28 Sep

Découverte : un nouvel artiste de Toulouse plein de promesses

Ca commence par un sigle : KWSk, un nom d’artiste où se glisse le prénom Kenny. Kenny West Side Kontroll. Premier single et clip en solo. Un artiste toulousain perfectionniste qui aime le détail. Influences multiples et une envie forte de porter ses morceaux en live. Découverte.

L’artiste toulousain Kenny alias KWSK © François Gustave

Les côteaux de Pech David à Toulouse, un clip tourné au smartphone, un clavier qui plante le décor. La voix claire de Kenny arrive. Une histoire en apparence banale. La voix bien posée qui tout d’un coup s’envole. Normal : le titre s’appelle « Elevation ». En anglais pour le titre, in french pour le texte.

« Elevation », un titre où se croisent les influences

Les sons sont modernes, travaillés et la musique riche : rock alternatif, des pointes de soul, du rap. Très belle voix qui se glisse dans différents styles. D’ailleurs c’est l’artiste lui même qui fait la partie rap, très à l’aise. Des influences venues aussi de par ses origines : un père Cap-Verdien/Sénégalais, une mère Guyanaise/Brésilienne.

Longtemps, il s’est glissé dans des groupes locaux comme Dez, Automate, The soul men (un groupe de reprises), Rudy… Batteur mais aussi choriste, Kenny a voulu chanter tout en jouant de la batterie en solo.

Fait pour le live

Avant de se lancer en solo, il a fait des reprises en y portant sa patte. « Au départ, je faisais que du live. C’est l’essence, faire ressentir la musique, la partager. C’est notre plus grande force à nous, les artistes.  » Du reggae, du rap de la soul, des chansons plus intimistes, pour se rendre compte du potentiel de l’artiste, il suffit d’écouter cette reprise qui me fait penser vocalement à JS Ondara.

Déjà en studio, ses productions dégagent de la force, de l’émotion, de l’interaction. Des débuts très prometteurs pour ce jeune artiste perfectionniste. Autre facette avec cette reprise de Chris Isaak à fleur de peau puis très colorée World-Music. On y retrouve Annela (Bella d’or) la chanteuse de The Soul men. La palette vocale et artistique est très large. Elle ne demande qu’a être entendue.

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15 Sep

La pop rock dansante et raffinée d’une jeune chanteuse de Toulouse

Dans la veine d’une production française désormais assez dansante, la jeune chanteuse toulousaine Öja vient de sortir son premier EP. Il marque déjà beaucoup d’assurance dans la voix et dans ses choix musicaux. Il y a tout juste un an, ce blog vous l’avait fait découvrir. 

Le premier EP de la chanteuse Ôja

A la première écoute, les influences se situent très clairement dans les années 80. On pense à Catherine Ringer, Chagrin d’Amour ou plus récemment Clara Luciani avec une basse funk-disco. Le premier morceau « J’ai comme un doute » est très efficace.

Justine alias Öja est une bosseuse et ça s’entend.  Elle a baigné dans un univers de musiques : son père écoutait du hard-rock -d’où la puissance de sa voix- et sa mère de la chanson française et du funk. Elle a aussi fait la « School of Rock de Blagnac ». Ne pas griller les étapes, ne pas s’adonner aux sirènes et aux facilités de la mode, cette auteur-compositrice-interprète soigne ses chansons. La jeune artiste de 22 ans vient de finir son cursus au département des Musiques Actuelles du Conservatoire de Toulouse avec Mention Très Bien à l’unanimité.

Limiter sa musique aux années 80 serait très réducteur. Les influences sont aussi rap, hip-hop, électro ce qui rend sa production assez riche. Les 5 titres sont assez différents, très bien produits et révèlent une vraie personnalité artistique. Que de chemin parcouru! Reste à monter sur scène pour franchir un nouveau cap et vivre pleinement sa passion pour la musique.

