23 Déc

CÒP D’ALA épisode 7 : Lo vilatge eclesial, lo vilatge castral – d’Amic Bedel et Pierre Brun

« Còp d’ala », pourrait se traduire en français par « À tire d’aile ».  Nous vous invitons à partir à la découverte de l’Occitanie, mais vue du ciel. Nous vous proposons de monter sur le dos de notre oiseau pour plonger dans l’histoire des territoires, des villes et des villages de l’Occitanie. Le septième épisode de notre série nous emmène survoler les villages audois construits en cercle : « los vilatges redonds » situés dans le Razès. De village ecclésial en village castral, nous volerons ainsi au dessus de Donazac, Alaigne, Loupian, Villeneuve-lès-Montréal et la Digne-d’Aval dans l’Aude.


CÒP D’ALA : Lo vilatge eclesial, lo vilatge… par france3midipyrenees

La Vicenta

21 Déc

Une télé en occitan est née

Voilà, c’est fait. Les Occitans ont donc leur télé depuis hier soir 20 heures. OcTele  a réussi son lancement et la chaîne est désormais en orbite autour de planète Occitanie, tous les jours sur Web de 18h30 à 22h30. Retour sur cette journée, qualifiée par certains d’historique.

séquence interview avec Laurenç Labadie sur le premier plateau du Show d'OcTélé © Clément Alet

séquence interview avec Laurenç Labadie sur le premier plateau du Show d’OcTélé © Clément Alet

15h45 : Dans un recoin du conseil régional de Bordeaux, l’équipe technique est déjà en place. Le plateau est monté mais les lumières ne sont pas encore installées. Une petite dizaine de techniciens s’affaire. Les moelleux mais néanmoins larges sièges du conseil régional sont déjà disposés en U sur le premier plateau du premier Talk-Show occitan. Il va y avoir du monde dans cette émission.

 

15h50 : Vincenç Clavery sort de l’ombre. Salutacions occitanas… L’animateur du Talk a le teint bien pâle me semble-t-il. « N’ei pas jamei fait de television. N’ei enveja mas tot aquò es un pauc irreal ». A 4 heures du direct, je sens beaucoup d’appréhension dans les yeux de Vincenç. Il a peur, c’est évident.

 

16h10 : Le duo de choc formé par Lionel Buanic le patron breton d’Oc tele et son acolyte occitan Stéphane Valentin débarque en grosse forme sur le plateau. « Mais c’est génial ! ». Lionel Buanic est un homme orchestre aux chaussures pointues et à la chemise bleu ciel toujours nickel. Il dégage une énergie assez stupéfiante et en moins de 20 secondes, il vous renverse la vapeur. Sauf que pour renverser celle de Vincent, il va devoir s’accrocher.

 

17h : première répétitions, premiers déplacements. Lionel « coache » Vincent qui tente de lire ses fiches sans les lire et d’assurer un premier plateau de présentation sans vaciller. « Tu y es Vincent, tu y es… regardes bien la caméra surtout ». Finalement Vincenç commence la détente. Il sourit et Lionel aussi.

 

17h10 : Interview de Lionel Buanic, fondateur de Brezhoweb et directeur d’Oc tele: « Le but c’est vraiment d’associer tous ceux qui ont envie de faire de la télévision en occitan de manière extrêmement professionnelle. Il y a des gens qui le font très bien comme DETZ à Toulouse ou des gens comme Comta’m qui font du doublage et qui ont déjà 300 heures de programmes qu’on va largement diffuser sur Oc tele. Et puis il y a des gens qui depuis 4, 5, 6 mois nous envoient des dossiers. Certains parlent occitan, d’autres ne parlent pas mais ont envie de faire des choses dans cette langue. Ce qui est intéressant, c’est de voir qu’aujourd’hui il y a des talents qui émergent de partout et qu’il va falloir mettre ces talents ensemble ».

