19 Jan

Quand le Conseil d’Etat vient aider une confédération basque…

Le 30 décembre dernier, contre l’avis du rapporteur public, le Conseil d’Etat a décidé de casser l’arrêt de la cour d’appel du Tribunal administratif de Paris qui rejetait la requête d’Euskal Konfederazioa (une confédération d’associations du pays basque nord) qui se plaignait du manque de présence des programmes en langue basque sur France Télévisions. Une première victoire qui renvoie donc cette affaire devant le tribunal administratif.

Euskal Konfederazioa 2 fois déboutée

En 2013, cette confédération d’une quinzaine d’associations basques du nord avait déposé un recours de plein contentieux auprès du Tribunal Administratif de Paris, à l’encontre de France Télévisions, pour « rupture d’égalité des droits ». Selon eux, la langue basque n’avait pas suffisamment de place sur le service public régional. Notamment par rapport aux autres langues régionales de France. Il est vrai qu’à l’époque, le relevé faisait état de 2H par an de basque sur nos antennes.

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Le 26 juin 2013, le Tribunal Administratif de Paris rejette la requête d’Euskal Konfederazioa estimant que la promotion des « cultures régionales, ne procèdent pas, en elles-mêmes, de prérogatives de puissance publique ». La confédération basque fait appel. Dans sa décision du 7 avril 2015, nouveau rejet de la Cour administrative d’appel de Paris. Euskal Konfederazioa a alors déposé un pourvoi en cassation. Par sa décision du 30 décembre 2016, le Conseil d’Etat casse l’arrêt de la cour d’appel et donne raison à Euskal Konfederazioa en considérant que « la société France Télévisions est chargée d’une mission de service public de conception et de diffusion de programmes en langues régionales » et « que la détermination de la part de chaque langue régionale dans le temps d’antenne consacré à de tels programmes relève de l’organisation du service public ». Le Conseil d’Etat estime donc que le refus d’augmenter la part de la langue basque dans les programmes peut être contesté par la voie du recours « pour excès de pouvoir » devant le juge administratif. L’affaire est donc renvoyée devant le tribunal administratif qui devra donc se prononcer. Jointe par téléphone, la confédération a indiqué qu’il n’y avait pas de date à l’heure actuelle pour cette audience. Le communiqué d’Euskal Konfederazioa indique que : « Au vu des délais très très longs de procédure, nous demandons à la société France Télévisions de prendre les dispositions nécessaires sans attendre, afin que la langue basque ait toute sa place dans le service public de télévision. »

Ce n’est donc pas une victoire définitive mais elle est au moins symbolique. 

La question des langues régionales sur le service public.

Lors du recours en 2013, la langue basque disposait d’à peine 2H d’antenne par an sur France 3. C’était avant l’arrivée de Txirrita, nouveau magazine en langue basque diffusé 1 dimanche sur 3 à 10H45 sur France 3 Aquitaine. Aujourd’hui, il y aurait environ 10 d’antenne cumulée par an.

11877_1348050190_550Au-delà du cas basque, à plusieurs reprises, associations et hommes politiques ont interpellé France Télévisions, les différents ministres de la Culture, pour se plaindre de la part faite aux langues régionales. Paul Molac a bataillé à plusieurs reprises. Sans obtenir plus d’engagements.

Dans son Rapport au Parlement sur l’emploi de la langue française (2016), le Ministère de la culture et de la communication fournit certaines données.  Les chiffres sont en heures minutes secondes pour les diffusions en 2015.

Chiffres

Ces chiffres sont sensiblement les mêmes aujourd’hui, on peut même dire à l’identique pour la part occitane. Rappelons qu’il y a un magazine sur France 3 Méditerranée (Vaqui), un magazine sur France 3 Midi-Pyrénées, France 3 Languedoc-Roussillon et France 3 Aquitaine (Viure al País) et un journal occitan sur France 3 Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon.

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L’occitan est donc la langue régionale la plus diffusée sur le service public (si l’on excepte le cas corse avec une chaîne dédiée : Via Stella). Il est vrai qu’elle se trouve sur un territoire plus vaste et sur plusieurs antennes du service public. 

Lo Benaset @Benoit1Roux

17 Jan

Carta de las libertats comunalas

Le 11 janvier dernier – et comme chaque année – Toulouse a célébré l’anniversaire de la signature de la Charte des libertés communales : le 6 janvier 1189, le comte de Toulouse Raymond V reconnut officiellement l’existence de la Commune de Toulouse et de ses libertés publiques.