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10 Sep

« La grande folie », l’explosion des voix et des rythmes du groupe San Salvador

Sextette vocal épris de rythmes, le groupe San Salvador fait partie des très bonnes surprises du moment. Polyphonique, rythmique, le groupe corrézien vient de sortir un premier album très réussi après avoir emballé et mis le feu dans les festivals. « La grande folie » est une explosion de rythmes, de sons, de sensations, de transes très régénérants.

Le groupe limousin San Salvador – Affiche tournée 2021 Cholet-©-Sylvestre-Nonique-Desvergnes-

3 filles, 3 garçons qui se connaissent bien et qui partagent les mêmes valeurs artistiques, le même respect des traditions. Car voilà, ces trentenaires sont pour certains des « fils de », en l’occurrence des collecteurs et chercheurs dans le domaine des chants traditionnels limousins. Que ceux qui pensent encore que traditionnel sous entend « chiant » et « ringard » se rassurent : le groupe a sévi sur les plus belles scènes contemporaines : Vieilles Charrues, Transmusicales, Printemps de Bourges, Suds à Arles, sans oublier New-York et autres joyeusetés.

Chants vibrants et hypnotiques

Sans préjugé donc, il suffit de télécharger leur premier opus « La grande folie » ou de laisser un saphir traîner sur le vinyle. Difficile de ne pas se laisser emballer, hypnotiser par l’explosion qui s’en suit. Quelle énergie, quelle volonté de tout emporter, tout dépoussiérer, sans dénaturer les traditions. San Salvador compte 2 duos frère-sœur, dont les enfants d’Olivier Durif : Eva et Gabriel. Musicien et ethnologue, grand défenseur des chants traditionnels du massif central, Olivier Durif a dans un premier temps collecté ces chants dans les années 70 que l’on retrouve aujourd’hui sur la galette de San Salvador. Un véritable patrimoine revisité.

Claquements de mains, toms et autres percussions, voilà « La grande folie » qui démarre. Précision dans les chants, complémentarité et inventivité des voix. La force d’un collectif qui se connaît depuis le plus jeune âge. Là où certains trouvaient plus exotique de partir en quête du folk américain, d’autres ont préféré les campagnes françaises. Ils y ont trouvé un répertoire, un patrimoine tout aussi riche. Dans une interview donné à Francetvinfo, Gabriel Durif se confie : « On s’attache à être dans une fidélité à l’idée du chant des musiques populaires que l’on veut interpréter. Ce n’est pas un travail de technicité sur la voix. Nous n’avons appris à chanter nulle part. On chante comme ça vient, comme ça se présente à nous, les uns et les autres. Par contre, ce qu’on a appris, c’est que dans la musique qu’on découvrait, les sources de collectage des musiques populaires qu’on écoutait, on entendait que les gens ne trichaient pas. Ils ne trichaient pas avec ce qu’ils avaient à dire, à nommer. »

La Grande Folie

Vous les gens qui sont endormis, oh la grande folie…

8 morceaux composent ce premier album, dont le titre éponyme « La grande folie » qui a lui tout seul pourrait résumer ce premier opus. Une longue intro vocale et rythmique, le temps d’installer quelque chose pour mieux emporter le reste. Il n’est jamais facile de reproduire en studio la magie d’un concert, la puissance et la créativité d’un groupe fait pour le live. C’est pourtant le cas ici. Un véritable tourbillon qui vous donne envie de danser, de chanter, de se lever, crier, oublier, exister.

Un disque qui a d’abord existé lors des concerts et bals donnés par le groupe, travaillé rythmiquement, peaufiné dans les arrangements en gardant un maximum de spontanéité. Les morceaux sont protéiformes, presque sans fin, à la recherche du son, de la concordance, de cette grande folie qui surprend. C’est précis, virevoltant, volcanique, démesuré mais tellement prenant.

Les voix sont variées, tantôt dans les aigus pour les femmes façon « Voix bulgares » tantôt recherchant de la profondeur dans les graves. Tous les morceaux sont réussis. Mention spéciale à « San Josep », « La Liseta » et les somptueux « San Josep » et « Enfans de la campagna »

Et, au final, le groupe comme le disque respire la sincérité, l’honnêteté, la créativité à la fois punk et trad. Un chant vibrant, taillé dans le rock, emporté par les percussions. Unique et tellement beau. 

