05 Juil

E-santé : un chercheur de Toulouse créé une application pour les victimes de stress post-traumatique

« Traumapsyinfo » accompagne les personnes victimes de stress post-traumatique et leurs familles. Unique en France, l’application propose des informations, un annuaire de professionnels et des exercices de relaxation. Elle a été inventée par un chercheur de l’université Jean Jaurès de Toulouse.

© MaxPPP

Lorsqu’une personne est victime d’un attentat, d’un drame de la route ou d’une agression sexuelle, le stress post-traumatique (SPT) est la pathologie la plus fréquente. Elle peut durer des années. La preuve avec le cas de Guillaume Valette, rescapé du Bataclan en 2015 avant de se suicider 2 ans plus tard

« Le  stress post-traumatique désigne un type de trouble anxieux sévère lié à une expérience vécue comme traumatisante avec une confrontation à des idées de mort. C’est une réaction psychologique consécutive à une situation durant laquelle l’intégrité physique ou psychologique du patient ou celle de son entourage, a été menacée ou effectivement atteinte » explique Nicolas Cazenave. « Notamment en cas de torture, viol, accident grave, mort violente, maltraitance, agression, maladie grave, guerre, attentat etc.« .

Ce Toulousain est un spécialiste du SPT. Maître de conférence à l’université Jean Jaurès de Toulouse, il a également participé au suivi psychologique des victimes des attentats du Bataclan, de Nice, de Barcelone ou de Trèbes dans l’Aude.

Au fil des années, Nicolas Cazenave a pu constater un défaut dans la continuité de la prise en charge des victimes de stress post-traumatique.

C’est ainsi qu’il a imaginé l’application « Traumapsyinfo »

Elle « offre aux victimes et à leurs familles un accompagnement virtuel pour les accompagner dans leur guérison » raconte-t-il.

Entièrement gratuite, Traumapsyinfo propose d’abord une documentation vulgarisée sur cette pathologie afin d’éduquer et « de lutter contre la désinformation« . L’application contient également, des exercices de relaxation et de méditation afin de gérer son stress. Enfin, l’outil répertorie les événements liés à cette thématique et les professionnels de santé à proximité.

« L’application a le rôle d’accompagnement et de mise en relation. Mais elle ne remplace pas la consultation avec un psychologue ou psychiatre » insiste Nicolas Cazenave.

Traumapsyinfo s’adresse aussi aux professionnels de secours qui « ne sont pas assez formés à cette prise en charge » estime-t-il.

Unique en France, l’application a été conçue avec l’aide des étudiants de l’IUT informatique de Blagnac. Traumapsyinfo est pour le moment disponible sur Google Play mais une version pour Apple est en cours développement.

Plus d’info sur traumapsyinfo.fr

Julien Leroy

10 Avr

« Charlie », le premier robot médical autonome, né à Toulouse, débarque à l’hôpital

E-santé. Afin d’aider les patients et les professionnels de la santé, un jeune médecin de Lherm, près de Toulouse, a conçu « Charlie ». Ce robot médical entièrement autonome a déjà intégré un hôpital parisien avant de rejoindre prochainement le service pédiatrie du CHU de Toulouse.

© New Health Community

Du haut de ses 1.60 mètres et de ses 65 kg, Charlie est un robot d’aide médicale.

Un nouveau collègue de travail à l’hôpital

Premier robot médical autonome de France, Charlie a pour objectif de faciliter le quotidien des professionnels de la santé. L’automate aide ainsi le service médical dans la prise en charge des patients et favoriser leur séjour.

Charlie est équipé d’un système de visioconférence permettant au patient de dialoguer à distance avec son médecin. « Cela permet au personnel soignant de répondre aux inquiétudes du patient et le rassurer, sans avoir à se déplacer d’un bâtiment à l’autre » précise son concepteur, Nicolas Homeher.

Le robot embarque également un tensiomètre, un thermomètre, un oxymètre et un stéthoscope. Il suffit au patient d’appuyer sur l’écran et suivre les instructions pour prendre la mesure souhaitée. Les données sont ensuite transmises au médecin.

