17 Mar

PILS s’invite au Festival Vidéoformes

Cette semaine, votre agenda culturel vous dit un maximum de choses sur le festival Vidéoformes dont les installations sont visibles jusqu’au 1er avril. Petit aperçu également de la nouvelle exposition événement du Musée d’Art Roger Quillot à Clermont-Ferrand.

 


PILS du 17 mars
Au Festival Vidéoformes, les œuvres prennent vie… Créer et procréer deviennent synonymes pour les artistes comme dans cette chapelle où l’iranienne Golnaz Behrouznia présente Lumina Fiction #2, un écosystème qui réagit et se transforme en présence du visiteur. L’oeuvre de Christine Maigne vit aussi: White Pulse respire sous nos yeux ébahis et crée le trouble chez le spectateur..
Performances, projections et expositions, d’ici le 1er avril, le plateau central de Clermont-Ferrand devient un immense laboratoire pour les artistes qui cherchent un monde non pas meilleur mais ailleurs.


Les artistes créent des mondes au Festival Vidéoformes

Après le succès des autoportraits du musée d’Orsay (65000 visiteurs quand même), le musée d’art Roger Quillot accueille 56 peintures provenant du musée des beaux-arts et d’archéologie de Besançon. Une collection exceptionnelle puisque c’est la plus ancienne collection publique de France créée en 1694, soit un siècle avant celle du Louvre. Goya, David, Ingres, Géricault ou Courbet, ils sont tous là et rangés dans leur mouvement respectifs, néoclassicisme,réalisme et ou romantisme, c’est tout un pan de l’histoire de la peinture des années 1790 aux années 1850 qu’on traverse en visitant cette exposition, à découvrir jusqu’au 3 septembre 2017.

 

12 Mar

Trust, toujours convaincus et encore convaincants

Bernie Bonvoisin haranguant le public de la Coopérative de Mai à Clermont-Ferrrand pendant le titre emblématique de Trust , "Antisocial" Photo: Claude Fallas

Bernie Bonvoisin haranguant le public de la Coopérative de Mai à Clermont-Ferrrand pendant le titre emblématique de Trust , « Antisocial » Photo: Claude Fallas

Samedi soir, le groupe Trust a fait sonner son hymne « Antisocial » devant une Coopérative de Mai pleine à craquer. Le groupe contestataire, qui fête ses 40 ans de carrière, n’a rien perdu de sa verve et n’a pas renié ses idées.

En allant couvrir la venue du groupe Trust à Clermont-Ferrand, je ne m’attendais à rien de particulier et je me disais seulement qu’une fois de plus, quelques vieux briscards tentaient de renouer avec leur gloire passée. Mais je dois bien avouer que ma rencontre avec le chanteur Bernie Bonvoisin et le guitariste Norbert Krief dit « Nono » m’a prouvé qu’on pouvait fêter ses 60 balais sans pour autant renier le jeune con qu’on a été. Il y a 40 ans, Bernie hurlait sa colère contre un système vérolé de l’intérieur, contre la bourgeoisie, contre la répression et contre l’extrême droite. Quand on suit, même de loin, la campagne présidentielle, on se rend compte que le monde que Bernie contestait hier n’a pas beaucoup changé et que les vieux démons qu’il avait pris pour cible à 20 ans semblent prendre tout le lit aujourd’hui. Pire pour Bernie, il se pourrait même que ceux qui reprenaient en chœur « Antisocial » à l’époque soient aujourd’hui séduits par les idées de Marine le Pen.

Norbert Krief dit "Nono" guitariste de Trust à la Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand.

Norbert Krief dit « Nono » guitariste de Trust à la Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand.

