05 Déc

Le Mabilais à Rennes: un immeuble symbolique pour abriter la French Tech

L'immeuble Le Mabilais

L’immeuble Le Mabilais -SG

La secrétaire d’Etat au Numérique, Axelle Lemaire, est venue à Rennes pour « inaugurer », en quelques sorte, la French Tech Rennes, qui s’installe dans un immeuble symbolique de l’économie métropolitaine. L’immeuble La Mabilais, qu’à visité la secrétaire d’Etat, abritait dans les années 70 le centre des télécommunications de France Telecom.

300 personnes ont donc accueilli Axelle Lemaire dans cet immeuble à l’allure toujours contemporaine, puisque le dispositif French Tech prévoit l’existence d’une vitrine « physique », d’un lieu emblématique, pour ce label destiné à promouvoir la vitalité de nos territoires à l’international.

Les projets présentés à la Secrétaire d’Etat (la ville de Rennes en 3D, la start-up Cocourse, la petite séance de soudure de badges clignotants offert par le Fab Lab, toute cette visite au pas de course a été largement live-twitté.

Il est intéressant, donc, de noter est la symbolique du lieu choisi par Rennes Metropole pour abriter cette vitrine de 1000m2 qui accueillera un espace de co-working, une pépinière un fab lab, et le bureau du futur « Mr French Tech Rennes » qui sera bientôt recruté.

La Mabilais en 3D via @Mediaveille

L’immeuble de la « Mabilais » est donc cet immeuble-phare, planté au bout des quais de la Vilaine, et orné d’une soucoupe, dessiné par l’architecte Louis Arretche.

Le promoteur Legendre a investit 40 millions d’euros pour sa réhabilitation, et la soucoupe est désormais prolongée d’un « phare » clignotant destiné à être un éventuel repère pour un routard galactique égaré dans les parages.

La première société à réinvestir les lieux est un des fleurons rennais de la nouvelle économie, l’entreprise OuestJob.

Ainsi, la French Tech Rennes rejoindra ce pionnier de la recherche d’emplois sur internet, créé il y a 15 ans dans des locaux qui abrita l’un des piliers de l’économie rennaise (non, je ne mentionnerai pas le minitel). D’une économie du réseau, la Mabilais deviendra le symbole d’une économie en réseau.

04 Déc

Le MOOC sur la fabrication numérique, c’est reparti

Voici la saison 2 d’un MOOC inédit en France. Le LabFab de Rennes et Telecom Bretagne se sont associés pour proposer un MOOC sur la fabrication numérique. Un projet qui remonte à l’été 2013 et qui a réuni, quelques mois plus tard, 12 000 apprenants sur 5 continents.

On y voyait les bases de la manipulation et de la programmation de cartes Arduino, quelques notions d’électricité, de découpe laser, de modélisation 2D/3D, les premiers pas vers l’impression 3D, bref, tout ce qui fait de vous un « maker » en puissance.

Mais pour faire quoi?

Et bien équiper ses jardinières d’un capteur d’humidité qui arrosera vos plantes juste quand elles en ont besoin, se fabriquer ses protège-coins soi-même, ou un oreiller lumineux pour se réveiller en douceur. 

Ou plus ambitieux: faire autrement qu’acheter à prix d’or des prises électriques dites intelligentes et installer chez soi l’environnement OpenenergyMonitor, développé en Open-source par Baptiste Gauthier, enseignant à Telecom Bretagne et à l’origine du MOOC.

J’avoue, j’ai lâché au bout de quelques semaines. Non pas tant par désintérêt, mais par manque de temps. Et aussi parce que je n’avais sans doute pas assez pratiqué, en amont, un peu de prototypage simple comme on en fait lors d’ateliers dans les fabs labs, et que je n’étais pas assez familiers avec des simulateurs de cartes Arduino. Bref, je l’ai pas fait, et c’est bien dommage, parce que cela peut être très ludique.

