13 Mai

VIRA-LENGA : Silvan Carrère

Sylvain Carrère, originaire de Vic-de-Bigorre (65), chanteur du groupe Papà Gahús, collectionneur de Vinyles prêts à être mixés par ce rocker gascon. Depuis quelques années, il collecte la mémoire occitane des anciens de sa région et s’en nourrit pour ses propres créations. Oiseau de nuit de la nouvelle scène occitane, Papà Gahús le « père chat-huant » en gascon propose un rock épuré et efficace avec des textes en occitan-gascon qui sonnent comme un cri d’espoir et de révolte dans la morosité actuelle. Depuis la formation du groupe en 2010, Papà Gahús propose un rock occitan … de Bigòrra … avec des influences aux carrefours de la tradition orale et du punk eighties, une énergie tribale et communicative sur scène. Il n’y a pas de doute, Papà Gahús n’est pas là pour la gloire, mais bel et bien pour porter la voix d’un peuple gascon fier de ses racines, créatif, et ouvert au monde.


VIRA LENGA : « Silvan Carrère » par france3midipyrenees

La Vicenta

Las filhas, lo fotbòl e l’occitan

Alors que l’on connaîtra dans quelques heures la liste des joueurs qui partiront à Rio et le palmarès complet de la saison 2013/2014 samedi, l’Occitanie du football grandit…Doucement, sans pression médiatique, avec une dimension supra-régionale. Car oui, il y a bien une équipe nationale occitane de football. Et même 2 !
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Après les hommes en 2004, une équipe féminine vient d’être créée. Elle disputera son premier match cette semaine, justement contre l’équipe masculine.
Calquée sur les mêmes principes et les mêmes valeurs occitanes que les hommes coachés par Didier Amiel, cette nouvelle équipe sera dirigée par Sylvain Blaise (ex-Muret et nouveau responsable sportif de la section féminine du TFC). Fort de ce CV, le natif de Cayenne et ancien joueur de Rodez disposera d’un groupe de 25 filles qu’il a quasiment toutes déjà entraînées en club, issues de toute l’Occitanie, principalement du Languedoc-Roussillon (Montpellier, Nîmes…) et de Midi-Pyrénées (Toulouse, Rodez, Muret). Nicolas Desachy, le président de l’Association Occitane de Football qui va gérer ces 2 structures est plutôt optimiste : « Il y a plus de choses à faire chez les femmes et plus rapidement que chez les hommes. Nous pouvons très vite atteindre le niveau de la deuxième division française et nous hisser à l’échelon le plus élevé de ce football hors FIFA. »
affiche rencontre 16 mai 2014Le lancement officiel sous forme de match bien sûr, mais aussi de débats et d’échanges se fera en « indoor » sur les terrains du « Five » à l’Union vendredi 16 mai dès 18H. Une bonne répétition avant le premier match officiel pour les filles le 3 octobre contre les Sorabes de Lusace (peuple d’Allemagne et de La République Tchèque).
Entre temps, les garçons feront eux aussi leur coupe du monde, la ConIFA World Football Cup qui remplace la Viva world Cup. Elle se déroulera du 31 mai au 8 juin, pas au Brésil mais au Nord de la Suède, en territoire Saami (Lapon). Lors de la précédente édition en 2012 au Kurdistan, les Occitans avaient terminé 4ème sur 9. Ils comptent bien faire mieux. « Nous avons la plus belle équipe que nous ayons jamais eu. Nous faisons partie des favoris même si LE favori reste la Laponie », selon Nicolas Desachy.
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L’équipe occitane de football lors de la coupe du monde au Kurdistan
Incontestablement, le niveau s’est fortement amélioré, les exigences et les besoins aussi. L’AOF est toujours à la recherche de partenaires économiques pour porter les couleurs de l’Occitanie plus haut et plus loin.
Benoît Roux

02 Mai

Los que vòlon Viure al país

Le 6 février dernier, nous lancions une enquête pour mieux connaître ceux qui nous regardent, ce qu’ils pensent du magazine Viure Al País et ce qu’ils aimeraient y retrouver.

