14 Nov

Chevaucher une baleine, rencontrer une femme-arbre ou discuter avec un caméléon, c’est possible…

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Le rendez-vous des carnets de voyage stimule l’imaginaire. Le carnettiste italien Stefano Faravelli, star en son pays, sillonne le monde la tête tournée vers les légendes…

Sinbad le marin, les mille et une nuits n’ont pas de secrets pour lui.

Il aime la forêt et les choses cachées, les caméléons et leur art du camouflage et « Rêve, le nez en l’air, de brillants paradis »*

De l’inde à madagascar, il a récolté des images, les a accumulées dans des carnets.

Puis il a inventé des fables dans des tableaux de contes de fées qui foisonnent de détails.

L'Ombra della Nuvola di Pietra-LeitaJerin'ny ala 2

Ses peintures sont exposées à la maison du tourisme, place de la Victoire à Clermont. Alors un conseil, si vous allez sur la route des carnets ne manquez pas cet instant de rêve et de poésie, ça fait du bien !

* Charles Baudelaire « Le Voyage »

11 Nov

J’y étais : Gallon Drunk met sous hypnose le Baraka ou Le grand Kiff

Désolé pour la piètre qualité de ma photo de smartphone, mais James Jonhston était difficilement saisissable ce soir-là au Baraka...

Désolé pour la piètre qualité de ma photo de smartphone, mais James Johnston était difficilement saisissable ce soir-là au Baraka…

Lors de certains concerts, vous prenez conscience qu’il aurait quand même été dommage de rater ça. C’est exactement ce que je pensais dès le premier morceau du concert des Gallon Drunk au Baraka à Clermont-Ferrand. Before the fire, cette longue transe en crescendo qui ouvre aussi le dernier album des londoniens, déroulait toute sa puissance orgastique dans nos oreilles mais également dans le corps de James Johnston dont les déhanchements habités laissaient pantois les quelques privilégiés venus se serrer dans le petit club de l’avenue Carnot. Les morceaux suivants, The exit sign  ou The Soul of the hour (et son délirant cliffhanger quand le saxo prend la parole) quasiment tous issus de la dernière (et l’une des meilleures) proposition de Gallon Drunk, étaient du même acabit.

Beaucoup craignaient que le son du groupe ne soit pas restitué dans cette configuration et dans cette petite salle, c’était mal connaître ces musiciens car non seulement le son était bon mais il était aussi très nuancé et le public clermontois n’a pas tardé à sombrer sous l’hypnose. You made me de l’excellent The Road gets darker from here sorti en 2012 nous a un temps sorti de notre voluptueuse torpeur pour nous exhorter quelques cris d’assouvissement, contents d’étancher notre soif d’un rock qu’on avait à cet instant, l’impression de ne pas avoir entendu depuis longtemps. Pas le temps de s’ennuyer que The Speed of fear venait nous posséder une dernière fois avant de conclure un set court mais d’une rare puissance il faut bien le dire.

31 Oct

Un PILS à moustache sinon rien

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Dans l’agenda cette semaine, on parle théâtre avec la nouvelle création de la comédie de Clermont qui réunit Julie Pouillon et Stanislas Nordey sur une mise en scène de Céline Pouillon. Les deux comédiens font revivre les mots de Georges Hyvernaud dont la captivité pendant la seconde guerre mondiale et son difficile retour à la réalité lui ont inspiré des textes poignants, dont La peau et les os. Je redeviens cet homme nu est le résultat d’une résidence de deux semaines à la comédie de Clermont et le spectacle sera présenté du 4 au 8 novembre à la Maison de la Culture.

Sinon, The kokomo’s, groupe du coin à tendance rockabilly sort un nouveau disque intiulé Chocolat Propaganda et si vous voulez les écouter en live, c’est prévu samedi 1er novembre au Baraka.

La coopérative de Mai programme Cascadeur à l’Opéra de Clermont vendredi 31 ocotbre et invite dans ses murs Sharon Jones and the Dap-Kings mardi 4 novembre.

22 Oct

J’y étais et c’était parfait : « The Roots » par la cie Accrorap

 

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Le parterre de la Maison de la Culture à Clermont était conquis et a applaudi debout ces onze garçons à l’énergie débordante.

La compagnie Accrorap était invitée par le festival les Trans’Urbaines et le public très panaché : les élèves des écoles de hip hop de Croix de Neyrat côtoyaient ceux de Chamalières. Jeunes danseurs des rues et public averti plutôt danse contemporaine, tous ont été emportés par la vague « The roots » qui a nettoyé de sueur le plateau de la poussiéreuse salle Cocteau une heure et demie durant.