Dià. Mais c’est le monde des Potonors…

 

17h30 : coup d’œil sur le conducteur du Talk-show de ce soir qui est donc intitulé : « L’occitan, lenga viva o lenga mòrta ? » (la réponse est la question)

Les invités de ce soir seront donc : David Grosclaude, Guilhèm Latrubesse, Jean-Jacques Casteret, Lucie Albert, Jean-Luc Lagrave, Monique Burg, Laurent Labadie, (reprendre ici sa respiration)  Jean-Brice Brana, Patrick Lavaud, La manufacture Verbale, les calandrons de Pessac e doas cronicairas. Ce qui nous fait donc 9 minutes par invité.

 

18h30 : David Grosclaude sort de l’Amassada qui se tenait au même moment dans la plénière  pour répondre à nos questions. Bon, tout d’abord parlons moneda. Quel est LE budget de cette Télé ?  50.000 euros du Conseil Régional d’Aquitaine, autant du Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques, autant encore de la région Midi-Pyrénées, autant encore emporte le vent de la Région Languedoc-Roussillon. 20.000 euros de la Dordogne. On arrive donc à 250.000 euros, à quelques milliers d’euros près. Objectif pour 2016 : 400.000 euros.

Question à David Grosclaude, conseiller régional d’Aquitaine en charge de la culture et la langue : le jour où les collectivités décident de ne plus financer Oc tele, que se passe-t-il ?

Réponse : « Il se passe ce qui se passe pour l’audiovisuel public dans ce pays. Le jour où la puissance publique ne fait plus son travail, l’audiovisuel est en danger. Donc à partir du moment où une région décide faire quelque chose, elle le fait. Et si elle le peut elle va plus loin. Je souhaite que les régions aient plus de pouvoir et je souhaite qu’on puisse enfin faire dans ce pays une télévision régionale et moi je suis plutôt amateur de service public parce qu’on paie tous des redevances donc on va trouver un moyen de faire se croiser les compétences en occitan dans le public et le privé. En tout cas, faire en sorte qu’on offre au public des productions en occitan de qualité professionnelle».

Ca, c’est dit. Sentisses pas lo rostit ?

 

19h30 : lo manja-dreit s’acaba. Les Calandrons de Pessac, parrains d’Oc tele, sont arrivés.

Vincenç relit encore ses fiches. Les invités arrivent au niveau du plateau. C’est l’heure du maquillage. Lionel Buanic court à peu près dans tous les sens et s’adresse à son réalisateur en breton. (Je ne comprends rien. C’est dur à l’oreille le breton quand même.)

 

 

Public venu assister à la première émission en direct sur OcTele - le 20 décembre 2013 depuis les salons du COnseil régional à Bordeaux © Clément Alet

Public venu assister à la première émission en direct sur OcTele – le 20 décembre 2013 depuis les salons du COnseil régional à Bordeaux © Clément Alet

20h : le public arrive enfin pour assister à cette grande première. Anne-Marie Poggio, que je croise tout juste à ce moment-là, me confie : « crèsi qu’amb’aquèla cadena, l’occitan dintra dins la normalitat… »

Il n’y a pas assez de chaises pour accueillir tout le monde. Jeremie Obispo rajoute alors des chaises. « On va faire un filage avec les enfants à 20h15 ! » lance Lionel Buanic en chauffeur de salle totalement survolté.

 

à quelques minute du direct, Lionel Buanic chauffe le public et donne les dernière recommandations © Clément Alet

à quelques minute du direct, Lionel Buanic chauffe le public et donne les dernière recommandations © Clément Alet

20h15 : « On va faire un filage avec les enfants à 20h25 ! » relance Lionel Buanic, à peine plus excité.

 

20h25 : On file.

 

20h29 : Lionel Buanic est à la manœuvre. Sans porte-voix et sans horloge, il décompte en français jusqu’à quatre. Sans le lui avoir demandé, le public continue spontanément en occitan : tres, dus… un !

 

20h30 : D’Oc Show must go on.

 

le réalisateur du D'OC SHOW en régie lors de la première émission en direct d'OcTele - © Clément Alet

le réalisateur du D’OC SHOW en régie lors de la première émission en direct d’OcTele – © Clément Alet

Clément Alet

19 Déc

Estudiants del Miralh : OSCA!

 

osca_2La facultat del Miralh aviá ja son siti bilingüe occitan/francés (de fintar lo nòstre pòst del 2 d’octobre), aqui qu’a tanben dempuèi aièr una associacion d’estudiants que se sonarà : OSCA !