Car à la rentrée, Viure al País devrait faire peu neuve, dans son contenu et dans sa forme. Et même si vous êtes très nombreux à le souhaiter, il ne sera pas plus long et il ne devrait pas y avoir d’autres rendez-vous amb la lenga nòstra à d’autres moments de la semaine.

En tous cas, ce magazine suscite beaucoup d’intérêt. Car vous avez été 400 à prendre le temps de répondre et nous vous en remercions. Evidemment, ce n’est pas une enquête scientifique, pas plus un sondage fait par un institut renommé aux vérités intangibles. Mais il s’en dégage des choses très intéressantes.

Qual sètz ?

Légèrement citadin, majoritairement masculin, situé plutôt dans la tranche d’âge 40-60 ans, essentiellement de Midi-Pyrénées, vous regardez régulièrement Viure al país, vous jugez votre niveau de langue assez bon (même si certains nous regardent sans comprendre depuis le sous-titrage des magazines).

De que pensatz ?

Vous semblez être satisfaits de ce magazine (à plus de 80%), vous trouvez qu’il s’adresse à tout le monde, de tout âge, mais principalement aux Occitans. Les sujets sont jugés actuels (à 75,5%) et pertinents (77%). Leur durée semble vous convenir, entre 6 et 12 minutes. C’est aussi un plébiscite pour les thématiques enregistrées à l’extérieur, avec des invités. Vous souhaiteriez d’ailleurs qu’ils soient plus nombreux sur les plateaux de Viure al País

 De que voidriatz ?

Evidemment, que l’émission soit plus longue, revienne plus souvent. Qu’elle couvre tout le territoire…Mais nous sommes diffusés que sur Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon et Aquitaine depuis peu. Et même si nous faisons quelques escapades dans le Cantal, en Provence, ce n’est pas dans nos missions principales. Car ces territoires sont couverts par d’autres antennes de France 3…certes en français !

Vous souhaiteriez plus de présence des locuteurs naturels, ceux qui ont une langue riche, parfaite, des choses à transmettre. Plus de chroniques liées à la langue, sur l’actualité culturelle, de l’humour, plus d’infos pratiques… Un meilleur niveau de langue en général avec des sujets tantôt traditionnels tantôt modernes, liées à l’actualité même si ce domaine est du ressort (non- exclusif) du journal occitan du samedi.

Enfin, preuve de votre attachement, vous déplorez la suppression du magazine lors de manifestations sportives, politiques et autres événements.

 E Ara ?

La réflexion se poursuit sur le nouveau Viure al País proposé à la rentrée. Plusieurs pistes sont à l’étude, plusieurs procédés d’enregistrement pour la partie présentation… Nous travaillons sur de nouvelles coproductions avec Piget pour remplacer les Còps d’ala. Nous allons aussi densifier le Blog occitan qui semble rallier tous les suffrages et autres encouragements.

Nous sommes attachés au Service Public et à ses missions. Certes, nos programmes ne sont pas interactifs, mais vos retours sont plus que nécessaires si nous voulons les faire évoluer et progresser. De tot aquò nos cal vos mercejar !

Vous pouvez consulter cette enquête ci-dessous. Merci à Vicenta Sanchez pour en avoir finalisé le contenu et les résultats.

Benoît Roux

 

 

29 Avr

L’Estivada s’en tòrna a Rodés

Dempuèi diluns, lo programa de l’Estivada es donc conegut. Aprèp una cuvada 2013 un pauc saquejada e ventolada, a donc calgut far ambe lo sistèma D o puslèu lo demèrda-te faiçon ÒC. E la ventòrla a talament bufat que tòrna portar lo festenal al còr de la ciutat, sus l’esplanada dels Rutèns per la scèna granda. E coma l’afica novèla es una flor de pissalièch, la grana se va portar un pauc de pertot : al musèu Soulages que serà lèu baptejat, a l’Ostal dels Joves e de la Cultura, a l’amfiteatre e quitament…a l’ostal de la comuna… Per far tornar lo cònse ? Mèfi al pollèn e als estornicals !