Trust, groupe « anti » et entier

Alors Bernie Bonvoisin prend le temps de parler pendant ses concerts et n’hésite à remettre les choses à leur place car pour lui, si le FN a changé de sexe, il n’a pas changé de visage. C’est sans doute pour cette bonne raison qu’il enfonce le clou en écrivant un nouveau titre « F Haine » dont il fait reprendre le refrain au public à chacun de ses concerts: « La haine a une chevelure blonde qui surfe sur la vague marine« . L’auteur interprète nous rappelle que cette tournée l’a mené jusqu’à  Fréjus (où le maire FN David Racheline est en place depuis 2014) et que parfois, son discours crée quelques remous dans la salle. Mais Bernie, le bob vissé sur la tête et ses convictions chevillées au corps ne laisse rien passer: « Il faut s’impliquer mais ne pas porter de jugements sur les personnes qui votent comme ça, c’est sur le fond qu’il faut insister, sur les idées que ça dégage, l’islamophobie, l’homophobie, la haine de l’autre en général.« 

Fans de Trust, quoiqu’on devienne

Alors c’est sûr, les deux leaders du groupe, Bernie et Nono n’ont plus 20 ans mais les chansons comme « Marche ou crève« , « Préfabriqués« , « Le Mitard » ou « Antisocial » déchaînent encore les foules…
sans doute parce que la colère qui a nourri ces hymnes est encore intacte et pas forcément passée de mode. Le public a vieilli aussi et chacun s’est arrangé avec le jeune con qu’il a été. Hier soir à mes côtés, deux gendarmes sont venus applaudir leurs idoles et ils n’ont pas hésité une seconde au moment de reprendre le refrain de « Police Milice« . Fans de Trust, c’est pour la vie.


Retour de Trust à la Coopérative de Mai

15 Jan

Bertrand Cantat de retour à Clermont-Ferrand en juin 2017

Bertrand Cantat le 30 mars 2016 en résidence à Agen pour son nouveau spectacle "Condor Live"

Bertrand Cantat le 30 mars 2016 en résidence à Agen pour son nouveau spectacle « Condor Live » Photo MaxPPP

Le chanteur Bertrand Cantat reviendra à la Coopérative de Mai le 3 juin prochain pour un spectacle intitulé « Condor Live » d’après le roman de l’écrivain Caryl Férey.

C’est une lecture musicale à laquelle nous convie Bertrand Cantat pour son nouveau spectacle. Le texte qu’il lira / chantera aux côtés du guitariste Marc Sens (qu’on connait notamment via le projet « Zone Libre » auquel ce dernier a participé aux côtés d’un autre ex-Noir Désir Serge Teyssot-Gay jusqu’en 2011 pour les trois premiers albums du groupe) et Manusound aux machines basses, est extrait du dernier roman « Condor » de l’écrivain Caryl Ferey, une plongée en apnée, poétique, sombre et forcément rock’n’roll dans le Chili post-Pinochet. L’extrait retenu pour la version live « Condor », est un « roman dans le roman» écrit par un protagoniste du livre. On y suit les deux héros, le Colosse aux mains cassées et Catalina qui traversent les ruines de la dictature. Ce thriller politique musical a été créé en mars dernier à Agen et a déjà fait la joie de nombreux spectateurs à Toulouse, au Festival Correspondances de Manosque et ailleurs et sera présenté le 3 juin prochain à la Coopérative de Mai où le chanteur avait préparé son grand retour sur scène en 2014 avec son autre groupe Détroit. 

23 Déc

Le PILS de noël

Pour Noël, PILS débarque dans vos foyers les bras chargés de cadeaux…


Un PILS de Noël

Au programme, une soirée au Baraka, le club clermontois organise une soirée pour Ayden, un petit garçon atteint de la maladie de Krabbe, maladie orpheline qui n’est pas traitée en France. Le seul espoir pour ses jeunes parents, c’est de le faire participer à un essai clinique aux Etats-Unis qui devrait avoir lieu début 2017, une opération pour laquelle on demande aux parents la somme d’1 million de dollars.


