12 Fév

Marseille : le clip brûlant et puissant du photographe Franck Pourcel pour le nouveau groupe « De la Crau »

C’est une première pour le photographe et elle est réussie. Franck Pourcel signe le tout nouveau clip de De la Crau « Shaman ». Des images noir et blanc granuleuses pour une chanson qui a la fièvre.

Photo : Franck Pourcel

Il y a la beauté du texte de Sam Karpiénia, celle de la musique de De La Crau et désormais, les images qui font corps de Franck Pourcel. C’est une première pour lui qui n’avait jamais réalisé de clip. Un parti pris esthétique noir & blanc granuleux qui donne un genre. Le feu qui habite les images et revient comme un gyrophare sur le refrain. Oui ce clip amène de la force à une chanson déjà puissante.

En attendant leur tout premier album prévu dans les prochains jours, le groupe marseillais  s’est laissé embarquer à Martigues, Fos, Port de Bouc et l’étang de Berre.

Encore plus puissant et hypnotique que Dupain pour lequel chanta jadis Sam Karpiénia, il faut aussi se pencher sur les paroles toujours poético-politiques de Sam qui chante et écrit en occitan. Un vrai choix politique et artistique.

Les cendres se dispersaient dans le ciel / Dans un dernier envol / Chauve souris, Tambour de sorcière / Danse des siècles / La fumée des bougies a donné du souffle / Les cheminées noircissent les visages / Les torchères à la nuit close / Visages noirs de l’histoire / Cachés, visages sans paroles / Un millénaire transperce la nuit / Tout se mélange, les contraires se rencontrent / Un millénaire transperce la nuit / Il danse le chaman, ouvre les portes / Regarde brûler la pierre  / Loin d’ici la souffrance / Le fils du chaman se lève / Un Millénaire transperce la nuit / Tout se mélange, les contraires se rencontrent / Dans les méandres de la toile, loin du silence / Dans les méandres, loin des étoiles / Il a perdu le fil millénaire / Dissipés les enseignements séculaires / Embarqué dans le monde creux être dedans ou rester en dehors / Les pieds sur le goudron.

Une belle osmose texte-voix-images. La tempête et le feu n’ont pas fini de souffler.

Benoît Roux

 

La disparition de l’immense pianiste Chick Corea, l’explorateur de musiques

Il a traversé le temps et les différents styles musicaux, l’immense pianiste Chick Corea s’est éteint à 79 ans. Légende américaine du jazz, avec une créativité et une virtuosité rarement égalées, sa musique symbolisait la joie et le renouvellement. Retour sur le parcours d’une étoile.

Chick Corea lors du 41ème festival de Jazz in Marciac (2017) SEBASTIEN LAPEYRERE via MAXPPP

Il savait tout faire et ne s’en contentait jamais. Toute sa vie, Armando Anthony Corea d’origine italienne a cherché à explorer la musique, découvrir, fusionner, en innovant sans cesse. Il était l’un des plus grands pianistes avec Herbie Hancock, Keith Jarrett. Sa musique jazz a toujours respiré d’autres influences.

Stan Getz & Chick Corea – Live at Montreux (1972)

Pianiste dès 4 ans, il envisage une carrière de batteur. C’est le saxophoniste Stan Getz qui le repère en premier. 1972, il l’accompagne sur scène avec Stanley Clarke (basse) et Tony Williams (batterie). Un solo vers 3’30 sur un piano électrique virevoltant.

Chick Corea & Miles Davis

1968, une autre légende le repère et l’intègre dans ses musiciens : Miles Davis. Il fera 3 albums avec le trompettiste (Filles de KilimanjaroIn a Silent Way et Bitches Brew). Sur la même longueur d’ondes avec Miles Davis, il creuse encore plus ses expérimentations de sons et de rythmes. Une inventivité que l’on retrouve sur ce solo (vers 5’50) où son clavier sonne comme des notes de pluie. C’est la naissance du jazz fusion, qui fait exploser les codes, en y mêlant différentes influences comme le rock, la funk et le rythm and blues.

Live in Rome (1969)

Return to Forever Chick Corea

Début des années 70, c’est un nouveau virage. Corea s’émancipe et crée son propre groupe « Return to Forever ». Il signe chez Blue Note . Il ne lâchera jamais cette formation où se croiseront les plus grands musiciens du moment. Il abandonne un temps son jeu expérimental pour une fusion plus « latine ». 

