22 Fév

Réquisitoire dans l’affaire d’importation cocaïne entre le Brésil et la France

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Des peines allant de trois ans, dont un avec sursis, à dix ans ont été requises ce jeudi contre des membres présumés d’un réseau d’importation de cocaïne entre le Brésil et la France

 

Depuis lundi, 9 personnes sont jugées pour un trafic de cocaïne entre le Brésil et la France.

Absents du box, le fournisseur brésilien, Feliciano Lopes de Almeida dit « Luciano », impossible à localiser au Brésil, et la passeuse, Marli Boaventura Esquivel alias « Sonia », de nationalité Brésilienne, ancienne prostituée, devenue commerçante. Parmi les présents se trouvent : l’organisateur au Brésil des importations européennes, Roger Campana, ancien électricien à la mine de Meyreuil, devenu braqueur, puis, plusieurs fois condamné pour trafic de stupéfiants, extradé du Brésil en septembre 2015. Son bras droit, Eric Fontanelli dit « le blond » ancien beau-fils de Roger Campana, condamné, une fois, pour infraction à la législation sur les stupéfiants. L’organisateur du réseau en France, Gérard Cruz, entrepreneur dans le BTP installé dans l’Aude, déjà condamné pour des faits de trafic de cocaïne en 2004. L’équipe de Port de Bouc, composée de cinq membres dont Karim Belabes dit « le gros », « el gordo » ou « Ricardo », il a été extradé par la justice colombienne en janvier 2017. Et l’autre client de Gérard Cruz, Farid Benzakour, deux fois condamné dont une pour trafic de stupéfiants.

Les faits reprochés au 11 prévenus, datent de courant 2012 à mai 2013.

Plus de quatre kilos de cocaïne dans une valise

Après de plus de six mois d’enquête, d’écoutes et de filatures, les hommes de l’Octris de Marseille, interpellent, le 16 mai 2013, une femme et un homme à l’aéroport de Toulouse Blagnac. Elle vient du Brésil, lui est venu la chercher.

Marli Boaventura Esquivel est porteuse d’une valise, dans laquelle les policiers découvrent deux sachets entourés de scotch noir recouvrant l’ensemble de la
surface de la valise. Ils sont enduits d’un produit gras et odorant… 4,714 kg de cocaïne pure à 72,3%.

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Photos X DR

Gérard Cruz, l’homme qui est venu attendre Marli Boaventura Esquivel, à l’aéroport est considéré comme l’organisateur du réseau en France. Il conteste les faits reprochés et et se dit être un « aviseur » des douanes, en clair il explique avoir renseigné les douaniers sur ce trafic. Les fonctionnaires confirmeront avoir eu un contact avec lui. En revanche, « il n’avait fourni aucune information ayant permis d’aboutir à une saisie douanière. »  

« il n’avait fourni aucune information ayant permis d’aboutir à une saisie douanière. »

Aujourd’hui Gérard Cruz est détenu en Espagne. La justice française a demandé son extradition, les autorités espagnoles devraient l’extrader vers la France le 28 février prochain.

Les réquisitions contre les principaux prévenus

Dans son réquisitoire, méticuleux, la procureure de l’audience a évoqué une enquête laborieuse face à une équipe laborieuse, qui passe une valise de plus de 4 kilos de cocaïne. Sandrine Royant, a rappelé au tribunal qu’il était face à une organisation puissante, « une équipe composée de péruviens, de boliviens, de brésiliens qui a les moyens d’organiser un trafic international important, des produits qui viennent du Pérou qui ont traversé l’Amazonie. L’ombre de ces gens a plané au dessus de ce procès… » La magistrate a indiqué que le marché européen de la cocaïne c’est : 37 milliard de dollars.

le marché européen de la cocaïne c’est : 37 milliard de dollars 

Au Brésil la cocaïne pure s’achète 4500 €uros le kilo, en Europe c’est 60 à 80 000 €uros avant d’être coupée

Au Brésil la cocaïne pure s’achète 4500 €uros le kilo, en Europe c’est 60 à 80 000 €uros le kilo, avant d’être coupée« Les routes de la cocaïne évoluent et s’adaptent à la répression, aujourd’hui le Brésil est une nouvelle voie…Campana a été sollicité pour assurer la liaison entre le Brésil et la France.« 

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Roger Campana Photo X DR

Contre Roger Campana, la procureur adjointe, a requis : dix ans de prison, assortis d’une période de sûreté des deux tiers, 50 000 €uros d’amende et une amende douanière de 180 000 €uros à régler solidairement avec les autres protagonistes.

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Gérard Cruz Photo X DR

Avant de requérir contre Gérard Cruz la procureur adjointe, indiqué que son sort pénal est en suspend. Son avocat, Maître Jean-Jacques Campana a demandé, au tribunal, la disjonction de son cas, parce qu’actuellement détenu en Espagne. La justice française a demandé son extradition. Les autorités espagnoles, on indiqué ce jeudi, qu’elles devraient le remettre à la France le 28 février prochain. La magistrate a demandé à l’encontre de l’entrepreneur en BTP, dix ans de prison, 30 000 €uros d’amende et règlement solidaire de l’amende douanière de 180 000 €uros.

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Les plaidoiries des avocats de la défense commencent ce vendredi. Le jugement devrait être mis en délibéré.

14 Fév

Jacques Cassandri : « je n’ai pas du tout participé au casse de Nice »

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Jacques Cassandri Tribunal Correctionnel de Marseille le 12/02/2018 © JFGiorgetti

« Je suis très mal à l’aise devant vous, j’ai usurpé un rôle qui n’était pas le mien, je me suis laissé aller parce que j’avais des informations…je ne suis pas l’auteur de ce casse…c’est difficile de revenir en arrière et de dire que ce n’est pas vrai. »

 

Au troisième jour d’audience, ce mercredi, Jacques Cassandri dément formellement avoir participé au « casse du siècle » : « je n’ai pas participé au braquage, j’avais suffisamment d’éléments pour écrire le livre…j’ai dit que c’était moi, pour participer au succès du livre, c’était pour donner du crédit à l’éditeur, je ne voulais pas qu’il croit que je racontais des craques…j’aime écrire, ça m’a paru intéressant de coucher des détails que je connaissais de cette affaire… »

Remarque de Madame Mée, la présidente du tribunal : »c’est de la folie pure, de la fanfaronnerie mal placée ! »

»c’est de la folie pure, de la fanfaronnerie mal placée ! »

Jacques Cassandri : « non de la faiblesse ! »

« non de la faiblesse ! »

 

Cassandri livre

En 2010, paraît « la vérité sur le casse de Nice » (édition les Petits Matins) sous le pseudonyme Amigo. En réalité, l’auteur est Jacques Cassandri, ce qu’il ne n’a jamais contesté. Dans cet ouvrage il donne des détails très précis, sur le « casse du siècle », et raconte, comment avec ses complices, il a en juillet 2016, percé un tunnel de huit mètres de long, depuis les égouts, et fracturé plus de 300 coffres de la succursale de la société générale de Nice.

