06 Nov

Bilan positif pour le plan national (2012-2016) en faveur de l’Apron du Rhône

L'Apron du Rhône dans la Loue.

L’Apron du Rhône dans la Loue.

La Loue est l’une des quatre rivières françaises où l’Apron est encore présent. Ce petit poisson discret est l’espèce animale la plus menacée de France. Il n’est présent que dans le bassin du Rhône ( Loue, Bassin de l’Ardèche, de la Durance et la Drôme). Quelques spécimens ont aussi été repérés sur le Doubs suisse et franco-suisse.  Il y a une centaine d’années, celui que l’on a surnommé le « Roi du Doubs » était présent sur 2 200 kilomètres de rivières.  Aujourd’hui, seulement sur 361 kilomètres. D’où la mise en place d’un plan national de sauvegarde : plus d’une trentaine d’actions ont été entreprises entre 2012 et 2016 pour sauver ce poisson. Le bilan de ce plan est  présenté les 7 et 8 novembre à Eurre dans la Drôme.

Continuer la lecture

22 Jan

Le plaidoyer de la télévision suisse pour les rivières

Prenez le temps de regarder ce magazine de nos confrères de la RTS. Tout est dit et bien dit. Christophe Ungar a pris l’exemple du Doubs franco-suisse pour alerter sur l’urgence d’agir pour améliorer la qualité de l’eau. Certes, les dossiers environnementaux passent souvent après ceux des hôpitaux, des infrastructures, mais comme le dit fort justement Thierry Christen, président de l’association de pêche la Gaule, boire et manger sont des besoins de base, « le jour où on ne pourra plus boire, cela sera trop tard, il faut réfléchir avant.. »

Isabelle Brunnarius

18 Fév

L’Apron du Rhône, vedette d’un documentaire

Tournage du documentaire "APRON, l'incroyable aventure d'un poisson sentinelle"

Tournage du documentaire « APRON, l’incroyable aventure d’un poisson sentinelle »

C’est un régal… Ces 26 minutes se dévorent d’une traite ! Le documentaire « APRON, l’incroyable aventure d’un poisson sentinelle » va être diffusé en avant-première le lundi 23 février à l’aquarium de Lyon (entrée libre mais il faut réserver). Ensuite, un DVD de ce film sera disponible gratuitement, il suffira de le demander au conservatoire d’espaces naturels Rhône Alpes. Une projection est prévue à la citadelle de Besançon le 1 er avril 2015 et ce n’est pas un poisson !

L’objectif est de faire découvrir la vie de ce petit poisson « aussi rare que menacé » et c’est totalement réussi. Le film est réalisé par Jean-Yves Collet et Sylvain Garassus et coproduit par le Conservatoire d’espaces naturels Rhône-Alpes et les Films du Tambour de soie. Il nous immerge dans l’univers de ce poisson, c’est un peu comme nous étions à sa place. L’apron est qualifié de « sentinelle » car sa présence est gage d’un bon fonctionnement de l’écosystème et donc de la présence d’autres espèces de poissons.

 

 On l’appelle l’apron du Rhône car cette espèce ne se rencontre nulle part ailleurs sur la planète, elle ne vit que dans le bassin du Rhône; en Franche-Comté, l’apron est présent dans la Loue et le Doubs franc-suisse. L’apron est une espèce classée d’intérêt communautaire, sa disparition constituerait une perte pour la biodiversité. C’est pourquoi une plainte a été déposée auprès du comité permanent du Conseil de l’Europe chargé de veiller à l’application de la convention de Berne (protection des espèces menacées) dès 2011 par les associations Pro Natura, WWF, la fédération suisse de pêche, côté Suisse, puis par la FNE et SOS Loue et rivières comtoises, côté France. Cet aspect n’est pas abordée par le documentaire. 

Le film relate une expérience qui n’avait jamais encore été tentée : la reproduction d’ aprons en captivité. Les images ont été tournées à la Citadelle de Besançon et c’est réellement impressionnant de voir la petite larve de 8 millimètres grandir sous nos yeux. Et comme c’est une histoire qui finit bien, les jeunes aprons nés en captivité sont lâchés dans leur milieu naturel en Ardèche, non loin de l’endroit où l’un de leurs géniteurs avait été prélevé quelques mois plus tôt.

