21 mai

Rio Loco met l’occitan dans ses valises

rio locoPour fêter ses 20 ans, le festival Rio Loco revient aux sources en invitant l’Occitanie. Du 17 au 21 juin, des artistes du monde entier seront à la Prairie des Filtres de Toulouse. Mais le 20 juin, les spectateurs pourront écouter Massilia, Dupain, Forabandit, Lo Còr de la Plana, Artús, Guilhèm Lopez…

Et dès ce soir Mauresca, Pytheas et DJ Brun seront au Metronum à Toulouse. Nous avons demandé au directeur Hervé Bordier de nous en parler.

Herve¦ü Bordier  Photos P.Nin21/ Rio loco 2015 fait la part belle à l’Occitanie, pourquoi avoir choisi de consacrer cette place à la culture et la langue occitane cette année dans votre programmation? S’agit-il d’un choix personnel ou d’une volonté « politique » d’intégrer l’occitan cette année?

Le choix de l’Occitanie autour du 4ème thème (avec l’Europe, l’Amérique et l’Afrique) est apparu comme une évidence pour moi. En plus pour l’anniversaire, c’était normal d’y faire revenir le seul groupe oc programmé en 95 : Massilia. Je pense qu’on a un peu raté un truc en 2012 avec le Brésil où il y avait pourtant des liens avec l’Occitanie. C’était donc une évolution naturelle, une évidence d’avoir l’Occitanie pour clôturer l’édition 2015.

2/ L’Occitanie aujourd’hui, cela représente quoi pour vous ?

L’Occitanie, à la différence de la Bretagne qui a su prendre un virage artistique dans les années 70, a encore beaucoup de portes à ouvrir. L’Occitanie pour moi, c’est être présent, c’est monter une marche, donner d’autres rencontres encore. En étant le plus humble possible, sans se prétendre être spécialiste, c’est montrer ce qu’elle est tout simplement aujourd’hui. Le 21 au soir, quand le festival sera terminé nous verrons si les toulousains se seront appropriés cette histoire !

Pour le moment, les préventes de billets qui marchent le plus sont pour la soirée du jeudi avec Goran Bregovic et pour le samedi… avec Massilia et tous les autres artistes occitans.

3/ Le plateau du samedi soir est … juste exceptionnel. Aucun autre festival n’a réussi à regrouper autant de qualité artistique sur scène en une soirée. Qu’est ce qui a guidé vos choix dans la programmation occitane du samedi 20 ?

Pour l’équilibre artistique on essaie de travailler sur plusieurs pistes :

-Il y a presque un coté patrimoine avec Massilia qui revient (eux fêtent quand même leurs 30 ans),

-Il s’agit de donner ensuite un nouveau regard à ce que l’on peut appeler la tradition avec le Còr de la Plana. Le travail de Manu Théron est vraiment exceptionnel. Alors c’est vrai qu’ensuite c’est une Occitanie très marseillaise avec Dupain qui est là aussi mais c’est l’histoire qui veut ça. On aura quand même un côté très contemporain avec les Artús et un vrai regard croisé sur l’Occitanie et la Méditerranée avec Guillaume Lopez.

Mauresca®T.Biarneix

Mauresca®T.Biarneix

4/ Au-delà de la programmation sur scène le samedi, de nombreux autre événements sont organisés autour de l’Occitanie, comment avez-vous conçu l’ensemble de l’offre artistique occitane? Dans quel but? Y aura-t-il une suite?

Il s’agit d’amener un échange pour ceux qui ne connaissent pas l’Occitanie. Rio Loco c’est connaître le monde et aussi connaître ce qui est là, devant la porte. C’est pas un festival de spécialiste mais il faut aussi que les Occitans s’y retrouvent dans la programmation. Au même titre que d’autres communautés toulousaines, qu’elles soient portugaises, guadeloupéennes… se sont déjà retrouvées dans d’autres éditions.

On cherche aussi à ce que ce soit les gamins qui transmettent à leurs parents ce qu’ils ont appris de l’Occitanie. Tout le boulot qu’on mène avec la valise Rio Loco « Occitània, une terre sans frontières » sert à cela.

Entrevista : Clément Alet

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19 mai

« Le milieu occitan actuel est en crise », Marcha! se quilha

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C’est un peu comme un pavé jeté avec force dans l’eau saumâtre de la marre occitane. Un peu de poil à gratter sur les têtes bien pensantes de l’occitanisme « officiel ». Une remise en cause fondamentale après 10 ans de mobilisation pour les Occitans.