Dans cette deuxième saison, animée par Fabrice Gauthier, Glenn Smith, Laurent Mattlé et Simon Laudrault, l’apport d’une session live une fois toutes les deux semaines ne peut qu’aider à ne pas décrocher. Autre conseil: n’hésitez pas à suivre ce MOOC en passant de temps en temps un tête dans un lab fab (il y en a de plus en plus, les Espaces Publics Numériques tendant à évoluer en ces fabriques ouvertes et collaboratives). Non seulement pour des questions de matériel, même si un « starter kit » Arduino (une centaine d’euros) vous permettra déjà de bien vous amuser, mais aussi pour vous faire aider. Des notions de codes (C, Python, Java) sont recommandées, mais seulement recommandées.

Allez, lancez-vous !

02 Déc

Hydrolien: les petits cours d’eaux feront-ils de grandes rivières ?

Une petite hydrolienne pour des cours d'eaux de plus de 70cm de profondeur

Une petite hydrolienne pour des cours d’eaux de plus de 70cm de profondeur

C’est le pari de la Région Poitou-Charentes, qui a décidé en septembre de subventionner l’achat d’une hydrolienne destinée aux particuliers, comme le soulignent mes confrères de France 3 Poitou-Charentes. C’est celle de l’entreprise rochelaise Eco.Cinetic, qui a développé et commercialisé les « pico-hydroliennes », de petites hydroliennes destinées aux zones fluviales, aux estuaires et autres cours d’eau mineurs. 

Une subvention allant jusqu’à 7 500 euros pour les quarante premières acquisitions, qui se feront tout de même de 10 à 25 000 euros selon les modèles. Cela vaut pour les particuliers comme pour les collectivités. 

Comme l’Arbre à vent, ces « pico-hydroliennes » sont destinées à exploiter de petits « gisements ». Elles ont utilisable dans tous les cours d’eau disposant d’au moins 70 cm de profondeur d’eau et dont la vitesse moyenne du courant est supérieure a 0,5 m/s. La puissance varie, en fonction du modèle (mono ou bi-turbine) ou des courants, de 100 W à 20 kW, pour un prix de revient du MWh produit situé entre 40 et 150 euros.

Par assemblage, ces « pico-hydroliennes » peuvent générer de plus grandes puissances. Ce sera le cas en avril, où l’entreprise va installer un système au Congo-Brazzaville pour électrifier un village isolé.

Les avancées, qui laissent parfois sceptiques, du petit éolien comme du micro-éolien, vont de pair avec la question du stockage de l’électricité produite. D’où l’intérêt porté à la technologie de l’entreprise Rennaise Ionwatt, issue de l’Université de Rennes 1, qui a conçu et commercialise une nouvelle génération de batteries pour stocker l’électricité. Ionwatt vient en effet de lever 800 000 euros auprès de Ouest-Valorisation pour assurer son développement.

 

 

01 Déc

Ionwatt: la batterie next-génération made in Rennes

François Huber , directeur du développement, Didier Floner, maître de conférences à l’Université de Rennes 1 et inventeur de la technologie, et Florence Geneste, chargée de recherche au CNRS. © Ionwatt

François Huber , directeur du développement, Didier Floner, maître de conférences à l’Université de Rennes 1 et inventeur de la technologie, et Florence Geneste, chargée de recherche au CNRS. © Ionwatt

C’est le fruit de la recherche publique de l’Université de rennes 1: une batterie nouvelle génération qui permet de stocker de l’électricité provenant de l’éolien durant 10 heures, et sans danger. L’équipe de Matière condensée et systèmes électroactifs (Université de Rennes 1/CNRS) de l’Institut des sciences chimiques de Rennes a déposé 4 brevets et développe un savoir-faire confidentiel pour une batterie à électrolyses hautes-performences.

 

L’enjeu: stocker l’énergie éolienne et mettre en oeuvre une gestion intelligente de la ressource en électricité (smart-grid). Un exemple et tout s’éclaire, c’est le cas de la dire. Mon éolienne horizontale, exemple un Arbre à vent, bien intégrée dans son écrin de verdure, a fonctionné toute l’après-midi. Mais c’est cette nuit que j’aurai besoin de chauffer mon chalet. Il me faut une batterie.

