25 Sep

Trois histoires en Méditerranée par Valérie Simonet

Samedi 27/09 à partir de 16h
Cinéma Les Variétés, Marseille

Dans le cadre de l’opération Septembre en mer à Marseille qui a débuté le 1er septembre et se poursuivra jusqu’au 5 octobre prochain,
Valérie Simonet présente trois de ses films au public du cinéma des Variétés.

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Film 1
Calanques : une histoire empoisonnée

Ce film-enquête révèle l’état de pollution des calanques, alors qu’un parc national vient d’y être créé. Le site porte les traces profondes d’un siècle de pollutions : celles de la ville de Marseille et d’une industrie peu scrupuleuse. « Calanques : une histoire empoisonnée » est une enquête au long cours qui, sur 52 minutes, dévoile l’envers d’un décor naturel et sauvage, profondément marqué et déjà abîmé par le voisinage d’une agglomération de 1 million d’habitants.

Avec des images inédites sur terre et sous-marines, le film fait le point sur tous les dossiers épineux que va devoir gérer le parc national qui se met en place.

Une coproduction Pointe Sud productions, Ligne de Mire production et France Télévisions, avec la participation d’Ushuaïa TV.

Voir l’entretien en plateau avec la réalisatrice réalisé par MarsActu
Le Talk Marsactu actualité : Valérie Simonet par marsactu

Film 2
Pêcheurs d’oursins, les derniers des Mohicans

Un goût de sel et d’algues, reconnaissable entre tous. De l’Algérie des pieds noirs à la Corse, en passant par Marseille ou le Languedoc, l’oursin est inscrit dans la culture familiale méditerranéenne. Au creux de l’hiver, dans les petits ports du littoral, les « oursinades », ces dégustations de coquillages en plein air, rameutent encore des milliers d’amateurs.

Pourtant, depuis quelques années, les pêcheurs d’oursins abandonnent le métier, acteurs et témoins impuissants de la disparition progressive de l’espèce. Avec eux, c’est toute une histoire et un savoir-faire qui s’effacent progressivement. Sur les bancs des écaillers, les échinodermes viennent désormais de la côte Atlantique de l’Espagne, ou de l’étang de Thau, à l’arrière de Sète.

Ce film propose à la fois une approche très personnelle de cette tradition, chère à l’auteur du documentaire, en même temps qu’une enquête sur l’économie de cette pêche, à travers des portraits de ceux qui la font, et un point sur la recherche scientifique en cours sur l’oursin.

Une coproduction Pointe Sud productions, Ligne de Mire production et France Télévisions.

Film 3
L’histoire engloutie sous la mer

L’Histoire du port de Marseille depuis sa fondation, jusqu’à nos jours, vue à travers les épaves de la rade, qui sont autant de traces laissées par les hommes qui ont croisé au large de la ville. Grattez le sable dans la rade de Marseille et vous pourrez remonter l’Histoire. Celle d’un port vieux de 26 siècles, fondé par les Grecs et resté depuis une des premières places maritimes au monde.

En donnant la parole aux témoins vivants des naufrages, gardiens de phare, sauveteurs et pêcheurs, survivants ; en mettant en scène des historiens, archéologues, un descendant de grand armateur ; en exhumant des dizaines de photos, d’archives filmées et de documents, ce film raconte la saga d’un port de commerce qui fit et fait toujours la destinée d’une ville singulière, Marseille. 

Une coproduction Pointe Sud productions, Ligne de Mire production et France Télévisions.

Et l’auteure dans tout ça ?

Diplômée de l’ESSEC (Ecole supérieure des sciences économiques et commerciales), dont une partie effectuée en MBA à l’Universtity of North Carolina aux Etats-Unis, Valérie SIMONET a d’abord débuté dans le marketing. C’est après avoir remporté un concours de jeune reporter autour du monde, qu’elle a décidé de remettre sa carrière en question. Formée à l’Ecole de Journalisme de Marseille, elle a fait ses armes dans le métier comme journaliste en radio avant d’intégrer la rédaction de Marseille L’Hebdo. Dans ce magazine d’information générale du groupe Lagardère, elle a été reporter pendant huit ans, spécialisée culture (en particulier dans le théâtre, la photo, la littérature, le flamenco) et société, notamment sur les questions liées à la mer, à l’écologie et à l’aménagement urbain. Elle a ensuite intégré la rédaction à Marseille du quotidien la Provence sur les mêmes thématiques. Elle est lauréate du Prix Varenne de la presse hebdomadaire régionale (2002) pour ses articles sur les enfants des rues à Marseille.Elle a été correspondante à Marseille du quotidien Libération pendant cinq ans. Elle a publié deux guides sur sa ville natale : « Aller-retour » Marseille chez Gallimard (1999) et le Hors Série Marseille de Terre Provençale (1998). Elle a écrit deux ouvrages sur la Provence : « La Provence vue du ciel » (2010, Edition Skycom) et « Bastides et Jardins de Provence » (2009, Edition Skycom).