Alors que seuls l’Intitut d’Estudis Occitans et Calandreta ont appelé à manifester à Montpellier le 24 octobre prochain, une plateforme de la « société civile occitane » baptisée « Marcha! » vient critiquer, de fond en comble, le principe de cette 5ème mobilisation. Officiellement créée il y a tout juste quelques jours, « Marcha ! » est aujourd’hui visible, uniquement sur internet. Un des membres de la plateforme a accepté de répondre à nos questions.

– D’où est venue l’idée de créer « Marcha! » ? Quelle est la raison principale de son existence ? C’est assez simple. Cela fait un bon moment que nous nous posons des questions sur « l’occitanisme officiel ». On ne se reconnait pas dans sa façon de fonctionner, communiquer etc. Parce que nous ne voulons pas rester dans la critique et participer à l’évolution nécessaire du mouvement, nous avons décidé de lancer « Marcha ! », de toute façon nous n’avons rien à perdre. Le texte fondateur de « Marcha ! » est le fruit de semaines, de mois, d’années de discussions et de préoccupations entre occitanistes, jeunes pour la grande part. La raison principale de « Marcha ! » est donc d’initier le rassemblement de tous ceux qui veulent militer pour la langue et la culture occitanes, cela dans un cadre plus démocratique, plus participatif où chaque voix compte.

– Pourquoi rester pour le moment dans l’anonymat et fonctionner sans responsable désigné ? C’est une des premières questions qui s’est posée et c’est révélateur. Nous nous en expliquons sur notre blog. Nous ne voulons pas personnaliser le mouvement car l’occitanisme crève de ça, justement, depuis des années. Nous voulons que les gens jugent nos écrits pour ce qu’ils sont et pas selon l’auteur. C’est très important, surtout dans le milieu occitan car nous nous connaissons tous et chacun a un à priori sur l’autre. Cela ne veut pas dire que nous n’assumons pas ce que l’on dit ou fait. Mais nous ne voulons pas être résumés à 2 ou 3 noms. Si nous avons la possibilité de nous rassembler cet été, par exemple à l’Estivada, nous espérons donner l’image d’un mouvement pluriel. Nous voulons sortir d’un fonctionnement flou et personnalisé pour initier une réflexion positive et des propositions collectives qui représentent les besoins de la société civile occitane.

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Manifestation occitane du 31 mars 2012 à Toulouse

– Quels reproches faites-vous aux organisateurs de la manifestation du 24 octobre ? Tout d’abord il faut préciser que ce n’est pas nouveau. Comme cela est précisé dans notre « crida », cela fait 10 ans que nous clamons notre désaccord. Jusqu’à présent nous n’avons jamais eu le sentiment d’être entendus. Il faut aussi constater qu’ « Anèm Oc » a implosé et qu’il n’y a seulement que deux directions nationales d’associations qui organisent l’événement. Comment peuvent-ils se prétendre représentatifs du milieu occitan dans ce cas ? Nous déplorons aussi le fait qu’aucun bilan des manifestations n’ait jamais été fait. Pour nous, tout cela n’a rien apporté. Cela n’a pas amélioré la situation de l’occitan qui est toujours à l’agonie. D’autres types d’actions sont possibles, mais elles n’ont jamais été envisagées. Une grande manif c’est bien pour donner de l’enthousiasme à des militants mais c’est à peu près tout. Et même si nous sommes 30.000 en Languedoc, qu’est-ce que cela va changer ? On pose la question. On est là dans une course au nombre de manifestants, qui selon nous, n’est pas la priorité principale pour le développement des idées occitanes.

– Qu’est-ce qui vous pose problème dans le fait de choisir Montpellier comme ville d’accueil de la manifestation du 24 octobre ? 5 manif unitaires pour l’occitan, 5 fois en Languedoc. Les Occitans seraient-ils autant Français que ça dans leurs têtes pour reproduire le schéma centraliste de l’Etat jacobin? Nous n’acceptons pas l’argument de la distance. Pour des gens motivés, il n’est pas impossible de faire quelques kilomètres supplémentaires pour se retrouver dans des régions qui en ont plus besoin. La reconnaissance de l’occitan à Montpellier, comparé au reste de l’Occitanie est très bonne. On ne peut pas en dire autant de la Provence, du Limousin, de l’Auvergne ou du nord de la Gascogne. Une grande manif à Marseille, Bordeaux, Limoges pourrait avoir un écho local un peu plus utile. On le dit depuis 10 ans mais ça n’a jamais été pris en compte. De plus, en concentrant seulement les manifestations en Languedoc, on renforce la fausse image que l’Occitanie signifie Languedoc, et ainsi on conforte les ennemis de l’occitan qui considèrent que nous sommes tous sous hégémonie languedocienne.

