12 Avr

Hôtel Frugès : une curiosité architecturale

Une fois n’est pas coutume, commençons par un détail.

Nous sommes dans un endroit surprenant, particulièrement prisé lors des Journées du Patrimoine. L’Hôtel Frugès est une curiosité architecturale, mélangeant différents styles à Bordeaux.

Le jardin a des accents mauresques, tout comme la salle de bain, digne des mille et une nuits !

Le concepteur de cet hôtel particulier est Henri Frugès, riche industriel sucrier désireux de créer une « oeuvre d’art globale » au début du XXème siècle.

Son nom reste associé à Le Corbusier. Ensemble, ils ont imaginé une cité ouvrière novatrice à Pessac (la célèbre Cité Frugès).

Cependant, pour son domicile, il sollicite un autre architecte, le Bordelais Pierre Ferret. Art nouveau, art déco, parfum médiéval. Le projet échappe à tous les codes de l’époque avec un objectif : rompre avec le XVIIIème siècle si cher à la ville.

L’actuel co-propriétaire, Jean-Pierre Renaudin, est tombé sous le charme en l’an 2000. Il découvre un décor ignoré pendant soixante ans.

Imaginez : au départ d’Henri Frugès, c’est un radiologue qui s’installe ! Le cabinet médical masque et cloisonne le décor intérieur de l’hôtel particulier qui ne correspond plus du tout à l’air du temps, comme l’explique l’historien Robert Coustet dans son ouvrage paru aux Editions du Festin.

Aujourd’hui, l’Hôtel Frugès a retrouvé toute sa splendeurVisites sur rendez-vous auprès de l’Office de Tourisme de Bordeaux.

Regardez notre reportage… Et visitez, sur le blog, une autre oeuvre d’art totale, Chavat, à Podensac.

01 Avr

Découvrez les techniques anciennes à l’Ecole Française de Décor

Vous vous êtes toujours sentis la fibre artistique ? L’Ecole Française de Décor est peut-être pour vous ! Fondée par Anne Barkhausen, une ancienne professeur de mathématiques devenue artisan d’art, elle propose une formation originale : celle de « peintre en décor » pour créer et réaliser des décors et des finitions décoratives.

C’est une passion… Mon métier, c’est mon loisir… et mon loisir, c’est mon métier ! Je vis pour ça, je trouve que c’est intéressant de transmettre ce que l’on sait et de voir grandir les autres. Anne Barkhausen

Unique en son genre, l’Ecole compte trois antennes (une à Bordeaux et deux autres au Mans et à Nantes) recrutant des jeunes et des moins jeunes qui ont envie d’exprimer leur sensibilité artistique. Certains sont diplômés en arts plastiques ou en histoire de l’art, les autres ont déjà exercé un métier comme architecte, infirmière ou assistante commerciale !

Pour les premiers, il s’agit de professionnaliser leur parcours universitaire ; pour les seconds, de s’offrir une seconde chance plus en adéquation avec leurs désirs.

J’ai toujours peint. J’ai eu envie, pour la deuxième partie de ma vie, de réaliser mon rêve. Je peux rester là 10 heures, sans m’arrêter, sans voir le temps passer. Je suis tranquille, heureuse, détendue, je suis au paradis ! Marylise, élève de l’Ecole Française de Décor.

L’originalité consiste en l’apprentissage de techniques anciennes à partir de matières naturelles, comme la chaux, la caséine, le sable, les poudres de marbre. En un an, les élèves font leurs gammes, découvrant le glacis, le trompe-l’oeil, le stuc, le pochoir ou la patine, sans oublier le décor panoramique.

Les débouchés sont multiples dans le domaine du patrimoine et de la restauration, mais aussi le théâtre, le cinéma et plus récemment, les escape games et les parcs d’attraction ! Les peintres en décor s’adressent également aux particuliers, mettant les techniques anciennes au service de nos intérieurs contemporains.