Le club clermontois le Baraka se mobilise pour Ayden

Pour faire un don, c’est par ici: Lueur d’espoir pour Ayden

Tout au long des vacances de noël, l’humoriste Ezan propose deux spectacles au café-théâtre Défonce de Rire à Clermont-Ferrand, le soir est consacré aux adultes et les après-midis aux enfnats avec un spectacle interactif intitulé « Un Robot pas comme les autres. »


Un spectacle intéractif pour les enfants

Et vous pouvez fêter noël au son de Metodik, le groupe de rap clermontois vient de sortir un nouveau clip intitulé « Stan & Rudy », un véritable conte de noël:


Le groupe de rap Clermontois Metodik propose un clip de Noël

 

 

 

 

 

09 Déc

Un PILS assez décevant mais bien utile tout de même

PILS1Dans PILS cette semaine, Valérie Mathieu et Richard Beaune nous trimbalent pour une virée au Puy-en-Velay rendre visite à l’Atelier du Poisson Soluble, une petite maison d’édition jeunesse qui fait appel aux dons sur une plateforme de financement participatif pour faire face à de nombreuses difficultés. Ils rencontrent aussi le groupe vichyssois ACDçU qui se prépare pour un grand concert au Zénith d’Auvergne le 8 avril 2017. Nous les avons rencontrés en pleine préparation… dans un salon de beauté. On est loin du rock’n’roll, certes mais assez proche du groupe vichyssois finalement… PILS2

Sinon, vous avez rendez-vous avec Arno à la Coopérative de Mai à Clermont-Ferrand vendredi 9 décembre.
Côté humour, vous avez de quoi faire avec par exemple Jeremy Ferrari au Prisme d’Aurillac ou encore Céline Groussard à la Baie des Singes à Cournon d’Auvergne.

Samedi10 décembre, vous avez d’abord rendez-vous avec le groupe 19 singes à la Javanaise et le ben Harper français Patrice pose ses valises à la Coopérative de Mai.
Le groupe The Joe’s revisite les tubes de Joe Dassin au Geyzer à Bellerive-sur-Allier
Le chanteur Luc Arbogast fait le tour des églises à Souvigny dimanche et à Clermont mardi.
Mercredi 14 décembre Jane Birkin revisite les chansons de Gainsbourg avec l’Orchestre d’Auvergne à la maison de la culture et pendant ce temps, à la coopérative de Mai, Doc Gyneco se revisite lui-même. Enfin, jeudi 15 décembre Elie Semoun est à l’Opéra de Vichy.

Le titre du jour à découvrir, c’est « Stan & Rudy » du groupe clermontois Metodik en écoute intégrale ici.

02 Déc

Pils ouvre les yeux sur l’Europe avec des mots et sur l’Afrique en musique

Dans Pils cette semaine, de la musique de fête avec le groupe SABALY et son nouvel album « La roue tourne » et du théâtre : la compagnie clermontoise ATHRA s’est emparée des textes d’un penseur contemporain qui nous aide à garder les yeux ouverts.


PILS du 2 décembre 2016

Sabaly joue un joyeux mélange de musique africaine traditionnelle et de musique actuelle. Le groupe sort son troisième album « La roue tourne » . Des couleurs rock, reggae et funky qui donnent des fourmis dans les pieds : Sabaly adore faire danser son public qui en redemande!


Sabaly

La compagnie clermontoise Athra s’est emparée des textes d’un penseur contemporain Camille de Toledo. Cet écrivain français a publié de nombreux essais et romans, il dresse un bilan de la tristesse européenne depuis la chute du mur de Berlin. Ses textes veulent nous pousser à inventer un vingt-et-unième siècle où l’utopie serait à nouveau possible.

Camille de Toledo n’a jamais écrit pour le théâtre, mais la compagnie Athra a fait un montage de ses textes et met sa pensée sur scène dans  » Les Yeux Ouverts ». Un pari osé. Mais la compagnie Athra aime le risque et susciter plein de questions chez ses spectateurs. Pour y répondre avec eux, Camille de Toledo était en Auvergne la semaine du 28 novembre au 2 décembre.