– Marcha se dresse contre la manif du 24 octobre, et souhaite aller au-delà en bâtissant un militantisme en dehors des structures existantes : Calandreta, IEO, Oc-Bi, FELCO, Partit Occitan… ? La critique de la manif de Montpellier est seulement l’occasion de lancer cette initiative mais ce n’est pas la finalité, au contraire. Le problème ne s’arrête pas à l’organisation de l’événement. Le milieu occitan actuel est en crise, il est très divisé. Il y a aussi un fossé entre les jeunes occitanistes et ceux qui représentent l’occitanisme officiel. Il ne s’agit pas d’imposer notre chemin comme le seul et véritable mais de faire entendre une autre voix, une voix capable de redynamiser l’occitanisme, de proposer des pistes de réflexions et de bâtir des revendications communes. L’idée n’est en rien d’empêcher qui que ce soit d’aller manifester le 24 octobre mais juste de proposer des éléments de réflexion pour ceux qui y vont. Qu’ils y aillent en toute conscience et lucidité.

– Pourquoi avoir choisi le nom de « Marcha ! » ? C’est tout simplement l’idée d’avancer. Comme nous le disons en conclusion de notre appel :  les choses changent, et avec elles nous changerons. « Marcha ! » c’est aussi ce qui se dit populairement en fin de discussion quand on tombe d’accord. Il y a également une référence culturelle un peu plus lointaine, au disque du « Còr de la Plana » qui parlait beaucoup de politique, d’hier et aujourd’hui, souvent vue par des « gents », les « laissés pour compte ». C’est ce que nous appelons : « la société civile occitane ».

Clément ALET

16 mai

L’occitan à l’école publique : une histoire qui dure depuis 40 ans à Saint-Affrique

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Nous sommes en 1971 et un certain Monsieur Teulier, professeur d’espagnol au lycée de Saint-Affrique met en place les premiers enseignements en occitan au sein de l’établissement. Dès l’année suivante, deux professeurs de lettres, Yves Couderc et Michel Vidal suivent leur collègue et à l’image du reste de l’Académie de Toulouse, l’enseignement de l’occitan s’envole alors dans les lycées. 500 élèves présentent l’occitan au bac à la fin des années 70, ils sont près de 3500 dix ans plus tard.

C’est justement à la fin des années 80 que Saint-Affrique va une nouvelle fois se distinguer. Sous l’impulsion de Lionel Jospin, largement sensibilisé à l’occitan par André Lagarde, le cadre réglementaire évolue et pour la première fois en France, l’Ecole publique décide d’ouvrir des sections bi-lingues français-occitan à parité horaire. En septembre 1989, l’école Rochegude d’Albi et la maternelle Blanchard-Caussat de Saint-Affrique ouvrent la voie.

26 ans plus tard, l’école primaire de Saint-Affrique compte 173 enfants en section bilingue et des centaines d’autres ont profité de cet enseignement depuis 1989. Certains d’entre eux ont même été à l’origine de l’ouverture des sections bi-lingues au Collège en 1993. En 2010, près de 2200 élèves suivaient un enseignement bilingue en occitan dans l’Académie de Toulouse.

Mais si Saint-Affrique a ainsi pu contribuer à la « respelida » de la langue occitane à l’école publique c’est avant tout grâce à des hommes, des femmes, des parents, des militants, inconnus pour certains, qui se sont battus dès les années 70. C’est pour rendre hommage à tous ces différents acteurs de l’ombre que l’association « Cap l’Oc » a décidé de monter l’exposition « 40 ans d’occitan autour de l’école à St-Affrique ». Une rétrospective pertinente, basée sur une expérience locale réussie et qui s’inscrit dans une évolution permanente du cadre national réglementaire concernant l’enseignement des langues régionales en France, de la maternelle à l’université. Ni plus ni moins que l’histoire d’une langue occitane balancée entre légalité et légitimité au sein de l’Ecole publique.

Clément ALET

Retrouvez ci-dessous en vidéo le reportage que nous avons consacré à cette exposition diffusé dans l’Edition Occitane de ce samedi 16 mai. Juste en suivant, quelques pépites d’archives retrouvées dans les tiroirs de France 3 et du magazine occitan Viure al País concernant le site bilingue de Saint-Affrique.
40 ans d'occitan autour de l'école à St-Affrique par france3midipyrenees

Ci-dessous, le premier reportage réalisé par une équipe de France 3, Yves Garric et Patrick Isaac sur l’ouverture de la section bilingue à la maternelle Blanchard-Caussat, diffusé le 13 octobre 1989.
Ouverture Section bilingue occitan St-Affrique par france3midipyrenees

