07 Mar

Torneg de las VI nacions : la veishiga cantarà en occitan.

 imagesDissabte, i aurà d’ambient del costat de Saut de Navalhas devèrs las 5 oras de l’aprèp dinnar. E la sala Francis Moulia de l’estadi de rugbí risca d’èsser confla. Sus la granda tèla : la partida Escòcia-França. E dins tota la sala, los comentaris en occitan.

Deja l’an passat, las associacions Cultura de Noste e los Comelodians ambe los joves jogaires de Saut de Navalhas avián convidat lo monde a venir far viure la partida en lenga nòstra. Mas per aqueste còp an trobat un trio de tria : Jòrdi Lamarlèra director de la calandreta d’Ortès e los duetistas famoses de « My actualitat m’espanta », vòli parlar de Julian Cabarry et Pierrick Bordenave.rugbi

E plan solide en Biarn, las causas se passan pas atal. L’escaufament se farà amb una bona cantèra. L’analisi tecnica de la partida serà assegurada per un bon aperitiu. E per degelir una desfacha o festeja la victòria dels blaus, res de melhor que de s’engolar una bona garbura.

L’afar serà en direct sus Ràdio País.

Lo Benaset

20 Jan

La Charte européenne des langues régionales ou minoritaires : qu’es aquò ?

Il en sera question ce mercredi à l’Assemblée Nationale lors d’une discussion autour d’un projet de loi constitutionnelle. Il s’agit bien sûr de cette fameuse Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. François Hollande avait fait de sa ratification son 56ème engagement de campagne, mais avant de connaître l’issue des discussions et peut-être même un jour du vote des parlementaires, voici en gros ce qu’il faut retenir de cette Charte…

Les origines : la Charte a été élaborée à partir d’un texte proposé par la Conférence permanente des pouvoirs locaux et régionaux de l’Europe. Elle a été adoptée comme convention par le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe le 25 juin 1992. Elle a été ouverte à la signature le 5 novembre 1992 à Strasbourg et est entrée en vigueur le 1er mars 1998.

Son objectif : La charte est là pour sauvegarder et promouvoir la diversité du patrimoine culturel de l’Europe dont les langues régionales ou minoritaires font partie. Il s’agit d’une convention destinée à protéger ces langues, et à favoriser leur emploi dans la vie privée et publique. Son objectif est donc d’ordre culturel.

Sa composition : La Charte se décompose en 5 parties et 23 articles. Huit principes fondamentaux structurent « l’esprit » de la Charte et définissent en fait les objectifs sur lesquels les Etats doivent fonder leur politique :

  • La reconnaissance des langues régionales ou minoritaires en tant qu’expression de la richesse culturelle.
  • Le respect de l’aire géographique de chaque langue régionale ou minoritaire.
  • La nécessité d’une action résolue de promotion.
  • La facilitation et/ou l’encouragement de l’usage oral et écrit dans la vie publique et dans la vie privée.
  • La mise à disposition de formes et de moyens adéquats d’enseignement à tous les stades appropriés.
  • La promotion des échanges transfrontaliers.
  • La prohibition de toute forme de distinction, discrimination, exclusion, restriction ou préférence injustifiées portant sur la pratique d’une langue régionale ou minoritaire et ayant pour but de décourager ou de mettre en danger le maintien ou le développement de celle-ci.
  • La promotion par les Etats de la compréhension mutuelle entre tous les groupes linguistiques du pays

 

68 engagements concrets organisés autour de 7 domaines de la vie publique constituent le cœur de la Charte, dans sa Partie III. 68 engagements qui concernent l’enseignement, la justice, les administrations et services publics, les médias, les équipements et activités culturelles, la vie économique et sociale ou encore les échanges transfrontaliers. Tous n’ont pas tous le même degré d’implication et  permettent aux Etats de s’adapter en fonction de la situation de langue dans le pays en question.

texte de la Charte dans son intégralité

Son application : à ce jour, 25 pays ont signé et ratifié la Charte. Il s’agit de l’Allemagne, l’Arménie, l’Autriche, la Bosnie-Herzégovine, Chypre, la Croatie, le Danemark, l’Espagne, la Finlande, la Hongrie, le Liechtenstein, Luxembourg, le Monténégro, la Norvège, les Pays-Bas, la Pologne, la République Tchèque, la Roumanie, Le Royaume-Uni, la Serbie, la Slovaquie, la Slovénie, la Suède, la Suisse et l’Ukraine.