Jusqu’à la parution de l’ouvrage, l’organisation de ce holdup up était attribuée à Albert Spaggiari.

La publication de ce livre, a déclenché une enquête judiciaire qui a abouti à ce procès dans lequel, Jacques Cassandri, âgé aujourd’hui de 74 ans, toujours inscrit au fichier du grand banditisme, est jugé depuis lundi avec 12 autres personnes, dont sa femme et ses enfants.

La justice lui reproche d’avoir blanchi et investi une partie du butin, soit 46 millions de francs, l’équivalent de 29 millions d’€uros, aujourd’hui.

Dans cette affaire, le vol est prescrit, les faits datent de 1976. En revanche, le blanchiment est une infraction continue que la justice poursuit lorsqu’elle en prend connaissance.

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Jacques Cassandri en compagnie de son avocat Maître Monneret ©JFGiorgetti

Le chef du clan a passé plusieurs heures, ce mercredi, à répondre aux nombreuses questions de la présidente Mée, notamment sur ses investissements immobiliers en Corse et sur le continent, à propos de la comptabilité des nombreux commerces et restaurants, sur les flux financiers illicites, le patriarche répond : »je suis financièrement honnête, par contre je ne suis pas complètement rigoureux en ce qui concerne la législation… »

»je suis financièrement honnête, par contre je ne suis pas complètement rigoureux en ce qui concerne la législation… »

Au sujet de soupçons d’extorsion sur un projet de construction d’une résidence de tourisme, à Conca, sur la côte orientale de la Corse, il répond à la magistrate : je n’ai pas d’ennemis, je jouis d’une réputation et d’un certain charisme, je n’ai pas de réputation sulfureuse, je n’ai pas besoin d’une kalachnikov pour me faire respecter, à Marseille on dit de moi que je suis un brave mec, je ne fais pas de mal. »

je n’ai pas d’ennemis, je jouis d’une réputation et d’un certain charisme, je n’ai pas de réputation sulfureuse, je n’ai pas besoin d’une kalachnikov pour me faire respecter, à Marseille on dit de moi que je suis un brave mec, je ne fais pas de mal. »

 

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© JFGiorgetti

L’emblématique patron du « son des guitares », une célèbre boîte de nuit marseillaise, est soupçonné notamment de blanchiment aggravé et de non justification de ressource. Il encourt au maximum dix ans de prison et la confiscation de tous ses biens.

L’épouse et les enfants de Jacques Cassandri seront entendus ce jeudi et le réquisitoire devrait être prononcé dans l’après-midi.

13 Fév

Les affaires immobilières de Jacques Cassandri en Corse

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Jacques Cassandri en compagnie son avocat Maître Monneret le 13/02/2018 © JFGiorgetti

 

Au deuxième jour du procès de la famille Cassandri et des membres de son clan, le tribunal aborde le volet Corse de l’affaire

A la barre en ce mardi après-midi du deuxième jour du procès, le maire DVD de Conca (Corse du Sud).

Dans cette affaire, la justice reproche, notamment, à François Mosconi, dit « Fanfan », des faits de trafic d’influence et de blanchiment aggravé qui datent de 2009 et 2010.

L’édile, âgé de 74 ans, ancien président du conseil de surveillance d’Air Corsica, a des difficultés à marcher, en revanche il s’exprime clairement et posément face au tribunal. Il indique aux juges être le premier magistrat de son village de 100 habitants depuis 1977, « je n’ai pas d’opposant. ». Seule une condamnation pour prise illégale d’intérêt l’a empêché de diriger sa commune entre 2002 et 2006.

 Le terrain de Favone

La présidente de la sixième chambre du tribunal correctionnel de Marseille lui demande quelle est la nature de ses relations avec Jacques Cassandri, réponse :

« Jacques Cassandri, pour moi c’était un porte-parole, du promoteur immobilier. « 

Jacques Cassandri, associé dans une entreprise marseillaise, nommée Campemu a l’usu corsu (nous vivons à la manière corse) servait d’intermédiaire entre la commune de Conca et une société de promotion immobilière irlandaise qui avait, en 2008, le projet de construire une résidence de tourisme sur le terrain de Favone.

Selon l’enquête, Jacques Cassandri aurait demandé un million d’€uros, à Paul Blanchfield (le promoteur irlandais) pour effectuer sa mission. Au final 65 000 €uros seront versés.

Une partie du projet immobilier débordait sur une zone inondable en dehors de la carte communale. Les services de l’Etat tardent à donner une réponse pour la validation du permis de construire.

François Mosconi rencontre dans un restaurant à Paris, Abderrahmane Dahmnane qui se présente comme conseiller spécial, à l’Elysée de 2007 à 2009, chargé de l’intégration des français issus de l’immigration. L’élu corse, lui fait part de ses difficultés notamment sur trois projets immobiliers dont celui de Favone. Le conseiller demande de rédiger une note. Quelques semaines plus tard, Abderrahmane Dahmnane, appelle le maire de Conca pour lui indiquer que la note a été transmise à Claude Guéant, alors secrétaire général de l’Elysée sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Les enquêteurs trouveront, dans le bureau de François Mosconi,

une lettre de remerciement adressée à M Guéant.

