27 Fév

Le mariage de la carpe et du lapin : des agriculteurs FDSEA représentés au collectif Dessoubre

Création du collectif Dessoubre au Rosureux

Création du collectif Dessoubre au Rosureux

Les agriculteurs étaient venus en nombre assister à la constitution du collectif Dessoubre. Ce samedi 22 février, la mairie du Rosureux était trop petite pour accueillir tous les participants. La réunion a donc eu lieu dans l’église, et d’un baptême on a assisté à un mariage ou plutôt à des fiançailles !
Cette réunion avait comme objectif la création d’un collectif spécifique pour le Dessoubre et rattaché à SOS Loue et rivières comtoises. Marc Goux , représentant de SOS Loue et rivières comtoises a rappelé que les rivières étaient malades d’un excédent d’azotes et de nitrates. Selon lui, l’agriculture pratiquée sur ce secteur est encore trop productiviste. Un discours que ne partagent pas les agriculteurs adhérents de la FDSEA et pourtant ils ont tenu à être représentés dans ce nouveau collectif. Des agriculteurs et des défenseurs des rivières désormais côte à côte dans un collectif de défense des intérêts écologiques, touristiques et économiques, c’est assez inattendu ! Cela peut-il devenir enthousiasmant ?

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06 Fév

Ces photos qui ruinent les efforts des autres…

 

Une action passible d’une contravention selon la loi sur l’eau.

 

Le  résultat de cet épandage sauvage dans la vallée du Dessoubre

 Elles font le tour des réseaux sociaux et des boîtes mail des pêcheurs et défenseurs de l’environnement… D’après leur expéditeur, le président de l AAPPMA les 2 vallées Gérard Mougin  :

 « Ce scandale s’est déroulé le 04/02 à 17 h 15 à Cour-St-Maurice à quelques centaines de mètres au-dessus du Dessoubre (…) Est-ce comme cela que les plans d’épandage sont prévus ? La personne témoin de la scène a tenté de prévenir la police de l’eau mais comme c’est souvent le cas il n’a trouvé personne ! Encore un qui passera entre les gouttes ! Et qui recommencera…»

Un courrier envoyé également aux élus et à la préfecture. Aujourd’hui, les services de l’Etat se sont rendus chez l’agriculteur de Cour Saint Maurice. Il a reconnu et expliqué son erreur. Le conseil général du Doubs a porté plainte pour atteinte à l’environnement.

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11 Juil

La conférence Loue et rivières comtoises : pourquoi à huis clos ?

La première Conférence Loue et rivières comtoises à Quingey

Avant de revenir plus en profondeur sur cette première Conférence, voici quelques premiers éléments pour ceux qui n’ont pas pu y participer. Cette Conférence avait lieu à huis clos. Première question : Alors que dès la première page, le dossier de presse insiste sur la particularité de la vallée de la Loue en précisant que

« Le moindre geste malveillant, la moindre négligence, et les conséquences pour les rivières sont immédiates »,

pourquoi tarder à associer les populations à toutes ces actions ?  A Rurey, lors du colloque organisé par l’office de Tourisme d’Arc-et-Senans-Loue-Lison sur le site de la Piquette, , ce besoin d’information a été largement exprimé par le public.

« Mieux comprendre, mieux s’organiser pour mieux partager et mieux agir »,

c’est le slogan choisi par la préfecture du Doubs et le conseil général de Doubs. Le dossier de presse détaille « Mieux comprendre » puis « mieux s’organiser pour mieux agir » mais rien sur mieux partager… Continuer la lecture

30 Juin

L’Amérindien Dallin Maybee prône l’engagement citoyen pour la Loue

Dallin Maybee au Pow Wow d'Ornans

L’occasion était trop belle ! Des Amérindiens à Ornans… Des peuples si proches de la nature avaient forcément quelque chose à m’apporter à propos de la Loue.  Même si ils n’ont pas « dansé avec la Loue » comme l’indiquait l’affiche du Pow Wow, ils avaient forcément une idée sur la question.
J’ai donc pu discuter rapidement avec Dallin Maybee, un Amérindien Arapaho-Seneca féru de droit et défenseurs de la cause Amérindienne. Je lui ai exposé rapidement la problématique de la Loue : sa beauté, ses problèmes, ses défenseurs… Et surtout les choix que les hommes ont à faire pour la sauver. J’ai voulu savoir comment il s’y prendrait si il avait à défendre cette rivière…
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22 Avr

Sauver la Loue en cinq points : « Loue Vive » participe à la consultation de l’Agence de l’eau

L’échéance approche ! Vous avez jusqu’au 30 avril pour donner votre avis à l ‘agence de l’eau. C’est ce que vient de faire l’association Loue Vive .

