12 Mar

PARIS 2119

de Zep et Dominique Bertail

« Aujourd’hui plus personne ne se déplace en métro…

… Depuis cette saloperie de Transcore. »

Ambiance rétrofuturiste pour ce dernier opus signé Zep et Bertail. Drones et hologrammes ont envahi l’espace public. Entre quartiers périphériques, où la pluie tombe sans arrêt, comme en écho au Blade Runner de Ridley Scott, et, un Paris transformé en musée et baigné dans une lumière artificielle, la plupart des gens se déplacent désormais en Transcore, du nom de la marque des cabines de téléportation qu’on trouve à chaque coin de rue.

Tristan Keys, jeune homme en marge de ses contemporains, rejette cette technologie. Il fait partie des rares individus qui continuent à prendre le métro, et à se déplacer en marchant. Une série d’évènements inquiétants va éveiller la curiosité de Tristan. Et si la téléportation pour tous n’était pas le progrès annoncé ?

Le scénario réglé au millimètre nous entraine dans l’enquête menée par Tristan. Si la multitude de détails constituent un univers très cohérent, c’est aussi parce qu’on y retrouve des éléments de notre présent. Ainsi l’architecture du XIXème et du XXème est customisée à la mode du XXIIème. Et on n’a aucun mal à se projeter dans ce futur, même si au final, Zep et Bertail en dressent un portrait peu enviable.

L’intrigue amoureuse est aussi partie prenante du récit, Kloé, la compagne de Tristan, étant une adepte des voyages par téléportation.

Le scénario est solidement bâti et le dessin d’une grande élégance n’est pas sans rappeler dans le traitement de la couleur l’œuvre du grand Bilal. Les auteurs nous entrainent ainsi dans une histoire où le cynisme et l’appât du gain sont poussés à leur paroxysme. La fin de l’ouvrage, aussi belle que surprenante, est une réponse pleine de grâce à la déshumanisation ambiante.

M. KRIM

Fiche technique

Scénario : Zep

Dessin : Dominique Bertail

Couleurs : Dominique Bertail et Gaétan Georges

80 pages / Edition Rue de Sèvres