06 Juin

L’occitan perd son cap dins los Pirenèus-Nauts

Après 22 ans de très bons et loyaux services, Bernard Dubarry tire sa révérence. Il était chargé de mission en langue occitane au département des Hautes-Pyrénées. Bernard-DUBARRY_Genevieve-ISSON-550x366Une initiative en 1992 de François Fortassin alors président, poussé il est vrai par le mouvement associatif. En 2008, Robert Tamburello est venu s’adjoindre au service, faisant de ce département l’une des collectivités territoriales les plus présentes sur le terrain occitan. Eth Comitat dera lenga, un conseil d’accompagnement de la politique linguistique, s’est même créé pour l’occasion. Une véritable première en Occitanie. Une démarche volontariste qui a poussé la collectivité publique à signer des conventions pour le développement de l’enseignement, mener des opérations en direction de la petite enfance et des aînés, organiser des manifestations comme le concours bigourdan d’expression gasconne…

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Seulement voilà, Lo Bernat s’en va et pour l’instant, il n’est pas prévu de le remplacer. La mission se poursuit mais le poste est supprimé; il n’y aura plus un chef de service dédié. Robert Tamburello se retrouve désormais seul. Cette annonce confirmée lors de l’Hesteyade a évidemment secoué les défenseurs de l’occitan qui voient là un coup d’arrêt à tous les efforts entrepris jusqu’alors. Une pétition a été mise en ligne, avec plus de 2500 signataires.

Selon François Giustiniani, directeur du service « Archives et Patrimoines » (dont dépend la mission occitane), cela ne signifie pas une réduction des actions. « Le budget est d’environ 145 000 euros, 120 000 pour les subventions, 20 à 25 000 pour des interventions directes comme la journée des 3èmes ou le concours bigourdan de poésie. Il restera à l’identique. » Tout en reconnaissant qu’il y aura une personne en moins pour travailler. « Parfois Bernard Dubarry faisait lui-même certaines choses comme des traductions… Là, ce ne sera plus possible. Mais la mission pourra être abondée avec des crédits supplémentaires pour certaines opérations. Nous ferons appel à des boîtes extérieures. » A condition de trouver les fonds. Pour le reste,  les actions menées en maison de retraite (interventions et formations du personnel) et celles en matière de bilinguisme précoce (carnets de santé bilingues, CD de comptines en gascon…) ne sont pas remises en cause pour l’instant. Plusieurs autres projets seraient à l’étude et Eth Comitat dera Lenga sera toujours sollicité.

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Pas de quoi satisfaire les acteurs occitans des Hautes-Pyrénées réunis dans le collectif Entà que Vísquia era Bigòrra qui regroupe une vingtaine de membres. « Le chargé de mission a permis de revitaliser notre langue. Supprimer ce poste équivaut à supprimer le service pour le réduire aux affaires courantes  » confiait, il y a peu, Pierre Loubère le porte-parole du collectif à La Dépêche. Il s’est réuni mardi soir et demande toujours le rétablissement de ce poste. Cette requête sera reprise et présentée au président Michel Pélieu par des conseillers généraux de la majorité. Entà que Vísquia era Bigòrra tiendra une réunion publique le 20 juin à Ibos. Le collectif compte bien peser et faire des propositions pour que tout le travail accompli ne soit pas vain.</p#>

Benoît Roux</p#>