04 Oct

Vendanges dans le Tarn au domaine les « Vignes des Garbasses »

Ici, entre les vallées du Tarn et de l’Agoût, se trouve une des plus petites appellations de France, c’est l’IGP Côtes du Tarn « Cabanès ».

Sirine Tijani s’est rendue sur un petit domaine de 17ha, aux Vignes de Garbasses, chez Guy Fontaine.

Guy travaille avec sa femme Françoise et son frère Didier. Il nous explique le fonctionnement du réfractomètre, un drôle de petit appareil qui l’aide à déterminer la date des vendanges. Il nous montre aussi comment il procède pour  « Trulhar »,  un mot ancien qui signifie enlever la vendange de la cuve.

Les 22, 23 et 24 octobre. Guy organise la fête du vin nouveau et des châtaignes. Pendant 3 jours la famille Fontaine propose à boire, à manger, à grignoter des châtaignes et une visite commentée dans les vignes.

Fête vin et châtaignes

Retrouver le programme détaillé de la fête : ICI Continuer la lecture

03 Juin

« La population ne comprend plus ça »

C’est un ascenseur émotionnel très douloureux qu’ont vécu les défenseurs des langues dites régionales. Le 8 avril dernier, le Parlement votait pour la première fois depuis 70 ans une loi pour les défendre, mais le 21 mai le Conseil constitutionnel en censurait deux articles. Dans le viseur, l’usage des signes diacritiques (des accents qui n’existent pas en français, comme le tilde sur un « n »), et l’enseignement immersif. Le texte voté devait permettre de développer dans le service public l’immersion, qui est pratiquée depuis plus de 50 ans dans des écoles associatives, comme les Calandretas pour l’occitan. Mais, cette pratique pédagogique a été déclarée anticonstitutionnelle et c’est l’avenir de toutes les écoles associatives en langues minorisées qui est menacé. Une mobilisation nationale a eu lieu le samedi 29 mai et pour le député breton Paul Molac, qui avait rédigé la loi, c’est un « acharnement » qui doit cesser. Pour cela il demande la modification de l’article 2 de la Constitution, car si « le français est la langue de la République », cela ne doit pas faire disparaître les langues de France.


Paul Molac à l’Assemblée Nationale le 8 avril dernier

Le fort retentissement médiatique de la mobilisation samedi dernier est-il dû aux élections régionales ou c’est le signe d’une vraie dynamique ?
Les élections régionales ont certes une part d’importance, mais on en entend relativement peu parler quand-même. C’est une dynamique nationale, avec plus de 10 000 personnes à Guingamp, 10 000 à Bayonne, de nombreux lieux en Occitanie où les manifestations étaient décentralisées, Perpignan, Bastia, Colmar, Lille. C’est un mouvement d’ampleur nationale : d’habitude les journalistes ne font guère mention des langues régionales, là c’est passé au 20h sur toutes les chaînes. On voit bien que ça fait réfléchir.

Cette journée vous a réconfortée après la décision du Conseil constitutionnel ?
Oui, parce qu’on voit bien que la vision de la langue unique, de la culture unique, la population ne comprend plus ça. Plein de gens m’ont dit merci pendant la manifestation, pour avoir porté une loi et l’avoir fait voter. Sur ma circonscription aussi, on me dit « continuez ! ». Cet acharnement contre les langues régionales, on ne le comprend plus dans la société. D’abord parce que la langue qui est identifiée comme celle permettant l’ascension sociale, à tort ou à raison aujourd’hui c’est l’anglais. Et tout le monde parle français quand-même. Donc on ne comprend pas pourquoi une méthode, qui donne de bons résultats en français et en langue régionale, est déclarée anticonstitutionnelle.