 

Dans « the Roots » les corps se cherchent, se cognent, s’envolent en prouesses techniques qui vous laissent bouche bée. Mouvements d’ensemble ou solo, tout fait sens : dans un monde pressé, tous se poussent, s’affrontent. Il n’y a qu’un fauteuil pour tous alors comment trouver sa place ? Se faire une place ?

Cette place, les danseurs la prennent peu à peu dans un rythme effréné, les corps se déploient et le décor valse sur le sol.

Ils trouvent leur chemin grâce à la musique, Brahms, Beethoven, électro ou refrains algériens, les univers sonores sont aussi métissés que les danseurs et supportent avec panache leur virtuosité.

Avec la virtuosité naît l’émotion. Et le sentiment d’avoir partagé un moment rare.

21 Oct

Julien Estival, éternel « Adulescent »

Le Moulinois Julien Estival a du mal à se voir en grande personne mais aucun à grandir en musique : son deuxième album « Adulescent » sorti le vingt octobre chante le temps où l’on a vingt ans avec poésie.

A quoi pense t’on à vingt ans? A l’amour encore et toujours et Julien aborde l’amour avec humour, il aime « parler de cul en essayant de rester classe ». Un pari d’éternel adolescent. Julien Estival revient sur le passé et raconte les histoires qu’on a tous vécu, les coloc, les bars, les rendez-vous d’un soir, c’est nostalgique et drôle et oui, finalement, c’est la classe.

Un aperçu de ce nouvel « Adulescent » :

13 Oct

Freemount Records: le label qui manquait à Clermont

prog39159,98Il y a un an, plutôt que de chercher une maison de disques, le chanteur aurillacois Adam Wood a décidé de créer son propre label. Avec son ami Mike Chassaing, il se lance dans l’aventure et aujourd’hui, tous les deux se retrouvent à la tête de Freemount Records. Bien sûr, le marché du disque étant ce qu’il est, on ne peut s’empêcher de trembler pour ces aventuriers. Pourtant, on est bien contents de voir arriver cette « maison construite près des monts d’Auvergne, avec une belle vue, toute dégagée sur l’Amérique. » C’est comme ça que les deux garçons donnent la ligne directrice du projet. A Clermont, la folk est bien représentée par le Kutu Folk Records, l’électro clermontoise creuse son nid dans Plus, le raggae (mais pas que) est abrité par Flower Coast et le noise rock et le métal se font leur place au soleil de Solar Flare Records. Il manquait un peu de blues dans tout ça et Freemount Records va peut-être combler le manque. On ne peut bien évidemment pas ranger tous les artistes de Freemount (ils sont cinq au total pour l’instant) dans la même case mais tous ont, en tout cas, la même énergie certains partagent l’amour du riff bien fait.

Un concert de lancement réussi

prog39200,85Au Tremplin, le label a voulu faire parler de lui en programmant trois groupes dont celui du chef de file de Freemount, Adam Wood. Le jeune homme vient de sortir son premier album « Hang On » (lire notre critique dans notre rubrique Le disque du Coin sur le blog) et a littéralement conquis son public dont les esprits étaient bien échauffés par Brace Brace et The Marshalls. Au « merch », Mike Chassaing vendaient les produits du label, à savoir les vinyles d’Adam Wood et de Brace Brace, ainsi que des cassettes de chacun des artistes du label. « Même si on n’est pas les seuls à le faire, peu de labels produisent des cassettes et on voulait trouver un moyen de se démarquer » nous confiait Mike.

Une soirée Freemount Records au Tremplin Un reportage de Richard Beaune, Olivier Martinet, Franck Aussourd et Didier Robert. Intervenants: Mike Chassaing, Freemount Records, Laurent Siguret du groupe The Marshalls et Adam Wood, artiste et Co-créateur du label Freemount Records.

12 Oct

Jean-Louis Murat érige Babel en Auvergne: la vidéo

murat 3 Julien MignotJean-Louis Murat sort lundi 13 octobre un nouvel album intitulé Babel. Vingt chansons orchestrées par le Delano Orchestra. Le groupe clermontois co-signe cet album avec le chanteur « local » comme il se définit lui-même dans cette interview qu’il a bien voulu nous accorder aux côtés du leader du Delano, Alexandre Rochon.

Un reportage de Richard Beaune et Jean Jazeix – Son: Cédric Munro – Montage: Didier Robert – Extrait de « J’ai fréquenté la beauté » Clip réalisé par Alexandre Rochon – Musiques: « J’ai fréquenté la beauté » de Jean-Louis Murat – « Mlwy » et « Milujite » extraits de « Mvat Mvct Mlwy » du Delano Orchestra. 

Babel disponible le 13 octobre 2014 en CD, Vinyles et en téléchargement [PIAS] Records.

