25 oct

« Et au milieu coule une rivière »

Je crois que j’écoutais Imogen Heap « Have you got it in you ». L’air filait de chaque côté de mes roues. Un air frais, bleu et salé. La lumière, ivre des derniers rayons de l’été. La Loue avait retrouvé son calme après ce début de mois d’octobre très encombré médiatiquement. Comme « des ivrognes en excursion » disait Joyce. « Dégobillant par dessus bord pour donner à manger aux poissons. Nauséeux ». Une aire médiatique de compression. Abrégée, raccourcie, réduite, amoindrie … Une aire de l’information synthétique, syncrétique. Une aire d’agrégateurs artificiels, sans hommes, sans femmes, sans ivrognes, sans poissons, sans odeur, sans gout sans rien ! Ce nouvel ordre des communions essentielles entre nous en forme de tapage permanent. Un vacarme jetable effrayant. Le commerce d’un ennui mortel programmé sur nos écrans connectés à la multitude consentante. Mais Johnny s’était barré à temps. John venait d’accumuler quelques 30 bornes le nez dans le guidon sans penser une seule fois à cette terre nouvelle en forme de courge ogéèmisée. Le nouveau paradis des coloquintes transformées en potimarrons comestibles, comme on fait aussi pousser des hamburgers aux branches et des lasagnes sous les sabots des chevaux. C’était quand même chouette la télé non ?!

La route de Mouthier-Haute-Pierre en passant par Ornans et Lods juste après Vuillafans. Une trajectoire sélective surgissant d’un glissement de doigts sur une partoche de Brahms. L’indigestion de caméras passée, ce furent plutôt les parfums de noix et de pommes gâtées qui saturèrent l’asphalte à l’heure du changement d’heure obligatoire. Ouais c’est ça, passe moi dont l’heure à laquelle on évitera les embouteillages ce soir en rentrant de la foire ! Mais putain ! Qu’est-ce que je fous dans ce décor de merde ?! Et la musique qui s’arrête alors qu’on avait à peine commencé de se rappeler les paroles : « Have you got it in you ». Johny s’était dit qu’il en aurait bien besoin ! L’âge peut-être ? Le sentiment de s’éventer, de se « dégobiller »… L’obsolescence, la date de péremption sur le papier d’emballage. Je repris alors mon guidon par les cornes pour une grande opération de dézinguage d’idées à la con, dans l’alignement d’une paire de nuages déguisés en prêtres statistiques ou en montres suisses déglinguées. Une conduite d’ivrogne pour faire chier les bagnoles en stress, droit vers la porte d’entrée du couvent d’air post-ADSL. Une conduite d’ecclésiastique, sans soutane, sans capote (sans Truman), sans GPS, sans portable, sans Twitter, sans Facebook, sans Wifi, sans rien ! Pauvre homme !

L’insolente nudité des fleurs devant l’amertume des revêtements antidérapants. Une scène de cul par dessus la Loue. Ma Marylou en tenue de dévergondage intégral, tout fard allumé sur ses paupières mi-closes. Marylou en forme de ligne discontinue sous son marteau piqueur corrodé. Du bitume jusqu’aux genoux. Des tas d’éclats de vie qui défilent de chaque côté de la route au lieu d’une télé d’administration. Bon ! Et heureusement que Tony n’avait pas lu Beckett ce jour là, si vous imaginez le boulot. Molloy de Beckett, Soupault ou Artaud… De quoi se pendre avec le fil de flotte tendu dans le talweg comme une corde qui nous enlace, Johny, Tony, Marylou et moi depuis des kilomètres. Une sacrée bande de coureurs cyclistes… amoureux des vadrouilles entre potes comme des voyages solitaires dans la campagne franco-suisse. Une bande d’éclectiques, le maillot ouvert aux quatre vents, filant à toute allure dans le lit de la rivière au rythme effréné des matières composites.

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Je réécoutais un vieux Radiohead que j’avais fini par oublier à force de l’avoir trop entendu. « A woolf at the door », puis « Weird Fishes/Arpeggi aka Arpegg » (imprononçable) sur l’album « In Rainbow » (en téléchargement gratuit à l’époque de sa sortie / 2007). Le genre de titre hallucinant braqué dans la direction des vents d’ouest pour essayer de ralentir l’allure dans la montée des roches. Ouais… « On marche à la dynamite mon pote ! » disait un des frangins Pélissier au café de la gare de Coutance au départ du Tour de France 1924. Et qu’est-ce que ça peut bien leur foutre, à toute cette bande de cul-bénis, cette foule de bénis-oui-oui meuglant leur belle morale de compétition avec tous ces journaux propres sur eux ?! Une montée en surdose d’adrénaline. Le grand shoot ! Tout plutôt que rester là à crever comme un con.

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Johnny était passé devant, comme à son habitude lorsque tout se relevait, la route et les emmerdes. Un truc de son enfance. Une manière qu’il avait prise déjà très jeune à force de se prendre un tas de trucs dans la gueule en faisant mine de ne pas encore comprendre les jolis principes de la nature humaine. Le truc d’une compensation un peu crue à trouver sur les pédales, mais qui trouvait rapidement sa justification au sommet des cols les plus rudes et sur les lignes d’arrivées des courses les plus prestigieuses. Tony n’avait pas pu suivre, d’abord collé à la roue du grimpeur et la langue pendante sur le porte bagage de son partenaire de galère. Marylou, elle, avait préféré coucher son clou au pied de la bosse et faucher les pâquerettes pour en faire des bouquets pour sa mère. Le beau bouquet de Marylou dans la vallée de la Loue, pendant que le soleil brillait dans les roues toutes cramées de son marlou. Qu’est-ce qu’on avait pu se marrer ! Toutes les conneries qu’on s’était racontées. « Oh Mary, si tu savais !… »