L’intervention du premier ministre et le communiqué du président de la République vous rendent optimiste pour l’avenir des écoles immersives ?
C’est toujours bon à prendre, mais c’est insuffisant en l’état. Le problème c’est l’interprétation de l’article 2 par le Conseil constitutionnel. Une interprétation qui est à rebours des discussions à l’Assemblée Nationale et au Sénat où le législateur avait clairement dit que ce n’était pas tourné contre les langues régionales [lors de l’introduction du français dans l’article 2, N.D.L.R.]. Cela devait servir contre la domination de l’anglais, or ça a servi surtout contre les langues régionales : le Conseil constitutionnel a détourné l’intention du législateur. Le législateur étant le représentant du peuple, c’est lui normalement qui doit avoir le dernier mot. Je ne vois pas d’autre solution que de compléter l’article 2 avec les langues régionales. Sinon, cela pourrait aboutir à ce qu’un ministre ne finance plus les écoles associatives immersives. Je remarque qu’un certain nombre de politiques commencent à le dire. Mais c’est vrai qu’il y a une frilosité quand il s’agit de changer la constitution car il faut avoir une majorité des 3/5ème au Congrès.

Cette modification vous pensez pouvoir y arriver d’ici la fin du mandat d’Emmanuel Macron ? C’est réaliste et réalisable, en moins d’un an ?
Oui, s’il y a une volonté politique. Ça ne peut venir que d’un projet de loi constitutionnel, c’est-à-dire que ce soit le gouvernement qui le propose. Il faut que le texte soit voté dans les mêmes termes à l’Assemblée et au Sénat, et après on se réunit en Congrès. Le temps qu’il nous reste jusqu’en décembre 2021 permet tout à fait de le faire.

C’est faisable, mais est-ce que vous y croyez ?
Ecoutez, ce n’est parce que c’est difficile que nous n’y arrivons pas mais c’est parce que nous n’osons pas. Combien de personnes m’ont dit que la loi sur les langues régionales ne serait jamais votée à l’Assemblée Nationale ? Bon, elle a été votée par 247 voix pour et 79 contre. Si j’écoute tous les gens qui me conseillent de surtout ne rien faire, je ne fais rien. On nous dit qu’on ne va pas appliquer la décision du Conseil constitutionnel, mais ça ce n’est pas durable. Il faut régler le problème sur le fond, sur le fond juridique cette fois.

D’autres actions sont-elles prévues pour réclamer cette modification de la Constitution, pour défendre les écoles et les langues régionales ?
Je ne suis pas à la tête des associations, mais ça m’étonnerait qu’ils laissent tomber. La mobilisation va se poursuivre non seulement à la fin des régionales mais aussi pendant la campagne présidentielle, c’est évident. Quand on s’attaque aux écoles associatives, on s’attaque à un symbole. Et les gens aiment bien les symboles. A Guingamp, plus de 10 000 personnes ne sont pas venues simplement pour les écoles associatives, mais parce qu’il y a un symbole derrière et finalement parce qu’on est pour la liberté d’enseignement, il y a ça aussi derrière. Et à mon avis ça ne va pas s’arrêter.

Pour vous, il faut maintenir la dynamique ou attendre les présidentielles dans un an ?
Il ne faut surtout pas attendre et maintenir la pression. Nous sommes là dans un rapport de force et malheureusement en politique c’est souvent comme ça que ça fonctionne, pour tout. Il est clair que nous avons une menace grave, qui a même éclipsé tous les bienfaits qui ont été votés dans la loi – parce qu’il y en a. C’est une erreur magistrale politiquement : toutes les bonnes actions de cette loi sont passées sous silence parce qu’il y une véritable menace sur une méthode utilisée depuis plus de 50 ans, utilisée dans le monde entier et une méthode utilisée y compris par la France dans ses écoles à l’étranger. Et on nous dit que ce serait anticonstitutionnel en France. Comment voulez-vous comprendre ça ? Ce n’est pas possible.

 

Propos recueillis par Marius Blénet

28 Mai

« Lo ministre crida son amor, volèm de faches »

La mobilizacion del 29 de mai se tendrà dins totas las regions. Per demandar la modificacion de la Constitucion e la reconeissença de l’immersion, mas se parlarà tanben de la refòrma del licèu que menaça totjorn l’ensenhament de las lengas regionalas. Virginia Lago es coorganizatritz amb lo CREO Tolosa.