Live 1973

1974, un grand guitariste le rejoint : Al di Meola. D’autres sonorités encore, le Fender Rhodes toujours virevoltant et créatif, et toujours l’immense joie de jouer comme sur ce live à la BBC.

Return To Forever – Medieval Overture 1976

Rencontre avec Jean-Luc Ponty, la fusion, le flamenco

En 1976, Chick Corea s’adjoint les services de Jean-Luc Ponty, le virtuose violoniste français et Steve Gadd à la batterie. L’occasion d’aller explorer encore d’autres terres musicales sur l’album « My spanish Heart ».

En 2019, il avait rendu visite au festival Jazz in Marciac avec le « Spanish Heart Band » aux influences espagnole et latine.

La musique classique

Dans les années 90, Chick Corea crée son label de musique « Strectch Records ». C’est la période également où il s’intéresse à la musique classique. Il écrit même un concerto pour piano, inspiré de son célèbre morceau « Spain ». Il composera également un quatuor à cordes. Dans cette vidéo, il interprète le Concerto pour piano N°10 de Mozart avec… Keith Jarrett!

Son dernier concert s’est passé à la Halle aux grains de Toulouse le 26 février 2020, en trio pour la reprise du live de 2013 « Trilogy ».

Les 75 ans au Blue Note de New York

Fin 2016, le musicien fête ses 75 ans avec 15 groupes différents, 60 musiciens et 80 concerts au Blue Note de New-York. L’hommage avant l’heure du monde de la musique pour un musicien de génie. Aucun artiste n’a exploré autant de style en si peu de temps et avec autant de pertinence.

Avant de mourir, il a laissé ce message :

Je veux remercier tous ceux qui, tout au long du voyage, ont aidé à faire briller les feux de la musique

CHICK COREA SITE OFFICIEL

10 Fév

DELIVREZNOO, quand une salle de spectacle de Toulouse livre une chanson à la maison

C’est un pied de nez à une société qui livre des plats cuisinés à domicile. Un contre-pied aussi aux livestreams musicaux qui pointent leurs oreilles de partout. Une salle de spectacle va proposer de vous amener un artiste à la maison pour une chanson au minimum. Une originalité de plus alors que la culture musicale  a toujours du mal à se faire entendre.

Delivreznoo, chanson livrée à domicile. Photo : site Le Bijou

« Delivreznoo », ça sonne comme Délivrez-nous, « Deliveroo ». Un clin d’œil un brin provocateur de Pascal Chauvet qui a repris cette salle toulousaine. Une petite commande passée au Bijou et une chanson (avec un vrai artiste!) vous est livrée à domicile. Il en coûtera 5 € et vous aurez droit à une chanson. « C’est le fruit d’une réflexion pour savoir comment aider les artistes. L’idée ce n’est pas de rentabiliser quoi que ce soit mais de faire vivre la musique et les artistes. »

Cette première opération se passera le samedi 20 février en pleines vacances scolaires. 14 créneaux sont prévus de 11h à 18h avec des rendez-vous possibles dans Toulouse « intra-périphériques ». C’est l’artiste qui décidera du choix de la chanson de son répertoire. « C’est 5 euros la chanson et nous rétribuons les artistes bien sûr. Pour cette première, un seul artiste est programmé. C’est quelqu’un qui est proche de nous, que nous avons programmé au Bijou. Mais nous gardons son identité secrète pour l’instant. Pour la suite, nous allons prévoir 4 ou 5 artistes pour la prochaine. » 

C’est l’une des plus petites salles de Toulouse mais jamais à court d’idées. Faute de pouvoir programmer des artistes, le Bijou met en place ce concept novateur. Si le public ne peut pas venir à l’artiste, l’artiste viendra au public. Une manière de délivrer -à tous les sens du terme- pour un instant les artistes. Sacré Covid !

LE BIJOU

Benoît Roux

08 Fév

De la Crau : le nouveau groupe de Sam Karpiénia taillé dans le rock

Après Gacha Empega, Dupain et Forabandit, Sam Karpiénia poursuit ses chemins de traverse avec De la Crau. Résolument rock, post-punk, toujours radical, ce nouveau groupe va sortir son premier EP le 19 février. Un nouveau clip est en préparation.