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Après ça, il a fallu redescendre. Marylou en bas et nous en haut. John, Tony et moi à tombeau ouvert dans la pente descendante, pendant que Mary avait finalement décidé de se payer une séance de dénivelés toute seule la fleur au guidon. On avait retrouvé le reste du bouquet qui flottait à la surface de l’eau avec un petit mot pour sa mère : « T’auras vraiment été nulle jusqu’au bout. En commençant par me donner ce nom à la con dont un tas de gars plus ou moins déjantés s’en étaient déjà fait des tubes et des best-sellers. Marylou. Tu parles ! Des âneries de littérature beatnik ou des chansons périmées à la radio… Marylou par ci, Marylou, la pauvre fille… Marylou sous la neige et que sais-je ?… Marre d’être la Mary-chaussée de tout le monde. Je suis venu te dire que je m’en vais car tu m’en a trop fait !… » La gosse avait tout plaqué comme ça. Son nom qui en disait long sur « la joie blonde, avec ses longues boucles de cheveux pareilles à des vagues d’or… » ; son nom, ses cheveux, son bouquet, et ses potes pour partir pédaler toute seule jusqu’à la fin de l’été. Un putain de trou noir sur l’asphalte. Ouhhh ! Où es tu ma Loue ?!… le reste de la bande avait gueulé son nom pendant des heures sans succès. La plus grande séance de rappels de sa carrière, mais Marylou n’était pas redescendue. Une artiste pop-rock. Une des plus douée de sa génération. Dégommée aux cyanobactéries dans la montée de Haute-Pierre. Des jours plus tard, Tony continuait de hurler à la mort sur un morceau « sans titre » de Sigur Rós. Sa belle machine accrochée au parapet d’un balcon touristique sur les hauteurs d’une rivière dont le nom et la réputation avait d’abord fait le tour du monde avant de plonger dans les nimbes d’un tas de rapports administratifs et de consultations publiques censés protéger son lit d’un tas de saloperies qui empêchent dorénavant les ombres et les truites de reprendre leur souffle dans la lessive, le purin et la matière plastique. « Oh ma Loue, oh ma Loue, Oh ma terrible Loue… »

L’automne était passé à se fader du Gainsbourg en boucle ;  et puis l’hiver… D’abord quinze jours de coupure complète pour tenter de se nettoyer le gouvernail, les voiles, l’ancre et la chaine. Le grand décrassage annuel du moyeu jusqu’aux pneus. Les premières heures d’une longue errance hivernale à venir. 15 jours et 15 nuits à se faire chier devant la télé connectée à tout un tas de programmes débiles avant d’obtenir le feu vert de son entraineur pour renfiler le maillot. Johnny avait aussi profité de son temps de recharge pour se replonger dans la lecture de cette grande expérience radicale de la contre culture américaine des années 50. Dans cette prose là… où dans l’écriture souffreteuse, hypocondriaque et arthritique de quelques auteurs français du début du siècle dernier qui passaient encore aujourd’hui pour la substantifique moelle de notre identité nationale. Pour comparer. Pour mesurer une bonne fois pour toutes de quelle manière ce foutu pays avait commencé de sévèrement pédaler dans la semoule depuis au moins… Pollock, Rauschenberg, Jasper Johns ou Lichtenstein en peinture, et Bernard Hinault pour ce qui est du cyclisme… « Bon, t’accélères ou bien t’attends qu’on te pousse ?! » avait lancé le nouveau coéquipier de Johnny… Un certain Dean, ou Neal quelque chose, enfin je ne me souviens plus exactement… « faudrait aussi penser un jour à te mettre dans le rythme pour éviter qu’on nous prenne définitivement pour des cyclotouristes ! ».
JL Gantner

23 juin

TOUR DE SUISSE/ THIBAUT PINOT AFFAIBLI PAR UNE BRONCHITE. RUI COSTA L’EMPORTE POUR LA 3e FOIS.

La semaine avait bien débuté pour le leader de la Fdj sur ce tour de Suisse. Et ce, malgré un début de bronchite dans les premières étapes de la course helvétique où Tony Martin, à la faveur du contre la montre inaugurale, portait le maillot jaune de leader.

Thibaut PINOT, malade, est à la peine sur le tour de Suisse. (photo © equipefdj)

Thibaut PINOT, malade, est à la peine sur le tour de Suisse. (photo © equipefdj)


A l’issue de la 7e étape disputée contre la montre autour de Worb, on crut même que Thibaut PINOT pouvait atterrir sur le podium à l’arrivée, surtout que le week-end s’annonçait montagneux et donc à l’avantage du haut-saônois. En effet, sur les 25 kilomètres chronométrés, le français faisait mieux que la plupart de ses rivaux au général. 9ème de l’étape à 1’13 » du vainqueur d’étape Tony MARTIN, il repoussait MOLLEMA et KREUZIGER, à une trentaine de secondes. A la 10e place au général à la veille du week-end décisif dans les Alpes suisses et donc en parfaite position.

Rui COSTA remporte la dernière étape et le général du tour de Suisse. (photo © Sirotti)

Rui COSTA s’envole à l’assaut de la dernière étape et remporte une troisième fois le général du tour de Suisse. (photo © Sirotti)

Mais cette maudite bronchite aura eu raison des ambitions du franc-comtois, très déçu à l’arrivée au sommet à Verbier où il perd 2′ sur les premiers dont le vainqueur d’étape, le prometteur grimpeur colombien Johan Esteban CHAVES (Orica). Le leader de la fdj n’a pas réussi à suivre le rythme lorsque les leaders sont passés à l’attaque à 4 kilomètres de l’arrivée, et ce, malgré le soutien de ses coéquipiers. En colère, il décide de passer à l’offensive le lendemain dans une dernière étape courte mais difficile avec l’arrivée au sommet à la station de Saas Fe. Mais la forme l’a bien quittée en cette fin de semaine, et l’espoir français ne parvient pas à prendre la « bonne » lorsque Bauke MOLLEMA, Matthias FRANK et Rui COSTA, dangereux au général, tentent un coup de poker à 40 kilomètres de l’arrivée. Le leader de la course Tony MARTIN est dépassé par les événements sur un terrain montagneux guère à son avantage. Esseulé, l’allemand perd la course au profit de Rui COSTA, vainqueur d’étape et victorieux pour la troisième fois consécutive (!) du tour de Suisse. Thibaut PINOT, lui, termine en « roue libre » à la 23e place de l’étape et 15e du général final. Le leader de la Fdj peut être déçu mais avec un peu de recul, on se souvient qu’il avait eu la même mésaventure il y a deux ans sur la course suisse. Très performant en début de semaine, il était tombé malade et avait abandonné la course le dernier jour. Ce qui ne l’avait pas empêchait de jouer les premiers rôles sur le tour de France ; qui ne se souvient pas de sa victoire d’étape à Porrentruy et de sa 10e place au général après avoir bataillé avec les meilleurs en montagne ? A deux semaines du grand départ à Leeds, PINOT va profiter des jours à venir pour se soigner dans un premier temps. Ensuite, il faudra penser à repartir sur de bonnes bases grâce au soutien de sa famille et de son équipe. C’est d’ailleurs aujourd’hui qu’a été officialisée la composition de la Fdj pour la grande boucle : à ses côtés Thibaut PINOT pourra compter sur Arnaud DEMARE, Arnold JEANESSON, Matthieu LADAGNOUS, Arthur VICHOT, William BONNET, Mickael DELAGE, et Jérémy ROY. Il ne reste plus qu’une place à prendre entre Francis MOUREY, le franc-comtois encore très en vue sur le dernier Giro et le grand pote de Thibaut Cédric PINEAU (verdict après les championnats de France dimanche).