Los ensenhaires de servici public son tanben mobilizats per defendre l’immersion ?
Sèm solidaris dels chepics de Calandreta e de las escòlas imersivas, forçadament. E volèm per l’ensenhament public una ofèrta la mai larga possibla, doncas amb d’imersion tanben. Aprèp, manifestam perque lo demai de la lei se deu metre en plaça ara. Es plan polit una lei que prevei la generalizacion de l’ensenhament en òc, mas la cal aplicar. Es coma per las declaracions de Blanquer : anoncièt qu’aurèm un coeficient 3 al bac en opcion lenga regionala, es ben mas cal que s’aplique. Perqué la realitat es qu’es totjorn dur d’aver d’oras per las opcions dins los establiments.

 

De corses se son arrestats dins l’academia de Tolosa ?
Avèm perdut d’oras dins de collègis, coma a San Seren dins Òlt o a l’Isla de Baish dins Gers, i a de problèmas dins Pirenèus Nautas. Vesèm una baissa de l’envolòpa balhada per l’ensenhament opcional. En licèu la situacion es catastrofica, ara cal al mens salvar los mòbles per aver d’escolans.

 

De que cal ara per que las avançadas de la lei s’apliquen ?
Per la generalizacion de l’ofèrta nos cal donar las oras, cal organizar los establiments, mas per que siá vertadièr cal mai de recrutaments, mai de pòstes al capes. E pensar la formacion, avèm de problèmas pels regents tanben.

 

Cossí reagissètz quand Jean-Michel Blanquer afirma aimar e ajudar las lengas regionalas ?
Al ministre li agradan las anóncias, mas esperam totjorn de veire. Crida son amor mas volem de faches. Per gardar d’optimisme nos podèm dire qu’amb la lei Molac es lo primièr còp qu’existissèm, qu’una lei installa las causas. Pasmens, sabèm que lo còde de l’educacion es pas totjorn aplicat. Avèm besonh de nos mobilizar deman. I a de manifestacions de’n pertot emai lo mond pòdon anar lo matin a Tolosa e lo tantòst a-z-Albi !

27 Mai

Colèra militanta, interès politic: las lengas un pauc mens minorizadas

La colèra monta aprèp la censura de la lei Molac, dissabte se manifestarà pertot en França. Dau costat de l’Estat, president e primièr ministre an pres la paraula sens engajament.

Mobilizacion au País Basc contra la decision dau Conselh constitucionau

Consequéncia susprèsa de las manòbras dau ministre de l’Educacion Nacionala, las lengas minorizadas an d’aquesta passa un resson qu’es rare en França, dins lo mond politic e mediatic. Los messatges d’elegits e de ministres se multiplican per criticar o sostener lo Conselh constitucionau, que censurèt parcialament la lei Molac. Lo contèxt ajuda: a quauquas setmanas de las eleccions regionalas, defendre las lengas dichas regionalas, la logica a l’òbra es visibla. Emai lo president de la Republica publiquèt un tèxt sus facebook per saludar « lo movement mager de transmission » qu’es l’escòla imersiva. Una declaracion contradictòria per part de quauqu’un que daissèt lo temps necessari per que lo recórs au Conselh se fague, sens promulgar la lei.

Divendres 21 de mai, lo Conselh declarèt que l’ensenhament imersiu d’una autra lenga que lo francés es contrari a l’article 2 de la Constitucion. E lo meteis article es tanben emplegat per refusar los signes diacritics qu’existisson pas en francés, coma lo ~ sus una n. Alara que la lei escricha pel deputat breton Paul Molac voliá desvolopar l’imersion dins lo public, vaquí un verdict que plaça en perilh los malhums d’establiments associatius qu’aplican l’imersion dempuòi de decenias (los primièrs foguèron los bascos de Seaska en 1969). Una situacion rufa a viure pels militants d’aquelas associacions, coma Guilhem Latrubesse, co-president de la Calandreta de Còsta Pavada a Tolosa: « Fa 50 ans que nòstras escòlas ensenhan las lengas aus mainatges, cau esperar que pels 50 ans a venir serà encara possible.[…] Maugrat los discorses, uòi es dificil de desvolopar l’ensenhament de l’occitan que siaga per las escòlas associativas o dins lo public. »

