22 Nov

A Toulouse, un artiste poète hip hop signé par un label américain

Rodin Kaufmann est un artiste pluriel. Comédien de formation, chanteur, rappeur, poète, rappeur, compositeur, beatmaker, graphiste, plasticien. Une diversité culturelle, un esthétisme qui se retrouve dans sa musique. Son premier album sortira en février, signé par un label américain. 

Photo extraite du clip « Leis Alas dau temps »

Il faut voir son art comme quelque chose de global : les sons, la musique, la poésie, l’engagement, le visuel. L’un ne va pas sans l’autre et fait de Rodin Kaufmann un artiste singulier. En 2015, paraissait « Ara », 6 pièces poétiques aux mots lyriques décollées par 6 musiciens qui franchissent les murs du sons, aux univers longs porteurs.  « Leis alas dau temps » (Les ailes du temps) le premier titre du nouvel album vient de sortir sous la forme d’un clip superbe. Rodin a gardé toutes ses particularités, ses richesses culturelles tout en les rendant plus accessibles avec cette nouvelle production qu’il a lui même réalisée.

Du hip hop poétique

« Les alas dau temps » est plutôt un morceau doux, mené par une voix légère, quelques sons cristallins comme des gouttes d’eau pour ponctuer. On sent d’emblée que la production est solide, le flow assuré, apaisé aussi. Ce pourrait être une berceuse, inspirée par une chanson traditionnelle « La nòvia » (La mariée). Une chanson de séparation, d’amour de loin cher aux troubadours (« Amor de lonh »). « Pour moi, les Troubadours sont les rappeurs du Moyen-Age. Leur lien avec la langue, l’excellence de leur écriture, la complexité aussi… ». Chez Rodin, les références à ces chanteurs poètes du Moyen-Age sont nombreuses. L’album qui sortira en février s’appelle « Pantais clus » (Rêve fermé, clos) en référence au « Trobar clus » des troubadours (Trobar : composer, écrire un poème).

Pour ce clip, Rodin Kaufmann a fait appel une fois de plus à Amic Bedel. D’ailleurs est-ce vraiment un clip, une fiction, une épopée, une allégorie ? Les pistes sont ouvertes. La réalité est obscure et la nature remplie de poésie. Ces « Ailes du temps » nous font passer les époques pour nous laisser suspendus au temps.

Rodin Kaufmann – Leis alas dau temps (Les ailes du temps) clip réalisé par Amic Bedel

 

Le film interroge, mélange les genres et les époques. En tous cas il captive. Rodin et Amic ont prévu de faire une vidéo explicative à ce premier volet d’une trilogie de clips consacrée à cet album qui sortira en février 2021. « Leis alas dau temps » se termine par les mots et la voix magnifique du poète occitan Max Rouquette. « On utilise souvent des samples dans le hip hop. Il y avait cet enregistrement de Max Rouquette des années 80. Le texte est puissant, la voix aussi. C’est une manière de le faire revivre.  » Dans cette œuvre empreinte de poésie, cet hommage vient conclure parfaitement le morceau avec beaucoup de solennité.

Photo extraite du clip « Leis Alas dau temps »

Comme souvent chez Rodin, les références et les univers sont multiples. On y voit un clin d’œil aux troubadours mais aussi à la nouvelle chanson occitane des années 70-80. On pense à Rosina de Peira, merveilleuse interprète de la chanson « La nòvia » qui a inspiré ce morceau. Il y a aussi une référence au monde Perse avec le Khorassan, source de l’amour, le lieu aussi où se sont rencontrés ses parents au Nord de l’Iran.

Un album à venir signé par le label américain Fake Four

Difficile de coller une étiquette sur la musique de Rodin même si la dominante est bien hip hop. Un ovni dans la production hexagonale, avec la barrière fatale de la langue occitane. Car forcément, l’occitan appartient au passé et ne doit pas exister dans les temps présent et futur des musiques actuelles. La lumière est donc venue des Américains. Le disque est déjà prêt, produit par Rodin. Mais qui veut s’aventurer à sortir un disque de musiques actuelles…en occitan ? Heureusement, Francis Esteve alias Cisco connaît bien Rodin, la musique et le milieu américain. C’est lui qui va aller dénicher le label alternatif Fake Four qui compte beaucoup d’artistes rattachés à une minorité. « J’ai trouvé une vraie famille musicale qui comprend ce que je fais. Fake Four va distribuer ce disque. Francis l’a écouté. Avec son label Dora Dorovitch, il touche l’international. « 

Photo extraite du clip « Leis alas dau temps »

Et les projets ne manquent pas. Un second titre « Rei de la luna » (roi de la lune) sortira le 6 janvier, avec des petits teaser vidéos pour l’accompagner d’ici-là. Pour l’avoir écouté, le morceau est superbe avec des chœurs et un flow poétique de toute beauté Le clip est déjà tourné, sur plusieurs lieux liés à l’enfance de Rodin. Le 10 février, l’album « Pantais clus » suivra sur les plateformes numériques et en sortie physique. Il y aura une version « deluxe » avec des mixs différents et 3 titres en plus. Un troisième clip « Pensarai en tu » (je penserai en toi) sera publié le 17 février pour clore la trilogie. Ce qui donnera lieu à un film d’une vingtaine de minutes avec les 3 clips, d’autres chansons et des morceaux en live.

En parallèle, Rodin travaille sur d’autres projets avec les Américains, notamment avec les indiens Navajos de l’Arizona. Il collabore également avec d’autres artistes de rap et de hip hop. En 2013, il avait enregistré ce clip à New-York avec Amic Bedel.

Rodin feat citizen chance – Indignats (Indignés)


Rodin bouscule les genres, fait voler les schémas classiques pour des créations transversales. Dans un monde d’uniformité, sa singularité interpelle. Le côté global et total de sa créativité aussi.

RODIN

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Label Fake Four

Benoît Roux

18 Nov

Shaken Soda réveille le live sur France 3 Occitanie

Le trio toulousain Shaken Soda est venu enregistrer 2 morceaux et un bout d’interview dans les studios de France 3 Occitanie à Toulouse. Une prestation survitaminée qui sera diffusée en janvier lors d’un nouveau programme numérique.

Shaken Soda dans le studio de France 3 Occitanie Photo : Benoît Roux FTV

De la pop rock bien léchée, vive, variée et vitaminée, voilà la marque de Shaken Soda. Le trio vient d’enregistrer un premier EP très remarqué. France 3 Occitanie les a repérés. Ils inaugurent un nouveau programme diffusé sur internet. En attendant d’autres groupes de la Région et d’autres nouveaux programmes. Car France 3 est lancée sur la voie de la régionalisation.

Un nouveau programme musical numérique dès janvier

Tout est parti d’un papier pour le blog musique sur ce nouveau groupe pop rock qui bouge sur Toulouse.

Bien avant le confinement, Fabrice Valéry Délégué aux Antennes et Contenus de France 3 Occitanie avait envie de réinstaller la chaîne sur des contenus culturels au sens large et sur des formes différentes de la télé traditionnelle.  Les musiciens en avant, pas de présentateur, juste un enregistrement en live avec une interview pour mieux connaître le groupe. « On n’était pas très présents sur les musiques amplifiées, l’électro pop, le rap… Nous avons voulu aménager un espace pour accueillir dans d’excellentes conditions acoustiques des formations musicales pour en faire un nouveau programme qui sera diffusé en janvier 2021 ». 