8 autres pays l’ont signé mais ne l’ont toujours pas ratifié : L’Azerbaïdjan, la France ( le 7 mai 1999), l’Islande, l’Italie, l’ex-République yougoslave de Macédoine, Malte, la Moldavie et la Russie.

Clément Alet

16 Jan

De l’occitan à la télé

Discussion sur la ratification de la charte européenne oblige, les médias se penchent sur les langues régionales. C’est le cas de nos confrères qui couvrent le département de l’Aude Jean-Pierre Laval et Frédéric Guibal. Ils reviennent sur l’existence de calandreta, la présence de l’occitan sur RCF une radio audoise et l’arrivée d’une nouvelle télé sur le web.


L’occitan dans l’Aude par france3midipyrenees

Le 13H de Jean-Pierre Pernaut fait aussi cette semaine tout une série sur les langues régionales. Mardi, c’était l’occitan dans l’Hérault, à Clapiers non loin de Montpellier. Avec toujours une calandreta, mais, 13h oblige, il y avait du béret, forcément du béret…!

Benoît Roux

17 Déc

Charte européenne : ça se précise…

L’annonce du Premier Ministre vendredi dernier comme quoi le processus de ratification de la charte européenne des langues régionales était relancé en a surpris plus d’un, y compris chez les défenseurs de ces langues. Quelques précisions s’imposent, de la voix même de celui qui sera le rapporteur de la loi discuté le 22 janvier : Jean-Jacques Urvoas.

Audition de Manuel Valls a l Assemblee Nationale

 Jean-Jacques Urvoas © MaxPPP

Una prepausicion de lèi constitucionala (PLC)

Fin octobre, le groupe Vert de l’Assemblée Nationale puis la semaine dernière les groupes Socialiste, Radical et enfin UDI ont déposé une proposition de Loi constitutionnelle. Elle tient en quelques lignes et c’est la même. « Il s’agit d’ajouter un article 53-3 à l’article 53-2 de la constitution  » selon Jean-Jacques Urvoas.

Art. 53-3. – La République peut ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires adoptée à Strasbourg le 5 novembre 1992, complétée par sa déclaration interprétative. 

Ainsi la ratification sera rendue possible et le Conseil Constitutionnel n’aura plus d’emprise. L’article est simple, un peu sur le modèle de ce qui avait été fait par le sénateur Roland Courteau pour protéger la signalétique bilingue à l’entrée des villes après l’épisode de Villeneuve-lès-Maguelone. Mais ce n’était pas une proposition de loi constitutionnelle.

La PLC sera donc débattue le 22 janvier. Elle ira ensuite au sénat. « Il n’y a aucun risque d’enlisement entre l’Assemblée et le Sénat car nous avons le soutien du gouvernement » toujours selon Jean-Jacques Urvoas.

Incident de seance a l Assemblee Nationale

Assemblée Nationale © MaxPPP

Alors pourquoi une annonce aussi tardive alors que la proposition 56 de François Hollande avait du plomb dans l’aile ?

« Jean-Marc Ayrault a toujours été constant, dans l’opposition comme dans la majorité. Il est favorable à une ratification. Il attendait le moment opportun pour le réaffirmer. Le contexte breton s’y prêtait bien » selon le député du Finistère. « Le gouvernement veut prendre le parlement au pied de la lettre. Il y a des défenseurs des langues régionales. Il faut désormais un vote. »

 E ara ?

