02 Oct

Procès des frères Bengler: une journée réservée aux témoignages…. sans témoin

 

© JF Giorgetti – France 3 Provence-Alpes

Au deuxième jour du procès des frères Bengler et de leurs deux présumés complices, une quinzaine de témoins convoqués devant la cour d’assises d’Aix-en-Provence, aucun ne s’est présenté.

 

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© JF Giorgetti – France 3 Provence-Alpes

La peur plane sur le procès

Une quinzaine de témoins sont convoqués ce vendredi pour venir déposer à la barre. Aucun n’est venu à la cour d’assises d’Aix-en-Provence, y compris Lenny, blessé par les tirs de kalachnikov, au Clos la Rose le 19 novembre 2010.
Le jeune garçon de 11 ans, au cours de l’enquête, avait, lors d’une parade d’identification, un an après les faits, affirmé aux policiers que Nicolas Bengler n°2 ou François Bengler n°3, étaient sur place,
je suis sûr que c’est l’un des deux.
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© JF Giorgetti - France 3 Provence-Alpes

© JF Giorgetti – France 3 Provence-Alpes

« Ils se ressemblent fortement. Je ne peux pas vous dire sur lequel, j’ai le flash, mais quand je revois les images, pour moi, c’est un des deux… Je ne peux pas être plus précis. Cela fait un an que les faits se sont déroulés, mais ça n’enlève rien à ma certitude sur l’un des deux individus… « 

A la demande des avocats de la défense qui considèrent que ce témoignage n’a pas de valeur, puisque le témoin hésite entre l’un et l’autre des frères Bengler, le président de la cour d’assises a délivré à l’encontre du jeune garçon un mandat d’amener. En clair, la force publique, policiers ou gendarmes vont se lancer à sa recherche pour le présenter à la cour le mardi 4 octobre à 9 heures.

Les frères Bengler menacent

Pour illustrer ce climat de peur qui plane au-dessus du procès. Au cours d’une garde à vue, à l’évêché (siège de la PJ de Marseille en novembre 2011, ), les conversations entre les frères Bengler sont enregistrées alors qu’il se trouvent dans les  geôles. Extraits.
François : «Le témoin sous X je suis sûr que c’est .. » (inaudible).
Nicolas : « Hein? »
François: « Le témoin sous X, je suis sûr que c’est …» (peu audible mais pourrait être R)
Nicolas: « Et ouais, et ouais frère, et ouais je voulais pas qu’on le prénomme tout à l’heure. Tu vois pas sur les gardes à vue, il est jamais là ce bâtard ? « 
François : « C‘est lui le témoin sous X ce gros bâtard de sa mère. »
Nicolas :  » Et ouais, et ouais « 
François : « De toutes façons.. .(inaudible)… ce gros PD ha! »
Nicolas : « Hein, et ouais et ouais »
François : … (inaudible)
Nicolas : « Et ben, quand vous arrivez aux Baumettes il faut le déchirer »..  silence.
«Hein ? Quand vous arrivez aux baumettes il faut le déchirer. Deux ou trois … » ( inaudible) « dans sa figure au moins vingt ou trente points il faut lui faire. »
François : inaudible… « faut le déchirer hein ! »»
Nicolas : « Et ouais ouais ! Parce que lui à chaque fois, jamais ils le mettent en garde à vue hein! Ce gros bâtard de sa mère. »
François : inaudible
Nicolas : « Et ouais et ouais « 
François : « Ce gros bâtard de sa mère » inaudible
Nicolas : « Et ouais il faut le faire caner (le tuer), il faut ! Il faut le faire caner il faut lui faire quelque chose ». Silence. « C’est comme la dernière fois, la deuxième garde à vue : pourquoi toi tu y étais et lui non ? Parce que c’est lui qu’à dit que c’était toi hein ! Pour se sortir de la (inaudible) ce gros bâtard. Ho! La dernière fois quand j’étais aux baumettes, qu’on m’a laissé deux ou trois jours aux arrivants Il était tout bizarre avec moi hein ... (inaudible) ..juste une fois hein ! »

Le procès reprend lundi 3 octobre à 9 heures.