 Auryan GR 

17 juin

DAUPHINÉ/ LES ENSEIGNEMENTS D’UNE MAGNIFIQUE SEMAINE !

FROOME vs CONTADOR, le duel de ce dauphiné, ici dans le col du Béal, sera aussi celui du tour ! (images  © Eurosport.fr)

FROOME vs CONTADOR, le duel de ce dauphiné, ici dans le col du Béal, sera aussi celui du tour ! (images © Eurosport.fr)

Répétition générale à moins d’un mois du départ du tour de France, le critérium du dauphiné a offert un formidable spectacle. Cristopher FROOME, vainqueur du tour 2013 et tenant du titre était présenté comme le favori de cette 66e édition. On attendait alors le duel avec l’espagnol Alberto CONTADOR, auteur d’un début de saison canon, et annoncé comme le principal adversaire de FROOME en juillet. Ils avaient auparavant opté pour la même préparation, à savoir un stage en altitude sur le volcain Teide à plus de 2000m d’altitude sur l’île des canaries. Les deux hommes ont accumulé les heures d’entraînement et les ascensions de cols pour se présenter dans un état de forme avancé sur ce dauphiné qui constituait leur deuxième face à face de la saison (après le tour de Catalogne).
Et le duel a bien eu lieu avec, dès la première étape, disputée en contre la montre dans les rues de Lyon sous une chaleur accablante, une démonstration du kényan blanc surpuissant sur son 56×11 ! A l’arrivée, il remporte l’étape et repousse CONTADOR, 2e à 8 secondes ! La 2e étape avec l’arrivée inédite au sommet du col du Béal dans le Puy de Dôme va offrir un scénario magnifique puisque FROOME, bien que maillot jaune, passe à l’offensive après avoir profité du travail toujours impressionnant de ses coéquipiers. Une première attaque, assis sur sa selle dans son style caractéristique qui fait mal à ses adversaires mais pas à CONTADOR, son principal rival. Cependant, FROOME est bien décidé à faire exploser l’espagnol et remet çà : cette fois il fournit un effort énorme ! Pendant 35 secondes, il teste CONTADOR qui répond du tac au tac… A l’arrivée, FROOME s’impose devant l’espagnol mais il n’a pas réussi à le lâcher… Le duel se rééquilibre avant de s’inverser en fin de semaine. Visiblement très en jambe, CONTADOR passe à l’offensive jeudi dans la 5e étape et oblige Richie PORTE, lieutenant du maillot jaune à s’employer. Bien que repris à l’amorce de l’arrivée, il prouve qu’il est bien décidé à faire la guerre au maillot jaune. Vendredi, une chute de FROOME dans une descente anodine va (sans doute) changer la face de ce dauphiné. Râpé sur tout le côté gauche, le britannique doit se faire poser deux points de suture au coudes. Il affirme cependant que tout va bien, ce que l’on est en passe de croire le lendemain dans l’étape reine de ce critérium du dauphiné. Bien entouré par son équipe, le maillot jaune semble serein à l’entame de la dernière ascension du jour : l’arrivée à Finhaut Emosson. Elle présente des pourcentages intéressants (8% de moyenne) et susceptibles de faire des écarts… Alberto CONTADOR l’a bien compris et place une attaque tranchante à 2 kms de l’arrivée. FROOME est planté et accusera à l’arrivée 20 secondes de retard. Il perd son maillot jaune au profit de l’espagnol qui marque des points psychologiquement dans le duel à venir. Les Sky décident alors de tout faire exploser le lendemain dans une dernière étape courte et nerveuse, mais ils se font piéger par les outsiders du classement général tels que Talansky, Van Garderen, Van den Broeck ou le français Romain Bardet, remarquable ! De plus, FROOME est dans un mauvais jour et, même s’il tente d’harceler le nouveau maillot jaune de la course, ce n’est plus le coureur du début de semaine. Alberto CONTADOR est lui esseulé et part dans un contre la montre de 30 kilomètres pour tenter de sauver son maillot jaune qui est sérieusement menacé par le talentueux Andrew TALANSKY. Il dépose FROOME mais ne parvient pas à sauver sa tunique de leader à l’arrivée à Courchevel le Praz, qui voit donc un américain remporter, à la surprise générale, une édition du dauphiné qui restera dans les mémoires. Alors justement, que doit-on retenir de ce dauphiné ?

Podium final de ce dauphiné : TALANSKY sur la plus haute marche avec CONTADOR, 2e et VAN DEN BROECK 3e. (photo  © roadcyclinguk.com)

Podium final de ce dauphiné : TALANSKY sur la plus haute marche avec CONTADOR, 2e et VAN DEN BROECK 3e. (photo © roadcyclinguk.com)

