27 Avr

Estivada 2015 : cap a l’Euròregion

Ce n’est pas un secret de polichinelle, les relations entre le festival de Rodez et la mairie sont comme le climat ruthénois : plutôt frisquettes ! Plusieurs nuages bouchant le ciel (un certain désintérêt du maire, une subvention réduite…), Patrick Roux voudrait bien changer d’horizon. Le budget (660 000 €) est revenu à l’équilibre, mais la dotation municipale 2015 n’a toujours pas été entérinée. Pas très pratique quand la programmation est déjà bouclée. Alors, à défaut de changer de lieu (place des Rutènes), le festival change d’aire.

 

Amb lo CIRDOC, cap a l’Euròregion

Que l’Estivada invite des artistes qui ne sont pas occitans, ce n’est pas nouveau; qu’il y ait des relations avec des festivals catalans comme la Fira Mediterrània de Manresa non plus. Simplement tout prend forme et se concrétise dans un espace eurorégional Pyrénées-Méditerranée (Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon, Catalogne, Iles Baléares). Une structure qui a vu le jour en 2004 mais qui a eu du mal à grandir avec le départ de l’Aragon et les difficultés économiques de la Catalogne. Mais la réforme territoriale étant passée par là en France, l’opportunité est belle. Porteur de ce projet : le CIRDOC qui après avoir nationalisé certaines actions (partenariat BNF, Patrimoine Culturel Immatériel…) entend bien les internationaliser. La structure bittéroise assurait déjà la programmation littéraire, cette année son empreinte ira plus loin, notamment dans l’organisation de plusieurs Forums dès l’Estivada 2015 pour faire émerger des idées à l’échelle de l’Eurorégion.

Estivada 2015

Elle aura lieu du 22 au 25 juillet 2015, avec moins de restrictions économiques qu’en 2014. Il y aura donc 2 groupes présents sur la grande scène le premier soir et non 1 seul comme l’an dernier. Côté affiches, on peut noter Dupain à la Sorga régénérante, La Talvera avec là-aussi un nouvel album, les Doctors de Trobar (apparition en  2013 avec Mauresca), et Du Bartas toujours très bons en concert, sans oublier les très radicaux et innovants Artús, la nouvelle création de Guillaume Lopez (Medin’Aquí) et les frères Espinasse avec Coco Le Meur.

 

Pour les artistes émergeant, on peut citer Alidé Sans qui viendra en solo, l’excellent Dje Balèti, Liza dont le dernier album jazz-world multilingue « L » remonte à 2013 ou le Trio Aqueles qui s’est fait remarquer avec son clip Dobai, Fai Deli, toujours bien pour le balèti. On pourra aussi se désaltérer à la Boisson Divine, de metal gascon que bolèga, dans la lignée de la programmation 2014.

Pour plus de surprise, il faudra franchir les Pyrénées. Tendance Hip Hop, ZOO qui partagera la scène avec Doctors de Trobar, un groupe qui a explosé avec son premier disque et le tube « Estiu » (plus de 450 000 vues au compteur sur Youtube). Ou encore du ska reggae du pays valencien : Aspencat qui sortira un nouvel album en septembre.

Plus folk, punk et rock, les Pogues catalans : Ebri Knight. Un peu dans la même lignée, côté cow-boy en plus : Projecte Mut. Un groupe qui détonne, nominé 3 fois aux Enderrock (qui récompense les meilleurs artistes catalans), sold-out à Barcelone et qui vient d’un pays de jet-set, tourisme et discothèque : Ibiza. Les chapeaux vont voler le 24 juillet à Rodez.

Lo Benaset

03 Avr

Fusion des régions : les Occitans veulent donner du sens.

« Dans une société qui ne questionne plus le sens, là nous l’interrogerons ». Les mots sont signés Alem Surre-Garcia.

Samedi matin il ouvrira le colloque sur la fusion avec un exposé « Entre Garonne et Rhône », pour tracer des perspectives pour cette nouvelle région qui va regrouper Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. Cet événement auquel ont répondu présent les ténors locaux de la politique aura un avant goût d’élection régionale. Pour les Occitans, il s’agira de marquer leur territoire et l’Histoire.

