06 Juin

Marseille : Gari Grèu, « Massilia c’est au delà de la musique »

Gari Grèu est le dernier des Maîtres de Cérémonie à avoir rejoint le groupe Massilia. Pour son plus grand bonheur. Sa vie a trouvé un sens et son engagement un écho profond et durable. A l’occasion du tout nouvel album, il nous parle de l’importance de Massilia.

Gari Grèu (à gauche) avec Papet J et Tatou Photo : Manivette records

Gari, c’est le minot du groupe. Avant d’y rentrer, son rappeur préféré c’était Papet J, son groupe, Massilia. En 1992, il réalise un rêve : partager le micro et ses idées avec le groupe.

« Massilia m’a sauvé la vie »

Chaque MC ayant ses projets solos, un disque de Massilia ne va pas de soi. Gari venait justement de sortir un album juste avant le confinement… « Ca nous a fait un bien fou psychologiquement de nous retrouver. On avait essayé de le faire il y a 2 ans mais finalement, là c’était la bonne occasion. A l’automne dernier Papet J avait un gros soucis personnel. Tout le monde a fait corps autour de lui pour le soutenir. Massilia c’est au-delà de la musique.

Papet J justement est arrivé avec le refrain de « Sale Caractère », premier single et titre de l’album. Moussu T valide et tout le monde se met au travail. Le disque prend forme très rapidement entre septembre et décembre 2020, des solos, des duos, des trios entre les MC. « On a posé des voix sur les rythmiques de KayaliK, en revenant au rub-a-dub primal. On écrit sur des instrumentaux comme les rappeurs. »

Avec Massilia, Gari a trouvé une raison d’être, l’envie toujours présente de prendre le micro avec un plaisir immense. « Massilia m’a sauvé la vie en lui donnant un sens culturel, intellectuel. Sans tout ça, je pense que j’aurais fait des conneries ».

Massilia au combat, l’aïoli en point d’équilibre

Depuis plus de 30 ans, Massilia ce n’est pas simplement des chansons mais un engagement permanent, des artistes acteurs du lieu où ils vivent. Le racisme, le capitalisme, la corruption, les conos, rien n’échappe à leur verve épique et leur verbe qui pique. Un combat et des idées qui ont parfois du mal à triompher.

« Ma ville tremble m’a ville est malade » chantait le Papet en 86. En 2021, Marseille est « A la rue » comme le décrit une chanson du dernier album très virulente. « Il pourrait y avoir un relent de fatalisme, mais on est des Maîtres de Cérémonie. On ne veut pas se forger une image, faire carrière. Nous sommes là pour apaiser la société. Tu vas chez Massilia pour regard aiguisé. Il n’y a rien de plus beau que de faire danser des gens différents, de faire monter l’aïoli pour qu’il y ait de l’osmose entre les personnes. On aurait plein de raisons de baisser les bras mais on ne le veut pas. « 

La mouche ne rate pas le coche

Le nouvel album « Sale caractère » est sorti le vendredi 4 juin 2021 et Massilia s’impatiente de retrouver la scène. « On va faire des micro-événements pour en parler, prendre du plaisir. Peut-être une déambulation dans Marseille avec un camion et une sono. Nous avions une vingtaine de festivals cet été; il n’en reste que 7. Je pense aussi à nos collègues DJ des discothèques qui sont au plus mal. Ca ne repart pas du tout. On sera là, va falloir reconstruire et comme d’habitude, le monde associatif sera en première ligne. » 

Dans cet album, Gari, interprète en solo « La mouche ». Un insecte qui met le oai,  « emmerde les milliardaires, qui fait la misère aux puissants« . Une métaphore de Massilia : « nous sommes là, face au capitalisme occidental. Il n’y a que la mouche qui puise nous sauver. »

La mouche Massilia pique régulièrement et rate rarement le coche. 