Lors de l’enregistrement de Shaken Soda. Photo : Benoît Roux

Le lieu, un studio de 450 m2 qui n’avait pas connu une telle agitation depuis belle lurette. Il a fallu démonter les anciens rails d’éclairages obsolètes, aménager un espace avec de hautes tentures noires, des portiques pour fixer éclairages et caméras. Côté vidéos, 4 caméras avec une unité de tournage smartphone à l’essai pour l’instant. Derrière les rideaux, la régie vidéo pour caler les lumières et les commutations de Gaétan Guétière à la réalisation. Une pièce plus loin, la régie son pour travailler un peu à l’écart.

Tôt ce matin, Olivier, Mikaël et Pierre ont posé leurs racks. Une foule de micros pour la batterie de Mikaël, l’ampli pour la basse de Pierre, les effets pour la guitare d’Olivier. Petit à petit, la chrysalide Shaken Soda sort du cocon pour mieux réveiller son monde. Pas de pression mais plutôt une bonne humeur communicative et quelques blagounettes.

Fin de matinée, interview sur fond vert, sans présentateurs. Les musiciens assis sur les flights cases et questions en OFF détendues. Shaken soda, c’est qui, c’est quoi?

Shaken Soda, pop-rock vitaminée sur voix haut perchée

Dans le shaker, 3 musiciens qui se complètent, 3 univers musicaux éclectiques. « Nous n’avons pas de style attitré mais des influences très différentes ». Paroles d’Olivier pour qui la référence, c’est Mathieu Chédid. Normal, il fait de la guitare… Mais il a fait le conservatoire de Toulouse pour le violoncelle. Pour Pierre à la voix si singulière qui réussit la gageure de passer au-dessus de la vague déferlante guitare-basse-batterie, aucune hésitation : Sting, Sir Paul McCartney et Claude Nougaro : « Le seul français qui m’attire vraiment ». Quand on l’entend frapper, aucun doute : Mikaël est bien un batteur rock.

Mikaël à la batterie avec Pierre à la basse Photo : Benoît Roux

Il n’en fait pas des caisses, mais il voue une admiration sans borne à Dave Grohl, batteur de Nirvana et chanteur de Foo Fighters. Dans ses baguettes, pléthore de groupes complètement différents : « Je suis dans un groupe qui s’appelle Line qui fait dans la pop. Conga Libre est plutôt salsa, le Funky Style Brass est une fanfare électro. Enfin je fais partie aussi de Panda’s Cover Gang qui fait des reprises de tubes des années 70 en fanfare. » 

Drapé dans un espèce de Pancho -il a fait pas mal de jazz manouche et de musique d’Amérique Latine- Olivier dégage une énergie insoupçonnable lors de son arrivée au studio. Il a mixé le 5 titres qui est sorti en octobre. « Notre identité c’est l’ouverture d’esprit ». Sous la gratte, on sent que ça peut exploser à tout moment et dans tous les styles.

Premier morceau : « My Barbarella » une fable sur un prisonnier qui compose une chanson pour s’évader. L’anglais, comme une évidence pour Pierre parti à Londres pour le parler correctement. C’est là qu’il a découvert la musique avec un pote écossais. Un peu de piano auparavant et désormais de la basse en autodidacte. Et cette voix un peu aigue, qui donne vraiment l’identité du groupe. Ca sonne british. On pense à Frantz Ferdinand, les Red Hot et Artic Monkeys.

Photo : Benoît Roux

Ca déménage grave, tout en énergie et équilibre. Dans l’envers du décor, les techniciens sons et images ont la banane. Le plaisir de faire une activité différente, de se mettre en danger aussi. Car des sessions live comme celle-là, elles sont plutôt rares à France 3. « On est dans l’expérimental, déclare Fabrice Valéry de France 3. Ce pilote que nous faisons aujourd’hui doit devenir contenu numérique récurrent. On se situe dans le cadre de la régionalisation de France 3 qui va commencer à se voir en 2021. On ne s’interdit rien. On va essayer de faire des choses pour tout le monde, un service à tous les publics. »

S’il y avait encore des indécis pour reconnaître l’intérêt d’un tel programme, le second titre « Complex identity » emporte le morceau. Une chanson anti-préjugés justement particulièrement efficace. C’est d’ailleurs le single qu’a choisi de sortir le groupe.

Clip Shaken Soda – Complex Identity

A l’issue de l’enregistrement, techniciens et artistes sont un peu vannés d’avoir tout donné. Compensé très vite par la joie d’avoir été les acteurs de cette expérience. On pourra voir tout ça en noir et blanc sur la chaîne YouTube et le site de France 3 Occitanie en janvier. D’autres groupes viendront. L’idée serait d’en faire un par semaine. En tous cas Shaken Soda aura bien secoué le studio de France 3 pour cette première. De très bonnes vibrations.

Shaken Sofa ! Photo Benoît Roux

Benoît Roux

31 Oct

Le clip d’Halloween qui vous fera sortir du confinement

Déjà mare d’être enfermé? Envie d’évasion, de changer d’air? Le nouveau clip du duo Toulousain sorti spécialement pour Halloween va définitivement vous faire sortir de chez vous. Fait avec les moyens du bord « Do it Yourself » mais avec avec beaucoup d’imagination, il revisite plein de films d’horreurs. Le confinement ? Oubliez de suite !

Pas de fête d’Halloween, un deuxième confinement cette année mais Johanna et Christophe Dorso ont tenu absolument à sortir leur troisième clip. Prévu depuis plusieurs semaines, l’idée était de délirer sur le morceau « Dream or Nightmare » sur le thème d’Halloween. Ils ont donc fait appel au danseur toulousain de hip hop David Dee ainsi qu’à plusieurs danseuses et danseurs.

Photo du clip

Comme souvent chez le Duo Anadjoh (Johanna et Christophe Dorso), l’imagination et la créativité ne sont pas en reste. Après WHY réalisé pendant le premier confinement, après FROM HELL tourné avec le comédien Pierre Matras, voici donc un troisième morceau et clip de Johanna et Christophe.

Duo ANADJOH – Dream or nightmare

« Carrielise », « Rombie dead », « Margo queen », « Romannaelle », « Celia doll », « Adecat », « Blood Mareva » et même « David Dee the Mummy », les participants enfants et adultes sont nombreux. Ils n’ont pas eu peur des zombies.

Johanna Dorso Duo ANADJOH

« Dream or nightmare », « rêve ou cauchemar », telle est la question du moment. Le duo rêvait e moyens pour réaliser le clip, il n’a pas eu ce qu’il escomptait. Mais ça n’a pas tourné pour autant au cauchemar car le peu de moyens a développé leur créativité. « Le cauchemar est l’épreuve nécessaire du rêve, sa première incarnation. » La citation est de l’écrivain Québécois Yvon Rivard. Plus que jamais, il faut exorciser les peurs. En tous cas bravo à tous les artistes qui ont participé au clip. Pour ceux qui n’ont pas tout compris, le duo organise demain dimanche 1er novembre un Facebook live. Et si la peur vous fait sortir de la maison, n’allez pas trop loin ! Le confinement rôde…

Benoît Roux

FACEBOOK ANADJOH

FACEBOOK DAVID DEE

22 Oct

Qui est derrière « Rockstars du Moyen-Âge », un titre du dernier album de Francis Cabrel ?