Enfin, voici un magazine signé Benoit Roux et Richard Bohan diffusé le 27 décembre 1998 dans Viure al País, 10 ans après l’ouverture de la classe bi-lingue de Saint-Affrique, au moment où les premiers élèves de la section sont arrivés au collège.
"Prenetz lo camin" – 10 ans d'enseignement… par france3midipyrenees

 

 

15 mai

Escambis per far virar la lenga dins Òlt

Estève Clerc quita pas de córrer. Coma professor d’occitan dins 4 establiments del secondari dins Òlt, coma animador de ràdio, fargaire de la calandreta l’Esquiròl de Sent Seren, per donar de corses pels ainats, president de l’associacion Aquí l’Òc, sens oblidar paire de doas calandronas A tanben participat a la campanada al parat de las eleccions despartamentalas. Se i a ben quauqu’un que se pòt qualificar de militant, es ben el !

Estève Clerc. Fòto : La Dépêche

Estève Clerc. Fòto : La Dépêche

Tanlèu lançada la calandreta fa 4 ans, a metut en plaça Aquí l’Òc en 2013 una associacion per promòure lo desvolopament de la lenga e de la cultura occitanas dins lo nòrd d’Òlt e sosténer la Calandreta l’Esquiròl. E a calgut se bolegar, vendre libres e CD dins las manifestacions occitanas, organizar seradas de sosten… A cercat totes los que fan causas per la lenga, que la sabon virar. De tot aquò es nascut Escambis, un festenal per metre en abant tot aquel monde e lor far véser que son pas solets. Alèra per aquesta manifestacion, tot lo monde es mobilizat : calandreta, las classas publicas, los corses pels ainats, escrivans locals, artistas. Amb una locomotiva per tirar lo trin d’associacions. L’an passat èra Castanha é Vinovèl, per aquesta segonda edicion mai ambiciosa, i aurà Brotto Lopez lo 23, En Gaouach lo dimenge 24 e los Peiregordins Mena Bruch tre lo divendres 22 amb una jornada dedicada als escolaris.


escambis par france3midipyrenees Reportage B. Roux E. Foissac P. Level M. Delaunay

Lo festenal se debanarà los 22, 23 e 24 de mai sus doas comunas : Sent Seren e Sent Joan de la Ginèsta juste a costat. Li se poidrà discutar ambe los escrivans Sèrgi Gairal e Sèrgi Hirondelle, rire ambe Trabol, fintar de cinema ambe « Lenga d’amor » del Patric Lavaud e ausir un centenat d’escolans dins la lenga. Un festenal dubèrt e convivial de mancar pas. Avèm seguit Estève dins los preparatius darrièrs e a far de reclama sus Decibel Fm, convidat sus CFM aquesta setmana e d’autres medias pel festenal escambis.

Affiche Festival Escambis

14 mai

Maurice Roux : la lumière occitane s’est éteinte

Maurice Roux, grand photographe humaniste gascon n’est plus. Il a été inhumé mercredi à Simorre dans le Gers. Mort à 81 ans, accidentellement, sur son vélo, alors qu’il venait de visiter sa sœur. Toute une philosophie. Tout un regard. Hommage.  

« Ecrire avec la lumière »

Dans la vie, Maurice Roux était inséminateur. Il voulait être dessinateur. « Mais ce n’est pas un métier ! », lui ont rétorqué ses parents arboriculteurs. Un amoureux de la ruralité, d’un certain art de vivre qu’il n’a cessé de photographier au sens étymologique du terme : « écrire avec la lumière ». Il a commencé dès 9 ans, à mettre en lumière cette ruralité non pas comme un décor, mais avec des gens en action, dans leur milieu, sur le terrain. « La photo c’est une émotion », disait-il. Il ne photographie pas pour lui mais pour témoigner, pour ces gens qu’il aime et qui sont sur la photo. Il a acheté un appareil professionnel 6X6, s’est fait prêter un Rollei. En 1977, une chute de plus de 11 mètres lui vaut plus de 7 mois d’hôpital, la colonne vertébrale cassée, le foie éclaté… On le disait perdu mais la nature l’a retrouvé. Alors il a beaucoup photographié entre 79 et 81. « J’ai fait une moisson de clichés, terribles. C’est top ! ». Il se disait artisan et non artiste. Jean Dieuzaide était son seul maître.

