18 Nov

Toulouse : le nouveau très beau titre de Dame Géraldine

« Au nom de quoi », le nouveau single de la Toulousaine Dame Géraldine est beau et puissant. Comme d’habitude, elle signe la compo, le texte, les arrangements et la réalisation du clip. Un nouveau single bien ancré, l’illustration juste et parfaite de l’attachement qui vous mène en bateau.

Visuel du single « Au nom de quoi » © Dame Géraldine

« Au nom de quoi ? »

Au nom de quoi au reste, au nom de qui on peste, voilà qui pourrait résumer le thème de la chanson.

Boucles de clavier qui rappellent un peu le générique de la série X-files , tremblements de violoncelles que vient apaiser la voix, le piano qui indique des lignes de fuite… Aux frontières du réel, un début de chanson en tension et en fausse légèreté. Dans le clip, on retrouve la Dame sur un bateau, la fuite pour exprimer l’impossibilité psychologique de partir, le regard qui fuit et espère. L’artiste alterne entre une très belle voix aigue, déchirante, compensée par des échos de graves presque apaisants. La guitare arrive et déchire le flot du piano.

Dis moi, Tu es resté là, À force de ses draps, À force de ses bras. Dis moi, Tu es resté là, À force d’y penser, À force de céder ».

L’amour qui mène en bateau

La voix est très belle, pure, déchirante, le rythme s’emballe sur le refrain. Le texte est travaillé direct, le mot qui vise juste et atteint sa cible. Le clip dont elle a assuré la réalisation est tout en surimpressions, en fondus image où alternent les grands espaces et l’enfermement, une danse inexorable vers l’indéfectible lâcheté humaine.

Les fausses cordes à la fin qui mettent des pointillés au temps interminable, cette bouteille jetée à la mer n’en finit plus de faire des ronds dans l’eau. Le lien s’enlise, se noie et a du mal à se défaire, la lâcheté pour parfaire.

Une artiste exigeante

Pour ceux qui suivent la Dame depuis quelques lunes, ce titre n’est pas complètement nouveau. La musique est celle d’un autre titre : « Sacha ». On y retrouve toutes les composantes qui font la singularité de l’artiste. Une musique pas franchement classable (et c’est tant mieux), une méticulosité dans la recherche de sons, d’images aussi car elle réalise la plupart de ses clips. « Au nom de quoi » est certainement le single le plus abouti à ce jour, un équilibre entre les mots, les sons, l’atmosphère pesante. La voix est parfaitement enregistrée, implacable dans l’énumération des sensations puis qui s’envole de manière déchirante.

Dans cette période encore moins évidente pour les artistes à la recherche de lumières, cette production éclairée devrait permettre à Dame Géraldine de sortir un peu de l’ombre (cf « Et tu vis dans le noir » dans le texte).

Elle a aussi beaucoup d’énergie et de convictions. Contrairement à son clip, il y a peu de chances qu’elle se laisse mener en bateau.

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Benoît Roux

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12 Oct

The Limiñanas et Laurent Garnier : un road movie musical trippant

C’est sans aucun doute l’un des albums les plus enthousiasmants du moment. « De película » s’écoute de bout en bout, sans sortie de route, oreille au plancher. Une rencontre improbable entre l’électro de Laurent Garnier et le rock psyché de The Limiñanas. Un album plus que parfait et bien présent.

The Limiñanas Photo : Darek SZUSTER via Maxppp

Les fusions, ça ne marche pas à tous les coup mais là, cette rencontre presque improbable donne un cocktail vitaminant plein de saveurs. Ce qui n’était au départ qu’un vague travail entre le Dj techno/électro Laurent Garnier et le rock suffocant de The Limiñanas est une vraie collaboration. Chacun a laissé tomber ses domaines respectifs pour se mettre au service de l’autre.

« De película », un album concept haut de gamme

The Limiñanas fait partie de ces groupes dont la renommée est plus forte à l’étranger qu’en France. Le duo Catalan avait bien fait un ou deux coups d’éclat mais sans secouer trop le landerneau musical. A vrai dire, je faisais partie des ignorants jusque-là imperméables. La secousse tellurique n'(en est que plus grande.