Comment Francis Cabrel -le chanteur respecté mais discret- est-il devenu défenseur des régions, admirateur des troubadours occitans, pourfendeur du jacobinisme français? Avec son dernier album, l’artiste est sorti de sa réserve avec des mots très explicites. Derrière cet engagement symbolisé par la chanson « Rockstars du Moyen-Âge », il y a plusieurs artistes dont Jean Bonnefon.

Francis Cabrel et Jean Bonnefon sur scène Octobre 2017

Le journaliste de France Bleu et chanteur occitan Jean Bonnefon est un ami de Francis Cabrel. Voilà presque 40 ans qu’ils partagent une belle amitié pas seulement artistique. Enraciné à Astaffort (47), Francis Cabrel sème des graines d’artistes et les fait grandir avec les « Voix du Sud », des rencontres artistiques régulières dont le président n’est autre que … Jean Bonnefon! 

Quand le groupe périgourdin « Peiraguda » fête lui aussi ses 4 décennies, Francis Cabrel est invité à partager la scène avec Jean et ses complices. Il y a aussi le chanteur de l’emblématique groupe Nadau. Jan de Nadau, Jean Bonnefon et Francis se connaissent bien et leurs points de vues sont souvent communs. Ils se reconnaissent dans ces phrases délivrées par le chanteur lors du JT de France 2 le 18 octobre 2020.

Le français a tout écrasé, et surtout s’est extrêmement centralisé. Il faut qu’on retrouve nos caractères profonds, chaque région a ses coutumes, sa langue, sa cuisine, ses paysages, il faut appuyer là dessus.

Un engagement progressif

Ces mots peuvent surprendre, de la part d’un artiste très respecté mais tout autant discret dans ses engagements. Au travers de sa poésie, pointent souvent les valeurs écologiques. Sous jacentes aussi les critiques fleuries de la société moderne. L’air de rien, au travers des mots, respirent souvent des messages discrets. En 1983, la chanson « Les chevaliers Cathares » ironise sur ces 3 statues en ciment à l’esthétique douteuse qui bordent « l’autoroute des 2 mers ». Cabrel soupçonne son auteur d’être « du dessus de la Loire ».

Les chevaliers Cathares
Pleurent doucement
Au bord de l’autoroute quand le soir descend
Comme une dernière insulte
Comme un dernier tourment

Cette chanson de 1983 marque son premier engagement régionaliste artistique. Mais la langue occitane n’est pas encore là. Francis Cabrel déclare dans l’émission de France 3 « Viure al pais » en 2018 : « Je suis né dans des rues où l’on parlait occitan. … Je ne l’ai pas étudié, puis je m’en suis éloigné. Au fil du temps j’ai rencontré des amis qui s’y intéressaient beaucoup et qui petit à petit m’ont convaincu de m’en rapprocher. » 

Au début de sa carrière, Cabrel dit volontiers : « Je suis un fils d’immigré italien qui vit en Occitanie, qui chante en français des chansons américaines ».

En 2015 paraît son avant-dernier album « In Extremis ». L’occasion d’une nouvelle ode à l’écologie, à la diversité en général et celle des langues en particulier.

Francis Cabrel au « 40 ans de Peiraguda » – In extremis

Les mots se font alors plus abrupts. Dans la chanson qui a donné son titre à l’album, Cabrel parle d’un « génocide par précaution » de la langue occitane à la faveur de la française. Dans une interview à Paris-Match il déclare : « C’est une chanson sur la langue occitane que je défends. Le français l’a piétinée et, pour être sûr de son hégémonie, on en a fait table rase. On peut voir cette chanson comme un hymne à tous ceux qui résistent et qui arrivent à avoir gain de cause. »

2017, « Peiraguda » fête ses 40 ans. Evidemment, Francis Cabrel est de la fête, avec Jan de Nadau et « Los Pagalhos ». « Là, il a vu que cette culture, cette langue, étaient encore vives et que l’on pouvait faire de belles choses. Les 2 soirées qui ont suivi les concerts l’ont peut-être fait réfléchir et achevé de le convaincre », suggère Jean Bonnefon.

Peiraguda, Francis Cabrel, Jan de Nadau – Mon dieu que j’en suis à mon aise

 

Pour défendre son nouveau disque « A l’aube revenant », il n’hésite pas à passer des paroles aux actes en déclarant au journal de France 2: 

Je suis du Sud, partout c’est l’Occitanie autour de moi, des gens se battent pour la langue occitane et je suis à leurs côtés

La découverte des Troubadours, ces « Rockstars du Moyen-Age »

Amoureux des Lettres, Francis Cabrel ne pouvait pas passer à côté des troubadours ces grands poètes, musiciens et interprètes apparus au XIe siècle. A l’époque, ils ont d’abord écrit en occitan et tout ce pan de culture a été diffusé dans les plus grandes cours européennes. A Toulouse, les Troubadours sont Fabulous et Claude Sicre va faire des émules dans le Lot-et-Garonne. Jean Bonnefon raconte : « Claude est venu à Astaffort chez Francis Cabrel pour enregistrer des chansons réalisées par le guitariste et arrangeur Freddy Koella (grand musicien qui a joué avec Bob Dylan, Willy Deville, … ex-membre de Cookie Dingler). Claude Sicre lui porte alors plein de livres sur les troubadours ».

Une chose attire particulièrement l’attention du chanteur; une phrase précisément d’un texte de troubadour : « Se as pas res, as pas res a perdre » (si tu n’as rien, tu n’as rien à perdre). Cabrel, grand fan de Dylan que l’on qualifie volontiers de « troubadour » trouve là une résonnance de la célèbre chanson « Like a Rolling Stone » : « When you ain’t got nothing, you got nothing to lose ».  Plus qu’une simple coïncidence. 

Cabrel tombe sous le charme de ces écrivains. Il achète d’autres livres pour approfondir ses connaissances. Il reconnaît volontiers connaître leur existence mais découvre la beauté et la profondeur de leur littérature. « Il projetait même de consacrer tout son nouveau disque à ces poètes« , précise Jean Bonnefon. Finalement, il y aura 4 titres du nouvel album qui y feront référence.

En 2018, Claude Sicre invite l’artiste à se produire sur la scène de l’Estivada, le festival occitan de Rodez. Il y chantera son répertoire en français, mais aussi en occitan grâce aux traductions de Jean Bonnefon. Il accompagnera les enfants de la calandreta (école en occitan) pour une version en occitan de sa chanson « Il faudra leur dire ». Il se livrera aussi à une joute verbale et poétique avec Claude Sicre avant de présenter une nouveauté : « Rockstars du Moyen-Age ». Le titre de la chanson et l’expression viennent de Claude Sicre. De l’aveu même de Cabrel :  « il m’a donné la phrase qui a mis le feu aux poudres. »

Francis Cabrel à l’Estivada (Rodez) 2018

La version que l’on écoute aujourd’hui sur le nouveau CD est différente de celle de 2018.

