05 Sep

Des chèvres en gare … et des vraies !

Après les écrevisses et les poules exploitées – pour la bonne cause – sur une terrasse du siège parisien de la RATP, voilà que des chèvres sont appelées à la rescousse d’une gare SNCF ! Et ce sont bien des animaux, pas des voyageurs en déshérence, et donc énervés, comme ça peut parfois arriver…

chevreSi vous voyagez sur la ligne R du Transilien, au départ de Gare de Lyon, vous avez peut-être déjà aperçus, à Champagne-sur-Seine, trois chèvres des fossés (une espèce protégée en voie de disparition) destinées à débroussailler de manière écologique les abords de la gare. Cette expérimentation d’éco-pâturage, lancée discrètement cet été, est, semble t-il, déjà très appréciée par les agents SNCF, les voyageurs mais aussi par les riverains : il faut dire que ces nouveaux compagnons à 4 pattes font notoirement moins de bruit qu’une tondeuse !

Au-delà de l’aspect environnemental, cette initiative a également une portée sociétale puisque l’abri des chèvres a été réalisé par des travailleurs en insertion.

Bertrand Lambert

► Sur la même thématique : Sur le toit du siège de la RATP : 80 écrevisses, les seules à l’air libre de tout Paris (vidéo)

17 Juin

Les stations Autolib’ se parent de mystérieux atours métalliques

autolib vanves2Petite surprise hier à l’heure du déjeuner : un ouvrier installe autour de chacune des 6 bornes de recharge de l’une des stations de Vanves, dans les Hauts de Seine, une nouvelle protection métallique aux formes arrondies. L’idée est sans doute de protéger les bornes en cas de créneau douteux (il faut dire que les places sont plutôt ric rac) ou de marche arrière non maîtrisée, bref de consolider l’ensemble face aux dégradations volontaires (ou pas) subies ces derniers mois. Un peu comme les potelets installés sur certaines stations vélib’ pour renforcer la protection des stations les plus vandalisées.

Pour l’heure, impossible d’en savoir plus auprès du service de presse d’Autolib’ : cette station est-elle une exception, une expérimentation ou une première étape avant généralisation dans le reste du réseau ? Mystère, mystère. « Nous ne communiquons pas sur le sujet pour le moment » m’a t-on simplement répondu.

Bertrand Lambert

► Pour aller plus loin, notre analyse : Paris, plus que jamais vitrine industrielle de Bolloré
► Sur le même thème : Avec Belib’, Paris facilite l’usage de la voiture électrique en ville
► Sur le même thème : Notre test : recharger sa voiture électrique dans Paris

16 Juin

Journée sans voiture du 25/09/2016 : périmètre élargi mais toujours autant de dérogations

On se souvient tous de la 1ere journée sans voiture du 27 septembre dernier : succès populaire indéniable, surtout sur les Champs-Elysées, mais aussi polémique à tous les étages : entre la mairie de Paris et la préfecture de police, entre pro et anti, entre cyclistes, piétons et automobilistes… avec comme sujet de discorde principal le périmètre de l’opération. Il faut dire que celui de la 1ere édition était peau de chagrin : pour schématiser, seul l’hyper centre ville était véritablement concerné. La faute, selon Anne Hidalgo, à la mauvaise volonté de la préfecture de police. Cette fois, la ville a su se montrer plus convaincante : le 25 septembre prochain, tous les arrondissements de la capitale seront concernés (au moins en partie), soit 650 km de chaussées. C’est 5 fois plus que l’an dernier ! 45% du territoire parisien intra-muros (environ 38 km2) sera au calme (la zone vert foncé), débarrassé de la pollution et du bruit des voitures. Miracle, nous entendrons de nouveau chanter les oiseaux sans avoir à tendre l’oreille et nous pourrons parler à notre voisin sans avoir besoin de hausser le ton. De quoi redécouvrir la ville tout autrement. Apaisée. Civilisée. Humaine. L’initiative est évidemment positive. Elle vise, comme l’an dernier, à sensibiliser les Parisiens à la nécessité de modifier leur comportement vis-à-vis de la voiture. Sauf que…