Massilia à part entière

Les exemples de groupes comme Massilia ne sont pas légion. « On n’est pas là pour se la raconter, pour subir le métier, faire carrière ou obtenir une Victoire de la Musique. Nous sommes conscients de la fonction que nous avons. On n’est pas là par piston mais par passion.  »

Tous les membres ont choisi d’adhérer, il y a eu ni casting ni calcul. Pas sûr que cette aventure artistique, humaine, sociale et politique soit possible maintenant. « J’espère que Massilia va durer longtemps. Au concert, toutes les générations se brassent. J’aurais rêvé d’aller à un concert comme ça avec mon père. »

Marseille traverse le temps et les épreuves. « Rien ne s’altère, nos valeurs restent les mêmes. Notre plus grande victoire est là. Les galères ont provoqué ça ». 

Facebook MASSILIA

@Benoit1Roux

@ecoute_voir

01 Juin

Comment Massilia et Christian Philibert ont rendu hommage au Robin des Bois provençal

Entre le groupe Massilia et le réalisateur Christian Philibert, c’est un grand chemin parcouru depuis de longues années. Après avoir fait le film des 30 ans du célèbre groupe marseillais, il signe leur nouveau clip. Grand moment de cinéma et de rigolade.

©Manivette records

Le réalisateur des « 4 saisons d’Espigoule », « Travail d’arabe » et « Massilia Sound System le film » est repassé derrière les caméras, le temps d’un clip. Un court métrage en hommage à Gaspard de Besse, célèbre bandit provençal au grand cœur. Retour sur cet événement avec Christian Philibert

Massilia et Christian Philibert c’est une longue histoire …

CP : Oui, déjà ils ont joué un rôle dans mon engagement, dans le fait de rester en Provence, de vivre et de travailler ici, de ne pas «  monter » à Paris. Ils ont donné l’exemple. Au fil des années, on s’est rendu compte qu’Espigoule et Massilia, c’était le même combat. Contre le centralisme culturel notamment. Nous on s’adresse au monde entier, mais on parle d’ici. Et puis les chourmos, les concerts, mes films, tout ça c’est générateur de lien social. J’avais déjà utilisé une de leurs chansons dans Afrik’aïoli (Au marché du soleil), mais notre première véritable collaboration, c’est le long métrage que je leur ai consacré.

© Manivette records

C’est Massilia qui est revenu vers toi pour le clip ?

CP : Massilia n’a pas fait beaucoup de clips. Le dernier remontait à 1995 ! (« On Danse Le Parpanhàs »). J’avais déjà réalisé celui de la chanson « Angèle » pour le groupe Moussu T e lei jovents. Là, ils m’ont proposé de réaliser celui de « Sale Caractère ». On a mis quelques idées sur la table et finalement ils ont retenu l’hommage à Gaspard de Besse, le bandit qui prend aux riches pour donner aux pauvres, celui qu’on surnomme le Robin des bois provençal ! Une idée qui a séduit les membres du groupe car elle donnait à la chanson une connotation plus politique… une façon de défendre une meilleure répartition des richesses… 

Gaspard de Besse, ça fait longtemps que tu le suis…

CP : Oui il m’accompagne depuis longtemps. Cela fait plus de 30 ans que je travaille sur l’histoire de ce bandit avec mon ami Jacques Dussart. Livre, film, conférence, exposition, nous avons pas mal de projets le concernant. Ce personnage est absolument passionnant. C’est le plus beau héros de l’histoire de cette région. Il est mort à 24 ans, sur la roue, à Aix, huit ans avant la Révolution Française. C’était un bandit au grand cœur. Il ne tuait jamais et ne détroussait pas les gens modestes. Il était jeune, il était beau, il plaisait aux dames. Dès son exécution, il est entré dans la légende…

© Manivette records

Le tournage du clip, comment s’est-il passé ?

CP : Il a fallu faire vite car nous n’avions pas un gros budget. Nous l’avons tourné en 2 jours, à 2 caméras. A Cuges-les-Pins d’abord, près du parc d’OK Corral. Les propriétaires du parc nous ont fourni le carrosse et le cocher. Pour incarner l’aristocrate, j’ai fait appel à mon acteur fétiche Jean-Marc Ravera (4 saisons d’Espigoule, Travail d’arabe)… D’autres scènes ont été tournées à La Ciotat, dans un ancien relais de diligence. Nous y avons filmé les ripailles et les « playback » des 3 chanteurs.

