellement.

Sur le site 2017oc (https://www.2017oc.fr/) ont peut donc lire la réponse d’Emmanuel Macron. Une réponse assez proche de celle qu’il avait fournie au « Réseau Européen pour l’Egalité des langues » ELEN-EBLUL. Une réponse qui commence par un cadre général. 

Emmanuel Macron sur les terres de Jean Jaurès

Emmanuel Macron sur les terres de Jean Jaurès

Un point de vue général

Comme il a déjà été dit au « Réseau Européen pour l’Egalité des langues », nous vous confirmons que Emmanuel Macron considère la reconnaissance des langues de France, langues régionales, comme l’un des vecteurs de l’unité de la nation. Le patrimoine culturel et linguistique de nos territoires enrichit notre pays. C’est pourquoi il a porté une attention particulière à votre requête et tient à y répondre favorablement. Une reconnaissance juridique et un statut sont indispensables. Ils passent par une loi adaptée au contexte français. En outre, les moyens de l’expression des langues régionales seront accrus. Ainsi, le candidat d’En Marche !, facilitera, dès l’école, l’apprentissage des langues et cultures régionales, dont l’intérêt éducatif, linguistique et culturel est reconnu. Les langues et cultures régionales sont des éléments du patrimoine national reconnu par la Constitution de notre République (article 75-1). Elles font donc partie de la culture qui est une. Elles seront associées au rayonnement de la France et du français qu’Emmanuel Macron souhaite relancer par la création d’un Centre de la Francophonie. Le respect et la valorisation de sa propre diversité linguistique permettront à la France au plan international de mieux faire respecter celle du monde et ainsi contribueront à son retentissement international. À ce sujet, nous vous invitons à consulter les détails du programme à l’adresse en-marche.fr. Emmanuel Macron compte sur votre mobilisation pour participer à ce projet dès le début du prochain quinquennat.

Un élément très important : « Une reconnaissance juridique et un statut sont indispensables. Ils passent par une loi adaptée au contexte français. » L’engagement est assez clair. Reste à savoir s’il sera bien mis en place.

Un peu plus vague : « En outre, les moyens de l’expression des langues régionales seront accrus. » Pas d’engagement précis de ce côté là. Quant à la « Création d’un Centre de la Francophonie »… Pas sûr que cette nouvelle structure solutionne grand chose.


Reportage diffusé le samedi 29 avril sur l’occitan dans la présidentielle.

B. Roux J. Levé E. Auriaux A. Amsili F. Ratel M.P. Fournier


L’occitan dans la présidentielle par france3midipyrenees

Les réponses aux questions

Le candidat se dit favorable à la mise en place d’une politique linguistique pour l’occitan. Concernant sa volonté de faire voter une loi : « Oui, une loi, compatible avec la Constitution de la France et l’unité du peuple français qui donne un véritable statut est une exigence démocratique et une mesure indispensable ». Et la modification de l’article 2 qui dit que « le français est la langue de la République » : « Avec une loi qui assure une véritable reconnaissance et un statut aux langues régionales il n’est probablement pas nécessaire de faire une modification constitutionnelle dont on sait qu’elle serait très difficile à faire accepter. C’est un point à étudier. »

Sans titre

Par rapport à la convention signée par la Ministre Najat Vallaud-Belkacem avec les régions Occitanie et Nouvelle Aquitaine, Emmanuel Macron se dit favorable à des objectifs chiffrés, par académie pour les 3 enseignements (optionnel, classes bilingues et calandretas), sous réserve des contraintes budgétaires. Là où les enseignements ont été supprimés, il souhaite les remettre en place : « Oui, car ces possibilités supprimées, de façon injustifiée et unilatérale, ont provoqué des régressions contraires à une politique de développement. » Favorable aussi à l’extension de cette convention dans les académies concernées qui ne sont pas signataires et ignorent ce cadre réglementaire.


Emmanuel Macron répond aussi de manière positive à la présence de l’occitan à l’université, des moyens accrus pour l’Office Public pour la Langue Occitane, mais aussi pour les langues régionales dans les services de l’Etat (DRAC, DGLF-LF) : « Oui, et les langues régionales, langues de France, langues de la République, auront leur place dans le Centre de la Francophonie que Emmanuel Macron envisage de créer. « 

Il veut aussi un schéma directeur de développement pour soutenir le patrimoine et la création occitane et pérenniser le CIRDOC.

Des réponses pas inintéressantes, obtenues après une mobilisation ininterrompue de certains acteurs et organismes à l’initiative du site 2017oc pour que le favori de cette présidentielle réponde avant le second tour.