Jean-Jacques Urvoas confirme que l’adoption définitive d’une PLC passe obligatoirement par un référendum demandé par le Président de la République et non par la convocation du Congrès et un vote à la majorité des 3/5. Ce qui serait une grande première mais aussi un risque sur l’issue de la procédure. Un plan B existe : « nous espérons que le débat à l’Assemblée Nationale débloque les anxiétés. Que l’on fasse la preuve qu’il y a bien une large majorité sur ce sujet. Si c’est le cas, nous n’excluons pas de faire alors un Projet de loi sur la question. ».

Auquel cas, il faudra alors une majorité des 3/5 au Congrès… Donc difficile d’avoir une idée précise de la date de ratification de la charte. Si elle intervient, ce seront bien les 39 articles (sur les 98 que compte le texte) signés par la France le 7 mai 99 qui seront applicables. En cas de ratification, il faudra ensuite une loi cadre pour leur donner un statut, des lois pour protéger et développer ces langues.  « Ce sera la Ministre Aurélie Filippetti qui reprendra le dossier. Le comité consultatif qu’elle a mis en place n’a pas travaillé pour rien. » Un rapporteur de la loi plus que jamais confiant : « Le contexte est favorable. Si on ne réussit pas maintenant, on ne réussira jamais. »

Ce mardi 17 décembre à 17H, le groupe d’Etudes des Langues Régionales de L’Assemblée Nationale se réunira.

Histoire de préparer le terrain d’un processus qui ne sera pas un long fleuve tranquille.

Benoît Roux

 

 

06 Déc

« Marsiho » : quand Philippe Caubère retrouve Marseille et l’occitan.

C’est un chapaire de mots à l’interprétation toujours parfaite. Un conteur, auteur, acteur, comédien, un grand « Monsieur » qui se produit ce soir vendredi 6 décembre à la Comédie de Toulouse. Il faut en profiter.Affiche_Marsiho_300

Philippe Caubère est un habitué du one-man-show, du òme sol sus l’empont. C’est le cas avec Marsiho, une pièce de 1929 qui parle de Marseille. Mais vue de Marseille –et non de Paris- et par un Marseillais : André Suarès. Un texte très évocateur plein de rage et de fureurs, qui flirte avec Pagnol.

« C’est une peinture extraordinaire, incroyablement moderne, du Marseille des années trente. Il donne de la ville une image très différente de celles qui courent ordinairement, et surtout actuellement ». C’est bien ce qui a touché Philippe Caubère. Cette ville où il est né, d’où il s’est fait jeter quand il a commencé à faire du théâtre. Il en parle dans une interview à Mediapart accordé en 2013. « Ce qui m’a touché immédiatement chez cet auteur, c’est qu’il me parle de moi, de ma famille, de mon arrière grand-père, Antonin Madelon, qui était un petit trader, pour employer un mot moderne, à la Bourse de Marseille. C’était un grouillot, un de ces goujons qu’on appelle « jarretons » à Marseille, des petits mecs qui courent partout et qui lancent des paris ». Le comédien a la nostalgie de cette époque et d’une certaine identité marseillaise et occitane : « elle m’intéresse car je trouve qu’elle n’existe plus. Comme l’identité occitane. Quand on dit « identité occitane », on pense aux années 70, aux années de militantisme occitan. Or, c’est un thème ancestral l’Occitanie. Depuis les troubadours du Moyen âge, c’est une culture qui a fondé l’Europe. Et on a fini par la réduire à une mode militante, qui a existé certes, mais qu’il faut régénérer, réactiver, revendiquer. La réalité de l’Occitanie existe. »

CaubereBenedetto_4Dans les années 70, le locataire du Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine a aussi côtoyé André Benedetto dont il adaptera ses textes avec « Urgent ! Crier » en 2011 et plus récemment « Memento occitan ». Avec ce poème fleuve plein de verve et de lyrisme, Philippe Caubère a ainsi montré son attachement poétique à la langue occitane. « J’ai toujours aimé Pagnol. On aimait Benedetto, la Carriera, etc. Puis en écrivant mes spectacles, j’ai découvert que ce n’était pas seulement de la rigolade et que c’était constitutif de ma personne. Comme Marseille est constitutive de Suarès. Je compare son Marsiho à Fellini Roma, où Fellini parle de lui à travers Rome. »

Il veut désormais travailler sur Mistral. En attendant, ce soir Philippe Caubère est à Toulouse. Il faut aller voir ce comédien prodigieux, militant, intelligent et inclassable. Il jouera Marsiho et Memento occitan du 20 au 23 mars au Théâtre du Pont Tournant de Bordeaux.