Donc alèra aquela programacion? Deja, i a un jorn de mens. L’Estivada se va pausar lo dimècres 23 de julhet e s’acabarà lo dissabte 26. Sens tròp de sòusses (un tèrç del budgèt de mens) a donc calgut comptar sus la solidaritat. Nadau vendrà donc estrenar sonses 40 ans de cançons e segurament que tot serà plen de pertot. Totjorn dins las locomotivas, lo Còr de la Plana s’en tòrna tanben, estant que poguèt pas cantar l’an passat. Luc Aussibal (lo « regional de l’etapa ») serà el tanben de la partida. S’ameritava ben l’empont bèl, el que tòrna amb una còla novèla encara mai ròck.

Teaser Estivada edicion 2013

E tomba plan. Que lo menut de 2014 serà encara mai ròck, punk, ska. Menat pels Goulamas’k que venon de sortir un disc novèl, auretz tanben Sonoloco un grop de Lemosin reconegut dins lo mitan Hard Ròck. Lo mème jorn, Papà Gahús vendrà far la pròva que Bigòrra es pas en rè sus aquela musica. Autant dire que lo dissabte, la clavadura de l’Estivada serà negra, brusenta e bolenganta !

Al menut de dabans, Xarnège, basques e biarneses, elses tanben amb una produccion novèla, Pythéas lo gròp de Lou Dàvi qu’èra ja vengut o los bretons al nom que fa enveja : Les Ramoneurs de Menhirs. L’espectacle se farà tanben per carrièra ambe un desfilat de bandas per l’inauguracion, la granda banda occitana de las Valadas (lo dijòus) e al musèu Soulages en debuta de jornada per de cartas blancas dedicadas a Pierre François, Marie Rouanet o encara lo projèct de Joan-Francés Tisner : NY’ÒC Trobadors. Sens oblidar de teatre. I aurà de que far. Sul siti de l’Estivada i a un « teaser » per vos far despacientar ambe l’edicion de l’an passat.

Aqui lo sicut qu’aviam fat dins lo jornalet al més de febrièr.


L’Estivada 2014 se prépare par france3midipyrenees

Coma dirián Patríc Roux e Lo Dalfin : sèm encara aicí. A mai de 20 ans, lo festenal demòra a Rodés. Mudada, menaçada, de còps que i a criticada e pas rancurosa ambe las colectivitats aveironesas, l’Estivada contunha son camin a Rodés, benlèu un jorn endacòm mai. Es ara pron bèla. L’essencial es de s’en passar pas!

Benaset Roux

22 Avr

VIRA-LENGA : Luce Bordenave

En cette fin d’hiver, le fauteuil rouge s’en est allé du côté du Béarn à Pau (64) pour voir si Henri IV était toujours là et si la langue se parlait toujours. On peut dire qu’elle va plutôt bien, portée par une jeunesse active et dynamique. Luce Bordenave nous donne un florilège des histoires qui lui ont permis d’accéder à cette langue maternelle qui ne lui pas été transmise par ses parents… C’est avec les poètes qu’elle s’est familiarisée, elle nous livre un poème de Joseph Joantauzy : « la Mancana » qui pour elle est le poème de la transmission. Elle nous chante un extrait de « la Sobirana » et s’amuse avec les proverbes au franc-parler bien béarnais ! Ne ratez pas « lo Joan-Peish », la légende du pic du Midi d’Ossau.


VIRA LENGA : « Luce Bordenave » par france3midipyrenees

La Vicenta

21 Avr

Alidé Sans : la jeunesse pleine de sens

A l’entendre et la voir chanter, on ne lui donnerai pas son âge : 21 ans. De la fraîcheur, de l’assurance, de la technique, de la personnalité. Alidé Sans ne devrait pas rester longtemps cantonnée dans sa vallée aranaise.

AlidéSansExpVerbauVoilà deux ans qu’elle chante. Mais elle baigne dans la musique depuis son plus jeune âge. Une mère professeur de musique et très vite, l’apprentissage du piano et bientôt d’autres instruments. Elle chante avec des rappeurs, fait un clip contre la violence faite aux femmes, joue avec des musiciens… A 19 ans, elle se lance vraiment, tenant souvent la scène en solo, avec sa guitare. Aujourd’hui son talent est en train d’éclore, comme une évidence.