Car l’album est un road-trip, road-movie autant visuel que sonore. Le retour des bons vieux albums concepts avec une vraie-fausse histoire à l’intérieur. On pense de suite à « Histoire de Melody Nelson » d’un autre musicien cinéphile : Serge Gainsbourg. Une histoire prétexte, perdue d’avance entre Saul et une jeune mineure prostituée nommé Juliette. Et tel l’album de Gainsbarre, la production est soignée entre les boucles de bases et les riffs de Lionel et la batterie tantôt lourde tantôt légère de Marie. Un travail sur les sons assez impressionnants aussi de Laurent Garnier qui a su se mettre au diapason. Un gros son fait de plusieurs couches et terriblement efficace.

Perso, un morceau est à mettre au Panthéon : « Promenade oblique » où vrombit la basse et la batterie trace sur une route de nappes. Magnifique.

Instrumentaux, textes lâchés parfois chantés

Alors que le duo devenu trio prévoyait de faire seulement 2 ou 3 plages contemplatives, il y aura bien 11 stations dans l’album. Des instrumentaux comme « Promenade oblique » ou le très enlevé « Steeplechase » impeccablement produit. Idem pour Saul qui ouvre l’album et donne les prémices du voyages. Un titre dévoilé un peu avant la sortie du disque et joué en live sur France Inter.

Lionel Limiñanas n’est pas un chanteur mais tel Gainsbourg, il sait aussi poser ses mots comme sur « Juliette dans la caravane » ou « Tu tourne en boucle ». Et quand il s’agit de chant, il s’en réfère à d’autres. Tel le fin écrivain et lui même artiste Bertrand Belin pour l’un des morceaux des plus réussis (mais ils le sont tous!) : « Au début c’était le début ». Les premiers riffs et accords de guitare sont très « bashungiens » mais la ressemblance ne s’arrête pas là. Au niveau voix, la même fragilité, une sensibilité à fleur de peau. Vraiment très réussi.

Un volcan de transe

Au cœur du cratère, ça chauffe grave. Les sons en fusion pour mieux faire irruption. Tout est juste, sans faute de goût, sans effet de mode. Les guitares sont tenues, les riffs étourdissants, les sons grondants dans une culture de transe. Certes, il y a bien quelques pauses dans certains titres pour compléter la palette. Les plages sont immenses et on aime s’y perdre. Une musique très cinématographique où l’on repense à « Sailor et Lula » de David Lynch aux couleurs forcées. Les images viennent et nous retiennent, les sons nous enveloppent comme sur le très beau « Saul s’est fait planter » aux cordes claviers magnifiques.

Et s’il fallait libérer le magma du cratère étourdissant, ce serait le bien nommé « Que calor » emmené par le chanteur franco-chilien Eduardo Henriquez. Avec cet album, The Limiñanas prend place. Tout simplement incontournable.

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Benoît Roux

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02 Oct

L’émission live de France 3 Occitanie : Sazrah, un air d’Amy Winehouse

#CestPasEnPlayback, l’émission live de France 3 accueille Sazrah, jeune mais déjà talentueuse artiste. L’occasion de découvrir ses premières chansons empreintes de soul, jazz avec un timbre de voix qui se rapproche aussi d’une certaine Amy Winehouse.

L’artiste Sazrah lors de l’émission « C’est pas en Play Back » de France 3 Occitanie ©Lola Bernal /FTV

Telle une diva sortie d’une toile ou d’une sculpture de Botero, Sazrah est apparue, comme une fleur qui ne demande qu’à éclore. Le Blog Ecoute Voir l’avait déjà repérée lors de la sortie de son premier EP. 

Son talent et son côté atypique sont apparus comme une évidence sur le plateau musical de France 3. Avec sa guitare et son yukulélé, alternant fragilité et force, elle interprète 2 chansons « Keep calm » et un inédit qui n’est pas extrait de son EP : « Sillage » 

Elle se livre aussi sur ses engagements (la nature, l’écologie, l’amour…) et sur ses influences. Son grain de voix aussi à l’aise dans l’aigu que le grave, le français que l’anglais, fait penser à Amy Winehouse, elle aussi empreinte de soul et de jazz. Dans l’émission, elle évoque une jeune chanteuse française qu’elle adore : November Ultra. A l’écoute, les similitudes sont évidentes : univers dépouillé mais riche, voix émouvante, prenante et apaisante. Un vrai joyau.