Pour avoir rencontré et discuté avec plusieurs représentants des différents mouvements En Marche de la région Occitanie, l’accueil est plutôt favorable et les échanges constructifs. Mais tout reste à faire. Vous pouvez consulter la réponse intégrale d’Emmanuel Macron sur le site https://www.2017oc.fr/communiques/Reponse_EnMarche_2017oc.pdf 

Lo Benaset @Benoit1Roux

 

04 Mai

Des artistes occitans à New-York

C’est devenu un classique, un passage presque obligé et plus vraiment « exotique », beaucoup d’artistes occitans se produisent aux USA et notamment à New-York. Dernier exemple, le duo Alidé Sans-Paulin Courtial, symbole d’une musique occitane en plein renouveau, en concert pour la Sant-Jordi catalane à New-York.

Alidé Sans Photo : Julien Bresson

Alidé Sans Photo : Julien Bresson

Un parelh occitan a Nova-York

Le 22 avril dernier, la chanteuse aranaise Alidé Sans et le musicien aveyronnais Paulin Courtial ont donné un concert dans un bar new-yorkais, le Red Room KGB bar.

Alidé Sans Photo : Julien Bresson

Alidé Sans au Red Room KGB bar Photo : Julien Bresson

Un public d’une cinquantaine de personne, des New-Yorkais curieux, des Catalans venus la veille de Sant-Jordi pour fêter la culture et les livres. Un public plutôt surpris, curieux de culture occitane et qui n’a pas hésité à poser des questions aux artistes.

Alidé Sans Paulin Courtial Photo : Julien Bresson

Alidé Sans Paulin Courtial
Photo : Julien Bresson

Cette manifestation plus large s’est tenue du 17 au 23 avril, organisée par Farragut Fund (un organisme qui recueille des fonds auprès des donateurs américains et catalans pour les donner aux artistes américains et catalans) et le Catalan Institute of America (qui crée des liens et des soutiens entre les 2 cultures). Elle est également soutenue par Diplocat (Conseil de Diplomatie Publique de Catalogne) et l’Institut Ramon Llull.

 

Avant le concert, l’artiste gasconne Nicole Peyrafitte qui vit aux USA avait présenté la culture occitane et les artistes. Une première américaine pour Alidé Sans et Paulin Courtial en pleine préparation de leur album. Il devrait s’enregistrer à l’automne 2017 pour une sortie prévue début 2018.

D’autres artistas occitans a las Americas

Avant Alidé et Paulin, d’autres artistes occitans ont connu les mêmes honneurs. Lo Còr de La Plana a même joué au prestigieux Carnegie Hall en 2012.

Photo : site Carnegie Hall

Photo : site Carnegie Hall

Joan-Francés Tisner a produit le spectacle « Ny’Òc Trobadors » en 2013 avec Jakes AymoninoDomenja Lekuona, Nicolle Peyrafitte et Pierre Joris au Poets House.

Joan Françés Tisner, Jakes Aymonino et Nicole Peyraffite en répétition pour la création « Ny’oc » © Domenja Lekuona

Joan Françés Tisner, Jakes Aymonino et Nicole Peyraffite en répétition pour la création « Ny’oc » © Domenja Lekuona

Les Bigourdans d’Eths Bandolets eux aussi sont allés chanter à New-York mais aussi Chicago…

Photo site www.pyrenees-pireneus.com

Photo site www.pyrenees-pireneus.com

Enfin la Rosa Trobadoresca qui vient de sortir un nouvel album s’est produit en Caroline du Nord en avril 2015.

La Ròsa Trobadorescaaficha de la virada a las Americas © Hervé Julien

La Ròsa Trobadorescaaficha de la virada a las Americas © Hervé Julien

Lo Benaset @Benoit1Roux

 

 

02 Mai

La Setmana cambia de cap redactor

Lo 1èr de junh, Clamenç Pech serà pas mai lo cap-redactor del jornal la Setmana. Va començar un trabalh novèl per l’associacion Òc-Bi. Remplacèt Dàvid Grosclaude al cap del jornal quand foguèt elegit conselhèr regional. Serà pas lo sol cambiament al jornal que va tanben mudar.

Clamenç Pech va trabalhar per Òc-Bi

A comptar del mes de junh Clamenç serà donc encargat de mission per l’associacion Òc-Bi per l’academia d’Occitània. Serà pas complètament copat del jornalisme estant que i aurà quauquas enquistas a far sul terren, encontrar monde… Fa longtemps que trabalhava pel jornal, coma simple jornalista puèi coma cap-redactor en 2010 per remplaçar David Grosclaude elegit coma conselhièr regional. Pas de lassièra de son costat mas una enveja personala de s’investir dins la transmission, dins l’ensenhament… Una seguida logica per el.