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06 Juin

Marseille : Gari Grèu, « Massilia c’est au delà de la musique »

Gari Grèu est le dernier des Maîtres de Cérémonie à avoir rejoint le groupe Massilia. Pour son plus grand bonheur. Sa vie a trouvé un sens et son engagement un écho profond et durable. A l’occasion du tout nouvel album, il nous parle de l’importance de Massilia.

Gari Grèu (à gauche) avec Papet J et Tatou Photo : Manivette records

Gari, c’est le minot du groupe. Avant d’y rentrer, son rappeur préféré c’était Papet J, son groupe, Massilia. En 1992, il réalise un rêve : partager le micro et ses idées avec le groupe.

« Massilia m’a sauvé la vie »

Chaque MC ayant ses projets solos, un disque de Massilia ne va pas de soi. Gari venait justement de sortir un album juste avant le confinement… « Ca nous a fait un bien fou psychologiquement de nous retrouver. On avait essayé de le faire il y a 2 ans mais finalement, là c’était la bonne occasion. A l’automne dernier Papet J avait un gros soucis personnel. Tout le monde a fait corps autour de lui pour le soutenir. Massilia c’est au-delà de la musique.

Papet J justement est arrivé avec le refrain de « Sale Caractère », premier single et titre de l’album. Moussu T valide et tout le monde se met au travail. Le disque prend forme très rapidement entre septembre et décembre 2020, des solos, des duos, des trios entre les MC. « On a posé des voix sur les rythmiques de KayaliK, en revenant au rub-a-dub primal. On écrit sur des instrumentaux comme les rappeurs. »

Avec Massilia, Gari a trouvé une raison d’être, l’envie toujours présente de prendre le micro avec un plaisir immense. « Massilia m’a sauvé la vie en lui donnant un sens culturel, intellectuel. Sans tout ça, je pense que j’aurais fait des conneries ».

Massilia au combat, l’aïoli en point d’équilibre

Depuis plus de 30 ans, Massilia ce n’est pas simplement des chansons mais un engagement permanent, des artistes acteurs du lieu où ils vivent. Le racisme, le capitalisme, la corruption, les conos, rien n’échappe à leur verve épique et leur verbe qui pique. Un combat et des idées qui ont parfois du mal à triompher.

« Ma ville tremble m’a ville est malade » chantait le Papet en 86. En 2021, Marseille est « A la rue » comme le décrit une chanson du dernier album très virulente. « Il pourrait y avoir un relent de fatalisme, mais on est des Maîtres de Cérémonie. On ne veut pas se forger une image, faire carrière. Nous sommes là pour apaiser la société. Tu vas chez Massilia pour regard aiguisé. Il n’y a rien de plus beau que de faire danser des gens différents, de faire monter l’aïoli pour qu’il y ait de l’osmose entre les personnes. On aurait plein de raisons de baisser les bras mais on ne le veut pas. « 

La mouche ne rate pas le coche

Le nouvel album « Sale caractère » est sorti le vendredi 4 juin 2021 et Massilia s’impatiente de retrouver la scène. « On va faire des micro-événements pour en parler, prendre du plaisir. Peut-être une déambulation dans Marseille avec un camion et une sono. Nous avions une vingtaine de festivals cet été; il n’en reste que 7. Je pense aussi à nos collègues DJ des discothèques qui sont au plus mal. Ca ne repart pas du tout. On sera là, va falloir reconstruire et comme d’habitude, le monde associatif sera en première ligne. » 

Dans cet album, Gari, interprète en solo « La mouche ». Un insecte qui met le oai,  « emmerde les milliardaires, qui fait la misère aux puissants« . Une métaphore de Massilia : « nous sommes là, face au capitalisme occidental. Il n’y a que la mouche qui puise nous sauver. »

La mouche Massilia pique régulièrement et rate rarement le coche. 