Dimècres, èran un bon vintenat en licéncia de letra, master e doctorat de la facultat tolosenca a s’acampar per decidir del nom e de çò que volrián far. Ne son arribats a OSCA, una associacion d’estudiants, mas dubèrta a totes. Pas de president, ni mai de responsable designat mas l’enveja de far conéisser l’occitan a la facultat.

 

E los projèctes mancan pas.

Fa un an qu’un talhèr de danças tradicionalas vira plan coma cal. Va contunhar e far saure qu’es aqui. De d’aprèp, un acamp mesadièr va permetre de caminar. A començar al dintre de la fac que l’occitan i es pas plan visible e quitament de còps que i a tirat de las afichas o del pauc de senhalitica occitana presenta.

De d’aprèp, se parla de repais a l’Estanquet (un bar occitan) de Tolosa per partajar e escambiar. D’un festenal sus una setmana (en abrial ?) coma s’en fasiá un a Pau (« A Pau qu’ei e qu’ei a Pau »). E per de que pas un blòg de l’associacion…

Aprèp un brave moment de sòm dempuèi que lo MED’OC exista pas mai a Tolosa, veire venir una associacion estudianta numerosa e plena de vam es una plan bona causa. OSCA per eles !

osca

Benoît Roux

 

18 Déc

CÒP D’ALA épisode 6 : Lo castèl Nau «Larresingla» – d’Amic Bedel et Pierre Brun

« Còp d’ala », pourrait se traduire en français par « À tire d’aile ».  Nous vous invitons à partir à la découverte de l’Occitanie, mais vue du ciel. Nous vous proposons de monter sur le dos de notre oiseau pour plonger dans l’histoire des territoires, des villes et des villages de l’Occitanie. Le sixième épisode de notre série nous emmène dans le Gers à Larresingle. En 1011, Hugues, neveu du Duc de Gascogne et abbé de St-Pierre-de-Codom, devient évêque d’Agen. Il donne à son ancien monastère ses terres de Larresingle. Contre d’éventuelles agitations, les abbés désirent se réfugier dans un lieu sûr. Autour d’un demi-hectare on creuse un fossé large de 10 mètres, on élève des remparts qu’on perce de 17 meurtrières. 250 personnes vivent à l’intérieur. Avec ses tours, l’enceinte en chemin de ronde, n’a pas de point faible. Les maisons renforcent la muraille et leur disposition font apparaître une rue unique circulaire. A l’image du petit groupe humain qui se protège, la petite forteresse gasconne est conçue pour se défendre elle-même. Elle est LE village fortifié. Larresingle en vallée d’Osse est un exemple exceptionnel de Castelnau, qui a résisté au temps et que vous survolerez dans cet épisode, avec délectation.


CÒP D’ALA : Lo castèl Nau « Larresingla » par france3midipyrenees

La Vicenta

17 Déc

Charte européenne : ça se précise…

L’annonce du Premier Ministre vendredi dernier comme quoi le processus de ratification de la charte européenne des langues régionales était relancé en a surpris plus d’un, y compris chez les défenseurs de ces langues. Quelques précisions s’imposent, de la voix même de celui qui sera le rapporteur de la loi discuté le 22 janvier : Jean-Jacques Urvoas.

Audition de Manuel Valls a l Assemblee Nationale

 Jean-Jacques Urvoas © MaxPPP

Una prepausicion de lèi constitucionala (PLC)

Fin octobre, le groupe Vert de l’Assemblée Nationale puis la semaine dernière les groupes Socialiste, Radical et enfin UDI ont déposé une proposition de Loi constitutionnelle. Elle tient en quelques lignes et c’est la même. « Il s’agit d’ajouter un article 53-3 à l’article 53-2 de la constitution  » selon Jean-Jacques Urvoas.

Art. 53-3. – La République peut ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires adoptée à Strasbourg le 5 novembre 1992, complétée par sa déclaration interprétative. 