Dimars, es l’estructura que recampa totas las escòlas imersivas en lengas minorizadas (Diwan, Calandreta, Bressola, Scola Corsa, ABCM, Seaska) que denoncièt la « decision radicala, d’una violença inausida ». « S’agís ben d’epuracion linguistica », repren lo comunicat de prensa que demanda aprèp la « modificacion de l’article 2 ». Es una lucha anciana que se’n torna pels defensors dau breton, de l’occitan o de l’alsacian. En 1999 ja, lo Conselh constitucionau s’èra opausat a la ratificacion de la carta europenca de las lengas regionalas en rason d’aquel article que ditz: « La langue de la République est le français ». Una precision qu’es inscricha sonque dempuòi 1992, quand la majoritat socialista de l’epòca la faguèt passar en afirmant voler luchar contra l’anglés. Mas gaireben 30 ans pus tard, es l’Estat qu’organisa de cursus imersius en anglés e qu’o refusa a las lengas istoricas de son territòri. En 1998, de manifestacions ja s’èran organizadas per demandar la reescritura d’aquel article.

La decision dau Conselh constitucionau contra la lei Molac es tanben la confirmacion que se pòt desconsiderar un article de la Constitucion au profièch d’un autre. Los 9 membres de l’institucion decidiguèron que l’article 75-1, que ditz « les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France », compta pas. Dimècres a l’Amassada Nacionala, lo primièr ministre – catalonofòn – Jean Castex anoncièt que la dintrada seriá normala pels establiments imersius, e ajustèt qu’una mission seriá delegada a dos deputats per analisar la situacion. De son costat, lo ministre de l’Educacion Nacionala, qu’es a l’origina dau recórs contra la lei, faguèt saupre que lo coeficient de las lengas regionalas seriá augmentat en opcion au bachilierat. De reaccions dau govèrn doncas, mas pas gaire de causas concretas. A l’iniciativa dau collectiu « Per que viscan nòstras lengas », de manifestacions se debanaràn dissabte 29 dins França tota per demandar una revision constitucionala en urgéncia.

26 Mai

« Tot çò qu’es autoctòne e de diversitat culturala es fòrabandit »

Joan-Loís Blénet, president de la confederacion Calandreta, apela a la mobilizacion de totes, e tanben de las collectivitats, contra la decision dau Conselh constitucionau. Divendres passat, lo Conselh declarèt que l’aprentissatge en imersion d’una lenga minorizada e l’usatge de signes diacritics son « anticonstitucionaus ».

L’immersion es doncas declarada anticonstitucionala, es un perilh per la subrevida de Calandreta ?
Es un perilh per las lengas. Tota lenga qu’es pas lo francés deu desaparéisser puòique pòt pas aplicar la potinga, lo metòd que permet de faire de parlaires. Per Calandreta, coma l’ensem dau mond de l’imersion, anam veire cossí trobar de fòrmas de resistir. Evidentament, sèm en resisténcia dabans un arrèst qu’es scelerat, coloniau. Es paradoxau : au moment que las cartas d’identitat francesas son en anglés, que l’Educacion Nacionala organisa de cursus entièrs en anglés, lo Conselh constitucionau fa semblant de dire que la lenga de la Republica es exclusivament lo francés. I a una paradòxa e una inegalitat de tractament que son cultiricidas clarament, linguicidas. Es l’estat colonial que contunha.

 

Lo sistèma imersiu existís dempuòi 50 ans e de milierats d’escolans i son inscriches. Sa desaparicion es una possibilitat ?
Los que vòlon exterminar, jamai lo nombre lor a fach paur. Veirem cossí anam reorganizar nòstre sistèma educatiu, nos organisar per resistir e per subreviure dins la fonccion de faire de parlaires. Cò que nos denega l’Estat francés e son conselh colonial, es de fargar de parlaires ; nos caldrà nos organizar per trapar un biais de contunhar pasmens. Serà una batèsta pè a pè, mas que clarifica las causas. Quand i aguèt la modificacion de l’article 2, los ministres e los parlamentaris de la majoritat socialista èran venguts dire que jamai serviriá contra las lengas regionalas mas que seriá contra l’anglés. Vesèm que l’istòria es lo contrari complet: jamai i a de problèmas per l’anglés, emai lo govèrn fa d’atestacions oficialas sonqu’en anglés, mas l’article 2 servís sonque per trabalhar a la destruccion de las lengas regionalas. Çò que confirma aquò es lo refús daus signes diacritics : tot çò qu’es autoctòn, istoric, diversitat culturala e linguistica francesa deu èsser fòrabandit, escafat, enebit.