L’actualité de Sazrah, c’est aussi la continuité et une complicité artistique avec Félix, un autre Toulousain. Ils ont déjà chanté ensemble et se retrouvent sur le label Plugin Records. Après « Coffee rocket », place à « Green Tara ».

De riches collaborations en attendant un album et la scène. Quant à la suite de #CestPasEnPlayback, place au groupe BEACH SCVM (l’écume de la plage in french). Le trio toulousain a déjà enregistré sa session au grand studio de France 3 Occitanie et sera bientôt diffusée sur la chaîne YOUTUBE et les réseaux sociaux.

Le groupe BEACH SCVM en live sur France 3 Occitanie. Photo : Lola Bernal FTV

Un groupe surf pop rock punk à découvrir qui pour le coup fait plus penser à Nirvana, Greenday ou The Cure qu’à la diva anglaise Amy Winehouse. Ca promet.

FRANCE 3 OCCITANIE

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28 Sep

Découverte : un nouvel artiste de Toulouse plein de promesses

Ca commence par un sigle : KWSk, un nom d’artiste où se glisse le prénom Kenny. Kenny West Side Kontroll. Premier single et clip en solo. Un artiste toulousain perfectionniste qui aime le détail. Influences multiples et une envie forte de porter ses morceaux en live. Découverte.

L’artiste toulousain Kenny alias KWSK © François Gustave

Les côteaux de Pech David à Toulouse, un clip tourné au smartphone, un clavier qui plante le décor. La voix claire de Kenny arrive. Une histoire en apparence banale. La voix bien posée qui tout d’un coup s’envole. Normal : le titre s’appelle « Elevation ». En anglais pour le titre, in french pour le texte.

« Elevation », un titre où se croisent les influences

Les sons sont modernes, travaillés et la musique riche : rock alternatif, des pointes de soul, du rap. Très belle voix qui se glisse dans différents styles. D’ailleurs c’est l’artiste lui même qui fait la partie rap, très à l’aise. Des influences venues aussi de par ses origines : un père Cap-Verdien/Sénégalais, une mère Guyanaise/Brésilienne.

Longtemps, il s’est glissé dans des groupes locaux comme Dez, Automate, The soul men (un groupe de reprises), Rudy… Batteur mais aussi choriste, Kenny a voulu chanter tout en jouant de la batterie en solo.

Fait pour le live

Avant de se lancer en solo, il a fait des reprises en y portant sa patte. « Au départ, je faisais que du live. C’est l’essence, faire ressentir la musique, la partager. C’est notre plus grande force à nous, les artistes.  » Du reggae, du rap de la soul, des chansons plus intimistes, pour se rendre compte du potentiel de l’artiste, il suffit d’écouter cette reprise qui me fait penser vocalement à JS Ondara.

Déjà en studio, ses productions dégagent de la force, de l’émotion, de l’interaction. Des débuts très prometteurs pour ce jeune artiste perfectionniste. Autre facette avec cette reprise de Chris Isaak à fleur de peau puis très colorée World-Music. On y retrouve Annela (Bella d’or) la chanteuse de The Soul men. La palette vocale et artistique est très large. Elle ne demande qu’a être entendue.

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15 Sep

La pop rock dansante et raffinée d’une jeune chanteuse de Toulouse

Dans la veine d’une production française désormais assez dansante, la jeune chanteuse toulousaine Öja vient de sortir son premier EP. Il marque déjà beaucoup d’assurance dans la voix et dans ses choix musicaux. Il y a tout juste un an, ce blog vous l’avait fait découvrir. 

Le premier EP de la chanteuse Ôja

A la première écoute, les influences se situent très clairement dans les années 80. On pense à Catherine Ringer, Chagrin d’Amour ou plus récemment Clara Luciani avec une basse funk-disco. Le premier morceau « J’ai comme un doute » est très efficace.