Voici des images tournées par le spécialiste de la Citadelle de Besançon Mickaël Béjean, il a participé au tournage du documentaire et il participera au débat organisé à l’issue de la projection de Lyon. L’occasion aussi de détailler le plan national d’actions en faveur de l’apron du Rhône.

 

 

Un petit rappel pour terminer. Au début du XXe siècle, l’Apron était présent sur 2200 kilomètres de rivières maintenant il n’est repéré que sur … 250 kilomètres. La multiplication des barrages, la qualité et la quantité d’eau et nos pratiques sur les rivières sont à l’origine de la disparition de l’Apron surnommé autrefois le « roi du Doubs ».

Isabelle Brunnarius
isabelle.brunnarius@francetv.fr

En savoir plus : www.aprondurhone.fr

Contact pour le DVD : crenra.secretariat@espaces-naturels.fr / 04 72 31 84 50

 

VOS COMMENTAIRES : 

La précision de Jean-Pierre Hérold :

Concernant l’apron, une liste rouge des espèces menacées a été validée par le Conseil scientifique régional du patrimoine naturel le 11/12/14  qui place l’apron en situation  » en danger critique »  selon les critères de l’UICN  ( Union internationale pour la conservation de la nature )

 

 Le commentaire de Jean-François Bonvallot :

Je crois que je l’ai déjà dit et écrit mais l’Apron est présent aussi dans l’Ognon et ses affluents : Lanterne et Semouse. Soit en haute -Saône et non uniquement chez les doubistes. Et j’en suis sûr car il mord à l’hameçon quand l’eau amorce une crue.
J’ai aussi dit que le mot « roi du Doubs » venait de l’ancien français ROIDE (comme Pont de Roide) qui est devenu « raide » , « droit », sans aucune conotation d’hégémonie ni d’autorité monarchique. Mis il se raidit quand on le sort de l’eau.
C’est une prouesse technique d’avoir réussi à faire reproduire ce poisson sans intérêt halieutique dans un laboratoire : bravo !.
Je crains toutefois que la remise à l’eau des alevins dans un milieu contaminé ne leur laisse qu’une faible espérance de vie. Il faut commencer par bâtir une maison qui soit habitable avant d’y introduire des habitants….

 

11 Juil

C’est nouveau : l’arrêté sur la navigation sur la Loue sera prolongé jusqu’à Rennes sur Loue

De Quingey à Rennes sur Loue

De Quingey à Rennes sur Loue

A partir du 1 er septembre, l’arrêté préfectoral de navigation sur la Loue sera étendu à l’ensemble du territoire du Doubs alors que le précédent arrêté de 2010 ne s’appliquait que jusqu’à Quingey. Pour Aurélien Bruet, responsable de la base Woka loisirs à Quingey, cet arrêté aura un effet sur son activité uniquement lorsque le Loue sera très basse. « Même ces derniers temps, lorsqu’il faisait très chaud, la Loue n’a jamais été en dessous des 5 m3 défini par l’arrêté ».

Si la Loue est vraiment très basse ( débit inférieur de moins de 5 m3/s), la pratique du canoe-kayak n’est autorisée que sur 4 secteurs bien délimités pour protéger le milieu. Pour la basse Loue, cette zone sera de 6 kilomètres entre Quingey et le pont de Brères.

Autre nouveauté de l’arrêté qui ne s’appliquera que le 1 er septembre, les limites de débit passent de moins de 4m3 à 5m3.

Ces nouveautés renforcent et étendent la protection du milieu. A noter que dans le secteur de Quingey, des Aprons ont été repérés. Ces petits poissons sont ainsi mieux protégés .

Petit rappel : le canoe-kayak est autorisé de 10 à 18 heures afin de partager la rivière avec les pêcheurs. Voici tous les détails de l’arrêté de juin 2014.