L’occasion de se pencher sur cet événement majeur de l’histoire toulousaine. Une équipe de l’Edicion Occitana est allée à la rencontre de l’historien Rémy Pech et a ensuite assisté à la célébration dans la Salle des Illustres du Capitole en compagnie notamment de la calandreta de Garoneta.


Chartes des Libertés Communales

Reportage de Sirine Tijani, Nathalie Fournis et Michel Blasco. Montage de Karin Glock.

Sirine Tijani Sirine Tijani Sirine Tijani Sirine Tijani Sirine Tijani Sirine Tijani

13 Jan

Du nouveau pour l’enseignement de l’Occitan

La loi Fillon de 2005 permet aux collectivités territoriales de conventionner avec l’Etat sur la thématique des langues régionales. Dès 2009, plusieurs conventions Education Nationale/Conseils régionaux ont vu le jour en Aquitaine, Midi-Pyrénées, Languedoc Roussillon pour donner un schéma global de développement de l’enseignement de l’occitan, notamment bilingue mais pas que. Entre temps, l’Office Public pour la Langue Occitane a été créé en 2015. C’est désormais une convention cadre sur l’enseignement de l’occitan qui va être signée d’ici quelques jours, directement par le Ministère de l’Education Nationale et non par les recteurs. Une première.

Que contient cette convention ?

Sans se substituer évidemment aux textes ministériels, cette convention cadre fixe la feuille de route pour l’enseignement des langues régionales. Elle fixe des objectifs déclinés au niveau académique, les 5 que comptent les 2 nouvelles régions (Bordeaux, Limoges, Montpellier, Poitiers, Toulouse). Cela devrait débloquer certaines choses dans celle de Limoges qui jusqu’alors était peu réceptive. On y retrouve des articles sur les enseignements primaire, secondaire et supérieur, l’enseignement immersif et surtout l’enseignement bilingue public.

Les conventions signées précédemment n’émanaient pas directement du ministère, elles étaient signées par les recteurs d’académies, avec des situations pas toutes identiques. Celle d’Aquitaine et Midi-Pyrénées étaient plus ambitieuses, celle du Languedoc-Roussillon plus en retrait. Ces mêmes conventions régionales ont parfois été déclinées au niveau départemental, signées par les conseils généraux comme on les nommait jadis. On pouvait y retrouver des objectifs chiffrés d’ouverture de sites bilingues. Des objectifs pas tous atteints car il n’y a pas de caractère obligatoire.

La nouvelle convention cadre validée en décembre par les régions Nouvelle Aquitaine Occitanie et donc l’OPLO fait justement un état des lieux de l’enseignement de l’occitan. L’enseignement bilingue au premier degré a par exemple doublé en Aquitaine de 2008 à aujourd’hui mais il ne touche que 2000 élèves. Toujours en Aquitaine et malgré les difficultés, les effectifs progressent dans le second degré. Avec une légère hausse au collège et une chute préoccupante dans les lycées. On y retrouve aussi des articles relatifs à la production de matériel pédagogique, la création d’un observatoire de la langue occitane qui fera tous les ans une cartographie de l’enseignement avec un état des lieux, un comité de pilotage avec des représentants des 5 académies qui se réunira tous les ans, avec la possibilité d’inviter des représentants de Calandreta, du centre Aprene, de l’ISLRF qui forme les professeurs en langues régionales des écoles immersives.

Un nouvel acteur : l’Office Public pour la Langue Occitane

L’OPLO officiellement créé en 2015 s’est vu confier le pilotage de ces conventions. En amont, il a beaucoup concerté les partenaires institutionnels et les acteurs associatifs. En aval, il devra favoriser la diffusion de l’information sur l’offre d’enseignement, organiser des animations dans les établissements, des campagnes d’information. L’OPLO est aussi chargé de soutenir la production de matériel pédagogique. Par exemple, le CAP’OC de Pau fournissait ce type de matériel gratuitement en Aquitaine et à titre onéreux en Midi-Pyrénées. Désormais l’OPLO financera ces outils pédagogiques dans les 2 régions en lien avec le réseau Canopé (réseau de création et d’accompagnement pédagogiques).