Massilia à part entière

Les exemples de groupes comme Massilia ne sont pas légion. « On n’est pas là pour se la raconter, pour subir le métier, faire carrière ou obtenir une Victoire de la Musique. Nous sommes conscients de la fonction que nous avons. On n’est pas là par piston mais par passion.  »

Tous les membres ont choisi d’adhérer, il y a eu ni casting ni calcul. Pas sûr que cette aventure artistique, humaine, sociale et politique soit possible maintenant. « J’espère que Massilia va durer longtemps. Au concert, toutes les générations se brassent. J’aurais rêvé d’aller à un concert comme ça avec mon père. »

Marseille traverse le temps et les épreuves. « Rien ne s’altère, nos valeurs restent les mêmes. Notre plus grande victoire est là. Les galères ont provoqué ça ». 

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01 Juin

Comment Massilia et Christian Philibert ont rendu hommage au Robin des Bois provençal

Entre le groupe Massilia et le réalisateur Christian Philibert, c’est un grand chemin parcouru depuis de longues années. Après avoir fait le film des 30 ans du célèbre groupe marseillais, il signe leur nouveau clip. Grand moment de cinéma et de rigolade.

©Manivette records

Le réalisateur des « 4 saisons d’Espigoule », « Travail d’arabe » et « Massilia Sound System le film » est repassé derrière les caméras, le temps d’un clip. Un court métrage en hommage à Gaspard de Besse, célèbre bandit provençal au grand cœur. Retour sur cet événement avec Christian Philibert

Massilia et Christian Philibert c’est une longue histoire …

CP : Oui, déjà ils ont joué un rôle dans mon engagement, dans le fait de rester en Provence, de vivre et de travailler ici, de ne pas «  monter » à Paris. Ils ont donné l’exemple. Au fil des années, on s’est rendu compte qu’Espigoule et Massilia, c’était le même combat. Contre le centralisme culturel notamment. Nous on s’adresse au monde entier, mais on parle d’ici. Et puis les chourmos, les concerts, mes films, tout ça c’est générateur de lien social. J’avais déjà utilisé une de leurs chansons dans Afrik’aïoli (Au marché du soleil), mais notre première véritable collaboration, c’est le long métrage que je leur ai consacré.

© Manivette records

C’est Massilia qui est revenu vers toi pour le clip ?

CP : Massilia n’a pas fait beaucoup de clips. Le dernier remontait à 1995 ! (« On Danse Le Parpanhàs »). J’avais déjà réalisé celui de la chanson « Angèle » pour le groupe Moussu T e lei jovents. Là, ils m’ont proposé de réaliser celui de « Sale Caractère ». On a mis quelques idées sur la table et finalement ils ont retenu l’hommage à Gaspard de Besse, le bandit qui prend aux riches pour donner aux pauvres, celui qu’on surnomme le Robin des bois provençal ! Une idée qui a séduit les membres du groupe car elle donnait à la chanson une connotation plus politique… une façon de défendre une meilleure répartition des richesses… 

Gaspard de Besse, ça fait longtemps que tu le suis…

CP : Oui il m’accompagne depuis longtemps. Cela fait plus de 30 ans que je travaille sur l’histoire de ce bandit avec mon ami Jacques Dussart. Livre, film, conférence, exposition, nous avons pas mal de projets le concernant. Ce personnage est absolument passionnant. C’est le plus beau héros de l’histoire de cette région. Il est mort à 24 ans, sur la roue, à Aix, huit ans avant la Révolution Française. C’était un bandit au grand cœur. Il ne tuait jamais et ne détroussait pas les gens modestes. Il était jeune, il était beau, il plaisait aux dames. Dès son exécution, il est entré dans la légende…

© Manivette records

Le tournage du clip, comment s’est-il passé ?

CP : Il a fallu faire vite car nous n’avions pas un gros budget. Nous l’avons tourné en 2 jours, à 2 caméras. A Cuges-les-Pins d’abord, près du parc d’OK Corral. Les propriétaires du parc nous ont fourni le carrosse et le cocher. Pour incarner l’aristocrate, j’ai fait appel à mon acteur fétiche Jean-Marc Ravera (4 saisons d’Espigoule, Travail d’arabe)… D’autres scènes ont été tournées à La Ciotat, dans un ancien relais de diligence. Nous y avons filmé les ripailles et les « playback » des 3 chanteurs.