Tout d’abord, le duel tant annoncé entre CONTADOR et FROOME aura bien lieu en juillet car les deux coureurs ont semblé au même niveau en montagne avec peut être même un léger avantage pour l’espagnol. Cependant, la chute de FROOME a sûrement faussé la véritable valeur du britannique en fin de semaine, que l’on a quand même vu très fort sur le chrono (une jambe au dessus de CONTADOR). On ne pouvait donc pas rêver meilleur scénario pour le tour de France qui s’élance de Leeds le 5 juillet. De plus, même si Alberto CONTADOR était bien seul en montagne cette semaine, il pourra compter sur une équipe plus compétitive sur le tour (avec ROGERS, ROCHE et KREUZIGER notamment). L’équipe Sky de Cristopher FROOME était, elle, bien à la hauteur avec un impressionnant roule-toujours (Vasil Kiryienka), un grand grimpeur (Mikel Nieve, vainqueur de la dernière étape) et un lieutenant en pleine forme (Richie PORTE). Il faudra maintenant que les deux favoris évitent les pièges de la première semaine et surtout la fameuse étape des pavés pour que l’on vive un tour de France passionnant.
Il sera d’autant plus passionnant que la course peut basculer a tout moment comme on a pu s’en apercevoir dans la dernière étape… Des outsiders aux dents longues peuvent venir jouer les trouble fêtes. On pense bien sûr au vainqueur de ce dauphiné Andrew TALANSKY, l’américain avait terminé 10e du tour 2013 et semble avoir franchi un palier en 2014 (notamment en montagne). Le belge Jurgen VAN DEN BROECK, auteur d’une saison 2013 blanche, a bien réagi et paraît à son niveau d’antan qui lui avait permis de terminer 4e du tour de France 2012. L’américain Tejay VAN GARDEREN est inconstant et enchaîne les pépins physiques mais il a déjà montrer qu’il avait le talent et la légitimité pour viser un podium à Paris. On ne parlera pas de podium pour Romain BARDET mais ce qu’il a montré sur ce critérium du dauphiné est très intéressant. Deuxième de la dernière étape et surtout 5e au général, l’auvergnat est épatant et pourra se cacher derrière son leader JC Péraud (un peu en retrait sur ce dauphiné) sur le tour pour mieux se révéler. On en oublierait presque que Vincenzo NIBALI était le 3e homme annoncé derrière le duel FROOME-CONTADOR, car le  »requin de Messine » a paru en retrait cette semaine. Incapable de suivre en montagne lorsque le rythme s’élevait, il ne paraît pas encore à 100% et, à l’image de son début de saison discret, il a du mal à peser sur la course.
Voilà pour ce qui est des favoris et outsiders pour le sacre en Juillet et qui était présents sur cette 66e édition du critérium du dauphiné. Cette semaine, l’autre partie des hommes forts du peloton se teste sur le tour de Suisse (on y reviendra dans un prochain article).

Auryan GR

27 mai

SUR LE TOUR DE FRANCHE-COMTÉ 2014

Dimanche 25 mai. Clément PENVEN, le coureur d’Aix en Provence a terminé en jaune sur le podium final installé au sommet de la Planche des Belles-Filles. La conclusion de 4 jours de course sur les reliefs de la région où les Franc-Comtois ont montré le maillot chaque jour. D’abord à Étupes avec Fabien DOUBEY embarqué dans une folle échappée de près de 100 Km lors de cette dernière étape entre Belfort et « L’Alpe d’Huez » haut-saônoise. Fabien, longtemps accompagné par son coéquipier Pierre BONNET. Une aventure principalement menée par le franc-comtois Fabien CANAL (champion du monde de VTT par équipe) sous son uniforme de l’Armée de Terre. Martin GUILLAUME, le représentant du CC Étupes alors le mieux placé au général, profite du dernier dénivelé pour tenter une attaque décisive. 8 km sur une grimpée dorénavant : une des plus prestigieuses du paysage cycliste sur route en France. Une rampe finale à 20%.  À la Planche, c’est finalement Jérôme MEINARD (CR4C Roanne) qui remporte l’étape devant plusieurs centaine de spectateurs déjà prêts pour l’étape du Tour de France du 14 juillet prochain. Martin GUILLAUME 3e sur la ligne d’arrivée et sur la 2e marche du podium définitif. 10e de la dernière manche, Fabien CANAL réussit à garder son maillot de leader de la montagne sur les épaules.

2e jour. Le tour a retrouvé le soleil sur les routes de Franche-Comté

2e jour. Le tour a retrouvé le soleil sur les routes de Franche-Comté

Le CC Étupes aux commandes

Le CC Étupes à l’attaque

Alexandre Jamet (ACB) lors du contre la montre en Suisse

Alexandre Jamet (ACB) lors du contre la montre en Suisse

Fabien Doubey (CC Étupes) à l'avant

Fabien Doubey (CC Étupes) à l’avant

Le maillot à pois très disputé sur ce Tour de Franche-Comté 2014

Le maillot à pois très disputé sur ce Tour de Franche-Comté 2014

Canal et Doubey dans l'échappée de la 5e et dernière étape

Le ballon de Servance, au début de l’échappée de la 5e et dernière étape

Sébastien Fournet-Fayard dans une contre attaque le 5e jour à la fin de la descente du Ballon d'Alsace

Sébastien Fournet-Fayard dans une contre attaque le 5e jour à la fin de la descente du Ballon d’Alsace

4 jours de course où l’on retiendra aussi la performance d’Alexandre JAMET, le jeune coureur de l’Amicale Cycliste Bisontine dont le peloton aura pu estimer le courage et la force d’abord sur la dernière étape du Tour du Jura au début du mois de mai, et lors de ce contre la montre suisse de ce 35e Tour de Franche-Comté. Alexandre JAMET sur la plaque tout du long des 8,800 km de l’ascension entre Biaufond et la Chaux-de-Fonds ce samedi 24 mai. L’amicaliste termine avec le 5e meilleur temps de l’épreuve ce jour-là, à 37 secondes du vainqueur Alexis DULIN (Team Pro Immo Nicolas Roux). Au général, Alexandre JAMET se classe 19e juste devant  le Bisontin Jérôme CHEVALLIER, 20e. Le coureur du VC Ornans, qui courait comme au « Jura » sous les couleurs de la sélection régionale. Jérôme, présent de bout en bout de la boucle franc-comtoise parmi les meilleurs dans chaque difficulté et sans freins dans les descentes !… Un Tour de Franche-Comté dont le public retiendra aussi les paysages du Mont d’Or comme lieu d’une bataille sans merci à la fin de la 2e étape. Un chemin de muletier redressé vers le plus haut sommet du Doubs pour finir face au Mont-Blanc, et la crème des grimpeurs pour se départager sur la ligne. CANAL déjà… un peu chez lui, qui se rapproche du maillot à pois ce jour là, mais battu pour l’étape par un coureur néerlandais. Guillaume MARTIN, pas bien loin. FALASCHI de l’Amicale Bisontine à 1 minute comme Jérôme CHEVALLIER ou encore Alexandre JAMET. Derrière : tout un peloton qui grimace pour escalader les derniers mètres de la montagne. Une 35e édition du Tour de Franche-Comté qui accusait à peine moins de 10 000 mètres de dénivelé positif sur les 4 jours de course.

