08 Oct

A quoi servent les passes à poissons sur la Loue ?

La passe à poissons d'Ornans

La passe à poissons d’Ornans

Quingey, Chenecey et maintenant Ornans ... Petit à petit le cours de la Loue se modifie avec l’aménagement de barrages. Ils sont particulièrement nombreux sur cette rivière qui donne son énergie aux hommes depuis des siècles. Un chantier spectaculaire vient de se terminer à Ornans : l’aménagement du barrage Gervais avec la construction d’une passe à poissons et d’une passe à Kayak. Mais à quoi servent ces travaux ?

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30 Sep

Les flux de la Loue mis à nu

Instruments de mesure posés par le BRGM sur la Loue à Vuillafans

Instruments de mesure posés par le BRGM sur la Loue à Vuillafans

C’était un engagement et il est tenu. Lors de la conférence départementale de la Loue de décembre 2014, l’Etat et le conseil départemental de l’époque avaient décidé de suivre les recommandations du Groupe scientifique. Des spécialistes de métrologie ( sciences des mesures) ont donc travaillé pour mettre au point un protocole encore inédit sur la Loue. Une série de capteurs est entrain d’être installée par le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) pour mieux connaître l’impact des activités humaines sur la rivière. Cette étude sera menée pendant au moins trois ans et elle devrait permettre aux élus d’agir en conséquence.

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07 Jan

Une association pour défendre le barrage de Rennes-sur-Loue

Le barrage de Rennes sur Loue

Le barrage de Rennes sur Loue

C’est un dilemme. Comment préserver le patrimoine tout en restituant la continuité écologique des rivières ? L’exemple de Rennes-sur-Loue est éloquent à cet égard. A la fin de l’année 2013, l’association ADELOUE vient de se créer à Rennes sur Loue pour défendre son patrimoine et en particulier son barrage. Une retenue d’eau qui fait la fierté des habitants mais pas les affaires des poissons…

La loi sur l’eau, votée en 2006  découle directement de la directive cadre européenne sur l’eau. Elle impose le bon état des eaux pour 2015. C’est pourquoi la restauration  du fonctionnement naturel des cours d’eau est une priorité de l’Agence de l’eau. Actuellement, deux tiers des cours d’eau du bassin Rhône-Méditerranée n’atteignent pas le bon état écologique du fait des aménagements réalisés. C’est le cas de la Loue. Une cinquantaine de barrages ont été recensés entre sa source et Rennes sur Loue. Continuer la lecture

04 Juil

Qu’attendre de la Conférence départementale Loue et rivières comtoises ?

C’était une promesse des Assises de la Loue. En octobre dernier, préfecture et conseil général du Doubs organisaient une journée d’informations et d’échanges autour des problèmes de la Loue.« Le temps presse, on change de rythme et de méthode » affirmait Claude Jeannerot, le président du conseil général du Doubs. « Nous devons faire plus, nous devons faire mieux » renchérissait le préfet Christian Decharrière.  Pour y parvenir, le principe d’une Conférence départementale était créée avec comme objectif la tenue de deux réunions par an et la participation d’un conseil scientifique.
Cette première conférence est prévue ce vendredi 5 juillet à Quingey. Contrairement aux Assises, elle se tiendra à huis clos et ne durera que deux heures et demie. Les suivis de qualité de l’eau, le point sur les mesures du SDAGE, les actions menées sur la Haute-Loue et Haut-Doubs, l’évolution de la gouvernance sont au programme de cet après-midi. Continuer la lecture

20 Juin

Les nitrates, l’Europe et la Loue : la politique de l’autruche.

Le nitrate : trois atomes d'oxygène et un atome d'azote

L’Europe vient de nouveau de condamner la France pour son « manquement dans la mise en oeuvre de la directive nitrates ». La Cour de justice de l’Union européenne reproche au gouvernement français son recensement incomplet en 2007 des zones vulnérables. Des zones où le taux de nitrates dans l’eau ( rivières et eaux souterraines) est supérieur à 50mg/l et dans ces cas là, des mesures agricoles doivent être mises en place pour diminuer ces taux.

