23 Jan

Débat à l’Assemblée : du Moyen Age à Frédéric Mistral en passant par Antonin Perbosc

assemblée

Les députés ont donc débattu hier de la proposition de loi constitutionnelle visant à rajouter un article 53-3 dans la constitution pour pouvoir ratifier la charte européenne. Si le débat est assez pointu voire tordu juridiquement, les arguments des uns et des autres -parfois au sein d’un même parti comme l’UMP- n’ont pas beaucoup évolué.

Mais tout ça n’a été que littérature en attendant le vote solennel du mardi 28 janvier. Petit florilège de citations et références.

Selon le provençal Henri Guaino, ratifier cette charte serait « Un retour aux principautés et aux féodalités du Moyen-Age ». Rien que ça. Le natif d’Arles venait de lancer les hostilités.

GuainoLe rapporteur de la loi Jean-Jacques Urvoas s’est empressé de préciser que « la République ne s’est pas écrite en français ». Et que Jean-Jaurès « commençait ses discours en français et les finissait en occitan ».

D’autres références politiques et littéraires dans la bouche de la Ministre de la Culture, visant directement la plume d’Henri Guaino pour Nicolas Sarkozy et son discours de Dakar sur l’homme Africain : « Vous n’avez pas le monopole de la France, M. Guaino. Vous semblez penser que l’homme régional n’est pas entré dans l’histoire mais la diversité est constitutive de l’histoire nationale. Plus on apprendra de poèmes de Frédéric Mistral en provençal, plus on apprendra de Victor Hugo. »

Et Jean-Jacques Urvoas d’enfoncer le clou en comparant Henri Guaino à l’Abbé Grégoire qui en 1793, disait : « il faut extirper cette diversité d’idiomes grossiers qui prolongent l’enfance de la raison et la vieillesse des préjugés ».

Certains députés ont ponctué leurs déclarations d’interventions en breton comme l’écologiste Paul Molac ou en gallo comme l’UDI Thierry Benoît (Ille-et-Vilaine). C’est en occitan qu’Alain Marc député de l’Aveyron a conclu son discours : « La fe sens òbra mòrta es » (la foi qui n’a pas d’œuvres est morte). Une citation qui fait référence à la Bible et que l’on doit à Antonin Perbosc.

Il faudra une foi inébranlable et beaucoup d’œuvres pour mener à bien cette ratification.

Benoît Roux