Clamenç Pech Photo : Jack levé

Clamenç Pech Photo : Jack levé

Començèt lo mestièr a la ràdio per Ràdio Lengadòc. Faguèt tanben de musica coma selecta tre 1998 ambe Mauresca que n’es un dels fondadors. Daissèt lo grop en 2003 per se consacrar al jornalisme. Quita la ràdio mas vòl ensajar de contunhar son trabalh a Oc-télé.

D’autres cambiaments a La Setmana

De primièr, lo jornal ven de mudar. Son pas mai a Lescar mas si ben tant a Pau, 166 baloard de la Patz. Va caler sustot remplaçar Clamenç e trobar l’equilibri financièr. Es Fanny Lartigot que pren la direccion del jornal.

L'ancian e la novèla cap redactritz de La Setmana. Photo : Jack Levé

L’ancian e la novèla cap redactritz de La Setmana. Photo : Jack Levé

Li trabalha dempuèi d’annadas. Son en cèrca d’un jornalista de dialècte lengadocian, mas tanben de cronicaires. Se sètz interessats, podètz escriure a : lasetmana@wanadoo.fr

Ambe la FIMÒC son tanben a estudiar de partenariats. Se parla d’un raprochament amb Lo Jornalet de Ferriol Macip… Va caler far viure La Setmana, lo sol setmanièr occitan.

http://lasetmana.fr/

Lo Benaset @Benoit1Roux

01 Mai

Massilia Sound System, le film

Lui c’est Christian, Christian Philibert. Pas Nicolas. Nicolas Philibert c’est l’autre, celui de « Etre et Avoir ». Un cinéaste, dont l’oeuvre oscille toujours entre documentaire et fiction. Avec « Massilia Sound System, le film », pas de doute, pas de mise en scène mais un documentaire à l’occasion de la tournée des 30 ans du groupe. Ce n’est pas un film sur les 30 ans de Massilia, qui raconterait son histoire, ses évolutions, mais plutôt un documentaire réalisé lors de la tournée des 30 ans depuis la sortie de leur dernier album qui est certainement l’un des meilleurs. Pas des tonnes d’archives, pas d’analyse poussée mais un regard personnel sur ce groupe qui est bien plus qu’une formation musicale.

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Massilia chez Espigoule

« Mythique, forcément mythique », aurait pu dire Duras tellement le travail et les valeurs du réalisateur des « 4 saisons d’Espigoule » et du groupe marseillais se confondent. Le film est sorti le 5 avril. Hors de tous circuits et de tout financement, on peut le voir dans différentes salles, souvent pour une seule projection. C’était le cas à Carcassonne où l’Institut d’Etudes Occitanes a financé la projection. Militant, indépendant, enraciné, universel, autant d’adjectifs qui qualifient bien Christian Philibert et Massilia.

Christian Philibert et Alan Rouch à Carcassonne. Photo : Jack Levé

Christian Philibert et Alan Rouch à Carcassonne. Photo : Jack Levé

Christian Philibert doit beaucoup au groupe : c’est grâce à lui qu’il est resté « vivre et travailler au pays », en Provence, qu’il a pris conscience de certaines choses, l’envie de partager, de faire voir son cinéma en plein air, comme pour les concerts de Massilia. Dans Afrikaïoli le groupe lui a donné une chanson. Il y a eu aussi cette encontre avec Gari Greu. Le film germait dans la tête depuis longtemps et les 30 ans lui ont permis de naître. « Je leur avait dit : vous êtes un groupe mythique, culte…Je vais essayer de faire un film culte. Je leur devais au moins ça. Et je crois l’avoir réussi. Il n’y a qu’à voir le sourire des gens quand ils ressortent de la projection ! »

Ca vaut bien une tournée !

Massilia, c’est toute une histoire et elle valait d’être contée. Même quand on croit connaître le groupe. Les débuts en 84, premières télés de François Ridel alias Moussu T. René Mazzarino qui n’est encore que l’électricien dans l’ombre, présenté par un oiseau de bonne augure : Jo Corbeau. Jali prendra le micro en 86. Tiens au passage : « Jah » « Light » ! Comme leur célèbre « aïoli » et tous ces mots inventés rentrés dans nos univers. Le film ne s’attarde pas trop sur l’histoire du groupe mais donne quelques clés. En 90, premières distributions de pastis, le premier job de Gari avant d’intégrer Massilia. Les Fabulous Troubadors et Castan qui vont élargir le champs de vision. On y retrouve aussi Lux B évidemment, disparu depuis presque 10 ans et dont le groupe commence à peine à se remettre… Ah, la fameuse anecdote de la descente des douanes dans le bus des Massilia endormis après un concert… Sacrée lumière ce Lux !

