12 Sep

Le parc Corot une copropriété à l’abandon, une décharge à ciel ouvert

 

Images France 3 Provence Alpes Sylvie Garat

Alexandra Louis, députée La République en Marche de la troisième circonscription des Bouches du Rhône LREM a rédigé un rapport alarmant sur cet ensemble d’immeubles

du 13ème arrondissement de Marseille

Hassan Abdallah, l’un des résidents, salue la parlementaire et l’entraîne dans son appartement du bâtiment du bâtiment F. L’élue n’en croit pas ses yeux. A peine franchi la porte d’entrée de ce quatre pièces de 80 m², elle voit des murs, qui portent de profondes marques d’humidité. Dans la cuisine, un trou béant laisse apparaître une tuyauterie, à certains endroits il n’y a plus de plafond, on voit les parpaings du plancher de l’étage supérieur. Dans la salle de bain, il n’y a plus d’électricité, au-dessus de la baignoire c’est la même même chose que dans la cuisine.

 «8 jours après notre arrivée, le plafond de la salle de bain s’est effondré en pleine nuit… »

Hassan Abdallah

Images France 3 Provence Alpes Sylvie Garat

 

Mr Abdallah vit avec son épouse et ses trois enfants, depuis un peu plus d’un an, dans cet appartement, et paie un loyer mensuel de 650 euros. Cet homme de 52 ans, explique avoir fait une demande de logement social, il a reçu plusieurs réponses. Pour constituer son dossier il doit produire des pièces provenant de l’agence immobilière en charge de la gestion de son habitation. Foncia, tarde à lui fournir les documents nécessaires et lui explique qu’il peut les récupérer sur internet. Il n’y parvient pas. Pour Mr Abdallah et sa famille, la situation est bloquée et la vie devient de plus en plus difficile au quotidien. Tous souffrent d’irritation de la peau.

« Quand il pleut, l’eau tombe chez nous. Tous les gens qui utilisent de l’eau, elle tombe chez nous… »

Hassan Abdallah

Images France 3 Provence Alpes Sylvie Garat

 

 En marge de ses démarches pour obtenir un autre logement, il a décidé de déposer plainte contre le propriétaire de son appartement. Une procédure pour logement insalubre est lancée.

Un sentiment d’abandon

 Dans cette matinée de fin d’été, la députée continue sa déambulation dans le parc Corot, elle est souvent interpellée par les habitants. Tous se plaignent de l’état et de l’hygiène de la copropriété, les rats pullulent.

« Nous ce qui nous gêne le plus ce sont les rats. Bientôt on leur dira bonjour et bonsoir… »

Mohamed Guerina Co-propriétaire

Quelques copropriétaires venus à la rencontre de la parlementaire indiquent payer des charges, proposent de montrer les justificatifs et ne comprennent pas pourquoi rien n’est fait.

« Nous avons payé des charges pour changer la tuyauterie, rien n’a été fait. On en a marre ! Ça fait trois mois qu’on attend les nouvelles poubelles. Faites quelque chose !

Une copropriétaire qui souhaite garder l’anonymat

Images France 3 Provence Alpes Sylvie Garat

 

Certains, n’hésitent pas à prendre la pelle pour remplir les quelques containers qui ont échappé au feu. Ils se sentent abandonnés. Alexandra Louis leur explique qu’elle n’est pas décisionnaire, mais que son rôle et sa volonté est de sensibiliser et inciter l’Etat et les collectivités de trouver des solutions pour que la situation change rapidement.

« Face à cet abandon, la copropriété ne tient que grâce à l’action des associations qui accompagnent les habitants au quotidien. »

Alexandra Louis

Dans son rapport, de juillet 2018, l’élue LREM, pointe les conditions de vie déplorables des résidents, et constate que tout n’a pas été mis en œuvre pour améliorer la situation, elle pointe l’inaction de la mairie et de l’Etat. « Face à cet abandon, la copropriété ne tient que grâce à l’action des associations qui accompagnent les habitants au quotidien. »

Photo France 3 Provence Alpes JFGiorgetti

 

Des difficultés juridiques

 

Arlette Fructus Vice-présidente de la métropole Aix Marseille et adjointe au maire de Marseille, en charge notamment de la rénovation urbaine, nous reçoit en compagnie du directeur de Marseille Rénovation Urbaine.

« Ce sont des propriétaires, ils sont protégés par le principe de la protection de la propriété privée »

Arlette Fructus

Ils expliquent que la puissance publique rencontre beaucoup de difficultés dans son action, notamment en raison du statut juridique de la copropriété. « Ce sont des propriétaires, ils sont protégés par le principe de la protection de la propriété privée ». Ou bien lorsque des actions décidées sont retardées par des rapports d’expertises qui tardent à être rendus. Madame Fructus indique qu’un plan de sauvegarde, pour le parc Corot, a été mis en place en 2016, mais retardé par des procédures et qu’un accord de partenariat, entre l’état et les collectivités, a été signé en décembre 2017. Pour terminer l’élue signale que « deux experts ont été mandatés pour diagnostiquer les bâtiments A et C. Ils ont trois mois pour rendre leur rapport ». D’après elle : « la bonne solution serait de détruire ces deux immeubles »

Photo France 3 Provence Alpes JFGiorgetti

 

Divers Trafics

En plus des immondices qui jonchent la cité et des rats qui pullulent, les résidents se plaignent des réseaux de vente de drogue, installés dans la cité. Le 15 juin 2016 un homme de 23 ans a été tué par une rafale de kalachnikov. Les habitants se plaignent aussi du trafic de migrants, logés dans des appartements inoccupés. Certains occupants craignent de quitter leur domicile de peur de trouver des gens installés chez eux. Cette délinquance protéiforme qui s’est développée ces dernières années rend difficile les actions des travailleurs sociaux et des collectivités publiques. Lors de certaines opérations organisées par la mairie, la police  accompagne les techniciens. 