Et les 6 de Massilia, ils s’en sortent bien pour des « novices » en cinéma?

CP : J’ai l’habitude de tourner avec des non pro. Mais les Massilia sont habitués aux objectifs et sont acteurs dans l‘âme. En plus, c’est un clip, donc on tourne sans son. Ça simplifie la tâche ! Comme à mon habitude, je les ai pas mal laissés improviser… Même si j’ai conçu le clip comme un court-métrage, cela reste assez différent d’un film traditionnel où c’est le réalisateur qui dirige tout. Le clip exige de se mettre au service des artistes, d’une chanson. Ils participent à l’élaboration du scénario et prennent les décisions finales. 

© Manivette records

Les costumes sont top aussi ?

CP : Oui, en fait, j’avais tourné en 2009 un court métrage intitulé « Rastègue le brigand ». L’histoire d’un bandit imaginaire qui prenait la relève de Gaspard, mais en plus maladroit. C’était inspiré d’un long métrage que j’avais failli faire avec Arte, une sorte d’Espigoule au XVIIIe siècle ! J’avais conservé les costumes dans plusieurs malles et cartons. Les Massilia les ont portés tels quels. On ne les a même pas lavés !! (rires)… Et puis il y a la Compagnie André Neyton qui nous a prêté aussi plusieurs costumes et de nombreux accessoires. Au final, ça rend bien !

D’autres projets?

CP : avec Massilia, pas encore, mais qui sait… Je reconnais que l’année 2020 m’a un peu déstabilisé. J’ai encore du mal à savoir ce que j’envie de raconter… En attendant, je continue de travailler sur Gaspard de Besse et bien d’autres personnages, comme le poète Germain Nouveau, ami de Rimbaud et de Verlaine, auquel je viens de consacrer un long métrage documentaire (Le poète illuminé, sortie prévue le 13 octobre 2021). Avec ces personnages, je tente de donner aux gens du sud l’envie de se ré-approprier leur histoire et à travers elle, de se recréer une identité.

Massilia – Sale caractère Réalisation Christian Philibert

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28 Mai

« Je flotte », le tout nouveau clip de Dame Géraldine

Un univers feutré, une voix bien placée, l’artiste toulousaine Dame Géraldine sort un nouveau clip extrait de son dernier EP. Tout en touches sensuelles, « Je Flotte » fait écho à des sensations que nous vivons.

Photo extrait du nouveau clip « Je flotte » ©Dame Géraldine

Son dernier EP « I will go » est un univers feutré porté par une très belle voix.

Le nouveau clip réalisé par Géraldine pendant le dernier confinement commence par un extrait d’un autre clip (Sacha) où elle jouait sur un piano porté par les eaux. Images sépia, tons doux et chaud, le clip se déroule sous un univers confiné propice aux interrogations et aux doutes. Des errances aquatiques qui feraient perdre toute notion du temps.

Dame Géraldine – Je flotte

Images superposées, en sous-couche, lavis déclinés, ses mots prennent une résonnance cinématographique comme souvent dans ses chansons. Regards qui fuient puis qui interrogent, en quête d’un échange, les notes de son clavier font des clapotis qui tentent de porter ces interrogations.

Des messages lancés comme des bouteilles à la mer, presque des cris de désespoir à la fin, cette version montre la palette de l’artiste.

Un univers clos qui donne envie de tout remettre à flots pour aller voir Dame Géraldine sur scène.

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ALBUM DAME GERALDINE

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18 Mai

Premier single « Sale caractère » de Massilia en attendant l’album

Aïoli, Massilia is back, les minots son aqui ! « Sale caractère », premier extrait de l’album du même nom à paraître le 4 juin. Tout ce qui fait monter l’aïoli et couler le pastaga est là. Quelques surprises aussi.

Pochette de l’album « Sale caractère »

Evidemment que cette période confinée, couvrefusée (!) était propice aux romegaires (rouspéteurs) de Massilia. Tant de privations de liberté, le « Stop the cono » mouvement ne pouvait pas rester en retrait. En cette année du 40ème anniversaire de la mort du king jamaïcain Bob Marley, le reggae marseillais est dans la place.