Benoît Roux

« La comédie de Toulouse » est située au 16 Rue Saint Germier à Toulouse
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04 Déc

Dans les pommes, sans se paumer ! Sang d’ase, camina del bòsc, formatjona, milharenca…

Premières gelées, les feuilles qui tombent, il est temps de mettre les pommes à l’abri. Et de s’y retrouver : il y a parait-il 15 000 variétés de pommiers dans le monde et 1500 en France. Dans l’Aveyron, l’association Variétés locales 12 en a répertorié 150. Pas tant mal qu’aquò!

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Photos : verger de Luc (Aveyron)

Lancée en 1982, l’idée de répertorier et sauvegarder des variétés anciennes d’arbres fruitiers est lancée dans l’Aveyron. « L’Association Aveyronnaise pour la Conservation des Variétés Locales » siège provisoirement à la chambre d’Agriculture de Rodez. Dans un premier temps il a fallu retrouver ces pommiers quasi abandonnés au bord d’un bartàs, au fond d’un champs (du temps où les fruitiers agrémentaient les parcelles de terre), devant l’ostal… Ensuite, les identifier, ce qui n’est pas une mince affaire. Et remettre sous les projecteurs tout ce patrimoine oublié. Avec l’aide de certaines municipalités aveyronnaises, 8 vergers de sauvegarde ont été créés. Des interventions dans les écoles, les lycées agricoles ont été faites…

carte_vergers

Un intérêt jamais démenti et de plus en plus suivi.  L’association qui s’appelle désormais « Variétés locales 12 » compte aujourd’hui 480 adhérents. Face à l’engouement des variétés anciennes et la demande de transformer les pommes récoltées, il a fallu mettre en place des ateliers mobiles pour faire du jus de pomme ou du cidre. Un truèlh (pressoir) tourne dans le Nord Aveyron, un à Villefranche-de-Rouergue et un autour de Rodez.

20131128_162930Photo : Robert Saules et l’atelier mobile de Salles-la-Source

Depuis le 5 septembre, Robert Saules sillonne les alentours de Rodez et finit sa campagne à Salles-la-Source. De 300 kg de pommes, il ressort du pressoir au moins 170 litres de jus. Pour le cidre, « Batude », « Giscondette », « Rougeasse » ou « Tindoune » sont les plus productives. Tous les jours, une tonne (voire même une tonne et demie) de fruits passe par la râpe et le pressoir. On ne cherche pas la rentabilité mais le service rendu aux gens. Le jus est ensuite conditionné dans des bouteilles plastiques pour une consommation immédiate ou pasteurisé dans des bouteilles en verre pour passer plus que l’hiver. Tous les ans, la quantité de pommes transformées par  l’association  augmente.

Samedi dernier, Robert à nettoyé et rangé son pressoir mobile. Désormais, place à l’entretien des vergers pour préparer la nouvelle saison. Aux alentours du 15 mars, « Variétés Locales 12 » va proposer une démonstration de taille de pommiers pour tous les mordus de la pomme. Histoire de sauvegarder et transmettre un patrimoine.

 

 

20131128_113611En attendant de retrouver ces fondus de la pomme dans Viure al país en janvier, voici quelques expressions tirées de l’excellent diccionari d’expressions e locucions occitanas :

èsser rafit coma una vielha poma (froncé, plissé comme une vieille pomme)

s’aimar coma doas pomas (s’aimer parfaitement)

Benoît Roux