Photo France 3 Provence Alpes JFGiorgetti

 

L’histoire

 

Destinée principalement aux rapatriés d’Afrique du Nord, le parc Corot est une copropriété, née sous une mauvaise étoile.

Entre 1959 et 1963, la construction rencontre des difficultés d’abord techniques, liées à la nature du terrain, puis financières par la faillite de deux promoteurs.

Au départ, le Parc Corot c’est huit immeubles de tailles différentes, et 484 logements.

Entre 1963 et 1980 la copropriété se dégrade progressivement, notamment en raison de la gestion défaillante d’un syndic. Les charges ne sont pas recouvrées auprès des copropriétaires qui ne paient pas.

Le bâtiment B est « irrémédiablement compromis tant sur le plan de la salubrité que de la sécurité »

En 1980 le bâtiment B est déclaré insalubre, la mairie de Marseille réalise les réparations au titre de sa compétence dans le domaine de la salubrité. En parallèle de l’intervention de la collectivité, un diagnostic est réalisé qui conclue que l’immeuble est « irrémédiablement compromis tant sur le plan de la salubrité que de la sécurité ». Le bâtiment B sera détruit en 1991, soit 11 ans après le premier arrêté d’insalubrité.

Depuis 1988, le Parc Corot a fait l’objet de trois diagnostics, qui confirment, la grande précarité de certaines familles, la dégradation importante du site et l’aggravation de la situation. Des mesures sont préconisées comme notamment, des préemptions, des expropriations, des rénovations de bâtiment ou la mise sous administration de la copropriété. Cette dernière sera la seule à être mise à exécution.

En 2008 une action sociale collective est financée par le Conseil Général, une opération pilotée par Marseille rénovation Urbaine. Finalement le Parc Corot est évincé du plan.

 

Aujourd’hui, le Parc Corot c’est sept bâtiments, 376 appartements. 1000 personnes survivent dans cette cité.

Une thèse sur « l’action publique locale sur les copropriétés dégradées » a été soutenue en mai 2017à l’université de Grenoble par Eva Simon. Deux chapitres sont consacrés à deux cités marseillaises dont le parc Corot

La vidéo du reportage de JFGiorgetti, S Garat, E Guez, I Catinaud

Voir Plus

Page Facebook des copropriétaires du parc Corot

 

19 Juil

Ce que la Justice reproche à Karim Zeribi

©Pierre ROBERT/MAXPPP – Marseille France 07/06/2010 

Karim Zeribi sera jugé pour abus de confiance et abus de biens sociaux

La juge marseillaise Anne Tertian, a signé le cinq juillet l’ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel, de Karim Zeribi en compagnie de cinq autres personnes, dont son fils et Driss Aït Youssef, le président de l’institut Léonard de Vinci . Dans ce document de 63 pages, la magistrate détaille les faits d’abus de confiance et d’abus de biens sociaux reprochés notamment à l’élu marseillais.

La confusion de l’associatif et du politique

le premier finançant le second » explique la magistrate

D’après la juge d’instruction, Karim Zeribi a utilisé deux associations, qu’il a créées,  Agir pour la Citoyenneté (APC)  et Agir pour la Compétence et le Recrutement (APC-R) pour servir son activité politique. « C’est dans ce contexte qu’il allait, à de multiples reprises, manifestement opérer à une confusion des genres entre le milieu associatif et l’intérêt politique de ses campagnes, le premier finançant le second » explique la magistrate, avant de poursuivre : « en effet, les associations APC et APC-R, lesquelles fonctionnaient essentiellement grâce à l’octroi de subventions, publiques ou privées, ont vu leurs fonds utilisés à d’autres fins que celles convenues conventionnellement avec les autorités mécènes, et ce au profit de Monsieur Zeribi, candidat, et au détriment des actions pourtant annoncées. » 

©Photo via MaxPPP

Les témoignages 

L’enquête, a démarré suite à une lettre anonyme adressée au parquet de Marseille, le 18 octobre 2016.

Au cours de l’instruction, de nombreuses personnes ont été entendues, notamment des salariés des associations, ces témoins expliquent que les structures servaient de véhicules politiques pour optimiser l’électorat de Karim Zeribi ou à financer ses campagnes politiques ou encore ses intérêts politiques comme par exemple un sondage de BVA « …qui ne servait manifestement pas l’intérêt de l’association mais avait pour unique objectif de servir l’objectif de Karim Zeribi… »  Au sujet de l’antenne marseillaise d’APC-R « …il n’existait pas de réel travail associatif… »

absence de transparence dans la gestion des fonds associatifs

La magistrate conclut : « cette absence de transparence dans la gestion des fonds associatifs, lesquels servaient l’intérêt politique de Monsieur Zeribi, était corroborée par de nombreux autres témoignages. »

©PHOTOPQR/LA PROVENCE  MaxPPP

La confusion de l’intérêt social et de l’intérêt privé

la réfection de la piscine du domicile de l’élu

La juge ouvre ce chapitre avec des termes durs à propos des méthodes de gestion de Karim Zeribi : « la confusion semblait, pourtant partout au cœur du système d’organisation de Karim Zeribi qui, après avoir mêlé l’associatif et le politique, mélangeait les fonds sociaux et privés de la société K2C… » Cette société de conseils et de communication, a été créée par l’élu Marseillais en 2007, et liquidée en 2014. L’enquête révèle des irrégularités comptables, des virements sans justificatifs, au bénéfice de l’homme politique, des dépenses injustifiées, comme par exemple la réfection de la piscine du domicile de l’élu, ou encore, la cession à titre gracieux d’une Mercedes, que K2C avait acheté 26021 €uros.