  • Le jour du Seigneur
    Organiser une journée sans voiture un dimanche, pourquoi pas, c’est bon pour le tourisme, ça permet de profiter de l’évènement en famille et d’éviter des embouteillages monstres en périphérie, mais ce n’est malheureusement pas ce jour là que les Parisiens ou banlieusards vont apprendre à penser autrement leur trajet domicile/travail, principal source de trafic routier dans Paris. On est donc encore loin du véritable moment pédagogique à destination des accrocs de l’auto souhaité par la ville.
  • Des dérogations à gogo
    Attention, « Journée sans voiture » ne veut pas dire « Paris sans voiture ». Comme l’an dernier, il y aura potentiellement des voitures en circulation partout, y compris dans les secteurs dits « piétons ». Ainsi, si vous habitez dans une zone a priori fermée aux voitures, vous aurez le droit de prendre votre véhicule comme bon vous semble. Les taxis (mais pas les VTC), les véhicules d’urgence, estafettes des commerçants (les marchés auront bien lieu ce jour là), camions de déménagement (ayant demandé une autorisation au préalable ici) ou encore, fort heureusement, les bus de la RATP (au contraire des cars de tourisme ou de type Ouibus qui seront bannis des zones piétonnes) pourront, eux aussi, circuler librement. Seule obligation, valable pour tout le monde : rouler au pas, à 20 km/h.
  • Une journée riquiqui
    11h-18h, soit 7 heures sans voiture, c’est ce qui s’appelle réduire une journée à sa portion congrue !


Pour rester positif, la deuxième édition est tout de même bien plus ambitieuse que la première, gageons que celle de 2017 sera encore plus radicale avec des quartiers entiers réellement piétons. Vivement Paris délivrée de l’emprise sonore et olfactive des moteurs à explosion !

Bertrand Lambert

► Pour se balader dans la carte interactive, cliquez ici.
► Sur le même thème : Journée sans voiture du 27 septembre : de qui se moque-t-on ?

30 Mai

Le 341 teste l’électrique sur toute la ligne avec le Bluebus de Bolloré

IMG_1861Ils se sont fait attendre : les premiers bus 100% électriques signés Bolloré (eh oui encore lui…) étaient attendus en janvier, puis en mars mais c’est seulement aujourd’hui qu’ils ont accueilli leurs 1ers voyageurs. Pour l’heure seuls deux bus électriques circulent sur cette ligne du nord ouest parisien : la ligne 341 sera entièrement équipée d’ici la fin de l’année, avec à terme 23 bus zéro émission. Pour la RATP, qui s’apprête à lancer un appel d’offre monstre (600 bus par an pendant 5 ans), l’enjeu est de taille : tester en conditions réelles ces nouveaux bus écolos de 12 mètres (la longueur standard des bus thermiques actuels) sur une ligne entière (contrairement à ce qui se passe sur la ligne 21, où seul un bus d’un autre constructeur est testé depuis décembre). Officiellement leur autonomie est de 200 km, assez donc pour rouler toute la journée. La nuit, il leur suffit de 5 heures de charge pour faire le plein. Qu’en sera -t-il vraiment ? Réponse d’ici quelques mois. Une chose est sûre, il est ultra silencieuxIMG_1860 et très confortable. Ses 8 batteries de 300 kg sont cachées dans le toit et à l’arrière, sans que la silhouette du bus n’en pâtisse. Après Autolib’, le Bluetram ou encore les navettes LVMH, un nouveau véhicule 100% Bolloré va donc rouler dans les rues de Paris (mais aussi de Levallois et de Clichy), pour le plus grand bonheur de l’entrepreneur breton, ravi de pouvoir faire de Paris sa plus belle vitrine industrielle.

Voyez notre reportage réalisé avec Isabelle Audin
► Pour aller plus loin, notre analyse : Paris, plus que jamais vitrine industrielle de Bolloré
► Sur le même thème : le Bluetram parade sur les Champs Elysées – VIDEO
► Sur le même thème : La RATP passe – enfin – au vert : 1ers tests sur la ligne 21 – VIDEO

25 Mai

Découvrez en avant-première les nouvelles gares souterraines du T6

T6viroflay2Samedi, le T6 deviendra officiellement le premier tramway souterrain d’Ile-de-France avec la mise en service du tunnel de 1,6 km creusé à 25 m sous la forêt et la ville de Viroflay. Un an et demi après l’inauguration de la ligne (en surface), le T6 va prendre une toute nouvelle dimension, grâce aux nouvelles correspondances offertes par les deux nouvelles stations, Viroflay Rive-droite et Viroflay Rive-Gauche, à savoir le RER C, les lignes N et L du Transilien (et donc Paris via Montparnasse ou St Lazare, ou encore La Défense). Du pain béni pour les 40.000 salariés de Vélizy, désormais connectés par un transport lourd et fiable à la rive droite et aux trains de banlieue. La RATP et le STIF s’attendent d’ailleurs à un bond de fréquentation : +50%. 75.000 voyageurs quotidiens sont attendus dès la mise en service du tronçon souterrain, contre 50.000 aujourd’hui.

T6viroflayA 500 m l’une de l’autre, les deux stations de Viroflay sont identiques, faites de bois, de béton et de pierre à l’état brut. Elles sont spacieuses et accessibles aux PMR (contrairement aux gares de la SNCF attenantes…). Vous pourrez les découvrir de vous-mêmes dès samedi, 5h30, heure de départ du 1er tramway.

