16 Avr

Bol d'Or : le Team 3D Endurance peut-il faire le doublé ?

L’an passé, les régionaux de l’étape avaient créé la sensation du Bol d’Or : le Team 3D Endurance s’était imposé dans la catégorie Superstock, après avoir dominé la course de bout en bout. Un an après cet exploit vrombissant, où en est l’équipe et quelles sont ses ambitions ? On fait le point avec Emmanuel Labussière, responsable technique, à quelques jours de repartir pour les trépidantes 24 heures de cette course mythique (samedi 20 et dimanche 21 avril 2013), sur le circuit de Magny-Cours.

Sports Bourgogne – Où en êtes-vous des préparatifs, à quelques jours du départ du 77e Bol d’Or ?

Emmanuel Labussière – C’est déjà la course ! Il y a toujours des petits imprévus, du retard dans la livraison de certaines pièces, et en plus on a le chargement du camion, et l’installation du box à gérer… Ca fait beaucoup en peu de temps. Hier on a du descendre tout le matériel, on a fait ça entre 16 heures et… Minuit ! Et à partir de demain, on démarre les séances d’essai, entre 10 heures et midi.

Emmanuel Labussière, responsable technique du Team 3D Endurance.

L’équipe a-t-elle été modifiée par rapport à l’an dernier ?

Pas au niveau de l’encadrement, François Gilles est toujours notre Team Manager. En revanche, nous avons deux nouveaux pilotes par rapport au dernier Bol d’Or : Romain Lanusse et Stéphane Egea. Stéphane était déjà avec nous pour les 24 heures du Mans, il est très affûté. Romain lui est un jeune pilote de 18 ans, qui fait actuellement le championnat du monde SuperSport 600. Il est tout jeune mais déjà très professionnel, avec un excellent niveau technique. Il devrait nous apporter beaucoup. Et puis le troisième pilote était de l’aventure 2012, c’est Fabrice Holub, le seul élément restant de la victoire de l’an passé.

Valentin Debise, qui avait été décisif dans la victoire en 2012, n’a donc pas pu revenir dans l’équipe ?

Non, il est désormais sous contrat avec Honda. C’est vrai que l’an dernier il a été notre atout maître, notre joker parfait. On avait pu établir toute notre stratégie en fonction de lui. C’était sa première course d’endurance, et il avait assumé son rôle, avec un très bon niveau de pilotage. C’était vraiment la bonne pioche pour nous.


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Sans lui, l’équipe peut-elle rééditer son exploit et gagner de nouveau le Bol d’Or ?

Potentiellement, sur les 3 pilotes, on est presque meilleur que l’an dernier. Après, tout s’est un peu resserré, beaucoup d’équipes ont progressé, avec des pilotes de plus en plus compétitifs. On va donc découvrir tout ça. Et dans ce contexte, c’est facile de briller une année et d’être dans les choux l’année suivante.

« Sans mauvais jeu de mot, on n’a pas envie que les gens pensent que c’était un gros coup de bol ! »

Le fait d’être tenant du titre, ça ajoute un peu de pression sur vos épaules ?

La pression, c’est nous qui nous la mettons ! Sans mauvais jeu de mot, on n’a pas envie que les gens pensent que c’était un gros coup de bol. Nous avons tous très envie de confirmer cette année, pour montrer que nous méritions notre victoire.

Gagner le Bol d’Or pour une équipe comme 3D Endurance, ça change la vie ou pas ?

Financièrement, non. On n’a pas eu de sponsors qui sont venus frapper à notre porte cet hiver pour nous proposer des millions (rires). Mais ça nous a donné une vraie légitimité sportive, ça nous a vraiment ouvert des portes. Avant on proposait à un pilote de nous rejoindre, il disait « ouais, bof ». Cette année, ce sont les pilotes qui nous ont appelés pour faire partie de l’équipe. Le changement a été net à ce niveau. Nous avons aussi 16 ans d’expérience, ce qui rassure certains pilotes, qui pensent encore que l’endurance, c’est une bande de potes qui bricolent dans le foin… Notre longévité et notre victoire sur le Bol d’Or, ça donne des garanties.

Comment se sont passés les essais pré-Bol, il y a un mois à Magny-Cours ?

Très bien. C’était surtout pour découvrir Romain, et mettre en route la moto. Il y a juste eu un petit loupé à un moment, nous n’avons pas pu valider la deuxième moto, mais rien de grave. On a le même modèle de moto depuis trois ans maintenant (Kawasaki ZX10R), on a déjà fait cinq courses avec, c’est un gros avantage pour nous.

On sait qu’en endurance, un bon ravitaillement vaut un bon pilote. L’équipe mécanique a été reconduite ?

Oui, même si nous nous sommes encore rapprochés de l’ISAT (Institut Supérieur de l’Automobile et des Transports), l’école d’ingénieur de Nevers. Cet hiver, nous avions besoin de puissance de feu pour bien nous préparer, et nous avons donc intégré plusieurs nouveaux élèves dans notre équipe. Ils sont très demandeurs, c’est agréable. C’était nouveau pour moi, il y a eu une grosse part de formation dans notre préparation. L’an dernier, on avait eu zéro pépin technique.

Le départ du 77e Bol d’Or sera donné samedi 20 avril 2013 à 15 heures. Reportages à voir tout le week-end dans les éditions de France 3 Bourgogne, à midi et 19 heures.