31 Mai

Un disque inédit de Gainsbourg à paraître le 20 juin

Presque 30 ans après sa disparition, un album inédit de Serge Gainsbourg va sortir à l’occasion du Disquaire Day le 20 juin. Cette fête des disquaires indépendants permettra d’écouter 8 chansons du Poinçonneur des Lilas. L’artiste était venu à 2 reprises à la Maison de la Radio entre 1964 et 1966. Ce sont ces œuvres interprétées à cette évoque que l’on pourra bientôt écouter.

La Javanaise, Les Goémons, Ces Petits Riens, ces chansons de Gainsbourg sont bien connues des fans et du grand public. Le journal Le Figaro nous révèle que ces chansons interprétées à la maison de la radio vont sortir le 20 juin prochain. 

Sur les traces de Vian, côté Rive Gauche

Nous en sommes au tout début de sa carrière et Gainsbourg est à l’époque relativement peu connu. Mais il commence à se tailler une petite réputation d’artiste « rive gauche ». Il a la trentaine tout à peine, il a laissé tomber la peinture mais il essaie de poursuivre une autre voie artistique plus « mineure » selon lui : la musique. Lucien Ginsburg de son vrai nom a quand même choisi de s’appeler Gainsbourg en référence au peintre Gainsborough. Il est définitivement convaincu par la musique en voyant Boris Vian au cabaret Milord l’Arsouille où il se produira comme pianiste. On lui présente alors Jacques Canetti, l’agent de Boris Vian par ailleurs directeur artistique chez Philips qui deviendra la maison de disque de Gainsbourg.

En 1958, il est invité une première fois sur les ondes de ce qui s’appelait alors Paris-Inter. C’est l’année où sort Le Poinçonneur des Lilas avec son nouvel arrangeur Alain Goraguer. Mais l’album d’où est extrait ce premier succès est un échec commercial. 2 ans plus tard, il renoue avec le succès grâce au film « L’eau à la Bouche » dont il signe la musique. Les yéyés débarquent et Gainsbourg y va sur la pointe du crayon. Il rencontre alors Juliette Gréco, symbole de cette période Rive Gauche durant laquelle ce disque inédit est enregistré à la maison de la radio.

Teaser du maxi 45-tour sur Serge Gainsbourg

LA JAVANAISE, LIVE – DISQUAIRE DAYEn 1964 et 1966, Serge Gainsbourg participe à deux enregistrements en public pour la radio nationale. Huit titres inédits depuis, à découvrir sur un maxi 45-tours exceptionnel intitulé « Serge Gainsbourg – À la Maison de la Radio ». Édition limitée à retrouver chez votre disquaire préféré le 18 avril.

Publiée par Ina.fr sur Jeudi 5 mars 2020

L’album inédit à paraître le 20 juin

L’intérêt de ce nouvel album n’est pas tant dans les chansons. Les fans ne feront aucune découverte : La Javanaise, Les Goémons, Ces Petits Riens, La Recette de l’Amou Fou, Le Rock de Nerval, Le Talkie Walkie, Intoxicated Man et le début des onomatopées avec Elaeudanla Téïtéïa (pour Lætitia). C’est plutôt le côté intimiste de ces morceaux en version piano-voix, parfois guitare ou contrebasse qui est intéressant. On notera une version très belle et très simple de La Javanaise. A l’époque, Gainsbourg était déjà pétri de talent mais aussi de trac. Ces enregistrements inédits et en public permettent de mieux percevoir le début de carrière de cet artiste incontournable. L’émission de radio s’appelait « Jam Sessions Chanson-Poésie » de Luc Bérimont. Le premier enregistrement date du 25 novembre 1964 et le second du 26 avril 1966. Ils sortiront sous la forme d’un bon vieux Maxi 45T des années 80 le 20 juin. On peut d’ores et déjà les écouter sur ce site. 

Benoît Roux

A Lire aussi : des amateurs chantent « La Javanaise » avec la Maîtrise de Radio France

Disquaire Day 

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14 Mai

Kandace Springs, la nouvelle Diva du label Blue Note révélée par Prince

Ce blog ayant pour vocation de faire découvrir des artistes, voici l’américaine Kandace Springs. A peine la trentaine, une voix soul, sensuelle et sophistiquée, un tenu de note incomparable, c’est Prince le premier qui l’a remarquée. Son premier album magnifique a été publié d’entrée en 2017 par le prestigieux label Blue Note. Avec The Women Who Raised Me son troisième album de reprises, elle rentre dans le club très fermé des divas du jazz.