26 Sep

Des vieux bandits marseillais jugés pour une ancienne affaire de machines à sous

Dernière minute

Le jugement vient d’être rendu ce mercredi après-midi.

  • André Cermolacce alias gros Dédé est condamné à 30 mois de prison dont 24 mois avec sursis. Il doit s’acquitter d’une amende de  10 000 €uros
  • Richard Laaban est condamné à 2 ans de prison dont 18 mois avec sursis. Il doit s’acquitter d’une amende 5000 €uros d’amende
  • les condamnations pour les 6 autres complices vont de 2000 €uros d’amende à 18 mois de prison avec sursis.
Les avocats des deux principaux protagonistes  avaient plaidé la relaxe pour leurs clients. Maître Antoine Versini pour « gros Dédé » avait comparé ce dossier « à une relique, des cendres, un vrac judiciaire ». Pierre Caviglioli pour une petite main du réseau a parlé de « commémoration de période désuète ».
Hier, dans son réquisitoire, le procureur a expliqué ne pas pouvoir soutenir l’accusation contre  André Cermolacce et Richard Laaban. Selon le magistrat les éléments de l’enquête sont parcellaires et des vérifications n’ont pas été réalisées. Contre les six autres, prévenus le procureur a réclamé des peines allant de 6 à 18 mois de prison avec sursis.
Le procès a duré trois jours

Compte rendu du premier jour du procès et résumé de l’affaire

 En tête de liste André Cermolacce dit « Gros Dédé »,  61 ans et Richard Laaban, 71 ans, jugés en compagnie de six autres présumés complices, par le tribunal correctionnel de Marseille, pour notamment, association de malfaiteurs et non justifications ressources.

 

Saisie de machines à sous de type Bingo en avril 2005. Elles venaient de toute la région Paca. © MAGNIEN Patrice / pmagnien@msn/MAXPPP

© MAGNIEN Patrice / pmagnien@msn/MAXPPP Saisie de machines à sous de type Bingo en avril 2005. Elles venaient de toute la région Paca.

La justice reproche aux prévenus d’avoir organisé, à des niveaux d’implication différents, un réseau d’exploitationde machines à sous, de type bingo. D’après l’enquête, les machines étaient installées dans une vingtaine de bars marseillais. Selon les policiers, chaque machine rapporte entre 9000 €uros et 11 000 €uros par mois. La répartition des gains serait de 70 % pour le réseau et 30 % pour les cafetiers. Aucun gérant de bar n’a été retenu dans cette procédure. Les faits datent de 2005 à 2007.Le 30 septembre 2005 la sous-direction des courses et des jeux est informée de l’existence d’un réseau de machines à sous clandestines à Marseille et dans sa région. Rapidement l’enquête s’oriente vers 8 personnes susceptibles d’être les auteurs des infractions. Au cours de leurs surveillances les enquêteurs constatent que les protagonistes se retrouvaient régulièrement dans une brasserie installée dans le quartier des Catalans (7ème arrondissement de Marseille) non loin du bord de mer.

De nombreuses écoutes téléphoniques sont réalisées où il est question de « comtées » et de « petits paquets ».

Les prévenus contestent et disent avoir parlé de contrée (partie de cartes) et de pieds paquets, un plat provençal bien connu.

Une villa à Cassis avec piscine

André Cermolacce au tribunal le lundi 26 septembre 2016. © Jean-François Giorgetti / France 3 Provence-Alpes

© Jean-François Giorgetti / France 3 Provence-Alpes André Cermolacce au tribunal le lundi 26 septembre 2016.

André Cermolacce vit avec sa compagne, au chômage, à Cassis dans une luxueuse villa avec piscine pour un loyer mensuel de 2400 €uros. Se déplaçant uniquement en voiture de location en raison d’une tentative d’assassinat dont il avait été victime, « Gros Dédé » avait offert à sa compagne une Audi au prix de
25.000 €uros. Elle expliquera aux enquêteurs que son conjoint, sans connaître son activité, « gagnait bien sa vie ».

Une Mercedes au prix de 100 000 €uros

Richard Laaban au tribunal le lundi 26 septembre 2016. © Jean-François Giorgetti / France 3 Provence-Alpes

© Jean-François Giorgetti / France 3 Provence-Alpes Richard Laaban au tribunal le lundi 26 septembre 2016.