 

La réforme territoriale est partie dans tous les sens -accouchant de 13 régions qui n’en ont pas toujours- la loi NOTRe (Nouvelle Organisation Territoriale de la République) n’est toujours votée, mais les Occitans veulent se saisir de cette opportunité inattendue pour faire de la nouvelle grande région une réussite. Samedi, à Toulouse, Convergéncia Occitana et País Nòstre invitent tous les citoyens à venir débattre et s’interroger sur 4 points :

– le nom de la future région

– le drapeau, le logo

– les compétences des politiques linguistiques et culturelles

– les politiques de cohésion territoriale

Pour en discuter, des experts comme Roland Bugat, directeur de l’Ecole des Savoirs et des Métiers en Cancérologie de Toulouse, Alain Garcia ancien directeur technique d’Airbus, ou les universitaires occitans Pierre Escudé et Patrick Sauzet. Le matin, il s’agira donc de planter le décor, éclairer, donner des perspectives… Et l’après-midi, place aux politiques pour débattre et répondre aux questions. Seront présents : le président actuel Martin Malvy, la ministre et candidate aux élections régionales Carole Delga, Marcel Mateu représentant le président Damien Alary, les maires de Toulouse et Montpellier (Jean-Luc Moudenc, Philippe Saurel), ceux de Carcassonne (Gérard Larrat), Narbonne (Didier Mouly), Lavaur (Bernard Carayon)… Sans oublier le toujours très pertinent Gérard Onesta. « Nous avons 9 mois pour préparer ces élections (prévues pour décembre). Mettons en gestation cette région pour accoucher d’un bel enfant. C’est une occasion assez unique de rentrer dans l’Histoire ». Jean-François Laffont le président de Convergéncia Occitana a raison d’être enthousiaste. Mais les 9 mois ne seront pas de trop.

LE NOM

Ce qu’ Yves Rouquette avait qualifié de « Toulousie » dans l’une de ses dernières chroniques dans La Dépêche, Damien Alary le président actuel du Languedoc-Roussillon voudrait la dénommer « Sud De France ». Georges Frêche n’est donc pas mort et SDF, ça aurait de l’allure non?! Quand le même Frêche parlait de Septimanie, le président Marc Censi parlait lui d' »Occitanie centrale ». Une idée qui a fait son chemin puisque La Dépêche et Midi-Libre (que l’on ne peut pas vraiment soupçonner d’être occitanistes ! ) ont réalisé un sondage : le premier choix c’est OCCITANIE !

Si l’on se réfère à l’Histoire, à ces provinces faites par les Rois de France, on pense aussi, évidemment, à LANGUEDOC. C’est d’ailleurs le choix qui semblait émerger lors du premier colloque sur la question tenu à Narbonne en septembre 2014. Et pourquoi pas y adjoindre « Pyrénées »… De toute façon, c’est le Conseil d’Etat qui tranchera, après avis de la nouvelle région. Autant donc prendre les devants. Il ne manquerait plus qu’un grand spécialiste communicant ne s’en empare ! Et que ne resurgisse le « Midi », terme de l’oubli et de l’ignorance tellement galvaudé.

Conférence de presse sur le colloque Photo : Ostal d'Occitània

Conférence de presse sur le colloquePhoto : Ostal d’Occitània

LOGO/DRAPEAU

C’est pas gagné non plus. Judicieusement, les organisateurs ont pris soin de mettre sur l’affiche la croix languedocienne des comtes de Toulouse avec en arrière plan la bandière catalane. Pere Manzanares du collectif Sem sera d’ailleurs présent au colloque. Avant que Georges Frêche ne le change, c’était aussi le blason régional du Languedoc-Roussillon. Il parait même qu’il figurait sur le logo de FR3 Sud dans les années 80… Les jeux sont ouverts.

Quant aux 2 autres points (politiques linguistiques et culturelles et politique de cohésion territoriale), le champs n’est pas encore totalement défini. Mais on peut dire que si les 2 villes Toulouse et Montpellier s’entendent plutôt bien (notamment les 2 maires actuels), il n’en va pas de même des 2 régions. Malgré l’Eurorégion (une de ses représentante sera là), malgré des échanges réguliers, la puissante et plus riche Midi-Pyrénées souhaitait la fusion, là où le Languedoc-Roussillon plus fragile a du mal à s’y résigner…

Le débat mené par le journaliste Jean-Pierre Laval et l’avocat Jean-François Laffont s’annonce donc concernant et passionnant. Bien loin de tout ressac identitaire. Le poète et écrivain Claude Marty portera sa plume et sa verve à 14H pour bien réveiller les consciences. Le défi est grand. Mais on n’est pas appelé tous les jours au chevet de l’Histoire. On peut compter sur paratge, convivéncia, et palancas pour éclairer le débat et mettre du sens.