L’OPLO va également mettre en oeuvre les bourses d’études Ensenhar pour les étudiants qui se destinent vers le professorat de et en occitan dans le premier degré. Mais aussi pour des enseignants du 1er et 2nd degré titulaires de leur poste et désireux de se former à l’occitan afin d’enseigner dans cette langue. Il devra également accompagner les collectivités locales (région, départements, métropole, ville) qui souhaitent s’engager dans ces conventions. L’OPLO va enfin recueillir et traiter toutes les données sur l’enseignement de l’occitan dans le cadre de l’Observatoire de la langue occitane pour établir une cartographie précise complète et suivre ainsi les évolutions.

Charline Claveau-Abbadie lors du tournage France 3

Charline Claveau-Abbadie, présidente de l’OPLO Photo : France 3

Cette politique volontariste se heurte évidemment à certains textes ministériels (notamment la réforme des collèges) aux postes au CAPES toujours si peu nombreux, à certains recteurs d’académies parfois peu coopérants, aux directeurs d’établissement qui font la sourde oreille. Mais c’est la première fois que l’Etat signera une telle convention cadre, certainement d’ici la fin du mois. Précédemment, c’était les seuls recteurs (ices).

Sur ces relations entre enseignement et politique, la FELCO a mis en ligne sur son site une étude très intéressante sur les questions posées par les députés lors de cette mandature concernant les langues régionales.

http://www.felco-creo.org/mdoc/detail_fr.php?categ=deputat&id=1798

Lo Benaset @Benoit1Roux

 

Quand la Bona Annada s’affiche

Ils sont 3 vaillants(es) cantaires (as) sur l’affiche 2017. Depuis 2003, il en va ainsi. L’institut Occitan de Billère en Béarn (missionné par le Conseil Régional de la Nouvelle Aquitaine et le Conseil Départemental des Pyrénées Atlantiques) fait sa campagne de socialisation de la langue d’oc pour souhaiter une bonne année aux citoyens.

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Des affiches disposées entr’autres dans les arrêts de bus de l’agglomération de Pau grâce à la société Idélis mais aussi dans le Grand Tarbes, les Hautes-Pyrénées avec l’aide de la Maison de la Cultura Occitana et de l’Ostau Comengés, les villes de Bordeaux, Bayonne, Billère, Orthez, Oloron, Mont de Marsan, Agen, Périgueux, Saint Gaudens, Montréjeau… et dans de nombreux autres lieux. La campagne se décline également en cartes postales.

Le visuel est assuré par la société Adishatz. L’InÒc mène d’autres actions tout au long de l’année.

Reportage Edition Pau Sud Aquitaine réalisé à Billère (64) le jeudi 12 janvier. C. Alet E. Gonzalez R. Grillot

Intervenants :

Jean-Brice Brana, Responsable pôle Langue et Société InÒc Aquitània

Jean-Jacques Castéret, Directeur InÒc Aquitània


Bona annada les vœux en occitan par france3midipyrenees

12 Jan

Cadun son biais !

A l’époque des tutos youtubesque, des conseils en tous genres dont nous abreuvent les médias, nous, on a les BIAIS ! Ce sont des petits modules de 5-6 minutes pour expliquer des savoirs-faire, une méthode, une agilité certaine, conçus comme des documents ethnographiques. Des petites choses, naturelles qui simplifient la vie; des connaissances qui la magnifient. En 2015, France Télévisions et Piget ont co-produit 20 épisodes dans différents dialectes et sur des territoires variés. Très bonne nouvelle pour 2017 : BIAIS remet le couvert pour 20 nouveaux modules. Le bonheur en prime.

Airal del Vilafrancat (12) Fòto : Piget

Airal del Vilafrancat (12) Fòto : Piget

Des guides de la survie heureuse

En 2010, Pierre Rabhi sortait son livre : « Vers la sobriété heureuse ». BIAIS, c’est un peu la même démarche. Le bonheur, ce peut être des choses simples, bonnes, modestes, passer des moments agréables. Tous ces BIAIS ne sont que trop rarement mis en lumière, les personnes qui les détiennent n’ont pas toujours conscience qu’ils constituent des trésors, tellement ces gestes, ces savoirs-faire, se font naturellement, sans trop se poser de questions. Ils ont parfois été transmis de générations en générations.

Si vous connaissez la série BIAIS vous vous rappelez certainement de Léo en Peirigòrd, de ses outils pour peler les châtaignes, sarcler le jardin, faire fuir les taupes.

