18 Juil

Inoxydable Chrissie Hynde des Pretenders

A 68 ans, la chanteuse résolument et définitivement rock Chrissie Hynde sort un onzième album. Après des escapades solos pas toujours convaincantes, elle signe le grand retour de The Pretenders avec « Hate for sale ». 10 titres impeccablement produits par Stephen Street (Blur, Morrissey, New Order…). Des morceaux à l’énergie vibrante servis par une grande dame du rock.

The Pretenders « Hate for sale »

Le grand retour de The Pretenders

Il y a comme ça des petits miracles. A l’instar d’un Bob Dylan complètement régénéré par son nouvel album, The Pretenders que l’on n’attendait plus à ce niveau renaît avec « Hate for sale ».

The Pretenders -Hate for sale

Miracle ? Pas complètement car la formation actuelle n’a pas varié depuis 15 ans et l’album est co-écrit par Chrissie Hynde et son guitariste James Walbourne.  Patience et cohérence. Ce disque marque aussi le retour du grand batteur Martin Chambers. Il est l’un des membres fondateurs de The Pretenders avec Chrissie Hynde. Les 2 autres sont morts d’une overdose. Dans une interview à Rolling Stones, l’artiste revient sur cet épisode. « Les Pretenders, c’est un son, et je m’étonne que l’on insiste si peu là-dessus, martèle-t-elle. Un son créé par les Pretenders originaux, trois musiciens dont deux sont morts à cause de la drogue, James Honeyman-Scott et Pete Farndon. »

The Pretenders, c’est effectivement un son rapidement identifiable. Un son équilibré que l’on retrouve sur ce petit bijou pop-rock « The buzz ».

The Pretenders – The buzz

Une base rock mais aussi de la pop, du punk (justement le titre éponyme « Hate for Sale »), du reggae (rappelons nous « Red red Wine » en collaboration avec UB40), ou encore l’art de la ballade cher à Chrissie. Un grand classique made in Pretenders qui démontre aussi que la chanteuse n’a rien perdu de sa voix, puissante et sensuelle à la fois. Soul à souhait.

The Pretenders – You Can’t Hurt a Fool 

L’esprit rock est intact dès la déferlante du premier morceau « Hate for sale ». Un son « sale » aux guitares rugissantes sur le titre « Turf accountant Daddy » ou encore « I didn’t know when to stop » où Chrissie prend les choses en mains et l’harmonica en bouche.

L’art de la synthèse

10 titres, 30 minutes de musique, on appelle ça l’art de la synthèse. «  On parle de rock’n’roll, là ! Tu dis ce que tu as à dire et tu libères la place. » C’est exactement ce à quoi s’applique Chrissie Hynde et James Walbourne. Pas de sur-effets, pas de répétitions, pas de solos interminables, juste le bon dosage. Les 2 morceaux les plus longs sont les plus emblématiques du son Pretenders à savoir « The Buzz » et « Maybe love is in NYC ».

The Pretenders – Didn’t want to be this lonely 

Les chansons s’enchaînent tels des tranches de vie qui passent à 100 à l’heure. La plume de l’Américaine est toujours aiguisée de frais. Elle gratte sur la dépendance aux drogues « Junkie Walk » et son côté définitif  « every junkie has to die », la solitude « Didn’t want to be this lonely » avec parfois un effet miroir autobiographique comme les titres « You can’t hurt a fool », « I didn’t know when to stop », ou encore « Crying in public ». C’est d’ailleurs le seul morceau qui détonne un peu (trop). Piano voix, cordes, oubliée l’énergie rock pour une ballade un peu trop propre.

Après le grand retour de Bob Dylan dont elle est fan, « Hate for sale » marque la résurrection de la chanteuse et guitariste américaine. L’écoute est vivifiante et régénérante. Please, come back and stay Chrissie !

Bonus track

On sort les briquets, les mouchoirs… Version cordes et chœur pour changer un peu.

The Pretenders – I’ll stand by you

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Benoît Roux

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