26 Fév

Souscription pour le musée Courbet : il reste encore 95 000 euros à trouver

Portrait de Juliette . Gustave Courbet. Collection particulière.

C’est un petit plus long que prévu, il n’y aura pas eu d’effet Bicentenaire. L’association Les Nouveaux Mécènes de Courbet espérait boucler la souscription pour l’acquisition du portrait de Juliette par Gustave Courbet en moins d’un an. Finalement, l’association a eu l’assurance de pouvoir acheter ce tableau d’ici la fin de l’année 2020. Les propriétaires actuels en espèrent 250 000 euros.

Des mécènes se sont déjà montrés enthousiastes. Léonard Gianadda, François Guillin, les sociétés Coquy ou Ap2r ont versé au moins 10 000 euros chacun. De nombreux petits donateurs ont aussi participé à cette souscription. Actuellement, les Nouveaux Mécènes de Courbet assurent avoir recueilli 155 000 euros. Pour Frédérique Thomas-Maurin, conservateur en chef du musée Courbet, ce petit tableau de jeunesse vaut les 250 000 euros demandés par les propriétaires.

C’est un tableau rare. Il est de facture classique et il montre que Courbet était de peindre de façon très différente. Il pouvait casser les codes ou reprendre des conventions classique. Le Désespéré, par exemple, est une tête d’expression que l’on apprenait à réaliser aux Beaux-arts. 

L’autre intérêt, c’est son modèle. Juliette est souvent présentée comme la soeur préférée du peintre. Il y a un an, au moment du lancement de la souscription, je vous présentais les différents portraits de Juliette, tous conservés dans des musées en France ou à l’étranger. Juliette tient une place particulière dans la vie de Courbet. A lire sa correspondance, on comprend que Gustave avait de l’affection pour sa petite soeur et c’est elle qui sera sa légataire universelle. Elle fera tout aussi pour que le corps de son frère revienne dans le cimetière d’Ornans.

Le rôle du musée, rappelle Frédérique Thomas-Maurin, est de présenter le rapport de Courbet à son pays et à sa famille. Des liens très forts.

Actuellement, le petit tableau (40×31.2 cm) est prêté au musée par ses propriétaires actuels, il est accroché dans la première salle, celle des oeuvres de jeunesse. Avant, il avait été présenté lors de l’exposition Courbet, dessinateur. A part une brève apparition dans les années 2000 au musée des Beaux-arts de Besançon, le tableau est resté discret, derrière les murs d’une demeure franc-comtoise. Son histoire est connue. En 1987, un collectionneur l’achète lors de la vente aux enchères du château Bontemps à Arbois. A cette époque, il n’est pas attribué à Gustave Courbet. Le lot 28 de la vente est juste présenté comme « école française du XIXe, femme de profil ». Finalement, il s’agit bien d’un tableau de Courbet. En enlevant le cadre, l’acheteur découvre le monogramme GC et une dédicace à l’arrière de la toile « A ma soeur Juliette ».

Le Veau Blanc de Gustave Courbet 1873.

D’ici la fin de l’année, la jeune Juliette pourrait bien rejoindre définitivement le Chêne de Flagey, acquis 4 millions d’euros grâce à une souscription lancée par le département du Doubs. Le collectionneur japonais Michimasa Murauchi l’avait acheté, en 1987, 462 000 $.  Autre oeuvre de Courbet désormais définitivement au musée d’Ornans : le Veau. Cette fois-ci, il s’agit d’un don d’un généreux amateur d’art du pays de Montbéliard. Trois tableaux, trois histoires, trois occasions de percevoir la richesse de l’oeuvre de Gustave Courbet.

Isabelle Brunnarius
isabelle.brunnarius(a)francetv.fr