De la Crau Photo : Franck Pourcel

Comme souvent avec Sam, tout est affaire de rencontre. Ce nouveau groupe s’est constitué au fil des envies, des routes bartassièiras avec des parallèles musicaux qui finissent par se rencontrer. Il y a SAM KARPIÉNIA porté par le flot, les cordes frottées de MANU REYMOND et les fûts bien trempés de THOMAS LIPPENS. Ils travaillent ensemble depuis 4 ans. Il y a tout juste un an, sortait le premier clip réalisé par Thomas Sanna sur le morceau « Temperi » qui sera sur leur premier EP.

De la Crau – Temperi


« Chaman » sera le deuxième morceau à sortir sous forme de clip. Là-aussi, une histoire de rencontre. Celle de Sam et du photographe Franck Pourcel. Il vit à Marseille comme auteur-photographe indépendant. Les photos de Franck ne sont pas forcément focalisées sur le domaine artistique mais sur la rencontre (encore) entre l’homme et son territoire. L’histoire aussi De la Crau. Apéros, discussions, Franck se retrouve à réaliser son tout premier clip. Un clip noir et blanc, tourné al pais, à Martigues, Fos, Port de Bouc et l’étang de Berre.

Sam Karpiénia – Chaman réalisation Franck Pourcel

« Chaman », la symbiose entre un homme, son esprit et son territoire. Mi païen mi sacré, poétique rocailleux et inspiré. Histoire de feu, d’usines évidemment. L’esprit chamane oui, mais il faut aussi turbiner quand le pratique prend le dessus. Pour que ce clip qui s’annonce atypique voit le jour, un financement participatif a été organisé sur le site Helloasso. Il ne reste plus que 2 jours pour porter sa pierre à De la Crau.


Le clip sortira le 12 février sur Youtube, l’album sur Bandcamp une semaine plus tard. En attendant, c’est Lucas Fox le batteur et fondateur de Motörhead qui va conclure : « Chez De la Crau, leurs ancêtres Celtes descendus d’Ecosse et d’Irlande s’entrechoquent le long de la route des épices avec les sonorités de l’Afrique de l’ouest jusqu’au Maghreb. Les paroles toujours aussi engagées sont transportées par la voix du Sud de Sam, bien mûrie, habitée par cet humanisme profond ». 

Photo : Franck Pourcel

De la Crau, Motörhead, encore une rencontre. Sur les chemins de traverse de Sam, les planètes s’alignent pour De la Crau.

DE LA CRAU

FRANCK POURCEL

Benoît Roux

07 Fév

La sensation folk Anna B Savage qui sort un premier album magnifique

Personne n’a vu venir cette jeune londonienne et ses chansons intimes et écorchées. Anna B Savage signe un premier album qui ne ressemble à rien d’autre tellement elle ne s’interdit rien. Un sens innée des émotions musicales et une voix tantôt puissante tantôt susurrée. Elle n’a pas encore atteint les 800 abonnés sur sa chaîne Youtube mais ça ne saurait tarder. Découverte.

Pochette album « Common Turn »

Ne cherchez pas de la sophistication mais plutôt de la spontanéité chez Anna. Ca commence toujours tout simple, anodin et tout d’un coup, vous êtes pris d’une indicible émotion. Avec sa guitare à la Joni Mitchell, la jeune anglaise sait distiller les moments de grâce et ceux où l’orage gronde. Des petites mélodies, une base folk acoustique et soudain, le morceau se tire vers des ailleurs improbables. On frémit, on pâlit, on renaît, on s’accroche, en passant par tous les états. Des émotions transmises aussi par la voix, tantôt Hannah Reid de London Grammar, un peu (beaucoup !) de Kate Bush et un zeste peps de Beth Gibbons.

« Baby Grand », un morceau d’une puissance émotionnelle, incroyable, où les silences résonnent et la puissance l’emporte. « Baby Grand » raconte son premier amour de jeunesse, douloureux et sensible. Un hymne au doute et à la vulnérabilité. Le clip est réalisé par son copain de l’époque (7 ans en arrière). Une mise en abyme qui nous laisse le souffle coupé à la fin du clip.

Anna B Savage – Baby Grand

Pour son premier véritable album après un EP, Anna B Savage frappe fort et juste. Sa voix, comme un véritable instrument, en osmose totale avec sa musique. Souvent lyrique, parfois grave, allant chercher les aigus, non pas pour une démonstration technique mais pour un frisson. La chanteuse et musicienne possède un indéniable côté underground qui ne veut se plier à aucune mode, à aucun genre. Le mal de vivre enfermé dans sa guitare et qui fait vibrer les cordes sensibles.