La fille de l’artiste de Nashville Scat Springs, a baigné dans la musique, trempé dans tous les styles de jazz et ça s’entend. Il faut du culot pour s’attaquer à 30 ans, aux grands standarts du jazz, faire oublier ses chanteuses mémorables, ses idoles Ella Fitzgerald et Billie Holiday. 

L’album Soul Eyes, une pure merveille

Comme vous certainement, je ne connaissais pas cette artiste. C’était un matin, une oreille un peu endormie orientée vers France Inter et la chronique Manouk’ & co. On connaît la passion d’André Manoukian (lui-même pianiste), pour le jazz, les femmes et la voix. « C’est ma drogue, mon carburant, mon marqueur émotionnel… Et ce matin, c’est avec la sublime voix de Kandace Springs que j’ai choisi de réveiller nos auditeurs. » Une chronique élogieuse et très contagieuse qui vous fait attraper le virus… musical s’entend! Je découvre donc cette voix au vibrato subtil, capable de vous donner le frisson à la moindre poussée et à la moindre retenue. Une voix intelligente qui ne joue pas des émotions.

Fall Guy – Kandace Springs album Soul Eyes

 

Plus puissante que Diana Krall, aussi sensuelle que Sarah Vaughan, un soupçon de Norah Jones, c’est un peu tout ça Kandace Springs. Un mélange subtil de soul, jazz, pop, remarquablement produit par Larry Klein (Mélody Gardot, Joni Mitchell, Herbie Hancock…) et la fraîcheur d’une artiste pas encore dans le moule. Un premier album qu’avec des compositions et des petits joyaux comme Fall Guy, Soul Eyes, Place to Hide, avec des musiciens excellents dont le batteur Vinnie Colaiuta. Prince qui a enregistré son premier single et l’a encouragée pour ce premier album disait d’elle : « Sa voix peut faire fondre la neige ». Pas que la neige…!

Le nouvel album The Women Who Raised Me

Pour son troisième disque qui vient de sortir, on retrouve toujours Larry Klein aux manettes. Mais cette fois, la jeune artiste s’attaque aux standards où se sont essayées les divas de la voix. Ce disque est d’ailleurs un hommage à ces « Femmes qui m’ont élevée ». Ella Fitzgerald, Billie Holiday, Diana Krall (à laquelle on la compare souvent), Nina Simone, Dusty Springfield, Bonnie Raitt ou encore Sade et Norah Jones qu’elle invite pour le titre Angel Eyes. 

Angel Eye – Kandace Springs nouvel album

Côté reprises, il y a aussi du lourd : I Put A Spell On You de Jay Hawkins, Strange Fruit immortalisé par Billie Holiday , Devil May Care en hommage au compositeur et chanteur de la scène new-yorkaise Bob Dorough décédé en 2018. On y retrouve aussi Killing Me Softly With His Song et le beaucoup moins connu Pearls de Sade. L’une des réussites du disque au groove subtil, aux nappes feutrées du Fender Rhodes de l’artiste et Avishai Cohen à la trompette. Et la voix de Kandace Springs qui s’envole.

Pearls – Kandace Springs nouvel album

Ce disque confirme toute l’étendue vocale et tout le talent de l’artiste. Il est moins surprenant que le premier Soul Eyes, mais il est encore plus maîtrisé. Pas de fioritures, pas de solos interminables ni de démonstrations vocales qui ternissent parfois ce type de production. Tout y est subtil et équilibré, les cuivres de David Sanborn Chris Potter et Avishai Cohen sont sublimes, la rythmique de ce trio parfaite, avec ce son si typique du label Blue Note. Incontestablement, cette jeune chanteuse fait désormais partie de celles qui compte et qu’il faudra suivre.

I Put A Spell On You – Kandace Springs nouvel album

Si vous voulez passer un moment musical hors du temps, sensuel et varié, vous laisser porter par le groove et une voix incomparable, alors c’est Kandace Springs qu’il vous faut.

Benoît Roux

Documentaire sur le nouvel album.

Site officiel Kandace Springs

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09 Mai

Little Richard la légende du Rock’n roll en 10 dates

L’interprète de l’inoubliable « Tutti Frutti » est mort ce samedi 9 mai à l’âge de 87 ans. Son fils l’a annoncé au magazine Rolling Stone. Après la seconde guerre mondiale, il a secoué l’Amérique de ses rythmes endiablés.  Retour sur un parcours musical assez atypique et une personnalité assez flamboyante. De son vrai nom Richard Wayne Penniman, Little Richard restera comme l’un des géants du rock’n roll.