Les Massilia ont réinventé un folklore, une langue, une culture et leur terrain de prédilection -hormis le stade Vélodrome- c’est évidemment la tournée. « Massilia c’est notre Marseille rêvée » dit Gari dans le film.

Massilia par B. Roux J. Levé E. Auriaux A. Amsili F. Ratel M.P. Fournier

Le plaisir d’être ensemble et de partager

Sur scène c’est le pastis mais dans la vie de tous les jours, les échanges sont permanents pour être un acteur du quotidien, sur son territoire. Bien sûr les Chourmos, bien plus qu’un fan club qui compte plus de 2000 membres, « une espèce de toile avant l’heure » selon Blu. Toutes ces soirées organisées, pour s’amuser, délirer, mais aussi pour marquer les consciences comme ces rassemblements tous les 1er mai à Marseille. Si ce n’est pas eux qui les font, « qui propose ça aujourd’hui ?  » s’interroge Blu dans le film.

C’est bien ça la force de Massilia et forcement, ces messages de fraternité, de partage, de tolérance trouvent en ces temps-ci un écho très particulier.

Des univers différents et l’aïoli qui prend

Une des parties les plus réussies du documentaire, c’est certainement celles où les musiciens se dévoilent, notamment ceux que l’on connaît moins. Janvié par exemple. Il a l’air timide comme ça mais il monte facilement dans les tours. Des années de conservatoire à Paris avant d’atterrir dans le groupe. « Quand je faisais des accords, il y avait trop de notes ! »

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Pour Kayalik idem. Toujours le conservatoire, pour la guitare. Il s’emm…, revend sa gratte et se frotte aux platines grâce à Gari. L’anecdote aussi de Gari à peine arrivé dans Massilia et se retrouvant au Vélodrome, en première partie de Johnny, rentrant sur scène pour jouer le Coupo Santo… Terrible.

Grand morceau de bravoure magnifiquement raconté, le passage où une intruse célèbre se glissant sur scène lors du concert des 30 ans aux Docks Des Sud. Je n’en dirai pas plus, il faut voir le film. On mesure alors l’exploit de ce groupe toujours là, ensemble, alors que rien ne les prédestinait à faire un bout de chemin musical.

« Massilia est un groupe indépendant depuis plus de 30 ans et c’est exceptionnel dans le paysage musical français » note Christian Philibert. Un groupe qui comme le réalisateur ne craint -ni n’a besoin- de dégun.

On ressort du documentaire avec la banane, fier de connaître ce groupe qui donne du sens. En cela le film est très fidèle au groupe. Avec quelques longueurs et un peu moins de folie que celle qui se dégage de Massilia.

Jetez bien un œil attentif sur le Facebook du film pour en connaître les quelques dates de projection.

téléchargement (1)

https://www.facebook.com/MassiliaSoundSystemLeFilm/

C’est le prix de l’indépendance, le film n’a pas été repris par un distributeur, ni par une télé pour l’instant. Mais comme les films cultes, ils traverseront le temps et le plaisir de les revoir sera toujours intact.

Lo Benaset @Benoit1Roux

29 Avr

Présidentielles : et les langues régionales ?

Entre 2 tours, après plusieurs mois de campagne, 11 candidats, plusieurs éliminés avant (dont le régionaliste Christian Troadec), 2 restants… A défaut de trouver leur bonheur, les défenseurs des langues régionales ont-ils pu rencontrer une peu d’écoute ? De l’écho à leurs revendications ? Pas facile, pas grandiose, mais pas le désert non plus.

Photo du site 2017oc

Photo du site 2017oc

Un site de campagne

Pour une fois, l’initiative est venue des Occitans : un site de campagne pour tenter d’exister, d’interpeller les candidats et d’obtenir des engagements. Plusieurs organismes et associations se sont ainsi retrouvés pour élaborer une plateforme commune portant sur 7 points, à soumettre aux candidats. Ce n’est pas la révolution mais aucune autre langue régionale de France ne l’a fait. L’idée est plus ou moins venue de l’académie occitane que constitue Lo Congrés, poussée par les Occitans du Béarn. « Fèri passar a las associacions membras o pas del Congrés un primièr document. Aguèri la bona suspresa de veire que respondián en fasent de prepausicions » Plutôt satisfait Gilbert Mercadier président du Congrès permanent de la lenga occitana. Finalement, 6 des 11 prétendants à l’Elysée ont répondu. Dont 1 en occitan (Jean Lassalle), 1 pour dire qu’il était contre (Nicolas Dupont-Aignan), 1 autre contre mais pas sur toute la ligne (Jean-Luc Mélenchon), 1 autre qu’il était Auvergnat (Jacques Cheminade) et enfin 2 pour signifier qu’ils étaient très favorables aux langues régionales (Philippe Poutou et Benoît Hamon).