« Sale caractère » : faire danser et réfléchir

Pourquoi changer la recette de l’aïoli quand il monte toujours bien depuis 35 ans ? Les ingrédients de ce premier single sont les mêmes. On retrouve les 3 voix complémentaires de Jali, Tatou et Gari. Chacun son timbre, chacun son flow. Pas de surprises non plus côté textes. La plume est toujours éclairée et acerbe. Pas de concession ni d’emboucanage, les « sales minots » au sale caractère ciblent les dirigeants, ceux qui divisent et les « repapiaires », ceux qui répètent indéfiniment leurs litanies. Dédicace à certains occitanistes.

Massilia – « Sale caractère », live de l’Obs au Studio K (Port de Bouc)


Le son est bon, dansant, travaillé, direct, la surprise vient dès le début du morceau avec un refrain « autotuné ». Le vocoder n’était pas le compagnon de route des Marseillais. Fallait-il l’introduire ? Le débat s’est lancé sur les réseaux sociaux avec quelques cartons rouges pour Massilia. Clin d’œil indéniable à la musique populaire, celle qu’écoutent les jeunes aujourd’hui.

Massilia en studio pour le nouvel album © Manivette records

Nouvel album à paraître le 4 juin

La dernière livraison discographique « Massilia » (très bon cru d’ailleurs) remonte à 2014. Depuis, fidèles aux bonnes habitudes, les Massilia ont repris chacun leurs routes bartassières, avec toujours le plaisir de se retrouver ensemble en studio ou sur scène. Les confinements ont arrêté brutalement les carrières solos et les ont réunis. L’été 2020 a été propice aux réflexions. En trois mois les compos et les textes sont arrivés, toujours à plusieurs mains, chacun chantant sur un même titre. Kayalik comme d’hab a assuré le mix.

La pochette sang et or matinée de bleu marseillais est assez vintage et rappelle plusieurs albums, singles ou EP (« Jompa vo », « Violent »…) du groupe. « Sale caractère », le 9ème album studio du groupe sortira le 4 juin. Entre temps, le tout nouveau clip de « Sale Caractère » fera son apparition mardi prochain. Apparemment, un moment de franche rigolade avec Massilia en costume sur les traces de Gaspard de Besse. Vous en saurez plus dans un prochain article.

Reportage France 3

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30 Avr

Sazrah : de l’inattendu et du talent venus d’Ariège

Sazrah, un peu d’exotisme et de douceur venus d’Ariège. Cette jeune artiste de 23 ans sort un premier EP après plusieurs singles et des collaborations avec le toulousain Félix. Un univers assez feutré qui fait appel à plusieurs influences. On se laisse surprendre et prendre par sa voix et sa fraîcheur.

Sazrah Photo extraite du clip « Fragile »

Un mail arrive parmi beaucoup d’autres pour signaler une nouvelle sortie d’album : Sazrah, une inconnue. Petit clip sur les liens, les premières impressions sont bonnes… presque surprenantes. Car voilà : Sarah Zelmati a un beau grain de voix, chaleureux et empreint d’humanité. Un timbre qui fait un peu penser à Adèle en moins forcé, à Amy Winehouse pour la diction et le côté soul jazzy. Elle chante dans un anglais nickel et quand le français surgit, l’atmosphère est encore différente.

Son EP « Caught by time » sort aujourd’hui sur le label Pluginrecords où l’on retrouve aussi son comparse toulousain Félix. Le nouveau clip « Fragile » a été réalisé près du Mont Valier (Ariège) en pleine nature pour cette écologiste dans la peau. Un morceau riche, porté par une voix détachée, agrémentée de sons environnants. On y découvre aussi son univers pictural.

Sazrah – Fragile


Une production agréable qui sait mettre en valeur son grain de voix. Ce nouveau titre fait suite à un autre extrait sorti il y a un mois « Just trying ». Un mélange de percussions, basse et guitalélé -instrument à corde qui se positionne entre la guitare et le yukulélé- une voix qui sait se faire douce ou puissante.

