19 Mar

J.S. Ondara « Tales of America » 

JS Ondara. Ne cherchez pas, le nom ne vous dit certainement pas grand-chose. Et pourtant, ce jeune artiste Kenyan (30 ans à peine) mérite d’être entendu. Son premier album « Tales of America » est un joyau brut dans un monde musical souvent trop taillé.

Premier album de JS Ondara

A l’écoute du premier titre, il y a déjà de belles sensations. « American dream » n’est pas le plus indispensable mais c’est une petite chanson tranquille où l’on remarque déjà la voix particulière de J.S. Ondara et un phrasé presque « dylanien ». Pour la suite, gardez vos écouteurs, vous allez devenir accro. Cet artiste est un OVNI, de par sa voix saisissante, puissante, limite androgyne. Et s’il faut un exemple, « Turkish Bandana », sera l’opus parfait.

L’artiste à la voix plaintive

Sa voix nue -enregistrée sans fioritures- respire, vibre, emporte, se fait grave, fluette, souvent à la limite de la rupture. Une voix dépouillée et brute, sans aucun accompagnement, qui met l’accent sur les mots et le message. La fragilité de l’artiste, sans rien pour le retenir, la voix tel un instrument. J.S. Ondara s’accompagne de la guitare sèche comme un folk singer. La voix s’enflamme à la fin de « Torch song ». No limits.

Sur les traces de Dylan et Springsteen

Et s’il fallait un titre pour le faire connaître, « Saying goodbye » est imparable, évident.

Une chanson pour dire adieu à ses origines, son pays, ce et ceux qu’il aime. La voix qui surfe sur des arrangements simples et efficaces et là aussi, l’envolée finale sous des chœurs légers. On pense à l’album « Nebraska » de Springsteen, aux premiers Dylan, son idole. Mais n’allez pas croire que J.S. Ondara est un clone, sa musique lui appartient et sa voix plaintive fait la différence. La même force, la fragilité authentique d’un artiste qui l’a décomplexé : Jeff Buckley

J.S. Ondara le « Self made man »

J.S. Ondara a grandi à Nairobi, une enfance sans moyens et sans histoire. S’il est aujourd’hui chanteur et musicien, il le doit à la radio qui a aiguisé son sens tranchant de la mélodie. Il passe alors ses journées à chanter et à écrire. Adolescent, il s’éprend du rock, se trouvant un Nirvana, un Oasis, Radiohead en tête. Plus tard le griot s’enrichit de la musique folk pour s’installer en 2013 à Minneapolis où il peut enfin s’acheter une guitare, sur les traces du Dieu local : Prince. A 20 ans, le hasard a voulu qu’il décroche sa Greencard pour devenir résident américain et vivre son rêve de kid à Minneapolis.

Du rock au folk… du folk au rock

«Ma découverte du folk a été accidentelle, tout comme mon arrivée aux États-Unis. Cette série d’événements me semble être une conspiration de l’univers pour me mener quelque part, je ne sais pas où encore!» C’est ainsi qu’il se confie au journal Metro.

Les morceaux parlent tous un peu de ce parcours de migrant parti de rien pour arriver dans la grande Amérique. Ils racontent tous une histoire de manière poétique comme ses ancêtres griots. Une osmose parfaite entre le propos et le style de musique. « J’adore les histoires et les poèmes. Je ne savais pas vraiment comment marier ça avec la musique jusqu’à ce que je découvre le folk ». C’est par hasard aussi qu’il découvre que « Knockin’ on Heaven’s Door » n’est pas un titre des Guns N’ Roses mais de Bob Dylan.

Aujourd’hui J.S. Ondara est dans ses cordes avec le folk mais il n’exclut pas de les rendre électriques pour revenir au rock. Quand on écoute « Smells Like Teen Spirit » de Nirvana, ça sonne comme une évidence. Une interprétation folk mais dans un esprit rock.


Il est temps de mettre dans le casque ce grand artiste aux multiples facettes qui fait penser à d’illustres prédécesseurs que sont Bob Dylan, Jeff Buckley, Nirvana, Springsteen…

J’écoute beaucoup de musique et ce n’est pas tous les jours que je suis surpris. J’espère que vous le serez tout autant.

Benoît Roux

https://www.jsondara.com/

https://www.instagram.com/spanishvillager/

 

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