C’était le cas à l’université Jean-Jaurès de Toulouse jeudi, à l’invitation de l’association étudiante OSCA, pour la semaine occitane. Pas facile de se produire sur un campus, le bruit, les étudiants étalés sur l’herbe… Quelques notes, le public est dans sa poche, s’arrête, écoute et danse. Un style spontané, immédiat, naturel, qui lui appartient, en toute liberté. De prime abord, les intonations, la voix et sa posture font penser à la chanteuse Nigériane Ayo. Dans son interview, elle se réclame de la Belge Selah Sue, de Nneka -une autre Nigériane- et de la Camerounaise Irma. Toutes multi-instrumentistes, où domine la guitare, aux champs musicaux étendus, aux voix aussi bien puissantes que sensibles.

Après le monde étudiant à midi, place aux occitans le soir à l’Ostal d’Occitània, toujours à Toulouse. Avec une acoustique bien meilleure, on a pu apprécier ses nuances de voix, son toucher de guitare très rythmique et sensible, profiter des textes et musiques qu’elle a écrits. Et quand elle reprend des classiques ( « Every little thing gonna be all right » de Bob Marley ou « Los Caulets »), elle s’empare du morceau, quitte à le déstructurer, comme pour le Se Canta, dans une version superbe et déconcertante.


Alidé Sans par france3midipyrenees     Reportage : Benoît Roux Eric Foissac Michel Blasco Ana-Luisa Ruppert Joel Eon

A Toulouse comme ailleurs, beaucoup l’auront découverte; bien plus voudront bientôt la voir. On a hâte d’écouter son premier disque enregistré prochainement à Barcelone et prévu à l’automne. Pas besoin d’être grand devin ou musicologue affûté pour dire que cette Aranaise va bientôt dépasser nos frontières. L’Occitanie a besoin de nouveaux talents comme celui d’Alidé Sans.

Benoît Roux

 

18 Avr

Robert Ménard, Béziers et l’occitan

Béziers : ville à la fois historique pour l’occitan et aujourd’hui l’une des plus vivaces en termes de structures et d’associations. Au soir du 30 mars quand les Biterrois ont désigné Robert Ménard comme maire, surgissent beaucoup d’inquiétudes et de questions sur le devenir de l’occitan.

Robert Ménard connaît bien Béziers, ville d’adoption après son départ de l’Algérie. Il y a créé « Radio Pomarède » et « Le Petit Biterrois ». C’était sa période extrême gauche. Aujourd’hui il a rejoint l’autre extrême. S’affichant à « Manif pour Tous » et partisan déclaré de la peine de mort.

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copyright  : SYLVAIN THOMAS / AFP

S’il n’est pas encarté au Front National, il a été soutenu par le parti de Marine le Pen (FN), par le  Rassemblement Pour la France (RPF) de Christian Vanneste, le Mouvement Pour la France (MPF) de Philippe de Villiers et Debout La République (DLR) de  Nicolas Dupont-Aignan. Des personnes et des partis farouchement opposés aux langues régionales, et qui s’en servent parfois pour les enfermer dans des replis identitaires et passéistes.

Robert Ménard est fier d’avoir redonné à sa ville son blason traditionnel.

 

Robert Ménard, on ne vous a pas entendu durant la campagne ni depuis votre élection vous prononcer sur l’occitan. Qu’est-ce que ce mot vous évoque ?

Robert Ménard (RM) : c’est d’abord ma jeunesse et les luttes avec Claude Marti, Yves Rouquette. Durant ma campagne j’ai insisté sur ces racines…

Vous faites souvent référence aux racines, aux traditions. Mais l’occitan est bien vivant aujourd’hui ?

RM : Mais je défends les calandretas. Penser ma ville sans la qualification d’occitane serait une contre-vérité historique et une bêtise contemporaine.

