26 Sep

Palombe : la fièvre bleue à Louchats

Au mois d’octobre, j’ai l’esprit pris que par les palombes… J’en vois toute la nuit, j’en rêve, je les devine…

Deux yeux imperceptibles derrière une palissade de bois

Le compte à rebours a commencé pour les paloumayres qui veillent aux derniers préparatifs dans la forêt.

Notre guide, Philippe Carreyre, a commencé à chasser la palombe à l’âge de 14 ans. Avant de participer à l’ouverture, il nous a fait découvrir un lieu inattendu

Une palombière pédagogique construite voilà une dizaine d’années par des chasseurs à Louchats, dans le sud de la Gironde, pour présenter cette tradition ancestrale au grand public.

Ici, ni fusil, ni filet, ni ripaille mais des histoires pour raconter la chasse à la palombe.

Au coin du feu, Philippe Carreyre en rappelle l’origine dans les Landes. Dans cette région autrefois pauvre, le fait d’attraper une palombe représentait un festin, l’assurance de manger enfin autre chose que du porc. On parlait alors en paire de palombes.

La chasse au filet, spécialité du Sud-Ouest, permettait de capturer les oiseaux vivants et de les garder dans des cages en prévision d’un repas de fête.

Dans la palombière, toutes les classes sociales se retrouvaient. Le maire, l’instituteur, l’artisan, l’ouvrier. Tous partageaient des moments de convivialité qui estompaient la hiérarchie. Bien souvent, les plus humbles devenaient les « chefs » de la cabane !

Aujourd’hui, la tradition perdure avec cette fameuse « convivialité » présentée parfois jusqu’à la caricature. Des jeunes prennent le relais et souhaitent défendre cette pratique. Pour preuve, cette pétition lancée par un jeune girondin. Objectif : faire inscrire la chasse à la palombe au patrimoine mondial de l’Humanité. Rien de moins !

Pour mieux comprendre la fièvre bleue, rendez-vous à Louchats le temps d’un reportage au milieu de la forêt de pins (NPDP, Christophe Brousseaud, Boris Chague, Isabelle Rougeot)

28 Jan

Chaussez les sabots des Landes !

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On les croyait tous disparus et pourtant…

Les sabotiers existent toujours : ils sont une dizaine d’artisans en France à perpétuer une fabrication qui a commencé voilà cinq siècles.

Dans les Landes, Claude Labarthe a repris l’atelier de ses aïeux à Saint-Etienne d’Orthe. Il représente la septième génération de sabotier à confectionner ces souliers de bois qui se portent avec des chaussons de feutre douillets.

Le bois, c’est de l’aulne. C’est du bois blanc qui se plait dans les zones humides des bords de l’Adour et qui pousse naturellement. Dans chaque région, les sabotiers utilisent toujours le bois qu’ils ont à proximité…

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Les sabots et leurs formes arrondies prennent naissance dans des machines des années 1940, qui peuvent réaliser une paire complète à la fois, pied gauche et pied droit étant façonnés en même temps.

Autrefois, le travail à la main exigeait force et patience, comme l’explique Francis, le père de Claude qui a assisté au dur labeur de son père et de son grand-père.

Pour faire une paire de sabots, il fallait quatre heures. Et ils faisaient trois paires par jour… en travaillant douze heures !

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La production ne s’est jamais arrêtée, même si elle a beaucoup diminué.

Au total, 600 paires de sabots de marche sortent de l’atelier chaque année, contre 12 000 au meilleur de la production.

Et ce qui a sauvé les sabotiers, dans les années 1980, ce sont tous les souvenirs destinés aux touristes de la côte landaise et aux curistes du thermalisme.

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Restent… les habitués. Tous ceux qui résistent au plastique et au caoutchouc.

Car aux dires des fidèles adeptes, le sabot est irremplaçable, chaud et isolant à la fois. C’est pourquoi l’atelier travaille surtout en hiver, la demande étant toujours plus forte lorsqu’il pleut…

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Les sabots ont été une évidence pour nous lorsque nous sommes arrivés à Saint-Etienne d’Orthe. En plus, c’est nature, c’est tout à fait notre style ! Isabelle

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Bref, les sabots, ce n’est pas que du folklore ! L’atelier « Le sabot des Landes » est ouvert tous les jours, de 9 h à 12 h et de 14 h à 19 h sauf le dimanche, avec des démonstrations l’après-midi (à partir de 15 h).