 

Lo 8 d’abriu, l’imersion èra pel primièr reconeguda, e d’un biais larg, pel Parlament. Cossí avètz viscut aquela bascula cap a l’interdiccion ?
L’opinion dins la societat bolega. Avèm agut una majoritat e aurem una majoritat que contunharà de grandir. L’opinion a comprés qu’aparar la diversitat culturala es important. I a una majoritat dins l’opinion, mas i a l’Estat prigond francés qu’es sus la meteissa linha que Francés Ier. Son los meteisses que fan celebracion d’aquel rei e de Villers-Cotterets que contunhan dins la metèissa linha, una linha qu’a fach la guèrra pertot. Es una lucha fòrça dificila, mas las lengas devon subreviure perque la victòria dins l’opinion es cèrta. L’opinion a comprés que l’ecologia s’arresta pas a las pimparèlas. L’ecologia toca tot e de’n primièr l’ecologia umana. Justament, coma lo ministre a vist que la majoritat cambia, amb la complicitat ailàs dau president de la Republica, e sens que 1er ministre aja bolegat, an desencadenat lo consèlh lo mai colonial.

 

Avètz parlat de trobar de mejans de luchar, de que serián ? Paul Molac parla de refòrma constitucionala, vesètz autra causa ?
Es clar que caldrà qu’en França se modifique l’article 2. Per ara, l’article 2 es utilisat per dire que la lenga exclusiva de França es lo francés. Doncas, eradicacion de tot çò qu’es ancian, autoctòne, istoric. Lo caldrà modificar. Caldriá un grand nombre de parlamentaris que demandan modificacion d’aquela infamia. Lo deputat europenc Lamassoure a dich mantun còps « s’es traït la representacion nacionala ». Eriam en resisténcia, o sèm encara mai. Nos cal trobar de biaisses per que l’opinion finigue per s’impausar. Serà dificil, perqu’avem un Estat que s’es bastit contre lo pòble en permanéncia, es organizat per aquò. I caldrà anar e caldrà luchar.

 

Calandreta contunharà a practicar l’imersion la setmana que ven e a la dintrada ?
Calandreta contunharà a trabalhar per la lenga occitana e per faire de parlaires. Sèm en resisténcia contra un poder linguicidi. Evidentament anarem a la cort europenca de justicia. I a una injusticia infama, fatalament i anarem, òm pòt pas contunhar coma aquò. Farèm tot çò que cal per resistir a l’escanatge. Apelam tot lo mond a manifestar lo 29 e qu’aquò contunhe, que las collectivitats se meton en marcha per vertadierament defendre lor patrimòni qu’es en perilh majuscul.

08 Mai

Hollande messatgièr de las lengas minorizadas?

L’ancian president, en visita a l’ostau d’Occitania de Tolosa, foguèt interpelat pels occitanistas a prepaus de la lèi Molac


De collegians escotan F. Hollande dins la cort de l’Ostau d’Occitania

Es una idèia lançada a la tota fin de las discutidas, mas es benlèu la causa pus importanta que se diguèt. Aprèp una gròssa orada de questions e responsas, alara que li èra estat explicat que l’Unesco classifica las lengas regionalas en grand dangièr, François Hollande se remembrèt que se tròba a la cima de l’organisme una de sas ancianas ministras e lancèt: « Audrey Azoulay, coma directritz generala de l’Unesco, podriá intervenir dins lo debat [au Conselh constitucionau NDLR]« . L’idèia agradèt e solid que lo collectiu « Pour que vivent nos langues » ensajarà de contactar la dòna Azoulay. Una audicion d’aquela qualitat marcariá pas mau per defendre la lèi Molac dabans los savis. Rampelam que lo Conselh constitucionau a pas ges d’obligacion a consultar de tèxtes que li son mandats (que se dison « las portas estrechas ») nimai a procedir a l’audicion de personas que vendrián defendre la lèi. Pasmens, es complicat de refusar una audicion a quauqu’un titulari d’una fonccion fòrta.

