09 Nov

« Nos troupes empêcheront bien les ennemis de jamais entrer, à l’ombre du Beffroi » de Béthune

Ce lundi 9 novembre 1914 Jules Mortreux est à Paris. Il écrit une nouvelle lettre à Fernand Bar, à Béthune. Ce 9 novembre 1914, Jules a déjà rédigé une lettre pour son frère Léon.

Jules sait que Béthune est sous le feu de l’armée allemande. A Paris, il a rencontré des soldats anglais. Ils lui ont donné des nouvelles de Béthune. Depuis la mi-octobre, les troupes anglaises ont installé leur cantonnement au pied du beffroi. Des bombes ont été lâchées sur Béthune par un « Taube » faisant plusieurs morts

La ligne de Front n’est qu’à une dizaine de kilomètres de Béthune du côté Neuve-Chapelle à Festubert où de violents combats entre les troupes anglaises, françaises et allemandes font des dizaines de milliers de victimes.

 Départ de Jules sur le Front prévu pour le mardi 10 novembre 1914

Dans ce courrier à Fernand Bar, Jules Mortreux annonce qu’il doit partir sur le front, le lendemain le mardi 10 novembre 1914. Jules ignore encore pour quel lieu de bataille.

Jules Mortreux

Jules Mortreux

Fernand Bar

Fernand Bar

 

 

Lettre de Jules Mortreux à Fernand Bar, le 9 novembre 1914

 

 

 les anglais espèrent avec moi que leurs efforts, joints à l’ardeur de nos troupes empêcheront bien les ennemis de jamais entrer, à l’ombre du Beffroi.

Jules-09-11-1914

Paris, 9 novembre 1914

Mon cher oncle,

Je n’ai jamais su si tu avais reçu ma lettre de Londres ? où je t’expliquais les raisons pour lesquelles je n’avais pu rejoindre en temps.

Convoqué à Paris le 4 Octobre je me suis donc présenté à cette date, et après visite médicale le major m’a remis au 10 novembre, en me disant que partir à cette date serait aller directement à l’ambulance, où ils étaient assez sans moi.

J’espère donc vraiment que je serai expédié demain et que cette fois je serai bon à quelque chose et pourrai le prouver.

Bien que pas encore bien d’aplomb j’espère que quelques jours de tranchées remettra tout en bon ordre, et que nous pourrons contribuer de notre mieux à la marche au succès final, qui semble s’annoncer et que nous attendons tous avec une foi fébrile.

Pierre va toujours bien, Léon que j’ai été voir à Vimoutiers, est en convalescence et va de mieux en mieux.

Passant avenue Daumesnil, je suis passé prendre des nouvelles de M. Laithiez. Je ne l’ai pas vu mais un mot de lui m’a appris qu’il était rentré pour faire une cure à Enghien. Il doit repartir incessamment je crois pour Montauban.

J’ai rencontré hier des soldats anglais qui venaient de Béthune, j’ai donc eu des nouvelles de la ville ; et ils espèrent avec moi que leurs efforts, joints à l’ardeur de nos troupes empêcheront bien les ennemis de jamais entrer, à l’ombre du Beffroi.

Mes plus grands vœux, mon cher Oncle, sont pour qu’au milieu de cette guerre dangereuse tu ne sois pas atteint, et que nous puissions bientôt, tous réunis, trinquer au succès final. 

Plein de confiance donc, mon cher Oncle, je t’embrasse bien affectueusement en te disant « au revoir » et à bientôt peut-être si le hasard le veut bien.

Ton neveu
Jules Mortreux