Si sa musique est principalement folk, n’allez pas croire qu’elle se satisfasse d’une redite. Beaucoup d’influences électro viennent l’enrichir, un petit côté dance sur le titre « Two » où l’on retrouve aussi le côté expérimental d’une autre anglaise : Kate Bush.

Il y a aussi ce petit bijou « Corncrakes » qui sait prendre le temps, parfaitement équilibré avant la montée finale qui prend tout. Et dire que l’artiste n’est suivie pour l’instant que par à peine 800 abonnés sur sa chaîne Youtube !  Les compteurs devraient s’affoler même s’ils ne sont pas toujours gage de qualité.

Anna B Savage – Corncrakes

Telle une peintre, elle crée des palettes de couleurs musicales assez différentes d’un morceau à l’autre, le tout joliment enveloppé par un jeune électronicien anglais : William Doyle qui a publié plusieurs albums. C’est souvent barré, en équilibre sur un fil, avec de l’audace, puis de la retenue. Un dernier exemple de son talent : « A Common Tern ».

Anna B Savage – A Common Tern

Savage a cité Nick Drake et Ella Fitzgerald comme des influences clés sur son écriture. Mais à l’arrivé elle possède déjà son propre univers. Un album épuré, qui respire, une artiste qui ne cache pas sa fragilité, qui n’a pas peur de sa puissance. Des doutes et des certitudes profondément humains et touchants.

SITE OFFICIEL

ALBUM

Benoît Roux

05 Fév

Les premiers concerts test auront lieu en France en mars-avril avec IAM à Marseille

Comme c’était le cas en Espagne mais aussi aux USA, les premiers concerts-test post covid arrivent en France. Placés sous la houlette de l’Inserm, ils permettront d’évaluer les risques encourus voire même de prouver qu’il n’y a pas de surrisques d’infection au Covid-19 en assistant à un concert. Le Dôme de Marseille sera donc la première salle à accueillir une telle expérimentation avec IAM dans la place. 

IAM au Dôme de Marseille ©PHOTOPQR/LA PROVENCE via MaxPPP]

Le 15 janvier, les Marseillais d’IAM ont annoncé la bonne nouvelle sur leur chaîne Youtube (vers 43 minutes de la vidéo). Le promoteur de l’étude est l’Inserm. 2 concerts sont prévus à Marseille. Les conditions pour les artistes seront « normales », le public sera assis pour le premier test. Pour le second, les conditions seront données par l’Inserm en fonction du premier. Ce sera un plateau avec plusieurs artistes dont IAM. On ne connaît pas encore les autres noms.

1000 personnes triées sur le volet auront le privilège d’assister donc au retour des concerts en France. Le Dôme de Marseille dont la jauge est habituellement de 8500 personnes sera testé avant et après. Ce genre d’expérience a déjà été mené en Espagne à Barcelone fin 2020. Un millier de personnes tous volontaires et tous testés négatifs avaient pu participer au spectacle expérimental « primacov » qui s’est déroulé au Nitsa club de Barcelone. Tout s’est bien passé. Pas d’infection à signaler.

En Espagne, les mélomanes n’étaient pas tenus de respecter les gestes barrière. En France, cette expérimentation est placée sous l’égide de l’Inserm pour évaluer les risques de contaminations au Covid-19, avec un protocole sanitaire strict. 2 concerts auront lieu à une semaine d’intervalle, en mars ou en avril. Le docteur Vincent Estornel membre du collectif Do3Me qui réunit des médecins et des professionnels de l’événementiel, à l’initiative de ces concerts-tests à Marseille s’est confié à France 3. « On va prendre des volontaires sains, et on va en tirer la moitié au sort pour assister au concert et on les comparera à ceux qui n’y assisteront pas pour voir s’il y a plus d’infections chez les personnes exposées ».

La Mairie de Marseille a donné son feu vert. La ville est d’ailleurs dotée d’un procédé unique pour désinfecter la salle : un canon à neige transformé en pulvérisateur de solution virucide. En vingt minutes, tout peut être désinfecté. Les résultats sanitaires de ces 2 expérimentations seront présentés le 8 avril à Marseille. On espère que ça débouchera sur une reprise -même partielle et même en jauge basse- des concerts.