Richard Laaban et son épouse ont acheté entre 2003 et 2006, 21 voitures dont une Mercedes au prix de 100.000 €uros. La plupart de ces véhicules ont été en partie achetés en espèces et les crédits soldés en numéraires. Dans le même laps de temps 123.100 €uros en liquide ont été versés sur son compte bancaire. Madame Laaban sans revenus déclarés percevait un salaire de 1000 €uros par mois pour un emploi  dans une société d’intérim. Sa maîtresse bénéficiait d’un emploi fictif, pour un salaire de 500 €uros par mois dans la même entreprise.

Le procès doit se terminer ce mercredi.

Autre affaire en cours

Les deux amis ont été mis en examen en 2015 dans une affaire de tentative d’extorsion de fonds en compagnie d’un administrateur judiciaire qui souhaitait rapidement recouvrir 15 millions d’€uros auprès de Jean-Pierre Bernès. Cette somme correspond à des dommages et intérêts que l’agent de joueurs doit verser suite à une condamnation qui date de 1998, pour abus de bien sociaux au préjudice de l’Olympique de Marseille.

27 Juil

Du Rififi sur le Cours Mirabeau

Bastide du Cours Aix en Provence

Bastide du Cours Aix en Provence

Bataille pour un hôtel restaurant

à Aix en Provence

La Bastide du Cours installée sur le cours Mirabeau, fait l’objet d’une lutte acharnée entre deux hommes.

 

Tout commence le 15 juillet 2014. Michel Scotto, cède à Serge Kasparian, les parts de la société. Les créances pour un montant de quatre millions d’euros. Dans le même temps une caution pour un emprunt d’un million d’euros est transférée entre les deux parties.

L’acquéreur commence à régler suivant l’échéancier prévu. Un litige survient. Les paiements s’arrêtent. L’imbroglio judiciaro-économico-commercial commence.

La justice est saisie et le parquet d’Aix en Provence veille.

La Procureure de la République:

il y a eu des comportements déplacés.

La Bastide du cours, une belle affaire. Les spécialistes du secteur pourraient dire qu’elle ronfle…

En 2013 le chiffre d’affaires approche les quatre millions d’euros. Une trentaine de salariés s’affairent dans cet établissement de luxe ouvert tous les jours

de 7h30 à minuit, 7 jours sur 7.

Photo JFGiorgetti

 

Parmi les nombreuses décisions judiciaires, celle du Tribunal de Commerce du 28 juin dernier.  La Bastide du Cours est placée en redressement judiciaire, après une longue période d’observation. Les juges relèvent que « plusieurs éléments n’ont pas permis de présenter un plan de sauvegarde au tribunal » notamment dû aux « difficultés pour obtenir une comptabilité fiable… » , »des difficultés de gouvernance liées aux différents mouvements des titres dans la société. » Dans ses conclusions la juridiction consulaire évoque « un risque inéluctable de liquidation judiciaire ».

La dette de la SAS Bastide du Cours s’élève à

7 millions d’euros

D’après les observateurs de ce dossier, la situation de la société devra être résolue avant la fin de l’année.

 

Deux rivaux au profil particulier

Michel Scotto

Le vendeur, Michel Scotto

Ce marseillais, aujourd’hui âgé de 75 ans a commencé sa carrière, en 1966, dans la chaussure, plus précisément dans les articles chaussants. Son entreprise est installée à La Ciotat. Quelques années plus tard, ce passionné de foot devient président du club de Cassis-Carnoux avant de présider l’AS Cannes. Aujourd’hui, il est à la tête d’une kyrielle de sociétés dans des domaines divers tels que l’édition, la géothermie ou la distribution de boissons.

Affaire Cercle Concorde

Le nom de Michel Scotto apparait en 2006, dans l’affaire du Cercle Concorde installé à Paris. Dans ce dossier, l’instruction judiciaire révèlera que deux clans corses se disputaient la gestion de l’établissement et surtout les gains colossaux générés, par les parties de poker. Certains protagonistes lui avaient donné le surnom de « poule aux oeufs d’or ». 