©PHOTOPQR/LA PROVENCE/VALLAURI Nicolas
MaxPPP

La défense de Karim Zeribi 

je me défendrai au tribunal, je suis serein,

L’élu parle d’une forme « d’obsession judiciaire« , que la juge a décidé de le renvoyer devant le tribunal correctionnel, sans jamais entendre ses arguments ni prendre connaissance de documents fournis. « Je n’ai rien fait d’illégal dans ce dossier…je me défendrai au tribunal, je suis serein… »…ce dossier est un comble, on marche sur la tête… » « je vous informe qu’il n’y a pas de collectivité qui s’est constituée partie civile… » l’ancien footballeur professionnel au stade de Laval, a hâte de se trouver devant le tribunal « j’ai beaucoup de choses à dire, pour expliquer ce qu’est la vie associative… » Pour terminer, l’élu marseillais indique que cette affaire ne l’écartera pas de la vie politique « je me suis mis entre parenthèses, mais j’ai hâte de revenir!« 

 

 

 

 

01 Mar

Brève de prétoire


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Comparutions immédiates (CI) au Tribunal Correctionnel de Marseille

L’audience de ce mercredi, s’annonce chargée. Une douzaine de dossiers sont prévus.

Dans le box, entouré par deux policiers, Khaled, 25 ans, tête baissée, cheveux brun, visage poupon. Il porte une parka couleur camouflage. La présidente évoque les faits reprochés au prévenu : « la victime venait, accompagnée par son mari, à l’hôpital de la Timone présenter son bébé à ses collègues de travail. Le 23 février, à l’entrée du métro la Timone, Khaled B. aide Madame S. à passer les tourniquets avec sa poussette. Peu après, l’époux voyant que quelque chose d’anormal venait de se passer, demande à sa femme de vérifier sa poche. Le téléphone portable a disparu…grâce aux images de la vidéosurveillance, vous avez été reconnu et interpellé…vous reconnaissez les faits devant les policiers et vous leur expliquez, avoir voulu prouver à votre belle famille être capable de gagner de l’argent.. Il a revendu le téléphone 80 €uros. Avec cet argent il a fait les courses. »

Il a revendu le téléphone 80 €uros. Avec cet argent il a fait les courses. »

-La présidente« Par ailleurs, vous avez été condamné plusieurs fois, pour des faits similaires, à Paris et incarcéré un mois à Fleury-Mérogis, pour recel de vol en 2016…depuis quand vivez-vous à Marseille? »

-Khaled : « depuis début décembre 2017. » 

-La présidente « Vous vivez depuis trois mois à Marseille et vous passez en CI. Je vois que vous êtes marié… » 

-Khaled: « oui, oui, ma femme est là! » Une jeune femme se lève et se signale à haute voix, la président la voit et l’invite à s’asseoir. La magistrate relève que le jeune homme a fait une demande d’HLM à Reims « pourquoi Reims? »

-Khaled : « A Reims, c’est plus facile d’avoir un HLM, il faut attendre deux mois, pas plus… » 

Nouvelle série de questions au prévenu.

-La présidente  » où vivez-vous à Marseille? »

-Khaled « Chez mes beaux-parents, avec ma femme, nous sommes mariés religieusement et civilement… »

-La présidente :« vous travaillez? »

-Khaled « oui deux trois fois avec un peintre, c’est avec lui que je veux faire ma formation.Tout ce que j’ai fait, je le regrette. Je vous promets que c’est la dernière fois. Je veux sortir pour vivre avec ma femme. »

Je vous promets que c’est la dernière fois. Je veux sortir pour vivre avec ma femme. »

-La présidente« la victime demande en réparation de son préjudice matériel 227,16 €uros pour son téléphone, facture à l’appui

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Le procureur, dans son réquisitoire, remarque que le prévenu se trouve une nouvelle fois devant un tribunal, pour une activité d’habitude, « qui appelons un chat un chat est sa profession ».

une activité d’habitude, « qui appelons un chat un chat est sa profession »

Cette activité qui empoisonne le quotidien des citoyens. « …Une victime qui croyait à l’action d’un bienfaiteur qui au final lui a subtilisé son portable… » « Je vous demande de le condamner à huit mois de prison avec maintien en détention…« 

Réquisitions : huit mois de prison avec maintien en détention

-L’avocat « je ne minimise pas ce vol. Je comprends la détresse de la victime. Il y a une autre détresse, c’est celle des ventres vides! Face à ces difficultés de vie, ce vol a permis à mon client de faire les courses…je trouve disproportionné le mandat de dépôt, je vous demande une peine alternative. »

-La présidente s’adresse au prévenu« avez-vous quelque chose à rajouter ? »

-Khaled : « je regrette et promets de ne plus recommencer. Ce sera la dernière fois que je viens. Je vais rembourser les victimes. »

Khaled : « je regrette et promets de ne plus recommencer. Ce sera la dernière fois que je viens. Je vais rembourser les victimes. »

Après un court délibéré, les magistrats reviennent, l’audience reprend.

-La présidente :  » Monsieur vous êtes reconnu coupable des faits reprochés. Vous êtes condamné à un an de prison avec mandat de dépôt.

Vous êtes condamné à un an de prison avec mandat de dépôt!