TEXTES ET PHOTOS © JL GANTNER

 

01 jan

L’année cycliste 2013 vue par notre collaborateur Auryan Guyon

En cette période de fêtes de fin d’année et alors que les équipes professionnelles « font des bornes » au soleil en vue de la prochaine saison, le blog cycliste de Franche-Comté vous propose de revivre quelques-uns des meilleurs moments de l’année écoulée. Trois moments forts du cyclisme professionnel, rédigés sous la forme d’un podium forcément subjectif, mais passionné, de notre collaborateur et jeune coureur cycliste Auryan Guyon…

La 2e victoire de Warren Barguil (Vuelta 2013)/ PHOTO © Graham Watson

La 2e victoire de Warren Barguil (Vuelta 2013)/ PHOTO © Graham Watson

D’ABORD CETTE TROISIÈME PLACE DU PODIUM POUR L’ARRIVÉE DE LA COURSE EN LIGNE DES CHAMPIONNATS DU MONDE DE FLORENCE.
LE CONTEXTE : Qui décrochera le maillot arc-en-ciel de champion du monde sur ce parcours exigeant de Florence en Toscane ? Les favoris se nomment NIBALI, VALVERDE, RODRIGUEZ, FROOME, SAGAN, ou encore CANCELLARA… mais la liste va réduire dès les premières heures de course… La faute à une météo exécrable. Les orages ne cessent de s’abattre sur la Toscane, d’ordinaire si paisible et belle. On ne distingue plus les coureurs, vêtus comme des alpinistes pour survivre à cette journée en enfer qui s’annonce longue… (plus de 270 kms quand même).
LA COURSE : A l’entame du premier tour, des chutes ont déjà éjecté plusieurs favoris. Le vainqueur du Tour de France n’est plus là comme celui de la Vuelta… La sélection par l’arrière se fait naturellement alors que la Suadra Azzura décide de durcir la course pour son leader Vincenzo NIBALI. Cependant la course ne se décante pas vraiment et on se regarde en chiens de faïence entre les favoris. On arrive aux deux derniers tours lorsque le « requin de Messine » se retrouve à terre dans un virage rendu glissant par la pluie… Au prix d’un incroyable effort et de l’aide momentanée des voitures de course, le vainqueur du Giro revient dans la bataille avant l’entame du dernier tour qui va s’avérer décisif. On joue le « money time » dans la côte de Fiesole lorsque « Purito » place une banderille aussitôt contrée par… NIBALI ! Le champion sicilien et l’espagnol passent en tête au sommet de l’avant dernière difficulté. Juste derrière, RUI COSTA, URAN, contrôlés par VALVERDE mènent la poursuite… A l’avant, c’est RODRIGUEZ qui part à l’assaut de son rêve en profitant de la descente d’ordinaire le terrain de prédilection de NIBALI… Ce dernier, prudent après sa récente chute, est repris par un duo composé de RUI COSTA et VALVERDE, l’espagnol coéquipier de RODRIGUEZ. Le colombien URAN qui les accompagnait a chuté dans la descente.  En tête de la course, RODRIGUEZ possède une dizaine de secondes d’avance alors que c’est NIBALI qui mène la poursuite… L’italien est costaud et parvient à recoller avant que Purito n’en remette une… Cette fois, l’espagnol semble s’envoler vers le titre mais RUI COSTA, qui faisait de la « patinette » dans la roue de NIBALI, se lance à sa poursuite… La suite ? On la connaît, le portugais revient sur le catalan à quelques mètres de la ligne et le règle au sprint. Pourquoi ? Un suspens haletant dans le dernier tour avec un Purito magistral mais RUI COSTA plus opportuniste…

EN DEUXIÈME POSITION, LA FAMEUSE ÉTAPE DES BORDURES SUR LA ROUTE DE ST ARMAND MONTROND LORS DU TOUR DE FRANCE.
LE CONTEXTE : FROOME est en jaune après sa démonstration dans les Pyrénées et semble passer ces étapes de transition dans le centre de la France sans grandes difficultés, avant d’attaquer le Mont Ventoux puis les Alpes. Mais, cette étape entre Tours et Saint-Armand Montrond va lui réserver bien des frayeurs… La faute à des équipes Omega Pharma Quick-Step et Saxo Bank Tinkoff survoltées !
La course : La route est plate et rectiligne entre Tours et Saint Armand Montrond lors de la 13e étape du tour de France 2013. Mais elle est aussi exposée, avec peu d’abris, or, il y a du vent de côté ce vendredi 12 juillet dans cette région de l’hexagone. L’équipe de Mark CAVENDISH avait prévu ce scénario ce matin au briefing et les hommes de Patrick Lefévère vont appliquer les consignes à la lettre. Un premier éventail est créé et déjà les leaders sont obligés de remonter pour venir se placer en tête du peloton…Mais le vent souffle très fort et les coéquipiers de CAVENDISH pédalent très fort : le peloton explose ! Ensuite, l’équipe Belkin de Bauke MOLLEMA s’y met à son tour. Alejandro VALVERDE, 2e au général est piégé ! Victime d’un ennui mécanique, l’espagnol est obligé de s’arrêter pour changer de roue, il perd quelques mètres qu’il ne parviendra pas à combler malgré l’aide de ses coéquipiers… C’est le premier leader à voir ses chances de podium s’envoler. C’est une journée à faire perdre le tour à un leader et l’équipe Saxo Bank de CONTADOR l’a bien compris. A 30 kilomètres de l’arrivée, ils profitent des conditions favorables pour mettre en difficulté le maillot jaune. Il faut dire qu’il est esseulé dans un peloton qui ne comporte plus qu’une trentaine de coureurs… Bientôt il n’en restera plus qu’une dizaine en tête sous l’impulsion de ROGERS, ROCHE, KREUZIGER et CONTADOR ! Au final, FROOME ne perd « qu' »une minute dans l’affaire mais l’addition aurait pu être plus salé…
Pourquoi ? Une étape au scénario aussi fou, ça faisait longtemps qu’on n’en avait pas vu sur le tour. Et en plus sur une étape plate où il est encore plus difficile de faire des différences. C’est quand on est surpris que c’est le plus spectaculaire.