Maurice Roux et Diane Sophie Girin- Juin 2014

Maurice Roux et Diane Sophie Girin- Juin 2014

« Le français ne m’intéresse pas »

1950 c’est aussi le début pour lui du collectage, avec un magnétophone : « J’ai rencontré le Moyen-Age, des gens qui fauchent à la fau, qui étaient des génies de leur travail mais qui ne le savaient pas ». Et bien sûr la lenga d’òc qui va de pair. Une langue qu’il n’a jamais cessé de parler et de défendre, s’insurgeant une fois encore dans cette belle conférence avec Diane Sophie Girin contre la notion de « patois ». Georges Nosella lui rend hommage : « Compagnon de rencontre de Renat Jurié, de Pierre Corbefin et tant d’autres, il est à la base de l’arreviscolar de la cultura nosta à Samatan dans les années 70. On ne compte plus les musiciens qui ont fait dans ces temps-là leur séjour en Savès…Par lui sont passées les pratiques de la scottish et de la mazurka de cette région de Gascogne, dont les pas ont formé des milliers de danseuses et de danseurs trads à travers le monde pour qui ce mode local est devenu universel. Nul n’a si bien illustré ce propos de Miguel Torga: « L’universel c’est le local sans les murs. » Pas un lundi où il ne parle sa langue sur le marché de Samatan. Pas un jour sans photographie, pas un moment sens la lenga de sa tèrra maire. Il était fier que ses enfants perpétuent cette lignée linguistique.

« J’ai essayé de vivre libre et je le suis encore »

Maurice Roux parlait rarement de lui : « Mes photographies le font pour moi ; elles sont le reflet de mon âme. Je me fous à poil devant ceux qui savent lire mes images et ça me suffit ». Des photographies qu’il ne vendait jamais. Il les donnait toujours aux paysans qui, en échange, lui remettaient parfois une volaille. Un homme de grand cœur, perclus d’humanité et de valeurs, profondément libre. « En Gascogne, on mange bien, on boit bien, on rit bien aussi. » Maurice Roux raconte que « on prenait le temps de s’arrêter, causer un brin ». Il vivait parmi ceux qu’il photographiait, l’occitan chevillé au cœur, arpentant les campagnes avec son vélo, parcourant foires et marchés à pied, à son rythme, pour capter la nature et ceux qui l’occupent. Il n’hésitait pas à dormir à la belle étoile pour mieux observer et photographier. Ses photos, son oeuvre, sont le reflet de ce qu’il était : un personnage vrai et fort, sans concession, d’une grande sincérité et d’une profonde humanité.

Benoît Roux

Les mains de Marie-Louise- Maurice Roux

Les mains de Marie-Louise Photo : Maurice Roux

13 mai

VIRA LENGA : Guy Rabanit

Retour en Cévennes pour le fauteuil rouge. Belle rencontre avec Guy Rabanit, patron d’une menuiserie à Génolhac. La découverte d’un métier qui se perd à travers les images et des histoires de scies, de scieurs et d’hommes amoureux de leur métier. Mais ce n’est pas tout, Guy Rabanit a plus d’un tour dans son sac grâce à ses origines nissardes par sa mère qui lui a transmis le chant et la facétie. Les Cévennes se réveillent grâce à des hommes qui ont choisi de rester et travailler au pays.


Vira Lenga : Guy Rabanit par france3midipyrenees

12 mai

Rescontres liceans occitans

 Lo blòg occitan a per tòca de far conéisser las iniciativas escolaris originalas. Nicolau Rei-Bèthvéder nos compta aquí d’escambis entre liceans occitans.  

Val d'Aran. Grop au Plan de Beret

Val d’Aran. Grop au Plan de Beret

49 joens gascons de l’Isla de Baish e de Sent Gaudenç rescontrèn joens araneses e lheidatans

            Après la venguda de liceans de la Val d’Aran en noveme passat, son 49 liceans qu’estúdian l’occitan a l’Isla de Baish (Gasconha tolosana) e Sent Gaudenç (Comenge) que partiscón a descubèrta d’Aran, de la Catalonha e de l’Aragon. Aqueres rescontres se hascón deu 27 d’abriu au 1èr de mai gràcias a l’accion deus professors Miquèu Segalàs e Mir, Joan-Pau Ferrèr e Nicolau Rei Bèthvéder.

            Le prumèr jorn, les joens de l’Isla de Baish e de Sent Gaudenç visitèn le licèu de Vielha on podón rescontrar lor correspondent e sustot véser la realitat d’un licèu on l’occitan ei obligatòri. Çampar, la realitat es pas perfèita e les escolans vejón que le castelhan s’afortish coma lenga de comunicacion usuau. Mès la situacion de l’occitan au licèu d’Aran es pas brica de comparar dambe la de la Gasconha tolosana e comengesa, on le gascon es espudit, facultatiu e largament desconegut peus joens. Un joen en Aran pòt pas hèr sense aver contactes regulars dambe l’occitan quan a l’Estat francés un licean tolosan  hè soent tota la sua escolaritat sense enténer un mot d’occitan. Aqueste prumèr jorn deus rics que s’acabèc dambe ua conferéncia de Jèp de Montoya sus l’istòria aranesa au Conselh Generau d’Aran que saboc recéber les liceans coma ac cau.