Pas de plastique, pas de produits chimiques, on fait des choses qui vont tenir dans le temps, comme les anciens. Alice

Entrez dans les coulisses des décors et découvrez « l’effet wahouh » avec notre reportage (NPDP, Dominique Mazères, Christophe Varone, Véronique Lamartinière)

25 Mar

Bordeaux : une moto entre au Musée d’Aquitaine

C’est une première au Musée d’Aquitaine. Une moto vient de faire son entrée dans les collections.

Elle est même l’objet phare de la salle consacrée au XXème siècle qui vient d’ouvrir au public. Il s’agit d’une moto bordelaise de la marque Faret, restaurée par un jeune passionné et son association, le  « Moto Club Bordeaux« .

Regardez notre reportage sur la belle histoire de ce patrimoine roulant (NPDP, Dominique Mazères, Christophe Varone, Christian Arliguié)

04 Fév

Lormont : les 30 ans du Musée National de l’Assurance Maladie

Un musée consacré à l’Assurance Maladie ? Quelle drôle d’idée pense-t-on au premier abord. Et pourtant il serait dommage de s’arrêter à ce préjugé car ce musée, unique en France, est l’occasion de s’immerger dans l’histoire de la protection sociale, si fondamentale dans nos sociétés.

Née juste après la Seconde Guerre Mondiale, la Sécurité Sociale est imaginée par le Conseil National de la Résistance. Une première mondiale qui devient un droit universel en 1948, apparaissant dans l’Article 22 de la Déclaration des Droits de l’Homme.

Dans un cadre surprenant, le visiteur peut découvrir l’évolution de la solidarité, maître-mot du lieu et fil conducteur, de l’Antiquité jusqu’à nos jours. Les thématiques actuelles sont également présentées, comme la CSG.

C’est l’une des grandes originalités de ce musée fondé en 1989 dans un ancien « château du social », une propriété bourgeoise acquise par la Sécurité Sociale en 1948 pour la transformer en centre de convalescence et de soins. Le château appartient aujourd’hui à la CPAM de la Gironde.

Et pour fêter les 30 ans du musée tout au long de l’année 2019, un mur de photos sera réalisé, façon vintage, derrière un bureau des années soixante. Une manière de piquer l’intérêt et la curiosité des plus jeunes…

Plus d’infos sur les sites du Musée National de l’Assurance Maladie  et de la Sécurité Sociale 

Et en regardant notre reportage (Nathalie Pinard de Puyjoulon, Dominique Mazères, Sarah Paulin, Isabelle Rougeot).

Les personnes interviewées sont : Emmanuelle Saujeon-Roque, responsable du musée, et Jaurel, volontaire en service civique.

28 Jan

Bordeaux en miniature, trésor inattendu des Archives

C’est une machine à remonter le temps… Nous sommes dans un magasin original des Archives Bordeaux Métropole. Un magasin particulièrement surprenant parmi les 19 que compte le nouveau bâtiment inauguré en 2016, sur la rive droite bordelaise.

Ici, ni papier, ni parchemin ancien, mais des maquettes. Elles représentent le Stade Chaban-Delmas, la caserne des pompiers de la Benauge ou bien encore la Cité du vin. Une ville en miniature, où l’on découvre autant les réalisations que les projets.

Une façon de conserver la mémoire de la ville, dans son évolution et ses prises de décision. On découvre également des décors de théâtre destinés à l’Opéra. Plus insolites encore, des collections d’objets du quotidien, des petits riens comme ces boîtes de bonbons qui permettent d’illustrer la vie quotidienne.

Ces collections de maquettes et d’objets sont accessibles, sur demande, au public. Et il est toujours bon de rappeler que, depuis 1794, tous les citoyens ont librement accès aux archives. Il suffit aux visiteurs de présenter une carte d’identité pour consulter gratuitement les documents.

 

N’hésitez donc pas à venir faire un tour dans cet environnement contemporain pour plonger dans l’Histoire !  (Reportage Nathalie Pinard de Puyjoulon, Philippe Turpaud, Robin Nouvelle)  

 

14 Jan

L’oeuvre prolongée d’Eugène Viollet-Leduc au château de Roquetaillade

C’est un chantier en forme de défi qui se déroule actuellement au château de Roquetaillade, forteresse rendue célèbre par le cinéma.

