14 Oct

Doubs franco-suisse : Pêcheurs et hydroélectriciens parviennent à un accord

Le Doubs franco-suisse photographié par l'association de pêche la Franco-Suisse

Le Doubs franco-suisse photographié par l’association de pêche la Franco-Suisse

Les vertus du dialogue se voient plus souvent sur le long terme. Il aura fallu presque vingt ans pour que pêcheurs et exploitants de barrages parviennent à la signature du règlement d’eau commun aux aménagements hydroélectriques du Doubs franco-suisse. La signature du nouveau règlement d’eau commun aux aménagements hydroélectriques du Doubs franco-suisse a eu lieu le vendredi 13 octobre à Biaufond. C’est le résultat d’une longue concertation entre services publiques, associations et industrielles. Le précédent règlement avait été signé en 1969 et depuis les années 90, les pêcheurs s’étaient mobilisés pour que les hydroélectriciens tiennent compte de la vie des poissons lorsqu’ils agissent sur les débits des rivières pour produire de l’électricité.

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22 Juin

La pêche en Franche-Comté : un loisir en sursis

Pêche à la mouche sur la Lemme.

Pêche à la mouche sur la Lemme.

Pour combien de temps encore les pêcheurs vont-ils pouvoir venir taquiner les truites fario de Franche-Comté ? Après avoir été un eldorado pour les pêcheurs à la mouche du monde entier, la plupart des rivières de Franche-Comté sont en mauvais état. Conséquence : les truites et les ombres qui ont font la réputation de ces cours d’eau sont malades et beaucoup moins nombreux qu’avant . Mais, les professionnels du tourisme ne baissent pas les bras car la pêche a un réel impact économique sur la région. Voici notre reportage tourné au bord du Doubs franco-suisse, de la Loue, de l’Ognon et de la Lemme.

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04 Mai

La frayère à brochet de la Corne d’Avanne : une alternative à l’alevinage

Pêche électrique dans la frayère à brochet du Doubs à Avanne-Aveney

Pêche électrique dans la frayère à brochet du Doubs à Avanne-Aveney

C’est une mare au milieu d’un champ, ni plus ni moins. Une immense flaque à peine photogénique et pourtant son histoire illustre bien l’évolution du monde de la pêche. Nous sommes à Avanne-Aveney, plus exactement dans la Corne d’Avanne au lieu dit Les Fossés, un ancien site de granulat. C’est un peu comme une île, le canal enferme l’Espace naturel sensible, géré par le conseil départemental du Doubs.

 

La Corne d'Avanne vu du ciel par Géoportail

La Corne d’Avanne vu du ciel par Géoportail

Aujourd’hui, si vous étiez partis vous promener dans ce secteur vous auriez pu rencontrer des pêcheurs, sans canne à pêche mais avec des filets… Plus exactement, ces techniciens de la fédération de pêche du Doubs comptaient des petits brochets. Cette pêche électrique est organisée chaque année pour vérifier le bien-fondé de la démarche de la fédération).

En 2011-2012, des travaux de déboisement ont permis de creuser une frayère au sud-ouest du secteur en prairies. Des travaux financés par le conseil départemental du Doubs. En 2006, la collectivité a mis au place « un schéma départemental permettant d’identifier des espaces à intérêt patrimonial particulier ».  D’où la « réhabilitation des prairies, afin de redynamiser la biodiversité. Ces actions sont accompagnées d’autres aménagements : création d’un sentier de découverte, réhabilitation de l’espace des jardins en jardins familiaux, mise en place d’un parking.

Si les brochets ont trouvé un lieu idéal pour se reproduire, c’est parce que les hommes ont redonné à cet espace une fonction de zone humide. Des travaux ont permis de créer les conditions pour que les brochets viennent déposer leurs oeufs sur des herbes légèrement inondées. Ces poissons sont capables de parcourir 60 kilomètres pour frayer ! Dans la rivière Doubs, ce n’est plus trop possible en raison des nombreux barrages. En tout cas, ils ont trouvé le chemin de la frayère de la Corne d’Avanne ! Chaque année, les spécialistes de la fédération de pêche du Doubs repèrent des petits alvins. Voici le reportage réalisé aujourd’hui par mes confrères Jean-Luc Gantner, Philippe Arbez et Stéphanie Chevallier. Avec Jean Sebastien Brocard, garde pêche et Thomas Groubatch, Biologiste, chargé de mission de la Fédaration de pêche du Doubs  :