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Il y a aussi René en las Lanas, sonses esclòps, 91 ans au compteur et toutes ses astuces pour économiser l’eau. Pour les gourmands, Aimée et Denise avec ce plan magnifique où elles traversent ce champ de Lomagne, avec la célèbre crostada dans les mains.

Photo : Piget

Photo : Piget

Jacqueline et Christiane sur le causse de Limogne pour le célèbre Pastís a l’anguilha. A chaque fois une ou deux personnes, filmées chez elles. Des rencontres de personnes mais aussi de paysages où la caméra s’attarde sur las pèiras, la lenha, los fums. De la belle image qui donne envie d’en découvrir davantage.

Des documents ethnographiques et linguistiques

La première série a été filmée en Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon et Aquitaine. La saison 2 ira sur deux régions mais beaucoup plus vastes. Dans les BIAIS, les gens se racontent, directement, librement, dans tous les dialectes, sans voix off du journaliste ou du réalisateur. La langue y est belle, naturelle, le vocabulaire riche, à la hauteur de ces BIAIS que l’on découvre. Les BIAIS ont beaucoup servi en classe, de nombreux professeurs les ont utilisés pour d’évidentes raisons pédagogiques et linguistiques. On pourrait rajouter aussi cinématographiques. Car chaque territoire est ainsi mis en lumière, tout est filmé avec application, dans une dimension patrimoniale, en fuyant toute nostalgie. Tel un bon vieux blues, toute semble simple en apparence. Mais encore faut-il faire le bon geste, au bon moment. Tout se joue dans le détail.

Rodatge dins la valada d'Òlt ambe Odette et Pierre Fòto : Piget

Rodatge dins la valada d’Òlt ambe Odette et Pierre       Fòto : Piget

Une saison 2 toujours aussi riche…

Fin février, début mars, la saison 2 sera à l’antenne dans l’émission Viure al País. La caméra RED a repris du service et Amic Bedel a déjà de belles séquences dans l’ordinateur. La fameuse Renée Bagelet (qu’il avait suivie pour Las 4 sasons de la Renada) s’est prêtée au jeu pour las fabas et las domaisèlas. Dans la vallée d’Aspe, c’est Jean le berger qui accommode les cloches pour que le troupeau sonne harmonieusement. Du côté de Toulouse, il a rencontré un jardinier fameux spécialisé dans…le plant d’oignons au printemps!

La mer ne sera pas en reste : les huîtres sur le bassin d’Arcachon, la tielle du côté de Sète. On y croisera aussi un adobaire petassaire (guérisseur), un rémouleur, la recette fameuse de l’alicòt (à base de canard), un jeu de quille et… un numéro un peu spécial façon délire Dètz si vous voyez ce que je veux dire !

Dins la Vath d'Aspa Sason 2 Fòto : Piget

Dins la Vath d’Aspa Sason 2 Fòto : Piget

…qui attend aussi vos propositions!

Le carnet est donc déjà bien rempli mais les tournages se feront au gré des saisons. Et il y a certainement non loin de chez vous, parmi vos connaissances, des personnes biaissudas ! Depuis leur passage à l’antenne, lors de la projection aussi dans le cadre du festival Occitània, les BIAIS ont suscité beaucoup de réactions, réveillé de beaux souvenirs. Alors n’hésitez pas : si vous avez la perle rare, la recette typique, la tradition méconnue, une curiosité, vous pouvez nous écrire ou nous contacter. La saison 2 n’en sera que plus riche et plus belle !

pigetprod@hotmail.com

benoit.roux@francetv.fr

Tous les BIAIS sont aussi en replay coma se dís en lenga nòstra sur ce blog à la rubrique BIAIS.

Lo Benaset @Benoit1Roux

 

11 Jan

Brunò Peiràs, l’engenhós poèta

Brunò Peiràs s’amerita d’èsser conegut. Una mena de sage que fa tira camin dins l’escritura e tanben dins çò que tòca lo mitant agricòl. L’ingeniaire agricòl sap cultivar son òrt sicrèt dins una pluma alèrta e poetica. Ven de sortir un libre en doas partidas : una ambe de letras a un amic musulman, l’autra ambe de novèlas sus l’òme davant la mòrt (google death). Al seu biais, sens far l’especialista, sens cercar una tòca precisa, mas ambe de causas que pòrtan sens.