ET LA PREMIÈRE PLACE POUR LA DEUXIÈME VICTOIRE DE WARREN BARGUIL SUR LA VUELTA.
LE CONTEXTE :  Déjà vainqueur de la 13 étape, Warren BARGUIL dispute son premier grand tour à 21 ans. Cela ne va pas empêcher le prodige breton de s’imposer une deuxième fois sur les routes de la Vuelta. Il devance l’expérimenté Rigoberto URAN, lors de la 16e étape au sommet de l’alto de Formigal. Une victoire pleine de maîtrise et de sang-froid.
LA COURSE : Profil accidenté au menu de cette 16e étape de la Vuelta avec, très vite une échappée qui prend forme. On y retrouve une bonne vingtaine de coureurs dont Warren BARGUIL, Mickael CHEREL, Juan Antonio FLECHA, Rigoberto URAN, ou encore José HERRADA… L’arrivée se joue au sommet d’un col de 15,8 kms à 4% de moyenne pour aller chercher la station de Formigal. Et certains coureurs anticipent déjà en attaquant à quelques encablures des premières pentes. C’est la cas du vainqueur du tour de l’avenir 2012 Warren BARGUIL qui prend les devants alors que l’ascension finale débute à peine… Le jeune français dans son style caractéristique de grimpeur aérien fait des écarts alors que derrière ses anciens compagnons d’échappée se regardent… Va t-il le faire ? Remporter une deuxième victoire en quelques jours pour son premier grand tour à seulement 21 ans ?! Le suspens est à son comble lorsque URAN qui est en chasse revient à une vingtaine de secondes. Il reste 2 kilomètres et le colombien fonce sur la tête de la course où l’ex coureur du CC Etupes commence à trouver le temps long. Le français se relève et attend URAN qui le rejoint à l’entame du dernier kilomètre… « Ça va se la jouer comme çà » hurle le commentateur d’Eurosport. Comprenez au sprint, « à la pédale » ! BARGUIL est calé dans la roue du coureur de la Sky qui lance le sprint. Le français est dans son sillage mais ne semble pas être en position de le dépasser. Mais à 50 mètres, le voilà qui se porte à sa hauteur et le dépasse pour remporter la victoire pour quelques centimètres !
POURQUOI ? C’est historique ! BARGUIL se révèle aux yeux du monde pour son premier grand tour en remportant deux étapes. Il a l’avenir devant lui. Le talent en tout cas est bien présent, il nous l’a montré avec deux victoires de grande classe.

ALORS BIEN SÛR, L’ULTRA DOMINATION DE CHRIS FROOME SUR LES PENTES D’AX-3 DOMAINES ET DU VENTOUX RESTERONT AUSSI DANS LES MÉMOIRES tout comme l’émergence de Nairo QUINTANA parmi les grands grimpeurs au Semnoz, l’arrivée de Liège-Bastogne-Liège. On retiendra aussi le festival de Nibali sur la 5e étape de Tirenno-Adriatico ou lors de l’arrivée au Tre Cime di Lavaredo. Enfin, comment oublier l’arrivée de la 6e étape de la Vuelta où Tony MARTIN se fait griller la victoire pour… 25 mètres après une échappée solitaire d’une autre époque, la dantesque « Primavera » dans la neige et le froid, les chefs d’oeuvre de CANCELLARA sur le tour des Flandres et Paris-Roubaix ou encore le spectacle proposé par le terrible angliru sur la Vuelta. Maintenant, à vous de faire votre podium des meilleurs moments de la saison !

Auryan Guyon

30 oct

Gilles Da Costa/ Des « nourritures terrestres » au cadre politique des « choses vues » pour s’arrêter un moment sur l’objet d’une course cycliste décisive au sein du peloton fédéral

J’aurais d’abord voulu filmer le gars, s’esquinter les biscoteaux sur un vélo de course en compagnie d’un peloton de copains de son âge et du mien. L’ancien coureur cycliste, en plan serré sur un de ces bolides qui aurait quand même eu pas mal de gueule devant la façade du conseil régional un jour de visite ministérielle. J’aurais bien voulu… mais on ne fait pas toujours ce qu’on veut, n’est-ce pas ?! L’idée d’en savoir un peu plus sur le patron du cyclisme comtois et de ses responsabilités au sein du Conseil régional de Franche-Comté. Un exercice dont j’avoue n’avoir pas tout de suite saisi la difficulté, tant celui-ci réclame en général de la distance, et tant il est vrai aussi qu’il n’est jamais simple de réduire la vie d’un homme à sa fonction ou à quelques traits de caractères même flagrants. Caméra au poing, et la fleur au guidon… nous avons donc tenter de suivre un court instant le haut fonctionnaire lors d’une de ces journées de travail, partagé entre ses obligations à l’hôtel de région et sa passion pour le vélo. L’occasion de fouler un peu de la route empruntée chaque jour par ce sportif, qui il y a un peu plus de cinquante ans, s’était fixé une ambitieuse ligne d’arrivée dans la discipline du service public.

 

REPORTAGE © France TV 2013
JL Gantner, JM Baverel, Pierre Mayayo, Stephanie Chevalier

