08 Oct

Parigo #53 : les successeurs d’Autolib’ passés au crible

On les disait en plastique et pas toujours très propres : les Autolib’ ont pourtant parcouru près de 200 millions de km et rendu de sacrés services aux Franciliens. Rappelons que le service était disponible dans 103 communes du Grand Paris. Leur disparition brutale, le 31 juillet dernier, a laissé plus de 100.000 abonnés déboussolés. Trois mois plus tard, l’espoir est de retour pour les accrocs à l’autopartage électrique : oubliés les Bluecar, place aux ZOE et autres Twizzy : Renault lance son service d’autopartage en free floating mercredi prochain. Et ça tombe bien, Philippe Buros, son directeur commercial, est notre premier invité. Parigo vous dévoile également les autres services amenés à se déployer dans la capitale dans les mois qui viennent : PSA, avec Free to move, Daimler, avec Car2Go, mais aussi Totem Moby, une start-up marseillaise. Enfin, nous verrons avec Anne Hidalgo ce que la ville de Paris compte faire pour accompagner ces nouveaux opérateurs… et ce que deviendrons les bornes Autolib’ orphelines de leur bluecar.

Bertrand Lambert @B_Lambert75
► Sur le même thème : TPM#20 : Autolib’, un modèle dans l’impasse ?
► Pour aller plus loin : Ça se bouscule pour remplacer Autolib’ : 4 opérateurs sont sur les rangs. Le 1er se lance dès mercredi

05 Oct

Ça se bouscule pour remplacer Autolib’ : 4 opérateurs sont sur les rangs. Le 1er se lance dès mercredi

L’air de rien, l’arrêt brutal d’Autolib’ le 31 juillet dernier a laissé un grand vide, privant du jour au lendemain plus de 100.000 abonnés de leur moyen de transport habituel ou occasionnel. A Paris, comme d’ailleurs en banlieue, comme vous pourrez le découvrir dans Parigo, ce samedi à 12h05.

Poussés par la ville de Paris, plusieurs opérateurs avaient rapidement annoncé leur volonté de se lancer dans l’aventure de l’autopartage électrique mais sans donner beaucoup de détails sur leur offres. On en sait désormais un peu plus.

  • Premier à entrer en piste, Renault, allié à ADA, avec son service Moove.inParis. Top départ mercredi prochain, le 10 octobre, avec 100 ZOE et 20 Twizzy. Tout se gèrera via une application dédiée, sans abonnement, et au tarif de 0.39€/min. La zone de freefloating comportera Paris et Clichy pour débuter, et non pas les seuls 11e et 12e arrondissements comme cela avait été – bizarrement – envisagé au départ. Seul hic, et de taille, le service sera indisponible de 0h30 à 5h30, alors même qu’une grande partie des locations d’Autolib’ étaient réalisées la nuit, le vendredi et le samedi.
    ► Philippe Buros, le directeur commercial de Renault, répondra à toutes mes questions dans Parigo, ce samedi à 12h05. Il espère atteindre 500 véhicules déployés dans Paris d’ici à la fin décembre.


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    Deuxième à se lancer, PSA, avec son service Free To Move. Top départ fin octobre, au mieux, avec 500 Citroën C-Zéro et des Peugeot iOn500. Côté tarif, c’est encore le grand flou. A Madrid, les véhicules déployés par Free2Move sont disponibles au prix de 0.24€/min, après une inscription de 10 euros au service. Seule certitude, il ne devrait pas y avoir d’abonnement à Paris. Continuer la lecture

01 Oct

Parigo #52 : la trottinette, fléau ou révolution ?

Elles sont silencieuses et rapides… Les trottinettes font désormais le bonheur des adultes, en tout cas des jeunes urbains. Le succès est tel que TXFY, une société de VTC concurrente d’Über, vient de se lancer dans l’aventure à Paris : son directeur nous dira pourquoi il propose, depuis début septembre, des trottinettes sur son appli, en parallèle à son business habituel. Nous verrons aussi qu’il y a affluence dans les boutiques : les trottinettes en free floating sont loin d’être majoritaires. Il y aurait ainsi à Paris près des 10.000 trottinettes personnelles en circulation.

Gain de temps pour les uns, fléau pour les autres… La trottinette n’a pas que des amis et pose évidemment la question du partage de l’espace public. Quelle place accorder aux trottinettes dans nos villes ? Comment adapter le code de la route pour libérer nos trottoirs ? 

Mes invités :

Jocelyn Loumeto, secrétaire général de la FPMM (Fédération des professionnels de la micro-mobilité)
Henri Capoul, directeur général Txfy

Bertrand Lambert @B_Lambert75
► Sur le même thème : Parigo #48 : trottinettes électriques, gyropodes, monoroues… les nouveaux modes de transport urbain au crible

24 Sep

Parigo #51 : dans les coulisses de la gare RER des Halles

800.000 voyageurs quotidiens, des trains par centaines, des sorties par dizaines… mais seulement 30 poubelles… et un tunnel unique saturé… découvrez les coulisses de la gare ferrée souterraine la plus chargée d’Europe !