Val d'Aran. Vaquèira Beret

Val d’Aran. Vaquèira Beret

           Le lendeman 28 d’abriu, dambe les explics precises de Claudi Aventin, les joens se podón passejar deu Plan de Beret, on la nèu èra presenta, a Arties. Gràcias a un sorelh generós, la montanha aranesa revelèc la sua beutat.

Lhèida. La Seu

Lhèida. La Seu

Le 29 d’abriu estoc le parat de visitar Lhèida e la sua catedrala de las polidas. Tanben  rescontrèn professors e estudiants d’occitan d’Aitor Carrèra a l’universitat lheidatana. La recepcion a las facultats de Lhèida estoc un moment interessant on les liceans podón verificar que l’occitan hè objècte d’atencion e de proteccion en Catalonha quan a l’Estat francés es de còps le mesprètz. Ligams deus interessants se hascón entre liceans gascons e estudiants d’occitan lheidatans. Les liceans podón constatar qu’es sustot le catalan que s’enten a las carrèras de Lhèida. Èra luenh de l’imatge prefabricada que da l’educacion nacionala francesa d’ua Espanha totalament castelhanizada.

Lhèida

Lhèida

            Le 30 d’abriu angón a Barcelona. Après la tradicionau visita de las Ramblas o deu barri gotic, les joens gascons montèn au Castèth de Montjuïc entà ua visita originala. Dumpèi uas annadas aquera ex-preson franquista ei tornada presa en carga per la municipalitat de Barcelona. Ne hascón un lòc de memòri. Le siti es tanben interessant pr’amor qu’es un bèthvéser que permet d’espiar tot le port e la ciutat de Barcelona.

Barcelona. Montjuïc. Vista deu port.

Barcelona. Montjuïc. Vista deu port.

            Le jorn deu retorn, les liceans passèn per l’Aragon on vejón que la realitat lingüistica es diferenta de la Catalonha. En se passejar per l’Estanh de Mediano, l’Ainsa e Bielsa que descobriscón endrets on la lenga aragonesa se pòrta mau. Vertat ei que l’aragonés, coma l’occitan en França, patish de pas estar oficializat.

            Dambe l’ajuda de la region Miejorn Pirenèus, un DVD serà produit dambe vidèos deu viatge e las presentacions en occitan de tots les escolans de l’escambi.

Aragon. L'Aínsa (Sobrarbe)

Aragon. L’Aínsa (Sobrarbe)

          De notar tanben qu’aqueste escambi occitan inter estatau se poiré perseguir dambe un projècte mès ambiciós encara. L’idèa, per la prima de 2016, seré de hèr un escambi occitan sus tres Estats : Espanha, França e Itàlia. Atau liceans gascon d’Aran, deu Comenge e deu Tolosan anguerén a las Valadas occitanas d’Itàlia rescontrar joens. Un concèrt de musica occitana, dambe la participacion deus liceans, se poiré hèr a la fin deu rescontre 2016. Seré le prumèr còp que se haré un rescontre occitan damb joens gessits de tres Estats diferents.

Texte e fòtos : Nicolau Rei Bèthvéder

11 mai

Una vida de calandretas

Près de 3500 enfants scolarisés dans  60 écoles et 3 collèges, repartis sur 18 départements, depuis plus de 35 ans les écoles immersives occitanes sont en développement constant. Mais tout est loin d’être simple. Calandreta qui est le plus gros employeur occitan (plus de 200 personnes) est en difficultés perpétuelles : de logement, de moyens, de développement. Exemple avec une novice (celle de Saint-Céré) et une très confirmée (Muret).

téléchargementL’Esquiròl manca de plaça e d’avelanas

Calandreta l’Esquiròl est à ce jour la seule école de ce type dans le Lot. Installée depuis 4 ans dans une maison de lotissement à Saint-Céré. Elle accueille 27 enfants et en a refusé 10 à la rentrée faute de place.