Gilles Da Costa qui me citait « Les nourritures terrestres » d’André Gide alors que nous terminions presque notre conversation dans son appartement bisontin. Tout au fond, dans un bureau d’un dépouillement spartiate, presque exclusivement agrémenté de plusieurs dizaines de jeux de sociétés empilés sur de grandes étagères de bibliothécaire. « Pour partager des moments avec des copains » avait répondu le cadre de la structure territoriale qu’il dirige sous les ordres de l’élue socialiste Marie-Guite Dufay. Gide… Peut-être pour évoquer ce principe, cette morale… de ne jamais faire l’économie de notre vraie nature. « Ah ! de combien de choses, Nathanaël on aurait encore pu se passer ! » écrivait celui qui voulait à tout prix se dégager de ses conformismes justement. « Mais sans aller jusque là » avait aussi conclu le nouveau président du conseil fédéral de cyclisme. Tiens, oui, justement ! Ce conformisme dont on peut se souvenir qu’il caractérise une tradition on ne peut plus ancrée au sein de l’instance nationale de cyclisme, et contre laquelle Gilles Da Costa entend bien tenter de gommer quelques excès avec beaucoup de vigueur ces prochains mois, mais aussi grâce à son sens des épreuves en peloton (cette science des alliances de circonstances et des points d’appuis passagers…) Une tâche d’équilibriste. Même si l’on considère tout le travail déployé en Franche-Comté ces dernières années et qui pourrait servir le cas échéant de modèle pertinent à la tête de la fédération… Oulah…  « Surtout ne pas jeter le manche avant la cognée !… » rétorque aussitôt le patron du cyclisme régional dans une jolie métaphore de bûcheron ; nous laissant entendre par là qu’il ne faudrait peut-être pas non plus « vendre la peau de l’ours… » La présidence de la fédé… l’ancien puncheur amateur y pense bien-sûr ! (comme me l’ont affirmé quelques-uns de ces amis proches et face caméra, considérant aussi la perte que constituerait ce départ, pour le cyclisme franc-comtois…) Car qu’on ne se la raconte pas ! ! L’initiateur de cette sorte de tout nouveau parlement du cyclisme français (largement inspiré de ce vieux modèle républicain de la séparation des pouvoirs, et dont les travaux ont débuté au printemps), y songe même certainement beaucoup lorsqu’il avoue « d’abord devoir consulter son épouse avant d’envisager cette échéance ».  Élu à la tête de sa propre création (cette assemblée, censée garantir une meilleure représentation des différents courants de pensées répartis dans l’ensemble des comités locaux), il faut bien dire que Gilles Da Costa pédale de plus en plus rond dans la direction de la région parisienne. C’est un fait. Relevant aussi que le gars a appris à tourner les jambes dans la bonne géométrie depuis longtemps ; habitué à la mare politique dans laquelle il baigne par la force de ronds dans l’eau dont il connaît l’origine et le principe de leur déploiement par cœur. De Besançon à Paname. Pour enchaîner avec le cadre géographique le plus flagrant de ces « choses vues » cédées à la postérité par Victor Hugo, et où l’on trouve ce verdict très à propos dans un fragment daté de 1870 ou 71… : « Je ne suis pas avec un parti ; je suis avec un principe. Le parti, c’est le feuillage ; cela tombe. Le principe c’est la racine ; cela reste. Les feuilles font du bruit et ne font rien. La racine se tait et fait tout. » Oui, bon, juste pour l’histoire de causer de ce que l’on a pas eu le temps de se dire ce jour là d’un tournage un peu véloce au lieu de poursuivre sur le terrain du philosophe Jean-Luc Marion… Un sujet de réflexion de Gilles Da Costa à propos de cet « Homme machine » qui saurait sûrement mettre toute la fac de Besançon « dans le dur » songeant à Bahamontes, Merckx ou Bobet  jouant de « bordures » dans la langue de Céline où dans celle de Frédéric Dard. Le prétexte d’un chouette reportage en perspective si le service public est toujours disposé à faire un peu de place à quelque érudition vélocipédique dans son planning d’animations météorologiques toujours aussi surchargé. On s’est alors quitté là, sur la sensation d’un homme fidèle à des valeurs de jeunesse qu’il affiche volontiers sur les estrades officielles, et dont l’ambition semble conditionnée par son besoin de demeurer libre en toute occasion. Une réminiscence de son histoire familiale. Certainement son moteur le plus précieux. La fin d’une interview au cours de laquelle j’avoue m’être plusieurs fois posé la question de l’impudeur dans l’opération de devoir mettre à nu les gens pour les seules faveurs d’une caméra de télévision. Je dis ça, cherchant encore la faille opportune qui m’aurait permis de justifier l’agression. JL Gantner

26 oct

Tour de France 2014/ L’effet Doppler sur la scène du palais des Congrès au moment du verdict !

Mercredi 23 octobre, le palais des congrès était archi comble et triait plutôt sévère aux entrées.  Des invitations passées au crible, et des tronches triées sur le volet. Un tamisage en règle Porte Maillot à l’heure de la présentation officielle du Tour de France 2014 au départ du Yorkshire. (Non, pas la peluche en forme de chien !… )

tdf-presentation-2014-chris-froome © Simon Wilkinson / SWPix.com

Chris Froome lors de la présentation du Tour de France 2014/ PHOTO © Simon Wilkinson – SWPix.com

Forcément pas mal d’anglais d’Harrogate, de York, de Leeds ou de Sheffield nippés en Marks & Spencer ; et puis des bobos de Cambridge ou des londoniens sapés chez Harrods. Du british en Vivienne Westwood , Gareth Pugh, Sarah Burton ou Paul Smith… pour viser le podium du bout de l’avenue de la Grande Armée, et faire peur ensuite aux animaux dans les allées du jardin d’acclimatation. Du froc slim et de la gabardine de grande classe au premier rang de l’immense amphithéâtre, où l’on a pris soin de respecter la hiérarchie du peloton. En commençant par placer les coureurs devant, Froome, Cavendish (d’abord les English…) et puis Contador, l’espagnol, et le français Riblon… Du beau maillot jeté en pâture aux webcams et aux MMS de « Vïpe »… Un parterre de stars installé au pied de la scène pour faciliter la navigation des vedettes entre les vagues de cameramen et de photographes. À l’intérieur : le ministre Emmanuel Valls, au lieu du service des sports de l’Élysée resté planqué dans son musée de l’avenue de France. Le chef de la garde républicaine venu éprouver sa cote de popularité au sein du petit monde de la bicyclette… mais en gardant son costume de flic pour encadrer le nouveau président de l’UCI, Brian Cookson et son bras droit David Lappartient, au cas où les représentants du cyclisme mondial auraient aussi eu l’intention de se faire la belle avant d’avoir régler les comptes de Pat McQuaid. Les huiles bien ancrées au pied du ponton sur lequel Christian Prudhomme siffle le prochain débarquement du Tour de France sur les écrans de télé de la planète entière. Derrière : des dizaines de délégations d’élus locaux, suivies de la presse venue tout exprès des 4 coins du monde ; et enfin des « badauds », tout le gruppetto… Je veux dire tous les vrais passionnés de cyclisme et des centaines de gens de terrain ; des responsables de clubs amateurs, des mécanos ; des arbitres de vire-vire dominicaux, des vendeurs de gaufres et de sandwichs ; des signaleurs et des artistes peintres en lignes d’arrivées anonymes ; des entraineurs de milliers de gamins partout en France et souvent à leurs propres frais plutôt que des « coachs » de papier glacé. Une mezzanine de bénévoles un peu loin de l’écran, conviée au cirque promotionnel de la grand’route cycliste annuelle, selon un plan de table dressée pour obéir au protocole d’une gare de triage hors d’âge. Pour ne pas vous mentir : Beaucoup des convives en savaient déjà beaucoup sur le menu du jour. Un parcours gardé « secret », dont les plus agiles connaissaient la moindre zone de ravitaillement entre les hôtels de départ et d’arrivée réservés depuis le mois d’août. Comme le détail de ses 3 jours de festivités prévues en Franche-Comté entre le 14 et le 16 juillet. (Une arrivée d’étape à la Planche-des-Belles-Filles en Haute-Saône ; puis une journée de repos, et un départ le lendemain matin de Besançon.) Un suspens, vous l’imaginez alors ! à son comble dans toutes les officines qui commentaient déjà le grand départ 2015 à Utrecht aux Pays-Bas. (Si le Blog Cycliste vous le dit !?) Une sorte d’effet Doppler sur la scène au moment du verdict. Jean-Luc Gantner

Présentation du Tour de France 2014 : L’Est à l’honneur !

