16 Avr

Lo plaser d’un jornalista occitan

Si j’ai choisi ce métier de journaliste, c’est justement pour ça : apprendre, rencontrer, découvrir et partager.

Des rencontres de prime abord professionnelles souvent préméditées, calées, rapides, intéressantes mais frustrantes…Mais parfois quelques « splendides hasards ». Des moments suspendus, hors du temps, qui ne sont plus d’ordre professionnel mais qui touchent l’humain. Olivier Courthiade est de cette veine-là.

Olivier, c’était un élément parmi d’autres dans mon petit dossier de personnages, occitan ou pas, en prévision de tournages, au cas où. Quelques noms enfouis, presqu’en sommeil, au fond de ma mémoire. Il est ressurgi de manière inattendue.

Les_Deux_Pianos_515fdcc71a4a9Au cours d’un tournage à la faculté du Mirail, une étudiante -Alice Traisnel- me parle de ses collectages en Ariège, d’un spécialiste de la traction animale. Un type super :Olivier Courthiade… Courthiade? Ce nom me dit quelque chose…Ah tiens oui, j’ai un dossier. Ah oui, pas mal ! Et donc il parle occitan…Vite fait, quelques mots tapés sur Google. Ben dis-donc, pas méconnu le garçon, et pas du tout oublié des écrans non plus. Mais bon, je l’appelle. « E se vòs venir n’as pas qu’a vengue ! ». Une entrée en matière succincte mais efficace!

J’ai toujours pour habitude d’aller préparer mes reportages sur le terrain, discuter de vive voix, sentir des choses tout seul, sans caméra. Et là, voilà t-il pas que le jour du repérage, j’apprends -toujours grâce à Alice- qu’Olivier a décidé de ferrer des bœufs… J’ai beau être fils de paysans, je pense de suite à une blague. Ferrer des bœufs en 2014 ? Allez, à d’autres ! L’hameçon est trop gros pour que j’y ferre! Mais bon, vérification de l’information. Un vieux principe. Je rappelle l’intéressé, qui rigole : « Òc ben, nos arriba sovent açi ! ». Bon, va pour les bœufs. Mais alors, il ne faut pas que je parte seul. Je ne verrai pas ça tous les jours, ni le téléspectateur. Il me faut absolument trouver un cameraman… Miracle, il y en a qui est dispo, car son rédacteur est malade. Et nous voilà partis. Arrivés sur le pouce à la ferme de Méras à Nescus (Ariège), les civilités commencent par un repas. Pas trop le temps de discuter. La table est pleine avec ceux qu’Olivier a rencontrés, aidés, remis sur pieds et qui donc se sont posés un moment dans cette ferme vieille de plusieurs siècles. Alice m’avait dit que j’avais de la chance « L’Olivièr es un mèstre de la padena ». Me damne, efectivament. Aquò nòl de pertot ! Mais pas le temps de s’endormir sur le rostit. Le propriétaire des bœufs est là avec son camion. Olivier qui les a en pension per los dondar va les chercher et les embarque.

Grande première pour moi mais aussi pour le maréchal ferrant ! Je pense qu’il s’en souviendra lui aussi. Il a travaillé à Saumur. Pauròt ! Heureusement que le métier à bœufs est solide. Mais bon, Olivièr ten la cordèla e aquò’s pas lo moment de l’embestiar ! Mes questions attendront et mon repérage aussi. En tot cas lo « feeling » es bon. Rendez-vous dans trois jours avec l’équipe de France 3.

Et ce premier jour où nous allons de découvertes en découvertes. Un peu déconcertés et avides de voir le reste. La matière est partout. Et Olivier ne demande qu’à la transmettre. Amb son biais, sa sensibilitat, de retenguda tanben… Petit à petit, tout se dessine. Les séquences, les idées. Et puis tous ces gafets qui sont avec lui, des accidentés du cœur, de la tête qui ont enfin trouvé de la compréhension et un refuge. D’habitude pour les portraits, je n’aime pas trop faire parler les proches, les amis, la famille. Ca manque souvent de recul et d’originalité. Là je tente une première interview. Les réponses succinctes précises et sans concession d’Elvire m’incitent à m’aventurer pour une deuxième. Même miracle avec Antoine : « C’est pas facile de trouver une place dans le monde. A Méras tu sais que tu as une place. On peut être méchant, un peu con même. Olivier comprend et nous aide quoi qu’il arrive… ». Tout est dit.

