26 Juin

Peut-on se baigner dans la Loue ?

La Loue entre Vuillafans et Montgesoye

La Loue entre Vuillafans et Montgesoye

-« Peut-on se baigner dans la  Loue? » -« oui et non, cela dépend où et quand ! » La question est simple, la réponse mérite des précisions ! OUI : Les Francs-Comtois et les touristes apprécient la Loue aussi pour ses plages, essentiellement situées sur la basse Loue dans le Jura. Le site de la communauté de communes du Val d’amour n’affiche plus depuis l’été 2018 les plages « officielles » où vous pouvez vous rendre. Comme la qualité des eaux de baignades, selon les analyses réalisées par l’Agence régionale de Santé, ne sont pas toujours satisfaisantes, la communauté de communes préférent ne pas le montrer sur son site.

Lors des 2015 à 2017, les plages de Belmont et de Ounans sont fermées par l’ARS ( niveau de qualité insuffisant). La baignade était donc officiellement interdite mais la situation a évolué. Cet été 2019, le site de l’ARS précise que la plage de Ounans est un site classé « suffisant » comme l’année dernière. En ce qui concerne la plage de Belmont, le classement est toujours « insuffisant » depuis 2015.

C’est l’accumulation des données indiquant la présence de bactéries (Escherichia coli et d’autres bactéries présentes dans nos intestins) qui auraient inciter l’ARS à interdire ce lieu de baignade. Vous pouvez trouver  le point sur la qualité des eaux de baignade sur le site du ministere de la Santé .

En 2019, les dernières indications sur le site de l’Etat précisent que les sites sont classés « excellent » à Port Lesney, Champagne sur Loue et Parcey. A noter que pour ces trois plages, il y a eu une amélioration notable depuis 2017.

Extrait d'un document de mai 2014 de la communauté de communes du Val d'amour

Extrait du document de mai 2014 de la communauté de communes du Val d’amour sur les baignades dans la Loue.

L’Agence Régionale de Santé fait cinq prélèvements au cours de l’été sur les sites même si la baignade n’est pas surveillée. L’ARS fait des recherches de bactéries pour savoir si il y a des contaminations fécales. Ces résultats sont affichés dans les mairies et sur les lieux de baignade. Si vous allez sur le site de l’ARS, il faut savoir faire la distinction entre les résultats des analyses ponctuelles et les classements publiés chaque année comme l’impose la réglementation européenne. Ces classements sont effectués sur les quatre dernières années des résultats.

La communauté de communes a du rédiger le document « Profils de baignade » qui précise les pistes pour améliorer la qualité de l’eau. Car, si il n’y a pas d’amélioration, il peut y avoir une sorte de fermeture par l’ARS de ces lieux de baignade. Les questions d’assainissement collectif et non collectif, des réseaux de collecte des eaux usées sont en partie à l’origine de la qualité des eaux insuffisante. Avant de décider d’une potentiel fermeture de ces trois lieux de baignade sur la Loue, l’ARS avait laissé encore une année à la communauté de communes du val d’amour. La communauté de communes a engagé un diagnostic de réseau et elle a récupéré la compétence de la collecte des eaux usées, complémentaire à celle qu’elle avait déjà sur le traitement des eaux. Mais tout ne repose sur la communauté de communes, les pollutions des eaux nous concernent tous ! Mais les amateurs de baignade de la Loue vont où ils veulent, comme ils veulent, pas forcément sur ces lieux clairement identifiés.

NON : la situation dans le Doubs est totalement différente. Les maires des communes traversées par la Loue ont pris des arrêtés municipaux interdisant la baignade, une façon de se protéger d’éventuelles poursuites en cas de problème.  C’est pour cette raison que l’ARS ne fait aucun prélèvement en bord de Loue pour connaître la qualité des eaux de baignade puisque c’est officiellement interdit !

Dans le Doubs, un arrêté préfectoral est en vigueur entre Quingey et l’aire de pique nique de la cascade de Syratu.  La baignade ( hors zones concernées par les arrêtés municipaux) n’est autorisée de 10h à 18 h que lorsque le débit est supérieur à plus de 15m3/s ( sauf pendant les week-ends d’ouverture de la pêche).  Les raisons invoqués dans cet arrêté sont la « cohabitation des usages » ( en clair, la pêche !) C’est ce même arrêté qui réglemente la pratique du canoë sur la Loue. Les Francs-Comtois et les touristes ont des merveilleux souvenirs de baignade dans la Loue sans forcément se poser la question de la légalité de leur plaisir…

Isabelle Brunnarius