Si la France tarde à améliorer cette situation, elle risque de payer des sanctions financières qui pourraient s’élever à plusieurs dizaines de milliers d’euros. Le gouvernement reconnaît le manquement tout en précisant que la procédure de révision est en marche puisqu’une nouvelle carte des zones vulnérables vient d’être établies.

Les zones vulnérables de la directive Nitrates en 2012

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15 Nov

Vote à l’unanimité de la création du syndicat mixte des milieux aquatiques du Haut-Doubs

Pas de clivage gauche-droite pour prendre soin des rivières comtoises. Lundi 12 novembre, les conseillers généraux du Doubs ont voté à l’unanimité la création de ce syndicat mixte qui va finalement prochainement fusionner avec celui de la Loue. L’opposition départementale avait effectivement demandé une simplification des instances gérant les rivières ainsi qu’une plus grande équité entre les structures. Elle a été écoutée.
Voici le nom des élus qui vont siéger au sein du comité syndical du syndicat mixte des milieux aquatiques du Haut-Doubs.
Délégués titulaires : Messieurs Bouday, Breuil, Robert, Saillard et Gurtner
Délégués suppléants : Messieurs Bessot, Beluche, Galliot, Cagnon et Ronot.

10 Nov

Un syndicat mixte commun pour le bassin versant de la Loue et le Haut-Doubs à l’horizon fin 2014

La cohérence ! C’est ce à quoi aspire le conseil général du Doubs et la préfecture du Doubs. Lors des Assises de la Loue en octobre dernier, les deux instances avait annoncé leur intention de simplifier la gouvernance des instances chargées de gérer la qualité des eaux de la Loue. Au risque d’être critiqués d’avoir créer une nouvelle strate administrative, ils annonçaient la création d’une « conférence départementale de l’eau » qui regrouperait l’ensemble des structures agissant sur ce domaine. Cette conférence devrait peut-être éviter les doublons et permettre la diffusion des études.

Mais le plus intéressant est à venir. Il s’agit de créer un syndicat mixte qui couvrirait à la fois le bassin versant de la Loue et le territoire du Haut-Doubs soit en cohérence avec la zone géographique du  Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux , le SAGE Haut-Doubs Haute-Loue. Cette création n’est envisagée que pour la fin 2014 et devrait se faire par étape car il faut tenir compte de l’existant !

Le syndicat mixte de la Loue existant déjà, l’idée est de créer un syndicat mixte des milieux aquatiques du Haut-Doubs pour ensuite seulement organiser leur fusion. Ce nouveau syndicat mixte était envisagé depuis 2003. Ce qui est nouveau, c’est l’ambition de mutualiser, regrouper les actions pour la Loue. Un directeur commun aux deux syndicats mixtes devrait être nommé avant l’été 2013 et des moyens humains seront mis en commun.

Pour l’instant rien n’est acté. Il s’agit d’un projet de délibération qui va être soumis aux votes des conseillers généraux réunis ce lundi 12 novembre en session extraordinaire. Le département étant un des membres de ce futur syndicat mixte des milieux aquatiques du Haut-Doubs avec quatre communautés de communes ( sur les six qui pourraient y adhérer).

Restera la question de la basse Loue dont le territoire est en partie situé sur le Jura. Là, il pourrait s’agir d’élargir le périmètre du SAGE à l’ensemble du bassin versant de la Loue c’est à dire jusqu’à ce que la Loue se jette dans le Doubs.  Logique ! Ainsi il aura fallu que la rivière agonise pour que les hommes s’organisent en se souciant d’abord de l’efficacité de leurs actions…

dernière petite info  : ce vote de lundi est accessible à tous depuis la tribune de la salle Joubert et la session sera retransmise en direct sur le site Internet www.doubs.fr.

Isabelle Brunnarius

05 Oct

Et vous, qu’attendez-vous des Assises de la Loue ?