Envie de jeter un coup d’oeil ? Venez avec nous le temps d’un reportage (Nathalie Pinard de Puyjoulon, Dominique Mazères, Stéphanie Plessis, Isabelle Rougeot)

27 Avr

Fête de la lamproie : Sainte-Terre célèbre ce drôle de monstre les 29 et 30 avril

©France 3 Aquitaine

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Sainte-Terre, près de Libourne, s’apprête à vivre sa vingt-septième Fête de la lamproie. C’est en effet en 1990 que le village, sous l’égide du maire Guy Marty, s’est auto-proclamé capitale mondiale de ce drôle d’animal aquatique, ni poisson ni reptile, appartenant à la catégorie des agnathes (du grec « sans mâchoire »).

La lamproie est en fait un vampire qui se nourrit de sang, fixant sa ventouse buccale sur ses proies ! Durant son existence en mer, elle jette son dévolu sur la morue, le hareng, le maquereau, l’espadon, l’esturgeon, l’anguille, l’alose et même le requin pèlerin.

@wikimediacommons

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C’est à la fin de l’hiver que ce drôle de spécimen entre dans l’Estuaire de la Gironde, pour s’y reproduire. La lamproie serait pêchée dans la région depuis le XVe siècle.

Pour la capturer, les pêcheurs utilisent des nasses (traditionnellement, des bourgnes en osier) dans lesquelles les lamproies sont prises au piège. Ils peuvent également lancer des filets sur les deux tiers de la largeur de la rivière. Sainte-Terre compte aujourd’hui trois pêcheurs professionnels.

Côté dégustation, c’est bien sûr la lamproie à la bordelaise qui est préparée dans la région. La lamproie, une fois découpée en tronçon, cuit dans une sauce faite à partir de son sang et d’un vin rouge de l’année de préférence, auxquels sont ajoutés des poireaux, produits localement par les maraîchers.

Lors des journées de la Fête à la lamproie, les 29 et 30 avril à Sainte-Terre, les gourmets pourront partager un grand repas sur place mais aussi acheter des lamproies  vivantes pour les préparer à la maison ou bien encore ramener des conserves.

Pour les plus curieux, le jardin de la lamproie permettra de tout connaitre sur l’animal préhistorique, en l’observant notamment dans un aquarium. A noter que des stages de cuisine sont également proposés chaque printemps.

Avant ce rendez-vous sous l’égide de la confrérie de la lamproie, nous vous proposons de partir sur la Dordogne, à la rencontre du pêcheur Mickaël Durand et de sa mère qui cuisine la lamproie à la bordelaise…

Reportage de Nathalie Pinard de Puyjoulon, Thierry Julien, Boris Chague, Xavier Mansion (2016)


La lamproie, un monstre délicieux !

 

09 Mar

La récolte de l’osier en Gironde : une ambiance de feu en hiver !

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Comme l’oeuvre d’un artiste, c’est une ligne couleur de feu posée sur l’horizon gris de l’hiver

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Nous sommes à Barie, dans l’Entre-deux-Mers, au moment de la récolte de l’osier. Immergés dans ce monde doré, Corentin Laval et Karen Gossart comptent parmi les rares producteurs girondins à le cultiver. Nous les avons rencontrés à l’Oseraie de l’Ile.

On a la chance de ramasser une matière flamboyante quand tout est fini de récolter. Nous, nous avons la chance d’avoir une matière pleine de couleur, pleine de vie. Corentin, osiériculteur

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La récolte s’effectue de novembre à mars, avec un pic en janvier, correspondant au moment le plus fort de la demande viticole. Les brins d’osier servent en effet à attacher les sarments de vigne. Une tradition dans la région pour éviter le fil de fer qui blesse le bois. Aujourd’hui, ce sont surtout les grands châteaux qui utilisent l’osier.

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Tous les deux passionnés, Karen et Corentin ne font pas que cultiver l’osier. Ils sont aussi vanniers et proposent des stages dans toute l’Europe, défendant un métier ancestral qui a de l’avenir… Le panier, un temps délaissé, risque bien de retrouver toute son utilité depuis l’interdiction des sacs plastiques.