RDV samedi 4 avril dès 9H salle Antoine Osète, 6 rue du Lieutenant Colonel Pélissier à Toulouse, Métro Jaurès.

Benoît Roux

23 Mar

La Ròsa Trobadoresca espelís en Carolina de Nòrd.

Aprèp lo Ròc d’Ercé qu’es a Central Park a New York, la Ròsa s’en va anar florir en Carolina de Nòrd lo 14 d’abrial. La Ròsa Trobadoresca (que vòl dire lo poder del lengatge al temps des trobadors) sortís d’Arièja en 2000 mercés al Nicolas Dedieu. Aqueste musicaire del grope OC apasionat d’istòria vòl montar son pròpre grope de musica anciana occitana. Pren 2 musicaires : Jacques Khoudir (Berbèr Normand) qu’a tocat ambe OC e Gérard Zuchetto e Philippe Groulard (un Ch’ti).

La Ròsa Trobadoresca aficha de la virada a las Americas. © Hervé Julien

La Ròsa Trobadorescaaficha de la virada a las Americas © Hervé Julien

Cornamusa de Puègverd

Lo Nicolas es un tòca tot en cèrca de raissas. E l’edat mejana a gaireben pas de secrets per el. La musica l’interèssa, solide. Coma son grand que li farà tanben passar la lenga. Rabala pels castèls. A Puègverd (Aude) vei aquela representacion d’un musicaire amb una cornamusa. L’afar es complicat. N’en demòra pas grand causa. Urosament, encontra Patrice Bianco un laütièr agenés, especialisat dins las bohas. Mercés an el,  aqueste enstrument desaparegut tòrna préner forma.

Instruments de La Ròsa Trobadoresca © Hervé Julien

Instruments de La Ròsa Trobadoresca © Hervé Julien

Ròsa Trobadoresca

La Ròsa contunha de créisser e Nicolas de completar sa polida colleccion d’instruments a flor e a mesura dels rescontres. Ambe lo Patrice Brient, un Cèlte especialista dels instruments que li far vièla d’arquet, rebec, organistrum, e Ugo Casalonga que li fabrica la cetera de Corsèga la que tòca Nicolas dins lo sicut del JT òc. Òm lo vei sovent ambe OC, tanben ambe Joanda sul platèu de Nagui per La Grande Battle en 2012. Totjorn a furgar de pertot, entend parlar d’un texte en occitan del sègle XIV gravat sus una lausa al castèl de Montreal-de-Sòs (comuna d’Auzat). Ambe son grop, van trabalhar e enregistrar lo texte per far cantar la lausa ! Nicolas s’interèssa als textes de trobadors e fa tanben d’intervencions al castèl de Puègverd. Es aquí e aital, ambe d’escolaris que quauqu’un lo remarca : Rai d’Honoré.

Cap a las Americas

Aquesta dòna, Escossesa, un briat marquisa e doctoranta en istòria de l’edat mejana, lo vòl dins son film. Li demanda 2 tròces dins « Trail of the Trobadors ». Lo documentari vira a las Americas e tanben sus You Tube. Nicolas li demanda alèra se seriá possible de venir parlar de tot aquò e jogar en çò d’ela. E se farà del 14 al 21 d’abrial a l’universitat de Greenville en Carolina de Nòrd amb quitament un concèrt at The Music House lo 19 d’abrial. Se parla ara d’un DVD e d’autras viradas. Un perfum de reconeissença per la Ròsa e un signe fòrt per Nicolas en memòria de son grand. Lo blòg occitan los seguirà aval.

Lo Benaset

 

06 Mar

Soritat : des femmes dans l’art du temps.

Cada naissença es un lençòl que se desplega

E cada mòrt un pauc de nèu

Que fond sul còr…

Les mots sont posés, le spectacle commence. C’est la générale de Soritat au complexe artistique de La Grainerie. Le carré de scène est jonché de tourbe. Une femme sort de la terre intérieure pour renaître à la vie.