Vous restez en prison. Vous devrez aussi, indemniser la victime.

Khaled cherche du regard sa femme qui se trouve dans le public, les policiers tentent de l’emmener, il se rebelle mollement. Le jeune homme s’en va en pleurant silencieusement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

26 Fév

Affaire d’importation de cocaïne : le jugement

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Photos X DR

Des peines de prison, allant de deux à dix ans ont été infligées aux onze personnes jugées pour un trafic de cocaïne entre le Brésil et la France

Dans la salle d’audience, le soleil d’hiver du lundi matin, brille intensément. La tension est palpable à quelques minutes de l’énoncé du jugement, les familles et les prévenus retiennent leur souffle. Les peines réclamées, par la procureure contre les onze du box sont lourdes. Chacun espère que les juges auront écouté leurs arguments et ceux de leurs avocats.

Le Président Patrick Ardid, explique à chacun des prévenus qu’il doit se lever à l’énoncer de son nom. Le magistrat prononce et détaille les peines de prison pour chaque condamné. Pour ceux qui comparaissent libres, un seul a rejoint les détenus, il est condamné à sept ans de prison. Pour les autres, il n’y aura pas de retour en détention, certains on effectué plusieurs années de détention provisoire, en revanche, ils devront aller voir le juge de l’application des peines, pour leur aménagement de peine.

Campana

Roger Campana Photo X DR

Roger Campana a écopé de la plus lourde peine : dix ans de prison assortis d’une période de sûreté des deux tiers et 100 000 €uros d’amende. Il est considéré comme l’organisateur au brésil des importations de cocaïne en Europe. Jeudi dernier la procureure avait réclamé à son encontre le même nombre d’années de prison, en revanche elle avait réclamé 50 000 €uros d’amende.

Cruz

Gérard Cruz Photo X DR

Quant à Gérard Cruz actuellement détenu en Espagne, pour un dossier péruvien, les juges ont rejeté la demande de disjonction, présentée par son avocat. Maître Jean-Jacques Campana avait indiqué au tribunal qu’il était préférable que son client soit jugé plus tard afin d’être entendu . Au cours de ce procès, les autorités espagnoles ont fait savoir qu’une audience d’extradition se tiendra le 28 février prochain, à Madrid. Cette procédure permettra le transfèrement, rapide, en France, de Gérard Cruz. Le tribunal a condamné celui qui est considéré comme étant l’organisateur du réseau en France, à 9 ans de prison, 30 000 €uros d’amende et un mandat d’arrêt. La procureur avait requis contre Gérard Cruz dix ans de Prison.

Les deux hommes devraient faire appel.

22 Fév

Réquisitoire dans l’affaire d’importation cocaïne entre le Brésil et la France

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Des peines allant de trois ans, dont un avec sursis, à dix ans ont été requises ce jeudi contre des membres présumés d’un réseau d’importation de cocaïne entre le Brésil et la France

 

Depuis lundi, 9 personnes sont jugées pour un trafic de cocaïne entre le Brésil et la France.

Absents du box, le fournisseur brésilien, Feliciano Lopes de Almeida dit « Luciano », impossible à localiser au Brésil, et la passeuse, Marli Boaventura Esquivel alias « Sonia », de nationalité Brésilienne, ancienne prostituée, devenue commerçante. Parmi les présents se trouvent : l’organisateur au Brésil des importations européennes, Roger Campana, ancien électricien à la mine de Meyreuil, devenu braqueur, puis, plusieurs fois condamné pour trafic de stupéfiants, extradé du Brésil en septembre 2015. Son bras droit, Eric Fontanelli dit « le blond » ancien beau-fils de Roger Campana, condamné, une fois, pour infraction à la législation sur les stupéfiants. L’organisateur du réseau en France, Gérard Cruz, entrepreneur dans le BTP installé dans l’Aude, déjà condamné pour des faits de trafic de cocaïne en 2004. L’équipe de Port de Bouc, composée de cinq membres dont Karim Belabes dit « le gros », « el gordo » ou « Ricardo », il a été extradé par la justice colombienne en janvier 2017. Et l’autre client de Gérard Cruz, Farid Benzakour, deux fois condamné dont une pour trafic de stupéfiants.

Les faits reprochés au 11 prévenus, datent de courant 2012 à mai 2013.

Plus de quatre kilos de cocaïne dans une valise

Après de plus de six mois d’enquête, d’écoutes et de filatures, les hommes de l’Octris de Marseille, interpellent, le 16 mai 2013, une femme et un homme à l’aéroport de Toulouse Blagnac. Elle vient du Brésil, lui est venu la chercher.

Marli Boaventura Esquivel est porteuse d’une valise, dans laquelle les policiers découvrent deux sachets entourés de scotch noir recouvrant l’ensemble de la
surface de la valise. Ils sont enduits d’un produit gras et odorant… 4,714 kg de cocaïne pure à 72,3%.

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Photos X DR

Gérard Cruz, l’homme qui est venu attendre Marli Boaventura Esquivel, à l’aéroport est considéré comme l’organisateur du réseau en France. Il conteste les faits reprochés et et se dit être un « aviseur » des douanes, en clair il explique avoir renseigné les douaniers sur ce trafic. Les fonctionnaires confirmeront avoir eu un contact avec lui. En revanche, « il n’avait fourni aucune information ayant permis d’aboutir à une saisie douanière. »  

« il n’avait fourni aucune information ayant permis d’aboutir à une saisie douanière. »

Aujourd’hui Gérard Cruz est détenu en Espagne. La justice française a demandé son extradition, les autorités espagnoles devraient l’extrader vers la France le 28 février prochain.