Rockstars du Moyen-Age et la recherche des 3 S

Un jour, le natif d’Agen appelle le Périgourdin Jean Bonnefon. « Je vais t’envoyer un texte. Je voudrais que tu en traduises une partie… » Le co-fondateur de « Peiraguda » va faire une adaptation du texte en français plus qu’une simple traduction. « Quand je lui ai montré le texte, ça n’allait pas. Ca ne sonnait pas assez car chez Francis, il faut toujours qu’il y ait les 3 S : du Sens, du Son et du Swing!  » Jean cherche alors la bonne formule, pour la rime, pour le rythme inhérent du mot. Pour traduire « Moyen-Age », il prend quelques libertés en écrivant « Media d’Atge » au lieu de « Edat majana ». « Ca sonne quand même mieux »! Il fait d’ailleurs valider son travail par Daniel Chavaroche et Jean-Michel Espinasse, 2 références gasconne et languedocienne de la langue occitane. A l’arrivée, le refrain et un couplet en occitan. Une première pour Cabrel. 

Francis Cabrel – Rockstars du Moyen-Age

Depuis, les messages de félicitations abondent et l’émotion gagne : « Quand il m’a demandé pour la première fois d’écouter l’enregistrement, c’était déjà très émouvant de l’entendre en occitan. Mais quand Francis cite les troubadours lors d’un couplet, j’avoue qua ça m’a donné le frisson ». 

De là à imaginer une suite…? « Je ne sais pas s’il y en aura une. Mais on continuera de lui souffler des choses à l’oreille » ! Le souffle poétique, puissant et inaltérable des troubadours.

Benoît Roux

17 Oct

Vox Bigerri : la recherche du son en commun

C’est devenu LA référence du chant polyphonique pyrénéen. Vox Bigerri sort son 7ème album « Jorn ». Un mélange de créations, chant traditionnels, reprise jazz. 4 hommes dans le vent pour un disque de très haute volée. Guidés par la recherche du son commun.

C’est un temps suspendu, contemplatif. Se poser, fermer les yeux, écouter, observer. Un disque de Vox Bigerri, ça se savoure, durablement. Pascal Caumont, Fabrice Lapeyrère, Régis Latapie et Bastien Zaoui sortent aujourd’hui leur 7ème album. Ils sont devenus LA référence du chant polyphonique traditionnel et contemporain. Un travail historique, scientifique et artistique avec des chants collectés dans les vallées pyrénéennes, des adaptations et des créations.

« Jorn » un disque de polyphonies de tous les temps

Ce qui frappe en premier lieu, c’est la puissance du son. Un son qui va au-delà de l’écoute, avec beaucoup de force et de sérénité. Jusqu’à présent, ils étaient 5. Mais la voix la plus haute (Olivier Capmartin) s’est envolée. Ce qui n’est pas un problème car dans la polyphonie traditionnelle, il y a 3 registres de voix. Désormais, les 4 compagnons de voix voyagent sur tous les tons. « Dans nos chants, il y avait souvent 3, 4 voix maxi, rarement 5. Donc nous alternons les registres, avec plus de souplesse. » Pascal Caumont est à l’origine de cette formation masculine.

Vox Bigerri – La nòvis n’a la corona li tomba

 

Jusqu’alors, les disques étaient thématiques : le chant sacré (Cap aus Sorelhs, vers les soleils), le chant festif (Ligams, liens), la rythmique jazz avec l’intrusion du batteur américain Jim Black (Tiò). Dans le nouveau CD « Jorn » (jour), il y a un peu de tout. Le morceau « Jorn » justement est une création, des paroles de Pascal Caumont mises en « musique » par Fabrice Lapeyrère. N’allez pas croire que ça parle de bergers, de troupeaux égarés et de femmes éplorées ! « Cette création me plaît beaucoup. Elle parle des valeurs de notre société. Nous avons beaucoup de forces en nous pour affronter la mauvaise période que nous traversons. Il nous faut aller de l’avant pour bâtir une société plus juste et plus coopérative ». Avec la période que nous traversons, la résonnance est évidente.

Le son commun

« SON » : pronom personnel possessif. Une définition qui vaut pour la langue française. Mais Vox Bigerri chante surtout en occitan! Alors le SON est bien « personnel » dans le sens d’unique, propre, mais il n’a rien de « possessif ». Il serait plutôt synonyme de partage. C’est la recherche perpétuelle du son commun. Aucun doute à l’écoute de ce nouveau CD. En studio, sur scène, il y a cette manière d’être ensemble, de faire communion. Les 4 voix s’harmonisent parfaitement, servant d’écho et de support les unes aux autres. Un chant à l’unisson rempli de résonnances.

Sur la pochette de ce nouveau CD, les anneaux de Saturne (le lien) et sa lune Rhéa, la femme de Cronos, maître du temps. Les chansons interprétées sont en effet moins soumises au temps, la rythmique pourtant complexe se fait discrète pour porter l’ampleur des voix. Tout est aérien et suspendu. Comme le temps qui s’arrête pour faire place aux voix. Les chanteurs remplissent l’espace. La polyphonie sonne alors comme une plénitude. On se retrouve transporté hors du temps.

Vox Bigerri – Jorn (Création 2020) from Pirèna Immatèria on Vimeo.

« Nous voulons être dans le son de la voix, une connexion pour faire accord, entrer en harmonie. Quand nous chantons comme ça, nous ressentons des vibrations dans tout le corps. Le rythme est organique, pas mécanique », explique Pascal Caumont. Et ce n’est pas une gasconade !

Le chant comme un ballon de rugby

Chaque langue a sa musicalité mais Vox Bigerri passe aisément de l’occitan au français, parfois dans le même chant comme « Aquesta neit n’èi hèit un rève » (Cette nuit j’ai fait un rêve). Dans la très réussie reprise de « Strange fruit » (Fruit étrange) de Billie Holiday puis Nina Simone, ils s’approprient la mélodie, tantôt en anglais, tantôt en occitan. Autant dire que le chant du groupe Vox est protéiforme, dans son univers pour les traditions, dans les cieux pour le chant religieux (« Sanctus-Benedictus », « Kyrie Eleison »)), transcendé par le rythme quand pointe le jazz (« Strange Fruit »).

Un travail de funambule, toujours en équilibre, à la recherche du bon rebond vocal.

Il faut être concentrés, posés, regarder ce qui se passe chez l’autre. Nous sommes tout le temps en connexion, toujours à regarder où va tomber le chant de l’autre, comme le rebond aléatoire du ballon de rugby!

Ce son commun toujours en osmose, Vox Bigerri en a fait sa marque de fabrique.

Réinventer la tradition en se nourrissant de l’Histoire

Dans l’album « Jorn », il y a aussi matière à réfléchir. Comme avec cet air traditionnel, un tube pyrénéen « Sendèrs de tèrra nera » (Sentiers de terre noire) que l’on doit à Jean-Claude Coudouy. Le mémorable interprète du « Hilh de puta! » a fait une magnifique mélodie mais le texte d’un autre auteur un peu macho, parle de « race », incompatible donc avec l’esprit et la vision du groupe. Alors, Pascal Caumont prend la décision de le réécrire, et ces sentiers sont désormais propice à l’admiration de la voûte céleste, prétexte à s’interroger sur le devenir de la planète.