Les comptages des alvins de Brochet à Avanne Aveney

La frayère d’Avanne a la particularité d’être vaste : entre 5 et 6000 m2 soit trois à quatre fois la taille d’une frayère habituelle. Autre avantage, les terrains appartiennent au conseil général du Doubs, c’est plus facile pour intervenir que lorsque l’espace est détenu par de nombreux petits propriétaires. Plus tard, ces petits poissons vont rejoindre le Doubs et vivre leur vie de brochet dans le Doubs. Ils feront également la joie des pêcheurs de l’AAPPMA La concorde du Doubs. Dans d’autres endroits du département, cette méthode naturelle n’est pas encore pratiquée. Les sociétés de pêche dépensent des milliers d’euros pour acheter aux piscicultures des alvins ou des brochets. Cette « nurserie naturelle » est non seulement beaucoup plus économique mais elle intègre une démarche de préservation du milieu naturel. Eviter les inondations en canalisant le Doubs n’a pas eu que des bienfaits. Aujourd’hui, ces prairies de l’agriculteur du secteur sont inondées mais elles participent au développement de la biodiversité. A la période sèche, les vaches viennent, fertilisent naturellement la prairie. Un pâturage bénéfique à la frayère. Une pratique agricole saluée par les pêcheurs ! Du cycle infernal de creusement du lit du Doubs expliqué dans le reportage par Thomas Groubatch, on passe ainsi progressivement au cercle vertueux de l’agroécologie.

 

Isabelle Brunnarius
isabelle.brunnarius(a)francetv.fr

11 Mar

Ouverture de la pêche sur la Haute-Loue : Faut-il lâcher des truites arc-en-ciel dans la rivière ?

A gauche, deux truites Arc-en-ciel (élevage). A droite, une truite fario (sauvage)

A gauche, deux truites Arc-en-ciel (élevage). A droite, une truite fario (sauvage)

Plus que jamais, le monde de la pêche est divisé dans la haute vallée de la Loue. Depuis quelques années, la situation est complexe. il n’y a plus de règlement commun entre les associations de pêche entre Ornans, Montgesoye, Vuillafans, Lods et Mouthier. Les pêcheurs de Montgesoye et une partie de ceux de Mouthier-Lods (La Baume de Mouthier) ont quitté la fédération départementale de pêche pour conserver leur liberté. Et cette année, ce premier jour de pêche de la saison 2016-2017 a eu lieu sur fond de division. Deux conceptions de la pêche s’affrontent : Que recherche le pêcheur ? Quel relation a-t-il avec sa proie ? Quelle remise en question est-il prêt à accepter au nom de la préservation du milieu aquatique ?

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16 Jan

Quand l’Etat incite à des « gestes simples » pour réduire la pollution des rivières

Source de l'Ain à sec. Hiver 2016.

Source de l’Ain à sec. Hiver 2016.

Une sécheresse en plein hiver : la situation est aussi inédite que préoccupante. Debut janvier, des confrères avaient filmé la source de l’Ain à sec et la semaine dernière nous sommes allés dans le Haut-Doubs constater l’ampleur de cette sécheresse. Les préfectures du Doubs et du Jura ont publié des communiqués demandant aux particuliers, aux collectivités et aux professionnels ( agriculteurs et industriels) d’avoir des « gestes simples » pour réduire les sources de pollution dans les cours d’eau. Cela est particulièrement important en cette période de reproduction des salmonidés précisent ces administrations.

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10 Mar

Les pêcheurs, ces touristes accueillis encore si discrètement en Franche-Comté

Truite photographiée par Nicolas Germain

Truite photographiée par Nicolas Germain

Avec l’ouverture de la pêche depuis le 1er mars sur le Doubs franco-suisse et ce samedi 12 mars pour les autres rivières franc-comtoises, les touristes pêcheurs vont commencer à revenir au bord de nos rivières. Les plus anciens ont un mémoire un lieu unique : Le moulin du Plain à Goumois au bord du Doubs franco-suisse. Son patron est à l’origine du label « Relais Saint-Pierre ». Un label repris depuis 2014 par le Comité départemental du Tourisme et la fédération de pêche du Doubs. Continuer la lecture