Le soir, aprèp s’èsser congostat de la bòlas de picolats de l’Olivièr, on tcharre, évidemment… De la vie, de ces rencontres, de musique bien sûr, des gafets qui viennent et repartent de la ferme de Méras, du parcours d’Olivier qui aurait voulu être danseur… De cette vie pas toujours choisie mais extraordinaire qu’il a menée. « Tèn, se vòs, ai escrit tot aquò dins un roman : les deux pianos… Legiràs. » E un risolet al coet de las pòtas : « me diràs d’aprèp tu qu’un es lo personatge qu’es per ieu lo pus important, lo pus car… ».

Et moi qui suit un grand mélomane mais piètre lecteur me voilà le lendemain les yeux en berne, estabosit e plan content de tot çò que m’èri engolat duscas a punta d’alba

Oui ce type est extraordinaire de bienveillance, de bonté, de savoir-faire et de sensibilité. A lo biais coma se dis,tant de chose à transmettre, tant de domaines où il excelle. Et de reparler la langue d’òc à ré-ouvert des fenêtres sensibles

 

Benoît Roux

 

29 Mar

Mauresca sort son ragga-rocky-riot

Sur la dralha contestataire des « Pussy Riots » (féministes russes) et musicale du « Riot grrrl » (mouvement à la croisée du punk-rock et du rock alternatif aux idées féministes) les gars de Mauresca ont dégainé leur Riòta.

De brun sus la pocheta

« C’est la sombre couleur, l’embuche et l’écueil, c’est la brune terreur, la nation en deuil… » La Riòta

Si des résultats électoraux très récents ont pu donner raison à Mauresca, l’album Riòta a de quoi regonfler la chorma de ceux qui ont mal à la tête depuis dimanche. Le groupe avait pris soin de faire tourner ce morceau juste avant.

Mauresca, 5 albums au compteur avec des titres laconiques et très évocateurs : Francament (2001), Contèsta (2005) Bartàs (2008), Cooperativa (2010) et donc Riòta (2014). Pochette brune face à la vague sombre. Jeudi à Toulouse, la Riòta (émeute, soulèvement) a déjà sonné sur scène. Benezet artille : « On ne sait pas si c’est vrai mais ça nous plaît de dire que l’anglais Riot vient de l’occitan Riòta! »

 Formula novèla

Une guitare et une batterie pour étoffer le rythme, faire monter le riddim, rajouter du jeu, voilà longtemps que les 5 membres fondateurs issus de la fac Paul Valéry y songeaient. Chab, Drac, Benezet, Inti et Massimo ont fait un essai en 2013 à l’Estivada de Rodez et pour la Fèsta d’òc de Béziers. Essai transformé lors d’une résidence dans l’Aveyron pour composer le nouvel album. Massimo s’est davantage impliqué dans les créations. Il a posé ses guitares : rock, saturée, avec de gros riffs, parfois punk. Sur scène, c’est Sylvain Briat venu tout droit de The Plans qui le remplace. Côté batterie, Julien Carbonne, n’est pas vraiment dépaysé. Il vient d’un autre groupe languedocien qui s’est fait un nom sur la scène Ska-punk-raggamauffin : Stevo’s teen.

 

A l’arrivée, ça sonne british : The Clash, Dub Pistols et Ninja Tune, du nom de ce label anglais de musique électronique où se retrouvent beaucoup de DJ. Et Drac -celui de Mauresca- est très à l’aise pour envoyer ses scratches.</p#>

 Riòta, Casper e los autres sus l’empont

Sur scène, les changements sont audibles. Plus de jeux dans les rythmes, un son plus posé et plus lourd, plus d’énergie… C’est visible sur les nouveaux morceaux : des riffs rock pour « Riòta », guitares saturés sur « Mauvaises idées » du punk façon The Clash pour « Miègjornau ». Ceux plus anciens comme « Indians de las Americas » semblaient faits pour ça. « Sus la Montanha » prend de la hauteur, va plus loin sus las auturas. Le groupe n’a rien perdu de son « Boulégant », de son énergie communicative. Les voix ont évolué aussi. Et pas seulement sous l’influence de Casper, ce fantôme de micro revenu des années 50. « C’est un très vieux micro -qu’on appelle Casper- que nous branchons sur une machine pour faire des effets. C’est un gros délire. On en met partout ! », confesse Drac. Sur scène, Chab s’en amuse beaucoup. Notamment sur « Mauvaises idées ». Pour chasser le fantôme en chemise brune ?

« C’est de la faute aux autres, ainsi naissent les despotes, penses-y quand tu votes, pense au bruit des bottes. » La Riòta

Benaset de la 3

26 Mar

Mauresca fa virar!

Tournée générale ! Mauresca, 5 albums au compteur pour ces 5 serveurs de hip hop ragga, en occitan sioplèt. Leur nouvel album, Riòta ils viendront l’arroser jeudi soir 27 mars. Histoire de chauffer et recharger La Dynamo (Toulouse).