Les réquisitions contre les principaux prévenus

Dans son réquisitoire, méticuleux, la procureure de l’audience a évoqué une enquête laborieuse face à une équipe laborieuse, qui passe une valise de plus de 4 kilos de cocaïne. Sandrine Royant, a rappelé au tribunal qu’il était face à une organisation puissante, « une équipe composée de péruviens, de boliviens, de brésiliens qui a les moyens d’organiser un trafic international important, des produits qui viennent du Pérou qui ont traversé l’Amazonie. L’ombre de ces gens a plané au dessus de ce procès… » La magistrate a indiqué que le marché européen de la cocaïne c’est : 37 milliard de dollars.

le marché européen de la cocaïne c’est : 37 milliard de dollars 

Au Brésil la cocaïne pure s’achète 4500 €uros le kilo, en Europe c’est 60 à 80 000 €uros avant d’être coupée

Au Brésil la cocaïne pure s’achète 4500 €uros le kilo, en Europe c’est 60 à 80 000 €uros le kilo, avant d’être coupée« Les routes de la cocaïne évoluent et s’adaptent à la répression, aujourd’hui le Brésil est une nouvelle voie…Campana a été sollicité pour assurer la liaison entre le Brésil et la France.« 

Campana

Roger Campana Photo X DR

Contre Roger Campana, la procureur adjointe, a requis : dix ans de prison, assortis d’une période de sûreté des deux tiers, 50 000 €uros d’amende et une amende douanière de 180 000 €uros à régler solidairement avec les autres protagonistes.

Cruz

Gérard Cruz Photo X DR

Avant de requérir contre Gérard Cruz la procureur adjointe, indiqué que son sort pénal est en suspend. Son avocat, Maître Jean-Jacques Campana a demandé, au tribunal, la disjonction de son cas, parce qu’actuellement détenu en Espagne. La justice française a demandé son extradition. Les autorités espagnoles, on indiqué ce jeudi, qu’elles devraient le remettre à la France le 28 février prochain. La magistrate a demandé à l’encontre de l’entrepreneur en BTP, dix ans de prison, 30 000 €uros d’amende et règlement solidaire de l’amende douanière de 180 000 €uros.

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Les plaidoiries des avocats de la défense commencent ce vendredi. Le jugement devrait être mis en délibéré.

14 Fév

Jacques Cassandri : « je n’ai pas du tout participé au casse de Nice »

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Jacques Cassandri Tribunal Correctionnel de Marseille le 12/02/2018 © JFGiorgetti

« Je suis très mal à l’aise devant vous, j’ai usurpé un rôle qui n’était pas le mien, je me suis laissé aller parce que j’avais des informations…je ne suis pas l’auteur de ce casse…c’est difficile de revenir en arrière et de dire que ce n’est pas vrai. »

 

Au troisième jour d’audience, ce mercredi, Jacques Cassandri dément formellement avoir participé au « casse du siècle » : « je n’ai pas participé au braquage, j’avais suffisamment d’éléments pour écrire le livre…j’ai dit que c’était moi, pour participer au succès du livre, c’était pour donner du crédit à l’éditeur, je ne voulais pas qu’il croit que je racontais des craques…j’aime écrire, ça m’a paru intéressant de coucher des détails que je connaissais de cette affaire… »

Remarque de Madame Mée, la présidente du tribunal : »c’est de la folie pure, de la fanfaronnerie mal placée ! »

»c’est de la folie pure, de la fanfaronnerie mal placée ! »

Jacques Cassandri : « non de la faiblesse ! »

« non de la faiblesse ! »

 

Cassandri livre

En 2010, paraît « la vérité sur le casse de Nice » (édition les Petits Matins) sous le pseudonyme Amigo. En réalité, l’auteur est Jacques Cassandri, ce qu’il ne n’a jamais contesté. Dans cet ouvrage il donne des détails très précis, sur le « casse du siècle », et raconte, comment avec ses complices, il a en juillet 2016, percé un tunnel de huit mètres de long, depuis les égouts, et fracturé plus de 300 coffres de la succursale de la société générale de Nice.

Jusqu’à la parution de l’ouvrage, l’organisation de ce holdup up était attribuée à Albert Spaggiari.

La publication de ce livre, a déclenché une enquête judiciaire qui a abouti à ce procès dans lequel, Jacques Cassandri, âgé aujourd’hui de 74 ans, toujours inscrit au fichier du grand banditisme, est jugé depuis lundi avec 12 autres personnes, dont sa femme et ses enfants.

La justice lui reproche d’avoir blanchi et investi une partie du butin, soit 46 millions de francs, l’équivalent de 29 millions d’€uros, aujourd’hui.

Dans cette affaire, le vol est prescrit, les faits datent de 1976. En revanche, le blanchiment est une infraction continue que la justice poursuit lorsqu’elle en prend connaissance.