 

 

07 Jan

Une association pour défendre le barrage de Rennes-sur-Loue

Le barrage de Rennes sur Loue

Le barrage de Rennes sur Loue

C’est un dilemme. Comment préserver le patrimoine tout en restituant la continuité écologique des rivières ? L’exemple de Rennes-sur-Loue est éloquent à cet égard. A la fin de l’année 2013, l’association ADELOUE vient de se créer à Rennes sur Loue pour défendre son patrimoine et en particulier son barrage. Une retenue d’eau qui fait la fierté des habitants mais pas les affaires des poissons…

La loi sur l’eau, votée en 2006  découle directement de la directive cadre européenne sur l’eau. Elle impose le bon état des eaux pour 2015. C’est pourquoi la restauration  du fonctionnement naturel des cours d’eau est une priorité de l’Agence de l’eau. Actuellement, deux tiers des cours d’eau du bassin Rhône-Méditerranée n’atteignent pas le bon état écologique du fait des aménagements réalisés. C’est le cas de la Loue. Une cinquantaine de barrages ont été recensés entre sa source et Rennes sur Loue. Continuer la lecture

05 Déc

Protection de l’Apron : « on passe de l’intention à l’action »

La Convention de Berne vient de présenter ses recommandations pour sauver l’Apron. En juillet dernier, l’expert belge Jean-Claude Philippart nommé par la Convention de Berne, était venu sur place pour écouter tous les intervenants de ce dossier. Il était chargé d’évaluer le contexte de la plainte contre les Etats suisse et français, déposée dès 2011 par les associations Pro Natura, WWF, la fédération suisse de pêche, côté Suisse, puis par la FNE et SOS Loue et rivières comtoises, côté France, au sujet de L’Apron.

Ce poisson surnommé le Roi du Doubs est en voie de disparition. Les associations environnementales veulent que les deux pays prennent les mesures nécessaires pour sauver l’Apron.

L'Apron du Rhône photographiée par Marianne Georget

L’Apron du Rhône photographiée par Marianne Georget

Hier, la Convention de Berne qui relève du Conseil de l’Europe, les a suivies en formulant une série de recommandations que vous trouverez prochainement sur ce blog. Il s’agit de mettre en oeuvre des mesures nécessaires à rétablir l’habitat et la population d’aprons d’ici 2016 avec obligation pour la France et la Suisse de présenter chaque année leurs actions entreprises.

« Le niveau à atteindre doit être favorable au maintien de l’espèce » précise dans leur communiqué les associations environnementales suisses. Ils recommandent pour cela les mesures suivantes :
-La circulation des poissons doit être améliorée dans la rivière
-Les anciens seuils doivent être enlevés lorsque cela est possible
-Les nuisances de l’exploitation par éclusées pratiquée par les usines électriques dans la partie supérieure du cours de la rivière doivent être supprimées
-Les stations d’épuration installées le long de la rivière doivent rapidement être modernisées
-L’exploitation agricole pratiquée dans le bassin versant doit réduire la quantité d’engrais chargeant les eaux

D’ici à la prochaine séance de la Convention de Berne en 2014, la Suisse devra fournir un plan d’action détaillé des mesures prises pour sauver le Roi du Doubs, y compris
une planification serrée. » A long terme, l’objectif des associations qui avaient porté plainte, est d’obtenir un meilleur statut de protection pour le Doubs.

Continuer la lecture

17 Août

L’expert de la convention de Berne au chevet de l’Apron

La visite devait être discrète, c’est une règle de travail… Elle l’a été. Aucun journaliste n’ a pu suivre les réunions et visites organisées en juillet dernier pour l’expert belge Jean-Claude Philippart nommé par la Convention de Berne. Il est chargé d’évaluer le contexte de la plainte contre les Etats suisse et français déposée, dès 2011 par les associations Pro Natura, WWF, la fédération suisse de pêche, côté Suisse, puis par la FNE et SOS Loue et rivières comtoises, côté France, au sujet de L’Apron. Ce poisson surnommé le Roi du Doubs est en voie de disparition. Les associations environnementales veulent que les deux pays prennent les mesures nécessaires pour sauver l’Apron. Un plan Apron a beau avoir été mis en place cela ne semble pas suffire.

Continuer la lecture

27 Juin

Un ascenseur pour les poissons sur le Doubs franco-suisse !