MAURESCA_1-®bskb-production

  Photo bskb-production</p#>

Un collectif très coopératif né en 1998 à la fois local et international, engagé et poétique, qui fait danser et réfléchir avec de la tchatche , des musiciens et des machines…

Et ça bolèga grave chez ces enfants de Paul Valéry. Des horizons différents : Chab de Provença, Benezet Hérault et chant polyphonique, Drac aux Platines , Inti from Bolivia et Massimo d’Italia. Ils ont laissé sur la route le Fracas Dub pour ne garder que la Mauresca. L’écriture plus que jamais affûtée, la plume acérée et poétique. .

 

Riòta

L’album n’est pas encore sorti mais le groupe a profité des élections pour faire tourner un premier tròc : « Mauvaises idées ». Gros son, mix classieux riche et équilibré, rythme implacable et dansant à la Zebda, des scratchs qui scandent,  des voix parfaitement posées et colorées en òc et français. Et le texte qui envoie : les mêmes et mauvaises idées…

 poussées par la peur</p#>

l’ignorance et l’orgueil,</p#>

nourries de rancœur </p#>

que la haine recueille, </p#>

gonflées par l’erreur </p#>

comprenne qui veuille </p#>

méfiance et rumeur</p#>

gentil n’a qu’un œil</p#>

c’est la sombre couleur</p#>

l’embuche et l’écueil</p#>

c’est la brune terreur</p#>

la nation en deuil…    </p#>

Autant dire que le scrutin municipal leur a donné raison et que la Riòta (titre de l’album) est plus que jamais sur la place. Un titre sur fond de révolte et de punk qui fait indubitablement penser au « White Riot » des Clash et « Teen Age Riot » de Sonic Youth. Un morceau qui s’est déjà escapat sur les ondes de « Good Morning Occitania » et qui semble du même tonneau que « Mauvaises idées ». De quoi nous assoiffer en attendant la sortie prévue fin avril.

En attendant, tournée générale : Mauresca sera jeudi à 20H à la Dynamo de Toulouse, vendredi matin dans les studios de « Good Morning Occitania » pour Radio País et Occitania et samedi dans le Jornalet de France 3. Sans oublier Doctors de Trobar vendredi à l’Estanquet de Tolosa. Fai virar !

Lo Benaset…de la 3 !

 

20 Mar

Le Mémento occitan de Philippe Caubère

Ce soir, Philippe Caubère est au Théâtre du Pont Tournant de Bordeaux pour « Marsiho », une pièce d’André Suarès. Et samedi à 18H, il jouera le « Mémento Occitan » d’André Benedetto. Une épopée lyrique d’un auteur qui lui est cher. L’occasion d’évoquer des racines occitanes que cet immense comédien marseillais n’a pas oubliées.

caubere-mementoMémento occitan, c’est une sorte de road movie occitan qu’il interprète avec Jérémy Campagne à la guitare. C’est un autoportrait d’André Benedetto mort en juillet 2009, terrassée par un accident vasculaire dans les vignes de Tavel.

Un texte splendide au verbe riche, du rock scandée en oc qui  interpelle sur l’identité. « L’identité occitane dépasse les caricatures : elle est une chose éternelle, qui regroupe tout ce qui se trouve au sud de la Loire, de Bordeaux à l’Italie, de l’Espagne à Clermont-Ferrand. Moi-même, je ne peux pas me détacher de mon enfance marseillaise, et Marseille, c’est tout sauf le foot ! Il y a une telle richesse, une telle diversité dans cette ville tellement belle, tellement laide, une telle violence aussi, qu’elle inspire une passion qui interdit qu’on la réduise à une ville désargentée qui jouerait au foot pour se consoler… Le Sud, ça veut dire une identité particulière, et j’ai envie d’exprimer poétiquement cette identité, qui n’est ni Paris, ni la France, qui est celle d’un autre pays que, là encore, on ne peut pas réduire à la pagnolade » disait-il dans une interview donnée au journal La Terrasse.

Un spectacle fort qui laisse souvent le spectateur sous le choc. Ébahi. Subjugué.

 

Benoît Roux

 

 

18 Fév

Amb un fil d’amistat

 

C’est un travailleur de l’ombre, un de ces érudits pas tout à fait anonyme qui tisse ses œuvres avec précision et discrétion. Depuis les années 60, il ne cesse de baliser ainsi la littérature occitane tantôt de piques somptueuses, tantôt de pieux mystérieux avec un  fil d’Ariane toujours tenu.