Valérie SIMONET vit et travaille à Marseille comme réalisatrice indépendante.

au Cinéma Les Variétés, Marseille
37 Rue Vincent Scotto 13001 Marseille / 04 96 11 61 61

24 Sep

Mon curé est congolais, un documentaire de Jean-Louis Cros

Diffusion sur France3 Provence-Alpes et Côte d’Azur
Samedi 27 septembre à 15h25
puis en replay sur notre site

Autres temps, autres moeurs

Après les missionnaires blancs en Afrique, voici venus missionnaires noirs en Europe.
La crise de vocation dans le clergé français a changé le visage de nos églises. Depuis le début des années 2000, on assiste à une arrivée massive de prêtres étrangers qui viennent, à la demande de l’épiscopat français, remplir le vide des diocèses ruraux. On compte aujourd’hui 1200 prêtres africains sur notre territoire.

Venu du Congo pour une durée qui devait être limitée, le père Barthélémy a vu son affectation prolongée suite à une pétition publique. Il compte maintenant parmi les personnalités incontournables de son petit coin du Limousin rural.

Une désaffection sur les bancs de l’église à l’image des chaires vides

Or, même si ce prêtre musicien et compositeur à la langue bien pendue déploie des trésors d’énergie, on ne peut guère affirmer que les quinze églises dont il a la charge, autour de son presbytère de Pierre-Buffière, soient toujours remplies ! Pourquoi, alors, a-t-on encore besoin d’un prêtre dans un pays qui n’a visiblement plus la foi ; dans une région, qui plus est, où l’on n’est jamais vraiment allé à la messe et où se sont perpétués, plus qu’ailleurs, certains rites païens ?

La crise des vocations, qui compte sans doute pour une bonne part dans sa présence ici, ferait-elle de père Barthélémy un travailleur immigré comme les autres ? Pas seulement bien sûr.
Alors quel je-ne-sais-quoi de si indispensable apportent donc les origines africaines de Barthélémy à nous « Français un peu congelés », comme dit une des personnes interviewées ?
A ces vastes questions, le film tente quelques réponses.

 Mon curé est congolais

Une coproduction France Télévisions – France 3 Limousin / Ego Productions.
A voir sur France3 Provence-Alpes et Côte d’Azur
Samedi 27 septembre à 15h25

17 Juil

Au fil des voix, un festival couleur métis

Du 5 au 8 août 2014
aux théâtres Antique et du Nymphée
de Vaison-la-Romaine

Quel plus bel écrin que ces gradins de pierres antiques pour entendre s’égrener la voix des griots des temps modernes ?
Pour sa 7ème édition, le festival Au fil des voix, à l’instar de son grand frère Les Suds à Arles avec lequel il partage un décor naturel splendide, il affirme haut et fort la vitalité des musiques et des cultures du monde.

En ouvrant les festivités avec Johnny Clegg, zoulou blanc et chantre de Nelson Mandela, le ton est donné : embarquer le public dans une transe et placer la saison sous le signe du métissage culturel.

D’Afrique du Sud on passera au Maghreb pour découvrir la sensualité et le phrasé soul de la chanteuse marocaine OUM. Sa marque de fabrique : revisiter les musiques traditionnelles de son pays – chants sarahouis ou gnaouas en les confrontant à sa maîtrise toute personnelle du Rythm’n Blues et de la Soul.

Déjà venue enchanter le public lors d’une saison précédente, Carmen Souza, figure incontournable de la musique cap-verdienne viendra réveiller notre goût de la saudade.

par Olivier Hoffschir

par Olivier Hoffschir

Enfin c’est au concert d’une Catherine Ringer, dopée par sa découverte du tango – qu’elle interprète avec le duo de Gotan Project – que nous invitent les organisateurs, comme s’il fallait à une transe sud-africaine, répondre par une transe latino-américaine.