Histoire, sécurité, relooking, propreté, renouveau… vous saurez tout !
Avec des invités : des responsables de la RATP, de fédération d’usagers, une historienne…

20 Sep

Rencontre exclusive avec le patron de Smovengo, au cœur du réacteur Vélib’

Journée décisive ce vendredi 21 septembre pour Smovengo, l’opérateur du Vélib’ à l’origine du pire accident industriel de ces dernières années en terme de mobilité. Arnaud Marion, le nouveau président exécutif nommé le 28 juin dernier, fera face aux élus du syndicat mixte Autolib’ Vélib’, pour répondre des engagements qu’il avait lui même pris devant eux le 11 juillet dernier. A l’époque, le service Vélib’ est quasi inexistant, avec seulement 1.500 locations journalières (versus 100.000 sous l’ère Decaux) et une litanie de problèmes techniques paralysant tout le système. A tel point que la Maire de Paris me dira, fin juillet, penser à résilier le contrat et faire disparaître Vélib à tout jamais. Arnaud Marion et ses équipes ont-il réussi à sauver leur tête et celle de Vélib en effectuant de nombreuses modifications techniques cet été ? Ont-ils tenu leurs engagements ? En tout cas, ils m’ont ouvert les portes des coulisses de Vélib’ et répondent, en tout transparence, à mes questions. A découvrir ici.

Bertrand Lambert @B_Lambert75
► Sur le même thème : EXCLU ► VELIB : les bricolages de Smovengo

10 Sep

Parigo #50 : quelle place pour les animaux dans les transports ?

Pour lancer cette saison 3, Parigo fait la part belle aux animaux : nous sommes de plus en plus nombreux à posséder des chiens, des chats ou autre et se déplacer avec eux n’est pas toujours simple. Réglementation complexe et/ou obscure, accueil incertain des autres voyageurs… rien n’est épargné aux amis des bêtes. Parigo fait le point sur leurs droits et leurs devoirs, avec l’aide de la Fondation 30 M d’amis.

Vous découvrirez aussi le succès des taxis animaliers et la place prépondérante des chevaux dans la mobilité urbaine jusqu’en 1913, date de l’arrêt du dernier omnibus hippomobile. Paris a compté jusqu’à 130.000 chevaux pour tirer les fiacres, bus et mêmes les tramways ! Retour en images avec notre historien préféré, Clive Lamming.

Et bonne nouvelle, désormais le replay est en HD 🙂

Bertrand Lambert @B_Lambert75

04 Sep

EXCLU Vélib : comment Smovengo a sauvé sa tête cet été

L’été aurait pu être meurtrier pour Smovengo : fin juillet, Anne Hidalgo n’y croyait plus. Quelques semaines plus tôt, dans son bureau, elle avait passé un savon à Arnaud Marion, le nouveau président de Smovengo, recruté tel le capitaine Flam par des actionnaires déboussolés par l’incroyable échec industriel du Vélib 2. Une fois passé 20 minutes de colère froide bien légitime, Anne Hidalgo avait exigé des améliorations rapides. Mais là, fin juillet, la Maire de Paris ne voit rien venir : le tableau est toujours aussi noir et les rapports qui lui sont faits par les deux expertes de la ville de Paris chargées d’y voir plus clair dans la nébuleuse Smovengo sont tout aussi alarmants. On se dirigeait alors tout droit vers une exécution en place publique de Smovengo à la rentrée et à la résiliation du contrat, quitte à ranger Vélib au rayon des souvenirs du Paris d’avant. Une issue inimaginable lorsqu’on se souvient qu’en octobre dernier l’ensemble des élus de la métropole nous présentait fièrement le nouveau Vélib. Et puis Paris sans Vélib, ce n’est plus tout à fait Paris.

Et c’est précisément quand plus personne n’y croyait – et surtout pas les utilisateurs, dépités ou remontés selon les cas – que le service reprit du poil de la bête. Pas du jour au lendemain bien sûr. Mais progressivement, dans la torpeur du mois d’août. C’est à ce moment-là que les décisions et les priorités définies par Arnaud Marion fin juin, peu de temps après son arrivée, ont commencé à porter leurs fruits.