Il existe déjà des batteries à électrolytes, mais celle d’Ionwatt présente « des rendements nettement améliorés« , et « utilise des électrolytes qui existent en ressources quasi-illimitées et donc moins sensibles aux fluctuations du marché des matières premières, contrairement aux électrolytes d’origine minière actuellement utilisés » précise un communiqué de Rennes Atalantes.

Ionwatt est soutenu par la satt (Société d’accélération du transfert de technologie) Ouest Valorisation, qui a injecté 800 000 euros pour son développement. Sept emploi sont prévus d’ici l’été prochain.

30 Nov

L’arbre à vent va-t-il envahir nos villes?

Jérôme Michaud-Larivière et une "feuille" de l'Arbre à vent

Jérôme Michaud-Larivière et une « feuille » de l’Arbre à vent

Son prototype est planté au côté du radôme de Plomeur-Bodou. L’arbre à vent, conçu par Jérôme Michaud-Larivière et la start-up Newind, veut s’imposer comme une solution d’exploitation du « petit éolien » en ville. Son design reprend la forme d’un arbre, et ses feuilles sont autant de micro-éoliennes. Le tout est destiné à créer de l’électricité au plus près du consommateur, avec une intégration habile dans le paysage.

Ce dispositif, qui a intégré la Cité des Télécoms en avril dernier, n’a pas encore été testé par un laboratoire indépendant. Mais son concepteur l’estime  rentable à partir de vents soufflant à 3,5 mètres/seconde en moyenne sur un an. De quoi pouvoir exploiter les courants d’airs, difficiles à capter, qui circulent dans nos villes. « En se rapprochant de l’usager, on n’a pas de perte en ligne« , a expliqué à l’AFP Jérôme Michaud-Larivière. « Combiné à d’autres moyens de production d’énergie comme le photovoltaïque, la géothermie, à une bonne isolation des bâtiments et une consommation « responsable » des usagers, « la solution est pertinente« , assure-t-il.

Et de rêver occuper les quais de Seine, les toits des immeubles ou, pour un particulier, s’équiper d’une feuille ou deux pour garnir son balcon. L' »arbre » complet coûte lui 29 500 euros.

Une solution qui laisse sceptique l’Ademe, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, pour laquelle le potentiel du petit éolien en ville reste « assez faible« .

Un prototype sera toutefois installé sur la place de la Concorde en 2015. Et Jérôme Michaud-Larivière veut aller plus loin. Il projette la conception d’un « arbre idéal », doté d’un tronc en bois et de feuilles en fibres naturelles. « Avec ses feuilles, il récupérerait l’énergie du vent, avec ses racines l’énergie géothermique et avec son écorce » – couverte de cellules de Grätzel photosensibles – « l’énergie des photons » de la lumière.

 

29 Nov

Nantes, ville la plus smart de l’Ouest?

©PHOTOPQR/OUEST FRANCE ; image aérienne de La Loire Atlantique vue du ciel  Nantes -Tour Bretagne  ©Franck Dubray

©PHOTOPQR/OUEST FRANCE ; image aérienne de La Loire Atlantique vue du cielNantes -Tour Bretagne©Franck Dubray

La fusion des régions n’ayant jamais été d’actualité, le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne presque enterré, la métropolisation  va désormais être l’échelle de la concurrence de la coopération entre nos territoires. Nantes et Rennes ont toutes deux été récemment labellisées French Tech. Brest devra l’être lors de la prochaine fournée faute de quoi l’innovation finistérienne, stratégique sur les énergies marines, risquerait le décrochage. Trois métropoles, et l’une d’elles, Nantes, classée troisième Smart-City française derrière Lyon, très volontaire en la matière, et Lille, par le cabinet M2Ocity. 200 projets ont été passés au peigne fin, pour en retenir 50 qui sont autant de « source d’inspiration pour imaginer la ville de demain« . Celui de la restructuration de l’Île de Nantes, « formidable terrain de jeu » pour l’innovation, fait partie du trio de tête, avec ses éco-quartiers, son coffre-fort électronique pour préserver les documents d’identités des SDF, les données ouvertes et les applis développées par des start-up nantaises, et une politique de modes et d’outils collaboratifs. L’hebdomadaire La Tribune est allé un peu plus loin en interrogeant Johanna Rolland, maire de Nantes et Présidente de Nantes-Metropole qui en a fait l’enjeu de son mandat. « Pour moi, c’est la mise en oeuvre de nouveaux modèles urbains pour faciliter la vie des habitants, et où l’interconnexion sert le lien social », peut-on lire dans La Tribune. Voilà donc la capitale des Ducs de Bretagne en pôle position dans l’Ouest, ce qui ne doit pas faire oublier les efforts de Brest dans le domaine de l’économie contributive, à l’initiative de Michel Briand. Ou de Rennes et son projet open-source LoRa Fabian, dont j’aurai l’occasion de parler sous peu. A suivre, donc