Ainsi la ratification sera rendue possible et le Conseil Constitutionnel n’aura plus d’emprise. L’article est simple, un peu sur le modèle de ce qui avait été fait par le sénateur Roland Courteau pour protéger la signalétique bilingue à l’entrée des villes après l’épisode de Villeneuve-lès-Maguelone. Mais ce n’était pas une proposition de loi constitutionnelle.

La PLC sera donc débattue le 22 janvier. Elle ira ensuite au sénat. « Il n’y a aucun risque d’enlisement entre l’Assemblée et le Sénat car nous avons le soutien du gouvernement » toujours selon Jean-Jacques Urvoas.

Incident de seance a l Assemblee Nationale

Assemblée Nationale © MaxPPP

Alors pourquoi une annonce aussi tardive alors que la proposition 56 de François Hollande avait du plomb dans l’aile ?

« Jean-Marc Ayrault a toujours été constant, dans l’opposition comme dans la majorité. Il est favorable à une ratification. Il attendait le moment opportun pour le réaffirmer. Le contexte breton s’y prêtait bien » selon le député du Finistère. « Le gouvernement veut prendre le parlement au pied de la lettre. Il y a des défenseurs des langues régionales. Il faut désormais un vote. »

 E ara ?

Jean-Jacques Urvoas confirme que l’adoption définitive d’une PLC passe obligatoirement par un référendum demandé par le Président de la République et non par la convocation du Congrès et un vote à la majorité des 3/5. Ce qui serait une grande première mais aussi un risque sur l’issue de la procédure. Un plan B existe : « nous espérons que le débat à l’Assemblée Nationale débloque les anxiétés. Que l’on fasse la preuve qu’il y a bien une large majorité sur ce sujet. Si c’est le cas, nous n’excluons pas de faire alors un Projet de loi sur la question. ».

Auquel cas, il faudra alors une majorité des 3/5 au Congrès… Donc difficile d’avoir une idée précise de la date de ratification de la charte. Si elle intervient, ce seront bien les 39 articles (sur les 98 que compte le texte) signés par la France le 7 mai 99 qui seront applicables. En cas de ratification, il faudra ensuite une loi cadre pour leur donner un statut, des lois pour protéger et développer ces langues.  « Ce sera la Ministre Aurélie Filippetti qui reprendra le dossier. Le comité consultatif qu’elle a mis en place n’a pas travaillé pour rien. » Un rapporteur de la loi plus que jamais confiant : « Le contexte est favorable. Si on ne réussit pas maintenant, on ne réussira jamais. »

Ce mardi 17 décembre à 17H, le groupe d’Etudes des Langues Régionales de L’Assemblée Nationale se réunira.

Histoire de préparer le terrain d’un processus qui ne sera pas un long fleuve tranquille.

Benoît Roux

 

 

CÒP D’ALA épisode 5 : La vilòta eclesiala «Bram» – d’Amic Bedel et Pierre Brun

« Còp d’ala », pourrait se traduire en français par « À tire d’aile ». Avec série, nous vous invitons à partir à la découverte de l’Occitanie, mais vue du ciel. Dans ce cinquième épisode, l’exemple d’un village ecclésial. Bram dans l’Aude est certainement le village circulaire le mieux conservé d’Europe. Un enclos ecclésial qui apparaît autour de l’an mil, en pleine « paix de Dieu » où comment l’église « offre » sa divine protection en jugulant les exactions commises par certains seigneurs locaux.


CÒP D’ALA : La vilòta eclesiala « Bram » par france3midipyrenees

La Vicenta

14 Déc

Charte européenne, le phénix des langues régionales

On pensait le projet enterré, carbonisé, voilà qu’il renaît de ses cendres : OUI la ratification de la Charte Européenne des langues régionales sera inscrite à l’ordre du jour prioritaire de l’Assemblée Nationale en janvier.

 Una lèi a l’Amassada Nacionala a l’entorn del 20 de genièr

 « Le moment est venu, chacun prendra ses responsabilités. Je crois que c’est possible d’obtenir cette majorité large pour permettre de ratifier la charte européenne des langues régionales. En tous cas, le gouvernement apportera son soutien total à cette proposition de loi. Vous pouvez compter sur nous ! » a déclaré Jean-Marc Ayrault venu signer un Pacte d’avenir pour la Bretagne à Rennes.