Du concret, du débat et des propositions… A priori le programme des Assises de la Loue prévues à Ornans le jeudi 11 octobre est alléchant. La matinée sera dense avec des interventions des spécialistes pour faire le point sur l’état des connaissances sur les problèmes de santé de la Loue. Et l’après-midi, des visites sur le terrain sont prévues.

L’objectif de cette journée, organisée conjointement par le conseil général du Doubs et l’Etat est de « mettre en valeur le travail collectif mené sur la Loue et illustrer de manière concrète les actions en cours ou prévues ».

Le plus intéressant de ces Assises est surtout le point abordé en toute fin de séance : la gouvernance. Comment s’y prendre pour que deux études identiques ne soient pas menées en même temps, comment faire pour partager l’information sans rivalités sous-terraines, qui décide au final ? Pour cela, faudra-t-il créer une nouvelle structure qui « chapeautrait » toutes les autres au risque de rendre encore plus difficile à comprendre le Mille-feuille administratif ? Actuellement, il y  a au moins douze structures qui se penchent sur la Loue et ses problèmes de santé…

Autre enseignement utile de cette journée, la participation. Cette journée n’est pas ouverte au grand public. Mais, les élus des collectivités, les parlementaires, les procureurs de la république, les directeurs des services de l’Etat, quelques chefs d’entreprises et surtout tous les maires du bassin versant de la Loue, ont été invités.  Les représentants des associations de pêche et des associations de protection de l’environnement sont aussi attendus. Vont-ils tous venir et signifier ainsi leur implication dans ce sauvetage qui ne peut être que collectif ?

Et vous, qu’attendez-vous de ces Assises ? N’hésitez pas à poster un commentaire !

Isabelle Brunnarius

26 Sep

Les réponses des élus à Nicolas Jachet

Chose promise, chose due ! Voici, (enfin !) les réactions des élus au courrier du lecteur de l’Est Républicain Nicolas Jachet. Petit rappel, cet habitant d’Ornans est revenu de ses vacances dans le Verdon remonté comme une pendule comtoise : «A quand pour la Loue des mesures politiques courageuses et efficaces ?» demandait-il dans son courrier couleur vitriol. D’où mon appel aux réactions lancées sur ce blog.

Claude Jeannerot n’a pas tardé à réagir;  «très en colère» à la lecture de ce courrier, le président du conseil général du Doubs m’a fait parvenir le listing de toutes les actions entreprises par sa collectivité, les services de l’état, la chambre d’agriculture, le syndicat mixte de la Loue, la commission locale de l’eau, la maison nationale de l’eau et de la pêche, l’ADIB.. Dix pages qui résument les actions réalisées et à venir du plan d’action décrété en juillet 2010 à la suite de la grave mortalité de poissons dans la Loue.

Pour le conseil général du Doubs, il ne s’agit pas «d’enfermer la Loue dans une enveloppe budgétaire», tous les services concernés doivent se donner les moyens d’agir. Exemple avec les travaux d’assainissement. le département est intervenu et a aidé financièrement des communes pour qu’elles réalisent des travaux.

Des stations d’épuration doivent être construites en 2012 à Rurey, Longeville, Chassagne et Montrond. Quant à celles qui existent déjà, le conseil général note que les «stations d’épurations fonctionnent globalement bien, des efforts restent à faire sur des réseaux notamment là où il y a des fromageries et des réseaux unitaires».