08 Oct

Jean-Louis Murat érige Babel en Auvergne

Crédit: Julien Mignot

Crédit: Julien Mignot

Le chanteur nous a donné rendez-vous chez ses voisins, à l’Auberge du Guéry. A notre arrivée, le patron nous demande si Jean-Louis s’est remis de sa blessure à la main, s’imaginant qu’on le connait aussi bien que lui. Pour ma part, j’allais rencontrer « Murat » pour la première fois et j’étais moyennement fier. Je savais que promouvoir n’était pas sa tasse de thé et mes collègues journalistes ne m’avaient pas tracé un portrait flatteur du chanteur: fuyant, rustre, hautain pour certains. De quoi m’enthousiasmer. Fuyant et rustre, Jean-Louis Murat l’est sans doute un peu comme beaucoup d’autres auvergnats du Puy-de-Dôme que je connais, hautain, en revanche, pas du tout. Le monsieur a été plutôt chaleureux avec nous et surtout, d’une très grande sincérité quand il a embrassé ses voisins, le petit couple de l’Auberge. »Je salue d’abord mes amis » s’est-il excusé à son arrivée et à le voir sourire, nous n’avions aucun doute sur cette amitié. Nous étions chez ses amis et ça au moins, le mettait à l’aise. Et puis Alex était là, Alexandre Rochon du Delano Orchestra sans qui cette interview n’aurait pas été possible. « Tu t’en souviendras » me lance ce dernier à son arrivée, devinant mon malaise. Mais pourquoi ce bonhomme m’impressionne autant? Je me dis qu’il a quelque chose d’une bête sauvage, celle qu’on rencontre au détour d’un chemin et dont la présence incroyable pourrait s’évaporer en un clin d’œil si on en fait trop. Alexandre Rochon a plein de projets post-Babel comme une série de concerts de poche dans les différents lieux du coin qui ont inspiré des textes au chanteur. Babel est le dix-neuvième album (si j’ai bien compté) de Jean-Louis Murat et cette fois-ci, il l’a co-signé avec un groupe de Clermont-Ferrand qui a déjà fait parler de lui au-delà de la capitale auvergnate, The Delano Orchestra, dont le leader est le trentenaire Alexandre Rochon.

Jean-Louis Murat: On a enregistré à Clermont-Ferrand, c’est un groupe local, je suis le chanteur local (rires)… On a décidé de travailler ensemble. J’allais pas bosser avec un groupe de Limoges alors ça tombait bien… En plus, comme c’est sûrement le meilleur des jeunes groupes, avec un admirable leader comme Alex… Enfin je réfléchis pas tellement la-dessus, c’était à l’instinct, tout ça s’est fait à l’instinct. Et puis le batteur du Delano, Christophe (Christophe Pie travaille avec Jean-Louis Murat depuis ses premiers albums, ndlr) c’est un ami que je connais bien, ça s’est fait sans réfléchir.

Et quelle est la part du Delano dans cet album de Murat?

JLM: ça c’est le représentant du Delano qui va répondre… T’es pas emmerdé là?

Alexandre Rochon: On a joué chacun notre tour et ce sont plus des individualités du Delano qui sont représentées finalement. En fait ça dépend des morceaux, des fois on retrouve ce qui peut représenter le Delano et des fois moins…

JLM: C’est ça, c’est à la fois un groupe mais aussi des individualités… C’est assez difficile à définir, je pense que les membres du Delano s’expriment davantage sur les compos d’Alex…

AR: On n’a pas eu envie non plus de coller du Delano sur les chansons de Jean Louis, on a travaillé les arrangements tous ensemble. Tout s’est fait très spontanément, plutôt facilement en fait, chacun a apporté sa touche aux chansons de Jean-Louis et chacun trouvant son inspiration qui n’était pas forcément une inspiration tirée du Delano.

murat 4 Julien MignotJean Louis Murat, vous avez l’habitude de travailler avec des artistes engagés artistiquement, Alexandre Rochon fait partie de ces gens-là?

JLM: Oui on trouve la même chose chez Alex c’est-à-dire qu’ils ne savent pas trop ce qu’ils ont à faire mais ils savent définir parfaitement ce qu’ils n’ont pas envie de faire et c’est ce que j’apprécie chez ces artistes. Ce qu’on n’a pas envie de faire est assez bien défini et c’est d’ailleurs plus simple de se définir comme ça plutôt que de dire, « j’ai envie de ceci ou de cela »… Tous les gens avec qui j’ai travaillé, j’ai toujours remarqué qu’ils fonctionnaient comme ça: ils n’avaient absolument aucune idée de ce qu’on allait faire mais ils savaient en tout cas ce qu’on ne ferait pas.