Vox Bigerri – Sendèrs de tèrra nera

L’Histoire est très présente avec « Lo purmèr de març » (Le premier mars), le moment où les jeunes garçons partaient travailler en Espagne pour gagner un peu d’argent du XVe jusqu’au XVIIIe. Histoire encore avec « La cançon de Grangèr » (La chanson de Granger) sur la fugue d’un jeune voulant échapper au service militaire (7 ans à l’époque!) qui réussit à désarmer et mettre en fuite les gendarmes.

Et puis il y a « Montségur », lieu du massacre qui mit fin à l’hérésie cathare en 1244. Ils avaient déjà mis en musique le célèbre poème de René Nelli écrit 700 ans après sur une blessure plus vive que jamais. Sur ce disque, c’est une nouvelle version de « Montségur », sur un poème de la Catalane Susanna Rafart. « Nous avons rencontré Susanna Rafart à Barcelone. C’est un écrivain très connu en Catalogne et en Espagne aussi. Elle nous a montré ce poème qui a résonné comme une suite au Montségur de Nelli. Je l’ai mis en musique. Le premier Montségur s’achève sur un cri. Ici le chemin est plus apaisé. Dans le ciel, on regarde les aigles voler au dessus du château ». L’aigle, qui peut voler très haut, et dont les larmes ne peuvent pas geler car elles sont faites d’huile…

Un disque aérien, au son ample, qui nous laisse en lévitation, apaisés et transportés par les voix.

Vox Bigerri – Jorn

Le travail de Vox Bigerri est remarquable, tant sur un plan artistique que technique et historique. Le groupe ne se répète pas d’un disque à l’autre mais va explorer toujours de nouveaux espaces. Ils préparent déjà une nouvelle création « Milharis » qui mélangera musique électronique, jazz avec des flutes traditionnelles, le tout accompagné par l’orchestre de chambre de Toulouse. Rien n’arrête ces explorateurs de sons.

SITE VOX BIGERRI

PIRENA IMMATERIA

Benoît Roux

16 Oct

Les entreprises de l’événementiel et du spectacle ont perdu 70% de leur chiffre d’affaires à Toulouse

« Events 31 » qui regroupe 200 entreprises de la filière événementielle toulousaine a fait une enquête sur l’impact de la Covid 19. En moyenne, ces structures ont perdu 70% de leur chiffre d’affaires. 3 entreprises sur 5 pourraient déposer le bilan dans les prochains mois. Le point avec Laurent Chabaud qui a coordonné l’Alerte Rouge à Toulouse.

Laurent Chabaud lors d’un enregistrement

Laurent Chabaud est à la tête de « Concept Group », une entreprise de prestation technique. Il emploie 42 personnes en CDI et tout autant d’intermittents en ETP (Equivalent Temps Plein). Ses 4 bâtiments de Toulouse, Bordeaux, Marseille et Brignoles sont remplis de matériel. 8 000 m2 de matériel son, lumières, structures, distribution électrique, réseau, qui attendent de partir sur un festival, un spectacle…Mais les événements s’annulent les uns après les autres. « Depuis le mois de mars 2020, nous assistions à une mise à mort de notre filière. Avec les annonces du Président de la République mercredi soir 14 octobre, c’est une décapitation. »

3 entreprises sur 5 pourraient déposer le bilan dans les prochains mois

Pendant le confinement, les 200 entreprises rassemblées sous la

bannière « Events 31 » n’ont pas travaillé et ont donc eu 100% de pertes. Depuis le déconfinement, l’activité a du mal à reprendre. Et c’est très long. Car un festival, un congrès, une manifestation événementielle, ne se lancent pas au dernier moment et mettent du temps à s’organiser. Alors les protagonistes hésitent. Encore plus maintenant ou un couvre-feu est instauré dans les 37 communes de Toulouse Métropole à partir de 21H.

Selon les prévisions de leur enquête publiée début octobre, le chiffre d’affaires de ces 200 entités est estimé à 150 M€ pour 2020 contre 500M€ pour l’exercice 2019. Elles perdraient en moyenne 70% de leur chiffre d’affaires sur 12 mois à partir de mars 2020. Un chiffre qui monte même à 90% pour les prestataires techniques comme Laurent Chabaud. Pour les Agences événementielles, c’est du 100%, sans compter les traiteurs, les prestataires divers et les hôtels spécialisés dans l’événementiel.

Non seulement l’activité ne reprend pas, mais tous les jours, leur « patrimoine technique » perd de la valeur. « Notre parc matériel doit être renouvelé à 80 % tous les 5 ans. Le son, la lumière, tout vieillit vite et devient obsolète. Si nous avions investi dans l’immobilier, notre inactivité aurait moins d’impact car le patrimoine garderait sa valeur. Si nous sommes en liquidation, notre matériel ne vaudra presque rien et ne permettra pas de rembourser les dettes. »

Laurent Chabaud au volant de son camion de matériel technique

D’habitude, nous mettons du matériel pour les artistes en résidence. Là, notre nouvelle résidence sera le tribunal de commerce!

Résultat : 3 entreprises sur 5 réalisant plus de 500K€ de chiffre d’affaires pourraient déposer le bilan dans les 6 prochains mois.

« Alerte Rouge », l’exemple de Toulouse

Le mercredi 16 septembre, la filière événementielle de la Haute-Garonne a lancé l’Alerte Rouge. Plusieurs façades ont été illuminées en rouge (Conseil Régional, Départemental…) et les acteurs de ce secteur se sont retrouvés au Bikini pour lancer l’alerte. « Notre collectif à Toulouse est assez unique. Il y en a seulement à la Réunion, et à Marseille. Depuis une dizaine d’années il existe un Bureau des Congrès sur Toulouse, avec des représentants de la mairie, mais tous les acteurs privés sont associés. On organise beaucoup de réunion pour promouvoir le tourisme d’affaires. On a appris à se fédérer, se rencontrer. Quand la crise du Covid est arrivée, le collectif est né de ça, d’où le succès rencontré. Les 30 prestataires techniques de Toulouse ont tous répondu présent. »

Alerte Rouge devant la salle du Bikini (Toulouse) Photo : Master Films

Des aides insuffisantes et trop conditionnées

Depuis mars 2020, des aides se sont mises en place progressivement. Il y a d’abord eu la prise en charge par l’Etat de l’activité partielle qui se poursuit jusqu’à la fin de l’année. D’autres sont venues compléter le dispositif, mais les bénéficiaires potentiels doivent avoir une perte de chiffre d’affaires supérieure à 70%.

Dans le collectif toulousain, 30% des adhérents ne les percevront pas à cause de ça. Idem pour la région Occitanie qui soutient également le secteur. Mais l’une des conditions de l’octroi des aides est que l’entreprise ait un chiffre d’affaires inférieur à 500K d’€. Résultat : 75% de ces entreprises toulousaines ne peuvent pas en bénéficier. « A l’heure des logiciels informatiques, nous ne comprenons pas que l’on ne mette pas en place une dégressivité du montant de ces aides. C’est ce que nous demandons. Car que l’on soit à 60% ou 70% de pertes, la situation est quasiment la même », regrette Laurent Chabaud. « Que les entreprises soient petites, moyennes ou grosses, les dégâts économiques et sociaux sont tout aussi graves, avec néanmoins des charges de structure qui montent en flèche selon l’importance de l’entreprise et qui réduisent notre durée de vie. »

Vendredi dernier, le gouvernement a assoupli les conditions et abaissé les seuils. La région n’a pas encore remodifié les conditions des aides.