26 Nov

Trois (non, quatre ) manières de partager sa voiture en Bretagne

Koolicar : la petite carte qui facilite les échanges entre pariculiers

Koolicar : la petite carte qui facilite les échanges entre particuliers

Il s’appelle Koolicar, et après Bordeaux, Cannes, Niort, Vincennes ou Versailles, ce service d’auto-partage inédit débarque à Lorient. Avec Koolicar, les particuliers mettent à la location leur véhicule, mais un boîtier appelée la « koolbox » dispense les loueurs de se rencontrer. Ce projet, qui fût expérimenté sous l’égide de l’Ademe à Bègles, dispense les arguments habituels pour l’auto-partage: la voiture est trop chère pour un français sur 5, le budget annuel avoisine les 5000 euros, et après tout, ai-je bien besoin d’un véhicule pour des déplacements essentiellement urbains?

Le point de différentiation, selon Koolicar, c’est qu’avec la carte magnétique dont sont équipés les abonnés, plus d’échanges de clés, et pas de contraintes pour un état des lieux ou un rendez-vous. l’emplacement exact de la voiture est indiqué par sms, et à la restitution, les nombre de kilomètres et les heures comptées également.

C’est donc une troisième manière de partager sa voiture, ou de s’en passer. Des services qui selon une journaliste de Rue89 qui a testé Koolicar, Citiz et Drivy, sont complémentaires, et qui existent également en Bretagne.

City Roul

Le boîtier de Koolicar à Lorient est identique, en tout cas dans ses fonctions, à celui de City Roul à Rennes. L’entreprise, gérée aujourd’hui par une SEM de Rennes Metropole, Citédia, propose depuis 2008 des véhicules en libre-service. Les seize emplacements dans la ville sont fixes, et l’on redépose le véhicule là où on l’a pris. Avec Koolicar, qui sinon fonctionne exactement de la même manière (y compris sur les tarifs), les emplacements des véhicules seront peut-être plus variés. J’ai été personnellement abonné deux ans (2011-2013), sans autre véhicule, et la disponibilité d’un véhicule relativement près de chez soi était problématique le week-end et le mercredi.

Drivy, ouicar, buzzcar et les autres

L’argument de l’auto-partage n’est pas passé à côté des web-entrepreneurs, dont les services sont légions sur la toile. Tous proposent la palette classique de l’intermédiation. Ils mettent en relation les particuliers, et fournissent contrat et assurance pour la location. Olivier Razemon, spécialiste transport au Monde, en a testé un. Et est arrivé in fine à son mariage au fond des bois. A Rennes, le moteur de recherche de Ouicar propose une cinquantaine d’annonce, une trentaine à Lorient. Pas besoin d’abonnement dans ses services, mais une relation de confiance doit s’installer avec le loueur.

Et bien sûr le covoiturage

Pour faire régulièrement Rennes-Paris, ou Rennes-Albertville (et oui), j’ai le sentiment que le co-voiturage est en train de s’imposer comme la solution d’auto-partage numéro 1 en France. En tout cas pour les trajets points à point. On trouve des covoit’ avec des étudiants ou de jeunes actifs, mais pas que. Les 40-55 ans, qui ne lâcheront pas leur sacrée voiture comme ça, se plaisent à agrémenter leur trajet (« sur les conseils de mon fils« ) tout en allégeant leur porte-monnaie.