28 Mai

La Comédie du Livre, une création signée Mia Romero

Mia Romero, fondatrice de la Comédie du Livre. © Valentine Letesse

Mia Romero, fondatrice de la Comédie du Livre. © Valentine Letesse

La Comédie du Livre fête cette année son 30e anniversaire à Montpellier. Si les stands de cette librairie à ciel ouvert se sont installés en 1986 place de la Comédie, c’est avant tout grâce à une femme : Mia Romero.

« Il n’y avait que des hommes, j’étais la seule femme ». En 1979, Mia Romero, journaliste à l’Est Républicain à Nancy, fait « descendre le livre dans la rue » comme elle dit. Ces hommes, des politiques ou des journalistes qui l’entourent à l’époque, la regardent avec « des yeux ronds » avant de lui jeter un «Débrouille-toi !». Mia s’est débrouillée. Aujourd’hui, le festival « Le livre sur la place » envahit toujours la place Stanislas.

Quelques années plus tard, Mia est mutée au journal Midi Libre, à Montpellier. La journaliste constate avec dépit, « y a rien sur le livre ici. En tout cas, y a pas grand chose ». Alors, elle recommence. En 1983, lors d’un reportage, Mia attrape le député-maire de Montpellier, Georges Frêche, et voilà ce qu’elle lui dit.

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Et vous, quel est votre livre préféré ?

Chaque jour, nous partons à la rencontre de cinq mordus de littérature, venus à Montpellier, pour la Comédie du Livre. Ils nous font découvrir l’oeuvre qui a changé leur vie, leur livre de chevet ou tout simplement leur coup de coeur du moment.

Jean Pierre OK

Jean-Pierre, Bordeaux (33)
70 ans, bibliothécaire à la retraite

« L’idiot » de Dostoïevski

« Il n’y a pas beaucoup d’écrivains capables de sonder l’âme humaine aussi profondément »

« Après l’avoir lu, j’ai été transfiguré. J’avais 17 ans. Mon professeur de philosophie nous a fait découvrir ce livre. A l’époque, il n’y avait que la littérature française au programme mais lui se donnait la peine de nous ouvrir aux auteurs étrangers. J’avais l’impression que ce livre parlait de moi alors que l’intrigue se joue dans la Russie du XIXème siècle. Je m’étais toujours promis de le relire. Et je l’ai fait une fois à la retraite il y a une dizaine d’années. Cela a été encore plus émouvant. Vous savez, l’âge de la retraite, c’est l’âge de la relecture. Il n’y a pas beaucoup d’écrivains capables de sonder l’âme humaine aussi profondément. J’avais l’impression que « l’idiot » c’était aussi moi en quelque sorte. »

RM Ok

Rose-Marie, Montpellier (34)
56 ans, sans emploi

« Temps Glaciaires » de Fred Vargas

« Je ne me lasse jamais de ses polars »

« C’est un livre qui mêle intrigue policière et Histoire. Ça me plaît beaucoup, c’est envoûtant. C’est un style simple, on rentre tout de suite dans le livre. Je l’ai acheté dès sa sortie, sans attendre qu’il soit publié en Poche. Comme tous les « Fred Vargas » d’ailleurs ! J’adore ce qu’elle écrit, je ne me lasse jamais de ses polars ! » Continuer la lecture

De la Comédie à la plage : le livre se déguste en été

Geneviève, sur la plage de Palavas. Crédit photo : Nacime Rahoui

Geneviève, sur la plage de Palavas. Crédit photo : Nacime Rahoui

Le soleil, le bruit des vagues, le sable chaud… Pendant que certains arpentent les allées de la Comédie du Livre, d’autres préfèrent bouquiner face à la mer.

Et, si vous deviez choisir votre livre de l’été, lequel glisseriez-vous entre la crème solaire et la glacière ?

Hélène, 24 ans, arrive de Montpellier, après sa journée de travail. Dans son sac, la jeune femme possède la parfaite panoplie de la plagiste : lunettes de soleil, serviette et… son livre du moment, le troisième tome de la série suédoise Millenium. La Reine dans le palais des courants d’air, de Stieg Larsson. La jolie brune ne lit que sur la plage.

Comme je suis originaire du Var, j’ai toujours lu sur la plage. Je suis une fille très active. J’ai peu de temps pour moi. A la maison, je n’arrive pas à me concentrer, alors, je viens ici. Je suis plus détendue, je me sens bien. Je suis à fond dans mon livre. Même les cris des enfants ne me dérangent pas.

Cette trilogie policière s’est vendue à près de 50 millions d’exemplaires, dans le monde, et a été adaptée au cinéma. Hélène a lu les deux premiers opus, et vu les trois films.

Un peu plus loin sur la plage, Geneviève dévore les Pensées en chemin, d’Axel Kahn. Elle a commencé à le lire chez elle.La sexagénaire, adepte de marche, est captivée par le tour de France du généticien. Comme Axel Kahn, elle a déjà fait le chemin vers Saint-Jacques-de-Compostelle.

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Cyril Klein, l’homme orchestre de la Comédie

Le téléphone de Cyril Klein, son meilleur ami aujourd'hui. @ Olivia Leray

Le téléphone de Cyril Klein, son meilleur ami aujourd’hui @Olivia Leray

J moins 1 avant l’inauguration du festival. Ma mission : suivre Cyril Klein le directeur technique de la Comédie du livre à Montpellier.

11h : j’arrive dans une véritable fourmilière. L’Esplanade de Montpellier est en ébullition. Dans quelques heures, tout doit être prêt pour la Comédie du livre. Je cherche celui qui me fera vivre ce rush.

« Cyril Klein, c’est le grand avec les cheveux gris en l’air », m’indique un agent de sécurité.

La description est on ne peut plus claire. Après avoir fouillé toutes les tentes blanches, je tombe effectivement sur un grand ébouriffé. Cyril Klein est au téléphone. C’est lui le boss de la technique, de l’électrique, de la mécanique de l’événement.

Le stand de la Région est sans électricité. Il doit trouver une solution d’ici quelques minutes. La Comédie du Livre : c’est demain. Cyril court, arpente dans tous les sens, l’Esplanade le téléphone à la main. Il est peut-être passé devant vous aujourd’hui sans que vous ne sachiez qui il est. Jusque dimanche il veillera, dans l’ombre, à ce que le festival ne connaisse pas de couac. Continuer la lecture