Justine alias Öja est une bosseuse et ça s’entend.  Elle a baigné dans un univers de musiques : son père écoutait du hard-rock -d’où la puissance de sa voix- et sa mère de la chanson française et du funk. Elle a aussi fait la « School of Rock de Blagnac ». Ne pas griller les étapes, ne pas s’adonner aux sirènes et aux facilités de la mode, cette auteur-compositrice-interprète soigne ses chansons. La jeune artiste de 22 ans vient de finir son cursus au département des Musiques Actuelles du Conservatoire de Toulouse avec Mention Très Bien à l’unanimité.

Limiter sa musique aux années 80 serait très réducteur. Les influences sont aussi rap, hip-hop, électro ce qui rend sa production assez riche. Les 5 titres sont assez différents, très bien produits et révèlent une vraie personnalité artistique. Que de chemin parcouru! Reste à monter sur scène pour franchir un nouveau cap et vivre pleinement sa passion pour la musique.

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10 Sep

« La grande folie », l’explosion des voix et des rythmes du groupe San Salvador

Sextette vocal épris de rythmes, le groupe San Salvador fait partie des très bonnes surprises du moment. Polyphonique, rythmique, le groupe corrézien vient de sortir un premier album très réussi après avoir emballé et mis le feu dans les festivals. « La grande folie » est une explosion de rythmes, de sons, de sensations, de transes très régénérants.

Le groupe limousin San Salvador – Affiche tournée 2021 Cholet-©-Sylvestre-Nonique-Desvergnes-

3 filles, 3 garçons qui se connaissent bien et qui partagent les mêmes valeurs artistiques, le même respect des traditions. Car voilà, ces trentenaires sont pour certains des « fils de », en l’occurrence des collecteurs et chercheurs dans le domaine des chants traditionnels limousins. Que ceux qui pensent encore que traditionnel sous entend « chiant » et « ringard » se rassurent : le groupe a sévi sur les plus belles scènes contemporaines : Vieilles Charrues, Transmusicales, Printemps de Bourges, Suds à Arles, sans oublier New-York et autres joyeusetés.

Chants vibrants et hypnotiques

Sans préjugé donc, il suffit de télécharger leur premier opus « La grande folie » ou de laisser un saphir traîner sur le vinyle. Difficile de ne pas se laisser emballer, hypnotiser par l’explosion qui s’en suit. Quelle énergie, quelle volonté de tout emporter, tout dépoussiérer, sans dénaturer les traditions. San Salvador compte 2 duos frère-sœur, dont les enfants d’Olivier Durif : Eva et Gabriel. Musicien et ethnologue, grand défenseur des chants traditionnels du massif central, Olivier Durif a dans un premier temps collecté ces chants dans les années 70 que l’on retrouve aujourd’hui sur la galette de San Salvador. Un véritable patrimoine revisité.

Claquements de mains, toms et autres percussions, voilà « La grande folie » qui démarre. Précision dans les chants, complémentarité et inventivité des voix. La force d’un collectif qui se connaît depuis le plus jeune âge. Là où certains trouvaient plus exotique de partir en quête du folk américain, d’autres ont préféré les campagnes françaises. Ils y ont trouvé un répertoire, un patrimoine tout aussi riche. Dans une interview donné à Francetvinfo, Gabriel Durif se confie : « On s’attache à être dans une fidélité à l’idée du chant des musiques populaires que l’on veut interpréter. Ce n’est pas un travail de technicité sur la voix. Nous n’avons appris à chanter nulle part. On chante comme ça vient, comme ça se présente à nous, les uns et les autres. Par contre, ce qu’on a appris, c’est que dans la musique qu’on découvrait, les sources de collectage des musiques populaires qu’on écoutait, on entendait que les gens ne trichaient pas. Ils ne trichaient pas avec ce qu’ils avaient à dire, à nommer. »

La Grande Folie

Vous les gens qui sont endormis, oh la grande folie…

8 morceaux composent ce premier album, dont le titre éponyme « La grande folie » qui a lui tout seul pourrait résumer ce premier opus. Une longue intro vocale et rythmique, le temps d’installer quelque chose pour mieux emporter le reste. Il n’est jamais facile de reproduire en studio la magie d’un concert, la puissance et la créativité d’un groupe fait pour le live. C’est pourtant le cas ici. Un véritable tourbillon qui vous donne envie de danser, de chanter, de se lever, crier, oublier, exister.