Soritat : la fraternité sans eux

Soritat, ou plutôt « sororitat » (sororité), c’est la fraternité entre femmes. Il y en a 5 qui chantent et jouent (La Mal Coiffée), 5 circassiennes danseuses (Compagnie Timshel), et une qui met en scène : Fabienne Teulières.

Tout est parti du livre « Femmes qui courent avec les loups » de la psychanalyste conteuse Clarissa Pinkola. « C’est elle qui a amené l’archétype de la femme sauvage propre à la psyché féminine. Toutes les différentes figures de la femme qui a traversé toutes les périodes, tous les âges…» Alors quand Fabienne a arrêté son activité de circassienne pour s’adonner à la mise en scène, elle appelle les copines : « J’ai longtemps été circassienne, dans un milieu (le cirque) qui est assez masculin, où domine la performance. Là, je voulais explorer des choses propres à la féminité. ». Elle connaît La Mal Coiffée depuis ses débuts. Le projet Soritat c’est pour elles. Mais lors d’une ébauche pour un festival à Bar-le-Duc, elles ne sont pas disponibles et c’est Terra Maire qui assure la partie chant occitan dans cet extrait des Lavandières.

Mal Coiffée et Christ au féminin

Elle se remet au travail, ausculte les textes de La Mal Coiffée. Ca tombe bien, Jean-Marie Petit vient de leur livrer 24 poèmes sur la féminité dont la plupart se retrouveront sur leur dernier disque. « Je connaissais bien la Mal Coiffée. Ma belle sœur était dans le groupe. La grosse surprise pour moi a été de voir combien leurs chants traditionnels contenaient ces archétypes du féminin. L’occitan c’est une langue millénaire. Toutes ces figures d’avant le christianisme perdurent dans les chants. » Et les textes de Jean-Marie Petit sont du pain béni. Notamment « lo Crist es sus la crotz, vestit de lana rotja… » Un Christ qui mène les enfants à la fête du cirque et la Vierge Marie qui leur donne des pommes…Le fruit défendu ! Un Christ féminin pour une situation totalement inversée. « Tot es dins l’òbra de Joan-Maria Petit. Se jòga de tot : es un tipe que travèrsa los univèrses, laïc, religiós… En fach, es un animista. Dòna una dimension a la nocion de laïcitat que ne parlam plan d’aqueste temps, amb una dimension plan dubèrta. » Parole et parabole de Laurent Cavalié, le directeur artistique de la Mal Coiffée.

Soritat – Cie Timshel – 2014 from cie timshel on Vimeo.

L’art du temps

Sur scène, pas de frontières à la féminité. La Mal Coiffée chante, transcendée par ce qui se passe sur la piste entourbée. Et le spectacle ne manque pas d’air. Les danseuses circassiennes font des prouesses notamment sur un mât, sur un fil de fer et avec une corde. Mais aussi sur la terre, avec des branchages et même…un squelette! La femme se fait vouivre, renarde, sauvage. Elle puise dans son fort intérieur, dans ses mémoires, pour trouver sa piste. L’osmose est quasi parfaite entre les chanteuses et les danseuses.  Et parfois là aussi, les rôles s’inversent, dans différents tableaux assez « land art ».

Toutes donnent corps et voix au spectacle, dans une fraternité régénérante. Tout en ressort magnifié. Un spectacle total, prenant, qui surprend et qui fait du bien à l’occitan. Vous le retrouverez bientôt dans Viure al País et le 24 mars à Foix.

Benoît Roux

Reportatge : Edicion occitana S. Tijani B. Roux D. Hémardinquer O. Cabanis La Rossèla


Soritat par france3midipyrenees

18 Fév

L’occitan a l’ora del numeric

Jeudi et vendredi prochains, un colloque intitulé « Développement des technologies pour les langues régionales de France » est organisé par  l’IMMI-CNRS, la DGLFLF, le LIMSI-CNRS et ELDA à Meudon, en région parisienne. Parmi la soixantaine de participants, les membres du Congrès – institution qui développe des outils numériques pour la langue occitane –  interviendront pour exposer la situation de l’occitan.

Benaset Dazéas, directeur du Congrès, nous aide à faire le point 

Comment le Congrès a-t-il travaillé sur ces questions de langues et de nouvelles technologies ?