Partagé entre Montpellier et Bordeaux, entre la recherche et l’enseignement, il a élevé de nombreux étudiants, éclairé sous d’autres jours la littérature d’oc de Godolin à Pécout, impulsé de nouvelles recherches, crée des revues comme Lengas.

Toujours collectif et jamais perso ; un artiste singulier dans un monde pluriel.

Il faut lire et relire sa poésie : L’ora de paciénça, la Dicha de la Figuièra, A la Negada

Amb un fil d’amistat

Et des liens indéfectibles se sont noués avec ceux qui le croisent, le suivent « amb un fil d’amistat ».

Le titre de cette œuvre à paraître est tiré de Godolin et son célèbre Ramelet moundi, paru en 1621.

Des collègues, des amis, scientifiques, poètes, critiques ont ainsi prêté leur main à cet ouvrage révélateur de l’immensité et de la variété de son travail.

Il aura fallu 900 pages pour réunir les contributions de ces 80 écrivains amistoses. Cet Arc de seda littéraire, ce mescladis de mots paraîtra au début de l’été. Il vous reste tout le printemps pour y souscrire auprès de François PIC / CELO / 9 rue Jean de Mansencal / 31500 TOULOUSE.

Benoît Roux

Souche

Photos © Georges Souche

Dempuèi lo temps que s’avançam

 se siam de verai ont cresem d’èstre

qual o pòt saber

 quau podriá dire

si lo soleu qu’entrevesèm

de l’autra man de la finestra

es ben nòstre soleu

 

es que lo gisclat mesurat dei pins

et lo sorire dau vent entre lei brancas

serian pas qu’illusion

e consolament tot provisòri

 

dempuèi lo temps que s’avançamarbres_gaa0005

creserèus

dins la succession tan bèla

dei jorns e dei sasons

e que confles d’amors perdudas

ne cercam d’autres a cada canton de camin

 

quau nos assegurarà que tot aquò’s pas que joc

e semblanças de viure

e que lei lagremas rajant

sus la pèu lisa

que tant l’aimam

serián pas que pluejas mòrtas

tombant

per comolar nostrei vanei desiranças

 

Felip Gardy : « Dins un cèu talhant de blau »

Editions « Letras d’Oc » 2010

25 Oct

Còps d’ala tòrna prener la volada, nouvelle série en occitan.

 

La série Còp d’Ala reprend son envol.

10 nouveaux épisodes pour mieux comprendre les fondements de villes et villages d’Occitanie.

Et voilà une série qui va séduire tous ceux qui s’intéressent à l’Histoire, à l’urbanisme, à la belle image et bien sûr, à l’occitan.

Écrite de main d’expert par Pierre Brun, portée par sa voix, la langue d’oc y est fouillée, riche, travaillée imagée…Un vrai travail linguistique et pédagogique qui pourrait servir en classe.

D’autant plus que l’on y parle d’Histoire et que celle-ci ne figure pas toujours dans les manuels scolaires.

Les faits se passent au Moyen-âge, globalement du Xème au XIIIème siècles. L’apogée en quelques sorte de la langue d’oc, très présente dans la population mais aussi dans les cours européennes. Un rayonnement culturel avec la littérature des Troubadours, et plus tard Dante…

Seulement voilà. C’est aussi l’époque de la Croisade contre les Albigeois, pour annihiler le catharisme et s’emparer des terres du sud.

La série présente de nombreuses découvertes comme à Cordes (81) avec la maison du Grand Veneur construite par un descendant de famille cathare. Sur le mur gothique on y voit  ces visages effrayés, des femmes qui protègent leurs enfants, des personnages qui se tiennent la tête…

Pour chaque épisode, une ville et un type d’organisation : ville marchande (Lauzerte, Montech, Castelsarrasin), sauveté (Villeneuve d’Aveyron), bourg castral (Cordes), château stratégique (Najac) ou encore bastide (Lisle-sur-Tarn, Montesquieu-Volvestre).

Còp d’Ala explique donc comment et pourquoi se sont constitués villes et villages d’Occitanie. Et en soit, c’est un document d’urbanisme.

Enfin les images sont de grande qualité. A l’époque où l’on voit beaucoup d’images aériennes réalisées par des drones, celles-ci sont faite depuis un ULM, avec une caméra HD par Amic Bedel. A l’arrivée : un regard original et authentique avec une vraie sensibilité.

A ne pas manquer cette saison dans Viure al País. Premier épisode consacré à Lauzerte (Tarn et Garonne) le dimanche 3 novembre à 11H25 sur France 3 Midi-Pyrénées, Aquitaine et Languedoc-Roussillon.

