10 Juin

Consultation sur le nom de la région : démocratie confisquée ?

« Et il faudra veiller que cette démocratie ne soit pas confisquée. »

C’était la conclusion de l’article « Je choisis Occitanie » sur le blog occitan en date du 8 juin. Il semblerait que tout ceci se confirme. La Région avait pourtant fait mieux et plus démocratique que les autres. Une consultation large, innovante, citoyenne, contrôlée, techniquement inattaquable, devant aboutir sur un résultat fiable. Pas un simple sondage où l’on clique plusieurs fois, juridiquement pas un vote, mais une vraie consultation citoyenne validée. Seulement voilà, la fiabilité et la démocratie semblent s’arrêter là : sur la consultation mais pas forcement sur le résultat !

En hauts-lieux la Région ne veut pas du nom « Occitanie »

Très clairement, le choix est déjà fait à la tête de la Région : c’est « Languedoc-Pyrénées ». Certains ne s’en cachent pas dans les couloirs du Conseil Régional, encore très récemment. Alors quand des fuites laissent entendre (Info ou Intox?) qu’ Occitanie est en tête, les choses se crispent un peu. Sur le blog politique de France 3, Laurent Blondiau -le Directeur de Cabinet de Carole Delga- croit bon de se justifier. Il précise qu’il n’a « évidemment pas accès aux résultats mais je connais les chiffres de la participation… » La transparence n’est décidément pas de mise. Il aura fallu les révélations de France 3 et l’intervention d’un membre du Comité du Nom pour que la Région dise enfin qu’il y aura un huissier ce soir à Toulouse vers minuit pour la clôture des votes électroniques et un autre mercredi 15 juin pour le vote papier. De manière étrange, rien ne semblait prévu. Pas de quoi être rassuré sur la suite du processus.

Un vote sérieux et encadré de plus de 200 000 citoyens finalement occulté ?

La consultation est large (sans doute plus de 200 000 participants), exemplaire, elle a un coût non négligeable, et elle ne serait pas plus décisive que l’avis du CESER ou la consultation menée auprès des maires et des lycéens ? Alors pourquoi se donner autant de mal si c’est pour traiter cette consultation comme un simple sondage ? C’est en tous cas la réponse que fait Laurent Blondiau au blog politique : « la consultation est là pour éclairer l’exécutif. Elle vient compléter les autres consultations. Celle du CESER (ndlr Conseil Economique, Social et Environnemental), des maires. L’ordre d’arrivée de la consultation populaire ne sera pas forcément celui des élus régionaux ». Ah, bon, il y aurait eu d’autres consultations ? Lesquelles? Pour le CESER, c’était un avis formulé par le bureau; concernant les maires et autres propositions institutionnelles ou consulaires, la région a reçu environ 200 réponses, avant que le Comité du Nom ne se prononce… On ne peut pas mettre sur un même plan d’égalité la consultation et le reste. Selon Gérard Onesta, président du Bureau de l’Assemblée, cette improbable synthèse « n’a jamais été présentée et encore moins décidée ainsi (il suffit de réécouter les débats de Plénière et de relire les textes qui lui ont été soumis)… » 

On a quand même l’impression que tout est bon pour écarter tout nom choisi par la population qui ne serait pas celui des dirigeants de l’assemblée régionale. Surtout si c’est « Occitanie » !

24 juin : résultat de la consultation et vote des 158 conseillers régionaux

Les votes seront clos ce soir à minuit pour la partie électronique et le cachet de la poste fera foi pour les votes papiers qui continueront d’arriver en début de semaine prochaine. Il y aurait plus de 158 000 votes électroniques et environ 43 000 votes papiers. Mais il semblerait que les résultats ne seront pas rendus public avant le vote en assemblée plénière. Toujours la transparence. Les élus en auront la primeur et donc l’exclusivité. Toujours la transparence.

Une consultation, aussi sérieuse soit-elle, n’a pas force de vote. Mais elle engage, inversement de l’écart qu’il y aurait entre le premier nom et les suivants : plus l’écart est faible, plus grande est la liberté des conseillers régionaux. Si un nom se détache très clairement, la marge de manœuvre sera très étroite. Les 158 conseillers régionaux prendraient-ils alors le risque de confisquer la démocratie et jeter ainsi un peu plus de discrédit sur la politique et les politiques. Ils feraient ainsi le jeu d’un populisme très ambiant et nauséabond qui veut que les élites dirigeantes se sont détournées du peuple. Un très mauvais signal pour un début de mandature…

Lo Benaset

 

14 Mai

Festenal Occitano-Pradettes

Vendredi 20 et samedi 21 mai, le quartier des Pradettes de Toulouse va vivre à l’heure occitane. À l’initiative du Collectif des Associations des Pradettes et de l’association occitane Los Pradelons, ce tout nouveau festival veut mettre l’occitan à l’honneur mais aussi le vivre ensemble dans ce quartier à la grande mixité.