Pels militants occitanistas, la venguda de François Hollande a l’ostal d’Occitania s’inscriviá abans tot dins la lucha que se mena per sauvar la lei de promocion de las lengas regionalas. Emai se, coma previst, se parlèt tanben de decentralizacion e de la nocion de convivéncia, es la tematica dau Conselh constitucionau que tornèt lo mai sovent. « Sabiái ont metiái los pès » s’amusèt l’ancian president de la Republica, gaire suspres. La primièra question foguèt simpla: coma es membre de drech dau Conselh, emai se causiguèt de pas n’aprofechar, li seriá possible d’intervenir au prèp dau president de l’institucion (que foguèt nomat pel quite Hollande) per que d’audicions siegan realizadas? I calguèt tornar quauques còps, mas l’interpelat afortiguèt que fariá passar la demanda. « S’ai ben comprés me demandatz d’èsser lo factor » s’estonèt amai François Hollande quand se li donèt un autre messatge per la presidenta de region Carole Delga – l’umor demòra la retorica prefirida dau socialista. « Dins lo cas qu’una o mantuna disposicions de la lèi siegan censuradas, caldrà revisar la Constitucion per aver una dubertura per las lengas regionalas, çò que foguèt longtemps ma posicion sus la question, afirmèt tanben l’ancianpresident. Lo Conselh constitucionau aplica, interpreta la constitucion tau coma es escricha uòi. […] Crèsi que cau aver totjorn fisança dins las institucions. »

Una refòrma constitucionala demanda de temps e a pas d’assegurança de capitar, puòi qu’es obligatòri d’obténer los 3/5ens daus vòtes dau Parlament (Amassada mai Senat). La darnièra, en 2008, passèt pas que per doas votzes. Es una via mai que complicada, longassa, que foguèt evocada mas pas concretisada dau temps ont lo president de la Republica se sonava… François Hollande. Brèu una via que conven gaire a l’urgéncia de la situacion per las lengas minorizadas, çò qu’expliquèt lo president dau Congrès permanent per la lenga Occitana, Gilabèrt Mercadier en s’adreiçant a l’ex cap d’Estat: « Avètz pas encara mesurat la situacion catastrofica de la lenga e de la cultura occitana. […] Es en França que la desaparicion de las lengas regionalas s’accelèra lo mai en Euròpa. Alara nos venguètz pas dire que l’Educacion Nacionala fa fòrça, jol vòstre mandat o ara. » Enfin, per çò que concernís lo contengut de la Constitucion, foguèt rampelat a François Hollande que l’inscripcion de las lengas regionalas coma « patrimòni de França » cambièt pas res a lor situacion. « Es doncas una lectura ideologica e pas juridica qu’es facha, a l’ora d’ara França degalha son patrimòni », clavèt Mercadier.

27 Avr

« Lo mond se demandan perqué aquò m’interèssa »

Pel jornalista Miquèu Feltin-Palas, los accents demòran un subjecte mespresat.

Es un libre que, per un còp, plantèt la question de la discriminacion a l’accent dins lo debat public. Escrich pel cap-redactor de l’Express, Miquèu Feltin-Palas, e per l’editorialista mediatic Joan-Miquèu Apathie, « J’ai un accent et alors? » foguèt presentat emai dins los grands mediàs nacionaus. Un an aprèp la publicacion, avèm volgut entrevistar lo Bearnés dau binòmi d’autors per li demandar s’aviá vist una evolucion de las mentalitats, pendent totas las entrevistas que faguèt.

 

26 Avr

La lei Molac deu passar dins de « pòrtas estrechas »

De que son las contribucions que pòdon ajudar lo tèxt au Conselh constitucionau?