Avec Arnaud Marion, Smovengo modifie totalement sa stratégie de déploiement

La ligne définie par le nouveau PDG est claire : terminé le « quantitatif », place au « qualitatif ». Fini donc le déploiement à marche forcée, tel que pratiqué jusqu’au printemps par Smovengo (qui visait surtout à minimiser les pénalités de retard en livrant le maximum de stations le plus vite possible, ce qui ne faisait qu’empirer la situation), avec des totems, des bornes et des vélos pas ou peu opérationnels. Place à un resserrement du périmètre et une résolution prioritaire des problèmes les plus handicapants, à l’origine de 80% des dysfonctionnements : l’électrification des stations, la décharge de la V-Box et bien sûr le fameux bug cadenas.

Après les cales, dont je vous avais déjà parlé dans de précédents posts, ce sont des guide-roues (la version parisienne de la bornette imaginée par Smoove était la seule dépourvue de guide roue) qui sont testés, puis installés sur les bornettes. Aujourd’hui, 25% des stations sont équipées de guide-roues, et 30% de cales (avce un objectif à terme de 100%). Parallèlement, une version 3.16 est installée sur les V-Box. Et 25% des fourches sont remplacées par une version 4 plus robuste. Continuer la lecture

29 Juin

EXCLU ► VELIB : les bricolages de Smovengo

Au lendemain d’une réunion à l’hôtel de ville  – entre Arnaud Marion, le nouveau président exécutif de Smovengo, et les élus parisiens – qui ne nous aura rien appris, il est temps de refaire un point sur ce qui se passe réellement, en coulisses.

Accusée de faire l’autruche depuis des semaines, en gros depuis le lancement du plan d’urgence début mai, la ville de Paris n’en est pas pour autant restée inactive. Deux personnes, inspectrices de la ville habituées des situations de crise, ont été envoyées dans les locaux de Smoove, à Montpellier, et Smovengo. Leur mission : démêler le vrai du faux et remonter les infos jusqu’au bureau de la Maire. Car clairement, la confiance s’est envolée. Il faut dire que la nouvelle équipe dirigeante de Smovengo continue de propager de fausses infos (comme un entretien en tête à tête entre Arnaud Marion et Anne Hidalgo, certes prévu, mais qui n’a encore jamais eu lieu). Clairement, la crédibilité accordée à la parole de Smovengo par la ville est à l’image de la qualité de service du vélib’ : inexistante. L’ultimatum posé publiquement par la municipalité cette semaine est on ne peut plus clair : elle donne jusqu’à septembre à Smovengo pour corriger les multiples dysfonctionnement que je vous révèle assez régulièrement. Et pas un jour de plus.

Venons-en justement à ce que j’ai appelé dans un précédent papier les chantiers quasi insurmontables de Smovengo. Concrètement, où en est-on ?

Tout d’abord, remarquons que le plan d’urgence lancé il y a tout juste deux mois a fait un flop retentissant. De l’aveu même de Smovengo, il ne reste plus que 2.000 à 3.000 Vélib’ en circulation, dont une bonne partie ne sont toujours pas empruntables. Les autres sont en réparation ou privatisés. Quant au nombre de locations quotidiennes, il est plus proche des 12.000 que des 30.000 espérées. Seules le nombre de stations ouvertes correspond aux objectifs : les 800 sont atteints, mais elles ne sont électrifiées qu’à 69%, et non pas à 80% comme imaginé.

Au delà de l’électrification et du nombre de stations, le problème principal du Vélib’ version Smovengo reste toujours le même : la fourche et le fameux bug du cadenas. Et dans ce domaine, l’heure est au bricolage intégral ! Continuer la lecture

22 Juin

Quelqu’un se soucie t-il encore des usagers de Vélib et/ou Autolib ?

Avec la fin d’Autolib’, c’est un nouveau coup dur pour la mobilité partagée, domaine dans lequel Paris a été longtemps précurseur : imaginez, l’an dernier, à la même époque, nous avions dans Paris environ 100.000 locations / jour de Velib et 14.000 locations d’Autolib’… Un an plus tard, où en sommes-nous ? On est revenu 15 ans en arrière, et même plus : Vélib compte ces jours-ci seulement 2.000 locations/ jour, un chiffre jamais vu depuis le lancement du service ! Quant aux Autolib’, elles vont cesser de rouler d’ici quelques jours, suite au vote, jeudi dernier, du Syndicat Mixte Autolib Velib en faveur de la résiliation du contrat avec Bolloré. C’est juste sidérant. Entre les abonnés Vélib et Autolib’, ce sont donc près de 450.000 Parisiens qui sont désormais privés de leur(s) mode(s) de transport habituel et/ou secondaire. C’est 1 Parisien sur 5, voire même 1 sur 4 ou 3 si on excepte les mineurs. C’est complètement fou !