14 Jan

Une reconnaissance internationale pour le collectif Loue et rivières comtoises

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Vu des Etats-Unis, SOS Loue et rivières comtoises a une action suffisamment remarquable pour être récompensée. Le collectif franc-comtois vient de recevoir le prix 2016 de l’IGFA : International Game Fishing Association. C’est la seconde fois que SOS Loue et rivières comtoises est récompensé par un club select de pêcheurs. En 2015, le collectif avait reçu  le prix Charles Ritz. Une fierté pour les défenseurs des rivières :

« Cette fois c’est une reconnaissance mondiale pour le collectif franc-comtois. L’IGFA est une association américaine très connue, son siège social est en Floride, son but initial était l’enregistrement et la validation des poissons-records. Devant la dégradation continue de la ressource en eau au niveau mondial, elle encourage également les hommes et les associations qui luttent pour préserver l’eau, les rivières, la mer, les poissons en décernant des prix annuels. C’est la toute première fois qu’une association française est lauréate de ce prix qui est décerné depuis 1983 ».

En allant sur le site de l’’IGFA, on découvre que l’association a eu en son sein des membres prestigieux : Ernest Hemingway, prix Nobel de littérature, l’aviateur-écrivain-pêcheur français Pierre Closterman, le créateur norvégien de leurres Lauri Rapala, le français Charles Ritz… La pêche est un sport qui séduit toutes les classes sociales, il est aussi bien populaire que select.

L’objectif de cette association américaine est de développer la pêche sportive et de défendre le milieu aquatique à la fois par la prévention et la recherche scientifique. Des actions de découvertes du milieu aquatiques sont organisées auprès des scolaires.Comment le collectif franc-comtois a-t-il pu se faire remarquer par ces pêcheurs américains ? 

Les membres de l’IGFA sont répartis dans le monde entier. Ses représentants français sont Pierre Affre et Yann Giulio. En devenant adhérent à l’IGFA, Yann Giulio s’est investi dans cette association qui compte 600 membres en France. A tel point qu’il a pu plaider la cause de SOS Loue et rivières comtoises dont il est aussi adhérent. Résultat, tous les adhérents vont être au courant de cette remise de prix grâce à la publication interne de l’association. En 2013, ils étaient 22 000 membres et il y avait des représentants dans le monde entier :

ifga2013

Pour le collectif, cette récompense de 1400 dollars prouve

« la qualité et le sérieux de la démarche entreprise par SOS Loue et Rivières Comtoises. Cela démontre également que ce qui se passe dans nos rivières est observé désormais par les pêcheurs et les protecteurs de la nature du monde entier. Au passage cela met également en évidence le potentiel touristique que les responsables de l’environnement, tant à l’échelon local que national sont en train de gâcher par leur inaction que nous dénonçons régulièrement. »

 

Dans son communiqué , SOS Loue et rivières comtoises pointe la lenteur de la mise en place des actions. La conclusion du communiqué pointe du doigt les choix des politques.

« On nous répond régulièrement que l’argent manque, ce dont nous sommes conscients, mais outre que beaucoup des mesures que nous proposons seraient sources d’économies et de recettes en relançant l’activité et le tourisme lié à nos rivières, il existe pourtant de l’argent public : 24 millions d’euros précisément, prêt à  être investi en deux ans, dans les équipements d’une station de ski franc-comtoise, condamnée à très court terme par le réchauffement climatique. Il n’y par contre pas d’argent pour refaire la station d’épuration – de pollution – obsolète de cette même station… Ces 24 M€ d’investissements, renforcés par les différentes subventions qu’ils déclencheraient automatiquement permettraient sans doute de régler la plus grande part des problèmes d’assainissement de nos bassins versant, créant au passage, pour plusieurs années, de très nombreux emplois dans nos entreprises de travaux publics locales. Au moins nous savons désormais où sont les priorités, et les franc-comtois doivent en être conscients.
Nous ignorons si les américains et autres pêcheurs du monde entier reviendront un jour fréquenter nos rivières, mais il est certain qu’ils ne viendront jamais skier chez nous… »