Pour l’épandage, une action a été menée avec la chambre d’agriculture. Une cartographie des surfaces épandables des 42 communes de la Haute-Loue a été réalisée. Trente de ces cartes ont été validées, elles seront envoyées d’ici la fin septembre aux agriculteurs et aux maires avec publication en mairie, histoire que tout le monde soit au courant… En revanche, la proposition d’ «identifier les bâtiments d’élevage «points noirs» et de proposer des solutions concrètes et immédiates de maîtrise de ces pollutions» a fait chou blanc. Il y a eu «peu de remontées d’information du terrain»…

Parmi toutes les actions entreprises, j’ai noté celle du syndicat mixte de la Loue. Il s’agit de mettre en oeuvre des plans de désherbages communaux respectueux de l’environnement avec le soutien de la FREDON (Fédération Régionale de Défense contre les Organismes Nuisibles). Sur les 25 communes concernées par cette action de prévention et d’aide financière , seulement 6 ou 7 communes ont décidé de ne plus utiliser de produits phytosanitaires pour désherber et de privilégier l’utilisation de matériel pour désherber sans produits ( en brûlant les herbes). Il est même prévu d’organiser l’achat de ce nouveau matériel pour ensuite le prêter aux communes. 6 ou 7 villages seulement ont franchi le pas… C’est l’exemple même des limites des interventions des collectivités et de l’état. Pour changer l’environnement de la Loue, il ne s’agit pas seulement de mettre en place des programmes, il faudrait que tout le monde se sente concerné.

A cet égard, une anecdote que m’a relatée le maire d’Ornans Jean-François Longeot est révélatrice. En novembre 2010, le conseil municipal décide de diminuer le salage des routes en période hivernale, cette technique étant néfaste pour la Loue. Le lendemain de cette décision, il neige ! Coup de téléphone au maire d’un habitant mécontent, avec cette charte pour diminuer les épandages de sel, il risque de se casser la figure. A sa voix, Jean-François Longeot reconnaît l’un de ses administrés et lui fait remarquer qu’il avait défilé il y a quelques temps pour sauver la Loue… Alors que choisir ? des trottoirs enneigés et glissants ou une rivière en voie de rétablissement ? Un jardin sans un brin de mauvaise herbe ou une Loue qui respire et refait venir les touristes pêcheurs ?

Les agriculteurs et les industriels ne sont donc pas les seuls concernés et à devoir être aidés. Les particuliers ont aussi leur responsabilité à prendre. Et dans ce cas, les actions des élus en direction du grand public sont largement insuffisantes et trop sporadiques. Lors du colloque de Rurey organisé par Maurice Demesmay, président du syndicat mixte de la Loue, plusieurs auditeurs ont souhaité être encore mieux informer sur l’état de la Loue et les solutions pour la sauver. Il y a un intérêt pour la rivière, encore faut-il mieux le stimuler dans tout le bassin versant.

Reste le rôle de l’Etat.. Là, pas de réaction officielle au courrier de Nicolas Jachet. Les services de la Direction des Territoires seront muets jusqu’aux assises de la Loue annoncées pour le 11 octobre prochain. L’état est chargé du volet réglementaire et judiciaire. Et là , les moyens de contrôles manquent cruellement. Le conseil général du Doubs a déposé deux plaintes pour actes de dégradation du milieu aquatique, elles sont en cours …

Alors, effectivement des mesures sont prises. Le problème, c’est que cela ne se voit toujours pas au fond de la rivière. Il faut continuer, intensifier et surtout ne pas se calquer sur des échéances électorales. Sauver la Loue, c’est politiquement ingrat. Beaucoup de millions d’euros sont investis sans résultat immédiat. Le maire d’Ornans a fait ses comptes. Depuis sa première élection en 1995, la commune a dépensé 3 800 000 euros traiter ses effluents et ses rejets à la station d’épuration. Et pourtant, les mousses du fonds de la Loue n’ont toujours pas disparu à Ornans.

Ce manque de lisibilité de l’action des élus est aussi accentué par le Mille-feuille administratif qui gère toutes les actions pour améliorer la santé de la Loue. Contrat de rivière, Schéma d’aménagement et de gestion des eaux, Natura 2000, les «couches»  du Mille-feuille ne rendent pas les actions limpides. Claude Jeannerot reconnait lui-même qu’ «il y a besoin de simplifier». C’est un des thèmes qui devrait d’ailleurs être abordé lors des prochaines assises de la Loue.

Isabelle Brunnarius