Charlie peut aussi détendre les patients stressés avec des applications de sophrologies, de relaxation et des jeux.

Malgré l’absence de lien humain, Charlie veut soulager les équipes médicales en sous-effectifs. 

L’automate peut ainsi remplacer les aides-soignants en guidant les personnes malentendantes, effectuer des rondes de nuit et suivre jusqu’à 30 patients. En résumé, Charlie devient un nouveau collègue de travail à diriger avec son smartphone ou avec sa tablette.

Charlie, une idée toulousaine

Charlie est la création du docteur Nicolas Homehr, généraliste à Lherm près de Toulouse. C’est suite à l’hospitalisation de son fils que le médecin constate que peu de moyens sont déployés pour l’accompagnement des patients.

« La distraction que permet Charlie est essentielle pour les séjours hospitaliers de longue durée » affirme Nicolas Homehr.

Pour concrétiser son idée, le concepteur lance en 2017, sa propre start-up à Toulouse : New Health Community.

La commercialisation de Charlie est prévue pour cette année 2019. Après un premier test à l’hôpital Bichat de Paris, Charlie va débarquer au service pédiatrie du CHU de Toulouse et dans un EPHAD.

En attendant, Nicolas Homehr arpente les salons de la Silver Economie pour présenter son invention. Charlie a même fait le déplacement jusqu’à Las Vegas en janvier dernier, pour le CES 2019.

Le généraliste cherche aussi à l’améliorer. Il souhaite créer un partenariat avec l’université Paul Sabatier de Toulouse. Le but étant de développer la reconnaissance faciale de l’androïd avec l’aide de l’intelligence artificielle.

Comme dans d’autres domaines, les robots arrivent peu à peu dans les hôpitaux et les cliniques. Notamment, les robots chirurgicaux. Aujourd’hui, on compte une soixantaine d’établissements en France qui en sont dotés.

Eva Fleury et Julien Leroy

31 Mar

Albi : un jeu vidéo pour (mieux) former les étudiants infirmiers

E-santé. Pour former les futur(e)s infirmiers ou infirmières d’Occitanie, des chercheurs de l’université d’Albi ont conçu : « Clone ». Ce serious game plonge virtuellement les futurs professionnels de soin dans la vie quotidienne d’un hôpital.

© Serious Game Research Lab

Un jeu vidéo pour apprendre son métier d’infirmier. C’est l’objectif de « Clone » conçu à Albi.

Visuellement, ce serious game ressemble aux Sims ou à Theme Hospital, un jeu des années 90 où il fallait gérer un hôpital.

Dans Clone, le joueur incarne un(e) infirmier/e qui prend son poste le matin. Après avoir pris les transmissions auprès de l’équipe de nuit, il doit planifier les tâches à faire dans la journée, les réaliser et enfin transmettre les informations à l’équipe de l’après-midi.

L’objectif est de former « aux compétences d’organisation, de planification, de prise de décisions ou encore de leadership » précisent les concepteurs.

Une fois la partie terminée, l’étudiant peut analyser ses erreurs et ses réussites. « Cela permet également au formateur de procéder à un débriefing et d’analyser les mécanismes mis en place par le futur professionnel« .

Capture écran du jeu / © Serious Game Research Lab

Un simulateur virtuel qui séduit les étudiants

Le projet est né d’un constat de la part des professionnels du secteur.

« Les infirmiers rencontrent des difficultés lors de leur prise de poste en terme d’organisation du travail et de gestion des activités. A l’initiative de l’ARS, un groupe de travail a été constitué pour tenter d’améliorer le développement de cette compétence » raconte l’équipe de Clone.

En juillet 2017, les chercheurs du laboratoire Serious Game Research de l’université Champollion à Albi relèvent ainsi le défi.

Un an plus tard, le jeu vidéo est expérimenté par 1000 étudiants infirmiers d’Occitanie. « 75% des étudiants qui ont utilisé le jeu sérieux déclarent que celui-ci apporte une plus-value au niveau de l’apprentissage » assurent les chercheurs.