L’homme d’affaires provençal, apparaît à de nombreuses reprises dans les écoutes téléphoniques. Michel Scotto converse souvent avec Paul Lantieri, (patron de la Rotonde, un restaurant situé à quelques centaines de mètres de la Bastide) l’un des personnages centraux dans cette affaire d’extorsion et de blanchiment. Par exemple en novembre 2006, à propos d’un match de football qui doit se tenir en Corse, Michel Scotto explique qu’il « ne veut pas acheter le match, mais veut que ça se passe correctement. » Réponse de Paul Lantieri : « je vais m’en occuper. » Dans ce dossier tentaculaire, Michel Scotto aura le statut de témoin assisté.

 

Michel Scotto a investi 100 000 euros

dans le Cercle Concorde

Le sept juin dernier, à l’audience du tribunal de commerce d’Aix en Provence, Michel Scotto était accompagné par son expert comptable, Jean-Luc Berthon.

En octobre 2013, ce spécialiste du chiffre a été condamné, dans l’affaire du Cercle Concorde à six mois de prison avec sursis pour complicité d’abus de biens sociaux. Il était entre autre l’expert comptable du cercle de jeux parisien.

Paul Lantieri sera condamné à trois ans de prison avec l’interdiction de gérer une entreprise pendant 5ans.

 

Serge Kasparian

L’acheteur Serge Kasparian

« Sarkis » est lui aussi passionné par les brasseries, le foot et les cercles de jeux parisiens.

Il a commencé sa carrière dans l’immobilier pour ensuite se lancer dans la restauration.

Après la fermeture, en 2007, du Cercle de Concorde, consécutive à l’affaire judiciaire, Serge Kasparian, devient, en 2009, le nouveau patron l’établissement qui devient le Cercle Cadet. Brice Hortefeux, le Ministre de l’Intérieur de l’époque viendra assister à l’inauguration.

Un magistrat du palais de justice de Marseille dira sous le sceau de la confidence que le nouveau propriétaire de cet établissement de jeux « porte un nom à consonance arménienne ayant un fort accent Corse… »

L’aventure dans le jeu va durer cinq ans…

Octobre 2014 le cercle Cadet est perquisitionné et fermé. Parmi la quinzaine de personnes interpellées se trouve « le beau Serge ». A l’issue de la garde à vue, il est mis en examen pour notamment extorsion, blanchiment de fraude fiscale et association de malfaiteurs. Saris passera quelques mois en détention provisoire.

mis en examen pour notamment

extorsion, blanchiment de fraude fiscale et

association de malfaiteurs

…dans le football, six mois.

Au cours de l’enquête sur le cercle de jeux, les policiers découvrent que l’actionnaire principal du Nîmes Olympique, depuis avril 2014, « arrange » plusieurs matches de ligue 2 au cours de la saison 2013-2014. Dans cette deuxième affaire judiciaire, il est mis en examen entre autre pour corruption passive et active.

mis en examen entre autre pour corruption passive et active

Les deux affaires concernant Serge Kasparian, sont encore à l’instruction.

 

 

 

 

28 Juin

Le fils de Martine Vassal a nouveau condamné

 

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La 11ème chambre du tribunal correctionnel de Marseille, a relaxé aujourd’hui mardi 28 juin, Pierre Vassal pour violences et outrage sur les policiers de la brigade canine qui l’avaient contrôlé le 31 janvier 2016, au cours d’un banal contrôle routier dans le centre-ville de Marseille.

En revanche, le fils de la Présidente du Conseil Départemental des Bouches du Rhône a été condamné à :

 2 mois de prison avec sursis pour :

– rébellion

– refus de se soumettre au dépistage de stupéfiants

Des amendes :

– trois contraventionnelles à 150 euros chacune

– 150 euros pour les deux feux rouges grillés

– 400 euros pour la conduite sous l’empire d’un état alcoolique

Pour terminer, le jeune homme doit verser 500 euros en réparation du préjudice moral à chacun des deux policiers qui se sont constitués partie civile.

A l’audience, qui s’est tenue le 24 mai dernier, le procureur de la République avait requis six mois de prison avec sursis et 700 euros d’amende.

