07 Déc

Le château de Mongenan sur les traces de Jean-Jacques Rousseau

C’est un château, ou plutôt une « folie », comme l’on disait au XVIIIème siècle. La demeure d’un illustre personnage qui vécut à Portets, dans l’Entre-deux-Mers : le baron Antoine de Gasq, président du Parlement de Guyenne et fondateur de l’Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Bordeaux.

La descendante du baron, Florence Mothe, fait revivre la propriété familiale avec son talent d’écrivain et d’historienne. Dans le salon, où rien n’a changé depuis près de trois cents ans, elle imagine les rencontres avec Montesquieu, qui venait régulièrement en ami et en voisin, mais aussi avec Rousseau.

Le philosophe avait été sollicité pour donner des cours de violon à Antoine de Gasq, qui pratiquait la flûte au sein de l’Académie des Lyriques. Jean-Jacques Rousseau avait en effet inventé une méthode en accéléré -toujours en vigueur en Chine-.

Cet amoureux de la nature initia le maître des lieux à la botanique, profitant de ses visites en Gironde pour réaliser un herbier de 132 planches exposées dans le domaine, offrant un témoignage précieux de la méthode de la discipline naissante. Elles permettent aussi d’inventorier les végétaux qui poussaient à Mongenan.

Le château de Mongenan attire enfin des visiteurs du monde entier pour son temple maçonnique, le seul conservé datant du XVIIIème siècle. C’est l’une des rares occasions, pour le grand public, de découvrir ce lieu mystérieux.

Suivez notre guide, Florence Mothe, qui organise des conférences toutes les semaines. Une gageure pour faire vivre ce monument historique privé, entretenu uniquement sur ses propres deniers. (Reportage de Nathalie Pinard de Puyjoulon, Dominique Mazères, Christophe Varone et Véronique Lamartinière)

 

25 Nov

Grand-Théâtre de Bordeaux : sauvons les dessins de l’architecte Victor Louis !

Les Archives Bordeaux Métropole lancent un appel aux dons.

Objectif : financer la restauration des plans originaux du Grand-Théâtre signés Victor Louis. Il s’agit d’un porte-feuille unique contenant 70 planches.

Il est très important d’intervenir rapidement car on observe des remontées d’acidité qui produisent des taches noires, des gondolements et des déchirures dues à des manipulations anciennes. Sophie Chavignon, responsable de la conservation

Vous avez jusqu’au 1er décembre pour devenir mécène sur le site dartagnans.fr

Les travaux sont estimés à 50 000 euros, dont 30 000 financés par les Archives. Il reste donc 20 000 euros à trouver auprès des particuliers et des entreprises.

Un peu d’histoire…

Nous sommes en 1770. Victor Louis est sollicité pour créer une salle de spectacle digne du rayonnement de Bordeaux, ville la plus importante du royaume après Paris. Il s’inspire des temples grecs, avec ses colonnes et ses muses dominant la ville.

Le Grand-Théâtre est alors conçu comme un « complexe culturel » avant l’heure : on y trouve une salle de concert, des salles de répétition mais aussi une bibliothèque et des cafés. C’est le bijou architectural dont rêvent les Bordelais…

Entrez dans les coulisses et découvrez l’histoire des plans originaux de Victor Louis, avec Laurent Croizier, directeur-adjoint de l’Opéra National de Bordeaux et Sophie Chavignon, responsable de la conservation aux Archives Bordeaux Métropole  (Reportage de Nathalie Pinard de Puyjoulon, Quentin Trigodet, Christophe Varone et Véronique Lamartinière) 

18 Nov

Bernd Stöcker : le choc des blockhaus

Un homme seul face aux blockhaus. Il s’appelle Bernd Stöcker et il est Allemand.

Plus de 70 ans après la Seconde Guerre mondiale, cet artiste reste sous le choc de la découverte de ces vestiges, après être venu passer des vacances sur le littoral girondin dans sa jeunesse.

Loin de sa Bavière natale, il s’est installé en 1982 à Saint-Isidore en Médoc, près d’Hourtin.

Ce jour-là, nous l’avons rencontré sur la plage de Naujac-sur-Mer où gisent encore des monstres de béton, prêts à être engloutis dans le sable.

Quand j’ai vu ces blockhaus pour la première fois, j’ai été frappé, surpris. On n’apprend pas cela à l’école. Alors j’ai voulu connaitre l’Histoire.