Et les 6 de Massilia, ils s’en sortent bien pour des « novices » en cinéma?

CP : J’ai l’habitude de tourner avec des non pro. Mais les Massilia sont habitués aux objectifs et sont acteurs dans l‘âme. En plus, c’est un clip, donc on tourne sans son. Ça simplifie la tâche ! Comme à mon habitude, je les ai pas mal laissés improviser… Même si j’ai conçu le clip comme un court-métrage, cela reste assez différent d’un film traditionnel où c’est le réalisateur qui dirige tout. Le clip exige de se mettre au service des artistes, d’une chanson. Ils participent à l’élaboration du scénario et prennent les décisions finales. 

© Manivette records

Les costumes sont top aussi ?

CP : Oui, en fait, j’avais tourné en 2009 un court métrage intitulé « Rastègue le brigand ». L’histoire d’un bandit imaginaire qui prenait la relève de Gaspard, mais en plus maladroit. C’était inspiré d’un long métrage que j’avais failli faire avec Arte, une sorte d’Espigoule au XVIIIe siècle ! J’avais conservé les costumes dans plusieurs malles et cartons. Les Massilia les ont portés tels quels. On ne les a même pas lavés !! (rires)… Et puis il y a la Compagnie André Neyton qui nous a prêté aussi plusieurs costumes et de nombreux accessoires. Au final, ça rend bien !

D’autres projets?

CP : avec Massilia, pas encore, mais qui sait… Je reconnais que l’année 2020 m’a un peu déstabilisé. J’ai encore du mal à savoir ce que j’envie de raconter… En attendant, je continue de travailler sur Gaspard de Besse et bien d’autres personnages, comme le poète Germain Nouveau, ami de Rimbaud et de Verlaine, auquel je viens de consacrer un long métrage documentaire (Le poète illuminé, sortie prévue le 13 octobre 2021). Avec ces personnages, je tente de donner aux gens du sud l’envie de se ré-approprier leur histoire et à travers elle, de se recréer une identité.

Massilia – Sale caractère Réalisation Christian Philibert

FACEBOOK MASSILIA

@Benoit1Roux

@ecoute_voir

18 Mai

Premier single « Sale caractère » de Massilia en attendant l’album

Aïoli, Massilia is back, les minots son aqui ! « Sale caractère », premier extrait de l’album du même nom à paraître le 4 juin. Tout ce qui fait monter l’aïoli et couler le pastaga est là. Quelques surprises aussi.

Pochette de l’album « Sale caractère »

Evidemment que cette période confinée, couvrefusée (!) était propice aux romegaires (rouspéteurs) de Massilia. Tant de privations de liberté, le « Stop the cono » mouvement ne pouvait pas rester en retrait. En cette année du 40ème anniversaire de la mort du king jamaïcain Bob Marley, le reggae marseillais est dans la place.

« Sale caractère » : faire danser et réfléchir

Pourquoi changer la recette de l’aïoli quand il monte toujours bien depuis 35 ans ? Les ingrédients de ce premier single sont les mêmes. On retrouve les 3 voix complémentaires de Jali, Tatou et Gari. Chacun son timbre, chacun son flow. Pas de surprises non plus côté textes. La plume est toujours éclairée et acerbe. Pas de concession ni d’emboucanage, les « sales minots » au sale caractère ciblent les dirigeants, ceux qui divisent et les « repapiaires », ceux qui répètent indéfiniment leurs litanies. Dédicace à certains occitanistes.

Massilia – « Sale caractère », live de l’Obs au Studio K (Port de Bouc)


Le son est bon, dansant, travaillé, direct, la surprise vient dès le début du morceau avec un refrain « autotuné ». Le vocoder n’était pas le compagnon de route des Marseillais. Fallait-il l’introduire ? Le débat s’est lancé sur les réseaux sociaux avec quelques cartons rouges pour Massilia. Clin d’œil indéniable à la musique populaire, celle qu’écoutent les jeunes aujourd’hui.