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France 3 Provence-Alpes est partenaire du festival Au Fil des Voix
Le programme complet

16 Juil

Le FJ5C s’annonce à Marseille

Du 17 au 26 juillet 2014
Jardins du palais Longchamp

Neuf jours de programmation haut de gamme, en phase avec un public – celui de Marseille – connu pour son aficion en matière de jazz.
Le FJ5C atteint le bel âge de l’adolescence, celui de la maturité… ou presque. À la veille de 2015, la 15e édition marque un tournant dans l’histoire du Festival fondé par Roger Luccioni !Artistes de renom et découvertes prometteuses vont se côtoyer dans un esprit festif, de l’Esplanade du J4 pour le concert d’ouverture à la scène historique du Palais Longchamp !


Ibrahim Maalouf @FJ5C 2012 /

La réputation de ce festival s’était imposée depuis bien longtemps dans le monde des initiés par la qualité de ses choix artistiques. Désormais, la participation massive des festivaliers assoit son succès auprès du grand public. 2014 devra relever le défi pour que cette édition soit toujours plus brillante et que le festival continue d’attirer chaque année les plus grands musiciens mondiaux.

Et qui dit jazz dit  « jam session ». C’est pourquoi le Jazz Club FJ5C vous propose de jouer les prolongations au bar lounge le Solaris. Chaque soir, des artistes marseillais présentent au public leur composition et accompagneront plus tard, pour des « boeufs » explosifs, les artistes de la grande scène.

Chaque soirée est l’occasion de découvrir un univers singulier en lien avec la programmation de Longchamp et d’embarquer pour une aventure musicale inédite.

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 Toutes les infos

26 Juin

Le 14 juillet tous photographes !

Ma France en photo

Prenez une photo, envoyez-la et rejoignez « Ma France en photo ».
Témoignez de ce coin de France qui est le vôtre. … qui vous êtes, ce que vous faites et avec qui, ce que vous ressentez, vivez, voyez à l’heure où tout le pays fête le 14 juillet.

France 3 est partenaire « de Ma France en photo » avec « Paris Match » dans le cadre de ce grand concours.
Les photos seront données à la Bibliothèque Nationale de France comme témoignage sociologique et historique de cette journée du 14 juillet 2014.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur la page du concours

 

« Ma France en photo » se veut un témoignage pour l’histoire

  « Ce jour-là, dans un même élan, nous parlerons le seul langage universel : l’image », explique Olivier Royant, directeur de la rédaction de Paris Match. Ce langage, né dans notre pays, est cher aux citoyens, qui en ont fait leur moyen d’expression favori : 20 % des Français prennent plus d’une photo par jour ! Plusieurs milliers de clichés arriveront de chaque coin du territoire. Chacun pourra retrouver sa contribution personnelle au coeur d’une mosaïque géante de clichés. Ce grand rendez-vous populaire, convivial et festif aura également une dimension journalistique et sociologique car il révélera une radiographie géante de la France jamais réalisée.

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21 Juin

Méditerranéennes, 1000 et un combats

un film de Serge Moati
dimanche 29 juin à 18h00
Villa Méditerranée, Marseille
Sur réservation

Serge Moati et Clément Lebateux questionnent dans ce documentaire la place que les femmes ont prise dans les révolutions arabes.

En Tunisie comme en Égypte, elles ont été en premières lignes pour manifester leur soif de démocratie et de liberté. Ces luttes, elles les partagent avec d’autres femmes en Espagne, en Israël, mais aussi en Italie ou au Maroc. Ces « soeurs » en Méditerranée portent en elles des combats et des espoirs pour leurs droits, pour leurs pays et pour l’avenir d’un « vivre ensemble » pacifique et tolérant.

Qu’elles soient artistes, juristes, journalistes ou simplement femmes citoyennes et militantes, elles ont pour point commun de dire non. Non à la dictature et à l’injustice sociale, au harcèlement sexuel et à l’instrumentalisation de leur corps. Non aux lois qui les emprisonnent. Portraits de ces femmes engagées qui composent une mosaïque singulière et humaniste sur toutes ces forces en mouvement. Droit devant.

Un voyage en Méditerranée. Du côté des femmes, à la rencontre des Méditerranéennes. 

Amira_Chaibi

Voir un extrait du film
Réservation indispensable
au 04 91 42 03 02 
ou par mail au cmca@cmca-med.org
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Un documentaire inédit écrit et réalisé par Serge Moati en collaboration avec Clément Lebateux
Une production Image et Compagnie  / Produit par Dominique Clément / Avec la participation de France Télévisions et de la RTS / Avec le soutien du Centre National du Cinéma et de l’Image Animée et de la PROCIREP – ANGOA
 

05 Juin

Der Fall Oradour, enquête sur un crime de guerre

Mardi 10 juin à 8h50 sur France 3 Provence-Alpes et Côte d’Azur.