Brunò Peiràs Fòto : France 3

Brunò Peiràs
Fòto : France 3

Letras a un amic musulman

Brunò Peiràs dich Josèp est sortit de Quilhan dins Aude. La lenga, l’a entenduda e popada a l’ostal ambe sonses grands qu’avián aprés lo francés a l’escòla. Sonses parents qu’èran regents l’avián perduda… Una joventut a Carcassonna, lo rescontre amb un autre poèta (Claudi Marti), d’estudis a Tolosa e Montpelhièr per venir ingeniaire agricòl. Un crestian qu’escriu duèi de letras a un amic musulman.  » La genèsi torna montar a 30 ans. Rescontrèri en Mauritania un gojat pus vièlh que ieu, Senegalés, un musulman. » Un afar d’amistat prigond e de rescontres regulars. « Aguèri l’nveja d’escriure quicòm amb el, escambiar amb el, a travèrs de l’escritura. Comencèri a escriure una letra mas me respondèt pas. » Cal dire que son amic es un òme plan ocupat a se mainar d’una ONG. Alèra, escriuguèt 11 letras d’un còp. Coma aviá legida la Bible en òc de Joan Larzac, li demandèt de far quicòm. Larzac respondèt. « Per el, fasiá pas brica una separacion entre l’islam e la religion crestiana. Explicava qu’el tanben aviá un amic musulman, amb una relacion d’amistat prigonda el tanben. »

Una mena de convergéncia entr’eles per dire que cal despassar cada religion e tornar als fondaments : l’amor universal. Lo libre es donc pas l’afar d’un especialista.

« Per ieu l’islam es la fraternitat, l’amistat, lo respècte, la patz, la generositat. Pas brica çò qu’òm ausís duèi. Los musulmans son victimas dels islamistas. »

E Brunò sap de que parla. Mai d’un còp anèt al Senegal, legiguèt lo Coran. Quand Aurelien de Chayre anèt aval dins l’encastre de sonses estudis (un autre libre publicat per l’IEO), Brunò l’aconselhèt. « Soi pas musulman, mai los ai costejats pendent longtemps. Per ièu, l’islam pòt èsser una força de vida. I a de ligams prigonds entre islam, amistat e crestianisme. » La primièira part de son libre es donc una òda a l’amistat.

Bruno Peyras par france3midipyrenees S. Tijani J. Levé M. Blasco C. Lacroix MP Fournier

Un poèta manjaire de mots

Dins la segonda part del libre, li se pòt trapar de novèlas ligadas mai que mai a la mòrt. mas mèfi : l’òme es prigond mas pas un piss-freg tristonàs. Li tipe s’amusa. Coma dins los Contes de l’Òme pichon, totjorn a l’IEO colleccion Vendémias. La lenga es richa, jucosa, plena d’èime e d’umor. Totjorn ligat al monde agricòl, son escritura es totjorn emplenada d’imor, jamai la sorga non tarís… Es pas la primièr còp que liga lo mond informatic, l’economia, la poesia. Son òbra revèrta l’òme : plasenta, alèrta, dubèrta, pintoresca, viva, que se noirís cada jorn a la la font dels mots.

Dins un monde mai negre cada jorn, que cèrca a desseparar, a negar las diferéncias, legir de Brunò Peiràs te fa un ben tarrible !

Lo Benaset @Benoit1Roux

 

10 Jan

Le logo de la région Occitanie choisi le 20 janvier

On connaît le nouveau logo de la région Nouvelle Aquitaine en référence à Richard cœur de Lion, un peu moins celui de Bourgogne-Franche-Comté… Une partie de l’identité visuelle de la nouvelle région Occitanie sera décidée le 20 janvier et dévoilée certainement quelques jours après. Car la région fait toujours dans la co-construction citoyenne. Après la consultation pour le nom, elle a lancé un concours pour le logo. Apparemment, beaucoup de personnes ont apporté leur concours et le jury aura beaucoup de travail pour le jury le 20 janvier prochain.

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Que se passera t-il le 20 janvier?