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Jacques Cassandri en compagnie de son avocat Maître Monneret ©JFGiorgetti

Le chef du clan a passé plusieurs heures, ce mercredi, à répondre aux nombreuses questions de la présidente Mée, notamment sur ses investissements immobiliers en Corse et sur le continent, à propos de la comptabilité des nombreux commerces et restaurants, sur les flux financiers illicites, le patriarche répond : »je suis financièrement honnête, par contre je ne suis pas complètement rigoureux en ce qui concerne la législation… »

»je suis financièrement honnête, par contre je ne suis pas complètement rigoureux en ce qui concerne la législation… »

Au sujet de soupçons d’extorsion sur un projet de construction d’une résidence de tourisme, à Conca, sur la côte orientale de la Corse, il répond à la magistrate : je n’ai pas d’ennemis, je jouis d’une réputation et d’un certain charisme, je n’ai pas de réputation sulfureuse, je n’ai pas besoin d’une kalachnikov pour me faire respecter, à Marseille on dit de moi que je suis un brave mec, je ne fais pas de mal. »

je n’ai pas d’ennemis, je jouis d’une réputation et d’un certain charisme, je n’ai pas de réputation sulfureuse, je n’ai pas besoin d’une kalachnikov pour me faire respecter, à Marseille on dit de moi que je suis un brave mec, je ne fais pas de mal. »

 

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© JFGiorgetti

L’emblématique patron du « son des guitares », une célèbre boîte de nuit marseillaise, est soupçonné notamment de blanchiment aggravé et de non justification de ressource. Il encourt au maximum dix ans de prison et la confiscation de tous ses biens.

L’épouse et les enfants de Jacques Cassandri seront entendus ce jeudi et le réquisitoire devrait être prononcé dans l’après-midi.

13 Fév

Les affaires immobilières de Jacques Cassandri en Corse

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Jacques Cassandri en compagnie son avocat Maître Monneret le 13/02/2018 © JFGiorgetti

 

Au deuxième jour du procès de la famille Cassandri et des membres de son clan, le tribunal aborde le volet Corse de l’affaire

A la barre en ce mardi après-midi du deuxième jour du procès, le maire DVD de Conca (Corse du Sud).

Dans cette affaire, la justice reproche, notamment, à François Mosconi, dit « Fanfan », des faits de trafic d’influence et de blanchiment aggravé qui datent de 2009 et 2010.

L’édile, âgé de 74 ans, ancien président du conseil de surveillance d’Air Corsica, a des difficultés à marcher, en revanche il s’exprime clairement et posément face au tribunal. Il indique aux juges être le premier magistrat de son village de 100 habitants depuis 1977, « je n’ai pas d’opposant. ». Seule une condamnation pour prise illégale d’intérêt l’a empêché de diriger sa commune entre 2002 et 2006.

 Le terrain de Favone

La présidente de la sixième chambre du tribunal correctionnel de Marseille lui demande quelle est la nature de ses relations avec Jacques Cassandri, réponse :

« Jacques Cassandri, pour moi c’était un porte-parole, du promoteur immobilier. « 

Jacques Cassandri, associé dans une entreprise marseillaise, nommée Campemu a l’usu corsu (nous vivons à la manière corse) servait d’intermédiaire entre la commune de Conca et une société de promotion immobilière irlandaise qui avait, en 2008, le projet de construire une résidence de tourisme sur le terrain de Favone.

Selon l’enquête, Jacques Cassandri aurait demandé un million d’€uros, à Paul Blanchfield (le promoteur irlandais) pour effectuer sa mission. Au final 65 000 €uros seront versés.

Une partie du projet immobilier débordait sur une zone inondable en dehors de la carte communale. Les services de l’Etat tardent à donner une réponse pour la validation du permis de construire.

François Mosconi rencontre dans un restaurant à Paris, Abderrahmane Dahmnane qui se présente comme conseiller spécial, à l’Elysée de 2007 à 2009, chargé de l’intégration des français issus de l’immigration. L’élu corse, lui fait part de ses difficultés notamment sur trois projets immobiliers dont celui de Favone. Le conseiller demande de rédiger une note. Quelques semaines plus tard, Abderrahmane Dahmnane, appelle le maire de Conca pour lui indiquer que la note a été transmise à Claude Guéant, alors secrétaire général de l’Elysée sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Les enquêteurs trouveront, dans le bureau de François Mosconi,

une lettre de remerciement adressée à M Guéant.

Madame Mée, la présidente du tribunal indique que le projet débordait sur une partie d’un terrain non constructible. Elle rajoute que le sous-préfet de Sartène a été interrogé, et qu’il ne se souvient pas de ce dossier. La magistrate rajoute : c’était, semble-t-il, un des plus gros projets de Corse c’est étonnant qu’il ne s’en souvienne pas… »

Au sujet des 150 000 €uros que devait toucher, François Mosconi, sur ce projet, le maire de Conca se dit très en colère :

« il n’a jamais été question que je sois rémunéré…je suis bien connu en corse, tout le monde sait que je ne mange pas de ce pain-là… »

Au final le projet immobilier ne verra jamais le jour.

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©JFGiorgetti

 

Le terrain de Tarco

Un autre projet immobilier liant Jacques Cassandri et François Mosconi est évoqué dans cette affaire.

Cette fois-ci, il s’agit d’un projet de construction de 14 villas.

Dans cette opération le maire intervenait auprès du promoteur italien pour qu’il vende le terrain à Jacques Cassandri durant l’été 2010. François Mosconi indique avoir servi d’interprète entre les deux hommes. La présidente Mée souligne : vous allez loin dans la traduction. On voit que vous essayez de donner la priorité à Monsieur Cassandri… »

François Mosconi  :

« comme il y avait le projet Favone, je préférais que M. Cassandri prenne le terrain… »

La présidente : on voit que vous participez à une opération de blanchiment, on voit que vous représentez les intérêts de Monsieur Cassandri… 

cette démarche que vous relayez est discutable.»