Benoît Roux

09 Avr

Occitan Pride, J-10

A défaut de Gay Pride, c’est bien une Occitan Pride qui est censée déferler dans les rues de Rodez le 20 avril prochain. A l’initiative de la Coordination Occitane, née juste après les Assises de la Culture occitane dans l’Aveyron en 2009, le « Grand passacarrièra » entend bien réveiller la part d’occitanité qui sommeille en chaque rouergat. En 1971, l’écrivain Henri Mouly avait lancé un appel « al pòble de Roèrgue », mais il avait été peu entendu. Quarante-deux ans plus tard, les organisateurs lancent à nouveau cet appel et espèrent réchauffer pour de bon la cité.

Sans revendication précise, la marche des fiertés occitanes  est uniquement l’occasion de s’afficher « Occitan », chacun à sa façon : du simple locuteur, conscient de parler peut-être plus qu’un vulgaire patois, aux militants occitanistes, en passant par tout ceux qui ont choisis de venir cueillir et s’approprier un bout cette culture rouergate. A 10 jours de l’événement, on annonce la participation aussi diverse que variée des vignerons de Marcillac, à la confrérie du fromage de Laguiole, des groupes folkloriques des quatre coins du département au Mac d’Oc d’Arvieu, des enfants des écoles bilingues ou des calandretas au camion électrique de l’entreprise Braley. Tout cela bien entendu sans parler des dizaines de groupes de musiques, chanteurs, artistes, performeurs ou encore joueurs (de quilles évidemment). Il y en aura donc pour tous les goûts et à peu prêt toutes les couleurs. Dans ce fourre-tout occitan, pas de condition particulière pour les élus ou les politiques qui prendront la parole, s’ils le souhaitent, dans un recoin de la place du Bourg, point d’orgue du « Grand Passacarrièra ».

« Plus un pays porte collectivement sa culture, plus il est en cohésion sociale, plus il est en dynamique, plus il est attractif, plus il crée, plus il invente, plus il accueille ! », affirment collectivement les membres de la Coordination Occitane qui appelle au rassemblement. Nul doute que les Occitans répondront présents et peut-être même au-delà de ce qui était prévu. Depuis que les organisateurs ont lancé leur appel pour le 20 avril, le contexte politique concernant les langues régionales en France s’est tout récemment dégradé. Le président Hollande a renoncé le mois dernier à sa 56ème promesse de campagne qui devait voir ratifier la Charte Européenne des Langues et Cultures Minoritaires et le projet de loi de refondation de l’Ecole de Vincent Peillon a failli totalement oublier les langues régionales. Pour l’heure, les organisateurs n’ont pas modifié leur appel ni reprécisé leurs revendications mais il se pourrait bien que les Occitans aient une raison de plus de défiler pour ce « Grand Passacarrièra ».

Clamenç Alet

15 Fév

Tant val ne rire (mieux vaut en rire)!

La setmana passada, los Occitans èran a enregistrar l’emission del 24 de febrièr. Una THEMA sul Rire d’òc al teatre La Rampa de Montpelhièr. Vos sètz regalats ? Aqui de que contunhar de se petar la ventresca !

La semaine dernière, les Occitans enregistraient l’émission du 24 février. Une THEMA sur le Rire Occitan enregistrée au théâtre La rampe de Montpellier. Vous avez aimé l’émission de Viure al País ? Voilà de quoi poursuivre.

BOUQUINS DVD et CD : Rire occitan

Une BD occitane « Bestias à Bon Dieu » aux éditions Fluide Glacial par Jean-Yves Ferri – une BD en occitan avec un humour très occitan inspiré du milieu agricole tarnais: un héros particulier Aimé Lacapelle, as de la police agricole du B.I.T. (Bureau d’Investigation Tarnais)

Pòl-Emili lo petit inuit de Letrio – éd. Vistedit

Des planches d’une à deux pages  en bandes-dessinées sur les facéties de Pòl-Emili. De l’humour, de  l’occitan… Pour adultes débutants, enfants bilingues – ou le devenant.

Contes de rire

Escrich per Daniel Chavaroche.Ilustrat amb de dessenhs manificas e amb fòrça colors per Mayana Itoïz.Edité par le CRDP-d’Aquitaine en 2005. Se trapa un libret d’acompahament pedagogic sul sitihttp://crdp.ac-bordeaux-fr/capoc. Dos CD audio enclùs dedins. Huit contes humoristiques avec des animaux comme protagonistes, pour faire la lecture aux petits avant de se coucher                                                             Texte en occitan et traduction française sur le CD audio.