Au programme : du théâtre le vendredi soir avec la compagnie de théâtre amateur occitan « Lo Teatre del Platanièr ».
De nombreuses festivités sont prévues le samedi 21 mai à partir de 12h30 sur la place des Pradettes avec l’inauguration du festival en présence des deux parrains : Christophe Alvès, maire du quartier des Pradettes et Alem Sure Garcia. Une inauguration suivie d’un apéritif musical et d’un repas partagé. L’après-midi, Georges Labouysse animera une conférence sur l’histoire de Toulouse. Ensuite, danses traditionnelles et chants polyphoniques feront vibrer la place des Pradettes. Un festival qui se terminera en beauté avec le groupe Du Bartàs.

Une équipe de l’Edicion occitana a suivi pendant toute une journée les bénévoles qui se boulèguent pour mettre sur pied ce nouveau festival.


Occitano-Pradettes

Reportage de Sirine Tijani, Denis Hémardinquer, Michel Blasco. Montage de Charlotte Willocq.

Cossí votar pel nom de la Region

La consultation citoyenne pour le nom de la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées a commencé lundi 9 mai.

L’engouement est tel que les serveurs ont saturé les premiers jours. Samedi, ils étaient plus de 49 640 à s’être prononcés pour Occitanie, Occitanie-Pays Catalan, Languedoc, Languedoc-Pyrénées ou Pyrénées-Méditerranée avec la possibilité de voter sur internet ou par coupon de presse.

L’Edicion occitana vous explique comment tout cela fonctionne.

 

Comment voter pour le nom de la région

Reportage de Sirine Tijani, Denis Hémardinquer, Michel Blasco. Montage de Charlotte Willocq.

21 Mar

L’Institut d’Estudis Occitans e las regions novèlas

Dins un comunicat en data del 2 de març, l’IEO interpèla l’ensemble dels elegits -e de primièr los Presidents de las 4 regions occitanas novèlas- per demandar una reconeissença , mercés a una declaracion particulara, de la lor apartenéncia a un ensemble mei bèl, que s’apèla Occitània. E l’IEO de far passar son eslogan : « Occitània es 4 regions ». Pas un pausicionament dirèct sus lo nom que poiriá prene la region novèla Lengadòc-Rosselhon Miègjorn-Pirenèus, mas un biais d’afortir son ròtle de federacion de tot l’espaci occitan. Lo comunicat fa quand meme debat en LRMP.

IEO Autocollant Occitania-BR FTVc

Un corrièr als elegits regionals

Abans las eleccions regionalas e quitament al moment de la crida de Montpelhièr, l’IEO mandèt un corrièr als candidats. Ven de far de mème als elegits de las 4 regions occitanas : Lengadòc-Rosselhon Miègjorn-Pirenèus, Provença-Aups-Còsta d’Azur, Aquitania Peitau-Charantas Lemosin, Auvèrnha Ròse-Aups. Totes an recebut una letra e la brocadura « L’Occitan qu’es aquò ? » Un comunicat per explicar çò qu’es Occitània e anar cap a mai de politicas entre las regions sus aquesta question de la lenga e de la cultura. An recebut quauquas responsas mas pas cap d’engajament per ara dels 4 presidents : Carole Delga, Alain Rousset, Laurent Wauquiez e Christian Estrosi. Lor van benlèu prepausar tanben un texte per far adoptar. Mas l’IEO vòl pas s’engatjar directament sul nom de la region LRMP, la sola ont Occtània poiriá figurar. Son director Laurenç Gòsset qu’avèm sonat duèi de matin nos a donat quauquas precisions.

Sul nom de la region LRMP : pas « Occitània » solet

unnamedL’IEO participèt pas fa un an al collòqui sus la fusion de las regions a Tolosa, ni mai als acamps per discutir del nom organizats dempuèi per Païs Nòstre e Convergéncia Occitana. Las aficas « Notre région c’est l’Occitanie » faguèron sortir l’IEO de sa resèrva. Alèra lo comunicat « Occitània, es 4 regions » sona un pauc coma un avertiment. L’IEO es pas tanpauc representat dins lo « Comitat del Nom de la Region » que ven de se metre en plaça en LRMP, alèra que i a al mens 3 personas conegudas coma occitanas.

