24 Mar

L’occitan dins las comunalas

Le verdict des urnes est tombé : hausse de l’abstention, forte progression du front National, sanction du PS et de ses alliés et bilan mitigé pour l’UMP. Et du côté de l’Occitanie?

Los candidats de Bastir!

BastirLe mouvement citoyen occitan Bastir avait validé 116 candidatures sur des listes à très forte majorité de gauche. Les listes ont eu du mal dans les grandes villes comme à Pau, Carcassonne, Montauban. Bastir compte tout de même une bonne trentaine d’élus. Essentiellement dans les petites communes où une seule liste était présente. C’est le cas à Salles-Montgiscard (64), Castelnau-de-Montmiral (81), Gavaudun (47), Marignac (31), Saint-Martin-Le-Redon (46) avec le maire sortant Roger Lassaque ou Lavercantière où Gilles Vilard a été réélu.

Le mouvement comptera 4 élus à Moussan dans l’Aude, une ville qui a doublé sa population (1806 habitants) en 15 ans. Dans ce département, Guy Sié le maire sortant de Fleury d’Aude et estampillé Bastir a été réélu. A noter 2 élus seulement dans l’opposition à Labarthe-sur-Lèze (31) et le tête de liste de Lucéram (06). Dans les grandes villes, Auch fait figure d’exception avec 3 élus sur la liste du socialiste sortant et réélu Franck Montaugé. Enfin Anne-Marie Hautant tête de liste Divers Gauche à Orange (84) et candidate Bastir a été élue mais largement battue par le candidat de la ligue du sud Jacques Bompard.

Las vilas grandas occitanas

A Marseille, pas de candidats avec une étiquette occitane. Des discussions ont eu lieu mais sans lendemain avec Pape Diouf. On sait le candidat PS Patrick Menucci un peu sensible au devenir de l’occitan. Mais Jean-Claude Gaudin a toutes les chances de retrouver son fauteuil. A Toulouse, le maire sortant Pierre Cohen PS est à nouveau devancé au premier tour par Jean-Luc Moudenc de l’UMP. Mais celui-ci n’a pas de réserves de voix pour le second tour. Dans cette ville où l’occitan bénéficie d’un large consensus, Pierre Cohen a même déclaré dimanche soir qu’il était le candidat de l’union…occitane !

A Montpellier, le premier tour se termine dans un mouchoir de poche entre les 2 candidats de gauche Jean-Pierre Mourre (25%) et Philippe Saurel (23%) face au candidat de la droite Jacques Domergue (moins de 23%). Les 3 candidats devraient se maintenir dans une ville où le Front National n’a jamais été aussi haut (13%).

A Pau, c’est l’occitanophone François Bayrou qui est largement en tête (plus de 41%) face au PS David Habib et ses colistiers Bastir (25%). A Béziers, ville occitane s’il en est où se trouve notamment le CIRDOC, tout reste possible. Bastir avait choisi la liste d’Elie Aboud ( seul cas d’un candidat Bastir sur une liste UMP). Le candidat d’Union de la gauche Jean-Michel Du Plaa a été le seul à prendre des engagements pour l’occitan. Mais ces deux listes sont largement devancée par celle de Robert Ménard peu enclin aux idées occitanes et soutenu officiellement par le FN. Pour l’instant, on ne sait pas s’il y aura un front républicain. A Nîmes, Jean-Paul Fournier (UMP) arrive en tête devant le FN, la gauche et le Front de Gauche en capacité de se maintenir. Côté Rodez, pays de l’Estivada (mais pour combien de temps?) Christian Teyssèdre est bien parti pour conserver la mairie avec 42% des suffrages. Bruno Berardi avec 2 candidats Bastir arrive en 3ème position avec plus de 13%. Enfin Montauban pourrait bien reconduire l’UMP Brigitte Barèges face à l’ancien maire Roland Garrigues soutenu par Bastir et qui s’est avancé sur des propositions concrètes pour l’occitan.

Un siti bilingüe

Enfin mention spéciale pour Chantal Castaing à Layrac (47). A notre connaissance, c’est la seule à avoir proposé un site entièrement bilingue. Elle peut se maintenir au second tour avec plus de 11% des suffrages.

Benoît Roux