La commission Culture Patrimoine et Communication présidée par Serge Regourd, les 5 membres du bureau de l’Assemblée (avec des élus de l’opposition) que préside Gérard Onesta et certains conseillers délégués rattachés à des commissions comme l’élu occitan Patric Roux se réuniront. Ce jury composé d’une vingtaine de personnes et présidé par Carole Delga aura à examiner un dossier parait-il très épais composé de centaines de propositions de logos parvenus à la nouvelle région. Ils devront en choisir une, qui sera très certainement retravaillée par des professionnels. Ce qui veut dire que le dit logo ne sera sans doute pas communiqué le 20 janvier, le temps d’effectuer les retouches jugées nécessaires. Il n’y a pas eu de pré-sélection au mois de décembre mais une simple réunion technique sur la méthode choisie pour effectuer la sélection.

Qui a proposé ces logos?

La région a lancé un concours du 28 octobre au 28 novembre 2016. Le règlement a été voté en commission permanente le 25 octobre. Il était ouvert (article 2) :

  • Les étudiants inscrits dans des Ecoles d’art, de design, de graphisme ou qui suivent des formations, y compris de niveau secondaire, dans ces domaines dans des établissements qui délivrent un diplôme reconnu par l’Etat,
  • Les personnes physiques pouvant se prévaloir d’un diplôme d’Etat d’une école d’art, de design, de graphisme ou validant des formations qualifiantes dans ces domaines,
  • Toute personne physique inscrite à la Maison des Artistes.

Autrement dit les jeunes créateurs de la région, ou même ceux qui n’y résident pas. Visiblement, l’opération a eu beaucoup de succès. Dans son règlement, la région s’est contentée de donner quelques pistes : « Le signe graphique, symbole de cette région devra notamment comporter les couleurs  jaune et rouge (or et sang) emblématiques de la Région, déclinées dans la Croix Languedocienne et dans l’héraldique catalane. Il devra être identifiable et mémorisable.  » Mais rien ne revêt un caractère obligatoire. On ne sait donc pas à quoi ressemblera ce nouveau logo, même si certains ont fait pression pour que la croix occitane et les bandes catalanes continuent d’y figurer.

Le 20 janvier ou dans les jours qui suivent, ce nouveau logo sera donc connu. Restera alors à déterminer le blason et le drapeau qui seront affichés par la nouvelle région.

Lo Benaset @Benoit1Roux

 

06 Jan

Renècs e onomatopèas en Lemosin

Benlèu que n’avètz un confle de las repapiadas del cap de l’an, que n’avètz pron dels funses e del frech de l’ivèrn. Aquí un rai de solelh ambe los collègas de la 3 en Lemosin.


VIDEO. Page occitane : les jruons et onomatopées

Lieu : Oradour-sur-Vayres (87) Intervenant : Jean-François Vignaud (Institut d’Etudes Occitanes du Limousin)  –  France 3 Limousin  –  Cécile Gauthier, André Abalo, Samuel Chassaigne, Michel Giguet, Sébastien Bugeaud

Per completar :

 https://www.facebook.com/ieolemosin.librariaoccitana/

http://ieo-lemosin.org/

https://ca.wikipedia.org/wiki/Insult

http://andriudegavaudan.over-blog.fr/article-11499099.html

05 Jan

Le texte d’Annie Le Houérou examiné le 31 janvier

Le débat du 30 novembre dernier à l’Assemblée Nationale avait permis d’examiner 4 des 7 articles que compte la Proposition de Loi d’Annie Le Houérou pour protéger et promouvoir les langues régionales. Une nouvelle date devait être trouvée pour poursuivre l’examen. Ce sera le mardi 31 janvier vers 16H30, après les questions au gouvernement. Sans surprise, ce texte va donc rejoindre les autres propositions de lois recalées, dépouillées, torpillées, enterrées, avant d’être adoptées.

Le 13 décembre, c’est Olivier Faure qui a pris la succession de Bruno Le Roux, à la tête du groupe socialiste à l’Assemblée Nationale. Bruno Le Roux qui avait signé cette dernière proposition de loi comme la moitié du groupe socialiste étant devenu ministre, il fallait lui trouver un remplaçant. Le député de la Seine-et-Marne a acté le fait que la PPL d’Annie Le Houérou soit ré-examinée le mardi 31 janvier. Et pas avant car les créneaux sont réservés pour les textes émanant du gouvernement.

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Dans ces conditions, le texte -même s’il était voté fin janvier à l’Assemblée Nationale- ne pourra pas être définitivement adoptée avant la fin de cette législature. Les langues régionales attendront donc pour être protégées, défendues et reconnues. Sans renier tout le travail de fond entrepris par certains hommes politiques depuis des décennies, c’est à se demander combien de temps il faudra encore attendre pour que la République veuille bien accorder aux langues régionales un début de statut qui assurerait leur pérennité.