Benoît Roux

01 Fév

A Toulouse, la jeune chanteuse Alix cultive ses talents

Quand on est jeune, on se cherche. A 20 ans, la chanteuse toulousaine Alix a l’air de s’être trouvée. Son deuxième clip « 5 years » vient de sortir. Une chanson chagrin d’amour écrite à 13 ans où elle démontre aisance et savoir-faire.

Alix Photo : Jean Luc thomas

L’artistique c’est son domaine. La musique d’abord. Elle apprend le violon toute jeune, puis la flûte traversière et le piano. Ensuite c’est le théâtre dans des productions de Gilles Ramade et surtout de sa mère Séverine Megdiche. A l’aise dans ses gammes, elle l’est aussi dans ses baskets d’étudiante. Après son bac (mention très bien!) elle poursuit ses études en Khâgne au lycée Pierre de Fermat à Toulouse. 

Et la musique ? Sa professeur de chant du collège la prend sous son aile. Pendant un an, elle lui donnera des cours particuliers pour le casting de « The Voice ». On la voit aussi faire figurante dans des films comme « Les vieux fourneaux » aux côté de Pïerre Richard et Eddy Mitchell.

En autodidacte, elle apprend le ukulélé que l’on entend sur son premier clip « Look at them deep »  sorti l’an dernier. Elle en enregistre un second au château de Montricoux. Une mélodie toute simple mais bien arrangée pour faire une place à sa voix feutrée teintée d’émotion. Tout semble évident. Elle réalise le clip avec sa mère et Jérémy Grison, aidée par son frère et fait jouer son propre rôle à sa petite sœur. 

Alix – 5 years

La voix est bien timbrée, pleine d’assurance, les arrangements piano-cordes sobres et efficaces. Enregistré aux studios « On Air » de Montauban, la chanson devrait trouver son public et permettre à Alix de poursuivre son chemin d’artiste exigeante et sérieuse. Un troisième clip est déjà en préparation sous forme de film d’animation avec une jeune dessinatrice chinoise pour lequel elle demande un financement participatif.  

Elle n’est pas dans une mode mais préfère cultiver ses talents de chanteuse auteur-compositrice et maintenant réalisatrice.

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Benoît Roux

 

 

25 Jan

Le clip juste et touchant de Michel Jonasz pour les Victoires de la Musique 2021

Extrait de son dernier album, le titre de Michel Jonasz « La maison de retraite » concourt pour une Victoire de la musique catégorie « Chanson originale 2021 ». Une chanson sensible et juste illustrée sobrement et efficacement dans ce clip réalisé par Yves Le Coz et Amélie de La Fontaine.

Captation vidéo Youtube

Les retrouvailles de Michel Jonasz avec le batteur Manu Katché et le pianiste Jean-Yves D’angélo ont abouti à l’un des albums les plus intéressants de 2021. 

Le groove des compères de l’album « Unis vers l’uni » est toujours bien vivant. Le groove de Mister Swing est bien là. L’album  « La Méouge, le Rhône la Durance » pourrait signer le retour de Michel Jonasz et la reconnaissance de ses pairs et du public qui votera pour la chanson originale 2021.

 

Déjà détenteur de 4 trophées, il sera peut-être honoré une nouvelle fois le 12 février prochain à la Seine Musicale, près de Paris pour ces Victoires de la Musiques retransmises sur France 2. 

Michel Jonasz – La maison de Retraite

Face caméra, sans fioriture, il chante l’amour absolu qui défie le temps et la nature. En contrepoint, des couples de tout âge qui se lient de sentiments. Des regards qui passent de la joie infinie à la tristesse interrogative, le réalisateur Yves le Coz et une artiste qui miment les paroles de ce tourbillon de vie… jusqu’à la valse finale.

Texte à la fois réaliste et poétique, la voix tremblante, Jonasz chante avec une humanité profonde. Touchant, très touchant.

C’est le public qui départagera les 5 chansons. Il est possible de voter directement sur le site des Victoires.

Lors de la création des Victoires en 1985, Michel Jonasz était nommé 6 fois et il est reparti avec 3 trophées dont celui de la chanson de l’année « La boîte de jazz » où l’on retrouvait Katché et D’Angélo.  Comme un signe.