L'ascenseur à poissons du barrage de Grosbois ( image EDF)

Ce n’est pas un poisson d’avril hors saison ! Les truites et les ombres du Doubs vont pouvoir prendre l’ascenseur pour remonter le Doubs franco-suisse. Par contre, pour le descendre, ils devront se débrouiller comme avant pour franchir l’imposant barrage de Grosbois avec ses 10 mètres de hauteur de chute.

Cette passe à poissons de luxe a été inaugurée aujourd’hui, près de saint Hippolyte, par EDF (l’exploitant de la centrale de Liebvillers) et l’Agence de l’eau ( le cofinanceur). La solution de l’ascenseur a été retenue car il n’y avait pas d’autres choix en raison du fort dénivelé.

Continuer la lecture

19 Fév

Le plan national d’action pour l’Apron examiné ce 20 février à Quingey

Tous les spécialistes de l’Apron devraient se retrouver ce mercredi à Quingey pour faire le point sur les actions entreprises pour sauver le Roi du Doubs, un petit poisson présent seulement dans le bassin du Rhône ( en Franche-Comté dans le Doubs et la Loue). Le plan national a été présenté voilà maintenant plus d’un an, maintenant il s’agit de faire le point sur les premières actions entreprises.

Ce plan doit permettre de mieux connaître l’Apron et ainsi de tenter de le sauver. Ce poisson protégé par la convention de Berne est en voie de disparition. Au cours de cette réunion, Marianne Georget, du conservatoire d’espaces naturels Rhône Alpes, fera le point sur la plainte déposée par plusieurs associations dont SOS Loue et rivières comtoises et Pronatura. Le conseil de l’Europe lui a précisé qu’un expert avait été sollicité pour venir enquêter en France et en Suisse fin mai. Il a fallu trouver un spécialiste qui ne soit ni Français ni Suisse…

Au cours de cette réunion, il sera par exemple question de l’étude génétique menée par l’Onema et la fédération de pêche du Doubs sur 45 kilomètres de la Loue entre Chenecey et Arc-et-Senans. Des prélèvements ont été effectués délicatement sur les nageoires des Aprons pour mieux connaître les populations. Ce qui est particulièrement intéressant est d’évaluer l’impact de la dizaine de barrages existants sur cette partie de la Loue. Ces obstacles empêchent le brassage génétique et par conséquent la survie de l’espèce. Dans les différentes actions pour la Loue, il est justement prévu de supprimer  une partie de ces ouvrages. Cette étude devrait aussi permettre de voir si la passe à poissons de Quingey remplit son rôle. Nous vous présentions cette réalisation dans l’un des tout premiers articles du blog de la Loue, c’était en novembre 2010 !

Isabelle Brunnarius

27 Jan

L’apron, côté France

Voici une précision que j’aurais du mentionner dans mon article récent sur l’Apron et le risque de sa disparition sur la boucle suisse du Doubs. Côté France, le collectif SOS Loue et rivières comtoises s’est associé en décembre dernier à la plainte des associations suisses.

Dans son communiqué, le collectif revient sur l’importance de la convention de Berne: elle est placée sous le contrôle du Conseil de l’Europe et c’est un des principaux outils de l’Europe en matière de protection de la flore et de la faune sauvages et de leurs habitats. Et si l’association précise que la France et la Suisse sont placées sous surveillance du Conseil de l’Europe , c’est parce qu’un expert va venir sur place pour voir si réellement les états suisses et français prennent des mesures pour protéger l’Apron, un petit poisson symbole de la richesse biologique des deux rivières.

Mais, (il y a toujours un mais..), la qualité de l’eau de la Loue et du Doubs est loin d’assurer un bon environnement pour l’Apron. Dans son communiqué, le collectif  affirme que « la Loue comme le Doubs franco-suisse subissent au contraire une dégradation catastrophique de leur état écologique, et actuellement on en est qu’aux déclarations d’intention. Aucune mesure concrète n’a encore été prise alors que les mortalités massives ont débuté en 2010 et que les signes annonciateurs étaient patents depuis dix à quinze ans ».

Nous attendons donc avec beaucoup d’intérêt la venue de l’expert du conseil de l’Europe…

Isabelle Brunnarius