Madame Mée, la présidente du tribunal indique que le projet débordait sur une partie d’un terrain non constructible. Elle rajoute que le sous-préfet de Sartène a été interrogé, et qu’il ne se souvient pas de ce dossier. La magistrate rajoute : c’était, semble-t-il, un des plus gros projets de Corse c’est étonnant qu’il ne s’en souvienne pas… »

Au sujet des 150 000 €uros que devait toucher, François Mosconi, sur ce projet, le maire de Conca se dit très en colère :

« il n’a jamais été question que je sois rémunéré…je suis bien connu en corse, tout le monde sait que je ne mange pas de ce pain-là… »

Au final le projet immobilier ne verra jamais le jour.

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©JFGiorgetti

 

Le terrain de Tarco

Un autre projet immobilier liant Jacques Cassandri et François Mosconi est évoqué dans cette affaire.

Cette fois-ci, il s’agit d’un projet de construction de 14 villas.

Dans cette opération le maire intervenait auprès du promoteur italien pour qu’il vende le terrain à Jacques Cassandri durant l’été 2010. François Mosconi indique avoir servi d’interprète entre les deux hommes. La présidente Mée souligne : vous allez loin dans la traduction. On voit que vous essayez de donner la priorité à Monsieur Cassandri… »

François Mosconi  :

« comme il y avait le projet Favone, je préférais que M. Cassandri prenne le terrain… »

La présidente : on voit que vous participez à une opération de blanchiment, on voit que vous représentez les intérêts de Monsieur Cassandri… 

cette démarche que vous relayez est discutable.»

François Mosconi explique, qu’il n’était pas intéressé au projet et qu’en tant qu’élu, il fait l’objet de nombreuses demandes d’interventions « on me fait des demandes farfelues…par rapport à certains élus,

je suis accessible, c’est dans ma nature… »

Le procès continue ce mercredi. Jacques Cassandri et sa famille seront notamment interrogés sur l’origine de leur fortune et la justification de leur patrimoine qui comprend différents biens immobiliers, des restaurants et la boîte de nuit Le Son des Guitares installée dans le quartier de l’opéra à Marseille.

JFGiorgetti

08 Fév

Menacé d’expulsion, l’imam de la mosquée salafiste de Marseille, fermée par le préfet, obtient le renvoi de son affaire

 

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L’imam El Hadi Doudi
Le 8 février 2016 au TGI de Marseille 
©JFGiorgetti

 

Le préfet des Bouches du Rhône a demandé son expulsion, la commission départementale d’expulsion des étrangers composée de trois juges, dont un conseiller du tribunal administratif de Marseille, a renvoyé l’audience au 7 mars.

El Hadi Doudi, l’imam algérien de la mosquée As Sounna, installée dans le centre-ville de Marseille, a obtenu le renvoi, à la demande de son avocat. Le défenseur a indiqué avoir reçu le dossier trois jours avant la date de l’audience prévu ce jeudi matin. Maître Nabil Boudi, a souhaité ce délai supplémentaire, pour prendre connaissance de l’ensemble des pièces du dossier.

 

Fermeture de la mosquée

Le 11 décembre 2017, le ministre de l’intérieur, par l’intermédiaire du préfet de police des bouches du Rhône a ordonné la fermeture, pour une durée de six mois, de la mosquée, salafiste, As Sounna, installée dans le centre-ville de Marseille en raison de prêches radicaux tenus par El Hadi Doudi.

Le préfet reproche à l’imam d’être une référence du salafisme et d’avoir tenu, notamment, lors de prêches, des propos incitant à la haine, la violence ou d’apologie d’actes de terrorisme, ainsi que sur son site internet http://assalafia.com/ . Et de diffuser auprès des habitants du quartier, une idéologie contraire aux principes républicains et véhicule des messages appelant à la discrimination.

La commission départementale d’expulsion des étrangers rendra, le 7 mars, un simple avis. La décision d’éloignement, sera prise par le ministre de l’intérieur.

 

 

 

17 Jan

Une partie de la valse des millions d’€uros blanchis transitait par le Sud de la France. Dernier jour.

 

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Les billets saisis par les douaniers le 26 septembre 2015 © Douanes Françaises

 

Réquisitions et jugement au dernier jour du procès à Marseille, de cette affaire de 83 millions d’€uros en espèces, blanchis. Des fonds « bancarisés », dans des banques slovaques, qui se sont ensuite « volatilisés » dans les méandres complexes des banques chinoises ou de Hong-Kong

 

Après trois jours d’audience, les juges de la chambre économique du tribunal correctionnel de Marseille ont rendu leur décision.

Les trois hommes sont reconnus coupables, notamment, de blanchiment en bande organisée.

5 ans de prison contre Hasen El Abed. Ce Syrien, résidant en Hongrie, est condamné pour avoir été au centre du système de blanchiment de plus de 83 millions d’€uros.

Il a été arrêté en septembre 2015, par les douaniers, au col du Perthus, à la frontière franco-espagnole, au volant de sa voiture. Les fonctionnaires, ont découvert plus de 1,9 millions d’€uros en espèces cachées dans le coffre. L’homme de 52 ans a affirmé que ces espèces étaient destinées à un investissement en Espagne pour sa société allemande.

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  © JFGiorgetti

Par la suite il a expliqué que tout cet argent était collecté auprès de commerçants chinois du marché de quatre tigres de Budapest pour être déposé sur le compte de 14 sociétés ouverts dans des banques slovaques. Ces sommes étaient, ensuite, dirigées vers la Chine ou à Hong Kong. L’enquête n’a pas permis de connaître l’origine, ni la destination finale des fonds.

18 mois de prison contre Karoly Abdul-Karim Borbely, il dit connaître Hasen El Abed depuis vingt ans. Converti à l’islam, ce médecin qui a suivi ses études en Russie a vécu pendant quinze ans en Syrie. Dans cette affaire, il a été tour à tour chauffeur pour un salaire de 1000 €uros par mois, et a réalisé des repérages commerciaux en Espagne, pour son ami qui souhaitaient réaliser des projets dans le domaine du tourisme.

1 an de prison pour Zoltan Gyorgy Rötzer qui était à la fois chauffeur et gérant de paille des sociétés fictives.