CD NHÒRLAS Daniel Chavaroche Cet enregistrement comprend 28 nhòrlas (histoires drôles) du conteur et humoriste sarladais Daniel Chavaroche

Contes atal  (+ CD )

de Antonin Perbòsc

Postfaci de Josiana Bru

Contes dits per Robèrt Martí

Des contes rimés, érotico-comiques

Micheu CHAPDUELH – COLERAS (chroniques) Enfin rassemblées, 65 Colères de M. Chapduelh. L’auteur en est sûr : l’absurdité toujours plus grande du monde que nous connaissons nous mènera logiquement vers une absurdité plus grande encore. Ce n’est pas une raison pour se laisser aller et mourir de langueur ! Nous crèverons peut-être, mais pas sans rire ! (NOVELUM – ENSAGES)

Collection CACALAS aux éditions Vent Terral – voir les 8 bouquins sur le lien

http://www.vent-terral.com/colleccion/cacalas.php?lien=colleccion

Catinou et Jacouti : Adissiatz pla brave mounde ! Editions du Raffut Personnages à peine caricaturaux,Catinou et Jacouti, sont en fait deux types humains universels tels qu’on peut en rencontrer encore dans tous les villages de nos terroirs d’Oc. Cette authenticité leur a valu, dès leur apparition sur les ondes de la radio toulousaine à l’automne 1944, de connaître un éclatant succès qui n’a jamais cessé de se confirmer et qui, par son ampleur et sa durée, n’a pas d’équivalent dans les annales de la culture populaire occitane. Textes et dessins de CHARLES MOULY

DVD Charles Mouly : L’aventure de Catinou
Un film de 52’ par  Joëlle GinestetBruno Bastard Pour tout ce qui concerne « Catinou et Jacouti » cf pour commander catalogue de l’association PAÍS DE CATINOU Minjacebas – Sent Lis – voir page internet

http://paisdecatinou.over-blog.com/article-commander-le-dvd-l-aventure-de-catinou–41757137.html

DVD des humoristes Clamenç (André Clément), Padena (Robert Martí)

 

CLAMENÇ presenta AGACHS (DVD )

« … Un uèlh agut sus la societat d’ara… L’argent… los medias… un pesic d’escarniment… un dedal de ferocitat… un culhièr de politica… tot aquò plan salat, pebrat amb una flaira d’impertinença. Lo Clamenç vos servís un platèu de rire canhis e d’esmoguda… «  ( Un regard aiguisé sur la société actuelle… l’argent… les médias… une pincée de dérision… un doigt de férocité… tout ceci salé, poivré avec un soupçon d’impertinence… Clamenç vous offre un lateau de rire grinçant et d’émotion…)

Photographies et conception : Georges Souche

 

30 ans de scène en DVD : Padena : PADENISSIMO Vol. 1 – Edition célia Depuis 29 ans, le phénoménal Padena, alias Robert Marty, parcourt tout le pays d’oc de ville en village, de récitals en soirées et rassemble autour de lui toutes les générations confondues. Affublé de sa blouse et de son béret, vaquí Padena et toute sa famille de Padenasses, de Padenous, toute une équipe sortie de ses histoires en langue d’oc pour rire de bon cœur ! L’humour de Padena nous aide à mieux comprendre ce qu’est l’humour en général. Par sa pratique de la langue d’Òc, son rôle devient majeur. Avec ses vannes, loin de ridiculiser son propre auditoire, loin de ridiculiser la langue en la confinant dans un usage restreint (ruralité, spécificité locales, grivoiseries), il réussit, en établissant avec son public une étroite connivence dans l’évocation de leurs univers culturels, à se moquer gentiment des vieux travers en aidant les gens à les dépasser sans développer aucune honte de ce qu’ils avaient été, aucune occultation de leur propre histoire.  Du très grand art !!!… »

Les Titeuf, Astérix et les Gaston Lagaffe et autres BD traduites en occitan

INTERNET VIDEOS

 

Laurent Labadie L’Occitanie en Baignoire et autres sur youtube                            https://www.youtube.com/watch?v=KjpV7UQGd4M

Les vidéos du collectif Dètz – rubrique humor                            http://www.detz.tv/spip.php?article442&lang=oc

Las cogordas awards                                                                  http://www.cogordasawards.com/

CLAUDI e FIFINA http://www.claudi-e-fifina.com/

Lo Francis de Gindon sur daylimotion https://www.dailymotion.com/video/xgbxxx_blagues-en-occitan-de-francis-de-gindou-extraits_fun#.URJjwIcxhYU

E enfin : Lo Camar-Sostrar Ou Le Collectage Amoureux Chez Les Gascons De Toujours Version gasconne du Khamâ Sutrâ, texte E. Astié, dessins Tita. AAEL Toulouse, 1998