Autre problème, ces entreprises toulousaines de l’événementiel dépendent beaucoup du secteur de l’aéronautique, d’Airbus et ses sous-traitants. Autant dire que c’est la double peine pour eux. « Nous avons eu AZF en 2001. On a mis 3 ans à s’en remettre. 2006 : Power 8 (plan social) chez Airbus; 2007 les subprimes… 2012-2015, les attentats en France et Mohammed Merah à Toulouse. Mais la crise du Covid est beaucoup plus puissante. Impossible pour nous de s’adapter!

Les adhérents d’Events 31 ont fait leur calcul : ils ont 135M€ de charges incompressibles par an, soit 11,25 par mois. Or pour l’instant, les différentes aides leur permettent de couvrir seulement 10% de ces charges. Et encore, certaines ne sont que reportées et devront être payées en mars 2021. Les loyers de leurs bâtiments par exemple doivent être payés à nouveau au premier octobre.

Comment payer 150% de charges quand on perd 80% du chiffre d’affaires?

Oubliés pendant des mois de cette crise, la filière de l’événement a fini par être prise en compte dans les négociations à Paris. Ils sont désormais rattachés au secteur du tourisme. Mais quand Roselyne Bachelot débloque 2 milliards en septembre pour les producteurs et organisateurs du secteur culturel, ils n’en voient pas la couleur au prétexte qu’ils bénéficient du plan tourisme.

En 2019, le secteur de l’événementiel comptait 3000 CDI sur Toulouse. Ils ne seraient plus que 2100 aujourd’hui, soit une chute de 30%.

Alors l’Alerte Rouge est toujours allumée. « On sensibilise nos députés. On ne bloque pas le périph, on reste courtois. C’est le poids des mots et le choc des totaux que l’on a fait avec notre enquête. Mais on sent la pression pour descendre dans la rue car on ne peut plus vivre longtemps comme ça », prévient Laurent Chabaud.

La coupe du monde de rugby et les JO en ligne de mire

Pour 2021, les entreprises de l’événementiel et du spectacle ne se font pas d’illusion : la Covid sera toujours là. 2022, les élections présidentielles laissent peu de place à de grands événements car tout le monde attend de voir les intentions de l’hôte de l’Elysée. Mais en 2023, la France accueille la coupe du monde rugby. En 2024, les JO seront là aussi.

Des moments de fête, de partages et de joie où l’on comptera sur ces entreprises. Mais tiendront-elles jusque là? « Tout le monde aura besoin de ces manifestations pour oublier la crise et se retrouver. Si nous ne sommes plus là, il n’y aura pas ces événements. Nous aurons perdu notre savoir-faire au moment où l’on aurait le plus besoin de nous ». 

Enregistrement d’une émission à Sud Radio

Laurent Chabaud a horreur que l’on dise que nul n’est indispensable car selon lui, beaucoup de personnes le sont. La crise du Covid pourrait bien lui donner raison.

A LIRE AUSSI ; L’EXEMPLE DE SPEEDOS E D’UNE SOCIETE TOULOUSAINE

Benoît Roux

11 Oct

Le festival Jazz sur son 31 soutient les artistes de la région

C’est la 34ème édition du Festival Jazz sur son 31. Soutenue par le Conseil Départemental de la Haute-Garonne cette manifestation fait place aux artistes américains (James Carter), aux français (Thomas Dutronc) mais aussi aux artistes locaux. La plupart des concerts sont gratuits.

Commencé le 7 octobre, le festival Jazz sur son 31 est l’un des rares à être maintenu. Certes la programmation a été réduite de moitié (33 événements cette année contre 72 l’an dernier), mais les grandes affiches sont présentes : James Carter, Thomas Dutronc, Jacky Terrasson, Jeff Ballard. Comme d’habitude, une place importante est réservée aux artistes français avec Thomas Dutronc, la saxophoniste Sophie Alour et  les pianistes Jacky Terrasson, Andy Emler, Rémi Panossian, Laurent Coulondre ou encore Yaron Herman.

Des « concerts clubs » dans plusieurs villes du département

Mais l’originalité, ce sont aussi des artistes locaux qui se produisent dans différentes salles d’une dizaine de communes de Haute-Garonne. Pour le coup, les scènes deviennent une sorte de club de jazz avec des artistes de la région toulousaine. Jeudi 8 Octobre, Serge Lopez et Pascal Rollando (2 musiciens de Bernardo Sandoval) ont ouvert le bal à Fenouillet.

Jeudi prochain 15 octobre, place à la poésie et à l’émotion avec ce spectacle où l’on retrouvera 2 artistes hors-pairs : tout d’abord l’accordéoniste aveyronnais Lionel Suarez et le chanteur et guitariste JeHaN. Une soirée en hommage au chanteur Allain Leprest disparu sans avoir eu la reconnaissance qu’il méritait. C’était un ami des 2 artistes. Lionel Suarez qui a accompagné beaucoup d’artistes -notamment Claude Nougaro- va mettre sa virtuosité au service des mots de Leprest et de la voix touchante de JeHaN.

JeHaN & Suarez – Je ne te salue pas

Ils seront le 15 octobre à la salle Georges Brassens d’Aucamville.

Le lendemain, le « Mystère trio quartet » sur un registre plus festif sera au foyer de Larroque. Jazz, blues, soul, manouche, les voilà sur les traces de Django Reinhardt.

Mystère Trio quartet – Ondine

Toujours manouche et tout aussi jazz, mais en quartet, Benjamin Bobenrieth Travels. De la fougue, de l’audace, les influences de Mingus et Coltrane sont bien là. A voir samedi 17 octobre à Lasserre-Pradère.

Et pour clôturer le festivale le dimanche 18 octobre, place aux Filibusters. Les cuivres rutilent et la Nouvelle Orléans s’approche. 3 saxs de toutes tonalités, 4 cuivres en tout et un batteur. Embarquement à 17H dimanche à Gratentour.

Toutes ces manifestations sont gratuites comme la plupart de la programmation du festival où seulement 6 spectacles sur les 33 seront payants. Raison de plus pour aller redécouvrir ces artistes et soutenir le monde du spectacle et de l’événementiel qui en a bien besoin.

En savoir plus sur le festival 

Renseignements et réservations pour les concerts payants

Benoît Roux

 

09 Oct

Shaken Soda, le nouveau groupe pop rock de Toulouse qui bouge

C’est punchy, frais et bien fait. Les 3 gars de Shaken Soda sont un peu secoués mais le cocktail musical est éclectique. Du pop-rock un peu français et très british qui donne la pêche. Leur tout nouveau clip est en ligne. Le nouvel EP des toulousains sortira le 16 octobre avec un live-stream depuis Toulouse.