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 © JFGiorgetti

Plus tôt dans la matinée, dans son réquisitoire, le procureur, Ludovic Leclerc, a décrit « un système opaque de blanchiment qui a pour origine de dissimuler l’origine des fonds et leur destination… » et regretté que l’enquête « n’avait pas permis de savoir d’où provenaient ces sommes considérables collectées en Europe et placées dans des banques slovaques pour être aussitôt transférées en Asie… »

Et de rajouter : « on a devant nous un système bien structuré, opaque avec des mouvements de fonds, sans motif économique, mais dédiés à la dissimulation, c’est une nébuleuse ! »

Contre Hasen El Abed, celui qu’il présente comme étant au centre de ce système de blanchiment, « qui rayonne partout…il a véritablement un réseau important en Europe, en Asie et au proche Orient, c’est sur lui que l’on retrouve les deux millions. » Le magistrat a requis sept ans de prison

Contre Karoly Abdul-Karim deux ans de prison et un an contre Zoltan Rötzer.

JFGiorgetti

16 Jan

Une partie de la valse des millions d’€uros blanchis transitait par le sud de la France

 

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Deuxième jour du procès à Marseille, de cette affaire de 83 millions d’€uros en espèces, blanchis. Des fonds « bancarisés », dans des banques slovaques, qui se sont ensuite « volatilisés » dans les méandres des banques chinoises ou de Hong-Kong

 

Après l’évocation, hier, de l’enquête ayant conduit les trois prévenus dans le box, deux d’origine hongroise et un de nationalité syrienne porteur d’un titre de séjour suédois et vivant en Hongrie. La journée de ce mardi a été consacrée aux explications.

Tous les trois doivent répondre notamment de blanchiment d’argent en bande organisée. Ils encourent au maximum dix ans de prison.

Aucun des trois hommes ne parle le français. Des interprètes assurent les traductions entre le box et le tribunal.

 

Des repérages commerciaux en Espagne

Le premier à s’exprimer, c’est Karoly Abdul-Karim Borbely. Cet homme de 52 ans, visage rond, portant des lunettes, né à Zirc en Hongrie, qui a fait des études de médecine en Russie, explique aux juges qu’il est allé plusieurs fois en Espagne, à Madrid et à Barcelone, pour faire « des repérages commerciaux » afin de voir des « endroits propices dans le tourisme » pour son ami Hasen El Abed, qui avait « de grands projets ». En même temps, cet homme dit avoir été l’un des chauffeurs du réseau, pour un salaire de 1000 €uros par mois.

Christine Mée, la présidente du tribunal s’étonne des réponses du quinquagénaire : « Dans le dossier, je ne vois aucune démarche effectuée pour créer une société, aucune démarche pour ouvrir un compte bancaire. Ça fait beaucoup de voyages pour pas grand-chose…et pour se rendre compte que Mr El Abed ne peut pas déposer 2 millions d’€uros en espèces sur un compte d’une banque espagnole. Tout ça pour ça ! »

Le Procureur, Ludovic Leclerc, s’étonne aussi des réponses imprécises du prévenu : « on a toujours du mal à comprendre la nature précise de ces projets. Vous avez parlé de bureau de change,, d’agence de voyages… »

Réponse : « il fallait que je vérifie la vivacité du tourisme dans ces villes, le reste n’était pas mon idée ni ma décision, je n’ai pas pris de photo… »

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« J’ai été énormément bête ! »

Puis c’est au tour de Zoltan Gyorgy Rötzer, le teint pâle, portant survêtement gris. Cet homme de 43 ans né à Budapest en Hongrie, exerçant la profession de gérant de société dit avoir été, lui aussi, chauffeur du réseau pour un salaire de 1000 €uros.

Première question de la présidente : « vous avez dit : je sais que les personnes qui apportaient l’argent étaient des religieux qui portaient la barbe fournie. Pour quoi avoir dit ça ? »

Réponse : « ce ne sont pas mes déclarations. C’est l’interprétation des policiers. Je ne sais pas voir si quelqu’un est religieux ou pas. »

Madame Mée, précise qu’il fait l’objet de l’équivalent de la fiche « S » dans son pays d’origine. Le prévenu se défend en indiquant avoir appris par le juge français qu’il faisait l’objet d’un tel fichage, et ne comprend pas pourquoi. La président rajoute, que sa sœur est mariée à un syrien.

Réponse « je connais les syriens, mais sans plus, je ne sais pas si le mari de ma sœur a des connaissances de terroristes ou quoi que ce soit… »

Le Procureur, demande si Monsieur El Abed était au sommet de l’organisation ?

Réponse : « je ne me suis pas posé la question Monsieur El Abed a dit ce qu’on avait à faire. Je ne me suis pas posé d’autres questions…je prends la responsabilité de ce que j’ai fait, j’ai été énormément bête… »

 

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« Je ne savais pas que l’argent liquide était contraire à la loi ! « 

Dernier à s’exprimer, Hasen El Abed. Ce syrien de 53 ans, trapu, les sourcils broussailleux portant des lunettes et un pull aux tons gris, est présenté comme le chef de ce réseau de collecte et de blanchiment de dizaines de millions d’€uros.

La Présidente s’adresse au principal prévenu : « vous avez beaucoup varié dans vos déclarations, on a du mal à retracer votre situation. »

Réponse : « Dans ma famille on travaille dans l’immobilier à Alep. Je suis parti en Hongrie en 1995, parce que je suis contre le gouvernement de Bachar El Assad et que j’ai participé à des manifestations. Pour les Syriens, venir en Hongrie, c’est plus facile pour travailler. »

Après les questions sur la personnalité du prévenu, Christine Mée, aborde l’aspect technique des faits reprochés. La Présidente pose des questions, les réponses sont évasives. Elle lit des procès-verbaux d’auditions. Hasen El Abed donne des réponses évasives, se contredit, dit le contraire dans la même phrase. Cette attitude exaspère la magistrate qui finit par dire »je crois qu’on va s’arrêter là, parce que ça va devenir n’importe quoi. » La juge pose encore quelques questions, notamment sur les propos d’Hasen El Abed tenus, au téléphone, dans sa cellule sonorisée, où le prévenu continue à gérer ses affaires. Hasen El Abed ne se souvient pas de ce qu’il a dit en février 2016.

Pour terminer Hasen El Abed s’adresse au tribunal : « j’étais de passage en France, je ne savais pas que l’argent liquide était contraire à la loi, ni un crime. Si j’avais su que c’était illégal, je ne serai pas passé. Je n’ai aucun rapport avec qui que ce soit qui travaille dans l’illégal. Ayez pitié ! J’ai cinq enfants, ça fait vingt-huit mois que je suis en prison. »

Le procureur, devrait prononcer son réquisitoire ce mercredi matin.