La vallée de la Loue est effectivement connue dans le monde entier grâce à Gustave Courbet et sa rivière a séduit des pêcheurs venus de très loin. Aujourd’hui, le potentiel touristique issu de la renommée du maître d’Ornans est réellement pris en compte. Les atouts de la pêche beaucoup moins et pourtant certains pêcheurs ont un fort pouvoir d’achat. En 2011, une jeune chercheuse suisse avait réalisé une étude assez intéressante. Elle avait envoyé mille questionnaires à des pêcheurs du Doubs des deux côtés de la frontière, 300 ont répondu et 260 ont été traités. Sandra Gogniat avait demandé aux pêcheurs d’ « imaginer les changements de comportements qu’ils adopteraient face à un Doubs regorgeant de poissons et libre de toutes interdictions, tel qu’il était quarante ans auparavant. Pour quantifier ses changements de comportement , elle s’est basée sur les coûts des trajets pour les pêcheurs se rendant sur le Doubs. Résultat : ce bien être retrouvé des pêcheurs correspond à une compensation monétaire de 1450 à 1700 francs suisses par personne et par année. » Ce n’est certes pas du tourisme de masse comme pour le ski mais, au lendemain de la COP 21, il serait intéressant que l’économie vienne au secours de l’environnement.

Isabelle Brunnarius
isabelle.brunnarius@francetv.fr

 

09 Avr

Clément Jeannin a testé pour vous la pêche

Clément est un de mes confrères et j’aime la tonalité de ses reportages ! Pour la rubrique du JT de France 3 Franche-Comté « J’ai testé pour vous » il a passé une journée au bord de la Saine dans le Jura avec le guide de pêche Yves Faillenet.

Et comme vous allez le voir « au jeu du plus malin » entre la truite Clément et la truite, il y a comme une arête !

La conclusion de ce reportage est à l’image de l’objectif de ce blog, nous sommes tous responsables de l’état des rivières. Yves Faillenet précise qu’il y a 15 ans, il pouvait travailler sur une trentaine de rivières, aujourd’hui, il a réduit son rayon d’action à seulement 4 à 5 rivières…

Et si vous voulez en savoir un petit peu plus, Clement Jeannin a écrit un article sur le site internet de France 3 Franche-Comté. 

 

11 Fév

« Objectif Loue » : une promenade photographique dans la haute-vallée de la Loue

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C’est une réussite ! L’ouvrage a été fait avec le coeur et cela se voit. Il y a quatre ans, le photographe Jean-François Lami et l’imprimeur d’Ornans Antoine Simon veulent donner corps à une de leurs envies : partager leur amour pour la haute vallée de la Loue en créant un livre. Un beau livre, bien soigné, fait d’abord pour se faire plaisir ! Une première pour Antoine Simon qui imprime d’ordinaire les livres des autres. Cette fois-ci, il fait office aussi d’éditeur et de distributeur ! Les amoureux de la vallée ont pris leur temps de peaufiner leur projet. 
Les deux compères connaissent la haute vallée comme leur poche ! Antoine Simon la parcourt en Vtt et Jean-François Lami a l’habitude de photographier Ornans et ses environs. 
Leur fil conducteur est la Loue de sa source à Cléron. Pourquoi ne pas aller jusqu’à la confluence à Parcey ? « Parce qu’on ne s’est même pas posé la question ! répond Antoine Simon. C’était une évidence de s’arrêter à Cléron. Il y a une cohérence dans les paysages, c’est aussi un bassin de vie. »

Pour feuilleter quelques pages de ce livre, cliquez ici

Cet ouvrage était attendu par l‘office du tourisme d’Ornans Loue Lison. Cela fait longtemps qu’un tel projet n’avait pas vu le jour et il devrait séduire les touristes… La séduction de la vallée existe bel et bien malgré les souffrances de la Loue. Quand Jean-François Lami a découvert la vallée grâce à son épouse originaire d’Ornans, il l’a trouvée d’emblée magnifique. « Cétait un choc ! ce vert, ces falaises, ces sentiers hors le monde… » Un univers fantastique à photographier. Antoine Simon, lui vit sur place. Quand il reçoit ses clients et ses fournisseurs, il leur offre avec plaisir des publications sur la vallée. Ce livre sera donc un cadeau à la hauteur de sa fierté pour sa vallée. L’imprimeur espère ainsi qu’ils reviendront en vacances dans le Doubs ! Cette fierté des habitants de la vallée, la Bisontine Dominique Bonnet l’avait déjà remarquée. Journaliste, elle sillonne notre région depuis une vingtaine d’années. Dominique Bonnet a signé les textes d' »Objectif Loue ». A chaque étape, quelques lignes pour souligner la richesse patrimoniale de la vallée. L’eau, la pierre et les hommes… Une trilogie bien mise en valeur par ce livre.

Isabelle.brunnarius
isabelle.brunnarius@francetv.fr

Vous trouverez ce livre chez les libraires d’Ornans et de Besançon. Au musée d’Ornans et sur la Fnac.