Un disque qui a d’abord existé lors des concerts et bals donnés par le groupe, travaillé rythmiquement, peaufiné dans les arrangements en gardant un maximum de spontanéité. Les morceaux sont protéiformes, presque sans fin, à la recherche du son, de la concordance, de cette grande folie qui surprend. C’est précis, virevoltant, volcanique, démesuré mais tellement prenant.

Les voix sont variées, tantôt dans les aigus pour les femmes façon « Voix bulgares » tantôt recherchant de la profondeur dans les graves. Tous les morceaux sont réussis. Mention spéciale à « San Josep », « La Liseta » et les somptueux « San Josep » et « Enfans de la campagna »

Et, au final, le groupe comme le disque respire la sincérité, l’honnêteté, la créativité à la fois punk et trad. Un chant vibrant, taillé dans le rock, emporté par les percussions. Unique et tellement beau. 

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Benoît Roux

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28 Mai

« Je flotte », le tout nouveau clip de Dame Géraldine

Un univers feutré, une voix bien placée, l’artiste toulousaine Dame Géraldine sort un nouveau clip extrait de son dernier EP. Tout en touches sensuelles, « Je Flotte » fait écho à des sensations que nous vivons.

Photo extrait du nouveau clip « Je flotte » ©Dame Géraldine

Son dernier EP « I will go » est un univers feutré porté par une très belle voix.

Le nouveau clip réalisé par Géraldine pendant le dernier confinement commence par un extrait d’un autre clip (Sacha) où elle jouait sur un piano porté par les eaux. Images sépia, tons doux et chaud, le clip se déroule sous un univers confiné propice aux interrogations et aux doutes. Des errances aquatiques qui feraient perdre toute notion du temps.

Dame Géraldine – Je flotte

Images superposées, en sous-couche, lavis déclinés, ses mots prennent une résonnance cinématographique comme souvent dans ses chansons. Regards qui fuient puis qui interrogent, en quête d’un échange, les notes de son clavier font des clapotis qui tentent de porter ces interrogations.

Des messages lancés comme des bouteilles à la mer, presque des cris de désespoir à la fin, cette version montre la palette de l’artiste.

Un univers clos qui donne envie de tout remettre à flots pour aller voir Dame Géraldine sur scène.

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ALBUM DAME GERALDINE

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30 Avr

Sazrah : de l’inattendu et du talent venus d’Ariège

Sazrah, un peu d’exotisme et de douceur venus d’Ariège. Cette jeune artiste de 23 ans sort un premier EP après plusieurs singles et des collaborations avec le toulousain Félix. Un univers assez feutré qui fait appel à plusieurs influences. On se laisse surprendre et prendre par sa voix et sa fraîcheur.

Sazrah Photo extraite du clip « Fragile »

Un mail arrive parmi beaucoup d’autres pour signaler une nouvelle sortie d’album : Sazrah, une inconnue. Petit clip sur les liens, les premières impressions sont bonnes… presque surprenantes. Car voilà : Sarah Zelmati a un beau grain de voix, chaleureux et empreint d’humanité. Un timbre qui fait un peu penser à Adèle en moins forcé, à Amy Winehouse pour la diction et le côté soul jazzy. Elle chante dans un anglais nickel et quand le français surgit, l’atmosphère est encore différente.

Son EP « Caught by time » sort aujourd’hui sur le label Pluginrecords où l’on retrouve aussi son comparse toulousain Félix. Le nouveau clip « Fragile » a été réalisé près du Mont Valier (Ariège) en pleine nature pour cette écologiste dans la peau. Un morceau riche, porté par une voix détachée, agrémentée de sons environnants. On y découvre aussi son univers pictural.