Massilia en studio pour le nouvel album © Manivette records

Nouvel album à paraître le 4 juin

La dernière livraison discographique « Massilia » (très bon cru d’ailleurs) remonte à 2014. Depuis, fidèles aux bonnes habitudes, les Massilia ont repris chacun leurs routes bartassières, avec toujours le plaisir de se retrouver ensemble en studio ou sur scène. Les confinements ont arrêté brutalement les carrières solos et les ont réunis. L’été 2020 a été propice aux réflexions. En trois mois les compos et les textes sont arrivés, toujours à plusieurs mains, chacun chantant sur un même titre. Kayalik comme d’hab a assuré le mix.

La pochette sang et or matinée de bleu marseillais est assez vintage et rappelle plusieurs albums, singles ou EP (« Jompa vo », « Violent »…) du groupe. « Sale caractère », le 9ème album studio du groupe sortira le 4 juin. Entre temps, le tout nouveau clip de « Sale Caractère » fera son apparition mardi prochain. Apparemment, un moment de franche rigolade avec Massilia en costume sur les traces de Gaspard de Besse. Vous en saurez plus dans un prochain article.

Reportage France 3

ALBUM

GROUPE

Benoît Roux

24 Mar

Gaëtan Roussel : l’artiste aux gimmicks implacables et aux mots à fortes résonnance

Louise Attaque en pause, Gaëtan Roussel poursuit son exploration solo avec un quatrième album. Plus intimiste et acoustique, « Est-ce que tu sais » explore le monde intérieur. Plus que jamais il révèle le talent d’un artiste aux gimmicks implacables avec une production raffinée. Côté textes, ses mots ont toujours une forte résonnance avec le vécu quotidien.

Photo : site Facebook Gaëtan Roussel

Voilà plus d’un an que Gaëtan Roussel travaille sur cet album. Un an, début du confinement, propice à l’introspection, retour à soi, aux choses simples. Pourquoi pas sa vieille complice : la guitare acoustique. Des musiciens à la pointe, un orfèvre pour la production son et les mots de Gaëtan Roussel pour un disque qui fait du bien. 

L’efficacité des mélodies

A la fin de la première écoute, les mélodies sont déjà en tête. Gaëtan Roussel n’a pas son pareil pour marteler des phrases -musicales ou pas- qui vous resteront en tête. Dans les rythmiques comme dans les ballades, dans les choses tristes comme dans celles porteuses d’espoir, l’artiste touche. Petit bijou de son dernier album : Les matins difficiles.

Gaëtan Roussel – Les matins difficiles

Simples, efficaces, parfois un peu sophistiqués, les mélodies de l’artiste sont surtout touchantes et obsédantes. Le son est peaufiné par l’orfèvre Maxime Le Guil qui a travaillé pour Hans Zimmer, Morrissey, Melody Gardot, Justice… Du côté des musiciens, on retrouve l’excellent bassiste Laurent Vernerey, Reyn aux claviers, complété par les touches du complice de Cali : Augustin Charnet. On reconnaît bien la patte de l’artiste toulousain qui participe à plusieurs morceaux, ravi de l’expérience. « Je suis tellement content d’y avoir participé. J’avais carte blanche! J’ai enregistré des parties additionnelles qui ont été réalisés et mixées par Maxime Le Guil. C’était essentiellement des synthés, claviers, percussions. C’est un très bel album. Il y a une très belle variété des sources qui donne un côté très organique. Gaëtan Roussel est vraiment à part dans sa manière de travailler les thèmes, les gimmick qui reviennent et qui restent. Ca rend les morceaux immédiatement très populaires. »

Il participe au titre « Je me jette à ton cou », où l’on retrouve Daniel Auteuil pour le clip.

Les sons de l’album sont magnifiques. Les claviers notamment très « orgue de cathédrale », les cordes de Clément Libes qui portent à l’élévation, les rythmiques discrètes.