C’est la deuxième condamnation en un mois pour Pierre vassal. Le 16 juin dernier, il avait écopé de six mois de prison ferme pour notamment des faits de rébellion, d’outrage et menace.

 

 

17 Juin

6 mois de prison pour le fils de Martine Vassal

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Le fils de la Présidente « Les Républicains » du Conseil Départemental des Bouches du Rhône condamné par le tribunal correctionnel de Marseille.

Pierre Vassal 21 ans, a écopé de six mois de prison ferme en comparution immédiate, le 16 juin en fin d’après-midi.

La justice reprochait au jeune homme né en 1995 des faits :

– de rébellion, commis à Marseille le 10 mars 2016

– d’outrage à une personne dépositaire de l’autorité publique, commis

à Marseille le 10 mars 2016

menace ou acte d’intimidation pour déterminer une victime à ne pas porter plainte ou à se rétracter, commis à Marseille le 10 mars 2016

violence commise en réunion suivie d’incapacité n’excédant pas 8 jours faits commis le 27 septembre 2015 à Marseille.

Pour cette affaire, Pierre Vassal a été placé en détention du 12 au 14 mars.

Pierre Vassal n’en n’a pas terminé avec la justice.

Le 28 juin, le tribunal correctionnel doit rendre une décision concernant d’autres faits qui se sont produits dans le centre ville de Marseille le 31 janvier dernier  au cours d’un banal contrôle routier.

Il est reproché au jeune homme :

– des violences sur des policiers,

outrage,

rébellion,

conduite sous l’empire d’un état alcoolique

refus de se soumettre au dépistage des stupéfiants

et inobservation de deux feux rouges.

Les faits se sont produits le 31 janvier dernier, dans le centre ville de Marseille, lors d’un banal contrôle routier.

A l’audience, qui s’est tenue le 24 mai dernier, le procureur avait requis six mois de prison avec sursis et 700 euros d’amende. 

10 Juin

L’escale Borely, une zone fantôme ?

Parc balnéaire du Prado © Photo Jean-François Giorgetti

Dans le cadastre de Marseille, une partie du grand Parc balnéaire du Prado ne figure pas sur les plans. Nous avons mené notre enquête pour tenter de résoudre cette énigme. 
Gaston Defferre rêvait de faire une croisette Marseillaise dans les quartiers sud de la ville.
Grâce aux déblais des grands chantiers des années 70 à 80 notamment ceux du métro de Marseille, le rêve du maire a pu s’accomplir. Son nom : le parc balnéaire du Prado.

Un parc de 70 hectares

Le parc balnéaire du Prado comprend :
– 7 plages
– près de 3 kms de littoral
– 70 hectares (sur lesquels se trouvent entre autre des espaces verts)
– le centre municipal de voile
– des aires de jeux
– des parkings
– un complexe regroupant des boutiques, des restaurants
– un skatepark (l’un des meilleurs d’Europe).

En 1976 et 1984, ce site artificiel gagné sur la mer, a été concédé par l’Etat à la ville de MarseilleLe Domaine Public Maritime est inaliénable et imprescriptible, cette règle est en vigueur depuis 1566. C’est l’Edit de Moulins signé par le roi Charles IX.

Des images différentes

Sur les images satellite on voit deux avancées sur la mer.
La première tranche au nord, s’étend du bas du quartier du Roucas Blanc jusqu’à l’Huveaune. La seconde tranche au sud, part du fleuve jusqu’à la vieille chapelle.

Image satellite © Image Géoportail

© Image Géoportail Image satellite

Sur le plan cadastral, cette deuxième partie a disparu !

Image du plan cadastral © Image Géoportail

© Image Géoportail Image du plan cadastral

Les 50 hectares du parc balnéaire Prado sud n’existent pas sur le cadastre de Marseille.

 

Une énigme urbanistico-administrative

L’énigme urbanistico-administrative commence quelques centaines de mètres après avoir dépassé la statue de David qui trône au bout de l’avenue l’avenue du Prado.
La route enjambe l’Huveaune qui se jette dans la méditerranée. Juste après l’embouchure, on voit la mer, une plage. Les véliplanchistes friands de ce lieu l’appellent « épluchure beach ».