Le CIRDOC est l’institution la plus représentative. 65% de son financement vient de la région Languedoc-Roussillon, 25 % de la ville de Béziers, soit 200 000 euros. Allez-vous continuer à aider le CIRDOC ?

RM : Ils font du bon travail et je poursuivrai ce qui a été entrepris par la municipalité sortante. Mais je ne sais pas si la subvention sera à l’identique. Vous savez, Béziers est rentrée dans le réseau d’alerte. Nous sommes la 4ème ville la plus pauvre de France. 62 % des habitants ne paient pas d’impôts et j’ai promis de les baisser.

Mais je peux vous dire que nous avons voté cette semaine le fait que les 2 groupes d’oppositions (PS et UMP) auront désormais un représentant au CIRDOC. Avant, seul siégeait un représentant de la majorité.

Béziers a cette particularité d’avoir 3 calandretas. Elles ont un bail emphytéotique avec la mairie pour les locaux. Etes-vous favorable à cet enseignement et allez-vous les aider ?

RM : Durant ma campagne, j’ai rencontré les dirigeants de calandreta. Pour moi, un enseignement est un enseignement. Privées ou publiques, des écoles sont des écoles. J’aiderai les calandretas

Et le centre Aprene qui forme les futurs enseignants des écoles immersives et qui sont subventionnés par la mairie ?

RM : Je ne connais pas encore ce centre. Je ne peux pas vous dire ce que je ferai avec eux.

Béziers a aussi sa féria avec un village occitan, la Fèsta d’òc qui est un événement porté par la ville. Allez-vous poursuivre ces manifestations ?

RM : Je crois que Béziers a trop de choses qui n’ont pas assez d’impact. Il faut faire moins de choses mais plus visibles, avec plus de répercussions. Pour la Féria, j’aime et je défends la corrida. Mais il faut lui redonner une dimension plus locale, sortir de la boîte de nuit à ciel ouvert…

Par exemple ?

RM : il y a de moins en moins de peñas. Mais on peut relancer aussi le pèlerinage de la vierge. Et je ne dis pas ça en tant que chrétien.

Béziers a aussi un carnaval qui vient de fêter ses 30 ans ?

RM : Ici comme pour le reste, il faut se démarquer, cultiver les différences. Tout le travail sur les animaux totémiques est intéressant. Ce devrait être systématique.

Et la Fèsta d’òc ?

RM : Il faut faire des choses. Il y aura de l’occitan dans certaines manifestations. Mais pas de communautarisme, je déteste ça.

Vous avez des envies particulières en termes de programmation ?

RM : Je ne fais pas de la politique pour moi. Mes goûts n’ont pas à intervenir…

Il n’y aura pas un élu chargé de l’occitan ?

RM : Non, mais chaque secteur (enseignement, culture) pourra intégrer de l’occitan.

Vous avez été soutenu par des partis très jacobins (FN, RPF, MPF, DLR…) qui sont des adversaires avérés des langues régionales. Vous allez donc vous démarquer de leur idéologie sur ce terrain là ?

RM : Ce n’est pas moi qui doit les suivre ou pas. Ils ont signé mon programme et m’ont soutenu en connaissance de cause. C’est eux qui m’ont rejoint.

Si vous aviez été député, vous auriez voté la proposition de loi visant à ratifier la charte européenne des langues minoritaires ?

RM : Je ne répondrai pas à cette question. Je ne fais pas de politique nationale. Je fais de la politique pour Béziers.

Entretien : Benoît Roux

16 Avr

Lo plaser d’un jornalista occitan

Si j’ai choisi ce métier de journaliste, c’est justement pour ça : apprendre, rencontrer, découvrir et partager.

Des rencontres de prime abord professionnelles souvent préméditées, calées, rapides, intéressantes mais frustrantes…Mais parfois quelques « splendides hasards ». Des moments suspendus, hors du temps, qui ne sont plus d’ordre professionnel mais qui touchent l’humain. Olivier Courthiade est de cette veine-là.

Olivier, c’était un élément parmi d’autres dans mon petit dossier de personnages, occitan ou pas, en prévision de tournages, au cas où. Quelques noms enfouis, presqu’en sommeil, au fond de ma mémoire. Il est ressurgi de manière inattendue.