Nous avons réalisé un travail de 8 mois, une « étude-action », avec le soutien de l’ADEPFO (l’Association de Développement des Pyrénées par la Formation) autour justement de la stratégie numérique pour l’occitan. Une vingtaine de personnes telles que des enseignants, des formateurs, des représentants d’institutions ou d’universités ont participé à cette étude en faisant notamment appel à l’aide de spécialistes des technologies du langage pour le catalan, le breton, le basque et le gallois. Ils ont aussi travaillé en collaboration avec deux organismes basques : Media.kom, société de formation, et la fondation Elhuyar. En novembre dernier au Château d’Este de Billère, nous avons présenté  le résultat de ces travaux de la formation ADEPFO : « Diagnostic et développement numérique de l’occitan – feuille de route 2015-2019 ».

Quelle est donc la situation de l’occitan ?

Il y a quelques ressources qui existent mais elles sont peu nombreuses. On manque de corpus, on manque de grammatique et de modèle de langage. La situation de l’occitan est équivalente à celle du breton donc pas catastrophique non plus. L’occitan profite notamment de sa proximité linguistique avec le catalan, une langue qui a énormément de ressources numériques. Il existe par exemple un dictionnaire catalan-languedocien de bonne qualité.
Mais l’occitan connaît encore de gros retards, surtout au niveau des logiciels grand public, des réseaux sociaux, des jeux vidéos ou des Smartphones, essentiels de nos jours à la transmission de la langue.

Comment améliorer la situation ?

Suite à notre étude, nous avons produit un document technique de 40 pages. Dans un premier temps, il fait un diagnostic de l’état des ressources existantes (dictionnaires en ligne, correcteurs orthographiques, etc.). Mais il fait aussi des propositions concrètes. Il est surtout urgent de développer des outils technologiques de base : traitements de texte, correcteurs orthographiques, analyses sémantiques, traducteurs automatiques, reconnaissance vocale….
Ces besoins  sont répertoriés dans une feuille de route 2015-2019 avec un calendrier de réalisation. Une étude-action qui sera remise aux collectivités-partenaires pour qu’elle soit intégrée dans le cadre des politiques linguistiques publiques. Mais il faudra aller aussi chercher du côté de l’Europe.

Sirine Tijani

 

30 Jan

Max Roqueta, la libertat de l’imaginari

Un viatge al còr d’un poèta, d’un autor, d’un òme d’òc fins al 28 de febrièr 2015 a la mediatèca Emile Zola de Montpelhièr.

Afica de la mòstra de Montpelhièr

Afica de la mòstra de Montpelhièr

M’en soi anada fintar la mòstra de Max Roqueta luènh de las pachacalhas del jorn primier de l’inauguracion… Un silenci requist e la votz suava de Max Roqueta que parla dau Mas de Gàrdies o dau Larzac que foguèron luòcs d’inspiracion. La votz d’un òme sedusent e enfachinaire.

Diguèt : « j’aime le sud….. il existe une langue à côté de la langue officielle puissamment expressive… » Max Roqueta causiguèt la lenga d’òc per celebrar lo cant dau mond. Dins aquesta mòstra dubèrta au public mai larg, lo que ven,  camina en rè despuòi la pontannada de la consacracion de l’escriveire fins a sa quítia enfancia. Un viatge dins lo sègle XX dins la literatura occitana e la vida vidanta en Lengadòc. Coma lo dís Domenje Caucat, un apassionat de Max : « Sem emparadisats ! ». Un fum de manescriches, de fotografias e mai encara dessenhs e letras  pertocants que fan cabussar dins lo mond subtil e treslusent dau poèta. Disiá : « Je voudrais que certains de mes poèmes passent dans la mémoire du peuple même s’il n’en connaît pas le nom de l’auteur ». Un omenatge bèl a un autor occitan, s’ameritariá que foguèssen celebrats totes los autors qu’an facha la literatura occitana del segle XX.

A l’entorn de la Mòstra, d’animacions dins las mediatècas de la metròpola. De mancar pas entr’autras : Rasims de luna, la poesia de Max Roqueta mesa en  musica per Laurent Audemard e cantada per Muriel Batbie-Castell e Joan-Francés Tisner lo 20 de febrièr a la mediatèca de Castries (34).

 

Myriam François

 

 

29 Déc

Fotbòl : Occitània/Isla de Man per las fèstas !