L’Agence de l’eau voit loin… A l’horizon 2015.  Une année capitale pour  les défenseurs des rivières et de l’eau. C’est l’échéance fixée pour approuver le second SDAGE*, schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux. Pour y parvenir, l’Agence de l’eau souhaite recueillir votre avis, notre avis à tous. Continuer la lecture

22 Fév

Deux liens sur internet pour sauver les rivières

Deux semaines avant l’ouverture de la pêche à la truite sur les rivières première catégorie, le collectif SOS Loue et rivières comtoises publie une video sur l’état des rivières de notre région. Pour que l’on oublie pas qu’il y a toujours des poissons malades.  Cette fois-ci, le collectif publie également quelques images d’endroits préservés… C’est à la fin de la video. Une autre façon pour eux de dire que leur combat est encore utile à condition d’agir vite !
L’autre adresse que je vous recommande est la nouvelle page facebook du blog Hydrobioloblog tenu par Marie Mezière-Fortin. Une manière de se tenir informer des dernières publications de ce blog. Je vous recommande l’article du 18 février : c’est la troisième partie d’une publication intitulée « Restauration, renaturation, est-ce possible ? »
Un travail intéressant en particulier pour ceux qui s’intéressent au projet de restauration de la basse vallée de la Loue…

08 Fév

L’avant-première du documentaire « Loue, Doubs, histoires croisées » de Jean-Philippe Macchioni à la Saline d’Arc et Senans.

150 personnes sont venues à la Saline pour découvrir le documentaire de JP. Macchioni

« Je ne sais pas si je dois applaudir ou pleurer… » lance le garde pêche de la fédération de pêche du Doubs Alexandre Cheval. La projection du documentaire de 52 minutes vient de s’achever et les spectateurs sont effectivement à la fois heureux que les rivières soient si bien présentées et à la fois tristes de les savoir en perdition. Alexandre Cheval poursuit : « Je vais applaudir pour avoir mis en images ce que les professionnels essaient d’expliquer dans des rapports ».

Le choc des images… celles filmées par France 3 en pleine crise de mortalité en 2010 et celles filmées par Jean-Philippe Macchioni et ses confrères : de sublimes travellings aériens au dessus du Doubs et de la Loue, des gros plans de truites heureuses de gober et des oiseaux multicolores observés dans la réserve naturelle de l’île du Girard. Le film est une réussite car il explique, dénonce puis trace les lignes d’un avenir meilleur.

Cet avenir, c’est bien l’enjeu au cœur de la discussion engagée après la projection.  Ce film, pour Jean-Louis Simon, autant amoureux de la Loue que des œuvres de Courbet, « c’est un diagnostic. J’ai l’impression de ressortir de chez le médecin mais sans l’ordonnance ». Et pourtant, la « feuille de route » est bien mentionnée dans le film : agir sur tous les fronts de façon précise et mesurée. Le maire d’Ornans Jean-François Longeot le répète « C’est tous ensemble que l’on peut y arriver. Tout le monde va dans le même sens aujourd’hui ». Un constat évident pour la Loue. Un peu moins pour la confluence entre le Doubs et la Loue, la situation y est assez tendue en ce moment.  Quant au projet de parc naturel dans les environs de Dole, la conseillère régionale Anne Vignot déplore « qu’une volonté politique ne suffit pas ». « Nous sommes dans un pays où les fourches se lèvent facilement » glisse le documentariste.

Discret, Joël Mathurin, secrétaire général de la préfecture du Doubs a failli prendre la parole mais le débat a du s’arrêter faute de temps. Dans l’assistance également, des fonctionnaires passionnés par leur mission mais contraints au silence par leur hiérarchie.

Emmanuel Cretin, du syndicat mixte de la Loue, lui peut dire à voix haute ses inquiétudes : « Il y a aussi une pollution que l’on ne voit pas, celle des pesticides et autres toxiques. Nous tous, on rejette ces produits. Cela ne se voit pas mais cela s’accumule à l’intérieur ».  Jean-Philippe Macchioni rajoute « il faudrait également un cadre législatif plus contraignant et pas seulement se reposer sur l’évolution de comportement des citoyens ». Un point de vue exprimé dans le film par Marc Goux du collectif SOS Loue et rivières comtoises.