Les propriétaires ont décidé de prolonger l’oeuvre inachevée d’Eugène Viollet-Leduc.

L’histoire commence au milieu du XIXième siècle à Mazères, en Gironde.

Le rénovateur de Notre-Dame de Paris et du Mont Saint-Michel est sollicité pour transformer le château-fort en habitation (un peu comme on transforme une usine en loft).

Il réalise son projet de grand escalier, projet initialement prévu pour l’opéra Garnier…

Son objectif est de faire entrer la lumière.

Des ouvertures sont percées. Pas évident quand les murs font deux mètres d’épaisseur ! Eugène Viollet-Leduc privilégie également la couleur, avec des fresques éclatantes, dont celle surmontant la fontaine de l’entrée.

Ayant carte blanche, l’architecte va investir librement les lieux, dans les moindres détails, comme ci-dessous dans la chambre rose.

Il s’agit également d’évoquer la nature, invisible en raison du nombre limité de fenêtres.

Le plafond rappelle ainsi une tonnelle ou un jardin d’hiver…

Le chantier se déroule entre 1865 et 1870 et s’arrête avec la chute du Second Empire.

L’oeuvre reste en suspens, jusqu’à ce que les propriétaires se lancent un véritable challenge artistique en 2015 : prolonger et réaliser le rêve d’Eugène Viollet-Leduc.

Pour cela, ils disposent de maigres indices : deux aquarelles seulement qu’il faut regarder à la loupe !

Première étape : depuis le mois de septembre 2018, le plafond de la grande salle synodale a été peint, aux couleurs de la famille propriétaire du château depuis sept siècles.

Par ailleurs, une fresque représentant 9 personnages a été agrandie à l’échelle réelle mais ce n’est qu’un début : 70 personnages au total doivent y figurer. Ils seront imaginés, dans l’esprit de Viollet-Leduc, en se référant à ses dictionnaires et en faisant appel à des caricaturistes.

Le financement est assuré en partie par les dons de mécènes via la Fondation de France.

Découvrez la première étape de ce chantier historique (Nathalie Pinard de Puyjoulon, Quentin Trigodet, Xavier Granger, Christian Arliguié)

 

06 Nov

Faïence Vieillard : la passion de toute une vie

C’est une passion débordante, dévorante, foisonnante ! Jacques et Laurence Darrigade chinent inlassablement à la découverte de la perle rare. Depuis leur mariage, ils n’ont cessé de vouloir reconstituer l’intégralité de la production de la manufacture bordelaise Vieillard.

Cette manufacture fut l’une des plus importantes de France au XIXème siècle. Installée dans le quartier Bacalan, elle fut même la première industrie de Bordeaux, comptant plus d’un millier d’employés, ouvriers, artisans et artistes dessinant des modèles uniques.

Aujourd’hui, la maison de ce couple de passionnés est bien remplie, gardienne d’un patrimoine historique patiemment réuni. Et cette chasse au trésor est devenu un vrai mode de vie ! Regardez notre reportage. Vous comprendrez ce qu’est une vraie passion de collectionneur !

27 Mai

Saint-Macaire, le village qui n’aime pas les « vieilles pierres »

L’expression fait horreur au maire-adjoint de la petite cité médiévale girondine. Trop passéiste, trop poussiéreuse ! A Saint-Macaire, on revendique un patrimoine vivant depuis la réfection du prieuré il y a 50 ans. Il jouxte une belle église qui fut l’une des toutes premières à être classées en France.

Le mot d’ordre ? Habiter aujourd’hui des maisons d’hier dans une petite commune particulièrement vivante : on y compte pas moins de 60 associations, dont « Vivre le patrimoine macarien » qui a impulsé la restauration d’une grange sur pilotis en faisant appel aux fonds participatifs.