La pòrta dau Conselh constitucionau es puslèu larga, mas un esfinx vos agacha

« Podèm far çò que se sona de pòrtas estrechas, e nos anam pas geinar evidentament per las far. » Paul Molac èra combatiu uòi a Rennas. Una video publicada per un jornalista de Oest França mòstra la presa de paraula dau deputat breton dins un recampament per denonciar lo recors au Conselh constitucionau contra sa lei de promocion de las lengas regionalas. Molac balhèt doncas d’indicas sus la defensa de son tèxt. Las « pòrtas estrechas » son las contribucions que son transmesas au Conselh constitucionau per « de personas fisicas o moralas que son concernidas per la lei » que se va analizar. Aquelas contribucions son de memòris, de dorsièrs qu’explican una interpretacion dau tèxt. Es una ajuda que los membres dau Conselh an pas obligacion de consultar o de seguir. Es doncas important que los autors daus memòris siegan de personas que lo vejaire pesa – sovent se far apel a d’especialistas dau drech constitucionau. S’ausís parlar, per part de membres dau collectieu « Pour que vivent nos langues », de l’escrivan Erik Orsenna, ancian dau Conselh d’Estat e pròche d’Emmanuel Macron, per ajudar a la redaccion de pòrtas estrechas. L’autor aviá ja declarat lo besonh d’una lei per las lengas de França dins d’entrevistas (a 41’05 de la video).

Dabans lo parlament de Bretanha, Paul Molac èra enrodat de militants e de mantun autres deputats, emai d’unes LREM que denóncian la sasina que fan lor colègas de partit. L’autor de la lei afirmèt qu’ara « l’opinion basculèt, massivament » en favor de las « lengas regionalas ». E se volguèt optimista puòiqu’afortiguèt : « ai fach mèfi de pas metre causas inconstitucionalas ». Se sap ben que dempuòi 2008 las lengas minorizadas de França son inscrichas dins l’article 75-1 de la Constitucion. Una inscripcion que cambièt pas rès au tractament que lor es fach, mas que ara pòt servir de basa per defendre la lei. Calguèt esperar 13 ans, mas se trobèt benlèu una utilitat a la refòrma constitucionala fin finala.

Lei Molac: un perilh constitucionau?

De deputats de la majoritat fan un recors contra la lei per las « lengas regionalas ».


Los 9 membres dau Conselh consitucionau

Avián doas setmanas aprèp lo vòte dau tèxt per efectuar una sasina dau Conselh constitucionau, esperèron fins a la fin dau darnier jorn per se manifestar. Un grop de 60 deputats pòrta doncas un recors contra la lei Molac – la tota primièra que defend las « lengas regionalas » dins l’istòria de la Vena Republica. Ara lo Conselh constitucionau a un mes per se prononciar. Emai se valida la lei, tot foguèt doncas fach per perdre lo mai de temps possible. Los deputats que fan la sasina son menats per Aurore Bergé, elegida dau departament d’Yvelines, e pròcha dau ministre de l’Educacion Nacionala. Coma un michant de marrit film de suspens, que tòrna aparéisser au moment que los eròis se pensan sauvats, la cara blanquinèla de Joan-Miquèu Blanquer es venguda tornamai espaurugar los defensors de las lengas minorizadas e de la diversitat culturala. A l’Amassada Nacionala, lo ministre aviá afirmat son oposicion au tèxt propausat pel breton Paul Molac. Mas en responsa, los deputats li avián impausat una desfacha rara per un membre dau govèrn : 247 vòtes contra 76. Pièger, la resulta dins son quite camp, lo grop parlamentari de la majoritat En Marcha, es una umiliacion : 100 elegits vòtèron contra lo vejaire de Blanquer, e n’i a pas que 57 que li foguèron fidèus. Lo ministre sembla pas acceptar aquela umiliacion. E n’arribam a una situacion qu’es benlèu istorica, ont de parlamentaris de la majoritat sasisson lo Consèlh constitucionau per un tèxt que votèron lor colègas dau metèis partit !

Au dintre daus 60 deputats que pòrtan lo recors, 10 son elegits dins de circonscripcions occitanas (mentre que n’i a pas ges dins las autras regions que pòrtan una cultura).