Et comme à chaque projection, la même question est posée : « La sortie d’un DVD est-elle prévue ? ». Un casse-tête pour les producteurs… En tout cas, ce film devrait être diffusé dans les établissements scolaires « pour que l’on mette moins de produit quand on fait la vaisselle » insiste une jeune spectatrice.

Un brin d’espoir pour l’auteur de ce documentaire, un homme passionné par la nature et les rivières dès son adolescence. «  Je ne pêche plus depuis 17 ans, j’avais les larmes aux yeux quand je suis retourné au bord de la Loue pour filmer.. » Une émotion qui transparaît dans son film. « Ce que j’apprécie dans vos films, c’est que, tout en montrant des choses qui se dégradent, vous avez ce talent de nous faire nous attacher à la vie ». Un beau compliment savouré modestement par le documentariste.

Isabelle Brunnarius

Le documentaire est diffusé ce samedi à 15 h20 sur France 3 Franche-Comté. Une fois diffusé, Vous pouvez le revoir pendant une semaine sur le site de France 3 :

http://pluzz.francetv.fr/videos/documentaires_franche_comte_,cafe_doc24_besancon_130207_1671_07022013112515_F3.html

06 Nov

Une lettre ouverte en réaction aux Assises de la Loue

Jean-François Bonvalot sait de quoi il parle. Il a grandi aux bords de la Loue à Arc-et-Senans et a fait partie des étudiants en hydrobiologie formés par le professeur Verneaux. Ensuite, ce Franc-Comtois a fait carrière dans l’assainissement  et la surveillance des cours d’eau en Alsace. C’est en tant que porte-parole de la société de pêche d’Arc-et-Senans  » La Gaule du Val d’amour » que Jean-François Bonvalot a assisté aux Assises de la Loue le 11 octobre dernier. Lors de son intervention, l’amoureux de la Loue a déploré que la basse Loue soit « oubliée » par les pouvoirs publiques. Une remarque reprise dans sa lettre ouverte aux autorités départementales. Nous la publions intégralement et elle est intéressante à plus d’un titre. Jean-François Bonvalot fait des propositions concrètes. Pour l’instant aucune instance officielle n’a réagi à ce courrier. Vous, vous pouvez le faire en laissant un commentaire.
Lettre ouverte aux autorités départementales

18 Août

Le Doubs, il y a 40 ans : une rivière à l’agonie,

C’est le week-end ! Prenez le temps de regarder cette video de 1973. Sophie Guillin, directrice de France 3 Franche-Comté l’a dénichée sur le site de l’INA. Elle est éloquente.

Tout est dit en 20 minutes. En 1973, des pêcheurs dont le célèbre peintre Jean Messagier crééent l’ association APEDI (association pour la protection des eaux et des ressources naturelles du bassin inférieur du Doubs) et lance une pétition contre la pollution du Doubs réunissant 3 000 signatures. A cette époque, le Doubs est à l’agonie, victime essentiellement de pollutions industrielles et de non traitement des eaux usées.

Un plan de sauvegarde du Doubs est mise en place : 180 millions de francs sur 12 ans. Des « subventions à guichet ouvert » sont proposées aux pollueurs pour qu’ils aménagent leurs installations. Et cela semble avoir porté ses fruits.

Dans ce magazine de « La France défigurée », les papeteries de Novillars et Peugeot sont présentés comme de sérieux pollueurs. De « pollueur conscient », les papeteries (elles employaient à l’époque 400 ouvriers…) sont devenues un exemple de développement durable ( malheureusement l’entreprise aujourd’hui a été récemment mise en liquidation judiciaire). Depuis 2005, des rhizosphères traitent les eaux usées, cette végétation est même devenu un refuge agréé par la Ligue de Protection des Oiseaux. Et en plein centre ville de Besançon, je vois régulièrement des pêcheurs taquiner le brochet. Enfin, le réalisateur Jean-Philippe Macchioni m’a dernièrement assuré que le Doubs avait retrouvé une bonne santé dans sa partie basse : « C’est un bonheur! »

C’est intéressant de regarder ce magazine avec le recul des années car on se prend à rêver. A se dire que l’enterrement de la Loue n’a pas encore sonné. En tout cas, la conclusion de Pierre Leherle, l’auteur de ce documentaire, est claire  :  sans la « pression de l’opinion publique » légitimée par les travaux des hydrobiologistes ( le fameux professeur Jean Verneaux est d’ailleurs interviewé), sans des services de l’Etat « sur la brèche », sans la prise de conscience des pollueurs, le Doubs aurait pu continuer d’agonir…

Isabelle Brunnarius