► A voir, notre reportage réalisé avec Isabelle Audin

► Pour aller plus loin : T6 : J-10 avant l’arrivée à Viroflay

Bertrand Lambert

02 Mai

Sur le toit du siège de la RATP : 80 écrevisses, les seules à l’air libre de tout Paris

IMG_1560On vous l’avais promis dans un précédent post : nous sommes allés à la rencontre des 4 poules et des 80 écrevisses qui ont trouvé refuge sur un toit du siège de la RATP, en plein cœur de Paris.

Un jardin inattendu se niche au troisième étage de ce bâtiment situé à deux pas de la gare de Lyon. Poussent à l’abri des regards : choux, salades, radis et bientôt des fraises ou encore des tomates. Ces 250 m2 végétalisés permettent à la régie des transports de tester différents modes de culture en milieu urbain. « Il n’y a absolument pas de terre sur ce site. On a utilisé des déchets issus de la ville« , explique Emeline Becq, chargée de mission. Dans le jardin, l’azote nécessaire à la croissance des plantes provient d’un bac où barbotent nos fameuses écrevisses. Les poules, elles, sont chargées de recycler 700 kg de déchets organiques par an. Les bio-déchets de la cantine d’entreprise sont ainsi recyclés et permettent de récupérer près de 900 œufs par an. Miam Miam. Le marc de café est, lui, destiné à produire du compost … et à faire pousser des champignons. D’ici 2020, la RATP s’est donnée comme objectif de végétaliser 40 000 m2 de toitures et de façades, soit l’équivalent de six terrains de football. Un tiers de cette surface sera dédiée à l’agriculture urbaine. Le retour d’expérience du démonstrateur d’agriculture urbaine situé sur le toit du siège permettra d’évaluer ce qui pourra se faire à plus grande échelle sur les sites existants et projets futurs de la RATP.

Plusieurs sites ont d’ores et déjà été identifiés comme ayant un fort potentiel de végétalisation. Les études préliminaires en IMG_1557cours pourraient même aboutir, sur l’un des sites, à une serre en hydroponie étagée de 2.000m² (légumes et fruits de saison) chauffée par la chaleur émise par les serveurs informatiques du data center situé sous les toitures !

Au dessus des ateliers Jourdan Corentin Issoire, porte d’Orléans, 10.000m² de végétalisation (soit 50% des 1,7 ha d’emprise) permettront de mettre en avant un modèle d’agriculture urbaine basé sur la production en circuits courts et le bien-vivre ensemble, avec la contribution espérée des habitants du quartier. Au dessus des ateliers Vaugirard, dans le 15eme arrondissement (là où sont entretenus les rames de la ligne 12 du métro), les 14.000m² de végétalisation (soit 60% des 2,3 ha d’emprise), composés de jardins suspendus et plantations le long de la voie nouvelle, participeront, eux, à la création d’un quartier vert.

► Voyez notre reportage, réalisé avec Olivier Badin.


Environnement : la RATP a la main verte

Bertrand Lambert

► Pour aller plus loin : Du vert, des poules… et des écrevisses sur les toits de la RATP

04 Mar

1 voiture neuve sur 100 est désormais électrique

voiture électriqueEt si l’électrique commençait à entrer dans nos vies d’automobiliste ? Et si les efforts conjugués des collectivités (comme la ville de Paris, avec son réseau Belib’ de recharge en libre accès), des industriels (pour augmenter l’autonomie des batteries, faciliter leur recharge ou multiplier les bornes) et de l’Etat (avec ses aides à l’achat) commençaient à enfin porter leur fruits ? Les ventes de véhicules électriques battent en tout cas record sur record, mois après mois. En février dernier, il s’est ainsi vendu en France 2.345 voitures et utilitaires électriques. C’est 68% de plus qu’en février 2015. La hausse est significative et montre l’attrait grandissant des particuliers mais aussi des entreprises pour le véhicule « propre ». Comme si le cauchemar des utilisateurs des premiers véhicules propres (mais où vais-je donc pouvoir recharger ma voiture ??) n’effrayait plus les nouveaux acheteurs potentiels.
Du côté des particuliers, c’est Renault qui séduit les consommateurs avec la reine des électriques : la ZOE est de loin la voiture la plus vendue. Avec ses 1.182 exemplaires vendus, elle réalise 65.5% du marché. Loin derrière, on trouve le Nissan e-NV200, la Peugeot Ion, la Citroën C-Zéro, la Bluecar de Bolloré (version grand public de l’Autolib‘) et la Kia Soul EV. En février 2016, 1.891 immatriculations (+74% en un an) ont été recensées sur ces voitures, soit 1.13% des ventes totales de véhicules particuliers neufs.
L’utilitaire électrique a également le vent dans le dos, avec le mois dernier 45% de ventes supplémentaires par rapport à février 2015. 454 immatriculations ont été recensées, dont 256 pour la seule Kangoo ZE. Là aussi, c’est Renault qui mène la danse, loin devant ses concurrents.
Bertrand Lambert
Pour aller plus loin :
► Bornes de recharge : le cap des 10.000 prises franchi