 

Dossier réalisé par Vicenta Sanchez et Benoît Roux

31 Oct

4 novembre : VAP spécial patrimoine industriel, l’édito de Sirine Tijani

La revolucion industriala dels sègles passats cambièt prigondament la societat e faiçonèt los paisatges d’Occitània. A l’ora d’ara, d’usinas abandonadas, transformadas o reabilitadas, jalonan lo territòri, patrimòni tecnic, cultural e arquitectural excepcional, testimònis vertadièrs de l’istòria contemporanèa.
Viure al país a decidit doncas de vos far descobrir tot aquel patrimòni industrial, reabilitat, salvagardat o abandonat, sovenir de las principalas produccions que participèron al desvolopament d’Occitània mas tanben de Catalonha.
La còla de VAP s’es doncas desplaçada dins lo país tot : en Bearn, a la descobèrta del patrimòni ferroviari reabilitat amb lo trenòt d’Artosta, dins la Val d’Aussau, e de l’anciana usina de tram de Pau qu’abriga ara los archius municipals e la direccion de la cultura de la ciutat. De Pau, cap a Graulhet, dins Tarn, anciana capitala del cuèr, ont se pausa ara la question del devenir de las 170 caucinas en bosiga que demòran long del Dadou. E es pas en Occitània mas en Catalonha qu’avèm decidit de vos parlar de la reconversion dins lo torisme de l’anciana fabrica de dinamita de Paulilhes e de la cava cooperativa de Belhestar, dins los PO.
Per parlar de tot aquò, sèm anats dins los Pirenèus Nauts, a Aurelhan, prèp de Tarba, ciutat entièrament labelisada “Oc per l’Occitan”. Ailà, una teulièra famosa, l’usina Oustau, fondada en 1873 e tancada dins la annadas 1970, es encara de pès, totjorn fòrça bèla. Conten dos forns Hausman, quasi-unencs dins aqueste estat. A costat de la fabrica, l’ancian ostal de la familha Oustau es ara un centre cultural important per Aurelhan, inscrita – coma l’usina – als monuments istorics. Un eretièr de l’usina Oustau e un professor d’occitan d’Aurelhan nos parlan d’aquestes dos luòcs  que fan ara partida tant del patrimòni industrial coma cultural de lor ciutat

 

La Révolution industrielle des siècles derniers a profondément changé la société et a façonné  les paysages de l’Occitanie. Aujourd’hui, des usines abandonnées, transformées ou réhabilitées jalonnent le territoire, patrimoine technique, culturel et architectural exceptionnel, véritables témoins de l’histoire contemporaine.
Viure al País a donc décidé de vous faire découvrir tout ce patrimoine industriel, réhabilité, sauvegardé ou abandonné, rappel des productions et des industries qui participèrent au développement de l’Occitanie mais aussi de Catalogne. L’équipe de VAP s’est donc déplacée dans tout le pays : en Béarn, à la découverte du patrimoine ferroviaire réhabilité avec le petit train d’Artouste, dans la vallée d’Ossau, ainsi que l’ancienne usine de tramway de Pau qui abrite désormais les archives municipales et la direction de la culture de la ville.
De Pau, direction Graulhet, dans le Tarn, ancienne capitale du cuir, où se pose à présent la question du devenir des 170 mégisserie en friche qui restent le long du Dadou. Et ce n’est pas en Occitanie mais en Catalogne que nous avons décidé de vous parler de la reconversion dans le tourisme de l’ancienne fabrique de dynamite de Paulilles et de la cave coopérative de Bélesta, dans les PO.
Pour parler de tout cela, nous sommes allés dans les Hautes-Pyrénées, à Aureilhan, près de Tarbes, ville entièrement labélisée Oc per l’occitan. Là-bas, une tuilerie célèbre, l’usine Oustau, fondée en 1873 et fermée dans les années 1970, est encore sur pied, toujours majestueuse. Elle renferme deux fours Hausman, quasi-unique dans cet été. A côté de l’usine, l’ancienne maison de la famille Oustau est aujourd’hui un centre culturel important pour Aureilhan, inscrite – comme l’usine – aux monuments historiques. Un héritier de l’usine Oustau et un professeur d’occitan d’Aureilhan nous parlent de ces deux lieux qui font désormais autant partie du patrimoine industriel que culturel de leur ville.