Laurenç Gosset nos dís que i a ben un debat en intèrn sus l’utilizacion del nom d’Occitània. L’IEO vòl pas qu’Occitània siague utilizat solet mas « l’ajustament d’una qualificacion seriá compatibla se designa explicitament una partida de l’espaci occitan » segon son director. Mas i aurà pas de causida sus un nom en particular. L’IEO compta quicòm coma 2 000 membres; la mitat son en Miègjorn-Pirenèus Lengadòc-Rosselhon. L’afar del nom es donc pas anecdotic.

Ara, l’IEO va prene lenga amb aqueste « Comitat del Nom » e se consacrar a de trabalhs jujats « mai utiles » tals coma d’accions interregionalas sus la petita enfança o encara las revendicacions de portar per las eleccions de 2017.

Lo Benaset

 

27 Fév

L’occitan à l’Euro 2016

Alors que le championnat d’Europe de football se prépare à Toulouse, la fédération occitane « La Joventut Mondina » a décidé de s’investir pour que l’occitan ne soit pas oublié de la compétition.

Toulouse accueillera 4 matchs du 13 au 26 juin. Des supporters venus d’Italie, de Suède, du Pays de Galles ou encore de Russie sont attendus dans la ville rose. Un « guide du supporter », traduit dans plusieurs langues par des étudiants de l’université Jean-Jaurès, leur sera distribué.

Pour la Joventut Mondina, ce guide est une opportunité à ne pas manquer pour y faire la promotion de la lenga nòstra : une présentation de l’occitan devrait ainsi être incluse dans le guide ainsi qu’un plan d’accès à la Maison de l’Occitanie de Toulouse qui accueillera une exposition mise en place par le Cirdoc sur les jeux traditionnels du Languedoc.

Mardi 23 février, « La Joventut Mondina » a organisé une conférence à la Maison de l’Occitanie avec Toulouse Métropole (en charge de l’événement) et les étudiants en langues volontaires pour participer aux traductions. L’occasion de présenter le projet de l’Euro à Toulouse mais aussi de faire la promotion de l’occitan. Une équipe de l’Edicion Occitana y était.

 

L’occitan à l’Euro 2016

Reportage de Sirine Tijani, Jack Levé et Christian Pelhate. Montage d’Ana Luisa Ruppert

15 Fév

Quel nom pour la nouvelle région ?

Quel nom choisir pour la nouvelle région qui réunit Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées ? Si certains se mobilisent pour Occitanie (à l’image de Romain Quiles qui a lancé la pétition « Dîtes Oui à l’Occitanie »), d’autres militent pour « Occitanie-Catalogne » comme País Nòstre et le collectif Catalan SEM. Une pétition a également été lancée (« Notre Région, c’est Occitanie-Catalogne ») et une réunion est prévue le 20 février à l’Ostal occitan de Narbonne à partir de 14h30.

Au programme : discussions autour du nom et du drapeau, réflexions sur les actions à mener pour promouvoir au mieux le nom « Occitanie-Catalogne » avant de terminer en musique avec le chanteur occitan Joanda et le chanteur catalan Pere Figueres.

Samedi 13 février, l’Edicion Occitana est revenue sur la question :

Quel nom pour la région ?

Reportage de Sirine Tijani, Jack Levé et Michel Blasco. Montage Christelle Lacroix.

08 Fév

Révision constitutionnelle : baroud d’honneur socialiste sur les langues régionales

Alors que les discussions se poursuivent à l’assemblée et que le débat n’en finit plus de s’enliser, des députés socialistes ont bien fait une proposition d’amendement pour ratifier la charte européenne des langues minoritaires. Histoire de rajouter un peu plus de confusion ou pour faire oublier le ratage du 14 janvier dernier.

Un groupe de 24 socialistes a déposé l’amendement N°86 permettant d’autoriser la ratification de la charte européenne des langues régionales. On y retrouve quelques figures connues comme Colette Capdevielle (député des Pyrénées-Atlantiques), Messieurs Pellois et Rouillard (Bretons), Mme Berthelot (Guyane), Mme Florence Delaunay (Landes), Mme Marie-Hélène Fabre (Gironde), Pascal Terrasse (Ardèche) ou encore l’ancienne maire de Pau Martine Lignières-Cassou. Le texte n’a aucune chance d’être voté car tout ce qui ne concerne pas l’état d’urgence et la protection de la nation devrait être banni. Alors pourquoi le faire? Sans doute pour faire oublier l’énorme couac du 14 janvier. On se demande d’ailleurs que faisaient tous ces députés au moment du vote? Pascal Terasse fait d’ailleurs partie des fameux 4 absents qui ont retourné le vote contre la Proposition de Paul Molac. Un texte similaire avait été porté par Christiane Taubira et retoqué au sénat en octobre par les sénateurs Les Républicains. Le nouveau garde des sceaux Jean-Jacques Urvoas, défenseur des langues régionales y sera peut-être sensible.