La Maison de Retraite – Live « Le Grand Echiquier » France 2

A LIRE AUSSI : Michel Jonasz, Manu Katché et Jean-Yves d’Angelo toujours unis vers l’uni

Benoît Roux

20 Jan

Le flow multisensoriel du dernier clip de Rodín Kaufmann

C’est beau, tout simplement beau. Et même sublime. La musique, le chant, les sons, les paysages. Le deuxième clip de Rodín Kaufmann  et Amic Bedel est une réussite esthétique et émotionnelle. Une œuvre qui dépasse les limites habituelles et les frontières de nos sens.

Photo du clip © Rodín Kaufmann & Amic Bedel

Quelques mois après « Leis alas dau temps » (Les ailes du temps), le volet 2 de la trilogie a vu le jour. « Rei de la luna » (Roi de la lune) est une histoire de rencontre, de voyages qui se passe au delà du temps et des frontières.

Ce deuxième clip est encore plus personnel, plus intime que le précédent. Filmé dans des endroits magnifiques (Montagnes de Lure, Glacier Noir, Hautes-Alpes) mais aussi personnels à l’artiste comme l’atelier de son grand-père ou encore chez sa mère. Tout a du sens et relie les émotions. L’esthétique est une fois de plus très soignée, les images sont magnifiques, les lumières très belles pour mieux emporter l’auditeur et spectateur.

Rodín – Rei de la luna


Rarement une écriture peut-être aussi puissante : la poésie est omniprésente dans les mots mais aussi le décor, le flow se déverse pour une mise en abyme totale loin des clichés habituels du rap et du hip-hop. L’histoire entre le Roi de la lune (Rodín) et la Reine de la faune (Chloé Chagnaud) est prétexte à évoquer des moments forts : le désir, l’absence, la plénitude, le vide. Peu importe l’histoire, peu importe ce que l’on y perçoit, ce que l’on veut bien y voir. Ce sont les sentiments qui priment.

© Rodín Kaufmann & Amic Bedel

Le travail artistique de Rodín et Amic Bedel a toujours été très profond et personnel. Rien n’est gratuit, tout est sans concession. Nous sommes comme dans un conte onirique, une espèce d’odyssée moderne qui mélange les genres. Les sons de Rodín sont beaux et variés, les voix des chœurs qui rappellent un prélude de Bach très prenantes, tout est travaillé minutieusement, comme le tissage artisanal de l’atelier de Chloé Chagnaud que l’on voit dans le clip. Tout est parfaitement équilibré et fouillé, en prise avec la nature.

Amic et Rodín en tournage de « Rei de la luna » © Rodín Kaufmann & Amic Bedel

Le dernier volet de la trilogie « Pensarai en tu » sortira le 17 février et le premier album de Rodín Kaufmann quelques jours auparavant sur un label américain. 

L’impatience gagne déjà de découvrir tout ça.

RODIN

AMIC PIGET PROD

PANTAIS RECORDS

Benoît Roux

16 Jan

« Allive » la nouvelle plateforme musicale de vidéos par abonnement née à Toulouse

Sur le même principe que Netflix ou autres plateformes de streaming par abonnement, dédiée exclusivement à la musique en vidéo et au live, cette plateforme imaginée par 3 toulousains sera lancée fin janvier. Son objectif : faire connaître des artistes et leur permettre d’être rémunérés de manière équitable.

Les 3 fondateurs d’Allive Photos : Allive Palette Gaétan Guetiere

C’est l’initiative de 3 toulousains : Manuel Darrault (producteur et manager), Antoine Garcia (chef d’entreprise – conseil en communication) et Thomas Garcia (agent commercial). Une idée qui germe depuis plusieurs mois dans leur tête. La pandémie de Covid et les confinements ont accéléré les choses. Son lancement est prévu à la fin du mois.

Une plateforme vidéo de streaming musicale avec un concept équitable

Les salles de spectacles étant fermées, les vidéos d’artistes ont fleuri lors du premier confinement, puis les lives confinés en streaming lors du deuxième. Il faut désormais aller plus loin. Et les 3 toulousains vont révolutionner le principe de musique par abonnement. Rien de très nouveau pour l’abonné -il paiera un abonnement mensuel de 4,99€- mais c’est du côté des artistes que tout va changer.