La justesse des mots

Si les mélodies restent, les mots s’entêtent. Rattachés à des thèmes de société, Gaëtan Roussel a l’art d’écrire avec beaucoup de résonnance. Des mots justes, qui parlent à beaucoup de gens, pétris d’humanité, tantôt empreints de mélancolies comme « La colère »

Chaque jour il faut s’y faire
Elle revient toujours la colère
Chaque jour elle nous effleure
Je crois qu’elle vient de l’intérieur

tantôt légers comme le bonheur dans Est-ce que tu sais

Est-ce que tu sais
Que quand les fleurs se fanent
Elles nous laissent leur odeur, leur amour
Là, ici et tout autour ?

Des moments contrastés, parfois au sein de la même chanson. Une sorte de mélancolie lumineuse. Mention spéciale pour le très beau « Tu ne savais pas ».

Gaëtan Roussel – Tu ne savais pas (version acoustique)

Rarement un artiste dégage autant de puissance et de fragilité. Des textes introspectifs d’une grande intensité auxquels on s’identifie. Ce quatrième album solo est un petit bijou musical et un joyau d’humanité.

Reportage France 2 : A. Le Quéré, J-P. Magnaudet, M. Petitjean, F. Cardoen 

INSTAGRAM

FACEBOOK

Benoît Roux

09 Mar

Plus de 40 ans après, Peter Gabriel réenregistre son hymne protestataire « Biko »

En 1980, Peter Gabriel enregistre un hymne poignant et engagé dédié à Steven Biko assassiné lorsqu’il était dans une prison sud-africaine. Une chanson d’une puissance incroyable qu’il ne manque jamais d’interpréter en concert. Il vient de réenregistrer ce tube mythique avec 25 musiciens dont Angélique Kidjo, Yo-Yo Ma et le bassiste Meshell Ndegeocello.

Peter Gabriel et les musiciens de Biko. Capture You tube

September ’77
Port Elizabeth weather fine
It was business as usual
In police room 619

Un acte « banal », comme il y en avait beaucoup dans les geôles sud-africaines lorsqu’on est noir. Un fait inacceptable pour le chanteur humaniste engagé Peter Gabriel, ami de Nelson Mandela pour lequel il a fait plusieurs concerts lors de sa sortie de prison. Pour ceux qui ont assisté comme moi à plusieurs concerts de Peter Gabriel, la puissance de cet hymne est incroyable. Un recueillement, un respect et des poings qui se lèvent à l’unisson, une humanité profonde.

Plus de 40 ans après, l’artiste anglais décide de réenregistrer la chanson, dans le cadre de l’initiative « Playing for Change’s Song Around the World » et le Fonds des Nations Unies pour la population pour célébrer le 75e anniversaire de l’ONU.

La force de l’enregistrement initial est préservée, la voix de Peter Gabriel garde sa puissance, des musiciens et chanteur viennent raviver la flamme dans une tension extrême.

Comme souvent avec Gabriel, la fusion marche, avec un vrai apport de chaque artiste, une sono mondiale brillante qui fait de la place à tout le monde, quelle que soit sa culture. La magie perdure, l’engagement du chanteur et le racisme aussi. Dans une interview au journal Rolling Stone il déclare : « Bien que la minorité blanche du gouvernement sud-africain est éteinte aujourd’hui, le racisme que l’apartheid représente et qu’on retrouve aujourd’hui partout dans le monde n’a pas disparu. »

Cette « nouveauté » ne comblera pas le manque immense pour le public de fans, sevré de nouvelles chansons. D’après l’artiste, plusieurs inédits joués lors de concerts ont été enregistrés. Alors pourquoi pas un nouvel album…

PETER GABRIEL

Benoît Roux

 

24 Fév

Thibaut Garcia : un prodige de la guitare aux Victoires de la Musique

Deux ans avoir reçu une victoire comme « révélation », le guitariste classique Thibaut Garcia concourt ce soir encore pour les Victoires de la Musique Classique. Il n’a que 26 ans, mais déjà beaucoup de concerts dans le monde entier et des récompenses à la clé.

Thibaut Garcia 2019 Photo: Marco Borggreve

Ce n’est pas tous les jours que la guitare classique se fait une place dans la cour plutôt fermée de la musique classique.