Dans vos textes, il y a une foule d’indications de lieux très précis de la région, c’est l’un de vos albums les plus auvergnats? (Babel comprend une vingtaine de chansons dont certaines ont pour titre Neige et pluie au Sancy, Col de Diane, Dans la direction du Crest, Noyade au Chambon… ndlr)

JLM: Oui je cite plus facilement des noms de lieux mais ce n’est pas forcément l’énumération des lieux qui fait le côté régional voire cantonal du disque… Mais ça m’a toujours plu, j’aime bien m’ancrer (comme vous dites les journalistes) dans une réalité régionale et géographique. Depuis le début, j’ai toujours fait ça, j’ai toujours écrit des chansons qui parlent des lieux où je vis.

Ces lieux ne vous inspirent pas des choses très drôles, Noyade au Chambon par exemple?

JLM: Une noyade, ce n’est qu’une baignade ratée, y’a pas de quoi en faire une affaire… Mais faut en parler à Alexandre, c’est lui le spécialiste de la baignade… (le leader du Delano est aussi l’auteur avec Emilie Fernandez du Cahier Bleu, une collection de livres sur la baignade dont le premier volume était consacré à l’Auvergne, ndlr) Voilà, Noyade au Chambon c’était un clin d’oeil à Alexandre… Non ceci est complètement faux, il faut retirer ça au montage… (Rires)

Vous pourrez voir cette interview samedi soir dans le journal régional à 19h sur France 3 Auvergne.

Babel, chez [PIAS], disponible à partir du lundi 13 octobre en téléchargement, en CD et en Triple Vinyle.

Clip du premier titre extrait de Babel, J’ai fréquenté la beauté réalisé par Alexandre Rochon, Production Éxécutive : Kütu Folk Records.

Photos: Julien Mignot.

30 Sep

Le vidéaste Karim Huu Do choisit l’Auvergne pour filmer Anna Calvi

 

Anna Calvi filmée en Auvergne Par Karim Huu Do

Anna Calvi filmée en Auvergne Par Karim Huu Do

Karim Huu Do est un cinéaste suisse qui réalise des films courts très lyriques. Il a récemment filmé la musicienne britannique Anna Calvi et a choisi l’Auvergne pour cadre. Il a profité de sa dernière tournée et de son passage à Clermont-Ferrand pour réaliser une vidéo destinée à la plateforme de vidéos d’artistes Nowness.

Anna Calvi: Memory par Karim Huu Do

 

26 Sep

Jazz à la Coopé: une deuxième saison ambitieuse

Stéphane Mikaélian assure depuis l'an dernier la programmation jazz à la Coopérative de mai à Clermont-Ferrand, une dizaine d'artistes parmi les plus grands noms du jazz feront ainsi escale à Clermont-Ferrand cette année.

Stéphane Mikaélian assure depuis l’an dernier la programmation jazz à la Coopérative de mai à Clermont-Ferrand, une dizaine d’artistes parmi les plus grands noms du jazz feront ainsi escale à Clermont-Ferrand cette année.

 

Stéphane Mikaélian, musicien et grand passionné offrait depuis plusieurs années au public clermontois des concerts exceptionnels au Poco Loco. Et puis l’an dernier, Jazz au Poco est devenu Jazz à la Coopé et la vie de Stéphane Mikaélian a changé. « Plus de monde, une meilleure communication et surtout le club répondait parfaitement à mes attentes » avoue le programmateur qui ne craint plus d’inviter les plus grands noms du jazz à Clermont-Ferrand.

photopiLSéLa saison s’ouvre avec le funk du Paul Jackson Trio qui déboule aux cœur des volcans avec un saxophoniste de luxe, Pee Wee Ellis qu’on a pu entendre aux côtés de James Brown ou Maceo Parker. Ce dernier sera d’ailleurs dans la capitale d’Auvergne le 20 novembre 2014 pour le plus grand plaisir des amateurs de soul et de funk. En décembre, c’est la fille de Nina Simone qui viendra chanter à la Coopérative de Mai. Lisa Simone a fait carrière à Broadway avant de reprendre les chansons de sa mère sur un disque intitulé Simone on Simone. En janvier, les clermontois auront droit à un hommage « original et émouvant » selon Rock&Folks à celui qui a écrit l’une des plus belles pages de la culture afro-américaine en composant des titres comme The revolution will not be televised ou The bottle dans les années 1970, le grand Gil Scott Heron disparu en 2011. C’est l’artisan des premières années de cette légende qui assurera cet hommage, Brian Jackson et son New Midnight Band. En avril 2015, Stéphane Mikaélian invite la grande chanteuse et pianiste Patricia Barber.

Toute la programmation sur le site de la Coopérative de Mai et sur la page Facebook Jazz à la Coopé.