Né le 5 décembre 1932, à Macon (Géorgie, sud-est des USA) est très vite passionné de musique. Il se réfugie dans les églises pour écouter beaucoup de gospel.

1955 : Tutti Frutti

France Info rappelle que le texte de cet énorme tube évoquait au départ le sexe entre hommes. Il a été réécrit pour ne pas heurter. Après avoir écouté et chanté beaucoup de gospel, ce titre est rodé lors de spectacles de drag queen de l’artiste. Il sera enregistré en studio quelques années plus tard. Le titre sera repris par Elvis Presley, Queen (Wembley 86), Sting ou encore Johnny Halliday et Eddy Mitchell chez nous.

1956 : Good Golly, Miss Molly 

Un an plus tard il récidive. Train d’enfer au piano (qu’il joue lui même), sax et cuivres en avant, voix éraillée, un vrai tube. La même année, il sort aussi Long Time Sally. Autant dire que sa carrière est bine lancée.

Version enregistrée (live) en 1964

1957 : Lucille

Même recette, du bon R&B extraverti, interprété par un artiste au sommet de son art, toujours à la limite de la rupture. La chanson est composé par Little Richard lui même et un guitariste qui allait faire un grande carrière aussi : Albert Collins. Little Richard est avec les meilleurs musiciens, la plupart jouaient avec Fat Domino. Les Beatles ont enregistré deux fois ce titre.

Alors que sa carrière est sur orbite, Little Richard se proclame missionnaire de la congrégation évangélique « Church of God ». Le voilà adventiste. Alors qu’il déclarait être gay, il se marie avec une femme de cette église. Mais très rapidement, il retourne voir les hommes.

1958-1962 : il travaille avec le producteur Quincy Jones

Il enregistre notamment avec lui un album de Gospel. En 1972, on retrouve Quincy Jones arrangeur et Little Richard interprète sur ce morceau. Do it-To it!

1962-1963 tournée européenne avec de futures stars

L’artiste n’est plus adventiste. Il effectue une tournée européenne. En première partie, quelques noms prestigieux. En 1962 avec les Beatles à Liverpool. 1963 : à Hambourg avec… les Rolling Stones! Une consécration et un succès plus grand que dans son propre pays.

Les Beatles reprennent Long Tall Sally en 1964

 

1964 : Little Richards rencontre Jimi Hendrix

En 1959, il rencontre Jimi Hendrix qui se faisait appeler Maurice James, les 2 familles habitant Seattle. Quelques années plus tard (1964), il rejoint la star américaine. Auparavant, Hendrix avait joué avec Wilson Pickett et Sam Cooke. Il avait à peine 20 ans.

I Don’t Know What You’ve Got, But It’s Got Me avec Hendrix à la guitare

1964 : il renoue avec le succès

Après quelques errances adventistes, l’artiste refait surface et se consacre au rock’n roll. Il enregistre ce titre qui le ramène sur le devant de la scène.

Little Richard « Bama Lama Bama Loo » + itv où il parle des Beatles et des Beach Boys

1969 :  Toronto Rock’n roll Revival Festival

Little Richards se retrouve à Toronto pour ce grand festival. Il partage la scène avec les rockeurs Bo Diddley, Jerry Lee Lewis, Chuck Berry… mais aussi John Lennon et Yoko Ono.

Lucille live in Torronto

1993 : Grammy Award

Il reçoit un Grammy Award récompensant l’ensemble de sa carrière. Une distinction pour un grand prince du rock.

2006 dernier enregistrement

En 2006, il participe à l’album Jambalaya d’Eddy Mitchell. Eddy, Johnny et Little richards interprètent un autre tube d’une autre étoile du rock : Eddie Cochran.  avec lequel il interprète, en trio avec Johnny Hallyday, une version franco américaine du standard d’Eddie CochranSomethin’ Else. Une carrière…. qu’elle est terrible !

Benoît Roux

24 Mar

Sergio, Daniele e gli altri. Musique in Fine

Le blog poursuit sa série sur les artistes confinés mais inspirés. Aujourd’hui un spécial Italie. Ma che bello!

Quand Leonard Cohen aurait pu écrire en italien. C’est beau, prenant, surtout en plein corona. Alea jacta est, c’est beau.

Italie toujours. Sergio Berardo (Lou Dalfin) des vallées occitanes d’Italie. La Bodega {Cornamusa occitana) contro il coronavirus.

Italia encara : Bella ciao emporté par le saxophone de Daniele Vitale.

Benoît Roux