Révélation Victoires de la Musique Classique 2019

Pourtant ce soir, l’auditorium de Lyon pourrait voir cet instrument royal triompher sous les doigts agiles de Thibaut Garcia. D’origine espagnole, ce jeune prodige de 26 ans a posé ses cordes dans les plus grandes salles : à Tokyo, Moscou, Paris Nashville… Il est nommé dans la catégorie « soliste instrumental », aux côtés de deux pianistes,  Khatia Buniatishvili et Alexandre Tharaud. La guitare classique souvent oubliée viendrait donc se frotter aux cordes plus reconnues du piano. 

Reportage France 3 Eric Coorevits/Patricia Chalumeau

Passé par le conservatoire de Toulouse puis celui de Paris, n’allez pas croire que Thibaut n’écoute que de la musique classique. Si de par ses origines il a beaucoup interprété la musique espagnole, il écoute aussi beaucoup d’électro, du rap, du rock…

En 2016, il rejoint la célèbre maison de disque « Warner Classics Erato » pour ses projets discographiques. Un premier disque « Leyendas » puis un deuxième en hommage à J.-S. Bach. En 2020, il sort un cinquième album consacré au célèbre « Concerto d’Aranjuez », la pièce maîtresse de la guitare. Enregistré à la Halle aux Grains de Toulouse avec l’Orchestre National du Capitole, ce disque lui a valu plusieurs récompenses dont un « Diapason d’or ».

En 2013, il obtient le premier prix du Concours international de Séville, 2 ans plus tard celui de la « Guitar Foundation of America Competition ». Il est aussi nommé filleul de l’Académie Charles Cros.

Portrait Thibaut Garcia France 3 Occitanie Eric Coorevits (2019)

Une nouvelle Victoire de la Musique lui donnerait encore un nouvel élan pour promouvoir son instrument et sa musique. Il est aussi le créateur de l’événement « Toulouse Guitare » où les jeunes futures pépites côtoient les maestros. Un nouveau rendez-vous est prévu en mars retransmis en streaming sur la page Facebook dédiée.

SITE OFFICIEL THIBAUT GARCIA

SITE VICTOIRES DE LA MUSIQUE CLASSIQUE

12 Fév

Marseille : le clip brûlant et puissant du photographe Franck Pourcel pour le nouveau groupe « De la Crau »

C’est une première pour le photographe et elle est réussie. Franck Pourcel signe le tout nouveau clip de De la Crau « Shaman ». Des images noir et blanc granuleuses pour une chanson qui a la fièvre.

Photo : Franck Pourcel

Il y a la beauté du texte de Sam Karpiénia, celle de la musique de De La Crau et désormais, les images qui font corps de Franck Pourcel. C’est une première pour lui qui n’avait jamais réalisé de clip. Un parti pris esthétique noir & blanc granuleux qui donne un genre. Le feu qui habite les images et revient comme un gyrophare sur le refrain. Oui ce clip amène de la force à une chanson déjà puissante.

En attendant leur tout premier album prévu dans les prochains jours, le groupe marseillais  s’est laissé embarquer à Martigues, Fos, Port de Bouc et l’étang de Berre.

Encore plus puissant et hypnotique que Dupain pour lequel chanta jadis Sam Karpiénia, il faut aussi se pencher sur les paroles toujours poético-politiques de Sam qui chante et écrit en occitan. Un vrai choix politique et artistique.

Les cendres se dispersaient dans le ciel / Dans un dernier envol / Chauve souris, Tambour de sorcière / Danse des siècles / La fumée des bougies a donné du souffle / Les cheminées noircissent les visages / Les torchères à la nuit close / Visages noirs de l’histoire / Cachés, visages sans paroles / Un millénaire transperce la nuit / Tout se mélange, les contraires se rencontrent / Un millénaire transperce la nuit / Il danse le chaman, ouvre les portes / Regarde brûler la pierre  / Loin d’ici la souffrance / Le fils du chaman se lève / Un Millénaire transperce la nuit / Tout se mélange, les contraires se rencontrent / Dans les méandres de la toile, loin du silence / Dans les méandres, loin des étoiles / Il a perdu le fil millénaire / Dissipés les enseignements séculaires / Embarqué dans le monde creux être dedans ou rester en dehors / Les pieds sur le goudron.