29 Fév

Le Bluetram joue les prolongations sur les Champs Elysées

Il ne devait rouler que quelques jours, profitant de la COP21. Mais comme vous l’avez sans doute constaté, le Bluetram continue de dévaler, et de remonter, les Champs Élysées ! Pour le plus grand bonheur des touristes (qui bénéficient là d’un transport gratuit)… et surtout de Vincent Bolloré. La Saint Valentin est passée, mais c’est une nouvelle preuve d’amour que la ville de Paris donne là à l’industriel breton en l’autorisant à prolonger l’aventure de son dernier fleuron sur la plus belle avenue du monde. Ses véhicules 100% électriques vont pouvoir arpenter les Champs jusqu’à fin mars, desservant toujours 8 arrêts entre Concorde et Étoile. Ainsi en a décidé Anne Hidalgo. Rappelons qu’au départ, ils ne devaient rouler que jusqu’au 15 janvier. Paris continue donc de dérouler le tapis rouge à l’industriel breton, dans la droite ligne de notre enquête publiée dans un précédent post. Un arrangement gagnant gagnant au bénéfice des deux parties (l’une montre son engagement pour une mobilité durable, avec ce véhicule innovant, silencieux et écolo ; l’autre met en avant sa batterie et son savoir faire) qui ne coûte, certes, pas un centime aux contribuables parisiens mais qui interpelle puisque mis en place, en toute légalité, sans aucun appel d’offre, au grand dam des concurrents de Bolloré. Continuer la lecture

14 Fév

Le vélib’ version tandem se dévoile pour la Saint-Valentin

C’est un sacré engin. Une sorte de panzer des pistes cyclables. Son poids ? Sans doute plus de 30 kg. Logique me direz vous puisque le vélib’ pèse déjà 23 kg à lui tout seul. Il est pourtant relativement maniable. Certes, le démarrage est souvent rock and roll mais une fois lancé, la tenue de route de ce drôle de vélo est plutôt bonne. Mieux vaut cependant être bien coordonné avec son partenaire de pédalage, histoire de ne pas finir dans le fossé au premier virage.

IMG_1257Après le vélib’, en version classique, électrique ou semi automatique, après le ptit vélib’, voici le tandem vélib’ avec ses deux sièges et pédaliers . Amis automobilistes rassurez vous, vous n’êtes pas prêts de le croiser en ville. L’exemplaire que nous avons pu tester ce matin, quai des Célestins, est une pièce unique. Un prototype imaginé par Maurizio Galante & Tal Lancman pour Lost in Paris, une exposition consacrée au design et sur lequel seuls quelques curieux de passage ont pu rouler, hors de toute circulation, sur les quais de Seine. Vous l’avez compris, il n’est pas question pour JC Decaux ou la Mairie de Paris de proposer ce tandem en libre service. Trop dangereux. Trop grand aussi pour être garé dans une station habituelle. Dommage, découvrir en binôme les joies du cyclotourisme francilien sur les bords de Seine, c’était plutôt sympa.

Voyez notre reportage, sur des images de Nicolas Meatauer

Bertrand Lambert

21 Jan

Désormais les adultes devront eux aussi réparer les vélib’ qu’ils vandalisent

Zéro récidive : le bilan des ateliers de réparation lancé en 2013 par JCDecaux et la Mairie de Paris pour les adolescents coupables de vandalisme à l’encontre des vélib’ est plutôt flatteur. En tout, 156 mineurs ont été accueillis entre 2013 et 2015 dans ces ateliers et, selon les promoteurs de cette mesure destinée surtout à sensibiliser les vandales, aucun donc n’aurait récidivé. Les jeunes passent à chaque fois deux jours dans les ateliers, encadrés par deux personnes : un responsable de l’association chargée de l’application de la réparation pénale et un chef d’atelier Vélib’, formé lui au tutorat. Les jeunes ont 48h pour réparer eux-mêmes les dégâts qu’ils ont causés.

VelibTrois ans après le lancement de cette politique, et fort de son succès, la Ville de Paris et JCDecaux ont décidé de passer la vitesse supérieure : la nouvelle convention signée entre Christiane Taubira, la ministre de la justice, et JCDecaux, permet désormais d’étendre le dispositif aux adultes. Comme pour les jeunes, il permettra aux adultes coupables de dégradations d’échapper aux poursuites judiciaires en échange de leur participation à ces ateliers.
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