La plage "épluchure beach" © Photo Jean-François Giorgetti

© Photo Jean-François Giorgetti La plage « épluchure beach »

Sur cette surface gagnée sur la mer, se trouvent notamment des espaces verts. Au milieu, le bowl un lieu mythique pour les skateurs. Et l’Escale Borely : près de 25 000 m² dédiés au commerce de loisirs avec des restaurants, des bars, des boutiques, et des plages privées. La gestion de cet espace commercial balnéaire a été confiée par la ville de Marseille à la Sogima .
Dans ses comptes de l’exercice 2013, la Société de Gestion Immobilière de la ville de Marseille, provisionne prudemment un million d’euros en raison de l’incertitude sur la reconduction de la concession en 2014.

Parc balnéaire du Prado

L’absence du parc balnéaire du prado sud sur le plan cadastral de la ville pose la question de la fiscalité appliquée notamment auprès des commerces de l’escale Borely. Didier Réault, conseiller municipal délégué à la mer et aux plages, explique que la Sogima exploite la concession directement avec les restaurateurs (les baux commerciaux et les redevances) et les plages privées. En ce qui concerne le vide sur le plan cadastral, l’élu indique :

«On n’est pas dans une logique de non droit. On est juste dans une retranscription qui n’a pas été faite sur des plans.

En tout cas nous, maintenant, à la ville on souhaite depuis plusieurs années faire en sorte que sur nos plages nous ayons la capacité de les gérer. Nous ville de Marseille avec l’Etat qui est propriétaire, nous sommes dans une logique de régularisation… » Plus loin le conseiller municipal précise : « qu’un plan littoral a été voté fin 2010 par le Conseil Municipal qui comprend entre autre un alignement de l’ensemble des concessions (du Roucas Blanc à la Vieille Chapelle). Dans la délibération du 6 décembre 2010, il est indiqué qu’il a été convenu avec la Direction Départementale des Territoires et de la Mer, que le renouvellement des concessions et la modification interviendront au 1er janvier 2015″.

L'embouchure de l'Huveaune © Photo Jean-François Giorgetti

© Photo Jean-François Giorgetti L’embouchure de l’Huveaune

Au Conseil Municipal de Marseille du 25 mars 2013 une nouvelle délibération est prise. Elle précise qu’il est demandé à l’Etat le renouvellement au bénéfice de la ville de Marseille au 1er janvier 2015 des concessions du Parc Balnéaire du Prado en y incluant la plage de la Pointe Rouge.
Au cours de notre entrevue, Didier Réault indique que le renouvellement des concessions ne se fera pas avant 2017 ou 2018. Le Conseiller Municipal explique que d’autres priorités ont été traitées notamment la réhabilitation de la plage des catalans « la plage du centre-ville, mondialement connue ! »
32 ans après la concession du Parc Balnéaire du Prado Sud, par l’Etat, l’administration fiscale ne l’a toujours pas répertoriée.

12 Mai

Les South Winners ciblés dans l’affaire OM

En Marge de l’affaire de transferts douteux de l’Olympique de Marseille appelé aussi « Dossier Mercato » la Brigade Nationale de Lutte Contre la Criminalité Organisée Corse, installée à Paris,s’intéresse aux South Winners.

Les supporters South Winners au stade Vélodrome en 2007. © Maxppp

© Maxppp Les supporters South Winners au stade Vélodrome en 2007.

Les South Winners, leur vice-président et leur influence

Le groupe des South Winners, a fait l’objet d’investigations poussées. Les enquêteurs ont passé au crible le fonctionnement et l’organisation de l’association « aux amis du virage sud » fondée en 1987.

D’après le rapport de synthèse, Rachid Zeroual, vice-président des South Winners, entretient des relations ambigües avec les dirigeants de l’OM. Il est régulièrement présent dans les bureaux de la Commanderie (le siège du club), participe quelquefois à des réunions d’état-major ou participe à la préparation du journal d’OMTV. C’est un proche de José Anigo, le directeur sportif, il déjeune souvent avec Vincent Labrune.

Une rixe entre supporters

Le profil de Rachid Zeroual est détaillé. Six faits de violences sont répertoriés. On apprend qu’il a été salarié de l’OM en 2003. Son contrat est rompu au 1er trimestre 2004 suite à une rixe avec d’autres supporters dans le stade Vélodrome. Et une condamnation en 2012 à un an de prison et deux ans d’interdiction de stade.