Une seconde phase de test est prévue pour septembre 2019 sur des étudiants infirmiers de 2e année. Un déploiement national est également à l’étude.

>>> Petite démonstration de Clone en cliquant ici 

>>> Reportage de France 3 Occitanie (Cécile Frechinos & Frédéric Desse) :

Julien Leroy

31 Mai

E-santé : Avec l’application NotreSanté, des Toulousains inventent le « couteau suisse » du patient

Réunir sur votre smartphonne vos rendez-vous médicaux, les rappels de vaccins de vos enfants, vos remboursements de la Sécu et vos prescriptions… c’est désormais possible grâce une nouvelle application toulousaine : NotreSanté.

© notresante

© notresante

NotreSanté est « une application mobile à destination du grand public qui aide les familles dans la gestion de leur santé au quotidien » explique les 3 fondateurs toulousains.

Leur objectif est d’aider les familles à jongler entre les rendez-vous médicaux, les ordonnances, les traitements, la gestion des dépenses, les remboursements de la sécurité sociale.

Disponible sur Android et iOS, l’application permet ainsi de créer un dossier pour chaque membre de la famille (parents, enfants, grands-parents).

Pour chaque répertoire, il est possible de noter les rendez-vous médicaux, suivre les dépenses médicales et les remboursements, archiver et transférer les documents de santé vers les mutuelles, complémentaires santé et pharmacies. NotreSanté propose aussi des rappels de vaccins et de suivre les posologies des prescriptions médicales. Bref, une application « couteau suisse » du patient. 

Une version web est également disponible pour les professionnels de santé. Cela permet de dialoguer et de transmettre directement avec le patient.

A l’origine de cette innovation e-santé, se trouve une start-up toulousaine du même nom, créée en novembre 2016 par 3 amis. Benoît Vinceneux, Sébastien Tirvert ont travaillé notamment pour Pierre Fabre et Tony Marcello se charge du développement informatique.

Avec leur application révolutionnaire, ils espérèrent atteindre « 100 000 utilisateurs grand public et 10 000 professionnels de la santé » d’ici fin 2018. La communauté des Communes de Sor Agout dans le Tarn et le groupe d’expertise-comptables Soregor, figurent parmi leurs premiers clients.

>> Pour télécharger ou pour plus d’info : notresante.io

>>> Reportage de France 3 Midi-Pyrénées – Juin 2017 :

Application toulousaine NotreSanté

Julien Leroy

10 Jan

Success story du toulousain Santédiscount, le leader français de la parapharmacie en ligne

Le premier site internet français de parapharmacie est basé à L’Union, près de Toulouse. Santédiscount.com connait aujourd’hui une croissance record avec 30 millions d’euros de chiffre d’affaires et une présence dans plusieurs pays européens. Reportage sur cette success-story occitane. 

© France 3 Midi-Pyrénées / BOFFET Laurence

© France 3 Midi-Pyrénées / BOFFET Laurence

« On envoie plusieurs milliers de colis par jour aux quatre coins de la France » précise Julien Levavasseur, responsable logistique chez santediscount.com. 

Santediscount.com est la plus grande parapharmacie de France en ligne. La start-up toulousaine affiche 1 million de commandes et un catalogue de 25.000 références-produits issues de 500 laboratoires. Conformément à la loi française, seuls les produits d’hygiène et de soins sans prescription médicale, peuvent être vendus sur Internet. 

Crée par deux pharmaciens Toulousains, Raoul Chiche, et Jean-Gabriel Carrier, Santediscount.com est basé à L’Union et compte 70 salariés. Parmi eux, des pharmaciens et des cosméticiennes diplômés qui conseillent les patients, par téléphone ou par e-mail. « Les gens ont vraiment besoin d’être rassurés, même sur Internet » raconte Tiffany Nouaillant, l’une des pharmaciennes.