Les premières années d’une calandreta sont toujours les plus compliquées : il faut trouver un logement, payer le salaire des professeurs pendant 5 ans (le temps de la contractualisation avec l’état), du personnel qui travaille… A Saint-Céré, le loyer coûte déjà près de 850 euros. Les parents regroupés en association doivent mettre les mains à la poche. Dans un premier temps aussi, la fédération des calandretas aide à la création. Puis la subvention diminue, en l’occurrence elle est passée de 8000 à 2000 euros. Conséquence : la calandreta ne peut plus employer quelqu’un pour le ménage et la cantine. Le système D ou système OC quoi ! Alors une école calandreta va toujours de pair avec une association culturelle pour toucher certaines subvention et faire rentrer de l’argent de par ses activités. Dans le Lot il y a Aquí l’Òc qui organise plusieurs activités et un festival les 22, 23 et 24 mai.

imageSe far un niu a las Cabanas

Les enfants sont obligés d’aller manger un peu plus loin, dans une ancienne école, au faubourg de Lascabanes (sic). Pour le coup, de la place il y en a. Sur 2 étages, des salles de cours, une cuisine un peu équipée, un préau, du terrain, une cour arborée… Le rêve quoi ! De quoi s’installer pour l’école car c’est sûr, la rentrée ne se fera pas au même endroit en septembre. Sauf qu’il faudrait mettre le bâtiment aux normes, que la marie qui loue ce lieu à l’évêché pour en héberger des associations accepte, que ceux qui l’utilisent aussi… Tout ceci va devoir se décanter très vite. Les parents cherchent par ailleurs un terrain sur la commune ou dans les environs pour y bâtir ou aménager la future école. Mais forcément, ce ne sera pas pour la rentrée.


calandretas par france3midipyrenees

Murèth tostemps dins la batèsta

Autre calandreta, autre situation et quelques similitudes. Ici ce n’est pas un problème de place ni de cantine, plutôt de vétusté des préfabriqués. Les 98 calandrons sont scolarisés dans 3 préfabriqués qui ont été donnés par les collectivités territoriales. Seulement voilà : ils sont plus vieux que l’école. La calandreta del Païs Murethin existe depuis 1984. Elle a fait plusieurs lieux avant de s’établir dans le quartier Saint-Jean de Muret (31). Chose exceptionnelle : elle est propriétaire de son terrain. Les relations avec l’école voisine (Mermoz) sont bonnes : ils partagent la cantine, dans le quartier il y a un gymnase, le cinéma… La vie pourrait être un petit fleuve tranquille si… les préfabriqués en question n’étaient pas vétustes. Et pour cause : ils ont plus de 40 ans, coûtent cher à l’entretien et la climatisation est en option. Voilà plusieurs années que calandreta veut remédier à la situation en construisant un bâtiment en dur. Ce qui permettrait aussi d’avoir un préau qui manque cruellement, et pourquoi pas un CLAE… Les projets précédents étaient assez onéreux. Le dernier en date s’élève à plus de 400 000 euros, financés par calandreta et les parents d’élèves, avec un emprunt sur 20 ans. Calandreta un appel à dons. L’an dernier il avait rapporté 13 000 euros.

Projet construction calandreta Muret

Projet construction calandreta Muret

L’avenidor ambe la comuna ?

Le permis de construire est déposé à la mairie depuis quelques jours. Le maire dispose de 6 mois pour y répondre. La mairie compte désormais une élue chargée de la valorisation du patrimoine culturel et de l’occitan. Virginie Corbères est aussi maman de calandreta, ancienne présidente d’Òctan, l’association culturelle liée à la calandreta. Une position pas très confortable entre les exigences de calandreta et un maire -André Mandement- peu habitué à déléguer facilement. Dans sa campagne, le maire avait aussi parlé d’un centre culturel occitan des cultures du monde. La mairie n’a pas les moyens de financer ce centre qui pourrait éventuellement abriter calandreta. « Le maire a parlé d’accompagner cette création en faisant des études de faisabilité par exemple. Mais nous ne pourrons pas aller au delà de 10% du financement », selon l’élue chargée de l’occitan. La mairie voudrait aussi réhabiliter ce quartier populaire et défavorisé où se trouve la calandreta. Le gouvernement a mis en place des contrats de ville pour aider ces quartier. Saint Jean est bien concerné mais pas le côté où est implantée la calandreta. Donc il ne pourrait pas y avoir d’aides pour l’instant afin de réaliser ce centre culturel dont le coût dépasserait 1M d’euros.

Pour les enfants, il y a urgence à trouver une solution pour sortir de ces préfabriqués. Une réunion est prévue le 2 juin entre calandreta et la mairie de Muret. Vous pouvez aider la calandreta à cette adresse : www.calandreta-don.fr/

Lo Benaset

07 mai

Ròsa Trobadoresca de retorn

La Ròsa Trobadoresca, una formacion especializada dins la musica anciana s’en tòrna de las Americas. Una setmana de virada en Carolina de Nòrd, 2 concèrts e quitament un At The Music House. Avèm demandat al Nicolau Desvenain cossí tot aquò s’èra passat.