Lo Benaset @Benoit1Roux

02 Jan

PòmPogoDòm

La pantèra en colèra, al leon vòl far la guèrra… Lo tractor per la campanha s’avançava dapasset… A la mar quand fa solelh i te carras tot plen… Plica placa plica plòc, es la pluèja que tomba plòc…

PòmPogoDòm ce sont de drôles d’histoires, pour les dròlles mais pas seulement. Jean-Louis et Paulin Courtial, avec Arnaud Cance se sont bien amusés en créant ce spectacle pour enfants qui tourne dans l’Aveyron. Pour poursuivre le côté drôle et déjanté du spectacle, PòmPogoDòm c’est aussi un disque.

Photo : France 3

Photo : France 3

PòmPogoDòm : las cançons

Jean-Louis Courtial a toujours son âme d’enfant. Voilà plus de 20 ans, il avait déjà écrit quelques chansons pour les enfants. Comme « Lo tractor per la campanha » ou encore « Lo cat e la mirgueta » qui font partie du spectacle et du disque. Des chansons qui font appel à l’imaginaire, parfois bien déjantées, avec une écriture assez cinématographique, plus rurales que urbaines. Et il y a de fortes chances que quand vous aurez entendu « La Lèi de la jungla » où un lion bizarre protège une gazelle, « Lo Tractor per la campanha » et ses fameux pistons qui font « Pa pa pa pa pa pa » ou encore  « La bicicleta », ces airs vous restent en tête un bon moment. Des chansons efficaces donc, d’inspirations diverses, avec un vocabulaire très riche pour répondre à des objectifs pédagogiques.

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PòmPogoDòm : l’espectacle

Depuis le début du mois, le spectacle PòmPogoDòm se promène un peu partout dans l’Aveyron. Au départ, c’est un partenariat entre l’Education Nationale et Aveyron Culture. La mission départementale propose des animations scolaires où l’occitan trouve sa place. Une bonne quinzaine d’écoles ont répondu présent pour ce projet , de la maternelle à l’élémentaire et des sections bilingues aux écoles où il y a une simplement une initiation. Les artistes qui composent ce spectacle (Paulin et Jean-Louis Courtial, Arnaud Cance) se sont rendus dans les classes ( 4 séances d’1H) pour apprendre les chansons aux enfants, sans oublier quelques conseils scéniques aux artistes en herbe.

Reportage : B. Roux J. Levé M. Blasco A. Amsili F. Ratel M.P. Fournier


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Et ça marche du feu de dieu. Rarement on aura vu une telle débauche d’énergie : des chansons qu’ils connaissent par cœur, des gestuelles, des mimiques… Un spectacle autant sur scène que dans la salle, des enfants qui chantent, dansent, bougent et crient., des professeurs qui s’amusent tout autant. On n’ose pas imaginer le retour en classe juste après le spectacle… ! Et les artistes ne sont pas en reste.

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PòmPogoDòm : lo disc

Presque tout aussi festif, le disque où l’on retrouve les mêmes artistes, avec le chant lyrique de Rosalina Courtial. Les arrangements ne sont pas tout à fait les mêmes et la palette est assez large entre le côté dancehall  de « Plica placa la pluèja », le côté presque « Sicrien » façon « Babau » pour « La Sopa », la bossa pour le très beau morceau « Fòrmas » et les accords flamenco de Paulin Courtial qui reviennent sur plusieurs titres. Il y a de l’expérimental et des choses plus sages, certains morceaux qui fonctionnent mieux que d’autres. Mention spéciale pour « Fòrmas » et « La borrèia de las colors » très audacieuse pour une bourrée. Le disque ne tombe pas dans la caricature de certaines œuvres pour enfants, les univers sont au contraire très larges. D’onomatopées en vocabulaire riche, les textes fonctionnent plutôt bien.

Et si vous vous demandez ce que peut bien dire PòmPogoDòm, sachez qu’officiellement ce sont les bruits de pas d’une panthère… Quant à savoir pourquoi c’est devenu le nom du groupe et du spectacle, il faut s’en référer aux grands enfants que sont parfois les artistes.

Lo Benaset @Benoit1Roux

 

 

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