 

JFGiorgetti

 

15 Jan

Une partie de la valse des millions d’euros passait par le sud de la France

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Ouverture, ce lundi, au tribunal correctionnel de Marseille du procès de trois hommes soupçonnés de blanchiment en bande organisée.

Deux millions d’Euros saisis, 83 millions identifiés, 225 millions de chiffre d’affaires annuel estimé ; pour un réseau hongrois de collecte de fonds à travers l’Europe.

Ces sommes astronomiques d’abord déposées dans des banques slovaques, puis virées sur des comptes en Asie, en Chine. Ensuite, ces montants reviennent sur des comptes de diverses sociétés fictives installées en Turquie, Arabie Saoudite, Emirats Arabes Unis, Espagne, Hongrie, Slovaquie, Belgique et Portugal.

Tout commence, le 26 septembre 2015 au col du Perthus, le point de passage entre l’Espagne et la France. Une voiture immatriculée en Allemagne est contrôlée par les douaniers. Le conducteur, un syrien, porteur d’un titre de séjour suédois, vivant en Hongrie, dit ne rien avoir à déclarer. Les fonctionnaires décident de fouiller le véhicule et découvrent, cachés, dans le coffre plusieurs liasses de billets de banque, pour un montant total de 1 918 460 €uros.

Rapidement, les douaniers découvrent qu’Hasen el Abed est concerné par plusieurs procédures pénales financières en Hongrie, et qu’il est à la tête d’un vaste réseau de collecte d’espèces, ensuite virées sur les comptes de sociétés façades installées dans les pays de l’est.

Les deux autres protagonistes de cette affaire : Karorly Abdul-Karim Borbely, un médecin syrien qui a quitté son pays à cause de la guerre, pour vivre en Hongrie, et a accepté de rendre des services à son ami de vingt ans. Zoltan Gyorgy Rötzer, hongrois, homme de paille qui a accepté de devenir prête nom de plusieurs sociétés.

Tous les deux, venus de Hongrie pour témoigner en faveur d’Hasen El Abed, ont été mis en examen et incarcérés dans cette affaire.

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 « 225 millions d’€uros, chiffre d’affaires annuel estimé pour le réseau…

Des masses phénoménales de numéraires. « 

 

L’enquête va révéler qu’il s’agit d’un vaste réseau de collecte de fonds, bien organisé et composé d’une dizaine de personnes. Ces mêmes sommes étaient versées sur des comptes ouverts dans des banques slovaques.

L’instruction a pu chiffrer le montant sur les seules structures identifiées à plus de 83 millions d’€uros toutes monnaies confondues et ce en l’espace d’une année, d’octobre 2014 au 26 septembre 2015. Ces sommes « sont ensuite systématiquement virées vers des structures commerciales asiatiques en dehors de toute logique commerciale, de toute considération d’objets sociaux ». dit le juge d’instruction dans son ordonnance de renvoi, qui ajoute : « que ce processus de compensation ne permet pas de tracer plus avant les flux bancaires…que l’on constate toutefois des flux avec le moyen orient l’Arabie Saoudite et le Emirats Arabes Unis, des retours vers l’Europe…Attendu que l’origine précise des masses phénoménales de numéraires ainsi converties, et dissimulées, dans les circuits bancaires mondialisés n’a pu être déterminée à l’issue de l’information. » En d’autres termes, la justice a perdu la trace des fonds.

Toutefois le magistrat indique qu’à l’échelle d’une année, il a « entrevu un chiffre d’affaires interlope de 225 millions d’€uros, sur la base de 205 jours ouvrés. »

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Suspicions de liens avec le trafic de clandestins

ou avec le milieu de l’islamisme radical

 

L’enquête a permis aussi de découvrir que la totalité des membres de ce réseau fait l’objet de l’équivalent hongrois de la fiche « S ». Ils sont tous inscrits au fichier Tek Lek, que Karorly Abdul-Karim Borbely pratique l’islam de manière fervente et qu’il a été signalé comme détenu radicalisé à la prison des Baumettes.

Hasen El Abed, d’après un renseignement Europol a des liens avec des filières d’immigration clandestines de Budapest. Qu’il voyageait régulièrement dans l’Europe entière et aussi en Turquie et au Liban. Selon l’administration pénitentiaire, il est suspecté de prêcher dans sa cellule et de fédérer autour de lui des détenus radicalisés.

Le profil de ces trois hommes pourrait intéresser la section antiterroriste du parquet de Paris

Ils encourent au maximum 10 ans de prison.

Le procès doit se terminer mercredi 17 janvier et le jugement sera mis en délibéré.

 

JFGiorgetti

02 Juil

Verdict procès casinos braqués : un acquitté, deux condamnés à 17 ans

 France 3 Provence Alpes

France 3 Provence Alpes

Après un délibéré qui a duré presque 8 heures, les jurés de la cour d’assises des Bouches du Rhône ont, ce vendredi 30 juin 2017, condamné deux hommes à 17 ans de réclusion criminelle et acquitté un troisième.

© France 3 Provence Alpes

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Paul Giorgi a été condamné à 17 ans de réclusion criminelle. L’avocat général avait requis contre lui 30 ans

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Tout comme son ami Paul Giorgi, Ghalem Zoughani a été condamné à 17 ans de réclusion criminelle. L’avocat général avait réclamé contre lui, 30 ans

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Sylvain Palmisano a été acquitté. L’avocat général avait demandé qu’il soit condamné à 30 ans de réclusion criminelle.

L’ex accusé est ressorti libre de la salle de la cour d’assises

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Les trois hommes étaient accusés d’avoir braqué les casinos de Cassis et à deux reprises celui d’Aix en Provence. Le mode opératoire, des individus armés de kalachnikov, portant les tenues vestimentaires similaires aux trois attaques a permis aux enquêteurs, de déterminer qu’il s’agissait de la même équipe de braqueurs. Lors du dernier braquage, celui du casino d’Aix en Provence, le commando n’a pas hésité, pour protéger leur fuite, à tirer des rafales sur des policiers.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Près de huit heures de délibéré pour un verdict. La cour d’assises des Bouches du Rhône a condamné vendredi 30 juin 2017, deux hommes à 17 ans de réclusion criminelle pour trois attaques de casinos entre février et juin 2011.