La Ròsa Trobadoresca ambe Rai d'Honoré

La Ròsa Trobadoresca ambe Rai d’Honoré

Alèra aquesta setmana americana…?

Remirable ! Tot se passèt fòrça plan. Rai d’Honoré nos a demanda de far aquela virada ambe 2 concèrts. Un a l’universitat ont Rai es ensenhaira e un autre at The Music House. Aquí in aviá un fum d’autres musicaires, de totes paises. Quitament una femna d’Arabia Saodita que filmava e nos a demandat de venir far una virada dins son país ! Aviam metut la bandièra ambe la crotz sus l’empont. Aquò interpèla fòrça lo monde. Son venguts nos véser per nos pausar questions sus la lenga, la cultura.

East Carolina University

La Ròsa s’aprèsta sul campus

I a un interès aval per aquò ?

Un fum vòlan apréner. Los Americans son interessats pel grèc, coneisson pas la cultura occitana. Mas un còp qu’òm la lor presenta… Ai jogat dins un restaurant japonés ambe de musicaires irlandeses, americans…Ai sortit la cetera de Corsèga e un japones a volgut ne tocar. Es un triomf. M’esperavi pas an aquò ! Vòlan saupre cossí marchan los instruments. Lo monde son plan aimables. Rapidament i a de potonejadas, son contents de véser de Franceses. Pensavi qu’anavem pas tròp plan manjar. E ben non ! En America de Nòrd, avem quitament trobar una mena de milhás coma en Arièja !

Aviás portat de presents ?

Ambe Jaume Khoudir, aviam de pichonas crotz occitanas. Voliam ofrir quicòm a cada persona que nos aduja : crotz, pòrta claus, camisots, pegasolet. Jim, lo patron de l’universitat de Rai èra content de çò que faguèrem. Nos a dit : « Anatz tornar l’an que ven »!

La bandièra es en plaça

La bandièra es en plaça

E la seguida ? 

En setembre, tornarem en Carolina de Nòrd e l’an que ven tanben en California del ponent cap al levant. Deuriam mème cantar al « Kennedy center », quicòm de crane pel cant. Es previst tanben una virada en Russia, al palais de Catarina 2  amb una associacion :  » Les Échansons du Carcassès ». I a tanben un projèct de DVD sus Occitània de l’Edat mejana e la religion del trobar, totas las valors, la fabricacion d’instruments ambe de causas pedagogicas… Rai d’Honoré ven en Occitània fin de julhet per aquò far. I a trabalh!

Aqui una video rodada a las Americas. Plan mercés al Nicolau e òsca per la Ròsa Trobadoresca !

Lo Benaset

 

03 mai

L’occitan dins la reforma del collègi

La reforma novèla del collègi de la Ministra de l’Educacion Nacionala Najat Vallaud-Belkacem tafura los defendeires de l’ensenhament de l’occitan. En causa : la disparicion possibla de l’ensenhament facultatiu e la mesa en plaça dels EPI, los Ensenhaments Practics Interdisciplinaris. Dins aqueste module novèl, 8 tematicas seràn ensenhadas d’un biais interdisciplinari : Desvolopament durable ; Sciéncia e societat ; Còs, santat e securitat ; Informacion, comunicacion, ciutadanetat ; Cultura e creacion artistica ; Monde economic e professional ; Lengas e culturas de l’Antiquitat ; Lengas e culturas regionalas o forastièras.

Una còla de França 3 anèt al rescontre de professors e de sòcis de la Federacion dels Ensenhaires de Lenga e Cultura d’Òc que nos explican las consequéncias d’aquesta reforma per l’ensenhament de l’occitan.


Reforma del collègi par france3midipyrenees

Reportatge de Sirine Tijani, Denis Hémardinquer, Serge Planchou. Montatge d’Eve Ducau.

Per veire la peticion « Manten e desvolopament de l’ensenhament de las lengas regionalas al collègi », clicatz aicí.

Lo comunicat del Partit Occitan es de legir aicí.

 

L’occitan al collègi en chifras dins l’Acadèmia de Tolosa :

Opcion (1 o 2 oras per setmana)
Collègi public: 9703 escolans – 118 collègis
Collègi privat: 268 escolans – 5 collègis

Bilingüisme
Collègi public (1 o 2 oras de lenga + 1 disciplina en occitan): 650 escolans – 17 collègis
Collègi Calandreta: 17 escolans – 1 collègi

 

Sirine Tijani

 

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