Venez découvrir avec nous Saint-Macaire, près de Langon, au bord de la Garonne… (Nathalie Pinard de Puyjoulon, Pascal Lécuyer, Christophe Varone, Isabelle Rougeot)

 

 

19 Mai

La beauté des moulins de Calon

Du soleil et peut-être un souffle de vent. Le temps idéal pour aller visiter les moulins de la région en ces Journées Européennes. De nombreux passionnés s’investissent pour les restaurer. C’est le cas à Montagne-Saint-Emilion, où se trouve un  site exceptionnel.

Sur la colline de Calon qui signifie « beauté », Jean-Noël Boidron a redonné vie à quatre moulins dont deux ont déjà retrouvé leurs ailes. Et c’est toujours une émotion d’entendre le grincement du mécanisme de bois !

Autrefois, « les moulins étaient partout » explique l’historien Pierre Lucu. Le blé envahissait le paysage avant le développement de la vigne. Un inventaire est actuellement en cours dans la région de Saint-Emilion où l’on comptait une centaine de moulins.

C’est pourquoi, aujourd’hui encore, de nombreux châteaux viticoles font référence aux moulins dans leurs noms ou sur leurs étiquettes.

Regardez notre reportage. Les moulins de Calon et bien d’autres vous accueilleront tout le week-end.

 

15 Fév

Notre-Dame du Lac, une nouvelle église à Bordeaux

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C’est la première église construite à Bordeaux depuis 40 ans. Elle s’appelle Notre-Dame du Lac, une église d’aujourd’hui construite au coeur du nouvel écoquartier Gingko qui accueillera bientôt 6000 habitants dans le quartier… du lac.

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Et cette fois, pour cette construction, pas question de se limiter à un « hangar amélioré » comme ce fut le cas dans les années soixante, où les nouvelles églises devaient se fondre dans le paysage urbain, simplement identifiées par une croix.

La commande du diocèse était claire : Notre-Dame du Lac devait être simple, mais belle et bien visible. De fait, elle est située à un rond-point, à l’entrée du quartier, et obéit à un critère extérieur sans équivoque : elle arbore un véritable clocher.

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C’est l’architecte Emilie Brochet qui a imaginé ce lieu de culte moderne, fait de béton, de bois et de verre, qu’elle souhaitait remplie d’une mystérieuse lumière.

Il fallait qu’on voit la lumière mais qu’on ne voit pas la source, donc tout est caché, dissimulé… C’est l’idée de la présence, la lumière. Emilie Brochet

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Des ouvertures vers le ciel, une recherche d’élévation sous un toit en pente, évoquant les plis d’une tente au désert, symbole de rencontre et de recueillement. Les  couleurs sont volontairement ton sur ton pour plus de douceur…

Une conception résolument contemporaine dans un dialogue incessant entre l’architecture et la foi.

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L’Eglise a toujours évolué dans sa manière de construire les lieux de son rassemblement, les lieux qui sont signes de la présence de Dieu. Au XXIème siècle, il n’y a pas de raison que l’on ne continue pas ce travail avec les artistes, les architectes de façon si heureuse… Père Jean Rouet, vicaire général du diocèse de Bordeaux

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Un édifice ponctué par les couleurs des vitraux et des céramiques de Raymond Mirande. Les travaux ont duré 14 mois, entièrement financés par le diocèse qui a notamment vendu deux églises désaffectées pour financer ce projet.

D’un patrimoine à l’autre, le signe d’un nouveau souffle de l’église bordelaise. Consacrée le 4 février 2018 par Monseigneur Ricard, Archevêque de Bordeaux, Notre-Dame du Lac compte 150 places assises. La messe a lieu tous les dimanches soirs à 18 heures 30.

C’est un horaire plus pratique pour certains… Tous ceux qui se sont couchés tard le samedi soir ou qui ne peuvent pas venir le dimanche matin à 11 heures ! Plusieurs paroisses de Bordeaux ont déjà essayé cette proposition et on s’est dit que ça pouvait être bien dans ce quartier. Père Alexandre, prêtre à Notre-Dame du Lac

Les premiers fidèles ont trouvé cette nouvelle église lumineuse, reposante, accueillante…Découvrez-là le temps d’un reportage (Nathalie Pinard de Puyjoulon, Pascal Lecuyer, Christophe Varone, Isabelle Rougeot)