Une belle osmose texte-voix-images. La tempête et le feu n’ont pas fini de souffler.

Benoît Roux

 

08 Fév

De la Crau : le nouveau groupe de Sam Karpiénia taillé dans le rock

Après Gacha Empega, Dupain et Forabandit, Sam Karpiénia poursuit ses chemins de traverse avec De la Crau. Résolument rock, post-punk, toujours radical, ce nouveau groupe va sortir son premier EP le 19 février. Un nouveau clip est en préparation.

De la Crau Photo : Franck Pourcel

Comme souvent avec Sam, tout est affaire de rencontre. Ce nouveau groupe s’est constitué au fil des envies, des routes bartassièiras avec des parallèles musicaux qui finissent par se rencontrer. Il y a SAM KARPIÉNIA porté par le flot, les cordes frottées de MANU REYMOND et les fûts bien trempés de THOMAS LIPPENS. Ils travaillent ensemble depuis 4 ans. Il y a tout juste un an, sortait le premier clip réalisé par Thomas Sanna sur le morceau « Temperi » qui sera sur leur premier EP.

De la Crau – Temperi


« Chaman » sera le deuxième morceau à sortir sous forme de clip. Là-aussi, une histoire de rencontre. Celle de Sam et du photographe Franck Pourcel. Il vit à Marseille comme auteur-photographe indépendant. Les photos de Franck ne sont pas forcément focalisées sur le domaine artistique mais sur la rencontre (encore) entre l’homme et son territoire. L’histoire aussi De la Crau. Apéros, discussions, Franck se retrouve à réaliser son tout premier clip. Un clip noir et blanc, tourné al pais, à Martigues, Fos, Port de Bouc et l’étang de Berre.

Sam Karpiénia – Chaman réalisation Franck Pourcel

« Chaman », la symbiose entre un homme, son esprit et son territoire. Mi païen mi sacré, poétique rocailleux et inspiré. Histoire de feu, d’usines évidemment. L’esprit chamane oui, mais il faut aussi turbiner quand le pratique prend le dessus. Pour que ce clip qui s’annonce atypique voit le jour, un financement participatif a été organisé sur le site Helloasso. Il ne reste plus que 2 jours pour porter sa pierre à De la Crau.


Le clip sortira le 12 février sur Youtube, l’album sur Bandcamp une semaine plus tard. En attendant, c’est Lucas Fox le batteur et fondateur de Motörhead qui va conclure : « Chez De la Crau, leurs ancêtres Celtes descendus d’Ecosse et d’Irlande s’entrechoquent le long de la route des épices avec les sonorités de l’Afrique de l’ouest jusqu’au Maghreb. Les paroles toujours aussi engagées sont transportées par la voix du Sud de Sam, bien mûrie, habitée par cet humanisme profond ». 

Photo : Franck Pourcel

De la Crau, Motörhead, encore une rencontre. Sur les chemins de traverse de Sam, les planètes s’alignent pour De la Crau.

DE LA CRAU

FRANCK POURCEL

Benoît Roux

04 Fév

« Good for you », le nouveau live session de RoSaWay qui donne le moral

Le duo RoSaWay prouve une fois de plus qu’il est fait pour le live. Extrait de son dernier EP, voici une version décoiffante de « Good for You », un morceau inspiré de la Nouvelle Orléans. Musicalement très riche et qui donne la pêche.

Photo : Facebook des Artistes

Rythmique de folie, voix lâchée avec de l’écho, le nouveau titre de RoSaWay dépote. Composé de Stéphane à la batterie et Rachel à la flûte traversière et à la voix, ce duo électro pop fait dans l’élégance et le bon gout artistique. 

Un live-session tourné à Lons-le-Saunier (Jura) dans de très bonnes conditions grâce à l’association Musik Ap’ Passionato.