C’est le principe de l’User Centric : une répartition équitable et juste des revenus des abonnements pour l’artiste. Manuel Darrault qui s’occupe du volet industrie musicale chez Allive nous explique : « Cette plateforme est un contre-pied au niveau de la technologie et de la rémunération. D’abord il n’y avait pas jusqu’à présent de plateformes vidéos dédiées à toutes les musiques. Sur 4,99€ que coûte l’abonnement, 1 € vont dans l’enveloppe artiste, soit 4 fois plus que sur un autre site. Ensuite, ces 1€ seront rétribués aux artistes en fonction du temps de visionnage et non au nombre de vues. Plus un artiste va fédérer, plus il sera rémunéré ». 

Mais ce système nouveau ne s’arrête pas là. Les artistes seront classés en 3 catégories :

  1. les émergents
  2. les indépendants
  3. les connus

L’accès est gratuit pour les 3 catégories. Pour les artistes les plus connus, ils ne seront pas rémunérés par les visionnages mais la plateforme sera un outil promotionnel. Tout l’argent généré par ces têtes d’affiche sera réinjecté pour tous les artistes. Autrement dit, Allive instaure une solidarité entre les artistes. Alors les plus connus vont-ils jouer le jeu ? Si les 3 concepteurs de la plateforme ne peuvent pas encore donner des noms un peu clinquants, ils assurent avoir des artistes connus prêts à tenter l’aventure. « Remplacer le vrai concert par un livestream, je n’y crois pas. Le marché du DVD Blu-ray musical s’affaiblit. Aujourd’hui, on prend des abonnements plutôt que d’acheter des DVD, des disques ou des films ». Manuel Darrault qui manage plusieurs artistes dont « 3 cafés gourmands », la talentueuse « Naya », ou encore la jeune Heeka et le groupe Toulousain « Entoartix » croit en ce nouveau mode de consommation de la musique vivante.

Heeka – Never Alone – Session Opus

Un seuil de rentabilité autour des 1500 abonnés

Côté contenus, la cible est plus nationale qu’internationale, plutôt French Touch et dans toutes les catégories : classique, jazz, électro, rap, métal, reggae, rock, pop etc. « Notre but est d’aider les artistes. On ne va pas mettre en avant nos goûts musicaux mais on va proposer de la qualité. Nous avons déjà des artistes qui tournent des vidéos pour nous », assure Manuel Darrault.

Pendant le deuxième confinement, beaucoup de Salles de Musiques Actuelles (il y a 1 SMAC par département) ont tourné des lives : le « Metronum » à Toulouse, le « Bolegason » à Castres. « Beaucoup d’artistes ont tourné pour leur chaîne Youtube. Plusieurs SMAC nous ont répondu ; certaines ont beaucoup de contenu. Les premiers signes sont positifs. Nous accueille avec beaucoup de bienveillance. La SACEM commence à s’intéresser à nous. Alors, pourquoi pas faire un partenariat avec eux. Netflix aussi nous a contacté. »

Ce premier cap des artistes et des salles pour filmer franchi, il faudra trouver les abonnés.

Notre seuil de rentabilité est fixé autour des 1000-1500 abonnés. Si nous proposons de la qualité, l’objectif est réalisable.

Monde d’avant, Monde d’après Covid, quoi qu’il en soit les streamings audio et vidéo sont en pleine évolution. Les artistes sont de plus en plus mécontents de la part qu’ils reçoivent des plateformes digitales. Certains comme Taylor Swift ont lâché Spotify, Deezer, Apple music et les autres. Même quand les salles de spectacles rouvriront, il y aura sans doute de la place pour des concerts de qualité diffusés via un abonnement. Surtout si les contenus sont originaux.

En tous cas les 3 toulousains voient grand. Antoine Garcia s’occupera du graphisme et de la communication, son frère jumeau Thomas prendra le volet commercial et Manuel Darrault qui a déjà pas mal d’expérience dans la production s’attachera au contenu artistique. Quant au nom ALLIVE : « On voulait du LIVE. Covid ou pas, il y a cette détresse des artistes sur le mode de rémunération. Ils sont les survivants du streaming. ALL c’est un tout pour englober le tout. »

Manuel Darrault Antoine et Thomas Garcia Photo : Allive

Une dizaine d’artistes a déjà donné son feu vert. Un appel à candidature est lancé pour tous ceux qui seraient intéressés. L’objectif est d’avoir le plus de contenu possible et que tous les styles soient représentés.

site ALLIVE

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Benoît Roux