Les_Deux_Pianos_515fdcc71a4a9Au cours d’un tournage à la faculté du Mirail, une étudiante -Alice Traisnel- me parle de ses collectages en Ariège, d’un spécialiste de la traction animale. Un type super :Olivier Courthiade… Courthiade? Ce nom me dit quelque chose…Ah tiens oui, j’ai un dossier. Ah oui, pas mal ! Et donc il parle occitan…Vite fait, quelques mots tapés sur Google. Ben dis-donc, pas méconnu le garçon, et pas du tout oublié des écrans non plus. Mais bon, je l’appelle. « E se vòs venir n’as pas qu’a vengue ! ». Une entrée en matière succincte mais efficace!

J’ai toujours pour habitude d’aller préparer mes reportages sur le terrain, discuter de vive voix, sentir des choses tout seul, sans caméra. Et là, voilà t-il pas que le jour du repérage, j’apprends -toujours grâce à Alice- qu’Olivier a décidé de ferrer des bœufs… J’ai beau être fils de paysans, je pense de suite à une blague. Ferrer des bœufs en 2014 ? Allez, à d’autres ! L’hameçon est trop gros pour que j’y ferre! Mais bon, vérification de l’information. Un vieux principe. Je rappelle l’intéressé, qui rigole : « Òc ben, nos arriba sovent açi ! ». Bon, va pour les bœufs. Mais alors, il ne faut pas que je parte seul. Je ne verrai pas ça tous les jours, ni le téléspectateur. Il me faut absolument trouver un cameraman… Miracle, il y en a qui est dispo, car son rédacteur est malade. Et nous voilà partis. Arrivés sur le pouce à la ferme de Méras à Nescus (Ariège), les civilités commencent par un repas. Pas trop le temps de discuter. La table est pleine avec ceux qu’Olivier a rencontrés, aidés, remis sur pieds et qui donc se sont posés un moment dans cette ferme vieille de plusieurs siècles. Alice m’avait dit que j’avais de la chance « L’Olivièr es un mèstre de la padena ». Me damne, efectivament. Aquò nòl de pertot ! Mais pas le temps de s’endormir sur le rostit. Le propriétaire des bœufs est là avec son camion. Olivier qui les a en pension per los dondar va les chercher et les embarque.

Grande première pour moi mais aussi pour le maréchal ferrant ! Je pense qu’il s’en souviendra lui aussi. Il a travaillé à Saumur. Pauròt ! Heureusement que le métier à bœufs est solide. Mais bon, Olivièr ten la cordèla e aquò’s pas lo moment de l’embestiar ! Mes questions attendront et mon repérage aussi. En tot cas lo « feeling » es bon. Rendez-vous dans trois jours avec l’équipe de France 3.

Et ce premier jour où nous allons de découvertes en découvertes. Un peu déconcertés et avides de voir le reste. La matière est partout. Et Olivier ne demande qu’à la transmettre. Amb son biais, sa sensibilitat, de retenguda tanben… Petit à petit, tout se dessine. Les séquences, les idées. Et puis tous ces gafets qui sont avec lui, des accidentés du cœur, de la tête qui ont enfin trouvé de la compréhension et un refuge. D’habitude pour les portraits, je n’aime pas trop faire parler les proches, les amis, la famille. Ca manque souvent de recul et d’originalité. Là je tente une première interview. Les réponses succinctes précises et sans concession d’Elvire m’incitent à m’aventurer pour une deuxième. Même miracle avec Antoine : « C’est pas facile de trouver une place dans le monde. A Méras tu sais que tu as une place. On peut être méchant, un peu con même. Olivier comprend et nous aide quoi qu’il arrive… ». Tout est dit.

s1906201351c177a219f3aLe soir, aprèp s’èsser congostat de la bòlas de picolats de l’Olivièr, on tcharre, évidemment… De la vie, de ces rencontres, de musique bien sûr, des gafets qui viennent et repartent de la ferme de Méras, du parcours d’Olivier qui aurait voulu être danseur… De cette vie pas toujours choisie mais extraordinaire qu’il a menée. « Tèn, se vòs, ai escrit tot aquò dins un roman : les deux pianos… Legiràs. » E un risolet al coet de las pòtas : « me diràs d’aprèp tu qu’un es lo personatge qu’es per ieu lo pus important, lo pus car… ».