Une émission spéciale consacrée à Oradour-sur-Glane diffusée mardi prochain sur 18 antennes régionales de France 3.
Un documentaire de 45’ de Ute Casper
Coproduction Saarländisher Rundfunk / France Télévisions – France 3 Limousin

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En France, Oradour a laissé dans la conscience nationale un profond traumatisme.
En Allemagne, rares sont ceux qui savent qu’un terrible massacre a été perpétré par une division SS dans ce village du Limousin.

Le 10 juin 1944, quatre jours après le Jour J , les soldats de la division SS Das Reich transforment Oradour-sur-Glane en « village martyr ». 642 personnes sont massacrées.
Ce film est plus qu’une évocation historique. En effet, près de 70 ans après, le parquet de Dortmund, compétent pour les crimes nazis, a ouvert une enquête. En janvier 2013, le procureur allemand s’est rendu pour la première fois à Oradour. Depuis 2011, six anciens soldats de la compagnie SS responsables du massacre font l’objet d’une enquête.

Le documentaire montre comment le « dossier » Oradour sort de l’ombre après tant d’années et retrouve une actualité dictée par l’évolution inattendue du dossier juridique.
En prolongement de ce film, Xavier Riboulet s’entretiendra avec un témoin unique, Robert Hebras, l’un des derniers survivants.

Des séquences tournées avec des personnalités viendront en contrepoint du discours personnel de Robert Hebras pour évoquer les conditions de la construction de la mémoire, les difficultés et la nécessité de cette construction et les moyens de sa transmission :

  • Alain Lercher – auteur des « Fantômes d’Oradour »
  • Andréa Erckenbrecher – historienne allemande, spécialiste d’Oradour
  • Annick Morizio – Présidente du Centre de la mémoire d’Oradour
  • Claude Milord – Président de l’Association Nationale des Familles des Martyrs d’Oradour-sur-Glane.

Une émission proposée par France 3 Limousin
Présentation Xavier Riboulet
Réalisation Lorenzo Della Libera et Patricia Petit

25 Mai

La Dernière Maison

un film de Camille Morhange
Diffusé le vendredi 30 mai 2014
sur France 3 Provence-Alpes vers minuit

Une architecture calquée sur le modèle des hôpitaux ; des couloirs interminables que voudraient égayer des rambardes colorées ; des chambres proprettes pour tout horizon. 
Voilà le décor en place lorsque l’on pousse la porte de certaines maisons de retraite.

Camille Morhange pénètre cet univers clos et méconnu de nous-autres actifs, avec l’intention de rendre un peu d’humanité à ces murs défraîchis. Questionner les vies qui s’écoulent, là, dans leur dernière ligne droite ; peser la douleur du passé à jamais disparu – la maison que l’on a quittée, le mari qui s’est effacé devant vous. Et les illusions que l’on ne se fait plus :

On a des habitudes, ça oui, on en a mais on n’est pas chez nous, c’est sûr. La maison c’est quelque chose de… sacré.

 

Poignants moments de paroles que la réalisatrice permet en ne s’imposant pas, en indiquant d’un mot, d’une intonation, la direction à prendre : celle de la profondeur, celle de l’intimité. La parole est précieuse et rare dans un quotidien rythmé par les « occupations », les activités socialisantes et les repas. Toutes celles qui se livrent au micro de Camille Morhange ne se racontent pas d’histoire : Ici c’est le bout du bout. On y est pour soulager ses proches, pour se faire tout petit et finir à petit pas. A quoi bon ?

Entretien avec Camille Morhange

PZ : Dans votre film vous donnez la parole à des personnes que l’on dirait oubliées de notre monde. Vous les faites parler et ce qu’elles disent a une profondeur tout à fait rare. 
Comment avez-vous installé ces conditions de dialogue ?