Les Yeux Ouverts de la Compagnie Athra

25 Nov

Festival Traces de Vies, des documentaires sur l’état du monde

Le choix des autres, un film de Séverine Vanel et Pierre-Julien Quiers

Le choix des autres, un film de Séverine Vanel et Pierre-Julien Quiers

Depuis 26 ans le festival du film documentaire Traces de Vies à Clermont-Ferrand nous amène une fois par an à nous interroger sur l’état du monde dans lequel nous vivons.

L’édition 2016 se déroule du 21 au 27 novembre, avec plus de 70 rendez-vous, 90 films dont 44 en compétition.

La compétition pose un regard hors de nos frontières. Le film « Le choix des autres » réalisé par Séverine Vanel et Pierre-Julien Quiers, nous fait partager le quotidien d’une famille syrienne réfugiée en Jordanie. Père, mère et enfants voudraient retourner en Syrie mais là-bas, leur maison est détruite, les bombardements incessants. Le portrait sensible et humaniste de cette famille est à la fois unique et typique de la vie de millions de réfugiés qui n’ont pas choisi de quitter leur pays.


Festival Traces de Vies, un état du monde

 

20 Nov

17e Rendez-vous du Carnet de Voyage: Quand on arrive en ville…

L'un des intérieurs peint par Valérie Aboulker, carnettiste présente lors du 17e Rendez-Vous du Carnet de Voyage.

L’un des intérieurs peint par Valérie Aboulker, carnettiste présente lors du 17e Rendez-Vous du Carnet de Voyage.

Du 18 au 20 novembre, Clermont-Ferrand a rendez-vous avec le carnet de voyage et plus de cent carnettistes se sont rejoints dans la capitale arverne. Cette année, ce sont les métropoles qui sont mises à l’honneur: Paris, Rio ou New-York, les escales sont nombreuses mais pour dessiner ces villes mille fois croquées ou photographiées, il faut être créatif.

Créatives, l’écrivain Camille Lebon et la dessinatrice Johanna Thomé de Souza l’ont sûrement été suffisamment pour recevoir le grand prix du Jury cette année pour leur livre Rio Nossorécit de leur séjour de trois ans dans la plus grande ville du Brésil. Les deux filles ont voulu remmettre les choses à leur place et montrer que Rio ne pouvait pas se limiter à ses clichés que sont la violence, la pauvreté, la fête et le tourisme sexuel.

Dessin extrait du livre "Rio Nosso" de Johanna Thomé de Souza et Camille Lebon, lauréates du 17 e RDV du Carnet de Voyage (Grand Prix du Jury)

Dessin extrait du livre « Rio Nosso » de Johanna Thomé de Souza et Camille Lebon, lauréates du 17 e RDV du Carnet de Voyage (Grand Prix du Jury)

C’est d’ailleurs souvent un défi pour les artistes de dessiner une ville mille fois dessinéé et dont chaque monument, chaque coin de rue a déjà été photographié. Que ce soit New-York, Venise ou Paris, les artistes doivent se démener pour éviter l’écueil du cliché. La jeune taiwanaise Jocelyn Kao balade son personnage de Cha-Cha à travers Paris et n’essaye surtout pas d’éviter la baguette, les macarons et la Tour Effel. Dans son carnet ChaCha à Paris, la jeune illustratrice se joue de tout ce qui fait Paris pour le reste du monde. 

Quant à la parisienne Valérie Aboulker, elle a dessiné Paris de l’intérieur: les salons, les séjours, les bibliothèques ou les cuisines des parisiens sont ainsi représentés dans son carnet Portraits d’Intérieurs. C’est une façon plus intime de dessiner la capitale.