Alèra que n’i a que son a se rostir la coneda, cabirolar dins la nèu o ensajar de digerir la piòta e lo soc de nadal, la còla occitana de fotbòl afusta los crampons. Pas donc de trèva coma pels professionals, mas un tròç de causida al menut : l’isla de Man situada dins la mar d’Irlanda ambe mens de 100 000 estatjants. Aquò’s pel costat « exotic » per çò que costat fotbòl, aquela còla foguèt finalista de la ConIFA world cup de 2014 que se ganhèt una autra equipa occitana : la Selecioun del Countea de Nissa.

 

Los òmes de Daidièr Amiel que finiguèron 6en d’aquesta competicion (sens pèrdre de partida) auràn coma de costuma un cors d’occitan d’una bona mièja-orada de dabans d’anar prestir e sonsir lo terren e ausir un pauc de « Mannois », aquesta lenga celtica de l’isla de Man. Lo seleccionaire va menar 18 jogaires, amb un bon detzenat de novèls per far progressar l’equipa e obténer lo melhor nivèl possible. Cossí que siague, van aparar las valors occitanas. De jogaires que son pas mai los sols a portar las colors occitanas estant que 2014 vegèt l’espelida d’una còla femenina occitana.

IMG_00002558

La partida es a 6 oras del vèspre, dimars 30 de decembre, al TOAC, 20 camin de Garric a Tolosa. De d’aprèp, los Occitans faràn un pauc la fèsta quand mema al club house ambe de que manjar e de que dansar. Serà la darrèira partida de d’abans d’anar a la copa del monde de 2015 que se debanarà…a l’isla de Man del 13 al 21 junh ambe 12 equipas.

Reportatge complèt de seguir dissabte 3 de genièr dins lo Jornalet de França 3 a 7 oras un quart.

lo Benaset

téléchargement (6)

02 Déc

La Pastorala de Nadau

Pastoralas de Nadau

 

Depuis petit, Michel Maffrand aime Noël. Rien d’étonnant donc que le nom de son groupe soit…  « Nadau » ! C’est presque tout naturellement que Jan de Nadau a décidé de revenir aux sources et de mettre sur pied un projet ambitieux : la pastorale de Nadau. Une histoire de la Nativité contée en gascon, où Bethleem se situe en fait à Valentine… près de Saint-Gaudens ! Un spectacle qui rassemble 80 choristes et 20 musiciens traditionnels venus de tout le Comminges.

 

 

 

Pendant tout le mois de décembre, « La pastorale de Nadau » sera présentée dans 6 églises du Comminges : le 6 décembre à Saint Girons (16 heures), le 7 décembre à Montréjeau (16 heures), le 13 décembre à l’église de Les dans le Val d’Aran (16 heures), le 14 décembre à Luchon (16 heures), le 20 décembre à l’église de Saint Gaudens (15 heures) et le 21 décembre à l’église d’Aspet (16 heures).

 

Sirine Tijani

10 Nov

Osages et Occitans

C’est une histoire qui dure maintenant depuis 25 ans. Au tout début des années 90, Jean-Claude Drouilhet, habitant de Montauban, Occitan et curieux d’entre les plus curieux, tombe sur un article de la revue Historama dans lequel il apprend qu’en novembre 1829, trois Indiens de la tribu des Osages sont arrivés dans sa ville, après plus de deux années d’errance un peu partout en Europe. Leur seule volonté à ce moment-là était de pouvoir rentrer dans leur tribu, de l’autre côté de l’océan. Mais sans un sous, exténués et démunis, le retour sur la terre natale paraissait tout simplement impossible. C’est finalement grâce à la générosité de l’évêque de l’époque, Monseigneur Dubourg, ainsi que de la communauté Montalbanaise que l’argent nécessaire au retour des Osages a pu être réuni et que les trois indiens sont rentrés chez eux.

L’histoire aurait bien pu en rester là mais lorsque Jean-Claude Drouillhet a pris connaissance de cette aventure peu commune, l’idée de reprendre contact avec ces Indiens et cette tribu lui paraissait… simplement évidente. Une lettre est donc partie en Oklahoma, au tout début de l’année 1990  » sans trop savoir ce que cela allait donner… c’est un peu comme si j’avais jeté une bouteille à la mer « , précise Jean-Claude. Mais quelques mois plus tard, il reçut une réponse.  » Il m’ont tout simplement répondu qu’ils connaissaient bien cette histoire de leurs ancêtres revenus de Montauban et qu’ils étaient prêts, si nous le souhaitions, à faire des échanges avec eux…« 

Ainsi naquit l’association « Oklahoma-Occitanie » dont l’identité partagée entre Occitans et Osages, tisse des liens étroits de part et d’autre de l’océan. Depuis l’été 1990, où 43 Indiens Osages sont venus pour la première fois en Occitanie et à Montauban « marcher sur les pas de leurs ancêtres« , des dizaines d’autres voyages, célébrations, jumelages se sont succédés ici… et là-bas.