CM : Je suis d’abord allée rencontrer et tenir compagnie aux personnes qui le souhaitaient au sein de la maison de retraite. J’y suis allée deux fois par semaine pendant plus d’un an sans caméra, sans enregistreur, sans carnet de notes. J’ai erré dans les chambres et les couloirs et ainsi j’ai pu petit à petit nouer des liens très forts avec certains résidents et avec le personnel de la maison de retraite.
Ces moments d’écoute et ces moments d’attente, de vide, m’ont permis à la fois d’être acceptée par les personnes et de recueillir leurs sentiments, mais aussi d’appréhender moi-même un peu de ce que peut être la vie dans un tel endroit. A chaque fois que j’y vais je me mets dans une position d’écoute et d’empathie, et je reçois en retour la gratitude des personnes qui ont tant besoin d’une oreille amicale et d’une distraction qui fait passer la journée un peu plus vite. J’ai aussi beaucoup joué au scrabble et aux mots croisés, ou même regardé la télé en buvant mon café gentiment offert par le personnel soignant, j’y ai passé beaucoup de mon temps. Mes tournages ont été comme une errance dans la maison de retraite. J’ai tourné seule la plupart du temps et j’ai passé plus de temps à me balader dans les couloirs, ma caméra prête, au cas où, à tourner réellement. Je suis souvent revenue bredouille et les séquences les plus marquantes ont souvent été prises à la volée au cours d’une banale visite.

PZ : Combien de temps êtes-vous restée à la maison de retraite (entre le repérage, le tournage et peut-être une projection?

CM : J’ai commencé les repérages fin 2008, j’ai commencé à tourner bien plus tard mes premiers rushs en DVCAM (format devenu ensuite obsolète, ces rushs n’ont donc pas pu être exploités dans le film..), puis j’ai tourné régulièrement, souvent seule, jusqu’à la veille du montage à France 3 en janvier 2014. Il y a eu des périodes plus intenses que d’autres, la naissance de mon fils en 2010 m’a écartée un moment de la maison de retraite, en revanche j’ai fait tous les derniers tournages et le montage du film enceinte de ma fille. Je trouve très symbolique de travailler à la parole de personnes en fin de vie lorsque l’on est en train d’accueillir une vie nouvelle.

PZ : Vous a-t-il fallu beaucoup de temps pour que se dessinent vos personnages ?

CM : Les personnes qui sont devenues les personnages du film sont celles qui ont tout de suite manifesté l’envie de participer au projet, et qui avaient une urgence à dire leurs sentiments. Certains ont été présents dès mes premiers repérages (c’est le cas de Mme Magnan, Mme Ricard et Mme Vicente), et d’autres sont arrivés à la maison de retraite en cours de route. (j’ai rencontré mme Braunwart seulement deux mois avant le début du montage, et elle est vite devenue un personnage très important du film, ainsi que sa fille avec qui j’ai créé des liens forts très rapidement). Mais à chaque fois la rencontre s’est faite très vite et il a été très facile de savoir qui serait dans le film. Ce sont les personnages qui sont venus à moi et pas le contraire.

PZ : On sent par votre commentaire que vous avez été bouleversée par ce que vous avez vécu là-bas et les rencontres que vous y avez faites. Bien que certaines de ces personnes aient disparu depuis, vous arrive-t-il d’y retourner de temps en temps avec votre ou vos enfants puisque vous êtes mère, dites-vous ?

CM : J’ai le projet d’aller y faire une projection du film, et je leur ai promis de leur présenter ma fille qui vient de naître ! Je pense que je continuerai à y aller de temps en temps, même si chaque fois il est toujours un peu difficile de pousser la porte… Il faut se faire un peu violence et être bien disponible mais une fois dedans on est remplis de toutes ces rencontres, ces regards.

PZ : Qu’apprend-on d’essentiel qui puisse être transmis, lorsqu’on recueille la parole de personnes âgées sans illusions sur leur fin prochaine.

CM : Ce que cette expérience m’a permis d’entrevoir, c’est que la fin de vie n’est pas une « non-vie », et qu’il faut s’en préoccuper avant de ne plus être en capacité d’avoir le choix. On choisit (quand cela est possible bien entendu) son orientation scolaire, son métier, la ville que l’on a envie d’habiter, la personnes avec qui on va partager notre vie, et puis on laisse entre les mains d’une société gérée de manière essentiellement économique notre fin de vie. Je me suis posé réellement la question : est-ce ce projet que j’envisage pour la fin de ma vie ? Ma réponse est évidemment non, et je réfléchie dès maintenant à d’autres solutions possibles : maisons de retraites auto-gérées en coopératives, éco-hameaux multi-générationnels, des solutions alternatives existent et il ne tient qu’à nous de les mettre en place… et ce avant de ne plus être en capacité physique pour le faire !

Propos recueillis par Pernette Zumthor-Masson

Un film de Camille Morhange
coproduit par AMDA Production et France 3 Provence-Alpes

 

 

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