Pour se démarquer, Emmanuel Lemaire a dessiné Rotterdam. Il n’a pas vraiment fait exprés de choisir cette ville des Pays-Bas entièrement détruite lors de la seconde guerre mondiale et reconstruite depuis. Il s’est échoué dans cette ville en perpétuelle extension parce que sa petite ami de l’époque y avait trouvé un boulot. Il a doncsilloné Rotterdam à bicyclette pendant huit mois et a photographiée et dessinée la ville sous tous les angles. De retour en France, il a publié son livre, Un séjour à fleur d’eau.

18 Nov

Belle envolée de « La Mouette » à la Comédie de Clermont-Ferrand

le comédien Matthieu Sampeur et la Mouette photographié sur le chantier de la future Comédie de Clermont-Ferrand. Novembre 2016 © Jean-Louis Fernandez

Le comédien Matthieu Sampeur et La Mouette, sur le chantier de la future Comédie de Clermont-Ferrand. Novembre 2016 © Jean-Louis Fernandez

La star des metteurs en scène Thomas Ostermeier n’a pas attiré les foules pour la première représentation de La Mouette de Tchekhov à Clermont-Ferrand. Ceux qui ont fait le choix de venir ont néanmoins été conquis par ce drôle d’oiseau dont le cri demeure longtemps après le noir final.

La chanson de Bowie qui ouvre le spectacle est prémonitoire: c’est un suicide très rock’n’roll auquel nous allons assister. D’ailleurs, du rock, La Mouette version Ostermeier en a à revendre. Des Doors au Velvet, chaque acte est ponctué de classiques du rock psyché. Cela commence dès qu’on s’installe dans la salle, les amplis, les guitares et les micros nous attendent sur la scène, avec la même impassibilité que les comédiens, tous assis dans un coin de ce cube gris qu’on croit d’abord sans issue. Cette scène, c’est un tableau qui va se dessiner sous nous yeux pendant plus de deux heures, qui va changer de couleur selon l’humeur de l’artiste pour s’achever en un immense all-over noir.

« Qui est allé en enfer voit le monde et les hommes autrement », Anton Tchekhov

C’est par cette citation que tout commence: « Mon oeuvre est imprégnée du voyage au bagne de Sakhaline. Qui est allé en enfer voit le monde et les hommes autrement ». En inscrivant cette citation au fond de la scène, Thomas Ostermeier nous invite d’emblée à lire la pièce de Tchekhov sous un angle bien particulier. Pourtant, les personnages narcissiques et bourgeois de La Mouette nous semblent bien loin des détenus du bagne que l’écrivain-médecin a rencontrés. Mais plus la pièce avance, plus la détresse humaine dans laquelle se trouvent ces six personnages nous frappe, plus le carcan social auquel ils sont attachés nous étouffe.

La traduction d’Olivier Cadiot et la mise en scène de Thomas Ostermeier nous permettent de constater à quel point le texte de Tchekhov n’a pas pris le siècle qui nous sépare de sa création dans la tronche. L’écrivain s’est tellement attardé sur ce qui se passe dans la tête de chacun de ses personnages, que leur époque peut aussi bien être la nôtre. Et bien que devant nous, on parle d’art et de littérature, on palabre sur la page blanche et sur de futiles désirs de gloire, chacune des phrases prononcées nous renvoie à nos propres névroses.

La modernité du propos tient aussi au jeu d’improvisation auquel s’adonnent les comédiens (tous excellents) lorsqu’ils sortent du texte de Tchekhov. On nous parle de Syrie, on se moque du théâtre contemporain ou de la place que tient la culture dans notre société, on entend parler de Donald Trump et on nous chante Bowie. Tout ça est si proche de nous que le drame qui se déroule sous nos yeux nous touche encore davantage.

La Mouette, Jusqu’au 19 novembre 2016 à la Maison de la Culture, Comédie de Clermont-Ferrand. 