François Mosconi explique, qu’il n’était pas intéressé au projet et qu’en tant qu’élu, il fait l’objet de nombreuses demandes d’interventions « on me fait des demandes farfelues…par rapport à certains élus,

je suis accessible, c’est dans ma nature… »

Le procès continue ce mercredi. Jacques Cassandri et sa famille seront notamment interrogés sur l’origine de leur fortune et la justification de leur patrimoine qui comprend différents biens immobiliers, des restaurants et la boîte de nuit Le Son des Guitares installée dans le quartier de l’opéra à Marseille.

JFGiorgetti

08 Fév

Menacé d’expulsion, l’imam de la mosquée salafiste de Marseille, fermée par le préfet, obtient le renvoi de son affaire

 

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L’imam El Hadi Doudi
Le 8 février 2016 au TGI de Marseille 
©JFGiorgetti

 

Le préfet des Bouches du Rhône a demandé son expulsion, la commission départementale d’expulsion des étrangers composée de trois juges, dont un conseiller du tribunal administratif de Marseille, a renvoyé l’audience au 7 mars.

El Hadi Doudi, l’imam algérien de la mosquée As Sounna, installée dans le centre-ville de Marseille, a obtenu le renvoi, à la demande de son avocat. Le défenseur a indiqué avoir reçu le dossier trois jours avant la date de l’audience prévu ce jeudi matin. Maître Nabil Boudi, a souhaité ce délai supplémentaire, pour prendre connaissance de l’ensemble des pièces du dossier.

 

Fermeture de la mosquée

Le 11 décembre 2017, le ministre de l’intérieur, par l’intermédiaire du préfet de police des bouches du Rhône a ordonné la fermeture, pour une durée de six mois, de la mosquée, salafiste, As Sounna, installée dans le centre-ville de Marseille en raison de prêches radicaux tenus par El Hadi Doudi.

Le préfet reproche à l’imam d’être une référence du salafisme et d’avoir tenu, notamment, lors de prêches, des propos incitant à la haine, la violence ou d’apologie d’actes de terrorisme, ainsi que sur son site internet http://assalafia.com/ . Et de diffuser auprès des habitants du quartier, une idéologie contraire aux principes républicains et véhicule des messages appelant à la discrimination.

La commission départementale d’expulsion des étrangers rendra, le 7 mars, un simple avis. La décision d’éloignement, sera prise par le ministre de l’intérieur.

 

 

 

17 Jan

Une partie de la valse des millions d’€uros blanchis transitait par le Sud de la France. Dernier jour.

 

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Les billets saisis par les douaniers le 26 septembre 2015 © Douanes Françaises

 

Réquisitions et jugement au dernier jour du procès à Marseille, de cette affaire de 83 millions d’€uros en espèces, blanchis. Des fonds « bancarisés », dans des banques slovaques, qui se sont ensuite « volatilisés » dans les méandres complexes des banques chinoises ou de Hong-Kong

 

Après trois jours d’audience, les juges de la chambre économique du tribunal correctionnel de Marseille ont rendu leur décision.

Les trois hommes sont reconnus coupables, notamment, de blanchiment en bande organisée.

5 ans de prison contre Hasen El Abed. Ce Syrien, résidant en Hongrie, est condamné pour avoir été au centre du système de blanchiment de plus de 83 millions d’€uros.

Il a été arrêté en septembre 2015, par les douaniers, au col du Perthus, à la frontière franco-espagnole, au volant de sa voiture. Les fonctionnaires, ont découvert plus de 1,9 millions d’€uros en espèces cachées dans le coffre. L’homme de 52 ans a affirmé que ces espèces étaient destinées à un investissement en Espagne pour sa société allemande.

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Par la suite il a expliqué que tout cet argent était collecté auprès de commerçants chinois du marché de quatre tigres de Budapest pour être déposé sur le compte de 14 sociétés ouverts dans des banques slovaques. Ces sommes étaient, ensuite, dirigées vers la Chine ou à Hong Kong. L’enquête n’a pas permis de connaître l’origine, ni la destination finale des fonds.

18 mois de prison contre Karoly Abdul-Karim Borbely, il dit connaître Hasen El Abed depuis vingt ans. Converti à l’islam, ce médecin qui a suivi ses études en Russie a vécu pendant quinze ans en Syrie. Dans cette affaire, il a été tour à tour chauffeur pour un salaire de 1000 €uros par mois, et a réalisé des repérages commerciaux en Espagne, pour son ami qui souhaitaient réaliser des projets dans le domaine du tourisme.

1 an de prison pour Zoltan Gyorgy Rötzer qui était à la fois chauffeur et gérant de paille des sociétés fictives.

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Plus tôt dans la matinée, dans son réquisitoire, le procureur, Ludovic Leclerc, a décrit « un système opaque de blanchiment qui a pour origine de dissimuler l’origine des fonds et leur destination… » et regretté que l’enquête « n’avait pas permis de savoir d’où provenaient ces sommes considérables collectées en Europe et placées dans des banques slovaques pour être aussitôt transférées en Asie… »

Et de rajouter : « on a devant nous un système bien structuré, opaque avec des mouvements de fonds, sans motif économique, mais dédiés à la dissimulation, c’est une nébuleuse ! »

Contre Hasen El Abed, celui qu’il présente comme étant au centre de ce système de blanchiment, « qui rayonne partout…il a véritablement un réseau important en Europe, en Asie et au proche Orient, c’est sur lui que l’on retrouve les deux millions. » Le magistrat a requis sept ans de prison

Contre Karoly Abdul-Karim deux ans de prison et un an contre Zoltan Rötzer.