Sazrah – Just trying

Auteur-compositeur-interprète, Sazrah possède un univers qui va de la néo-soul, à la pop electro jusqu’au R’n’B’. Ce premier EP enregistré à Toulouse et Paris est plein de promesses. Dans sa vie ariégeoise, Sazrah fait du dessin, des tatouages. Sa musique et sa voix ont l’art de se graver en nous.

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Pluginrecords

Benoît Roux

15 Avr

La douce élégance de Dame Géraldine

Dame Géraldine est toulousaine. Auteur-compositeur-interprète mais aussi réalisatrice de ses clips, cette artiste sait tout faire. Son dernier EP « I will go » est un univers feutré porté par une très belle voix. Des influences jazz, classique, soul. Sa musique très cinématographique s’écoute en douceur.

Photo extrait du nouveau clip « Je flotte » ©Dame Géraldine

Son univers est douceur, ses textes parlent d’amour, des ruptures, des envols, des choses et des moments de la vie. Dame Géraldine s’est posée dans la musique depuis l’âge de 7 ans. Son instrument de prédilection : le piano. Elle fait aussi des percussions et bien sûr, elle chante.

Des émotions qui passent

D’une voix bien placée, claire, limpide, tissée de velours, elle vit et respire la musique avec comme obsession : la transmission des émotions. Exigeante, perfectionniste, à la recherche des sons. Pas d’effet, des nappes de clavier-piano, quelques riffs de guitare un peu déchirés, la basse en rondeur, un dialogue avec le saxophone. Où l’on peut entendre toute l’étendue de sa voix. Voici « Just a long ride ».

Dame Géraldine – Just a long ride

Pop cinématographique

Son nouvel EP « I will go » est sorti en décembre. Mais Dame Géraldine s’est fait connaître en faisant de la musique pour des images (des courts métrages mais aussi des pubs). Elle crée son Sound cloud en 2012. C’est là qu’elle se fait repérer par Frédéric Dubois et le label international BMG Production Music. Ce site où elle poste régulièrement des instrumentaux mais aussi des chansons fait qu’aujourd’hui elle comptabilise plus d’1M d’écoutes. C’est souvent elle qui auto-produit les morceaux avec ses claviers numériques.

En écoutant sa musique, on a envie effectivement d’y mettre spontanément des images. Un climat cinématographique qui fait penser à des artistes connues comme Agnes Obel ou London Grammar, les Françaises Zazie et Juliette Armanet et Véronique Sanson pour le timbre et la douceur. Des sons où l’on imagine aussi des grands espaces comme c’est le cas pour ces 2 artistes islandais qu’elle affectionne : Olafur Arnalds & Nils Frahm. Un petit côté musique minimaliste pour mieux mettre en valeur sa belle voix et une technique de chant bien maîtrisée.

Dame Géraldine – I love you

Sur scène pour la première partie de Thomas Dutronc ?

Dame Géraldine devait sortir cet EP depuis longtemps. Mais il y a eu évidemment le confinement. Il faut savoir que son nouvel EP est quasiment prêt. La perspective et l’impatience de retrouver son public se profile aussi. Elle participe d’ailleurs à un concours organisé par la ville de Fronton pour chanter en première partie de Thomas Dutronc le 26 juin. Si vous aimez cette artiste, vous pouvez voter pour elle jusqu’au 15 mai. C’est un peu l’usine à gaz mais il faut d’abord liker la page Facebook « Faites la Music » des organisateurs, liker la vidéo de Dame Géraldine et dire « Je vote pour elle » en commentaires.

Un nouveau clip bientôt

En attendant, elle continue de travailler, de réaliser elle-même ses propres clips. Le tout nouveau « Je flotte » fait pendant le confinement en home studio sortira dans les prochains jours. Dans cette chanson extraite du nouvel EP, on trouve des résonnances avec ce que nous vivons.