Laurence Vichnievski de Puei de Doma (63)
Célia de Lavergne de Droma (26)
Sophie Beaudoin-Hubière de Nauta Vinhana (87)
Jean-Baptiste Moreau de Cruesa (23)
Christophe Jerretie de Corrèsa (19)
Alexandre Freschi d’Òlt e Garona (47)
Cathy Racon Bouzon de Bocas de Ròse (13)
Sereine Mauborgne de Var (83)
Françoise Dumas de Gard (30)
Jean-François Eliaou d’Erau (34)

Per eles, la defensa es preparada. Justifican lor accion en afirmant qu’es sonque l’article 6 de la lei Molac qu’es contestat, aquel qu’obligariá los conses a pagar lo prètzfach escolari daus enfants que seguisson un ensenhament en lenga regionala dins una autra comuna (perque i a pas aquela possibilitat dins lor vila/vilatge). Levat que lo Consèlh constitucionau foncciona pas coma un restaurant. Se li pòt pas comandar un programa a la carta. Quand una sasina es facha, totes los articles son tractats, examinats e doncas menaçats. L’institucion o explica ben sul sieu siti internet :

Procès intenté à la loi, le contrôle du Conseil constitutionnel se déploie indépendamment de la saisine qui l’a déclenché. Ainsi, il est indifférent au juge constitutionnel que les saisissants ne contestent que certaines dispositions de la loi. Si le contrôle porte en premier lieu sur les dispositions attaquées, « il appartient au Conseil constitutionnel de relever toute disposition de la loi déférée qui méconnaîtrait des règles ou principes de valeur constitutionnelle » (Cons. const., déc. n° 95-360 DC du 2 février 1995). C’est donc l’entier contenu de la loi qui est indivisiblement soumis à l’examen du juge constitutionnel, même si la déclaration de conformité n’est désormais relative qu’aux dispositions spécialement examinées par le Conseil dans sa décision.

Ara per LREM caldrà ben afrontar una division que sembla prigonda entre los enemics de la lei Molac e sos defensors. Aqueles son ben mai nombrós e fan coneisser lor colèra dempuòi dijòus fins au cap dau govèrn. Lo president dau grop parlamentari de l’Amassada, lo provençau Christophe Castaner, s’èra escondut au moment dau vòte dins l’emicicle. Voliá pas votar contra lo ministre, mas sabiá que la majoritat de sas tropas o farián e voliá pas nimai donar l’imatge d’un capitani en desacòrdi amb son equipatge. Dimars per la reunion de son grop, aurà de mau de s’amagar tornamai.

L’essenciau demòra pasmens la decision que deu rendre dins lo mes qu’arriba lo Consèlh constitucionau. Per defendre lo tèxt, la procedura possibla es de transmetre a sos membres un memòri que redigís un constitucionalista, per lor explicar un punt de vista. Paul Molac, lo deputat que prepausèt la lei, declarèt a França 3 Bretanha: « sabi que normalament ma lei es pas anticonstitucionala, mas aquò provòca d’ansia en mai ». Membre dau CREO de Tolosa, Nicolau Rei-Bethveder se voliá optimista la setmana passada per la validacion de l’article que deu permetre la generalizacion de l’ensenhament en « lengas regionalas » – « lo subjecte important per nosautres, pramor fòrça collègis e licèus an pas mai d’occitan ». Per çò que concernís l’ensenhament imersiu, l’ancian ministre de la Justícia, Jean-Jacques Urvoas, aviá ja considerat a la debuta d’abriu qu’es pas anticonstitucionau.

Per comprene çò que cambiariá l’aplicacion de la lei Molac e quins son los autres obstacles que se podràn encara li opausar, França 3 Occitania Pirenèus-Mediterranèa faguèt un reportatge dins son edicion en occitan de dissabte passat (qu’es de veire a la fin d’aqueu article). Lo vòte dau 8 d’abriu foguèt un eveniment istoric, que sembla actar un cambiament de la percepcion qu’an los elegits e la populacion de las lengas minorizadas. Mas las culturas demòran menaçadas de desaparicion, los efièches de la refòrma Blanquer contunhan d’èsser calamitoses. Lo temps manca, e 60 deputats an decidit de ne far perdre encara mai.