Des réponses donc, mais pas beaucoup de relais sur les réseaux sociaux, un certain manque d’implication de certaines associations pourtant signataires du texte. Et pas de nouvelles des 2 finalistes.

Macron-Le Pen là aussi très différents

Lors de la création en 2016 du mouvement En Marche, Emmanuel Macron a proposé de ratifier la Charte Européenne des Langues Minoritaires. Lors du meeting de Pau le 12 avril dernier, il a réitéré sa promesse en voulant « reconnaître ces belles langues régionales » dans cette France « indivisible mais plurielle ». Le candidat pro-Europe a aussi répondu à un questionnaire du  Réseau Européen pour l’Egalité des Langues ELEN-EBLUL.

On sait toute la méfiance qu’il faut accorder aux promesses électorales (n’est-ce pas François Hollande et la promesse 56 ?) mais le candidat En Marche, sans être complètement Girondin, semble privilégier les initiatives transversales venant du terrain aux directives verticales de Paris. Il est d’ailleurs favorable à une décentralisation plus poussée. Le candidat tiendra meeting le 4 mai à Albi, l’occasion de lui faire préciser certains choses… Mais qu’attend François Bayrou pour se saisir de la question ?

Pour l’heure, il faudra se contenter de ça. Quant à sa concurrente…


L’occitan dans la présidentielle B. Roux J. Levé E. Auriaux A. Amsili F. Ratel M.P. Fournier
Marine Le Pen veut au contraire centraliser encore plus la France en supprimant notamment les régions. Dans ses 144 propositions, il n’y a évidemment rien sur les langues régionales mais une opposition farouche à la charte européenne et à la reconnaissance de ces langues. Pour le JT OC, nous avons rencontré Julien Leonardelli, secrétaire départemental du FN en Haute-Garonne et candidat aux législatives. Plutôt de bonne volonté lorsqu’il s’agit de parler des racines, de cette identité française faite aussi de langues régionales, mais dès qu’il faut promouvoir ces langues et cultures dans la vie de tous les jours, c’est autre chose que l’on pourrait résumer par sa formule : « L’occitan d’accord mais le français d’abord  » !

Rien de nouveau au FN et on l’oublie trop souvent.

Pour le reste, les langues régionales ont quelques jours pour se faire entendre dans la présidentielle. En espérant mieux pour les législatives où il faudra sensibiliser les députés sur la nécessité d’une loi pour donner un statut à ces langues. Et si Emmanuel Macron veut ratifier la Charte Européenne des Langues Minoritaires…

Lo Benaset @Benoit1Roux

Post-Scriptum

Pour aller plus loin, on peut consulter évidemment les différents sites :

https://www.2017oc.fr/

https://elen.ngo/

http://www.felco-creo.org/la-felco-interpelle-les-candidats-aux-presidentielles/

Lire l’analyse d’Henri Giordan sur Médiapart :

https://blogs.mediapart.fr/edition/les-langues-bien-commun-de-l-humanite/article/190417/les-langues-regionales-dans-la-presidentielle-2017-le-moment-d

Le blog de David Grosclaude :

https://david-grosclaude.com/

Enfin toujours provoc et dans la réflexion, Claude Sicre et son Fabulous Bluegrass Carcinòl Band. Le clip Oh ! Dites-moi, qui choisir comme président ? est sorti en début de mois. Le Plouc Power veut ainsi civiliser la France qui en a bien besoin en ces temps un peu troubles.

Claude Sicre – « Oh ! Dites-moi, qui choisir comme Président ? » Production Escambiar / Bleu Citron

26 Avr

Correcteur ortographique en occitan

Un correcteur orthographique en occitan est désormais disponible sur internet via LibreOffice.
Cette version occitane qui n’existe pour l’instant qu’en languedocien, contient également un traitement de texte, des feuilles de calcul, un outil de présentation et de diaporama, un de dessin et une base de données.

Le JT Oc a rencontré le créateur et son équipe :


correcteur oc libre office par france3midipyrenees

Accéder à ce correcteur occitan sur le site LibreOffice : ICI

 


@la Vicenta

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