Ses oeuvres en noir et blanc sont réalisées avec un mélange d’encre de Chine et de sucre, sur des plaques de zinc ou de cuivre.

Des supports sur lesquels tout finit par se confondre, le béton, les dunes, l’océan. Avec parfois une touche de couleur, comme ce timbre édité en « hommage aux libérateurs » et collé au bas d’un tableau.

C’est un timbre français qui évoque la Résistance. C’est important de ne pas oublier. On ne peut pas construire des amitiés si on oublie le passé.

Une démarche qui se prolonge en trois dimensions car le peintre est aussi sculpteur, exprimant à travers la pierre de Frontenac ce télescopage des contraires entre la violence de la guerre et la douceur de la plage en été.

 

Les personnages sont sur un socle évoquant le blockhaus. Il ne s’agit plus de Français ou d’Allemands. C’est un symbole représentant à la fois la guerre et la paix.

Bernd Stöcker expose actuellement (jusqu’au 8 décembre) à la galerie MLS, dans le quartier des Chartrons à Bordeaux.

Une galerie animée par Marie-Lys Singaravelou qui met en lumière les artistes allemands, issus notamment de l’ex-RDA.

Une souscription a été lancée pour l’acquisition du bronze de la liseuse (ci-dessous). L’artiste sera présent à la galerie le 5 décembre pour une visite, suivie d’un dialogue avec le public à partir de 14 h 30. Atelier d’initiation à la linogravure avec préinscription par mail : marylissinga@gmail.com.

Par ailleurs, les personnes intéressées par l’enlèvement spectaculaire des sculptures, à leur chargement et départ, sont invitées à se manifester au 06.13.83.05.96

Regardez notre reportage sur plage, à l’atelier et dans la galerie (Nathalie Pinard de Puyjoulon, Dominique Mazères, Boris Chague, VéronIque Lamartinière)  

 

16 Août

Le bestiaire de l’Estuaire : de drôles d’animaux en bois flotté

C’est une collecte à laquelle les promeneurs aiment souvent se livrer, surtout lors des grandes marées. Le bois flotté, Franck Espagnet en a fait sa spécialité.

Ce paysagiste, installé à Saint-Androny dans le Blayais, connait les berges de l’Estuaire de la Gironde comme sa poche. Régulièrement, il vient y chercher la matière de son inspiration.

Comme il aime à le dire, Franck Espagnet ne fait que continuer l’oeuvre de la nature en créant des animaux, restituant leur mouvement et leur énergie… Nous l’avons rencontré alors qu’il était en train de terminer un T-Rex, un tyrannosaure sorti des eaux !

 

09 Juil

Du pétrole à Bourg-sur-Gironde !

Difficile d’imaginer ce qui se cache à Bourg-sur-Gironde De gigantesques citernes datant de la Seconde guerre mondiale. Deux d’entre elles sont ouvertes à la visite et racontent une histoire inattendue. Notre guide s’appelle Sylvie Termignon. Suivez-là dans les méandres de l’or noir.

Ces cuves se trouvent sous le Musée de la citadelle, où vous pourrez découvrir une belle collection de calèches … Tout l’été, de nombreuses animations sont également proposées sur le cinéma.

L’hommage de Petrusse à Michel Suffran

L’écrivain bordelais, disparu le 5 juillet, était l’un des « artistes invités » de la créatrice Petrusse Reynen pour sa collection de foulards de l’été prochain.

Elle avait demandé à l’auteur de réaliser un dessin de son trait si particulier. Car si Michel Suffran racontait, avec une érudition exceptionnelle l’histoire de Bordeaux et de la région, il était également doué pour le graphisme et offrait de magnifiques dédicaces à ses lecteurs. Il avait choisi d’exprimer la rêverie que lui inspirait le Jardin Public.

L’idée m’était venue de lui demander de dessiner sur ce Bordeaux qu’il affectionnait tant et dont il savait si bien parler…

Petrusse a toujours aimé s’entourer de signatures même si elle imagine la plupart des modèles. Lancée il y a 20 ans, la « Maison » compte aujourd’hui une vingtaine de salariés et plusieurs boutiques en France.

Regardez notre reportage tourné le 7 juin au Château Mauriac à Langon (Nathalie Pinard de Puyjoulon, Pascal Lécuyer, Ines Cardenas, Veronique Lamartinière)