Success-story toulousaine

Aujourd’hui, santediscount.com connait une croissance record. Le site web a doublé son chiffre d’affaires, de 15 millions en 2015 à 30 millions en 2016. « Nous visons 100 millions d’euros d’ici 2 ans » détaille le directeur général, Loïc Lagarde. Un objectif à portée de main depuis le rachat, en décembre 2016, de son principal concurrent : Comptoir Santé au groupe Casino. 

La start-up de L’Union prévoit également de recruter 60 personnes dans les prochains mois et de poursuivre son déploiement en Europe. Le leader français veut décliner son concept à l’international. Déjà présent en Espagne, en Italie et en Grande-Bretagne sous la marque Sanareva, l’enseigne toulousaine vise le reste de l’Europe et la Russie. 

Le potentiel de développement est énorme. En France, le marché de la parapharmacie représente 4 milliards d’euros chaque année pour seulement 3% sur internet. 

Les coulisses de santediscount.com à L’Union, près de Toulouse (reportage France 3 Midi-Pyrénées de Denis Tanchereau & Laurence Boffet) :


Santédiscount, le premier site internet français de parapharmacie né à Toulouse

>> Site officiel : www.santediscount.com

Julien Leroy

22 Nov

IoT : La startup toulousaine Connit lutte contre la légionellose grâce aux objets connectés

Les objets connectés au service de la santé. Basée à Labège près de Toulouse, la startup Connit vient d’être choisie par ENGIE Axima, pour lutter contre la légionellose. Après une première expérimentation à Toulouse, le service va être généralisé à la France entière dès 2017.

© Connit

© Connit

Les objets connectés (IoT). On en parle tout les jours comme la future révolution technologique. Mais à quoi peuvent-ils servir ? La startup toulousaine Connit tente d’y répondre en proposant des solutions IoT autonomes dans les domaines de l’eau, du bâtiment et de la maintenance. 

C’est ainsi que la jeune pousse installée à Labège près de Toulouse, vient de signer un contrat avec ENGIE Axima, une filiale du fournisseur de gaz ENGIE (ex-GDF). L’objectif est de lutter contre la légionellose grâce aux objets connectés. 

« Alors que les radiateurs se remettent en route, la question des risques associés à la légionellose refait surface » explique le communique de presse de Connit. « C’est une maladie infectieuse due à une bactérie qui se développe dans les réseaux d’eau douce chaude (..) En France, entre 1200 et 1500 cas sont recensés chaque année« .

« La légionellose se développe principalement lorsque la température est comprise entre 25 et 47°C – et dans un milieu organique favorable à leur développement (douches, robinets, canalisations d’eau chaude, tours de refroidissement…). Pour la prévenir, il est essentiel de maintenir dans les tuyaux d’eau desservant les particuliers une température entre 50 et 60 degrés » poursuit l’équipe toulousaine.

Les objets connectés de Connit vont ainsi surveiller les tuyaux des réseaux existants et alerter automatiquement lorsque les seuils critiques de température sont franchis. Ceci permet au gestionnaire d’intervenir au plus vite sur site pour réparer l’anomalie avant qu’il ne soit trop tard. 

Après une première expérimentation sur des immeubles d’habitation dans le centre de Toulouse, ENGIE Axima prévoit d’intégrer cette solution dans son offre de services en 2017.

Connit, la nouvelle pépite IoT de Toulouse ?

On parle souvent de Sigfox et de son réseau dédié à l’IoT mais plusieurs startups toulousaines gravitent dans le même secteur. Ces jeunes pousses proposent des services liées aux objets connectés.

Connit a ainsi vu le jour en 2012 grâce à deux ingénieurs : Erwann Mivielle et Pascal Corbillon. Aujourd’hui, la société compte 30 salariés et une dizaine de clients principaux parmi lesquels des filiales d’Engie, Eiffage ainsi que des collectivités locales comme la Communauté de communes du pays de Gex. Elle est installée au sein de l’iOT Valley à Labège. En septembre dernier, elle vient de boucler une levée de fonds de 3 millions d’euros.

Julien Leroy