30 Nov

L’arbre à vent va-t-il envahir nos villes?

Jérôme Michaud-Larivière et une "feuille" de l'Arbre à vent

Jérôme Michaud-Larivière et une « feuille » de l’Arbre à vent

Son prototype est planté au côté du radôme de Plomeur-Bodou. L’arbre à vent, conçu par Jérôme Michaud-Larivière et la start-up Newind, veut s’imposer comme une solution d’exploitation du « petit éolien » en ville. Son design reprend la forme d’un arbre, et ses feuilles sont autant de micro-éoliennes. Le tout est destiné à créer de l’électricité au plus près du consommateur, avec une intégration habile dans le paysage.

Ce dispositif, qui a intégré la Cité des Télécoms en avril dernier, n’a pas encore été testé par un laboratoire indépendant. Mais son concepteur l’estime  rentable à partir de vents soufflant à 3,5 mètres/seconde en moyenne sur un an. De quoi pouvoir exploiter les courants d’airs, difficiles à capter, qui circulent dans nos villes. « En se rapprochant de l’usager, on n’a pas de perte en ligne« , a expliqué à l’AFP Jérôme Michaud-Larivière. « Combiné à d’autres moyens de production d’énergie comme le photovoltaïque, la géothermie, à une bonne isolation des bâtiments et une consommation « responsable » des usagers, « la solution est pertinente« , assure-t-il.

Et de rêver occuper les quais de Seine, les toits des immeubles ou, pour un particulier, s’équiper d’une feuille ou deux pour garnir son balcon. L' »arbre » complet coûte lui 29 500 euros.

Une solution qui laisse sceptique l’Ademe, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, pour laquelle le potentiel du petit éolien en ville reste « assez faible« .

Un prototype sera toutefois installé sur la place de la Concorde en 2015. Et Jérôme Michaud-Larivière veut aller plus loin. Il projette la conception d’un « arbre idéal », doté d’un tronc en bois et de feuilles en fibres naturelles. « Avec ses feuilles, il récupérerait l’énergie du vent, avec ses racines l’énergie géothermique et avec son écorce » – couverte de cellules de Grätzel photosensibles – « l’énergie des photons » de la lumière.

 

29 Nov

Nantes, ville la plus smart de l’Ouest?

©PHOTOPQR/OUEST FRANCE ; image aérienne de La Loire Atlantique vue du ciel  Nantes -Tour Bretagne  ©Franck Dubray

©PHOTOPQR/OUEST FRANCE ; image aérienne de La Loire Atlantique vue du cielNantes -Tour Bretagne©Franck Dubray

La fusion des régions n’ayant jamais été d’actualité, le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne presque enterré, la métropolisation  va désormais être l’échelle de la concurrence de la coopération entre nos territoires. Nantes et Rennes ont toutes deux été récemment labellisées French Tech. Brest devra l’être lors de la prochaine fournée faute de quoi l’innovation finistérienne, stratégique sur les énergies marines, risquerait le décrochage. Trois métropoles, et l’une d’elles, Nantes, classée troisième Smart-City française derrière Lyon, très volontaire en la matière, et Lille, par le cabinet M2Ocity. 200 projets ont été passés au peigne fin, pour en retenir 50 qui sont autant de « source d’inspiration pour imaginer la ville de demain« . Celui de la restructuration de l’Île de Nantes, « formidable terrain de jeu » pour l’innovation, fait partie du trio de tête, avec ses éco-quartiers, son coffre-fort électronique pour préserver les documents d’identités des SDF, les données ouvertes et les applis développées par des start-up nantaises, et une politique de modes et d’outils collaboratifs. L’hebdomadaire La Tribune est allé un peu plus loin en interrogeant Johanna Rolland, maire de Nantes et Présidente de Nantes-Metropole qui en a fait l’enjeu de son mandat. « Pour moi, c’est la mise en oeuvre de nouveaux modèles urbains pour faciliter la vie des habitants, et où l’interconnexion sert le lien social », peut-on lire dans La Tribune. Voilà donc la capitale des Ducs de Bretagne en pôle position dans l’Ouest, ce qui ne doit pas faire oublier les efforts de Brest dans le domaine de l’économie contributive, à l’initiative de Michel Briand. Ou de Rennes et son projet open-source LoRa Fabian, dont j’aurai l’occasion de parler sous peu. A suivre, donc

26 Nov

Trois (non, quatre ) manières de partager sa voiture en Bretagne

Koolicar : la petite carte qui facilite les échanges entre pariculiers

Koolicar : la petite carte qui facilite les échanges entre particuliers

Il s’appelle Koolicar, et après Bordeaux, Cannes, Niort, Vincennes ou Versailles, ce service d’auto-partage inédit débarque à Lorient. Avec Koolicar, les particuliers mettent à la location leur véhicule, mais un boîtier appelée la « koolbox » dispense les loueurs de se rencontrer. Ce projet, qui fût expérimenté sous l’égide de l’Ademe à Bègles, dispense les arguments habituels pour l’auto-partage: la voiture est trop chère pour un français sur 5, le budget annuel avoisine les 5000 euros, et après tout, ai-je bien besoin d’un véhicule pour des déplacements essentiellement urbains?