Pour compléter le tour des amendements, l’ancien président du conseil exécutif de Corse, Paul Giacobbi, soutenu en partie du groupe radical, propose que l’île de Beauté soit reconnue dans la Constitution (Amendement N°53). Un amendement en tous points identique a été déposé par le socialiste François Pupponi. Le même Pupponi qui veut aussi reprendre à son compte l’amendement de Paul Molac qui prévoyait de modifier l’article 2 de la constitution « La français est la langue de la République » en y rajoutant : « Dans le respect des langues régionales de la France ». Un baroud d’honneur à forte dose d’illusionnisme.

Lo Benaset

06 Fév

David Grosclaude quitte l’OPLO

En novembre dernier, l’Office Public de la Langue Occitane était officiellement installé à Toulouse.

La création de ce Groupement d’Intérêt Public, chargé de proposer et de mettre en œuvre une politique linguistique en faveur de l’occitan, avait été votée par les Assemblées régionales d’Aquitaine et de Midi-Pyrénées en juin 2014, puis publiée au Journal Officiel plus d’un an après, en septembre 2015.

Pour obtenir cette publication qui se faisait trop attendre, le conseiller régional d’Aquitaine David Grosclaude avait dû entamer une grève de la faim du 27 mai au 3 juin 2015. C’est donc tout naturellement David Grosclaude qui avait été élu président de l’OPLO lors du Conseil d’administration et de l’Assemblée générale le 12 novembre dernier.

Mais depuis, les élections régionales sont passées par là et David Grosclaude n’a pas été réélu au Conseil régional d’Aquitaine. Il ne peut donc plus assurer ses fonctions puisque le président de l’OPLO doit être un élu. Dans cet entretien diffusé dans l’Edicion occitana du 30 janvier, David Grosclaude nous explique la situation et nous parle de l’avenir de l’Office Public de la Langue Occitane.

Entretien avec David Grosclaude

Reportage de Sirine Tijani, Jack Levé et Michel Blasco. Montage de Marie-Pierre Duvivier

06 Jan

Cossí anatz votar pel nom de la region.

Fabrice Valéry a publié un article sur le site de France 3 Midi-Pyrénées. Un article complet qui fait le point sur ce qui va se passer dans les prochains jours jusqu’au choix final.

Guy David Carole Delga à la manifestation de Montpellier. Photo : Facebook de Guy David

Guy David Carole Delga Damien Alary à la manifestation de Montpellier. Photo : Facebook de Guy David

Carole Delga, nouvelle présidente de la région, a confirmé sur France 3 que la consultation citoyenne pour le nom de la future région se fera via internet. Plusieurs noms seront proposés aux habitants de la région.

La consultation populaire que la nouvelle présidente de la Région Languedoc-Roussillon Carole Delga a proposé d’organiser pour choisir le nom de cette nouvelle région aura lieu sur internet, très probablement au printemps.

Innovante et transparente

Lors de son discours après son élection à la présidence lundi 4 janvier, Carole Delga a parlé d’une « consultation populaire (…) innovante et transparente ». Quelques heures plus tard, en direct sur France 3 dans le 19/20, elle a confirmé que cette consultation se ferait sur internet et que les citoyens n’auraient pas « une feuille blanche » mais que plusieurs noms seront proposés.

L’impossible référendum

L’idée d’organiser sur ce sujet un référendum, avec bureaux de vote, urnes et bulletins, a très vite été abandonnée. Le coût en serait gigantesque et le temps manque également. Les assemblées régionales des régions fusionnées doivent avoir délibéré avant le 1er juillet prochain sur le nom de ces régions, sinon c’est l’Etat qui le fera à leur place !

La souplesse d’internet

C’est donc sur internet que la consultation aura lieu. Peut-être sur le nouveau site internet de la grande région ou sur un site connexe créé pour l’occasion. Cela a le mérite d’être peu coûteux et de durer un certain temps, pour laisser la possibilité au plus grand nombre de se prononcer. 