Bouclé en 2 jours, installation comprise, ce live de « Good for you » est encore plus pêchu que sur l’EP. Le titre très inspiré de la Nouvelle Orléans où les cuivres rutilants sont remplacés par la flûte de Rachel, en boucle comme un brass band.

RoSaWay – Good For You en registré Live 

Un vrai plaisir « Good for us » qui fait encore plus regretter de ne pas pouvoir les voir sur scène. Eux qui ont sillonné à plusieurs reprises les Etats-Unis et la France sont vraiment faits pour le live. Si tout va bien, ils sont programmés pour le prochain Festival Vocal « Le Fruit des Voix » qui se tiendra du 12 au 30 octobre 2021 à Lons.

Bravo les artistes. Belle production, très bon son, belle inventivité et une indéniable et indestructible pêche à la fin.

ROSAWAY

FESTIVAL FRUIT DES VOIX

Benoît Roux

 

30 Jan

La chanteuse soul Kimberose sort un second album réussi

Elle avait séduit avec son premier disque « Chapter One » sorti en 2018. Il n’est jamais facile de confirmer un talent brut. Beaucoup s’y sont plantés. Avec « Out », elle réussit son come-back. Une soul-pop plus riche et variée.

Photo extraite du clip « Back on my feet »

Dès les premières notes, on sent que quelque chose a changé mais que ce sera bien.

« Out », le second album de la rupture

Quand elle sort son premier album, derrière Kimberose se cache un duo : la chanteuse et son ami de l’époque guitariste. « Chapter one » a été écrit et composé ensemble. Depuis, le couple n’existe plus. Anecdotique? Non car ce nouvel album est résolument différent. Si l’on retrouve les ingrédients du premier, le second est un peu moins soul, égrainé de pop, de RnB et même de reggae.

Née dans l’Essonne d’un père anglais, scientifique qui travaille alors en France et d’une mère également anglophone, immigrée du Ghana à Paris. Kimberose a choisit ce nom d’artiste pour « Kimberly ose ». Et on peut dire que ce n’est pas usurpé.

Kimberose – Back on my feet


Si la voix est toujours aussi brillante, elle est un peu plus dans les aigus et le nasal. Kimberly Rose Kitson Mills est une interprète qui marche sur les traces d’Amy Winehouse (en moins jazz), Macy Gray ou encore Céleste qui sort elle aussi son album cette semaine. Elle fait partie des rescapées de l’émission de téléréalité « La Nouvelle Star » dont elle avait été éjectée très rapidement. Capable d’aller dans la force comme dans le plus intime. Un chant parfois maniéré mais toujours très assuré, dans le rythmique comme dans la mélodie. Une œuvre plus intime.

Des compositions très variées

Dans le premier album, il y avait une certaine unité, comme une évidence. « Out » est plus surprenant. 14 nouvelles chansons avec de nouveaux complices. Un disque ou elle se livre comme dans ce morceau très abouti « Sober » qui fait référence à l’alcolisme. Une reprise d’un texte de Joy Oladokun très réussie, dans laquelle elle s’est reconnue.

Kimberose – Sober

Pas vraiment de fautes de goût de dans la variété des compositions. Quelques perles mêmes comme « Warning Signs » qui sonne comme un classique. Les musiciens sont impec, les arrangements à la fois classiques et un tantinet inventif. Les cordes apportent de la légèreté, les cuivres et les claviers de la soul, les basses sont lourdes et les morceaux groovent parfaitement à l’image d' »Escape ». Kimberose a fait confiance à son petit frère sur plusieurs morceaux, elle en signe aussi certains avec brio comme « Thin Air » et le magnifique et poignant « We Never Said Goodbye ».

Kimberose – We Never Said Goodbye

A l’écoute de « Out », pas un des quatorze titres est en deçà des autres. Un album soigné réalisé par Régis Ceccarelli (le fils du batteur André Ceccarelli mixé et masterisé par le célèbre Dominique Blanc-Francard au Studio Labomatic à Paris. L’ancienne infirmière Kimberose signe une pop élégante et raffinée. La confirmation d’un vrai talent.

SITE OFFICIEL

Benoît Roux