Jean-Claude Drouilhet - Fondateur de l'association Oklahoma-Occitania lors du tournage du Magazine Occitan en mars 2005 en Okahoma © Michel Blasco France 3

Jean-Claude Drouilhet – Fondateur de l’association Oklahoma-Occitania lors du tournage du Magazine Occitan en mars 2005 en Okahoma © Michel Blasco France 3

 

En ce mois de novembre 2014, ce sont cette fois-ci trois Indiennes qui sont venues jusqu’à Montauban. Danette Daniels, professeur de langue Osage, Florence Big Heart Tranum, arrière petite-fille du chef de la tribu qui a négocié avec le gouvernement américain l’attribution des terres de la réserve Osage en Oklahoma au début du siècle dernier et enfin Kathryn Red Corn, directrice du musée tribal de Pawhuska, capitale de la réserve Osage. Nous avions déjà rencontré Kathryn Red Corn, chez elle en Oklahoma en mars 2005 lors d’un reportage tourné pour le magazine occitan « Viure al País ». Une émission spéciale consacrée à la découverte de ces Indiens Osages en compagnie de Jean-Claude Drouilhet et l’association Oklahoma-Occitanie.

Kathryn Red Corn - directrice du musée Tribal de Pawhuska © Association Oklahoma-Occitania

Kathryn Red Corn – directrice du musée Tribal de Pawhuska © Association Oklahoma-Occitania

 

Nous vous proposons de voir ci-dessous le reportage que nous avons consacré la semaine dernière dans l’Edition Occitane à la visite des 3 indiennes Osages à Montauban, et en suivant, si vous souhaitez en savoir plus sur cette tribu, le magazine occitan « Viure al Pais », sous-titré en français, consacré aux Indiens Osages et aux liens qui les unissent aux Occitans de Montauban, diffusé en mars 2005.

Clément Alet

17 Sep

Crozada duèi : un Escossés fa sa crosada

Patrick Hutchinson est un Ecossais, docteur ès Lettres, poète, traducteur…Et lorsqu’il est tombé sur « la canso de la Crozada » : « C’est Game of Thrones et c’est pas loin de l’Atlantide. Une série riche et un univers totalement oublié ». Patrick Hutchinson s’est donc mis à écrire « Crozada duèi ».

patrick_hutchinsonSpécialiste des troubadours et de leur lyrique, Patrick Hutchinson s’est penché sur ce long texte fleuve (9000 vers) au début des années 90. « Quand j’ai commencé à traduire, j’ai de suite entendu des rythmes contemporains, du slam, du rap… » Son spectacle fait donc le lien, une rencontre, entre ce passé riche et ce présent moderne. Il se compose de 3 parties qui relatent les différents épisodes de la Crosada. « La deuxième partie se déroule au moment où Simon de Montfort a perdu contre les comtes Provençaux. » Le seigneur « postiche » comme le nommaient les Toulousains est alors fou furieux de découvrir que certains de ces derniers ont financé les Provençaux. S’en suit la venue sur Toulouse et la bataille de Muret que l’on sait. « La troisième partie, c’est cette extraordinaire naissance d’une commune insurrectionnelle. La ville de Toulouse était en plein développement démocratique, une république urbaine sur le modèle des villes italiennes. Et ça, la papauté et la féodalité du nord ne pouvait le supporter. »

 

De tous ces épisodes, Patrick Hutchinson en a donc fait une fresque moderne, entre théâtre et musique. Et évidemment pas n’importe quelle musique : Mauresca et 2 slameurs. Si vous voulez en savoir plus, un site internet est consacré à cette création. Le mieux c’est encore d’aller voir le spectacle dans sa troisième partie le vendredi 26 septembre à Saint-Pierre des cuisines de Toulouse. Notre Ecossais travaille à réunir les trois parties pour en faire un spectacle de 2H-2H30. Pourquoi pas pour le 800ème anniversaire de la mort de Montfort en 2018 ?

Benoît Roux