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16 Jan

Une partie de la valse des millions d’€uros blanchis transitait par le sud de la France

 

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Deuxième jour du procès à Marseille, de cette affaire de 83 millions d’€uros en espèces, blanchis. Des fonds « bancarisés », dans des banques slovaques, qui se sont ensuite « volatilisés » dans les méandres des banques chinoises ou de Hong-Kong

 

Après l’évocation, hier, de l’enquête ayant conduit les trois prévenus dans le box, deux d’origine hongroise et un de nationalité syrienne porteur d’un titre de séjour suédois et vivant en Hongrie. La journée de ce mardi a été consacrée aux explications.

Tous les trois doivent répondre notamment de blanchiment d’argent en bande organisée. Ils encourent au maximum dix ans de prison.

Aucun des trois hommes ne parle le français. Des interprètes assurent les traductions entre le box et le tribunal.

 

Des repérages commerciaux en Espagne

Le premier à s’exprimer, c’est Karoly Abdul-Karim Borbely. Cet homme de 52 ans, visage rond, portant des lunettes, né à Zirc en Hongrie, qui a fait des études de médecine en Russie, explique aux juges qu’il est allé plusieurs fois en Espagne, à Madrid et à Barcelone, pour faire « des repérages commerciaux » afin de voir des « endroits propices dans le tourisme » pour son ami Hasen El Abed, qui avait « de grands projets ». En même temps, cet homme dit avoir été l’un des chauffeurs du réseau, pour un salaire de 1000 €uros par mois.

Christine Mée, la présidente du tribunal s’étonne des réponses du quinquagénaire : « Dans le dossier, je ne vois aucune démarche effectuée pour créer une société, aucune démarche pour ouvrir un compte bancaire. Ça fait beaucoup de voyages pour pas grand-chose…et pour se rendre compte que Mr El Abed ne peut pas déposer 2 millions d’€uros en espèces sur un compte d’une banque espagnole. Tout ça pour ça ! »

Le Procureur, Ludovic Leclerc, s’étonne aussi des réponses imprécises du prévenu : « on a toujours du mal à comprendre la nature précise de ces projets. Vous avez parlé de bureau de change,, d’agence de voyages… »

Réponse : « il fallait que je vérifie la vivacité du tourisme dans ces villes, le reste n’était pas mon idée ni ma décision, je n’ai pas pris de photo… »

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« J’ai été énormément bête ! »

Puis c’est au tour de Zoltan Gyorgy Rötzer, le teint pâle, portant survêtement gris. Cet homme de 43 ans né à Budapest en Hongrie, exerçant la profession de gérant de société dit avoir été, lui aussi, chauffeur du réseau pour un salaire de 1000 €uros.

Première question de la présidente : « vous avez dit : je sais que les personnes qui apportaient l’argent étaient des religieux qui portaient la barbe fournie. Pour quoi avoir dit ça ? »

Réponse : « ce ne sont pas mes déclarations. C’est l’interprétation des policiers. Je ne sais pas voir si quelqu’un est religieux ou pas. »

Madame Mée, précise qu’il fait l’objet de l’équivalent de la fiche « S » dans son pays d’origine. Le prévenu se défend en indiquant avoir appris par le juge français qu’il faisait l’objet d’un tel fichage, et ne comprend pas pourquoi. La président rajoute, que sa sœur est mariée à un syrien.

Réponse « je connais les syriens, mais sans plus, je ne sais pas si le mari de ma sœur a des connaissances de terroristes ou quoi que ce soit… »

Le Procureur, demande si Monsieur El Abed était au sommet de l’organisation ?

Réponse : « je ne me suis pas posé la question Monsieur El Abed a dit ce qu’on avait à faire. Je ne me suis pas posé d’autres questions…je prends la responsabilité de ce que j’ai fait, j’ai été énormément bête… »

 

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« Je ne savais pas que l’argent liquide était contraire à la loi ! « 

Dernier à s’exprimer, Hasen El Abed. Ce syrien de 53 ans, trapu, les sourcils broussailleux portant des lunettes et un pull aux tons gris, est présenté comme le chef de ce réseau de collecte et de blanchiment de dizaines de millions d’€uros.

La Présidente s’adresse au principal prévenu : « vous avez beaucoup varié dans vos déclarations, on a du mal à retracer votre situation. »

Réponse : « Dans ma famille on travaille dans l’immobilier à Alep. Je suis parti en Hongrie en 1995, parce que je suis contre le gouvernement de Bachar El Assad et que j’ai participé à des manifestations. Pour les Syriens, venir en Hongrie, c’est plus facile pour travailler. »

Après les questions sur la personnalité du prévenu, Christine Mée, aborde l’aspect technique des faits reprochés. La Présidente pose des questions, les réponses sont évasives. Elle lit des procès-verbaux d’auditions. Hasen El Abed donne des réponses évasives, se contredit, dit le contraire dans la même phrase. Cette attitude exaspère la magistrate qui finit par dire »je crois qu’on va s’arrêter là, parce que ça va devenir n’importe quoi. » La juge pose encore quelques questions, notamment sur les propos d’Hasen El Abed tenus, au téléphone, dans sa cellule sonorisée, où le prévenu continue à gérer ses affaires. Hasen El Abed ne se souvient pas de ce qu’il a dit en février 2016.

Pour terminer Hasen El Abed s’adresse au tribunal : « j’étais de passage en France, je ne savais pas que l’argent liquide était contraire à la loi, ni un crime. Si j’avais su que c’était illégal, je ne serai pas passé. Je n’ai aucun rapport avec qui que ce soit qui travaille dans l’illégal. Ayez pitié ! J’ai cinq enfants, ça fait vingt-huit mois que je suis en prison. »

Le procureur, devrait prononcer son réquisitoire ce mercredi matin.

 

JFGiorgetti

 

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