Photo extrait du nouveau clip « Je flotte » © Dame Géraldine

Images usées, ondes saturées,
L’avant, l’après, ce curieux effet.
Je crois, j’admets.
Suis-je à côté?
Latitude, longitude,
Nord ou Sud d’incertitudes,
J’avoue imaginer,
La vérité.

Telle un peintre impressionniste, Dame Géraldine étend sa toile. Ses notes de piano ressemblent souvent à des gouttes d’eau qui se posent, aux bulles d’écume qui surnagent. Dans cette période un peu trouble, très compliquée pour tout le monde et notamment les artistes, Dame Géraldine arrive à flotter de ses notes légères, là où d’autres se noient. C’est déjà pas si mal.

Benoît Roux

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14 Avr

La toulousaine Suzanne Belaubre fait son entrée en matière

Son premier disque, Suzanne Belaubre l’a fait toute seule, avec son ordinateur. « DIY » est un album atypique, minimaliste. Elle chante mais elle pourrait tout aussi bien peindre, danser ou lire ses mots. Une palette musicale avec plein de nuances.

Suzanne Belaubre © Celeste Leuuwenburg

Suzanne Belaubre aurait pu être pianiste classique. Mais à 16 ans sa passion pour l’ordinateur l’a conduite à faire de la production musicale avec la MAO et des pluggins. Elle avait sorti quelques titres sur un ancien label. En marge de ça, elle travaillait de manière plus spontanée sur des morceaux qui lui correspondent davantage. Lors d’un concert, elle rencontre l’un des dirigeants du label La Souterraine Benjamin Caschera. DIY (Do it Yoursel, fais le toi-même) est le résultat de tout ça.

L’osmose des mots et du son

Rarement à l’écoute d’un album on constate une telle prolongation des mots par les sons. Des mots introspectifs en prise avec l’environnement et la matière, des textes riches que la musique -ou plutôt des sons sortis de la MAO- vient souligner, comme on changerait une police de caractère, la couleur de l’encre ou mettre des choses en majuscule.

Suzanne Belaubre – Campagne


Ce n’est pas pour rien qu’elle a été lauréate du prix d’écriture Claude Nougaro, catégorie 15-18 ans. Des chansons piano-voix à texte, un flow de mots qui flirte avec le slam et le rap, elle les projette comme on met des couleurs sur une toile. Tout est à la fois très spontané et travaillé, un côté chanson classique mais aussi électronique et expérimentale. De la sagesse et des petits délires. Avec une certaine fulgurance dans l’alchimie des mots.

Contemplation et exploration des matières

Sans qu’il faille à tout prix trouver une explication, ces chansons assez courtes nous touchent. Comme des échos en prise avec les matières, proches de la nature et des sensations. On retrouve des répétitions, des collages comme en peinture où les mots et les sons sont mis en perspective. Avec beaucoup de samples, de bruitages organiques, de sons qui servent à la fois de mélodie et de rythme.

Elle joue avec ces matières sonores pour les sculpter et faire résonner les mots.

Suzanne Belaubre – Tout mélangé

Constellation d’art

Dans sa famille, l’art a été au centre de la vie. Elle s’est mise au piano dès l’âge de 6 ans, premier morceau composé à 10 ans. Puis vient l’American School of Paris, le studio des variétés où elle croise Arthur Teboul de Feu! Chatterton, comme elle avait partagé les bancs de classe de Bigflo et Oli. Télérama vient de tracer son parcours dans sa rubrique « Repérée ». Elle a partagé la scène en première partie de La Grande Sophie, Claudio Capéo, Mathieu Boogaerts, Magyd Cherfi, Art Mengo. En l’écoutant, on pense à Camille, Juliette Armanet ou Les Brigitte pour le grain de voix et les atmosphères.

Chaque chanson est une toile où le mélomane trouvera ce qu’il veut y chercher. Chacune a sa propre couleur et sa matière de sons.

Le webzine Opus Musique l’avait invitée en mars dernier pour une Session Opus à la salle des Illustres au Capitole de Toulouse. Au milieu des peintures.

Suzanne Belaubre – Les choses dorées (Opus Sessions)

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Label La Souterraine

@Benoit1Roux