 

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Ghalem Zougani a été condamné à 17 ans de Réclusion Criminelle. L’avocat général avait réclamé à son encontre 30 ans.

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Paul Giorgi a écopé de la même peine que son ami Ghalem Zougani. L’avocat général avait réclamé contre lui 30 ans de réclusion criminelle.

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Les jurés de la cour d’assises d’Aix en Provence n’ont pas suivi les réquisitions de l’avocat général. Ils ont acquitté Sylvain Palmisano qui est ressorti libre de la salle d’audience.

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Les Casinos de Cassis et d’Aix en Provence à deux reprises ont été braqués par une équipe bien préparée et très organisée, entre février et juin 2011. A chaque fois le commando, armé de kalachnikov, présentait des similitudes dans le mode opératoire et dans les tenues vestimentaires.

 

 


 

27 Juin

La personnalité des trois hommes jugés pour des braquages de casinos

Depuis le 22 juin, trois hommes sont jugés par la cour d’assises d’Aix en Provence pour trois braquages de casinos. Les faits datent de février à juin 2011. Une fois le casino de Cassis et deux fois celui d’Aix en Provence

Les tois accusés

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Ghalem Zougani, né à Marseille, le 17 décembre 1973, âgé de 43 ans, ne connaît pas l’histoire de ses parents. Issu d’une famille de six enfants, il a été placé dans un foyer de la DDASS dès l’âge de deux mois, puis dans différents foyers de la région, jusqu’à l’âge de 20 ans. Au cours de son adolescence, Ghalem Zougani, a fréquenté un centre de délinquants marseillais. Déscolarisé dès la 5ème, à cause de son comportement, il aurait passé un CAP coiffure avant un service volontaire long à La Réunion dans la Marine Nationale, qu’il a tenté d’intégrer. Sa candidature n’a pas été retenue selon lui :« je n’avais pas le profil ». « J’ai pratiqué la boxe et football. »

« je n’avais pas le profil ».

Toujours selon Ghalen Zougani, jusqu’en 2005, il n’a pas rencontré de problèmes avec la police ni la justice. De 1997 à 2002 après différents emplois en cdd, il obtient un cdi en tant que chauffeur de poids lourds : « au bout de quatre mois, l’employeur m’a viré, car je ne faisais pas partie du moule…Depuis 2002, j’ai arrêté le travail…après, je me suis dit qu‘il y avait d’autres façons pour gagner sa vie…en 2005, j’ai été mis en examen pour un vol à main armée pour une attaque de fourgon blindé…j’ai toujours crié mon innocence…j’ai été condamné à trois de prison… à la maison d’arrêt de Luynes, j’ai connu Giorgi, Distanti et Anigo, avec qui je n’avais aucune relation… Je ne connais pas Palmisano. A ma sortie de prison, il a été difficile de trouver du travail, je me suis inscrit au chômage, j’ai fais des gâches, je me suis inscrit à des formations, c’est tout. » « on voit qu’il n’y a que des échecs dans vie…une succession d’échecs! » Au cours d’un entretien avec un expert psychologue, en juillet 2012, Ghalem Zougani dit « je suis anéanti, fini; ma vie s’arrête là; je vais sortir à 45 ans; les flics me tueront la prochaine fois… »

les flics me tueront la prochaine fois…

Le casier judiciaire de Ghalem Zougani porte la trace d’une seule condamnation prononcée par la cour d’assises d’appel de Nice le 6 janvier 2011. trois ans d’emprisonnement pour des faits de complicité de vol en bande organisée avec arme.

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Paul Giorgi, né à Marseille, le 12 février 1979, âgé de 40 ans, marié, père d’un enfant, a grandi dans le quartier Consolat au nord de la ville. Il a vécu principalement chez sa grand-mère maternelle. D’après ses déclarations, recueillies au cours d’un interrogatoire de personnalité, sa mère n’a pas pu s’occuper de lui, parce qu’elle avait été victime d’un accident et qu’elle se droguait; elle s‘est suicidée alors qu’il avait avait 18 ans. Paul Giorgi, dit avoir arrêté l’école à la fin de la 4ème et avoir « commencé à traîner dans le quartier .. » Plusieurs fois condamné alors qu’il était mineur, notamment pour vol de voiture « c’était pour faire les beaux devant l’école… » il a été suivi par les services de la Protection Judiciaire de la Jeunesse jusqu’à ses 18 ans. Paul Giorgi dit devant la psychologue, en juillet 2012, qu’après 18 ans « ça a été la prison, encore la prison; mais ce n’est pas une excuse… »

après 18 ans « ça a été la prison, encore la prison; mais ce n’est pas une excuse… »

Le Casier judiciaire de Paul Giorgi porte neuf condamnations entre 1997 et 2006. Il a été condamné en 2006 à sept ans de prison par le tribunal correctionnel d’Aix en Provence pour le braquage d’un supermarché à Ensues la Redonne.

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Sylvain Palmisano, né à Marseille le 22 octobre 1976, âgé de 40 ans, père d’un enfant de 16 ans.

La mère de Sylvain Palmisano ne parvenant pas à assurer matériellement l’éducation de son fils, à cause de son alcoolisme, il a été placé très jeune dans des foyers de la DDASS, puis a vécu alternativement, chez son père, chez ses grands-parents et en famille d’accueil. Il dit avoir grandi au parc Kalliste dans les quartiers nord de la ville. Sa scolarité s’arrête en 4ème, ensuite il passe un CAP en pâtisserie, avant d’être obligé d’arrêter le métier, en raison d’une allergie à la farine. Le jeune homme souffrait de crises d’asthme. A l’âge de 16 ans, il vit en couple avec la mère de son fils Frédérick né en 2001. Ensuite, il occupe des emplois de gardien et réceptionniste dans un centre médical, le poste a été supprimé, dans un magasin de pneumatiques, jusqu’à ce que le commerce ferme

.Je suis parti par la fenêtre, sans aide, sans préméditation

Le casier judiciaire de Sylvain Palmisano porte 11 mentions. Les premières condamnations sont prononcées vers l’age de 15 ans. Entre 2000 et 2010, il est incarcéré pour différents délits, notamment des faits de vols de véhicules. En septembre 2001, il s’évade« j’étais à l’hôpital pour des opérations dentaires que j’avais payé, j’ai vu une barre avec laquelle, j’ai brisé mes entraves aux pieds. Je suis parti par la fenêtre, sans aide, sans préméditation…je suis resté 5-6 mois en cavale… »  En avril 2003, Sylvain Palmisano est condamné à sept ans de prison pour plusieurs vols avec armes.