12 Nov

Peter Doherty revient de loin avec « Hamburg Demonstrations »

Peter Doherty ici au Festival des Vieilles Charrues sera à Clermont-Ferrand le 21 novembre 2016 / AFP PHOTO / FRED TANNEAU

Peter Doherty ici au Festival des Vieilles Charrues sera à Clermont-Ferrand le 21 novembre 2016 / AFP PHOTO / FRED TANNEAU

 

Le deuxième album solo du mauvais garçon du rock anglais « Hamburg Demonstrations » sortira le 2 décembre prochain mais nous avons eu la chance de pouvoir l’écouter en avant-première. La star britannique livre onze titres qui montrent l’envie de vivre d’un artiste qui a pourtant tout fait pour avancer son heure de départ. Mélancolique, poétique et hyper attachant, ce nouvel opus sera à découvrir sur la scène de la Coopérative de Mai le 21 novembre prochain. 

La dernière fois que Pete s’est changé en Peter, c’était pour « Grace / Wastelands » et la grâce, on peut dire que le bad boy des tabloïds anglais l’avait obtenue: les critiques spécialisées ont absous le chanteur de toutes ses fautes et dérapages et l’ont érigé en poète maudit. Sept ans plus tard, l’ange déchu revient du monde des morts pour nous donner quelques nouvelles de Hambourg où il a enregistré ce deuxième recueil. Ce que « Hamburg Demonstrations » démontre, c’est que le premier effort du chanteur n’était pas vain et pour ceux qui n’ont pas encore compris qu’avant d’être une rock star paumée, Peter Doherty est un « songwriter » talentueux, ce deuxième album solo devrait rendre cette évidence encore plus limpide.

But I don’t want to die anymore
Any more than I did want to die before

(Mais je ne veux plus mourir, je ne veux plus autant mourir qu’avant) Peter Doherty, Flags of the Old Regime 

N’allez pas croire que c’est la joie de vivre qui traverse les onze titres de ce nouvel album (10 en réalité puisqu’il comprend deux versions de « I Don’t Love Anyone (But You’re Not Just Anyone) » ) mais en tout cas, l’envie de ne pas en rester là est claire. Le fantôme d’Amy plane joliment sur un certain nombre de chansons dont « Flags of the Old Régime« , balade à pleurer qui lui est clairement dédiée mais aussi sur l’énergique « Birdcage » à l’entêtant refrain que le chanteur partage avec la chanteuse anglaise Suzi Martin et dont les paroles seraient signées d’Amy Winehouse elle-même.

Alors, même si les vieux démons de Peter sont toujours là, si ses anges maudits, de Wilde à Rimbaud, continuent à l’habiter, on peut dire que le poète est à nouveau dans son époque et qu’il la traverse en pleine conscience, que ce soit pour pleurer la mort de son amie ou pour réagir aux attentats de Paris dans « Hell To Pay At The Gates Of Heaven« , chanson qui fera sûrement partie du set au Bataclan les 16 et 17 novembre prochains. Clean, la voix éraillée mais juste, le musicien signe des mélodies aux arrangements bien fichus et quand il chante l’amour sur « I Don’t Love Anyone (But You’re Not Just Anyone)« , ça donne juste envie de le chanter comme lui. Faute de chanter comme, les clermontois auront en tout cas l’occasion de chanter avec lui le 21 novembre prochain à la Coopérative de Mai pour l’un des premiers concerts de sa tournée. L’album, lui, sera disponible le 2 décembre.

Tracklist de l’album :

1. Kolly Kibber 2. Down For The Outing 3. Birdcage 4. Hell To Pay At The Gates Of Heaven 5. Flags From The Old Regime 6. I Don’t Love Anyone (But You’re Not Just Anyone) V2 7. A Spy In The House Of Love 8. Oily Boker 9. I Don’t Love Anyone (But You’re Not Just Anyone) 10. The Whole World Is Our Playground 11. She is Far

Peter Doherty – « Hamburg Demonstrations » Sortie prévue le 2 décembre 2016

Concerts au Bataclan les 16 et 17 novembre 2016, Au Bikini à Toulouse le 18 novembre et à la Coopérative de Mai à Clermont-ferrand le 21 novembre.