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© Photo AFP

Une Proposition de Loi Constitutionnelle (PLC) a été déposée le 10 décembre par Bruno Le Roux et Jean-Jacques Urvoas. Elle devrait être discutée à l’Assemblée Nationale autour du 20 janvier, durant la semaine d’initiative parlementaire du groupe socialiste.

Une annonce surprise qui faite suite aux revendications des défenseurs de ces langues et exprimées encore récemment lors des manifestations bretonnes. « Nous nous félicitons de cette initiative que nous demandons depuis des années, déclare Davis Grosclaude président du Partit Occitan. Nous savons aussi les difficultés qui restent encore à surmonter pour que cet article soit ajouté à la loi fondamentale. »

 Lo camin serà long

Un processus initié voilà presque 15 ans lorsque Pierre Moscovici -alors ministre délégué chargé des affaires européennes- a signé ce texte en mai 1999. Mais depuis, pas de ratification et donc pas d’application de ce texte. La France est un des rares pays à refuser cette ratification qui est désormais obligatoire pour toute nouvelle adhésion à l’Union Européenne. Mais Jacques Chirac avait enterré le projet, Nicolas Sarkozy s’était refusé à le rouvrir et François Hollande en avait fait sa proposition 56. Après différents imbroglio administratifs et constitutionnels, on ne donnait pas cher de cette ratification. Car elle suppose une révision constitutionnelle et une majorité des trois cinquièmes au Parlement. A moins que…

 Prepausicion de lèi e Projèct de lei es pas la mèma causa

C’est une Proposition de Loi Constitutionnelle qui a été déposé par les 2 députés socialistes. Si elle est adopté par l’Assemblée Nationale et le Sénat, elle permettra d’ajouter à la constitution un article rendant possible la ratification. Selon l’article 89 de la constitution, une proposition de loi constitutionnelle suit le même parcours qu’un projet de loi. Mais son adoption définitive passe par un référendum. Elle n’est pas soumise au Congrès (les 2 assemblées réunies) comme pour un projet de loi venant de l’exécutif. Une manière de contourner l’obligation de majorité qualifiée (3/5) quasi introuvable au Parlement sur ce sujet.

Neb a fell, hennez a c’hell, quand volèm, podèm !

Jean-Marc Ayrault a terminé son discours en breton : « Quand on veut on peut ! ». L’avenir nous dira s’il s’agit d’un énième épisode fumeux de cette saga inextinguible ou si les langues et cultures régionales disposeront enfin d’un statut légal en France.

Benoît Roux

13 Déc

CÒP D’ALA épisode 4 : La Salvetat – d’Amic Bedel et Pierre Brun

« Còp d’ala », pourrait se traduire en français par « À tire d’aile ». Avec cette série, nous vous invitons à partir à la découverte de l’Occitanie, mais vue du ciel. Nous vous proposons de monter sur le dos de notre oiseau pour plonger dans l’histoire des territoires, des villes et des villages de l’Occitanie. Dans ce quatrième épisode, nous en apprendrons plus sur la  création des « Salvetats », ces cités rurales créées en Occitanie entre les 11e et 12e  siècles à l’initiative de l’Eglise dans le cadre de la Paix de Dieu. Pour vous raconter cette histoire, notre oiseau a choisi de survoler la Salvetat-sur-Agout, dans l’Hérault.


CÒP D’ALA : La Salvetat par france3midipyrenees

La Vicenta

09 Déc

OcTélé : J-10

La révolution occitane aura donc lieu dans 10 jours. Plus que 10 jours à attendre. 10 jours d’intense suspense avant de pouvoir enfin regarder ce que les Occitans attendent tous : « la première télé 100% occitane ».  Rien de moins.

Le 20 décembre à 20h, les premières images de cette nouvelle chaîne vont donc faire leur apparition sur les écrans… d’ordinateurs. Octélé est en fait une Web Télé qui va diffuser près de 4 heures de programmes occitans via l’internet, tous les jours de 18h30 à 22h30, à l’image de ce qui existe déjà en Bretagne avec Brezhoweb.