Il dit ne pas connaître ses coaccusés. Il comparaît libre à ce procès, les deux sont détenus.

Les trois quadragénaires contestent les faits de vols avec armes en bande organisée et de violences volontaires reprochés.

Paul Giorgi encourt au maximum vingt ans de réclusion criminelle.

Ghalem Zougani et Sylvain Palmisano encourent la réclusion criminelle à perpétuité parce qu’ils son en situation de récidive légale.

 

L'avocat Général Pierre Cortes ©France 3 Provence Alpes

L’avocat Général Pierre Cortes
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L’avocat général Pierre Cortes, devrait prononcer son réquisitoire jeudi 29 juin.

Le verdict est attendu le 30 juin.

 

21 Juin

Trois hommes accusés de trois braquages de casinos jugés par la cour d’assises d’Aix en Provence

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Le casino de Cassis braqué une fois, puis, deux fois celui d’Aix en Provence, entre février et juin 2011, par une équipe dont les membres sont décrits par les témoins comme « sereins et bien préparés ».

Montant total du butin : plus de 370 000 €uros

Au cours du dernier braquage, à Aix en Provence, ils n’ont pas hésité à tirer sur les policiers pour protéger leur fuite.

©PHOTOPQR/LA PROVENCE:SPEICH F. CASSIS LE 05 03 2002 Vue exterieure du casino de jeux de Cassis mars 2002 (MaxPPP TagID: maxnewsworldthree192495.jpg) [Photo via MaxPPP]

©PHOTOPQR/LA PROVENCE:SPEICH F. CASSIS LE 05 03 2002
Vue exterieure du casino de jeux de Cassis mars 2002 (MaxPPP TagID: maxnewsworldthree192495.jpg) [Photo via MaxPPP]

Une régularité métronomique. Un mode opératoire identique.

Une attaque tous les deux mois, de février à juin 2011

A chaque fois, les membres du commando cagoulés, gantés, armés de kalachnikov et équipés de gilets pare-balles, l’un d’eux porte un masque de plongée. Leurs poignets et chevilles enroulés dans du ruban adhésif.

Un des malfaiteurs est muni d’un chronomètre pour contrôler le « timing » de l’opération.

A chaque fois, l’utilisation de voitures de marque BMW. Les mêmes expressions utilisées pendant les braquages « A terre ! A terre ! Le premier qui bouge, je le tue! »

A terre ! A terre ! Le premier qui bouge, je le tue!

Dès les premiers éléments recueillis, notamment sur les vidéosurveillances, les policiers acquièrent la conviction qu’il s’agit de la même équipe chevronnée qui a mené les opérations. Les enquêteurs constatent « de manière évidente » que ces braquages sont parfaitement préparés et chronométrés. Avec des effectifs variables « en fonction de l’importance de la cible.»

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Les attaques

27 février 2011, casino de Cassis.

opération parfaitement organisée et chronométrée

Vers une heure du matin, trois hommes cagoulés, gantés, porteur de gilets pare-balles et armés de kalachnikov et d’un fusil à canons sciés font irruption dans l’établissement. Ils crient : « A terre ! A terre ! » Les poignets et les chevilles entourés de ruban adhésif. L’un d’eux reste à l’entrée, les deux autres se séparent pour vider les coffres et les caisses de la salle de jeux traditionnels et des machines à sous. Durée de l’opération un peu moins de quatre minutes. Les policiers qualifient cette opération de « parfaitement organisée et chronométrée… » Butin : 102 050 €uros.

Seule ombre au tableau, le responsable de la sécurité à l’entrée du casino, reçoit un coup de crosse au visage.

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18 avril 2011, casino d’Aix en Provence

A 2 heures du matin, quatre individus Cagoulés, gantés, porteurs de gilet pare-balles, poignets et chevilles entourés par du ruban adhésif, armés de kalachnikov et d’un fusil à canons sciés, entrent en courant dans le casino d’Aix en Provence.

Trois autres hommes restent à l’extérieur, l’un fait le guet, un fusil de chasse à la main et vêtu d’un gilet pare-balles. Les deux autres sont au volant des deux BMW.

A l’intérieur le groupe se sépare, deux se dirigent vers les caisses et les coffres de la salle de jeux traditionnels en criant « A terre ! A terre ! ». Les autres s’occupent de l’espace des machines à sous. Les deux voitures repartent en direction de l’autoroute de Marseille

Butin : 129 275 €uros

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26 juin 2011 casino d’Aix en Provence

1h35, quatre hommes armés, entrent dans l’établissement qui se trouve à quelques centaines de mètres du commissariat de police d’Aix en Provence. Ils sont habillés et armés de la même manière que lors des deux précédentes attaques. Cinq minutes plus tard l’alerte est donnée par un policier présent sur les lieux et qui n’est pas en service. Un équipage de la Brigade Anti Criminalité, se positionne, dans le rond-point situé juste au-dessus du casino. L’homme chargé de faire le guet, repère la présence des policiers, ouvre le feu et tire plusieurs rafales dans leur direction. Un fonctionnaire est blessé au bras. Pendant la fusillade, les braqueurs parviennent à s’échapper. Dans leur fuite, les malfaiteurs, interceptent un 4×4 dans lequel se trouve un couple, qui, sous la menace, est obligé d’abandonner le véhicule. La BMW est incendiée sur place et le 4×4 est retrouvé carbonisé un peu plus tard dans la nuit.

Butin : 139 744 €uros.