Sous le chapitre « Les South Winners : un groupe de supporters pas comme les autres du fait de la personnalité de son vice-président Rachid Zeroual« , les enquêteurs parisiens relèvent l’influence exercée par les South Winners sur le club et ses dirigeants, notamment au travers d’écoutes téléphoniques. Le 22 octobre 2011, Didier Deschamps appelle Jean-Pierre Bernès (son agent). Au cours de la conversation, l’entraîneur parle de son entrevue avec Rachid Zeroual :

Et le Zeroual, là, tu sais ce qu’il me dit à un moment ? Tu sais le vrai Marseillais un peu quoi ? Il me dit : (Deschamps imite la voix de Zeroual) toi, au moins, tu es tranquille, tu vas pas te prendre une gifle comme Fernandez ! Toi, tout le monde sait qu’on ne peut pas t’approcher (rires)

Le  3 mai 2012, autre conversation téléphonique entre les deux hommes. Didier Deschamps reprend des propos tenus par Vincent Labrune concernant Rachid Zeroual et ses liens avec le trafic de drogue :

tu crois que moi je vais m’attaquer à lui après, je vais avoir des représailles, quoi…

Commentaire de Didier Deschamps :

Tu sais qui c’est Rachid ? C’est le seul qui tient par les couilles José, quoi…

 

José Anigo en 2014. © Maxppp

 

© Maxppp José Anigo en 2014.

La guerre Anigo/Deschamps et l’épisode de la banderole anti-Deschamps

28 mars 2012, l’OM reçoit le Bayern de Munich en quart de finale de Ligue des Champions. Une banderole portant l’inscription : Deschamps et tes joueurs cassez-vous est déployée dans le virage sud, la place forte des South Winners. La banderole restera en place pendant toute la première mi-temps du match. D’après les enquêteurs, Rachid Zeroual a apporté une grosse contribution à l’affichage de cette banderole tout en n’étant pas l’instigateur de l’idée. José Anigo aurait encouragé les supporters à se rebeller contre l’entraîneur, et savait, avant même le coup d’envoi du match, que la banderole allait être affichée à la vue de tous.

Deschamps et tes joueurs cassez-vous

La banderole déployée par les South Winners en mai 2012 lors du quart de finale de la Ligue des Champions contre le Bayern de Munich.

La banderole déployée par les South Winners en mai 2012 lors du quart de finale de la Ligue des Champions contre le Bayern de Munich.

La peur de Labrune

Suite à cet épisode, dans une conversation téléphonique du 3 mai 2012, Didier Deschamps rapporte à Jean-Pierre Bernès, que Vincent Labrune n’était pas intervenu immédiatement pour faire retirer la banderole parce qu’il craignait pour sa personne :

Non mais qu’est-ce que vous croyez que je vais aller là-haut moi, enlever cette banderole ! Je vais me prendre deux balles dans le dos

 

Les comptes bancaires des South Winners et de Rachid Zeroual

L’analyse financière laisse apparaître qu’entre 2008 et 2013 l’association South Winners a versé la somme de 370 533 euros en 10 paiements à la société Espagnole Cesar Editions Unipe SL. Cette entreprise édite notamment le magazine OM Plus. Le Magazine des supporters de l’Olympique de Marseille. Parmi les administrateurs de Cesar Edition se trouve un ancien patron de l’OM Jean-Michel Ripa. Selon le rapport de synthèse de la Brigade Nationale de Lutte Contre la Criminalité Organisée Corse, Jean-Michel Ripa serait le lien qui permettrait d’expliquer l’existence de flux financiers entre d’une part Rachid Zeroual et Cesar Editions et d’autre part entre cette même société et l’association des South Winners. Les policiers s’interrogent sur la réalité économique des flux financiers et se demandent si Rachid Zeroual n’aurait pas détourné des fonds à son profit au préjudice de l’association South Winners par l’intermédiaire de Cesar Editions.

 

 Reportage : JF Giorgetti, F Di Cesare, K Gibert, Ph Beauverger, A Paul

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