Quand allons nous voter ?​

Cette consultation n’aura pas lieu tout de suite. D’abord parce que la nouvelle présidente a d’autres chats à fouetter : mettre en place la nouvelle région, l’exécutif, la répartition des rôles entre Toulouse et Montpellier… Elle a aussi promis de lancer rapidement son plan Marshall pour le BTP, doté de 800 millions d’euros dès 2016. 
Enfin, il faut le temps de mettre en place cette consultation sur le plan technique. Et de choisir les noms parmi lesquels nous allons choisir. Cela aura donc certainement lieu au printemps, entre avril et mai. 

Le choix des réponses

La liberté de choix et la participation des citoyens est une chose, la rédaction des propositions en est une autre. Ce sont les élus et l’administration de la région qui proposeront les différents noms parmi lesquels les citoyens devront faire leur choix. Et cela n’est pas anodin. On sait par exemple que Gérard Onesta (EELV), membre de la majorité de Carole Delga, penche fortement pour que le nom contienne la notion d’Occitanie. Cette proposition ne pourra pas être absente des choix proposés aux internautes, sous peine de clash avec les écologistes. 

Un nom pour quoi faire ?​

Le nom de la nouvelle région n’est pas un simple gadget. Il sera le vecteur commun de près de 5 millions d’habitants répartis auparavant dans deux régions, qui, bien que voisines, ne travaillaient pas forcément ensemble. Il sera un mode d’identification et d’appartenance. Il ne doit pas non plus être trop long pour ne pas devenir un boulet à traîner.

Quelles propositions ?​

Il ne s’agit pas ici de lister les noms qui seront proposés aux internautes. Mais de voir les avantages et les inconvénients des uns et des autres.

  • Certains penchent pour un mix entre les noms des deux anciennes régions : Languedoc-Pyrénées par exemple. Sans doute un peu artificiel.
  • La proposition Sud de France a été repoussée. Elle rappelle la marque commerciale des produits du Languedoc lancée il y a quelques années par Georges Frêche. Et ses initiales sont… SDF !
  • L’Occitanie fâche les Catalans qui se sentent exclus.
  • Languedoc également. Même s’il exprime une situation géographique et linguistique, il ne retiendrait qu’une partie du nom d’une des deux régions et aucun élément de l’autre.
  • Certains proposent un nom court et facile à retenir. Sud se voit reprocher d’être une simple notion géographique en fonction de la situation de la région par rapport à Paris. Et alors ? Il y a bien le Nord ! Quant au Midi poussés par d’autres, il engloberait une notion qui irait jusqu’à la Provence.

Une chose est sûre. Comme dans toutes les consultations, une majorité choisira pour l’ensemble des citoyens. Il y aura donc des mécontents. Forcément. 

@fabvalery

09 Déc

Langues régionales et région Provence

Aprèp Aquitània, Alsàcia, Bretanha, Miègjorn-Pirenèus, Lengadòc-Rosselhon, Auvèrnha, aquí la responsa de Provença. E de precisions de la lor part per començar. Mas pas de responsa sus la destinacion de l’argent : pel provençal? Per l’òc? Per quicòm mai… 

Photo : Conseil Régional

Photo : Conseil Régional

L’esprit de ce secteur des Cultures régionales est de concilier un principe de valorisation de la mémoire et de l’identité en développement de la région avec leurs interprétations artistiques et culturelles contemporaines. Compte tenu de la diversité des pratiques linguistiques en Provence-Alpes-Côte d’Azur, la Région soutient des initiatives artistiques et culturelles en respectant la richesse que représente ces diverses traditions. Dans cette perspective, toutes les actions qui incitent à la pratique de la langue ou les projets de création qui mobilisent la langue comme héritage régional d’une histoire et d’un imaginaire peuvent être retenus. Qu’ils se réclament d’une tradition occitane, provençale, gavote ou nissarte…. Ce respect de la diversité de notre patrimoine immatériel et de ses spécificités locales, dans toute leur richesse et leur pluralisme, est la marque de notre politique culturelle régionale en la matière.