Du Talk, du show, de l’info politique… du dessin animé : voilà pour l’instant tout ce que l’on sait sur le contenu de la future chaîne « pour tous les goûts ». La grille des programmes n’est pas totalement fixée mais on connait déjà l’invité de la première émission qui sera enregistrée depuis les locaux du Conseil Général à Pau dans la matinée du 20 décembre. Le président de département des Pyrénées Atlantiques Georges Labazée sera en « Cara a Cara », nom de l’émission qui signifie tête à tête, avec Clamenç Pech, journaliste et rédacteur en chef à La Setmana.

Attendue depuis des années par les Occitans et largement financée par les régions Midi-Pyrénées et Aquitaine, Octélé fera son lancement officiel le vendredi 20 décembre depuis les locaux du Conseil Régional de Bordeaux avec la diffusion en direct de l’Hotel de Région du premier Talk-show occitan, à partir de 20h30.

Clément Alet

06 Déc

« Marsiho » : quand Philippe Caubère retrouve Marseille et l’occitan.

C’est un chapaire de mots à l’interprétation toujours parfaite. Un conteur, auteur, acteur, comédien, un grand « Monsieur » qui se produit ce soir vendredi 6 décembre à la Comédie de Toulouse. Il faut en profiter.Affiche_Marsiho_300

Philippe Caubère est un habitué du one-man-show, du òme sol sus l’empont. C’est le cas avec Marsiho, une pièce de 1929 qui parle de Marseille. Mais vue de Marseille –et non de Paris- et par un Marseillais : André Suarès. Un texte très évocateur plein de rage et de fureurs, qui flirte avec Pagnol.

« C’est une peinture extraordinaire, incroyablement moderne, du Marseille des années trente. Il donne de la ville une image très différente de celles qui courent ordinairement, et surtout actuellement ». C’est bien ce qui a touché Philippe Caubère. Cette ville où il est né, d’où il s’est fait jeter quand il a commencé à faire du théâtre. Il en parle dans une interview à Mediapart accordé en 2013. « Ce qui m’a touché immédiatement chez cet auteur, c’est qu’il me parle de moi, de ma famille, de mon arrière grand-père, Antonin Madelon, qui était un petit trader, pour employer un mot moderne, à la Bourse de Marseille. C’était un grouillot, un de ces goujons qu’on appelle « jarretons » à Marseille, des petits mecs qui courent partout et qui lancent des paris ». Le comédien a la nostalgie de cette époque et d’une certaine identité marseillaise et occitane : « elle m’intéresse car je trouve qu’elle n’existe plus. Comme l’identité occitane. Quand on dit « identité occitane », on pense aux années 70, aux années de militantisme occitan. Or, c’est un thème ancestral l’Occitanie. Depuis les troubadours du Moyen âge, c’est une culture qui a fondé l’Europe. Et on a fini par la réduire à une mode militante, qui a existé certes, mais qu’il faut régénérer, réactiver, revendiquer. La réalité de l’Occitanie existe. »

CaubereBenedetto_4Dans les années 70, le locataire du Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine a aussi côtoyé André Benedetto dont il adaptera ses textes avec « Urgent ! Crier » en 2011 et plus récemment « Memento occitan ». Avec ce poème fleuve plein de verve et de lyrisme, Philippe Caubère a ainsi montré son attachement poétique à la langue occitane. « J’ai toujours aimé Pagnol. On aimait Benedetto, la Carriera, etc. Puis en écrivant mes spectacles, j’ai découvert que ce n’était pas seulement de la rigolade et que c’était constitutif de ma personne. Comme Marseille est constitutive de Suarès. Je compare son Marsiho à Fellini Roma, où Fellini parle de lui à travers Rome. »

Il veut désormais travailler sur Mistral. En attendant, ce soir Philippe Caubère est à Toulouse. Il faut aller voir ce comédien prodigieux, militant, intelligent et inclassable. Il jouera Marsiho et Memento occitan du 20 au 23 mars au Théâtre du Pont Tournant de Bordeaux.

Benoît Roux

« La comédie de Toulouse » est située au 16 Rue Saint Germier à Toulouse
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