Sazrah – Fragile


Une production agréable qui sait mettre en valeur son grain de voix. Ce nouveau titre fait suite à un autre extrait sorti il y a un mois « Just trying ». Un mélange de percussions, basse et guitalélé -instrument à corde qui se positionne entre la guitare et le yukulélé- une voix qui sait se faire douce ou puissante.

Sazrah – Just trying

Auteur-compositeur-interprète, Sazrah possède un univers qui va de la néo-soul, à la pop electro jusqu’au R’n’B’. Ce premier EP enregistré à Toulouse et Paris est plein de promesses. Dans sa vie ariégeoise, Sazrah fait du dessin, des tatouages. Sa musique et sa voix ont l’art de se graver en nous.

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Pluginrecords

Benoît Roux

15 Avr

La douce élégance de Dame Géraldine

Dame Géraldine est toulousaine. Auteur-compositeur-interprète mais aussi réalisatrice de ses clips, cette artiste sait tout faire. Son dernier EP « I will go » est un univers feutré porté par une très belle voix. Des influences jazz, classique, soul. Sa musique très cinématographique s’écoute en douceur.

Photo extrait du nouveau clip « Je flotte » ©Dame Géraldine

Son univers est douceur, ses textes parlent d’amour, des ruptures, des envols, des choses et des moments de la vie. Dame Géraldine s’est posée dans la musique depuis l’âge de 7 ans. Son instrument de prédilection : le piano. Elle fait aussi des percussions et bien sûr, elle chante.

Des émotions qui passent

D’une voix bien placée, claire, limpide, tissée de velours, elle vit et respire la musique avec comme obsession : la transmission des émotions. Exigeante, perfectionniste, à la recherche des sons. Pas d’effet, des nappes de clavier-piano, quelques riffs de guitare un peu déchirés, la basse en rondeur, un dialogue avec le saxophone. Où l’on peut entendre toute l’étendue de sa voix. Voici « Just a long ride ».

Dame Géraldine – Just a long ride

Pop cinématographique

Son nouvel EP « I will go » est sorti en décembre. Mais Dame Géraldine s’est fait connaître en faisant de la musique pour des images (des courts métrages mais aussi des pubs). Elle crée son Sound cloud en 2012. C’est là qu’elle se fait repérer par Frédéric Dubois et le label international BMG Production Music. Ce site où elle poste régulièrement des instrumentaux mais aussi des chansons fait qu’aujourd’hui elle comptabilise plus d’1M d’écoutes. C’est souvent elle qui auto-produit les morceaux avec ses claviers numériques.

En écoutant sa musique, on a envie effectivement d’y mettre spontanément des images. Un climat cinématographique qui fait penser à des artistes connues comme Agnes Obel ou London Grammar, les Françaises Zazie et Juliette Armanet et Véronique Sanson pour le timbre et la douceur. Des sons où l’on imagine aussi des grands espaces comme c’est le cas pour ces 2 artistes islandais qu’elle affectionne : Olafur Arnalds & Nils Frahm. Un petit côté musique minimaliste pour mieux mettre en valeur sa belle voix et une technique de chant bien maîtrisée.

Dame Géraldine – I love you

Sur scène pour la première partie de Thomas Dutronc ?

Dame Géraldine devait sortir cet EP depuis longtemps. Mais il y a eu évidemment le confinement. Il faut savoir que son nouvel EP est quasiment prêt. La perspective et l’impatience de retrouver son public se profile aussi. Elle participe d’ailleurs à un concours organisé par la ville de Fronton pour chanter en première partie de Thomas Dutronc le 26 juin. Si vous aimez cette artiste, vous pouvez voter pour elle jusqu’au 15 mai. C’est un peu l’usine à gaz mais il faut d’abord liker la page Facebook « Faites la Music » des organisateurs, liker la vidéo de Dame Géraldine et dire « Je vote pour elle » en commentaires.

Un nouveau clip bientôt

En attendant, elle continue de travailler, de réaliser elle-même ses propres clips. Le tout nouveau « Je flotte » fait pendant le confinement en home studio sortira dans les prochains jours. Dans cette chanson extraite du nouvel EP, on trouve des résonnances avec ce que nous vivons.