Miqueu Montanaro Photo : Conseil Régional

Miqueu Montanaro
Photo : Conseil Régional

1. Quels sont les montants précis ou estimatifs du budget global et quelques postes significatifs pour l’occitan ou autre(s) langue(s) régionale(s) ?
En 2015, le soutien s’est élevé à 1,5 M € répartis selon trois orientations :
-l’aide à un projet de création : 120 000 €
-la valorisation et la transmission de la langue : 500 000 €
-la diffusion culturelle, les festivals et les spectacles : 500 000 €

2. Il y-a-t-il dans votre département un(e) élu(e) ou chargé(e) de mission pour la (les) langue(s) régionale(s) ou une personne qui s’en occupe particulièrement ?
Jusqu’en 2009, les demandes faites à la Région dans le domaine « Culture régionale et cultures régionales » étaient dispersées dans divers secteurs : spectacle, livre, langue… Afin de coordonner l’action régionale dans ce domaine, un élu membre de la Commission Culture de la Région a été nommé par le Président de la Région pour dynamiser la politique régionale en la matière. Un poste de chargé de mission à la « Culture régionale et aux cultures régionales » a par ailleurs été créé en février 2009 afin « de coordonner les politiques régionales en faveur du développement de la culture régionale et des cultures régionales ».

3. Cette langue régionale est-elle langue officielle dans la Région ?
La langue régionale est très répandue dans la signalétique des noms de communes (traduction sur les panneaux routiers…) mais aussi dans les noms de rues (traduction ou persistance du nom traditionnel).

André Gabriel Photo : Conseil Régional

André Gabriel
Photo : Conseil Régional

4. Des actions spécifiques sont-elles menées en matière d’éducation, de transport, de culture ou de media occitan ?
-En matière d’éducation : le secteur des Cultures régionales a été intégré aux conventions de partenariat culturel entre la Région, le Ministère de la culture, et les deux académies d’Aix-Marseille et de Nice. Ainsi, dans le cadre de conventions « Vie lycéenne et apprentie », dispositif d’action éducative de la Région, les chefs d’établissement peuvent présenter des actions de valorisation des cultures régionales.
-En matière de culture : la Région soutient les créations des artistes de son territoire dans les domaines du spectacle vivant et les éditeurs de textes patrimoniaux ou de création dans le cadre du Conseil d’Aide à la Création. Chaque année, plus de trente projets sont soutenus ainsi que de nombreux festivals de danses et de musiques traditionnelles et du monde.
-En matière de médias : la Région apporte notamment son soutien à l’émission Vaqui, magazine itinérant en langue d’Oc, diffusé sur France 3 dans le cadre d’un partenariat établi avec France Télévisions. Des aides sont également octroyées à des associations qui développent la présence des langues régionales sur Internet en numérisant des textes ou des archives.

5. D’autres initiatives sont-elles menées ?
Des opérations de valorisation et de sensibilisation à la diversité culturelle régionale sont régulièrement organisées en partenariat avec la Régie culturelle régionale, établissement public présidé par la Région. La plus symbolique des manifestations s’est déroulée dans le cadre de Marseille-Provence 2013 à Aubagne (Le Monde est chez nous) puis à Digne en 2014 (Le Monde est en région), toutes deux rassemblant, dans le cadre de la même programmation, des artistes du monde et de la culture d’Oc.
« Le Monde est chez nous » : une programmation artistique précédée d’ateliers mobilisant les acteurs régionaux et de nombreux amateurs.
« Le monde est en région » : 250 artistes réunis dans la continuité du « monde est chez nous »

20131002111944-87724a32Les orientations du secteur des Cultures régionales.
Pour structurer le dialogue avec les acteurs de ce secteur, trois orientations ont été retenues :
-la consolidation et la valorisation des créations et des expressions artistiques de la culture et des cultures régionales dans l’ensemble des pratiques : musicales, théâtrales, littéraires…,
-le développement de pôles de référence consacrés à la rencontre entre pratiques artistiques traditionnelles et contemporaines ou à la conservation de la diversité des mémoires culturelles de la région,
-le dialogue entre les diverses cultures régionales dans le cadre d’actions culturelles conçues dans une perspective de rencontre et d’échange.

Dans ce cadre, quatre axes de travail ont été mis en oeuvre :
-le soutien à la création : le « Conseil d’Aide à la Création pour les cultures régionales » examine, au même titre que dans les autres secteurs culturels, les projets de création des acteurs du secteur,
-le soutien au réseau régional des centres et manifestations de référence des cultures régionales : pour la diffusion artistique (par exemple, le Chantier de Correns, MCE à Marseille) ou pour la valorisation de la mémoire régionale et/ou de la langue (Le Felibrige, les Calandretas…),
-le soutien à un projet régional de valorisation et de diffusion des cultures régionales,
-le soutien à l’investissement pour les projets de création ou de valorisation des mémoires régionales.

Benoît Roux et Vicenta Sanchez