Auryan Guyon (le jeune coureur de l’Amicale Cycliste Bisontine) décrypte le parcours du Tour de France 2014 pour le Blog cycliste.

Comme on le savait déjà, l’est de l’hexagone sera à l’honneur à l’occasion du 101ème tour. Un parcours truffé de pièges avec une première semaine atypique.

En effet, le tour 2014 s’élancera de Leeds dans le nord de l’Angleterre, ce qui en fait le départ le plus septentrional de son histoire. Une première étape de sprinteurs (on pense déjà au britannique Mark Cavendish…) puis un deuxième volet beaucoup plus corsé à l’image de celle de l’année dernière sur l’ile de beauté. Une étape « Liège-Bastogne-Liège » avec 3000 m de dénivelés répartis sur les 198 kms entre York et Sheffield. Il s’agira forcément d’une étape piège tout comme la 5e manche entre Ypres et Arenberg-porte du Hainaut, une fois le Tour revenu en France, une étape de 9 secteurs pavés (environ 20 kilomètres). Nul doute que les favoris prendront leurs précautions et feront des reconnaissances dans le Nord. On se souvient qu’en 2010 sur le même type d’étape, Lance Armstrong y avait perdu de précieuses minutes et Frank Schleck une clavicule…

TDF 2014 (carte)


Ensuite, le tour fait cap à l’est avec 3 étapes dans les Vosges dont la première avec l’arrivée au sommet du mur de la Mauselaine (2 bornes à 10%) à Gerardmer. La « perle des Alpes » accueillera le lendemain le départ d’une étape pour baroudeur avec l’arrivée à Mulhouse. Puis le 14 Juillet, jour de fête nationale, une étape avec 4000 m de dénivelé devrait décanter le classement général. Pas moins de 6 cols avec des pentes raides comme la trouvaille d’ASO  (le col des Chevrères) avant l’arrivée au sommet à la Planche des Belles-Filles qui fait son retour deux ans après la victoire de Christopher Froome.
Le lendemain ce sera repos à Besançon avant un départ fictif, le 16 juillet, en longeant les voies du tramway pour un départ réel à Avanne en direction d’Oyonnax (186 kms).
Deux jours plus tard on sera déjà dans les Alpes avec deux étapes avec arrivée en altitude. La première à Chamrousse sur les hauteurs de Grenoble où Lance Armstrong y avait remporté un contre la montre en 2001. La deuxième à Risoul où Nairo Quintana s’était révélé sur les routes du tour de l’avenir en 2010 à l’issue… d’un contre la montre, qui, en 2014, n’aura lieu qu’à une reprise sur les routes du tour. En effet, seulement 54 kms sont réservés à l’exercice solitaire sur la prochaine grande boucle lors de l’avant dernière étape entre Bergerac et Périgueux.
Avant cela, les Pyrénées auront sûrement fait le ménage car avec 3 étapes difficiles dont la première qui relie Carcassonne à Bagnères de Luchon avec le Port de Balès comme juge de paix sera longue de 237 kms ! Le lendemain, la 17e étape entre Sary Soulan et le Plat d’Adet est vue par beaucoup comme l’étape reine. Il faut dire qu’avec 40 kilomètres d’ascension (4 cols) en 125 kilomètres seulement, les plus forts seront forcément devant. Enfin, la dernière étape Pyrénéenne qui emprunte le col du Tourmalet avant l’ascension finale à Hautacam sera le théâtre de l’explication finale entre les favoris.
Pour finir, la traditionnelle « étape de gala » avec l’arrivée sur les champs Élysées, ne se fera pas en nocturne comme l’année dernière. Vivement le 5 Juillet ! A.G

LES 21 ÉTAPES DU TOUR DE FRANCE 2014
  5 juillet : 1ère étape, Leeds (Angleterre) – Harrogate (Angleterre), 191 km
  6 juillet : 2e étape, York (Angleterre) – Sheffield (Angleterre), 198 km
  7 juillet : 3e étape, Cambridge (Angleterre) – Londres, 159 km
  8 juillet : 4e étape, Le Touquet-Paris-Plage – Lille, 164 km
  9 juillet : 5e étape, Ypres (Belgique) – Arenberg Porte du Hainaut, 156 km
10 juillet : 6e étape, Arras – Reims, 194 km
11 juillet : 7e étape, Epernay – Nancy, 233 km
12 juillet : 8e étape, Tomblaine – Gérardmer La Mauselaine, 161 km
13 juillet : 9e étape, Gérardmer – Mulhouse, 166 km
14 juillet : 10e étape, Mulhouse – La Planche des Belles Filles, 161 km
15 juillet : Journée de Repos
16 juillet : 11e étape, Besançon – Oyonnax, 186 km
17 juillet : 12e étape, Bourg-en-Bresse – Saint-Etienne, 183 km
18 juillet : 13e étape, Saint-Etienne – Chamrousse, 200 km
19 juillet : 14e étape, Grenoble – Risoul, 177 km
20 juillet : 15e étape, Tallard – Nîmes, 222 km
21 juillet : Journée de Repos
22 juillet : 16e étape, Carcassonne – Bagnères-de-Luchon, 237 km
23 juillet : 17e étape, Saint-Gaudens – Saint-Lary-Soulan Pla d’Adet, 125 km
24 juillet : 18e étape, Pau – Hautacam, 145 km
25 juillet : 19e étape, Maubourguet Pays du Val d’Adour – Bergerac, 208 km
26 juillet : 20e étape, Bergerac – Périgueux, 54 km (contre-la-montre individuel)
27 juillet : 21e étape, Evry – Paris Champs-Elysées, 136 km

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