Le point de différentiation, selon Koolicar, c’est qu’avec la carte magnétique dont sont équipés les abonnés, plus d’échanges de clés, et pas de contraintes pour un état des lieux ou un rendez-vous. l’emplacement exact de la voiture est indiqué par sms, et à la restitution, les nombre de kilomètres et les heures comptées également.

C’est donc une troisième manière de partager sa voiture, ou de s’en passer. Des services qui selon une journaliste de Rue89 qui a testé Koolicar, Citiz et Drivy, sont complémentaires, et qui existent également en Bretagne.

City Roul

Le boîtier de Koolicar à Lorient est identique, en tout cas dans ses fonctions, à celui de City Roul à Rennes. L’entreprise, gérée aujourd’hui par une SEM de Rennes Metropole, Citédia, propose depuis 2008 des véhicules en libre-service. Les seize emplacements dans la ville sont fixes, et l’on redépose le véhicule là où on l’a pris. Avec Koolicar, qui sinon fonctionne exactement de la même manière (y compris sur les tarifs), les emplacements des véhicules seront peut-être plus variés. J’ai été personnellement abonné deux ans (2011-2013), sans autre véhicule, et la disponibilité d’un véhicule relativement près de chez soi était problématique le week-end et le mercredi.

Drivy, ouicar, buzzcar et les autres

L’argument de l’auto-partage n’est pas passé à côté des web-entrepreneurs, dont les services sont légions sur la toile. Tous proposent la palette classique de l’intermédiation. Ils mettent en relation les particuliers, et fournissent contrat et assurance pour la location. Olivier Razemon, spécialiste transport au Monde, en a testé un. Et est arrivé in fine à son mariage au fond des bois. A Rennes, le moteur de recherche de Ouicar propose une cinquantaine d’annonce, une trentaine à Lorient. Pas besoin d’abonnement dans ses services, mais une relation de confiance doit s’installer avec le loueur.

Et bien sûr le covoiturage

Pour faire régulièrement Rennes-Paris, ou Rennes-Albertville (et oui), j’ai le sentiment que le co-voiturage est en train de s’imposer comme la solution d’auto-partage numéro 1 en France. En tout cas pour les trajets points à point. On trouve des covoit’ avec des étudiants ou de jeunes actifs, mais pas que. Les 40-55 ans, qui ne lâcheront pas leur sacrée voiture comme ça, se plaisent à agrémenter leur trajet (« sur les conseils de mon fils« ) tout en allégeant leur porte-monnaie.

 

 

24 Nov

Soyons Smart: toute une promesse

Steven Depolo via Flickr

Steven Depolo via Flickr

Smart, en anglais, veut dire « intelligent ». Les objets connectés « plus communicants qu’intelligents » a-t-on pu entendre récemment dans Softpower sont l’un des fer de lance de cette transformation de nos usages, notre économie, notre manière de produire, consommer, échanger. Aussi notre consommation d’énergie deviendra économe grâce aux smart grids, dans des villes elles-mêmes élevées au rang d’une smart-city, berceau d’entreprises innovantes, dynamiques, à taille humaine.

Cette intelligence ne peut se limiter à la sphère technologique, même si clouds, grids et web 2.0 web-cube nous aident beaucoup. D’où l’idée de ce blog. Soyons smart, comme un défi collectif à relever. Soyons suffisement smarts pour ne laisser personne sur le bord du chemin.

L’homme, ou disons les usages, sont pour une fois au centre de cette transition. Il doit adopter la domotique, faire bon usage, c’est le cas de le dire, des compteurs dits « intelligents » qu’ERDF -ou un concurrent- va lui installer au prix fort.

La transition énergétique, des transports fluides et économes, notre vie connectée met l’homme au coeur de l’action. Cette économie du « co » en est l’expression. L’auto-partage, la co-décision, la co-construction induisent des rapports sociaux différents.

La vraie révolution est peut-être là, mettant la révolution industrielle – qui a mis les hommes en compétition – dans notre rétroviseur. Smart, utilisé souvent dans notre français des Trente Glorieuses, est synonyme de « sympa », de « poli », de « sociable ». « J’suis smart » pourrions-nous chanter sur un air de Boris Vian.

C’est pour que les gens qui nous entourent ne soient pas dépossédés de cette promesse que ce blog existe. Pour être un -modeste- trait d’union entre cette transformation technologique, économique mais aussi sociale, et nos lecteurs.

Mais qui suis-je, pour vous dire tout ça ?

Ce blog est tenu par Stéphane Grammont, alias @stefsg sur Twitter, responsable des éditions numériques à France3 Bretagne. Depuis 2001, j’ai suivi l’actualité portant sur l’innovation, l’enseignement supérieur, les TIC, pour le JT, tout en développant l’activité numérique en parallèle.

A titre personnel, je suis vice-président de l’association rennaise BUG, agissant sur la transformation sociale via les questions numérique, co-fondatrice de la Cantine Numérique, du Fab Lab de Rennes et acteur de la French Tech Rennes.

 

 

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