©PHOTOPQR/LA PROVENCE/ S MERCIER Aix en Provence LE 26/06/2011 Braquage par un commando arme de cinq hommes du Casino ( Pasino ) d'Aix en Provence appartenant au groupe Partouche , surpris par les policiers en sortant de l'etablissement avec leur butin, une fusillade a eu lieu devant le Pasino. Un policier a ete touche et blesse au bras par balles. Les malfaiteurs ont fait bruler leur voiture avant de voler un vehicule pour s'enfuir . Les recherches de police se sont dirigees vers un camping de Saint Mitre les Remparts . (MaxPPP TagID: maxnewsworldthree235188.jpg) [Photo via MaxPPP]

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Aix en Provence LE 26/06/2011
Braquage par un commando arme de cinq hommes du Casino ( Pasino ) d’Aix en Provence appartenant au groupe Partouche , surpris par les policiers en sortant de l’etablissement avec leur butin, une fusillade a eu lieu devant le Pasino.
Un policier a ete touche et blesse au bras par balles.
Les malfaiteurs ont fait bruler leur voiture avant de voler un vehicule pour s’enfuir . Les recherches de police se sont dirigees vers un camping de Saint Mitre les Remparts .
(MaxPPP TagID: maxnewsworldthree235188.jpg) [Photo via MaxPPP]

une pluie d’étoiles filantes

Les policiers de la BAC, qui ont essuyé les rafales, expliquent, avoir vu passer des balles traçantes au-dessus de leur tête. L’un d’eux dit avoir vu passer « une pluie d’étoiles filantes ». Un autre, indique «  que c’est un vrai miracle, car les malfaiteurs savaient sur qui ils tiraient et voulaient couvrir leur fuite à n’importe quel prix. » Un troisième, décrit l’attitude des malfaiteurs « …il ne s’agit pas de gamins, ils semblaient speed et faisaient preuve de sang-froid… »

il ne s’agit pas de gamins, ils semblaient speed et faisaient preuve de sang-froid

Au cours des auditions des salariés, certains, ont observé que les braqueurs étaient très sereins, qu’ils semblaient bien préparés… ». Un caissier dira, avoir « tout de suite reconnu » la voix d’un des malfaiteurs : « je suis sûr à 100 % que cet individu était présent lors du vol à main armé dans la nuit du 17 au 18 avril 2011 » car l’homme utilisait les mêmes phrases. Notamment « le premier qui bouge, je le tue ! »

©PHOTOPQR/LA PROVENCE/ S MERCIER Aix en Provence LE 26/06/2011 Braquage par un commando arme de cinq hommes du Casino ( Pasino ) d'Aix en Provence appartenant au groupe Partouche , surpris par les policiers en sortant de l'etablissement avec leur butin, une fusillade a eu lieu devant le Pasino. Un policier a ete touche et blesse au bras par balles. Les malfaiteurs ont fait bruler leur voiture avant de voler un vehicule pour s'enfuir . Les recherches de police se sont dirigees vers un camping de Saint Mitre les Remparts . (MaxPPP TagID: maxnewsworldthree235179.jpg) [Photo via MaxPPP]

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Aix en Provence LE 26/06/2011
Braquage par un commando arme de cinq hommes du Casino ( Pasino ) d’Aix en Provence appartenant au groupe Partouche , surpris par les policiers en sortant de l’etablissement avec leur butin, une fusillade a eu lieu devant le Pasino.
(MaxPPP TagID: maxnewsworldthree235179.jpg) [Photo via MaxPPP]

Deux ans d’enquête

Dès le premier braquage, les enquêteurs de la PJ de Marseille, constatent que l’usage des « techniques classiques d’enquête n’avaient que peu de chances d’aboutir à l’identification des auteurs en raison du très faible nombre d’indices ou d’éléments recueillis… »

Début avril 2011, un renseignement anonyme, oriente les enquêteurs vers deux noms Alexandre Distanti et Ghalem Zougani «deux individus très défavorablement connus du service, pour des faits de vols avec arme (d’envergure), jamais mis en cause ensemble, leur profil de délinquant aguerris… ». Les policiers de la brigade criminelle, concentrent leurs investigations sur ces deux hommes. Au cours des surveillances, Alexandre Distanti, est vu à plusieurs reprises en compagnie d’Adrien Anigo*.

Alexandre Distanti, sera tué, le 1er octobre 2011, par la police espagnole, lors du braquage d’une bijouterie à Alicante.

Septembre 2011, un deuxième nom apparait : Sylvain Palmisano. Qualifié par les policiers de délinquant notoire. Celui-ci aurait été blessé au cours du braquage du 26 juin 2011. Les enquêteurs procèdent à de nombreuses filatures et écoutes téléphoniques d’autres noms apparaissent dont Paul Giorgi. Les deux hommes communiquaient en utilisant des numéros de téléphones capverdiens. Les fonctionnaires chargés des surveillances, constatent, que les mis en cause sont très méfiants.

Tentative braquage de la direction régionale de la Brink’s

Janvier 2012, Paul Giorgi, Ghalem Zougani et un troisième homme, sont interpellés devant la direction régionale de la Brink’s. Les policiers de la Brigade de Recherche et d’Intervention, découvrent dans leurs voitures, des armes dont une kalachnikov. Les trois individus étaient trouvés porteurs de gants entourés de ruban adhésif, aussi sur les chevilles, à la jointure entre leurs chaussettes et le bas de pantalons, et de cagoules. Dans la foulée, les policiers, procèdent aux perquisitions de trois boxes, dans lesquels sont retrouvés notamment, une moto volée, des armes, des munitions, des gilets pare-balles, deux kilos d’explosif, des détonateurs et un stylo pouvant tirer une balle de 22 long rifle…Pour ces faits, les trois ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Marseille.

 

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Les peines encourues

Septembre 2013, Ghalem Zougani, Sylvain Palmisano et Paul Giorgi sont mis en examen, pour, notamment vol avec armes en bande organisée et violences volontaires. Les trois hommes contestent l’ensemble des faits reprochés

 vingt ans de réclusion criminelle

Leur procès s’ouvre devant la cour d’assises d’Aix en Provence, ce jeudi 22 juin. Le verdict devrait être rendu le 30 juin.
Ils encourent au maximum vingt ans de réclusion criminelle.

*Adrien Anigo fils de Jose Anigo ancien dirigeant de l’Olympique de Marseille a été victime d’un règlement de comptes, à Marseille, le 5 septembre 2013.

 

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