Et moi qui suit un grand mélomane mais piètre lecteur me voilà le lendemain les yeux en berne, estabosit e plan content de tot çò que m’èri engolat duscas a punta d’alba

Oui ce type est extraordinaire de bienveillance, de bonté, de savoir-faire et de sensibilité. A lo biais coma se dis,tant de chose à transmettre, tant de domaines où il excelle. Et de reparler la langue d’òc à ré-ouvert des fenêtres sensibles

Le reste? Il faut le découvrir dans ce reportage de 16 minutes, format inhabituel pour personnage hors normes.

Il sera diffusé dimanche 20 avril dans Viure al pais.

Comprendretz melhor per de que vos quiti cada còp en disent « AL PLASER! »

 

Benoît Roux


Olivier Courthiade par france3midipyrenees

11 Avr

De musica

Oxford Trobadors

Ils chantent avec sérieux, conviction, et un brin de perfidie les troubadours et des œuvres contemporaines. Les Oxford Trobadors voient le jour en 1998. Avec des influences classique, rock, jazz, folk, ils revisitent avec des arrangements originaux les chants occitans du Moyen-Age, des chansons modernes.

« Lo boièr » The Oxford Trobadors at the Holywell Music Room

Tout est parti de la Dordogne et d’un concert en 1978 de « Peiraguda » à Sarlat. « C’était pure magie d’entendre ce groupe très vivant et talentueux… » selon Denis Noble, fondateur du groupe. « J’ai acheté l’enregistrement vinyle de leurs chansons. Puis à la maison, j’ai commencé à apprendre les chansons, à les interpréter. C’était aussi un moyen efficace pour apprendre moi-même la langue. » Car évidemment, ces anglais chantent en VO, et potentially en italien, espagnol, portugais, du Peire Vidal, Marcabru, Bernat de Ventadorn, Jaufre Rudel. Sans oublier « Peiraguda » évidemment et « Nadau ».  Dimanche, ils seront at home (Oxford) pour un concert.

« Los de qui cau » The Oxford Trobadors at the Holywell Music Room

 Dédé cap aus sorelhs

Il a un nom de prêt à porter mais ses chroniques ne sont jamais cousues de fil blanc. Un tantinet décousues même…

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« Erudit Doudam » André Manoukian France Inter

Dédé (indispensable pour la couture !) alias André Manoukian a d’abord été le pygmalion de Liane Foly, puis la référence philosophique et littéraire de « La Nouvelle Star ». Désormais il apporte son élégance haute couture à France Inter, notamment pour des chroniques musicales « Erudit Doudam » le matin à 7H24. Et Jeudi c’était « Vox Bigerri » et leur dernier disque « Cap aus sorelhs ». Un rayon de soleil qui se lève sur la radio publique pour un groupe occitan, à une heure de grande écoute… On était donc tout ouïe.

Mais on a connu le Dédé plus en forme : borderline, avec des citations improbables et arrangées, des glissements érotiques… Jeudi, c’était un bel éloge du disque où seul à transpiré « Une vierge chantée ici et incarnée comme par les peintres du quattrocento qui prenaient pour modèle des paysannes lombardes terriblement belles et sexuelles… ! ». Pas de quoi choquer un troubadours à Oxford. Il a quand même réussi à faire trébucher le toujours impeccable et mesuré Pat Co qui s’est hasardé à prononcer le titre : « Vous avez un super accent occitan gascon Patrick ! ». Erudit on vous dit.

 

Il n’était pas mardi dernier dans la « Grande Battle » de France 2 mais bel et bien sur France 3. Notre confrère Stéphane « André » Ratinaud « Manoukian » aux références lui aussi littéraires et au verbe facile est allé rencontrer « Joanda » dans sa ville à Béziers. Un peu de musique et un retour aux racines pour changer de l’actualité politique. Et cette interrogation : « Est-il facile d’être un troubadour ? ». Sans doute plus à Oxford qu’à Béziers !