Shaken Soda © Katty Castellat

C’est l’histoire de 3 musiciens à l’énergie communicative. Ils se connaissaient mais devaient se trouver. Pierre Boulay était parti en Angleterre, d’où le côté très anglais dans l’approche et dans le son. C’est un chanteur à la voix de ténor très timbrée anglais et un bassiste rebondissant. Olivier Castellat a été bluffé par l’une de ses performances. Le hasard fait bien les choses : le violoncelliste de formation classique assure désormais les guitares et les chœurs de Shaken Soda. Mikaël Torren est un ami d’Olivier. C’est lui qui signes la batterie et les samples. 3 gars faits pour se rencontrer et qui seront réunis le 11 décembre 2018 pour jouer ensemble à Toulouse. Le groupe est monté.

crédit photo : Fabrice Morand

Sans prise de tête mais avec beaucoup d’à propos et de virtuosité, le cocktail de ces 3 shakers musicaux va devenir enivrant. Ce qui frappe à l’écoute de leurs morceaux, c’est la variété des compositions et l’énergie déployée. Tout ceci est assez jouissif et énervé. Le rock l’emporte mais les influences sont multiples. Ca respire la pop anglaise genre Artic Monkeys, un côté rock-punk revisité qui Clash, mais aussi des inspirations classiques. Une identité complexe à l’énergie libératrice.

Shaken soda – Complex Identity

Un clip co-réalisé par Mikaël Torren et Charlie Couteau, filmé par Céline Kalidjian, qui montre bien l’inventivité du groupe. Des identités ambivalentes déclinées en plusieurs scènes assez délirantes, un hymne à la liberté, une invitation au lâcher-prise.

Le groupe sortira son premier EP le 16 octobre. Pour l’avoir déjà écouté la diversité sera de mise et la danse de rigueur. Pour l’occasion, Shaken Soda donnera un live-stream depuis le Connexion Live à Toulouse. Le public ne sera pas présent mais il pourra voir le concert et l’interview en direct sur Facebook et une retransmission dans plusieurs bars partout en France. On en reparlera. En attendant, écoutez Shaken Soda et… Shake it baby !

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Benoît Roux 

05 Oct

Des musiciens de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse reprennent les clefs de Saint-Pierre

Depuis 20 ans, des musiciens de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse proposent des concerts en formation réduite. Dans un cadre magnifique (Saint-Pierre des Cuisines à Toulouse), ils proposent 5 concerts pour écouter la musique de chambre avec plus de proximité. La nouvelle saison débute ce soir lundi 5 octobre avec un programme dédié aux quatuors : Mozart, Haydn, Beethoven.

Les 4 musiciens du concert du 5 octobre 2020 : Photo : Les Clés de Saint-Pierre

Faire entendre la musique dite classique d’une autre manière

Depuis l’an 2000, les associations « Internotes » et « Les clefs de Saint-Pierre » proposent des concerts de musique de chambre d’un autre genre. L’idée : prendre des musiciens de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse (ONCT) et leur demander d’établir un programme musical pour le jouer ensuite à l’auditorium de Saint-Pierre des Cuisines de Toulouse. « Ce sont des choses qu’on ne voit pas dans les autres saisons musicales. Nous sélectionnons 5 de ces programmes et les musiciens du Capitole viennent ensuite les jouer à Saint-Pierre. Ca crée une autre relation entre les musiciens et le public. » Henri Simonneau le président de ces associations est très satisfait du résultat. Toute la différence se fait par le choix des musiciens du Capitole qui permet des associations audacieuses et des découvertes fructueuses.

Outre les 5 concerts à Saint-Pierre, l’association « Internotes » se greffe aussi sur les « Concerts de marchés » qui se déroulent tous les dimanches à Tournefeuille non loin du marché. Ils proposent 4 concerts cette saison dans ce cadre là : « Ce sont des concerts plus courts (1H environ), qui s’adressent particulièrement aux enfants, et qui sont très accessibles : le prix est fixé à 2€ ».

La saison 2020/2021

La saison précédente s’est achevée le 11 septembre dernier en raison du concert annulé le 27 avril. Mais ce lundi 5 octobre, Les Clés de Saint-Pierre réinvestissent l’auditorium pour la nouvelle saison. Au programme, « Le quatuor en héritage » avec 3 compositeurs clés de ce genre musical : Haydn, Mozart et Beethoven. Ce lundi soir à 21H, vous pourrez le Quatuor N° 5 opus 33 de Haydn, le Quatuor N° 15 en ré mineur K. 421 de Mozart et le Quatuor N° 5 opus 18 en la majeur de Beethoven.

Sur scène,  Marianne Puzin et Jean-Baptiste Jourdin, violons, Claire Pélissier, alto et Marie Girbal, violoncelle. Tous les 4 sont des musiciens de l’ONCT. Ils ont réalisé un Teaser qui prouve bien l’esprit « décontracté » de ces concerts. 

Le prochain concert aura lieu le 30 novembre et fêtera le 250ème anniversaire de la naissance de Beethoven. Avec le Quatuor n°7 en fa majeur, les Plaisanteries musicales autour de Beethoven pour 2 cors et quatuor à cordes et un Sextuor en mi bémol majeur.

Chaque concert est au prix de 22€, 16€ pour les séniors, 11€ pour les étudiants. Pour ces derniers, si vous vous présentez le soir du concert, vous ne paierez que 5 € sur simple justificatif. L’idée étant de rajeunir le public, il est possible de s’abonner aux 5 concerts de Saint-Pierre pour 70€. Evidemment, l’accueil du public se fera dans le stricte respect des normes sanitaires. La jauge de la salle permet de recevoir 196 personnes.

Des partenariats à venir

L’association « Internotes » développe des partenariats depuis sa création. L’association « Aïda » qui est aussi mécène de l’ONCT l’est aussi pour ces concerts. Cette année, 3 des 5 concerts feront l’objet d’une organisation particulière. Des actions ciblées par rapport à un certain public qui fréquente peu ces manifestations (par exemple les jeunes, les Compagnons du Devoir…) pour venir présenter les musiciens dans leurs structures et qu’ensuite ces personnes viennent aux concerts. « Nous allons signer une convention ciblée avec certains publics le 17 octobre à la Halle Aux Grains, assure le président Henri Simonneau. Cette opération sera menée pour les 3 concerts qui auront lieu début 2021. Nous voulons montrer notre travail au quotidien pas seulement quand nous sommes en costume queue de pie! ».

Les « Clefs de Saint-Pierre » ou comment faire prendre la Clef des champs aux musiciens pour faire écouter et découvrir la musique sur des registres différents.


Les clefs de Saint-Pierre

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28 Sep

Alerte Rouge pour Speedos et les techniciens du spectacle toulousain

Il y a les artistes et ceux qui sont derrière. Jean-Luc Petit alias « Speedos » a fait le son pour Cats on Trees, Stan Getz, Fabulous Troubadors, Mano Negra, Massilia… On le retrouve souvent aux concerts du Bikini à Toulouse. Mais depuis le printemps, les consoles restent muettes. L’Alerte Rouge a été déclarée. Si on parle souvent des artistes, tous ceux qui leur permettent de se produire sont en galère. Exemple avec « Speedos » qui a choisi ce métier pour s’enrichir les oreilles.