Le problème dans cette affaire, c’est que personne ne semble se mettre à la place des usagers, en tout cas visiblement pas les élus ! On met à fin à Autolib’, qui pourtant fonctionne techniquement très bien, mais on laisse Smovengo tranquille, alors même que six mois après l’arrivée de Smoove, Vélib est en état de mort clinique, victime de problèmes et de bugs quasi insurmontables, avec des abonnés excédés. Tout ça est incompréhensible, et sans aucune logique. En tout cas, les Parisiens adeptes d’une mobilité multimodale semi-publique, ont compris le message : désormais c’est rentre avec tes pieds ! Ou en trottinette électrique, avec le lancement, juste au même moment, du service proposé par Lime, dans les 1er et 6eme arrondissements.

Bertrand Lambert  @B_Lambert75

29 Mai

EXCLU : Smovengo a obtenu 3M€ pour embaucher les ex salariés de JC Decaux… qu’il s’apprête pourtant à licencier !

Smovengo a exigé et obtenu 3M€ pour reprendre les anciens de JC Decaux … qu’il s’apprête à licencier ! Incapable de faire fonctionner le service velib depuis près de 5 mois, Smovengo s’avère en revanche un négociateur hors pair, dès qu’il s’agit de son compte en banque.

On savait déjà que Smovengo n’avait aucunement l’intention de payer les 3M€ de pénalités votées ces derniers mois par le Syndicat Mixte Autolib’ Vélib en vertu du contrat qui lie les deux parties (à raison d’1M€ de pénalités mensuelles, le maximum prévu, appliqué de janvier à mars), répétant à l’envi lors de chaque conférence de presse que « tout peut se négocier dans le cadre de ce contrat ». Laurent Mercat, le président de Smoove, n’a d’ailleurs pas dit autre chose lundi 28 mai dans le Midi Libre. Si ce n’était pas assez clair, il suffit de se reporter au rapport d’activité 2017 d’Infra Park (actionnaire à 100% d’Indigo, lui-même actionnaire à 35% de Smovengo) pour y lire la position de l’actionnaire principal : « Smovengo conteste ces pénalités, au motif qu’un certain nombre de faits liés à une cause extérieure sont à l’origine de ces retards. » (page 7).

Le message est clair, pas touche à mon portefeuille, alors même que l’opérateur touche de la part du SMAV (qui regroupe la soixantaine de communes adhérentes) environ 4M€ mensuels pour l’exploitation de vélib. Tout ça pour une qualité de service inexistante ou presque, en tout cas à mille lieux des engagements pris dans le dit contrat.

Ce qui est encore plus ahurissant c’est ce qu’a réussi à obtenir Smovengo de la part de JC Decaux au moment où s’est négociée la reprise des salariés de Cyclocity, en décembre dernier. Réconforté par une décision de justice*, le nouvel opérateur a exigé et obtenu entre 20.000 et 25.000 € par salarié repris, par lui ou ses sous-traitants (qui sont particulièrement nombreux, comme je le révélais dans un précédent papier). Le document ci-contre, que je révèle aujourd’hui, est sans équivoque : JC Decaux a été contraint de mettre la main à la poche pour garantir le salaire de ses anciens employés et financer leur prime d’ancienneté, que Smovengo refusait de prendre en charge. Soyons honnête, JC Decaux réalisait, grâce cet accord, une économie substantielle par rapport à ce que lui aurait coûté un plan social (PSE) en bonne et due forme si aucun salarié n’avait été repris. Mais Smovengo a été particulièrement perfide, voyez pourquoi.

Accord transactionnel du 6 décembre 2017- Article 3

 » Le montant de la prime d’ancienneté perçue par les salariés de Cyclocity au moment de leur embauche au sein de Smovengo sera maintenu à un niveau à hauteur de 100%. Ce montant viendra s’ajouter au salaire de base par le biais d’une prime VLS. Cyclocity contribuera au coût de cette mesure pour chaque salarié effectivement embauché par Smovengo et qui sera dans les effectifs de Smovengo après le 30 juin 2018. »

Dans un autre document annexe, cette fois confidentiel et dont seuls les deux signataires possèdent une copie, JC Decaux et Smovengo ont précisé leurs engagements financiers, avec les dates de versement. JC Decaux s’est ainsi engagé à financer pendant 9 ans les écarts de salaire et la fameuse prime d’ancienneté (dite prime VLS dans l’accord), Smovengo prenant la suite pour les 6 années suivantes (le contrat Vélib’ court sur 15 ans). 135 ex Cyclocity seront finalement embauchés par Smovengo (dont 88 en propre, les autres par des sous-traitants), ce qui donne :

130€ de prime VLS (en moyenne) x 12 mois x 9 ans x 135 salariés = 1.895.400 €

Ajoutez à cela, les charges salariales (22%) et patronales (42%) et vous obtenez la coquette somme de 3 M€.

Selon mes informations, cette somme sera versée le 30 juin prochain, sous la forme d’un versement unique forfaitaire : autrement dit, Smovengo conservera ces 3M€ quoi qu’il advienne des ex-salariés Cyclocity. Continuer la lecture