Viure al País spécial Patrimoine Industriel,

c’est ce dimanche 4 novembre à 11h25

03 Oct

7 octobre – Une émission spéciale « Garonne »

Une émission thématique enregistrée sur le Plan de Beret, à Vielha et à Lès en Val d’Aran (Espagne)

L’édito de Clément Alet

Val d’Aran, Cap de Garona…

Viure al País s’encamina en defòra dels estudiòs tornamai aquesta sason. E per ligar los novels telespectators Aquitans a los que nos fintavan duscas ara, res de melhor que de seguir las aigas d’un flume qu’atraversa los territòris e las regions, lo flume Occitan : Garona.
Emission especiala de la Val d’Aran, fins al Far de Cordoan.
Garona naissenta en terra d’Aran, Garona poderosa e capriciosa que debala las Pirinèias abans de tocar Tolosa, Garona suava, majestuosa quand arriba en Aquitani e que s’en va cap a l’estuari, e la Mar Grana.
Coma per cada emission especiala tematica, enregistrèrem  VAP endefòra. E aital, causiguèrem de tornar montar a la sorga per pausar los nostres platèus e pausar questions. Mas mèfi… sorga Aranesa : es a dire sul Plan de Beret. Encastre unenc, entre qualques raises de solelh e de nivolasses montanhòlas, tornarem trobar dos covidats araneses per parlar de Garona…
Vos convidam doncas a seguir lo fial de l’aiga, ambe nosautres.

Val d’Aran, cap de Garona..

Viure al País reprend les chemins en dehors des studios cette saison encore. Pour relier les nouveaux téléspectateurs Aquitains à ceux qui nous regardaient déjà jusque là, rien de mieux que de suivre les eaux d’un fleuve qui traverses les territoires et les régions, le fleuve Occitan : la Garonne.
Emission spéciale, de la Val d’Aran jusqu’au phare de Cordouan. Garonne naissante en terre Aranaise, Garonne puissante et capricieuse qui descend des Pyrénées avant de toucher Toulouse, Garonne tranquille et majestueuse qui entre en Aquitaine et qui file vers son estuaire, vers l’océan.
Comme pour chaque émission spéciale thématique, nous enregistrons VAP en extérieur. Ainsi nous avons décidé de remonter à la source pour poser nos plateaux et poser des questions. Mais attention… source Aranaise, c’est-à-dire sur le Plan de Beret. Cadre unique, entre quelques rayons de soleils et d’épais nuages de montagne, nous retrouverons deux invités Aranais pour parler de Garonne.
Nous vous invitons à suivre le fil de l’eau avec nous…

Le programme :

GARONA : « Del Hauga a Tolosa  »
De Sirine Tijani et Denis Hémardinquer

En Midi-Pyrénées voici une balade le long de la Garonne, entre la petite ville de Cazères et Toulouse.Sur cette cinquantaine de kilomètres, on peut percevoir quelques-une des différentes facettes de Garonne, à la fois multiple et singulière, apprivoisée mais sauvage, nourricière mais dangereuse. Une balade ponctuée de rencontres enrichissantes et instructives… José Souvielle, le passeur du bac du Fauga nous fait traverser d’une rive à l’autre en compagnie de promeneurs et écoliers. Robert Foch, Cazérien d’origine, revient avec nous sur l’histoire du port de Cazères. L’abbé Passerat, se rappelle des terribles inondations qui ont touché Toulouse. Eric Fraj, professeur de philosophie et artiste, nous explique pourquoi Garonne l’inspire tant.

GARONA : « De Coturas a Còrdouan »
De Denis Salles et Didier Bonnet

Lorsqu’elle arrive en Aquitaine, la Garonne ne ressemble plus beaucoup à ce qu’elle était en Val d’Aran : la dame est large et calme, elle semble vous inviter à voyager avec elle jusqu’à l’océan…Première étape, le Lot-et-Garonne. Autrefois, les « mioles », des bateaux de commerce en bois, partaient de Couthures pour aller approvisionner Bordeaux. Seconde étape, l’estuaire de la Gironde et ses carrelets, des espèces de petites cabanes en bois surplombant l’eau qui servent à pêcher au filet. Troisième et dernière étape Cordouan, le phare le plus emblématique de toute la Gascogne… Avec la participation de Pierre Mitteau, Yann Leaunard, Eric Roulet et l’association de sauvegarde du Phare de Cordouan.

CONVIDATS : Jèp de Montoya e  Parra / Jusèp Luis Sans Socasau
Au village de Lès, nous irons à la rencontre de Jèp de Montoya y Parra, président de l’Institut des Etudes Aranaises, employé de la société espagnole d’électricité Endesa. C’est à Vielha que nous retrouverons Jusèp Loís Sans Socasau du Conseil Général d’Aran.
IIs nous raconteront les mystères et magie de la source, nous parleront de la gestion de l’eau et nous relateront enfin l’aspect linguistique et culturel du fleuve.