A quelques portées de voix, à Puisserguier, le très boulegant et politique « Goulamas’K » sort demain son album live « Ràbia e poësia ». Demain c’est la fèsta à Puisserguier.

Benoît Roux

09 Avr

Un pauc de politica

Politica nacionala

Manuel Valls a fait hier son discours de politique générale. Le Premier ministre a annoncé la réduction de moitié des régions dès 2017 et la suppression plus tard des conseils départementaux. Rien en revanche sur un dossier repris et porté par son prédécesseur Jean-Marc Ayrault : celui de la ratification de la charte européenne des langues régionales. Le président de la commission des lois (Jean-Jacques Urvoas) qui a défendu ce dossier à l’Assemblée Nationale n’en sait guère plus. Selon son collaborateur Alain Tanguy, le gouvernement devrait bien reprendre à son compte la proposition de loi votée le 28 janvier dernier. Le texte repris à l’identique deviendrait donc un projet de loi examiné en premier au Sénat. Mais pas de calendrier précis pour l’instant. On sait aussi que le Sénat a perdu un ardent défenseur des langues régionales en la personne de son président Jean-Pierre Bel. Un sénat qui risque aussi de perdre sa majorité de gauche. « Pas grave, selon Alain Tanguy car le dernier mot revient à l’Assemblée Nationale. Mais abandonner ce dossier serait une faute politique ».

Soit, mais on attend confirmation. Pas plus de nouvelles côté Ministère de la culture où Aurélie Filippetti a été reconduite. Ce qui l’attend : une loi cadre et des propositions concrètes pour les langues régionales, ainsi que l’Office Public pour la Langue Occitane.

 

Eleccions europencas

Le 25 mai, nous voterons pour les européennes. 8 circonscriptions (avec l’Outre-Mer), 1 seul scrutin avec liste bloquée et représentation proportionnelle pour élire 74 députés.

François Alfonsi, député européen sortant élu avec le groupe EELV a décidé de présenter sa propre liste pour la circonscription Sud-Est. Pour le Sud-Ouest où il s’agira d’élire 10 eurodéputés, un collectif « Occitans, Basques et Catalans pour une Europe des peuples »  vient de se monter. Ils appellent tous les indépendantistes à les rejoindre, en dehors de tous les partis français déjà constitués. D’ici fin avril, ils comptent bien déposer une liste avec 20 noms. On y retrouve Jean-Pierre Hilaire (Aquitaine), Stéphanie Girard (Corse et Languedoc-Roussillon), Michel Gravier et Martine Gros (Languedoc-Roussillon), Jérôme Piques (Midi-Pyrénées). Un Catalan se serait aussi porté candidat. Mais pas de Basque car une telle liste existe déjà là-bas. La tête de liste pourrait être une femme. Selon Michel Gravier, « la liste est ouverte et nous soutenons celle de François Alfonsi pour le Sud-Est ».

sondage-60-des-catalans-en-faveur-de-l-independance_402702_516x343Referendum en Catalonha

Notre Premier Ministre –pr’aquò sortit de Catalonha- s’était dit inquiet par le référendum catalan d’autodétermination.

Le 26 mars, le Tribunal Constitutionnel espagnol (l’équivalent du Conseil Constitutionnel en France) a déclaré illégal ce projet déjà rejeté par le gouvernement madrilène.

Hier, le Parlement régional catalan avait fait la demande que lui soit transférée la compétence pour organiser cette consultation. Demande refusée après sept heures de débat par les députés espagnols : 299 voix contre, 47 pour et 1 abstention.

Le chef du gouvernement catalan, le nationaliste Artur Mas, est déterminé malgré tout à organiser ce référendum le 9 novembre 2014 avec un double questionnement : « Voulez-vous que la Catalogne soit un État », et si oui : « Voulez-vous que cet État soit indépendant ? »

Benoît Roux

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