Photo extrait du nouveau clip « Je flotte » © Dame Géraldine

Images usées, ondes saturées,
L’avant, l’après, ce curieux effet.
Je crois, j’admets.
Suis-je à côté?
Latitude, longitude,
Nord ou Sud d’incertitudes,
J’avoue imaginer,
La vérité.

Telle un peintre impressionniste, Dame Géraldine étend sa toile. Ses notes de piano ressemblent souvent à des gouttes d’eau qui se posent, aux bulles d’écume qui surnagent. Dans cette période un peu trouble, très compliquée pour tout le monde et notamment les artistes, Dame Géraldine arrive à flotter de ses notes légères, là où d’autres se noient. C’est déjà pas si mal.

Benoît Roux

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14 Avr

La toulousaine Suzanne Belaubre fait son entrée en matière

Son premier disque, Suzanne Belaubre l’a fait toute seule, avec son ordinateur. « DIY » est un album atypique, minimaliste. Elle chante mais elle pourrait tout aussi bien peindre, danser ou lire ses mots. Une palette musicale avec plein de nuances.

Suzanne Belaubre © Celeste Leuuwenburg

Suzanne Belaubre aurait pu être pianiste classique. Mais à 16 ans sa passion pour l’ordinateur l’a conduite à faire de la production musicale avec la MAO et des pluggins. Elle avait sorti quelques titres sur un ancien label. En marge de ça, elle travaillait de manière plus spontanée sur des morceaux qui lui correspondent davantage. Lors d’un concert, elle rencontre l’un des dirigeants du label La Souterraine Benjamin Caschera. DIY (Do it Yoursel, fais le toi-même) est le résultat de tout ça.

L’osmose des mots et du son

Rarement à l’écoute d’un album on constate une telle prolongation des mots par les sons. Des mots introspectifs en prise avec l’environnement et la matière, des textes riches que la musique -ou plutôt des sons sortis de la MAO- vient souligner, comme on changerait une police de caractère, la couleur de l’encre ou mettre des choses en majuscule.

Suzanne Belaubre – Campagne


Ce n’est pas pour rien qu’elle a été lauréate du prix d’écriture Claude Nougaro, catégorie 15-18 ans. Des chansons piano-voix à texte, un flow de mots qui flirte avec le slam et le rap, elle les projette comme on met des couleurs sur une toile. Tout est à la fois très spontané et travaillé, un côté chanson classique mais aussi électronique et expérimentale. De la sagesse et des petits délires. Avec une certaine fulgurance dans l’alchimie des mots.

Contemplation et exploration des matières

Sans qu’il faille à tout prix trouver une explication, ces chansons assez courtes nous touchent. Comme des échos en prise avec les matières, proches de la nature et des sensations. On retrouve des répétitions, des collages comme en peinture où les mots et les sons sont mis en perspective. Avec beaucoup de samples, de bruitages organiques, de sons qui servent à la fois de mélodie et de rythme.

Elle joue avec ces matières sonores pour les sculpter et faire résonner les mots.

Suzanne Belaubre – Tout mélangé

Constellation d’art

Dans sa famille, l’art a été au centre de la vie. Elle s’est mise au piano dès l’âge de 6 ans, premier morceau composé à 10 ans. Puis vient l’American School of Paris, le studio des variétés où elle croise Arthur Teboul de Feu! Chatterton, comme elle avait partagé les bancs de classe de Bigflo et Oli. Télérama vient de tracer son parcours dans sa rubrique « Repérée ». Elle a partagé la scène en première partie de La Grande Sophie, Claudio Capéo, Mathieu Boogaerts, Magyd Cherfi, Art Mengo. En l’écoutant, on pense à Camille, Juliette Armanet ou Les Brigitte pour le grain de voix et les atmosphères.

Chaque chanson est une toile où le mélomane trouvera ce qu’il veut y chercher. Chacune a sa propre couleur et sa matière de sons.

Le webzine Opus Musique l’avait invitée en mars dernier pour une Session Opus à la salle des Illustres au Capitole de Toulouse. Au milieu des peintures.

Suzanne Belaubre – Les choses dorées (Opus Sessions)

Facebook Suzanne Belaubre

Label La Souterraine

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