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Entrez à l’Oseraie de l’Ile, avec ce reportage de Nathalie Pinard de Puyjoulon, Guillaume Decaix (images), Sarah Paulin (montage) 

 

 

 

26 Mai

L’Hospitalité Bordelaise : un autre regard sur Lourdes

Et pourquoi pas vous ?

Au moment où se préparent de nombreux pèlerinages, c’est ainsi que les hospitaliers interpellent les bonnes volontés pour accompagner les malades à Lourdes.

Mais qui sont ces hospitaliers discrets, souvent méconnus, prêts à se dévouer corps et âmes, aux côtés de personnes en souffrance, espérant sinon une guérison miraculeuse, en tout cas un réconfort physique et moral ?

Pourquoi on le fait ? C’est difficile à expliquer ! Mais quand on le vit, alors on comprend : c’est que du bonheur… Une jeune hospitalière

 

De tous âges et de toutes conditions, hommes ou femmes, actifs ou retraités, pratiquants ou non, les hospitaliers sont tous bénévoles et exercent une présence de chaque instant auprès des pèlerins, assurant toilettes, repas et déplacements.

L’Hospitalité Bordelaise, association plus que centenaire, compte actuellement 700 accompagnants. La tradition des Hospitalités s’est développée dans le monde entier. En France, il en existe une dans chaque département.

Dans une société où tout est basé sur l’argent, on trouve un dévouement totalement gratuit, c’est merveilleux. Un pèlerin

©France 3 Aquitaine

©France 3 Aquitaine

La Cité Mariale accueille chaque année six millions de visiteurs. Une attraction qui ne se dément pas depuis 158 ans. 

Cet été, le pèlerinage girondin aura lieu du 12 au 16 juillet. Il y a quelques années, nous avions rencontré ces bénévoles de l’Hospitalité Bordelaise.

Ecoutez leurs témoignages ainsi que ceux des malades, souvent bouleversants, dans ce reportage de Nathalie Pinard de Puyjoulon, Thierry Julien et Catherine Collin.


L’Hospitalité Bordelaise à Lourdes

10 Mar

Un p’tit coin de parapluie…

Que d’eau, que d’eau ! Mieux vaut ne pas oublier son parapluie…

A Pau, la parade existe depuis un siècle. C’est dans la cité d’Henri IV que des artisans fabriquent le célèbre parapluie de berger qui protège… de la pluie mais aussi de la foudre, de la neige et même… du soleil.

Le secret de cet abri étoilé : l’utilisation de matériaux uniquement naturels. Neuf baleines en rotin, disposées en faisceaux pour créer un grand cercle au diamètre généreux : 1,35 m. Quant au mât et au pommeau bien rond, ils sont en bois de hêtre.

Les plus beaux sont ceux qui ont vécu, délaves, portant les marques des randonnées...©Pomme de pin

Les plus beaux sont ceux qui ont vécu, délavés et portant quelques cicatrices de randonnées…©Pomme de pin

La grisaille favorise-t-il les ventes ? Posons la question à Christophe Pando qui, comme son père, fabrique ces parapluies traditionnels dans l’une des dernières boutiques artisanales de France.

Quand il fait aussi mauvais, on vend à nouveau du bon parapluie. On voit des gens qui en ont marre de se mouiller. Les touristes, qui ne pouvaient pas skier, sont également descendus dans la vallée pour ramener des souvenirs. Les ventes ont été reboostées…

©Pomme de pin

©Pomme de pin

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La toile de coton, imperméabilisée, prend les couleurs des régions dans lesquelles elle est déployée. Le bleu pour le Sud-Ouest, le noir pour le Pays Basque, le rouge pour les Alpes et le bleu-vert pour la Vendée.

Le petit truc en plus : ces parapluies robustes, destinés à durer toute une vie, ne se retournent pas, même par grand vent… Un outil de travail précieux pour les bergers qui arpentent la montagne par tous les temps.

Comment sont-ils confectionnés ? Visite guidée dans l’atelier. Reportage de Loriane de Casanove et Eric Depay.


Fabricant de parapluies de bergers