Photo Audio-Lum

Jean-Luc Petit est un passionné du son et du spectacle en général. Si on l’appelle « Speedos », c’est parce qu’il voudrait toujours donner plus pour sa passion. Mais depuis 6 mois, c’est le calme plat. Il aurait dû être sur un festival, peut-être participer à un concert au Bikini (Toulouse). Mais il est chez lui, avec son entreprise Audio-Lum fondée en 1989.

Audio-Lum passe au rouge comme d’autres sociétés

Non loin de Toulouse, à Drémil-Lafage, Jean-Luc trouve le temps long. Cet éternel bon vivant optimiste commence à se faire du mouron pour ses 3 salariés permanents et la quinzaine d’intermittents qui travaillent régulièrement. « Aujourd’hui, nous en sommes à 190 jours de concerts annulés depuis le 16 mars. Depuis cette date, il ne s’est rien passé non plus à la salle du Bikini ». Jean-Luc est à la tête d’une petite structure indépendante (l’une des dernières) qui intervient sur de nombreux festivals, qui suit les artistes en tournée et qui fournit beaucoup de prestations pour des salles de spectacle; notamment le Bikini à Toulouse.

Cette année les « Arts scenics » de Lisle-sur-Tarn n’ont pas eu lieu, les « Siestes électroniques » à Toulouse se sont endormies pour un an. Idem le festival « Rock en Stock » dans le Gers, le « Tangopostale » à Toulouse. Quand le téléphone sonne chez Speedos, ce n’est plus pour une commande mais pour supprimer encore une date. Ses salariés sont en chômage partiel. Lui, il n’y a pas droit mais touche des aides de l’Etat. Certains mois 1500 €, d’autres un peu moins. La Région Occitanie a été solidaire : 2000 €. Heureusement, la comptabilité de sa boîte était saine. Il puise donc dans les réserves. « Nous avons fait quelques concerts en plein air devant la Halle de la Machine (Toulouse), quelques petites locations. Nous avons perdu 80 % de notre activité depuis mars. Pendant le confinement, nous n’avons rien fait. Habituellement, notre chiffre d’affaire annuel est de 650 000 €. Cette année, nous arriverions péniblement à 150 000 € si on arrive à travailler. » 

Alerte Rouge devant le Bikini (Toulouse). Photo : Benoît Roux FTV

Les métiers de l’ombre au bord du gouffre

En Midi-Pyrénées, l’ensemble de la filière concert-événement fait travailler 9000 personnes. Les 200 prestataires techniques de l’ancienne région ont déjà perdu 2,5 M d’€. Si l’on comptabilise toutes les retombées financière générées par un événement, ce serait 8 M d’€ de pertes de chiffre d’affaire par semaine !

Mercredi 16 septembre, les professionnels des métiers du spectacle et de l’événementiel ont lancé une Alerte Rouge. Une idée venue d’Allemagne pour alerter sur leur situation plus critique encore que celle des artistes. En France, le SYNPASE (Syndicat National des Prestataires de l’Audiovisuel Scénique et Évènementiel) a porté ce mouvement. Plusieurs collectivités locales (Département de la Haute-Garonne, Région Occitanie) mais aussi des salles de Spectacle (Bikini, Halle de la Machine…) ont mis du rouge sur leur façade.

Depuis, l’événement a trouvé un écho médiatique et les échanges avec Bercy ont été intenses. « On était dans le vide, nous n’étions absolument pas pris en compte. On voulait être au premier rang, ne pas solliciter les artistes, faire voir ce dont nous étions capables. La culture, ils connaissaient…le tourisme aussi. Mais nos dirigeants ignoraient que l’on était des indépendants et que nous n’étions pas payés par les artistes. » Finalement, les discussions avancent, des propositions pourraient être reprises. Et la nouvelle ministre ? « Bachelot a bien réagi. Dans ses interventions, elle a su expliquer que derrière un artiste, il y a un savoir-faire. On a un début de prise en compte. »

Jean-Luc Petit Photo : Audio-Lum

L’avenir

Pour l’heure c’est le calme plat jusqu’à l’été 2021. Le printemps risque d’être aussi confiné que celui de cette année. « On réfléchit a savoir comment trouver une activité annexe mais c’est compliqué car notre savoir-faire est particulier. Notre outil de travail est important et cher mais il ne sert qu’à ça. On a des camions, on pourrait s’en servir mais il faudrait une licence de transporteur. Alors on essaie de se mettre à la vente de matériel car des salles continuent à s’équiper. Il faut tenir. On va serrer tous les frais, bénéficier au max des aides, repousser des paiements et attendre que ça redémarre. » 

Le confinement a été propice à des expérimentations. Les artistes ont fait des « lives », confinés chez eux, sans avoir besoin de matériel. Il y a eu aussi les concerts « drive » sur des parkings, dans sa voiture comme à Albi ou Tarbes. Mais c’était pour maintenir du lien, car ces concerts ne peuvent pas être rentables. Ils nécessitent du matériel supplémentaire pour avoir du son dans les voitures et une jauge plus que réduite. Audio-Lum a d’ailleurs envoyé un technicien pour le dive d’Albi avec le groupe Boulevard des Airs.

Speedos dernier des Mohicans

Speedos devait d’ailleurs accompagner le groupe sur des festivals. Il venait aussi de signer un artiste français qui devait tourner après le confinement. C’était lui aussi qui fournissait du matériel pour la tournée de Christophe…« Ce qui fait mal aussi, c’est que nous perdons notre savoir-faire à force de rester chez soi ». Et Speedos n’en manque pas.

L’un de ses premiers concerts, c’était Ella Fitzgerald. Il a fait aussi Stan Getz, Paco de Lucia, Stéphane Grappelli,  la scène alternative (Mano Negra, Garçons Bouchers, Béruriers Noirs). Il a suivi les Fabulous Troubadors en tournée aux States. « Mon meilleur souvenir. J’ai passé de très bons moments avec eux et on a fait le tour du monde. Ils aimaient avoir le temps. Pour 2 concerts, on restait une semaine sur place. On enrichissait notre culture en faisant de belles rencontres. »  Il suit aussi les Cats on Trees. En fait, il a le luxe de suivre les gens qu’il aime. « Je fais partie des derniers des Mohicans. Maintenant ils sont plus dans la finance que dans la technique. Ils n’ont pas l’amour que l’on a nous. On a vu l’évolution d’un métier : de quelque chose qui n’existait pas à un truc industriel. »

On est passé de la grotte à Versailles

Préoccupé par la situation mais heureux de faire ce métier, Speedos avance toujours sans faire de concessions. Il aurait pu aller à Paris, accompagner des artistes plus prestigieux mais c’est à la campagne (Drémil-Lafage) qu’il a monté sa boîte. « Je devrais être plus riche d’argent mais j’ai compensé avec d’autres richesses. Je changerais pour rien au monde. Les gens m’ont apporté beaucoup plus que l’argent. »

Les camions sont à quai, les flight-cases rangées, mais Speedos est prêt. Toujours speed pour son métier, toujours partant pour des échanges artistiques et humains. Toute cette richesse se cache derrière son sourire et sa voix si particulière. Le dernier des Mohicans est très attachant.

Audio-Lum

Benoît Roux